Heya minna ! Nouveau chapitre ! :D

Celui-ci est assez long, mais avant de vous laisser lire, j'ai quelques petites choses à dire :
- Premièrement, comme un seul lecteur s'est manifesté pour la liste de défis, je ne ferai pas l'omake des 100 chapitres puisque c'est insuffisant
- Deuxièmement, le serveur Discord Mash Up est toujours ouvert et prêt à vous accueillir, vous pouvez trouver l'adresse dans l'annonce à la fin du chapitre précédent, quelques lecteurs nous ont déjà rejoint :)

Vous conaissez la chanson, alors merci à Zialema pour m'avoir aidée à l'écriture de ce chapitre, ainsi qu'à Oriane Wyllt, ma superbe bêta-lectrice qui se charge de corriger mes textes, mais également à MichelLeVisiteur pour le prêt de son ordinateur afin que ce chapitre puisse sortir aujourd'hui x)

ChiKaneki : Je te réponds ici parce qu'en tant que guest je ne peux pas t'envoyer de message privé : Contente de savoir que le chapitre t'a plu, ça me fait plaisir, merci à toi pour la review ^^

Voualà ! Maintenant que j'ai tout dit, je vous souhaite une bonne lecture :3
VOUS N'ÊTES PAS PRÊTS ! MOUAHAHAHAHA !


-5 mars 1523-

C'était une vision assez particulière qui accueillit les habitants d'Anvil. Non seulement Tami était pratiquement toujours accompagnée d'un loup adulte, mais en plus, ce matin-là, elle portait Musha dans ses bras comme si c'était un bébé. Elle passa la porte du vétérinaire dont lui avait parlé Edessa la dernière fois qu'elles s'étaient croisées, et laissa sa canaille qui avait un peu de mal à s'adapter à son ventre de plus en plus rond.

Parlant de la brune aux yeux d'argent, elle était là avec une chatte noire au ventre tout aussi rond que celui de la louve. Tami signala sa présence à l'accueil concernant le rendez-vous qu'elle avait pris plus tôt, puis rejoignit la Shirohige.

- Ohayo Eda-san ! C'est la fameuse Mangetsu ?

- Ohayo Brisée-chan ! Yup, c'est l'infâme Mangetsu !

- Infâme ?

Tami s'installa tranquillement à côté d'elle et risqua une main sur le ventre tout rond du petit félin. Mangetsu s'agita un peu, venant la renifler, avant de finalement décider qu'elle ne devait pas être digne d'intérêt.

- J'ai vu plus redoutable, ricana la jeune femme en se mettant à la grattouiller.

- C'est qu'elle te juge digne, répondit Edessa. Après, elle a fait un ravalement de façade à Ben, presque comme si elle voulait lui arracher les yeux.

La Shirohige se pencha en avant pour toucher le ventre de la loue, qui se laissa faire de bonne grâce, agitant fortement la queue, profitant au maximum de l'attention.

- Elle en est loin ?

- À peu près à la moitié du temps de gestation, répondit Tami.

Eda hocha la tête tout en continuant de grattouiller Musha, avant que Mangetsu ne décide d'exprimer sa jalousie et lui réclamer de l'affection à renforts de coups de tête.

- Tu supportes plutôt bien sa grossesse. Si on aborde le sujet de celle de Mangetsu avec Ace, c'est panique à bord, soupira la brune aux yeux d'argent.

- Ah ? Pourquoi ça ?

La Shirohige hausse les épaules, sans répondre. Tami décida donc de ne pas chercher plus loin. Si Hiken était inquiet pour le chat, elle serait bien la dernière personne à le lui reprocher.

- Sinon, tu t'y es prise comment pour qu'on doive l'empêcher d'ériger un autel à ta gloire dans la cale ? Il arrête pas de dire qu'il a une dette monstrueuse envers toi.

Tami manqua de s'étouffer sous la surprise.

- Je te demande pardon ?! s'exclama-t-elle.

- Il a essayé d'ériger un autel en ton honneur dans la cale du navire, répéta Edessa, visiblement très amusée. C'est Cassandra-san qui l'a ramené sur terre.

Tami enfonça sa tête dans les mains, cherchant à cacher la couleur que ses joues prenaient sous l'embarras. Entre le câlin de la veille et ça, elle se disait de plus en plus qu'elle n'avait pas effleuré la surface du problème…

- M'enfin, éluda la Shirohige en continuant de papouiller le chat. Quoi de beau de prévu ?

- Bonne question… J'ai plus ou moins fini ce que j'avais à faire ici, même si je n'ai pas encore vu le résultat dans les journaux. En attendant je réfléchis à comment rejoindre Wa no Kuni sans tuer Musha dans la manœuvre…

Plus le temps passait, plus elle se disait qu'elle n'y arriverait pas… En tout cas, pas en étant seule à gérer le Keeper… Et cette pensée la déprimait.

- On s'y reverra certainement, conclut Edessa. On sait pas encore comment ça se fera, mais les anciens de l'équipage sont tous touchés par les dernières nouvelles de Wa, donc, Marco-san veut intervenir.

- So ka. J'ai un ami qui m'attend là-bas, s'il a réussi à passer. Et j'ai quelqu'un à aller voir pour lui expliquer le fond de ma pensée…

Une aura de déprime commença à se former au-dessus de l'informatrice.

- Les Spades ont déjà réussi. Les anciens Shirohige voudront peut-être pas, mais Ace acceptera peut-être de dire comment il a réussi à entrer sur l'île la première fois.

Leur conversation fut interrompue par l'arrivée du vétérinaire venu chercher Mangetsu.

- Eh ben c'est notre tour. On se reverra plus tard, prends soin de Musha ! fit Edessa en se levant pour suivre l'homme.

Tami lui fit un signe de la main, avant de s'avachir sur sa chaise, appuyant ses coudes sur ses genoux, recommençant à déprimer dans son coin. Sa canaille vint bien vite la couvrir de câlins, et elle afficha un léger sourire bien que l'humeur n'y soit pas vraiment.


-7 mars 1523-

En récupérant le journal auprès du New Coo, Tami afficha un sourire de mauvaise augure en voyant la Une.

« UNE USURPATRICE S'EXCUSE AUPRÈS DE LA MYSTÉRIEUSE APPARITION ! »

Voilà une bonne chose de faite, la lettre avait été publiée. Juste pour le plaisir, appuyée sur le bastingage du Keeper après avoir payé la mouette, la pirate s'attaqua à sa relecture.

« Ceci est un aveu et une mise en garde.

Mon nom est Anne Farley, mais vous me connaissez sous le nom de Lady Red. Pas l'apparition qui a vu le jour sur North Blue, mais celle qui a agi en tant que membre de la Namari no Tsuki, une organisation d'assassins.

C'est sous la contrainte que je vous avoue avoir volé et tué sous cette identité. En agissant de la sorte, j'ai sali ce nom et aujourd'hui, je le regrette amèrement, une lame sous la gorge. Après avoir appris mes crimes, la véritable Lady Red m'a retrouvée.

Quoi que vous pensiez, ne faites pas la même erreur que moi, parce que c'est votre vie que vous mettez en jeu, et Lady Red n'aime pas perdre. Même si vous pensez vous en sortir parce que vous êtes forts, même si vous ne croyez pas à son existence, ne tentez pas le diable.

Elle vous retrouvera. »

Le rire de Brisée lui résonna en tête, mais Tami devait bien admettre qu'elle était très tentée de l'imiter, pour une fois. La pirate jeta un rapide coup d'œil aux primes, aux annonces, à la rubrique nécrologique, et trouva pas mal de détails très intéressants.

Effectivement, les primes de Fushisho Marco et de Monkey D. Luffy étaient montées en flèche… ainsi que le reste de l'équipage de Mugiwara. Voilà pourquoi Hiken était d'aussi bonne humeur la dernière fois qu'elle lui a parlé.

.

.

Levant la tête de ses cartes et de ses calculs quand elle entendit quelqu'un appeler Brisée, Tami se leva pour sortir sur le pont de son navire, voyant un certain pirate.

- Hiken, salua-t-elle sobrement avec un hochement de tête. Je peux vous aider ?

- Bonjour, je dérange pas ?

- Non, au contraire. J'étais sur le point d'envoyer voler mon bureau, répondit-elle avec un sourire blasé.

- Oh. J'aurai donc évité la mort prématurée d'un meuble.

- Vous êtes un véritable héros, acquiesça-t-elle.

- Ouaiiiiiis ! Samyaza pourra en parler dans son prochain livre, s'extasia-t-il faussement. Pour parler plus sérieusement, je voulais te remercier pour l'aide au sujet de Marvin. D'ici le 10, il sera en route pour les geôles de la Terre Sainte, si j'en crois Smoker, et ça, c'est ce que j'appelle une justice poétique, qui a été en partie possible grâce à ton travail. Merci infiniment.

Tami fit un geste négligeant de la main pour dire que ce n'était rien. Pas comme si faire ce boulot n'avait pas été satisfaisant.

- Ce n'était rien, j'ai fait beaucoup plus dur, dit-elle. Et puis ça m'a fait plaisir, malentendu à part.

- Oh oui, j'ai vu beaucoup de tes exploits dans le journal. J'ose à peine imaginer le calvaire pour accomplir certains de tes coups. En parlant de journal, j'ai vu la lettre de cette Anne de la Namari.

Ace retira son chapeau pour s'incliner.

- Mademoiselle, je vous salue bien bas devant le message fort que vous avez fait passer, et cette réussite pour laver votre nom.

Il se redressa, remettant son couvre-chef et applaudit Tami. Laquelle se mit à rire doucement devant les pitreries du Shirohige, avant de s'incliner à son tour.

- Merci, merci.

- Je vais te laisser comploter de nouveau la mort de ton mobilier dans l'espoir que ça ne t'empêchera pas de hanter les océans comme la Légende Urbaine effrayante et implacable que tu es, sourit encore le fils de Roger. Je te souhaite donc une bonne journée.

- Un plaisir, pour ma part j'espère revoir un jour un exploit dont vous avez le secret. Kizaru était pas mal en rose, ricana-t-elle en retour.

- Oh, y'en a une que j'ai envie de faire, mais d'abord Oyaji, et maintenant Marco sont contre l'idée. Verser quelques substances hallucinogènes dans les réserves d'eau de la Nouvelle Marine Ford. Si ça continue, je vais finir par demander à un mercenaire de le faire pour moi. Sur ce !

Hiken lui tira une dernière fois son chapeau et repartit en sifflotant alors que Tami s'effondrait sur le bastingage du Keeper, s'empêchant d'éclater de rire à l'image mentale qu'il venait d'évoquer.


-8 mars 1523-

Boum boum !

Tami ouvrit et jeta rapidement un œil à l'extérieur pour voir que le soleil se levait à peine. Elle repoussa les draps immédiatement, se disant qu'il devait se passer quelque chose, et monta les quelques marches pour aller ouvrir, retirant ses mèches de son visage en les coinçant derrière son oreille.

Smoker se tenait là, mâchonnant ses cigares. Il voulut dire quelque chose… avant de la regarder de haut en bas, rougir, et se retourner d'un coup. Tami leva un sourcil, avant de se rappeler qu'elle dormait peu couverte.

- Je peux vous aider ? lui demanda-t-elle tout de même, retenant un sourire amusé.

- Je sais qui vous êtes, répondit-il, lui tournant toujours le dos. Et je ferai ce que je pourrai pour vous envoyer en prison.

- Oooh~ ? sourit la pirate, ne cachant plus son amusement. Vous voulez me passer les menottes~ ?

De ce qu'elle voyait du visage de Smoker, il devint encore plus rouge et serra les poings en produisant un « tch. » bien audible, montrant son agacement.

- Vous m'avez très bien compris, répliqua-t-il, toujours sans la regarder. À partir de maintenant, vous pouvez être sûre que je vous surveille, et je vous réserverai une belle cellule au dernier niveau d'Impel Down.

- C'est un grand honneur que vous me faites, Smoker, répondit-elle. Je ne pensais pas mériter un tel niveau. Mais dites-moi, pourquoi comptez-vous m'arrêter, exactement ?

Son ton innocent ne trompait personne, mais elle avait juste envie de le faire chier pour l'avoir réveillée aussi tôt.

- Intrusion dans des propriétés de la Marine, menaces, coups et blessures, vols de documents et d'informations d'importance capitale pour la sécurité des océans. Pour tous les crimes commis par Lady Red.

- Hm… Bel argumentaire.

Elle s'appuya contre le chambranle de la porte, croisant les bras, souriant tranquillement.

- Dès le début j'avais senti que vous seriez différent.

- Différent ?

- Vous ne vous laissez pas détourner de votre objectif. Pas de corruption, d'agissement pour vos intérêts personnels… Je sais aussi que vous avez tenté de faire savoir au monde que les Mugiwara étaient ceux qui ont libéré Alabasta de Crocodile… Vous ne pouvez pas savoir comme ça me rassure de savoir qu'il existe des marines comme vous.

- Pourquoi ça ?

- Parce que ça diminue les chances de trouver quelqu'un comme moi, répondit-elle, gardant son sourire.

Smoker se retourna pour la regarder, toute gêne disparue, mais perplexe, avant de sembler agacé de nouveau.

- Tch. Je vous aurai tous, grinça-t-il avant de s'éloigner d'un pas rageur.

La jeune femme le salua d'un hochement de tête et referma sa porte, descendant les marches pour se faire accueillir par une Musha qui se traînait avec son gros ventre.

- Bonjour ma belle, lui sourit-elle. Tu sais que tu devrais rester au calme ?

L'air innocent de la louve ne passa pas, elle la prit dans ses bras pour la reposer sur son coussin, venant même s'installer avec elle. La canaille se serra contre sa maman, enfouissant sa truffe dans son ventre, agitant joyeusement la queue alors que Tami lui massait les oreilles. La pirate se plia en deux pour l'embrasser sur le crâne et commença à chantonner doucement un air que lui avait chanté Cora-san autrefois.


-10 mars 1523-

Sur le point de devenir folle à cause des calculs de navigation et de ses recherches infructueuses sur les eaux de Wa, Tami décida qu'il était temps de prendre une pause. Elle enfila ses bottines et sortit du Keeper, respirant un grand coup pour profiter à fond de l'air extérieur, puis se dirigea vers le navire des Marines.

Si elle commençait à faire du parkour pour dépenser toute son énergie en trop, ils auraient une bonne raison de l'arrêter, mais si elle était bien sage et ne faisait que parler aux enfants…

La jeune femme remarqua rapidement qu'il semblait y avoir une joyeuse agitation du côté des Shirohige… Et qu'un deuxième navire était apparu. Donc ça voulait dire que le Yonkou était vraisemblablement de retour… Elle haussa les épaules et s'arrêta pour laisser passer un cortège.

Deux infirmières et un homme qui poussait une femme d'âge mûr en fauteuil roulant.

Qui se dirigeaient vers le Moby Dick.

Pas besoin d'être Vegapunk pour comprendre que la femme blessée était l'épouse de Marvin O'hara. Tami sourit pour elle-même en voyant que ses actes avaient servi à protéger quelqu'un, mais la petite cerise sur le gâteau, c'était de voir un peu plus loin les Marines traîner l'homme menotté derrière eux.

« Ooooh ouais… T'as ce que tu mérites sale ordure... » jubila Brisée. « Eh dis, je peux aller le tuer ? »
- Pas question, murmura la pirate pour ne pas être entendue de quelqu'un d'autre.

Elle-même se sentait extrêmement satisfaite en voyant le fumier se faire arrêter, mais le moment de joie fut de courte durée quand celui-ci aperçut sa femme avec les pirates et se mit à l'injurier. Tami n'était pas une novice en terme d'insultes, elle-même ayant été traitée comme la chose la plus immonde qui existe, mais les mots de Marvin pour son épouse étaient d'une telle violence et d'une telle bassesse qu'elle sentit la tête lui tourner un instant.

L'espace d'un instant, la chemise bleu marine de l'homme lui parut être autre chose et en voyant la convalescente se crisper et courber le dos, elle sentit qu'elle était sur le point de perdre le contrôle.

« Laisse-moi sortir ! » exigea la bête sauvage qu'elle parvenait tout juste à retenir. « Je vais me le faire ce tas de merde ! Je vais lui faire bouffer ses propres entrailles et le dépecer avec ses propres dents !»

L'informatrice chercha à s'éloigner rapidement malgré son équilibre troublé et entendit à peine le hurlement de rage du Yonkou avec les cris de Brisée, mais elle sentit en revanche comme si elle était frappée par une énorme vague, lui donnant l'espace d'un instant la sensation d'étouffer, de respirer un air trop lourd. Elle se sentit chanceler, mais tint bon malgré la peur terrible qui la prit au ventre.

La bête sauvage qui se débattait s'arrêta un instant, avant de reprendre de plus belle, comme déchaînée, et surtout, bien plus forte.

« LAISSE-MOI SORTIR ! » hurlait-elle.

Tami avait l'impression que son crâne allait céder sous la pression, le monde autour d'elle disparut d'un coup et elle tomba à genoux, les bras ballant sur les côtés, du sang s'écoulant lentement de ses narines.


Tami ouvrit les yeux et aspira une grande goulée d'air, ayant la sensation d'étouffer. Elle était de retour dans cet endroit…

Elle se releva difficilement et regarda autour d'elle, repérant rapidement Brisée qui s'éloignait en marchant d'un pas qui laissait penser qu'elle partait en guerre. La jeune femme fonça immédiatement dans sa direction pour la ceinturer et crut qu'elle venait de déclencher une alarme tant le cri de la bête sauvage lui vrilla les tympans.

- Brisée arrête ! lui cria-t-elle en retour.

Tami la retenait de son mieux, mais ne put éviter le coup qui manqua de lui décoller la tête, l'envoyant faire un vol plané à quelques mètres. Alors qu'elle se relevait lentement, sonnée par la violence du coup qu'elle venait de se manger, Brisée restait là, à la regarder, respirant fort, grognant, son maintien tout sauf humain.

- Tu veux jouer à ça… souffla-t-elle, essuyant le sang qui coulait de sa bouche. D'accord, on va jouer.

La pirate se rua dans la direction où se dirigeait son alter ego, qui elle-même accéléra le pas. Si elle comprenait bien, quand toutes les deux étaient ici, ça voulait dire qu'elle était inconsciente, et dans ce cas, c'était à laquelle arriverait la première à sortir de cet espèce de monde psychique.

Il fallait à tout prix qu'elle empêche Brisée de sortir, sinon il y aurait un nouveau génocide, elle en était persuadée.

Même pour la bête sauvage, ce comportement était trop… trop bestial. La colère et la peur mêlée dont était constituée son alter ego semblait avoir atteint un niveau qu'elle n'avait jamais connu, au point qu'elle sentait l'air lui manquer par moment. La jeune femme tentait comme elle pouvait de se concentrer sur son objectif pour oublier sa propre peur et ne pas renforcer davantage cette Brisée incontrôlable.

Malheureusement, malgré tout son entraînement et ses capacités, la bête sauvage restait plus forte, plus agile et plus rapide qu'elle. Une machine à tuer.

La voyant sur le point de la rattraper, elle changea de tactique et la poussa sur le côté, lui faisant perdre l'équilibre et gagner quelques précieuses secondes d'avance, qui ne servirent pas à grand-chose quand elle-même fut envoyée voler un peu plus loin.

Non… Il fallait qu'elle gagne ! Elle n'avait pas le choix !

Tami se releva rapidement et se remit à courir aussi vite qu'elle en était capable, la rattrapant presque, avant de la voir lui échapper quand elle voulut l'attraper. La « sortie » était proche. Elle ne la voyait pas mais en était persuadée.

« Ok Tami. On se calme, tu sais que la battre par la force est impossible… Utilise ton cerveau. Réfléchis. Réfléchis... » se dit-elle en continuant de courir, sentant sa respiration la brûler. « Réfléchis... »

Ses yeux s'écarquillèrent quand la solution lui vint, et plutôt que de chercher à attraper Brisée, elle lui sauta dessus pour s'accrocher à elle. Son instinct lui disait qu'elles n'étaient plus très loin. Elle le sentait, et la bête sauvage aussi. La pirate se hissa sur les épaules de son alter ego qui tenta de la faire tomber en s'agitant un peu plus, mais elle s'accrocha de toutes ses forces pour tenir bon, serrant les dents.

Au dernier moment, elle se servit des épaules de Brisée comme un tremplin, se jetant à travers la paroi intangible avant elle, et s'envola avec cette sensation familière de tomber dans le vide.


Ouvrant les yeux dans un sursaut, Tami ne s'attendait pas vraiment à ce qu'elle allait voir…

- Nee-chan ! s'écria le blondinet géant qui la tenait dans ses bras. Tu vas bien ?

- Ano… Hai… Arigatou Sind-kun… souffla-t-elle, tentant de se redresser malgré le mal de tête affligeant qu'elle sentait.

- Mais t'es tombée devant le bateau et tu saignais… fit Mocha, la petite géante.

La pirate retomba en arrière, passant une main sur son visage et la récupéra avec quelques traces rouges. Sur le sol sous elle, une flaque était visible.

- Combien de temps j'ai été comme ça ? demanda-t-elle.

- Environ dix minutes, répondit Tashigi, arrivant de derrière Mocha avec un autre enfant qui vint donner une serviette humide à l'informatrice.

- J'ai saigné du nez pendant dix minutes ?

Voilà qui expliquait pourquoi la tête lui tournait autant… Il y avait pas mal de sang, quoi qu'à bien y regarder, rien qui ne la mette en danger, mais suffisamment pour qu'elle se voit forcée au repos pour quelques heures. Et elle qui se plaignait de ne pas pouvoir dépenser son énergie en trop, Brisée s'en était chargé avec brio…

- Les enfants étaient inquiets pour vous, si vous étiez restée inconsciente plus longtemps, j'aurais appelé un médecin, fit encore la taisa, bras croisés.

- Ah… Arigatou…

L'informatrice finit de laver les dernières traces de sang de son visage et tenta à nouveau de se relever, prenant un peu plus de précautions.

- Qu'est-ce qui vous est arrivé ? demanda Tashigi.

- Nani ?

- On vous a trouvée inconsciente sur le quai à faire une hémorragie, comment vous vous êtes retrouvée comme ça ? insista la marine d'un ton sévère.

- Si vous pensez qu'on m'a attaquée, vous vous trompez. Je crois que c'est la vague de Haki qui me fait plus d'effet que ce que je pensais…

- On n'a jamais entendu parler de Haoshoku qui provoque ce genre de réactions… réfléchit la taisa.

- So ka… Ja, je dois avoir un esprit particulièrement faible, alors, lui sourit la pirate d'un air neutre. J'en avais entendu parler, mais je n'avais jamais été témoin du Haki des Rois.

Tami se laissa poser à terre par Sind et lui sourit d'un air rassurant, tapotant sa main gigantesque, avant de se risquer à faire quelques pas.

- Et les enfants ? Ils n'ont rien senti ? demanda-t-elle en se tournant vers son ennemie.

- Nous étions hors de portée, répondit Tashigi. Je ne sais pas encore de qui elle provient, mais il ou elle n'a pas étendu son action suffisamment pour atteindre le navire, seul ceux dans la zone du Moby Dick ont été touchés.

La pirate hocha lentement la tête, légèrement rassurée.

- Je me serais bien inclinée, mais j'aimerais éviter de vous vomir sur vos bottes… grimaça-t-elle. Merci de vous être inquiétée pour moi…

Sur ces mots, elle s'éloigna d'un pas peu assuré, mais tout de même assez stable pour avancer correctement.

- Matte.

- Hm ? fit Tami en se retournant vers Tashigi.

La taisa croisa les bras, l'air peu enchantée de laisser partir une criminelle.

- Je vous arrêterai dès que possible, je vous en donne ma parole… Mais pour cette fois je vous laisse filer. Voyez ça comme un remboursement de cette blessure.

Elle pointa de l'index le bandage qui dépassait légèrement de la manche du tee-shirt de la pirate qui sourit avec amusement.

- Votre geste me va droit au cœur. J'ai hâte de voir les preuves que vous présenterez ce jour là.

Puis elle s'en alla, ne voulant plus rien faire d'autre que s'échouer sur son lit avec une infusion pour les maux de tête.


Tami geignit doucement dans son sommeil en sentant quelque chose d'humide sur son visage. Les bras engourdis, elle s'essuya avec sa manche et repartit dans son rêve. Puis la chose revint à la charge, lui faisant froncer les sourcils avec agacement.

- Hmmm… 'rrête…

De légers coups dans sa tête finirent de la réveiller et elle ouvrit les yeux pour voir Musha qui lui faisait des câlins à grand renfort de coups de boule. Elle se redressa, n'allant pas trop vite à cause du mal de tête qui persistait, bien qu'atténué grâce aux infusions d'herbe.

- Je suis réveillée… marmonna-t-elle à la louve. Qu'est-ce qu'il y a ?

Sa canaille se dirigea vers les escaliers menant au pont et poussa un jappement. La pirate se leva rapidement, voyant la louve la devancer dans les escaliers.

- Hai hai, je te suis, canaille… bâilla-t-elle ou en ouvrant la porte, suivant Musha jusqu'au ponton menant à quai.

- Bonjour, je passe au mauvais moment, non ?

- Ah.. ?

L'informatrice se figea, plus que confuse et se demandant même si elle s'était réellement réveillée en voyant Fushisho Marco en personne devant son navire. Par Davy Jones, qu'est-ce qu'un Yonkou pouvait bien lui vouloir ?!

Le souvenir de la vague de terreur qui l'avait frappée dans la journée lui revint en mémoire alors que l'homme commençait à monter vers elle avec un calme olympien. Il avait l'air si différent…

Le blond arriva juste devant elle, restant néanmoins à distance raisonnable pour ne pas la mettre mal à l'aise, et leva une main pour poser ses doigts sur le front d'une Tamashii confuse et tout de même un peu tendue, ne sachant pas vraiment à quoi il pensait. Une légère lueur bleu turquoise fut générée par des plumes de feu dansant devant ses yeux, sans l'aveugler pour autant. Elle pouvait sentir le mal de tête et sa faiblesse latente diminuer à chaque seconde.

Quand elle se sentit suffisamment requinquée pour réfléchir de manière efficace, elle se décida à briser le silence.

- A-Ano… Qu'est-ce qui me vaut la visite d'un Yonkou ? demanda-t-elle.

Pour être honnête, elle n'avait pas la moindre idée de comment réagir.

- Eh bien, de base, je voulais vous parler d'une affaire récente sur laquelle vous avez travaillé, commença-t-il d'une voix basse. Mais j'ai trouvé une patiente en chemin. Si j'en juge votre pâleur, ojou-san, vous devez être la propriétaire de la belle flaque de sang sur les quais, yoi.

Il commença à masser doucement les temps de l'informatrice dont les joues prirent feu sous l'embarras alors qu'elle hochait la tête en confirmation. Ce qu'elle avait bien pu faire pour qu'un Yonkou s'inquiète de sa santé ? Pas la moindre idée !

- Nous devrions peut-être parler à l'intérieur, proposa-t-il ensuite.

- Hai, acquiesça-t-elle, prenant un air tout de même plus professionnel pour aller ouvrir la porte à l'Empereur qui continuait de lui sourire avec bienveillance.

Il avait d'ailleurs la politesse de ne pas lui parler du fait que ses cheveux étaient en bataille suite à sa longue sieste. Tami referma la porte et tira une chaise, l'invitant silencieusement à s'asseoir, jetant un œil à Musha qui était partie déchiqueter un vieux jouet sur son coussin.

- Vous voulez boire quelque chose ?

- Ce que vous avez de prêt, sinon, pas la peine de vous embêter, répondit-il en s'installant.

- J'ai besoin de me réveiller de toute façon, assura-t-elle. Un café, ça vous tente ?

Il devait bien être entre six et sept heure du soir, mais elle en avait trop besoin, et vu qu'elle avait passé la journée à dormir, elle allait rattraper son retard dans ses interminables recherches.

- Merci bien, yoi, accepta le Yonkou. J'en ai besoin, moi aussi. La journée s'étire un peu trop à mon goût.

C'était étrange, mais son tic de langage lui inspirait la sympathie, pour une certaine raison. Cependant, Tami n'était pas totalement inconsciente, elle faisait en sorte de le surveiller au minimum tout en s'affairant, ce que l'homme parut bien comprendre puisqu'il laissait ses mains bien en vue.

Son comportement la confortait dans l'idée qu'il semblait très sympathique et lui permit de se détendre tout de même un peu.

- Merci, yoi, fit-il quand elle déposa un mug de café devant lui.

Elle s'installa avec son propre mug où flottait des herbes pour lutter contre son mal de tête qui, même s'il n'était plus vraiment douloureux grâce à l'action du Yonkou, restait désagréable.

- Hm, excellent, complimenta-t-il après avoir trempé ses lèvres dans sa boisson. Thatch a toujours tendance à le faire trop long, juste pour m'embêter.

Elle le remercia d'un hochement de tête, souriant avec amusement alors qu'elle-même prenait une gorgée.

- Donc, fit-elle ensuite. De quoi vous vouliez me parler, concernant cette affaire récente ?

- J'ai eu une longue, très longue et très sérieuse discussion avec Ace à votre sujet, Brisée-san, yoi, commença-t-il, toujours à voix assez basse. Et je tiens à m'excuser pour le comportement de mon compagnon. Même si je saisis parfaitement pourquoi il a fait ça et comment, dans sa tête de linotte, il a réussi à vous voir en menace sur l'instant. Je lui ai bien fait comprendre que vous menacer était la pire chose à faire, yoi.

Il but à nouveau dans sa tasse.

- Je vous demande donc pardon.

- Je ne peux pas vraiment lui en vouloir, vous savez, commença à réfuter Tami. Si j'étais à sa place, je…

Elle s'interrompit une seconde, avant d'afficher un sourire blasé.

- Non, je ne ferais pas la même chose, mais dans un autre contexte ou d'autres circonstances, ça n'aurait pas été impossible, conclut-t-elle avant de boire dans sa tasse pour reprendre contenance.

- Ace est quelqu'un de surprotecteur. Dans ce genre de situation, ça se finit toujours très mal. Soyez contente, je connais un jeune infirmier qui a beaucoup moins de chance que vous, pour un sujet où il y a pourtant moins de raisons de s'en faire, yoi, pointa le Yonkou. Ce qui veut dire que même si vous lui faite peur, il vous aime bien.

L'informatrice se passa une main sur la nuque, mi-gênée, mi-flattée par la nouvelle. Peu de gens lui disaient l'apprécier, c'était bien de voir quelque chose de différent de temps en temps.

- So ka… sourit-elle. Tout ça pour dire que je comprends pourquoi il a fait ça, et tant qu'il ne recommence pas, je n'ai pas vraiment la tête à lui en vouloir.

- Il recommencera pas, assura le blond avant de se pencher en avant, son visage se faisant plus dur. Pour la simple et bonne raison que la prochaine fois, c'est pour un risque réel et que ce sera moi en face, avec mon flingue entre vos deux yeux.

La demoiselle perdit son sourire pour une moue mi-dépitée, mi-boudeuse. Pourquoi il fallait toujours que ça tombe sur elle…

- Je n'ai pas l'intention de fouiner de votre côté sans autorisation ou demande de votre part, répondit-elle en croisant les bras. Ça m'ennuierait de vous avoir en ennemis.

Le Yonkou se remit en arrière sur sa chaise, détendu à nouveau.

- Hm. Mais laissons là les sujets qui fâchent, yoi.

- C'est vous qui l'avez abordé à la base, soupira-t-elle. Law sait des choses que j'ignore, et je sais infiniment plus que lui sur des tas et des tas de sujets différents. Ce n'est pas parce que je le connais qu'il va tout me raconter, surtout s'il sait que les informations qu'il détient sont dangereuses.

Pour noyer le vocabulaire fleuri qui menaçait de sortir avec la lassitude de sa situation, elle but de nouveau, se réconfortant dans la chaleur de la boisson amère.

- Je voulais aussi vous remercier pour l'affaire O'hara, fit alors le Yonkou.

Tami toussa dans sa tasse.

- J'ai une dette envers vous, continua-t-il.

La jeune femme, en s'essuyant, regarda le visage du blond qui avait les yeux rivés sur sa propre tasse, humble. Si on lui avait dit que cette scène arriverait un jour… Décidément elle allait de surprise en surprise.

- Yonkou-san, commença-t-elle. Vous faites erreur.

- En quoi ? demanda-t-il curieusement.

- Portgas est venu me voir en tant que client, il n'est pas question d'une dette.

Bien sûr, elle omettait volontairement le fait qu'elle n'avait pas accepté l'argent quand le pirate l'avait abordée suite à leur dispute.

- Petit un, fit tranquillement le Yonkou. Ace ne vous a pas mit le couteau sous la gorge pour que vous preniez le contrat, non ? Vous étiez libre de refuser, plus encore en sachant comment a fini la conversation, yoi. Petit deux, je sais très bien que vous avez refusé la récompense bien dérisoire qu'il vous a proposé, par rapport à ce que vous avez fait pour moi. Quelque chose à me dire en plus ? Parce que je peux continuer, yoi.

Devant les paroles et le sourire satisfait du Shirohige, Tami tiqua et afficha de nouveau un air blasé.

- J'ai refusé l'argent parce que je suis multi-millionnaire, ça m'encombrerait plus qu'autre chose…

- Autre raison pour laquelle on vous en doit une, pointa-t-il. Moi, pour la bonne tranche de rire que j'ai eu en apprenant qu'une nouvelle venue avait arnaqué ce con d'Akagami, et Ace pour l'excuse formidable que vous lui avez offert afin qu'il puisse user de son fruit sous sa forme féminine, yoi.

La demoiselle se pinça l'arrête du nez. Elle avait vraiment fait tout ça ? La situation était juste complètement dingue, c'était absurde…

- Je savais que j'aurais dû me méfier de l'effet papillon… Voilà qu'un Yonkou me dit être mon débiteur…

- Il est question de ma mère, répondit-il, se penchant en avant, l'air sérieux. Je pense qu'il est normal que je vous sois reconnaissant, non ?

- … J'imagine…

Mais il ne s'arrêta pas là.

- L'homme que vous avez aidé à éjecter du tableau a brisé ma vie avant même que je ne la commence. Pendant des années, il a martyrisé ma sœur jumelle et ma mère. Quand il lui a tiré dans la jambe, c'était de base pour la tuer, yoi. Ce n'était pas la première fois.

Il avança une main pour la poser sur l'avant-bras de Tami qui se mit à la fixer, un peu troublée.

- Je commence tout juste à la connaître, continua-t-il. Sans votre aide, il aurait fallu faire les choses autrement pour la protéger, et cela aurait pu finir par un échec. Alors je vous interdis formellement de minimiser l'aide que vous avez apporté à cette affaire. Parce que pour moi, elle n'a aucun prix, yoi.

La jeune femme se sentait étrange, comme si quelque chose en elle s'était réveillé d'un seul coup après des années à sommeiller. N'ayant jamais connu sa propre mère, elle n'avait jamais su ce que c'était… Bien sûr, il y avait eu Cora-san, mais ce n'était pas la même chose.

Elle comprenait enfin pourquoi c'était si important pour le phénix… un camarade.

Elle hocha doucement la tête.

- Je n'avais pas réalisé, s'excusa-t-elle. Gomen.

Le Yonkou lui sourit avant de reprendre sa main, aussi délicatement qu'il l'avait posée.

- De base, je voulais vous inviter à vous joindre à une célébration que j'avais prévu pour fêter tout un tas de choses, mais vous n'avez pas l'air très bien. Une prochaine fois, peut-être, yoi.

- Je vais très bien, réfuta-t-elle distraitement, levant les yeux au ciel par habitude. Le saignement était accidentel et ce que vous avez fait a réglé le problème.

Il se passa une demi-seconde avant qu'elle ne fronce les sourcils.

- Attendez, quoi ?

- Alors c'est parfait, fit le phénix, son sourire s'agrandissant avant de vider son café.

- Mais-…

- Ce soir, vingt heure, au Moby Dick. Pas besoin de manger avant de venir, ou de prendre une tenue particulière. Je vous attendrai, yoi.

- Matte !

La jeune femme se leva en voyant le Yonkou poser la tasse dans l'évier et se diriger vers les escaliers pour sortir.

- Je n'ai pas dis oui ! protesta-t-elle, prise au dépourvu.

- Mais vous n'avez pas dit « non », non plus, donc je vous dis à ce soir, rétorqua le blond avec amusement. Et si vous avez toujours mal au crâne, je vous enverrai Cassandra avec des médicaments.

Il eut un rire qui parut de mauvaise augure à la jeune femme qui sentit la sueur couler sur sa tempe.

- Elle sera ravie de faire votre connaissance, conclut-il avant de refermer la porte derrière lui.

Tami resta quelques secondes figée, confuse à l'extrême, main toujours levée.