Titre : Amis par delà la mort
Raiting : M
Auteur : Bayla
Bêta correctrice : Resiliency6
Disclaimer :L'univers d'Harry Potter ne m'appartient pas, tout est à J.K Rowling ainsi que certaines références que je ferai sur certains films comme Twilight ou autres sont à leurs créateurs! Ulrich, Jay, Shia, Wonga, Kermitt le chef des oubliator, Naika, Mike, Annabelle, un stagiaire/recru et Skita, personnages figurants, sont de moi.
Particularité : Cette fiction comporte des passages/mentions difficiles comme viol, scène de violence. Mais elle parle également de relation hétérosexuelle, mais aussi, et surtout homosexuelle! Donc homophobes et âmes sensibles, vous savez ce qu'il vous attend.
Note : Il s'agit d'une fiction longue à chapitres. C'est ma deuxième fiction et j'espère qu'elle vous plaira.
Note2 : Désolé pour l'attente, j'ai eu un mois de septembre-octobre de fou, en plus d'une nouvelle job et le temps des fêtes, mais ça commence à se replacé.
Je vous souhaite une bonne lecture et un bon temps des fêtes, santé et joie!
JOYEUX NOËL!
Je vous souhaite une bonne lecture!
Chapitre 20 : Prêt à l'assaut.
L'Auror répéta ses questions inlassablement, changeant de temps à autre la formulation. Par moment, il devenait confiant, persuadé de l'avoir à l'usure, mais Harry le détrompait jusqu'à ce qu'il ne décroche plus un mot!
À nouveau seul, la tension diminua, mais Harry eut la soudaine impression d'avoir été en apnée alors qu'il haletait et la fatigue s'abattit sur lui. Si Maugrey devait revenir, il ne serait pas en état pour l'écouter ou même comprendre ce qu'il racontait.
Se relevant de la cheminée, le visage un peu rougi par la chaleur de la braise, Draco sentit ses jambes faiblir et manqua de tomber au sol.
Qu'est-ce qu'il allait faire?
Pas une seule seconde il n'avait pensé que Severus pouvait être absent. Comment pouvait-il éviter un vampire affamé qui risquait de le vouloir lui, et uniquement lui? Une porte en bois ne lui offrirait aucun rempart. Sa présence au Cottage allait mener directement Harry à lui. Il devait aller ailleurs, mais où?
Il faudrait que ce soit un endroit où il ne songerait pas à aller en temps normal. Et Harry, n'allait-il pas partir à sa recherche s'il ne le voyait pas? Il allait devoir transplaner plusieurs fois pour brouiller les pistes. Mais pour combien de temps? Est-ce que ce serait suffisant pour semer un vampire?
C'était maigre comme camouflage.
Avec l'espoir de trouver une solution, Draco continua de réfléchir tout en se dirigeant rapidement au laboratoire pour passer en revue leur stock de potion, ayant pensé à celle anti-aura, qu'il était justement en train de concocter. Il n'avait pu la réaliser que récemment puisque seul son parrain possédait la recette et la lui avait donné la dernière fois qu'ils s'étaient croisés. Arrivé au laboratoire, en y trouvant son meilleur ami, il se demanda un bref instant si le métis n'y avait pas élu domicile. Il n'aurait pas été surpris d'y apercevoir un lit d'appoint. Toutefois l'ayant sous la main, le blond en profita pour lui expliquer la situation et s'il avait une idée de comment retirer une partie du sang et le mettre dans un flacon.
Pendant les explications, Blaise le regarda avec une moue triste, voire coupable qui l'accompagnait depuis plusieurs jours déjà. Il donna ensuite quelques coups de baguette pour extraire le liquide rouge du blond. Une incantation qu'il avait apprise lorsque le maître travaillait sur une potion qui demandait du sang. L'idée de poignarder ou utiliser un Septumsempra sur un cobaye ne l'avait pas plus intéressé que ça.
Le flacon remplis, il se proposa de donner le sien, lui aussi souhaitait aider. Ce n'est qu'après avoir rempli cette deuxième fiole qu'il repensa à toutes les potions qu'il connaissait et qui pourraient leur être utiles. Il se souvenait bien d'une parfaite pour une bombe puante, mais il se demanda si ça pouvait surpasser les sens vampiriques.
Cependant, cette idée les amena à une autre. Et si ça, ça ne déroutait pas les sens olfactifs des buveurs de sang, rien ne le pourrait. Ils devaient juste trouver quelque chose pour que ça ne les dérange pas, Draco et lui, car l'odeur allait être atroce. Puis, retirer la puanteur une fois Harry revenu à la normale. Pas question d'empester pendant des semaines et que ça imprime la tapisserie et les meubles!
Après une bonne demi-heure, les deux amis décidèrent de remonter au salon. Le métis se sentait un peu nauséeux à l'idée de se tenir dans une même pièce que les vampires - de Ron surtout - mais tenta de calmer les battements de son cœur et essuya discrètement ses paumes humides sur son pantalon. Il devait agir normalement.
Il espérait que son léger tremblement pouvait passer pour la perte de sang.
– Vous avez trouvé une solution? Entra Blaise sans réaliser qu'il interrompait leur conversation, Draco à sa suite.
En les aidant le plus qu'il pouvait, peut-être parviendra-t-il à se racheter.
– Pas vraiment, se tourna vers eux Hermione. On compte sur notre vitesse pour partir et ramener Harry à la maison sans blesser personne, mais on ne peut pas l'utiliser pour entrer, pas si des pièges s'y trouvent.
– On ne peut pas se servir de notre magie puisque nous ne l'avons pas fusionné. Si on choisit la façon sorcière, on pourrait demander de l'aide, mais à qui? On peut se battre comme les Moldus, mais seulement si aucune embuscade magique ne nous attend. Raconta à son tour Ron. Il y a bien notre côté vampire. Notre force nous donnera un coup de pouce pour briser un mur si aucun sortilège ne le répare aussitôt. Notre odorat et nos oreilles nous serviront à retrouver Harry, mais pas à quitter le square Grimmaurd si l'Ordre apparaît.
– Vous n'avez qu'à contacter Dobby pour vérifier qui se tient en ce moment au Square et si des barrières anti-vampire sont installées sur la propriété. Mentionna Blaise comme une évidence.
Ce qui était le cas. Tout Sang-Pur aurait trouvé cela normal. Mais Blaise, en voyant le couple se regarder surpris, se rappela que le trio n'avait pas vécu comme des Sangs-Purs. Seul Ron aurait pu, mais sa famille ne roulait pas assez sur l'or pour posséder un elfe de maison. Sans parler qu'ils se moquaient bien des traditions sang-pur.
– Je suis persuadé qu'il se fera un plaisir d'aider Harry.
Ron réfléchit à ces paroles, l'idée faisait son chemin. Ça pouvait marcher.
– Donc, récapitula Hermione pour s'assurer de ne rien oublier. Dobby nous dit à propos des sorts anti-vampire et les humains présents. On débarque. On essaie de savoir s'ils sont au courant que Harry est caché dans la maison et on les oblige à quitter le Square un moment, voire pour le reste de la nuit par prudence. On garde un sorcier sous la main pour retirer les sortilèges qui pourraient retenir Harry dans sa cellule où le chemin y menant et on libère notre ami. On utilise notre vitesse vampirique pour quitter le Square et se rendre chez un voisin le plus rapidement possible. On prend un portoloin et tout le monde est en sécurité.
– Pas plus compliqué, approuva Blaise.
– Et si les humains ne veulent pas nous écouter?
– Oh voyons Hermione, c'est la question la plus facile ça, lui sourit moqueusement Blaise. Un vampire affamé qui a perdu le contrôle entouré d'humains. Bonjour la boucherie.
Oui, ça pourrait marcher, pensa Ron avec espoir. Resterait plus qu'à désamorcer les pièges qu'on ne pourrait contourner.
Posant le regard sur ses amis, s'attardant sur chacun d'eux, le rouquin eut un élan de fierté à leur encontre. Fier de les connaître et de les avoir dans sa vie, de les observer travailler ensemble. Qui aurait imaginé, quelques années passées, que des Gryffondors et des Serpentards, surtout eux, auraient enterré la hache de guerre, seraient devenus amis, et de bons amis en plus? Certainement pas lui.
Il s'attarda un peu plus longtemps sur ce blond intrigant qui avait su où se trouvait Harry et qui était soudainement plus silencieux. Il semblait fixer un point dans le vide. Avait-il au moins écouté ce qu'ils venaient de dire?
– Draco? Tout va bien? T'as pas décroché un mot.
– Hum? Oh! Pardon. C'est que je n'ai pas pu rejoindre Sev et Kermitt, son elfe, ignore quand il va rentrer.
Le seul couple de la pièce se tendit.
– Je ne peux pas me servir de la potion anti-aura puisqu'elle ne sera prête que dans quatre jours, mais avec Blaise, on a trouvé un moyen de se protéger. Il reste deux-trois petites choses à travailler et penser à un plan B au cas où. C'est tout de même risqué comme idée.
– Quand ce sera l'heure de partir, je veux une confirmation que vous avez un plan B potable. Je compte sur toi Blaise, pour que vous ayez une porte de sortie. Ordonna Ron. On retardera notre départ s'il le faut.
Le blond voulu répliquer - ils ne pouvaient pas trop attendre - cependant il savait qu'à l'heure H, il ne pourrait pas mentir, pas s'il voulait que l'Alpha lui fasse confiance à l'avenir. Mais avant de pouvoir dire quoi que ce soit, Ron le coupa.
– Non Draco ! S'il devait t'arriver quelque chose, Harry ne me le pardonnerait jamais et ne se le pardonnerait pas non plus. Et puis, je n'ai pas non plus envie d'avoir ma sœur sur le dos parce que son petit-ami s'est fait tuer par faute de précaution!
Vaincu, Draco accepta à contrecœur et s'éloigna avec Blaise pour réfléchir à un plan B.
XxX
Juste avant que Ron et Hermione ne partent, Draco donna au rouquin deux flacons étiquetés à leur nom à Blaise et lui, mentionnant que ça devrait aider. Un troisième attendrait leur retour sur la table. Le blond lui suggéra même de commencer avec la fiole de Blaise. Au cas où Harry voudrait les mener en bateau pour refuser la deuxième en feignant que ça lui suffirait.
Ne jamais sous-estimer les instincts de survie d'un vampire assoiffé.
Avec précaution, Ron s'en empara et les rangea dans sa poche. Se demandant si le précieux liquide rouge donné à Harry n'allait pas faire pire et seulement l'aider à se concentrer pour retrouver Draco plus vite. Mais ils n'avaient pas d'autre solution, pas d'autre sang sous la main pour calmer l'estomac de son ami. Harry en aurait à peine assez pour rentrer avec lucidité et terminer de se sustenter sans faire de carnage avant. Et encore, il n'en était pas sûr.
Atterrissant dans la ruelle face au Square, le couple prit aussitôt conscience du brouillard épais qui avait élu domicile dans le quartier.
– Je crois qu'un Nebulus a été jeté, fit remarquer Hermione. Cette brume ne me semble pas naturelle.
– Tu as probablement raison.
Ils ne surent pas qu'à la minute où ils mirent un orteil sur le domaine du Square, un cri retentit auprès de Maugrey, le lanceur du charme, pour le prévenir. L'homme, qui était revenu après quelques minutes d'absence, et qui interrogeait toujours Harry, sourit méchamment et arrêta le bruit. Ces deux-là allaient tomber directement dans ses pièges et il allait les cueillir avec plaisir. Tout heureux, il informa son prisonnier de la raison du cri.
Il avait enfin un moyen de pression !
Lentement, Maugrey réenchaîna le Survivant et se lança un Obscuro. Devenu tout noir, il passerait plus facilement inaperçu. Et si Molly ou un autre sorcier le remarquait, il leur jetterait une oubliette. Pas question de perdre du temps.
Une fois piégé, il ne lui restera plus qu'à lancer un Incarcerem spécial pour les momifier comme Potter.
Il s'en frotta les mains d'avance.
XxX
Dans son lit, Arthur se retourna et allongea inconsciemment le bras vers sa femme pour l'enlacer et finit par glisser son bras sous oreiller qu'il resserra.
Quelques secondes plus tard, il ouvrit les yeux. Endormi, il se redressa sur un coude, confus, et regarda à côté de lui.
Machinalement, il avança sa main sur la place vide. C'était encore tiède. Un œil au cadran lui indiqua 4h et soupira. Il aurait dû insister pour qu'elle prenne cette potion de sommeil. Déjà qu'il avait réussi à la persuader de venir se coucher sans laver la vaisselle. Avec lourdeur, il se leva et mit pantoufles et robe de chambre. Il pria Merlin d'arriver à la convaincre de retourner au lit; elle avait vraiment besoin de repos. Dire qu'il lui restait deux heures avant d'aller travailler. Il soupira à nouveau. La journée allait être longue.
Mais juste avant, il s'arrêta dans la salle de bain et son cauchemar commença…
Dehors, le couple marcha côte à côte avec prudence dans le silence de la nuit, tentant de s'orienter pour retrouver la porte.
Mais en posant un pied sur le gravier qui crissa sous leur poids, ils entendirent un petit clic sorti de nulle part qui les figea. Avant même d'avoir le temps de savoir ce qui leur tombait dessus, le couple sans réfléchir, se sépara de quelques centimètres, attaqués par des jets d'eau puissants. Non pas que ça les blessait, mais c'était désagréable.
Essayant de semer toute cette eau qui voulait soit la noyer puisque la plupart des jets visaient sa tête, soit l'empêcher d'arriver à la porte, Hermione s'éloigna de son compagnon. Sans le savoir, elle suivait le tracé que Maugrey avait planifié et se dirigea exactement où il voulait, c'est-à-dire vers la maison.
En apercevant le mur du Square, le soulagement s'empara d'elle.
Ce n'est que quelques secondes plus tard qu'elle réalisa que plus rien ne la touchait. Surprise, Hermione se retourna lentement et se tendit. Un autre clic, qu'elle entendit grâce à son ouïe très fine, se déclencha.
La jeune femme écarquilla les yeux en apercevant de nombreux jets d'eau si proches les uns des autres qu'ils n'en formèrent qu'un gros qui fonça droit sur elle. Elle en oublia de se décaler à temps et se fit rudement accoter au mur.
La tête sur le côté, elle essaya de ne pas s'en prendre plein la bouche et de respirer, oubliant un moment qu'elle était vampire et non humaine. Puis, tout s'arrêta brusquement. Confuse, Hermione ouvrit un œil et regarda prudemment autour d'elle.
C'était tout?
Mais à quoi ça pouvait bien rimer?
Mais alors qu'elle voulut s'éloigner, elle réalisa qu'elle ne pouvait plus se décoller et le bruit de battement d'ailes à proximité l'empêcha de réfléchir.
Essayant de fuir les jets d'eau, Ron tituba par deux fois à cause du terrain inégal. Il fut soulagé que le sort s'arrête rapidement et toussota après en avoir avalé une grosse gorgée.
Berk, ça avait un goût de terre.
Heureusement qu'ils n'avaient pas besoin de nourriture humaine, chaque aliment avait une saveur qu'ils étaient loin d'aimer. Il s'était déjà essayé avec une tranche de pain aux noix qui avait pris le goût de cendre, et une pomme celle de soufre d'après Hermione. Heureusement que ça ne touchait ni le café, ni le thé! Pas sûr que le Cottage aurait survécu sinon.
Une main sur le haut de sa poitrine, sa trachée dégagée, le rouquin leva la tête au bruit. Un cliquetis se faisait entendre et quelque chose de gros et sombre apparut dans la brume. Plus elle se rapprochait et plus elle prenait forme. Au point de voir du mouvement autour de cette forme centrale.
Fronçant les sourcils, il ne comprenait pas ce à quoi il avait affaire. Des sorciers? Mais qu'est-ce qu'était si gros? Puis ses yeux s'écarquillèrent de terreur et sa bouche laissa échapper un cri muet. Il se retrouva incapable de bouger.
Devant lui se tenait une Acromentule.
Son regard était rivé sur cette chose gigantesque avec ses multiples longues pattes, beaucoup trop longues et ses yeux, ses huit yeux noirs globuleux et sans fond qui ne cessaient de le fixer. Et cette bouche ouverte avec ses deux crochets poilus qui s'activaient dans le vide…
Paralysé, il n'arrivait même plus à penser, oubliant jusqu'à son nom. Il ne put que la regarder s'approcher rapidement et s'arrêter à quelques centimètres de lui. Pour peu, il aurait pu sentir son souffle sur sa peau.
Avec horreur, il la vit ouvrir sa bouche en grand et se pencher pour l'engloutir.
Comme il aurait voulu pouvoir s'évanouir.
De son côté, après avoir réussi à se déprendre, et ce, sans y perdre la vue, Hermione se mit à appeler son petit-ami qui demeura muet. Inquiète, elle avança à tâtons, tout en dressant l'oreille, dans l'espoir de capter quelque chose. Mais rien, pas même le hululement d'un hibou, jusqu'à ce qu'elle entende le crissement sous ses pieds. Elle était de retour sur le chemin. Enfin.
Ron devait se trouver de l'autre côté, mais pourquoi ne lui répondait-il pas? Était-ce à cause de cette brume? Y avait-il autre chose en plus du Nebulus?
Mais d'où est-ce que ça pouvait venir? Des sorciers se cachaient-ils dans toute cette brume et lançaient des informulés? Comment faisaient-ils pour voir? Et ce clic? Comme s'ils avaient déclenché un mécanisme. Se pourrait-il que les sorts soient lancés à distance? Que le piège se déclenchait lorsque quelqu'un passait devant? Mais comment? C'était la première fois qu'elle entendait parler de quelque chose du genre. Avait-elle manqué tant de choses durant son enfermement? Quoique c'était bien vrai que le refuge avait parlé de quelque chose de semblable.
Puis, alors qu'elle marcha à nouveau sur du gazon, le brouillard se dissipa. Et une araignée géante avec des lignes vertes qui semblaient sortir de son intérieur se tenait à près de trois mètres.
– Ron!
Rapidement, elle sortit sa baguette de sa manche, pour réaliser qu'elle n'y était pas et jura avant de courir à pleine vitesse vers la bête. Une seconde de plus et elle se prenait un sort.
– Ron sort de là! Ce n'est pas une vraie et ce n'est qu'un Vertemillious, ça n'arrête que les sorciers et les moldus. Ron!
Mais son Alpha ne répondait pas.
Elle devait faire quelque chose et vite! On allait se rendre compte de leur arrivée. A présent devant l'animal, elle passa une main nerveuse dans ses cheveux et laissa ses yeux se poser rapidement sur chaque partie. Cette chose animée devait bien avoir un point faible!
Mais elle ne voyait pas du tout quoi faire, seule la bouche était encore ouverte. Elle pouvait apercevoir le dos de Ron et qu'autour de lui se trouvait une sorte de cage verte. Comment faire disparaître cette araignée? Chercher de l'aide? Et si l'ennemi attaquait pendant son absence? Non, elle ne pouvait pas s'éloigner! Elle devait trouver une solution maintenant. Com…
Tout d'un coup, elle déchira une partie de son chandail, entra dans l'antre de la bête et banda les yeux de Ron. Puis le tira vers elle tout en lui parlant doucement pour le ramener à elle. Ce n'est qu'à l'extérieur de l'araignée qu'elle réalisa qu'il tremblait.
– Her-Hermione?
Machinalement, il porta sa main à ses yeux.
– Non! Tu le retireras après qu'on l'ait dépassé et tu ne te retournes pas! Suis-moi, je te tiens. Il n'y a aucun obstacle devant nous.
Ron essaya de retrouver ses esprits et ne pas trébucher.
– Qu'est-ce qui s'est passé?
– J'ai été attaqué par un Aquamantis maxima, un Glu Perpétuelle, qui heureusement n'était pas si puissant que ça, bien que le mur ait craqué. Va falloir prévenir Molly pour que quelqu'un le répare. Et j'ai reçu une pluie de petit oiseau ensorcelé à l'Oppugno, qui ont tenté de me rendre aveugle. C'est vraiment un coup de chance pour eux que ce soit toi qui sois tombé sur cette araignée. À croire qu'ils savaient de quel côté nous irions.
– On n'est quand même pas si prévisibles !
Hermione se tourna pour le regarder, réfléchissant à pleine vitesse.
– Oh Merlin! T'as raison ! Je n'avais jamais remarqué, mais on se tient tout le temps du même côté, même à Poudlard. Tu t'es toujours affiché à la droite de Harry.
Bien à l'abri chez lui, Maugrey détruisit le mobilier qui se trouvait dans son entrée, il était arrivé quelques secondes trop tard! Pourquoi avait-elle bougé?! Il était à deux doigts de l'enchaîner! Mais non, il avait fallu que mademoiselle se précipite sur l'autre rouquin! Avec deux vampires en liberté, il n'avait pas pu faire autrement que de déguerpir. Il ne lui restait qu'un piège, mais il savait par avance qu'il n'avait aucune chance. Il aurait dû le mettre dehors lui aussi!
Aussitôt à l'intérieur, arrivée dans une entrée fracassante, Hermione usa de sa rapidité hors du commun et monta les étages pour passer chaque pièce. Pendant ce temps, dans le hall, Ron releva la tête et renifla l'air. De nombreux arômes lui virent, surtout celle du café noir et celle plus douce et réconfortante de sa mère, mais pas celle qu'il cherchait.
– Ron? Apparu dans l'escalier du sous-sol Molly.
Elle apporta avec elle une odeur de savon à vaisselle et un résidu de filet de porc avec une sauce aux pommes garnies de légumes et des œufs. Odeurs peu ragoûtantes en somme. Elle devait avoir commencé à préparer le petit-déjeuner.
Un regard vers l'entrée lui fit écarquiller les yeux, la gâche1 et le chambranle2 était légèrement brisé et la porte arrachée de ses gonds du haut, et cassée par endroit, le mur possédait même son empreinte.
D'une rapidité qui aurait dû lui cassé le cou, Ron darda un regard noir sur sa mère dont le cœur se mit à battre rapidement et lui gronda dessus. Il retenait à grand-peine ses crocs de s'allonger.
– Où. Est. Harry?
– Q – Quoi?
Molly était complètement désorientée et retint à peine son mouvement instinctif de recul. Qu'est-ce qui se passait? Pourquoi son fils se montrait-il si agressif? Pourquoi en avait-elle soudainement peur? Et comment ça Harry?
– C'était quand la dernière fois que tu l'as vu?
Le rouquin s'apprêtait à avancer en sa direction, la toisant, lorsqu'il dévia subitement le regard en voyant Hermione « apparaître » à ses côtés. Cette dernière lui fit un signe négatif de la tête.
– Je ne l'ai pas senti non plus.
– Même chose, dit-il amèrement.
– Cherche celle de Maugrey, suggéra sa compagne alors qu'il se tournait à nouveau vers sa mère.
Et c'est là que Molly comprit qu'il y avait un problème.
– Alors? Dit-il sèchement.
Elle crut une seconde qu'elle avait Snape en face d'elle et déglutit.
– Il est venu un peu avant 18 h, nous étions seuls. Rares sont ceux qui restent après le repas, bien que parfois personne ne se pointe, le reste de la famille devait arriver plus tard…
– Les faits!
La matriarche sursauta.
– Oh oui, pardon! Nous avons discuté, puis je l'ai raccompagné à la porte en vous invitant pour le jour de l'an puis…
Sous sa réflexion, ses paroles devinrent plus distantes, plus lentes, elle souhaitait tout nommer dans l'ordre pour ne rien oublier.
– Je suis retournée en cuisine laver quelques chaudrons, ton père est entré entre temps et George était le seul qui pouvait venir ce soir, mais à partir de 20 h 30. J'espérais que vous seriez encore là à son arrivée, mais bon, Harry m'a dit à son arrivée que les plans avaient changé, puis… Molly plissa des yeux sous la concentration. Un peu après votre père, j'ai entendu du bruit, mais ça devait être un voisin moldu qui venait de rentrer ou le vent. Je suis ensuite retournée à l'étage finir… non… il n'y avait plus rien à faire là, alors je suis redescendue…
Le couple se jeta un regard alors que le plancher craqua au-dessus de leurs têtes.
– Je crois que quelqu'un vous a jeté une oubliette, releva Hermione qui se tourna vers l'escalier pour y apercevoir George en pyjama.
– Quoi? Mais non c'est pas possible! Ça n'a aucun sens.
– Pas si tu as vu quelque chose que tu ne devais pas voir. Se radoucit Ron, soulagé que sa mère n'ait rien avoir là-dedans.
– Un traître? Encore? S'exclama George qui se frotta un œil, ensommeillé, avant de les rejoindre. Comme si on n'en avait pas eu assez avec cet horrible petit rat!
– Oui un traître, mais pas espion contre le Lord… juste une… vendetta personnelle. Harry est prisonnier du Square.
– Pardon? Regarda son cadet Molly sans y croire. Je m'en serais rendue compte!
– Pas si on t'occupe ailleurs pour que tu t'absentes du passage secret.
– Un passage secret… Répéta la matriarche dans un murmure.
Délaissant la conversation, Ron se remit à humer l'air pour repérer cette odeur agressive, comme une finale de Quiditch dans le vestiaire pour vaincre l'adversaire avec une touche de sueur épicée si caractéristique à Maugrey.
– La cuisine.
L'odeur se trouvait plus forte dans cette direction, le vieil Auror s'y était rendu plus souvent.
– George, va chercher papa et quittez le Square ! Allez où vous voulez, mais ne restez pas dans le coin!
– Pas question, on va t'aider!
– Non, George! Harry a perdu le contrôle, il est affamé, il va tuer tout humain à proximité et je refuse que vous soyez ses victimes et il ne le souhaiterait pas non plus! Déjà que maman va devoir rester.
– Attends, s'interposa Hermione empêchant les deux sorciers de poser une question. ça va la mettre en danger, comment pourra-elle partir? On n'a toujours rien trouvé pour ça.
– Tu devras te tenir prête et l'emporter à l'extérieur pendant que je retiens Harry.
Le couple en oublia quelques instants George et Molly.
– Je n'aime pas ça, c'est risqué. Harry est fort.
– Je sais, mais on n'a pas d'autre solution, tu devras être rapide.
– Dobby peut aider.
Tous sursautèrent et les regards se tournèrent vers la petite voix incertaine de l'elfe qui se triturait les doigts et tenait de façon précaire un balai adapté à sa taille. Un seau d'eau se tenait non loin de lui avec un chiffon sur le rebord, prêt à nettoyer les tableaux.
Les yeux rivés au sol d'avoir attiré l'attention, il avait la furieuse envie de se pincer les oreilles dans la porte du four. Il n'aurait pas dû se mêler de la conversation, ils allaient penser qu'il espionne.
Méchant Dobby méchant!
– Comment? L'interrompit dans ses fustigations Hermione.
– Dobby peut transplaner ailleurs avec un sorcier, malgré les barrières qui se trouvent ici.
– Tu pourrais emmener ma mère à Poudlard, par exemple?
– Oui Monsieur, Dobby peut.
– Attend qu'on t'appelle, et dès que ce sera le cas, tu ne perds pas de temps, tu transplanes avec ma mère. Faudra juste patienter pour nous permettre de quitter le Square.
Pour plus de sûreté, Hermione y alla d'un conseil.
– Vous pourriez, Molly, au bout d'une trentaine de minutes disons, par précaution, envoyer Dobby en éclaireur avant de revenir,
– Parfait, conclut Ron ne laissant personne argumenté avant de se tourner vers son frère. George vas-y, on a pas un instant à perdre.
XxX
À genoux sur le carrelage froid, Arthur pleurait en silence, serrant sa plus jeune dans ses bras. Depuis combien de temps était-il là? Des heures? Des jours? Des semaines? Il n'en savait rien, mais il ne pouvait pas partir, c'était au-dessus de ses forces, trop douloureux.
A un moment, il crut entendre au loin du bruit, mais n'y porta pas attention, même lorsqu'une porte claqua derrière lui et se refermera. Cependant, sa Ginny, sa petite fille, son bébé, qu'il tenait en sang après s'être coupé les veines aux poignets et au cou se floua un instant.
Que…?
Arthur se figea.
C'était assez pour lui permettre de se poser des questions.
Assez pour réaliser qu'il avait à faire à un Épouventard.
Mais qu'est-ce que ça faisait chez lui? Avec difficulté, il parvint à remettre ses idées en ordre et se convaincre de l'illusion pour lancer laborieusement le contre-sort. Puis, il enferma l'Épouventard avant qu'il ne s'en prenne à quelqu'un d'autre.
Lorsqu'il sortit, échevelé, se tenant au cadre de porte pour ne pas tomber, il croisa George. Ce dernier écarquilla les yeux avant de se précipita pour l'aider à rester debout et lui poser mille et une questions sans lui laisser le temps d'en placer une.
Au rez-de-chaussée, ignorant tout le monde, Ron suivit la piste qui menait en cuisine et huma l'air à nouveau pour finalement s'arrêter devant le réduit.
– Là? Tu es sûr? Releva Molly aussi perplexe que les deux vampires.
– Oui, c'est plus fort ici et il n'y a pas que son odeur.
– C'est la porte qui ouvre sur la cave, mais il n'y a rien là-dedans, juste un endroit pour entreposer des vieilleries. Sirius en avait fait mention lorsque je lui ai demandé ce qu'il voulait que je fasse de certains tableaux familiaux et des têtes des elfes.
Puis, d'un coup de baguette, elle leur dévoila le passage, manquant de peu de faire éternuer Hermione sous la poussière qui lui chatouilla le nez.
OK. songea lentement Ron, ahuri, en regardant tout autour. Il doit y avoir un troll qui est passé dans le coin.
Tout était sens dessus dessous, beaucoup de meubles, bibelots et toiles étaient entassés, des morceaux de tissus rongés par les mites ou les doxys traînaient. Ron fronça le nez, il ne tenait pas plus que ça à s'en approcher pour vérifier.
Au fil du temps, beaucoup de choses avaient été amassées, à croire qu'ils avaient une peur bleue de jeter. Même ce qui était cassé ou brisé. Ils parvinrent toutefois à suivre un semblant de chemin qui les mena devant le tableau en parfait état d'une chimère.
– Ça doit se passer comme à Poudlard pour entrer dans nos maisons respectives. On a besoin d'un mot de passe.
– Je m'en doute Mione, mais y'a vraiment pas d'autre moyen?
Peu convaincue, la femme s'approcha tout de même, cherchant un détail qui pourrait leur servir. Des paroles n'étaient peut-être pas obligatoires, la cuisine de l'école demandait bien qu'on chatouille une grosse poire verte. Pendant ce temps, Molly ne pouvait s'empêcher de jeter un coup d'œil autour d'elle. Sa baguette la démangeait, comment pouvait-on être si désorganisé? Elle allait devoir revenir, cet endroit avait besoin d'un bon récurage.
– Ça suffit! Hermione recule! Ordonna Ron qui avait épuisé sa patience. On n'a pas de temps à perdre!
Une fois qu'elle se fut décalée, il la remplaça et laissa ses griffes s'allonger puis déchiqueta le tableau et frappa. Une, deux, cinq, dix fois avant qu'il ne commence à voir un point sur le mur sur lequel il continua de frapper avec acharnement jusqu'à pulvériser la pierre qui, malgré sa magie pour ne répondre qu'à un mot de passe, ne put résister.
Par la suite, retrouver Harry fut un jeu d'enfant. Ils avaient cependant dû refréner leur envie et courir à la vitesse humaine pour que Molly puisse les suivre. De plus, elle devait vérifier que le passage était sans danger, mais cette « lenteur » les frustrait.
De chez lui, Maugrey hurla de rage, faisant fuir le corbeau qui s'était logé sur une branche à l'extérieur, son Cave Inimicum qu'il avait installée à cinq mètres de la chimère venait de le prévenir que quelqu'un était entré dans sa cachette. Tout était à recommencer! Mais pourquoi, pourquoi les vampires possédaient une sorte d'Impervius permanent sur eux?! À cause de leur satanée imperméabilité, les sorts ne leur faisaient rien!
Lorsqu'ils se retrouvèrent enfin devant la cellule de Harry, tous les trois se figèrent à la vue de la pièce vide, sauf vers son centre où un amas longiligne de métal se trouvait. Pour un instant, ce fut comme s'ils avaient oublié la raison de leur présence et ne savaient plus comment se mouvoir. Jusqu'à ce qu'ils entendent un bruit étouffé et la « momie » se trémousser.
– Maman, parla finalement Ron sans la regarder, tu veux bien retirer les chaînes sur son visage. Seulement son visage.
Pendant que sa mère s'exécuta, la main tremblante, le rouquin s'avança et sortit ses deux flacons. Le soulagement le prit en les voyant intactes et fermés, puis avec rapidité, il lui mit de force la fiole dans sa bouche. Trop surpris pour recracher, Harry n'eut d'autre choix que d'avaler par réflexe.
Alors qu'il avalait, Ron remarqua les crocs visibles de son meilleur ami avant que ce dernier ne montre les dents, menaçant. Mais d'un geste brusque qui le surprit, Harry s'était quelque peu redressé et fit claquer sa mâchoire vers lui dans un grondement.
Croisant son regard, l'Alpha remarqua enfin ses iris d'un rouge profond qui le regardait avec fureur. Ce qui le força à déglutir, bien content que l'Élu ne puisse pas lancer l'Avada avec les yeux. Il devait juste attendre quelques secondes, une minute grand max, pour laisser au sang le temps d'agir. Mais Harry feulait, grondait et lui ordonnait de le libérer tout en continuant de bouger dans sa « camisole de force » pour se déprendre ou parvenir à le mordre. Son ami semblait avoir une grande envie de le déchiqueter.
– Harry? Harry, dit-il doucement, on va te sortir de là, ne t'inquiète pas. Prends ceci et on te libère, après tu pourras manger à ta faim à la maison. Mais pour ça, on doit s'y rendre.
Il ouvrit le second flacon et se rapprocha prudemment pour le déposer sur les lèvres de Harry, qui décida de donner un coup d'épaule, manquant de renverser le précieux liquide.
– Harry!
– Ron, je t'en prie, dépêche-toi! Lui parla Hermione nerveuse en jetant régulièrement des coups d'œil autour d'elle.
Le rouquin soupira et utilisa une voix forte et qui ne tolérerait aucune réplique.
Faites que ça marche!
– Bois cette fiole!
Se plaçant derrière lui pour mieux retenir ses mouvements, Ron lui remit la fiole sous le nez alors que le Survivant tentait de lutter contre lui. Les effluves parvinrent en moins d'une seconde jusqu'à Harry qui reconnut avec facilité que le sang appartenait à Draco et émit un petit grognement autant satisfait que désespéré.
Où se trouvait Draco? Pourquoi ne l'avait-il pas en face de lui? Que lui avait fait cet Alpha de malheur?
Au son, Ron supposa que son degré de fureur devait être grand, mais ne lui laissa pas la possibilité de se dégager, au risque de perdre des doigts et lui enfonça encore une fois la fiole dans la gorge.
Harry qui voulait déguster, tout en souhaitant être libéré dans la seconde pour retrouver son humain, lui lança un regard noir.
Après une deuxième minute, Harry cligna des yeux, ces derniers avaient perdu de leur rougeur.
– Ron?
– Oui, content de te revoir parmi nous, vieux, lui sourit-il.
Il se demanda tout de même s'il pouvait faire confiance à Harry ou si ce dernier allait se moquer de lui pour le fuir.
– Maman, se tourna-t-il vers elle. Retire ses chaînes.
Aussitôt qu'elle entama le sort, il appela Dobby tout en se plaçant avec sa compagne devant sa mère.
XxX
Au Cottage, Hermione lâcha le bras d'Harry et s'empressa d'ouvrir la porte pour se précipiter sur la fiole que Draco avait laissé sur la table. Elle revint tout aussi vite pour l'enfoncer dans la gorge de son meilleur ami.
Mais c'est quoi cette manie? Songea rapidement Harry qui s'étouffa presque alors qu'il venait d'entrer dans sa maison. Ils veulent me tuer?
Après avoir réussi à avaler le sang et arrêté de toussoter, le Survivant essuya les quelques gouttes près de sa bouche et prit une grande respiration.
Dans quelle pièce se trouvait Draco?
Mais un haut-le-cœur le prit.
Une odeur extrêmement forte lui brûla les narines et piqua ses yeux. S'il avait pu, il en aurait vomi tant c'était insupportable. Bloquant immédiatement sa respiration, Harry se concentra sur les battements cardiaques qu'il pouvait entendre. Il en capta un en haut et l'autre en bas.
– Harry va dans la forêt chasser! Ordonna à nouveau Ron qui le lâcha à son tour et porta une main sur son nez avant de le pousser vers l'extérieur pour s'en assurer et se retourna en refermant la porte. Par Merlin qui a laissé entrer une moufette?
– Je ne pense pas que ce soit ça, s'étrangla Hermione. Rappelle-toi, un peu plus tôt, Draco nous a dit qu'ils avaient trouvé un moyen d'empêcher Harry de les trouver. Ça doit être ça… pourquoi on n'a pas pensé plutôt à utiliser les elfes pour les mettre en sécurité?
Une main devant sa bouche, elle se dirigea vers l'escalier qui menait à l'étage du dessus.
– Ça nous aurait évité cette puanteur… allons les chercher, qu'ils lancent un Evaneso. En espérant que ça sera suffisant. Oh, quelle horreur!
Lorsque Ron entra dans le laboratoire, il sursauta en apercevant Draco.
– Que... t'es pas… c'est Blaise en haut?
Le blond avait la tête entourée d'une énorme bulle qui déformait son visage, mais malgré cela, le vampire pouvait voir que ses yeux peinaient à rester ouverts et que son teint semblait vouloir virer au gris, ce qui mit ses sens en alerte.
– Oui, Harry n'aurait jamais pensé trouver Blaise dans ma chambre et comme mon odeur reste plus forte là, même avec celle de la « moufette », il s'y rendrait en premier, me donnant quelques secondes de plus. Vous l'avez ramené? Il va bien?
Il parlait lentement, alors qu'il s'approchait de lui. Comme si l'état de santé du vampire l'importait peu et qu'il posait la question par habitude sans réellement vouloir connaître la réponse.
– Oui, cette puanteur l'a aidé à reprendre davantage ses esprits, le temps que la troisième fiole fasse effet. Il chasse dans la forêt. Tout va bien, toi?
– Oui, la perte de sang m'a épuisé malgré la potion régénératrice que j'ai prise entre les deux, mais ça va aller. Monta l'escalier Draco, je ne suis pas encore à l'article de la mort. Un peu de repos et tout va rentrer dans l'ordre.
Avec l'aide de Blaise, moins épuisé que lui, ils retirèrent l'odeur coriace, puis annulèrent le sort de tête en bulle et montèrent se coucher. Mais même s'il était fatigué, le blond se tournait et se retournait dans son lit. Il pensait trop à Harry qui n'était pas encore venu le voir. Il avait besoin de se rassurer par lui-même, que son ami allait bien. Se tournant pour la énième fois, il prit sa baguette pour regarder l'heure.
7 h 30
Seulement? Il aurait cru que ça faisait bien plus d'une heure et quart qu'il était là.
Incapable d'attendre plus longtemps, il retira ses couvertures et se leva pour se rendre dans la chambre de Harry. Il devrait être rentré de sa chasse. Avec ce qu'il lui avait donné, le vampire ne devait pas avoir besoin de plusieurs animaux pour se rassasier. Un seul avait dû suffire à présent.
À moins qu'il ait mal calculé… C'était difficile à évaluer ce genre de chose, il n'avait rien de quantifiable, aucun précédent. Il ne savait même pas combien de temps son sang pouvait le nourrir.
Il frappa doucement à la porte avant de passer la tête dans l'entrebâillement et le voir roulé en boule dans son lit. La vision lui serra le cœur et il se dépêcha de le rejoindre pour se blottir contre lui. Avec maladresse, il se mit à lui caresser les cheveux pour l'aider à se détendre et lui murmura des paroles de réconfort.
– Tu es en sécurité maintenant, continua-t-il à chuchoter. Plus personne ne te fera de mal... Essaie de dormir un peu. Ce soir, on pourrait effectuer des recherches à deux sur notre lien et en discuter.
– Je ne peux pas, Sev doit venir et je n'ai pas pu m'entraîner beaucoup.
– Harry, prends le temps de t'en remettre. Et puis, t'as fait quoi enfermé à discuter avec moi? Ce n'était pas un entraînement, peut-être? Tu as besoin d'une pause! Une nuit, ce n'est pas grand-chose. Sev comprendra.
– D'accord, abdiqua le brun qui se blottit un peu plus contre l'humain pour respirer son odeur.
Après un moment de silence, profitant de cet instant de quiétude, Draco posa une question à son vampire.
– Comment ça se fait que tu sembles tant apaisé avec moi, comparé à tes amis?
La question sembla faire réfléchir la créature des ténèbres qui prit son temps avant de répondre.
– Je ne sais pas. Je dirais que notre lien me pousse à me ressourcer près de toi, et puis, ce n'est pas comme si je n'avais pas déjà confiance en toi. Je me sens à l'aise à tes côtés et je sais que tu peux, de ta simple présence, m'enlever une partie de mon fardeau, que je me laisse diriger. Ça fait du bien de ne pas avoir à tout gérer. Ça été dur de devoir endosser le rôle de Ron au début, c'était trop pour moi. Heureusement que ça n'a pas duré trop longtemps.
Ignorant comment l'aider, Draco joua avec ses cheveux, désirant le garder détendu le plus longtemps possible. Il n'avait pas souhaité le remettre dans ses pensées moroses, mais Harry le surprit en poursuivant.
– J'utilise plus mes habilités humaines avec toi, même si je ne le suis plus complètement. Je n'ai aucune obligation de surveiller mes mots pour ne pas vexer mon Alpha ou faire comprendre sans brusquer ma soumise. Pour l'instant, ce n'est pas tout à fait quelque chose dont j'ai l'habitude. Alors conseiller reste un peu compliqué, je dois toujours penser plus avant de parler pour faire attention à mes paroles. Ce n'est pas encore devenu un automatisme... Je ne sais pas si tu comprends… avec toi, il n'y a plus de statut qui existe et c'est reposant.
– Oui, murmura Draco dont le regard fixait le tatouage hideux de son bras gauche.
XxX
Installée dans sa chambre dans les bras de son Alpha, dans leur lit, Hermione se détendit. Ils étaient enfin réunis et en sécurité. Elle ne quitterait plus jamais le Cottage. Le monde sorcier était bien trop dangereux. Son clan se trouvait à l'abri ici. Personne ne viendrait les blesser, les déranger, les juger. Elle n'avait plus du tout envie de se rendre chez ses parents pour Noël. Mais ils lui manquaient tellement et ils vivaient du côté moldu…
Ils devaient absolument faire fusionner leur magie, ils étaient bien trop vulnérables!
Sans pouvoir plus démêler ses pensées, Hermione sombra dans les ténèbres, inconsciente du tourment, assez semblable au sien, de Ron.
19 décembre 2004
Après la visite de Severus qui s'était assuré de l'état de santé de l'Élu et leur avait donné quelques conseils pour améliorer leur entraînement, Hermione retourna dans sa chambre pour retenter de travailler sa fusion. Elle avait bien apprécié l'endroit la dernière fois. Elle espérait réussir à se changer les idées. Si elle y parvenait, elle allait pouvoir se concentrer dans n'importe quelle circonstance et ça, c'était un atout non négligeable qui leur permettrait de réfléchir sous la pression et l'inquiétude.
À l'intérieur, elle jeta un regard circulaire à la pièce à la recherche du meilleur coin pour s'attaquer à l'Occlumancie. Toutefois, elle s'attarda plus que de raison vers son armoire où elle avait caché sa baguette pour ne pas être tentée de s'en servir.
Elle frissonna violemment en repensant à ces dernières heures. Si elle avait pu s'en servir, Harry serait rentré bien plus tôt! Une nouvelle détermination qui noircit son regard l'envahit, mêlée de colère.
Hermione se secoua la tête pour se remettre les idées en place et s'imagina très bien sur un pouf géant. Elle appela donc un elfe pour voir s'il pouvait le lui en trouver un, puisqu'elle ne pouvait utiliser sa magie et bougea les meubles à la moldu. Elle dut même demander à Shia à son retour de rapetisser son lit. Deux mètres, ça prenait de la place.
Réorganiser la pièce lui permit de se centrer à nouveau sur elle-même et regagner un peu de calme plutôt que cette peur. Avec tout ce qu'elle avait subi dernièrement, la jeune femme en avait bien besoin et avait hâte de ressentir cette sensation de douceur en suivant ces fils, cette impression d'entrer au plus profond de son corps.
Installée confortablement, Hermione observa attentivement sa chambre qui termina de la tranquilliser. Aucun inconnu ne viendrait au Cottage, l'endroit respirait la sécurité, la famille, la confiance. Elle eut une soudaine envie de rejoindre les autres habitants pour les regrouper et se blottir contre eux pour quelques heures, voire quelques jours.
Puis, les indications d'Harry la première fois lui traversa l'esprit, elle eut un petit sourire de dérision. Elle avait voulu l'imiter et utiliser ses fils comme points d'ancrage, mais cette technique avait échoué. En partie du moins, et elle avait dû opter pour se vider la tête.
Elle regretta de ne pas avoir continué, ni même pensé à pratiquer. Une séance de cinq à dix minutes par nuit les aurait bien aidés.
Après je retournerais à la bibliothèque. En cherchant pour la magie vampire et sorcière, peut-être que je trouverais en même temps le problème de Ron… Un coup d'œil sur la magie noire pourrait sûrement aider, voire les runes, la magie ancienne peut-être… Ah bon sang, c'est quand j'en ai besoin que les cours ne me reviennent pas!
Parfois, elle se demandait pourquoi elle n'était plus capable comme avant d'être le petit génie qui savait tout sur tout et qui, à la moindre occasion, se rassasiait de nouvelles connaissances. Avait-elle fait une indigestion de toutes ses recherches? Beaucoup de choses avaient changé depuis Poudlard.
Je me demande s'il y a un livre de méditation ici… Je pourrais toujours me promener incognito dans le monde moldu, c'est plus prudent de ce côté et plus pratique, mais avec ce qui vient de se passer… Bon allez Hermione, concentre-toi!
Au bout d'un moment, elle se sentit enfin dans son sous-espace.
Entourée de noir, elle se sentit sereine après avoir visualisé un écran opaque dans son esprit. Confiante, assez pour ne pas perdre sa concentration au moindre coup de vent, elle se crut entourée d'un cocon apaisant d'où lui parvenait le bruit tranquille d'une rivière. Son flux sanguin. Elle avait l'impression de se trouver dans chaque centimètre carré de ses veines, qu'elle pourrait, en bougeant un peu, toucher ses organes du bout des doigts. Elle pouvait sentir chaque parcelle de son corps.
Calmement, elle rouvrit les yeux. Devant elle se tenaient ses deux filaments entortillés qui lui rappelèrent des tubes remplis de particules de poussière ou lors d'une magnifique journée ensoleillée, les rayons de ce dernier frappant un objet dans sa chambre. Cependant un autre détail attira son regard quelques pouces plus loin sur sa gauche. Un nouvel élément. Un nouveau fils.
Que…
En un clignement d'yeux, Hermione revit les murs de sa chambre et resta figée un moment avant de reprendre ses esprits.
Qu'est-ce que c'était que ça? D'où sortait ce troisième fils? Il n'était pas là, la dernière fois. Qu'est-ce que ça voulait dire? Pourquoi maintenant? Qu'est-ce qui avait changé? Était-ce son appartenance au clan, à présent que tout le groupe connaissait leur place dans la hiérarchie? Était-ce ce qui lui ferait comprendre qu'un membre de son clan aurait besoin d'aide, comme elle l'avait ressenti lorsque Draco avait été agressé par Maugey? Parce que Harry avait été kidnappé ?
Hermione se secoua la tête. Ce n'était pas le moment. Elle devait s'en tenir à ce que Snape leur avait donné comme devoir et donc fusionner ses deux magies! Mais surtout être en mesure de se défendre rapidement.
Prenant de lentes et profondes respirations, elle se concentra sur l'air légèrement frais qui descendait le long de sa gorge pour se rendre à ses poumons. À force de répétition, elle se sentit de mieux en mieux, apaisée, et elle finit par entrer dans son sous-espace et retrouver ses connexions. Dès lors, elle se plaça à côté et observa avec attention les deux « tubes » enchevêtrés et… demeura perplexe.
Comment les différencier? Quelle était sa magie sorcière et laquelle était vampirique? Devait-elle les désentortiller en premier lieu?
Bon, elle pouvait toujours essayer et voir par la suite ce qui se produirait. Si ça avait été trop dangereux de remettre droit les deux fils conducteurs en premier, Severus les aurait prévenus non? Mais comment devait-elle faire?
– Rahhh!
Elle avait encore perdu sa concentration.
Mais pourquoi Snape n'était pas resté plus longtemps pour leur fournir plus d'explication quant aux étapes à franchir? Rageant contre elle-même, Hermione se leva brusquement et sortit s'aérer avant de faire un carnage dans la chambre. Ou la maison entière. Elle avait une très forte envie de frapper dans les murs jusqu'à ce tout soit détruit.
Elle qui lisait souvent, faisant abstraction du monde, voilà qu'elle n'était même plus capable de se concentrer plus de cinq minutes!
Deux nuits blanches plus tard, après une autre leçon abrégée et infructueuse, et quelques rêves éveillés de jet d'eau et d'oiseau meurtrier, Hermione s'installa sur le pouf. La tête moins accaparée de questions qu'elle avait retranscrit sur une feuille et commencé à chercher dans les livres. Elle reprit sa méditation.
À nouveau devant ses fils, elle entreprit de les longer pour voir où cela la mènerait. Elle avait le sentiment de se trouver dans une espèce de long corridor. Bien qu'elle n'avait plus aucune idée du nord et du sud. Quittait-elle son corps? Était-elle retranchée dans les tréfonds de son esprit? Faisait-elle du surplace? Elle n'avait pas l'impression d'avancer, même si en jetant un coup d'œil derrière elle, elle pouvait voir les fils, comme si elle se tenait au centre, n'apercevant jamais la fin des deux bouts.
Mais un moment plus tard, elle remarqua enfin le noyau.
Les deux courants qu'elle suivait se raccordaient à une énorme boule luminescente qui lui rappela une prise électrique moldu, qu'elle observa attentivement dans l'espoir de savoir quoi faire. Subitement, une pensée sur le monde physique l'effleura et elle se demanda si ça n'était pas la même chose ici. Alors doucement, Hermione s'imagina placer sa main au-dessus des liens qui lui allaient environ à la taille pour les dénouer.
Elle n'avait pas d'autre idée. Tout ce qui pouvait arriver était qu'elle rencontre du vide, elle était dans son esprit après tout.
Ses « doigts » venaient à peine de frôler la connexion qu'elle sursauta, surprise de sentir une sorte de résistance, comme si quelque chose l'empêchait d'entrer. Ce qui bien évidemment la déconcentra, mais cette percée l'avait tellement emballée qu'elle ne perdit pas de temps pour en parler au reste de son clan...
2 janvier 2005.
Durant les deux semaines de vacances scolaires, le trio travailla très fort pour parvenir à distinguer leurs magies, entrecoupées de conseils que Severus leur donnait pour s'améliorer. Ça avait été difficile au début, de faire abstraction de la séquestration du brun. Les nerfs à fleur de peau, ils n'avaient pas besoin de beaucoup pour sursauter ou s'engueuler. Leur concentration peinait à venir et les frustrait. Et Harry se comportait étrangement. Même pour Ron et Hermione qui le voyaient lutter contre quelque chose. Leur ami faisait des gestes qu'il arrêtait en chemin, surtout vers le blond. Et ils ne parlaient même pas de sa concentration qui semblait le fuir et compliquait leur conversation et aussi même la méditation d'Harry.
Ils avaient toutefois pris une pause pour Noël et la nouvelle année. Ils refusèrent l'invitation de Molly, mais réussirent à convaincre Hermione de laisser l'entraînement et la bibliothèque, pour aller rendre une petite visite à ses parents. Mais seulement après que Draco et Blaise lui aient confectionné un portoloin d'urgence, puisqu'elle craignait depuis le kidnapping de Harry de quitter, comme son clan, le Cottage. Ça avait été difficile de la persuader, surtout qu'elle arguait que sa magie n'était pas encore fusionnée et qu'elle n'avait toujours rien trouvé à propos de la magie agitée de Ron au nom du Seigneur des Ténèbres. Ou plus tôt si, mais elle devait récolter plus de données pour éliminer des possibilités qui étaient nombreuses dans les veilles magies oubliées. Mais à eux tous, ils étaient parvenus à refréner les ardeurs de la jeune femme qui était revenue de son petit séjour toute souriante et plus détendue.
Ces deux semaines avaient été très intensives pour le trio et un congé tranquille plus qu'apprécié pour Severus qui avait seulement eu besoin de répondre à quelques questions par cheminée et surveiller les étudiants qui restaient à Poudlard. Il avait même pu passer du temps avec son calice et ça, ça n'avait pas de prix.
Mais pendant que les vampires se tenaient occupés, Draco avait plus qu'apprécié ces petits moments de volés avec Harry. Surtout qu'ils lui permettaient de prendre une pause sur les sortilèges déjà connus pour s'améliorer et qu'il pratiquait avec Blaise. Ce qu'il avait aimé, en plus de trois ou quatre baisers furtifs à l'abri des regard, était survenu un peu avant le jour de l'an, après que Harry ait été chassé. Oh, bien sûr il avait dû batailler pour le convaincre, mais le vampire l'avait mordu!
Le brun s'était gardé une petite place, très minime, pour éviter de le saigner à blanc, mais malgré cette précaution de remplir son estomac, ça avait failli virer au drame. Il s'était senti tiraillé, passant de la pure douceur à une horreur sans nom. Il lui avait tapé l'épaule avec le peu de force qui lui restait, mais ça n'avait rien fait. Même encore aujourd'hui, il ne pouvait s'expliquer comment il avait réussi à raisonner le vampire. Et malgré ça, il voulait quand même continuer, persévérer.
Avec un peu de pratique, il était sûr que Harry pourrait se contrôler sans chasser avant. Il suffisait au vampire de bien s'abreuver avant et ne pas être fatigué d'un entraînement.
Quant à Blaise, il s'enfonçait. Il ne savait plus comment se comporter. Se cacher dans le laboratoire à concocter des potions lui pesait de plus en plus. Il désirait faire autre chose et ne plus se murer dans le silence ou surveiller ses paroles, mais il avait tellement peur que les vampires apprennent son honteux secret. Ce qu'il avait fait. Comment réagirait le trio s'ils le découvraient ? Et Ron? Il allait vouloir le tuer, Ginny restait importante à leurs yeux. Et la famille Weasley… Oh Merlin, s'il fallait qu'ils sachent que c'était à cause de lui qu'ils avaient perdu le Terrier.
Mais qu'avait-il fait? Pourquoi était-il devenu l'espace d'un instant un traître pour le camp de la lumière? Et Ginny, elle aurait pu se faire tuer à cause de lui!
Il faisait de son mieux pour agir comme avant, même s'il ignorait ce qu'il faisait avant. Il n'avait jamais porté attention à son débit de parole ou ton de voix. En disait-il trop, pas assez? Et ses gestes, paraissaient-ils naturels? Tout ça, c'était automatique, alors maintenant qu'il devait en prendre plus conscience pour ne pas se trahir, il avait l'impression d'être extrêmement gauche. Ce que ça pouvait être stressant!
XxX
Loin de toute l'agitation intérieure du métis qui durait quand même depuis plusieurs jours, Hermione était retournée s'entraîner ; c'était sa priorité pour le moment, elle sentait qu'elle s'approchait du but. Et cette fois, malgré la résistance, la châtaine insista, imaginant ses mains séparer ses deux fils. Récupérant son souffle qu'elle n'avait pas eu conscience de bloquer, Hermione sourit largement. Ses deux fils se divisaient sur toute leur longueur en deux « tubes » bien distincts, et ce sans qu'elle doive refaire le chemin inverse pour les désentortiller manuellement.
Tout doucement, elle retira ses « mains », et sous ses yeux, ses deux magies s'enroulèrent à nouveau. La bouche entre-ouverte, elle sentit son cœur se fracasser à ses pieds, mais sa déception se retrouva vite balayée en réalisant qu'ils embarquaient cette fois un peu plus dans l'espace de l'autre, devenant impossible à séparer. Elle sentit l'euphorie prendre plus d'ampleur dans son ventre.
En simultané, elle perçut le changement progresser en elle, semblable à une pièce, un coffre qu'elle venait de déverrouiller. Sa magie se décupla et grossit jusqu'à ce qu'elle ait l'impression de ne plus avoir de place. Puis, ce fut comme si un objet qui bloquait le passage bougea et elle sentit sa magie couler dans ses veines, la parcourant de la tête au pied et lui apportant un frisson violent et incontrôlable.
Ses yeux s'ouvrirent d'un coup et un sourire se forma sur ses lèvres. Elle était de retour dans sa chambre.
Fière d'elle, Hermione se leva et s'étira avec la grâce d'un chat, avant de se diriger vers la terrasse. Elle avait hâte d'en discuter avec ses amis, et peut-être même les aider à progresser, leur expliquer comment elle avait réussi.
En moins de deux minutes, les vampires s'étaient regroupés sur la terrasse à quelques secondes d'intervalle.
À suivre…
Lexique (si j'ai bien compris les explications de Wikipedia, le mieux est d'aller jeter un œil sur google image, comme l'expression le dit une image vaux mille mots) :
Chambranle : c'est un cadre de porte.
Gâche : c'est le trou qui tient la poignée et évite que la porte reste ouverte
