Coucou à toutes ! Merci à Kaname20, Pims10, Nanoulaet et Adeline pour leur review qui m'ont fait très plaisir !

Adeline : Merci pour ta review qui m'a fait très plaisir. Eh oui, Edward connaît bien Siobban mais il n'a pas dit qu'il était amoureux de Bella, juste qu'il appréciais, c'est Siobban qui l'a laissé entendre ) Quand à la mission, pour être honnête, il n'y aura pas plus de détails que ce qui a déjà été dit.

J'ai constaté une légère baisse de commentaire et de vues par chapitre, est ce que c'est parce que vous vous lassez ou que vous avez moins de temps pour lire ?

Merci à crazybells pour la correction.

Bonne lecture.


Lorsque l'avion se pose à l'aéroport de Billings, je me sens mieux comme si le sol et l'air du Montana avaient un effet apaisant. Il s'agit en vérité de soulagement puisque cela signifie que je rentre chez moi, avec mes habitudes et que la remise de médaille que je redoutais, est passée. Alors normalement tout devrait bien se passer à présent et je croise les doigts pour que ce soit le cas.

Alice ne s'est pas sentie très bien pendant le vol du retour, elle a été incapable de se reposer correctement et des brides de souvenirs lui viennent à chaque fois qu'elle ferme les yeux, ce qui est compliqué pour elle. De plus, elle refuse de prendre un quelconque médicament qui pourrait aider à calmer son insomnie temporaire -pour l'instant- même si je lui ai proposé une alternative avec l'homéopathie puisque de toute façon, je ne suis pas habilitée à prescrire des somnifères.

Heureusement, elle finit par s'endormir dans la voiture lorsque nous roulons en direction du ranch en ce début d'après midi puisque notre vol était de bonne heure ce matin. Jasper est assis à côté de la jeune femme et la veille, ce qui est adorable lorsque je m'en aperçois en regardant dans le rétroviseur central. La circulation étant fluide, le chemin ne prend pas plus de temps que d'habitude même si lorsque nous approchons du ranch, je roule plus doucement, étant seule sur la route pour permettre à Alice de dormir un peu plus. Malheureusement, il faut bien que nous arrivions un jour, je me gare à ma place et coupe le contact pendant que Jasper réveille Alice.

Je commence à sortir nos valises avant que Jasper ne me rejoigne et je me permets de lui demander :

-Comment allez vous ? Vous n'avez pas beaucoup parlé ces trois derniers jours, vous occupant d'Alice, mais est ce que vous allez bien ?

-Pour être franc, je ne sais pas. J'ai l'impression de ne pas mériter cette reconnaissance, que ce n'est pas légitime mais je me sens aussi libéré, soulagé que tout soit passé. Je redoutais qu'un collègue vienne ne me voir et ne me traite d'imposteur mais finalement, ça ne m'est pas arrivé alors ça va, je suppose.

-C'est un début. Alice compte énormément pour vous, je le vois depuis un moment et je ne connais pas la nature exacte de votre relation et tant que ça ne nuit pas à votre thérapie et vos progrès autant à vous qu'à elle, je n'ai pas mon mot à dire, mais ne vous concentrez pas sur elle pour oublier vos propres problèmes. Vous aussi vous avez le droit de ne pas allez bien, même si au même moment Alice a eu des flashs. Nous sommes là pour vous aidez aussi, d'accord ?

-Merci Bella, mais ce n'est pas ce que je fais. Je ne fuis pas mes soucis en m'occupant d'Alice, elle m'aide aussi à sa manière. Elle est… comme un rayon de soleil dans une tempête. Quant à la nature de notre relation, nous sommes amis pour l'instant parce qu'aucun de nous deux n'est prêt à vivre une relation, surtout moi en fait, se confie le blond avec un sourire empli de tendresse à l'évocation de la jeune femme brune qui sort de la voiture avec des yeux bouffis de sommeil.

-Je peux vous aider ? Nous demande la jeune militaire.

-Nous avons déjà fini, je lui réponds. Si je peux me permettre, vous deux, allez vous reposer un petit peu avant toute autre chose et si vous avez besoin de quoique ce soit, je serais dans mon bureau.

Je prends ma valise et je la porte jusqu'à la porte d'entrée, heureuse de retrouver mon chez moi après trois jours dans une chambre d'hôtel impersonnelle. Laissant ma valise dans l'entrée, je me dirige vers la cuisine où Esme est encore en train de cuisiner.

-Je sais que nous sommes nombreux et que mon cousin mange comme trois personnes, mais nous allons finir énormes avec tout ce que tu nous prépares, je lance alors que la cuisinière ne m'a pas vue.

-Oh Bella ! Sursaute la rousse en me prenant dans ses bras. Je suis contente que vous ayez fait bon voyage ! Tu n'as pas été très bavarde dans les messages que tu envoyais à Emmett et à Rosalie.

-Nous n'avons pas vraiment fait du tourisme, je lui rappelle gentiment.

-Je sais bien ma chérie. Sinon, je ne cherche pas à vous rendre obèses, seulement vous avez tous besoin d'énergie et ça commence avec de bons repas, dit très sérieusement Esme.

-Tu as raison et puis, personne ne se plaint de ta cuisine. Je te laisse, je vais aller ranger mes affaires avant de travailler un peu, je dis en lui faisant une bise.

Je retourne dans l'entrée pour reprendre ma valise que je porte jusqu'au premier étage et je la pose dans ma chambre. Je sors immédiatement mon uniforme pour le remettre dans ma penderie. Je sors ensuite, le sac dans lequel se trouve mes vêtements sales qui sont relativement peu nombreux puisque je porte la même tenue que mardi, et seul mon pyjama et mes sous vêtements sont à faire tourner en machine. Dans une panière à part, je dépose mes bas.

Vider le reste de la valise ne me prend pas plus de 5 minutes et même si il faudrait que je me remette au travail, au moins pour lire ce que Rosalie a marqué comme observation et pour marquer mes propres observations concernant Jasper et Alice, je ne suis pas très motivée et ressentant un coup de mou, je m'allonge sur mon lit, décidant de me reposer 10 minutes avant de m'y mettre.

Je me réveille en sursaut bien plus tard que prévu et il me faut quelques secondes pour me resituer et constater que je suis dans ma chambre. Je regarde le réveil et je constate que j'ai dormi presque deux heures puisqu'il est 17h23. Je me lève, passant par ma salle de bain pour me rafraîchir un peu en me passant un peu d'eau sur le visage. J'ai fini de tout faire lorsque je vois Siobban et Edward sur le seuil de mon bureau me faisant froncer les sourcils. Je n'ai même pas pensé à demander au Colonel Hale si il la connaissait, notre discussion ne s'y prêtait pas vraiment, il faut aussi dire que je n'y pensais plus à ce moment là. Est ce que j'aurais finalement raison, et qu'ils sont liés ? Leur mine est grave ce qui me fait craindre le pire.

-Où est Rosalie ? Demande Siobban. Nous aurions besoin de vous parler à toutes les deux.

-Je l'appelle, asseyez vous pendant ce temps.

Je prends mon téléphone pour appeler la blonde pendant que j'observe les deux militaires en face de moi. Edward paraît encore plus soucieux que d'habitude, une ride se dessine entre ses deux sourcils, sa jambe droite, celle qui est valide, tressaute nerveusement alors que sans même s'en rendre compte, il passe sa main gauche sur sa prothèse, comme un T.I.C. Qu'est ce qu'il a nous dire pour qu'il soit aussi angoissé ? Siobban, elle, mord périodiquement sa lèvre inférieure qui devient rouge sous le traitement et bien que le stress transparaisse moins chez elle que chez Edward, il reste remarquable. Contrairement à son camarade, elle ne touche pas ses jambes et ses mains sont parfaitement posées sur ses genoux mais elle est droite, bien trop pour que ça soit confortable et elle regarde droit devant elle, jetant parfois des regards noirs en direction d'Edward. Elle n'est pas là par envie, clairement ça se voit.

-Rosalie arrive dans 5 minutes, je leur dis après avoir raccroché. Vous avez fait quelque chose de grave pendant mon absence ? Je demande alors que je connais la réponse, si tel avait été le cas, Rose m'aurait forcément avertie.

-Non, répond directement l'ancien membre de l'Air Force.

-D'accord, alors pourquoi ces têtes ? Je suis prête à tout entendre mais il va falloir que vous parliez.

-On préfère attendre que Rosalie soit aussi présente, dit simplement Edward.

-Ça évitera que nous nous répétions premièrement, et deuxièmement, on risque déjà bien assez à en vous en parler une fois.

La phrase de Siobban m'intrigue et m'inquiète en même temps, heureusement, Rosalie arrive très vite et elle me sourit rapidement en me voyant. Mais en regardant nos deux pensionnaires, son sourire s'éteint et une mine soucieuse et interrogatrice vient le remplacer. Elle hausse un sourcil dans ma direction et je hausse les épaules pour lui dire que je n'en sais pas plus qu'elle. Elle vient prendre place à côté de moi et Siobban, remarquant que la porte est mal fermée, se lève pour la fermer correctement et elle a presque envie de tourner le verrou.

-Qu'est ce qu'il se passe exactement ? Demande Rosalie. Pourquoi n'êtes vous pas venus me voir plus tôt aujourd'hui ou même hier ?

-Parce que ça vous concerne toutes les deux, répond Siobban. Et parce qu'Edward a insisté pour qu'on vous en parle, même à Bella. Alors que j'étais contre rien qu'à l'idée de vous en parler, Rosalie.

Je ne m'offusque pas à la remarque de la jeune femme puisque je peux la comprendre, Rosalie est la psy du centre et c'est elle qui les aide au mieux, c'est aussi elle qui a l'habitude de les écouter se confier. Ils n'ont pas l'habitude avec moi, même si je reste à leur écoute. Et d'un côté ça me touche qu'Edward m'ait estimée assez digne de confiance pour me mettre aussi dans la confidence.

-Nous vous écoutons, assure Rose.

-Mais avant toute chose, promettez nous que rien de ce que nous vous dirons ne sortira pas de cette pièce et que vous n'en parlerez à personne, pas même à Carlisle lors de vos réunions.

-Nous sommes soumises aux secrets médical et professionnel, lui rappelle Rosalie.

-Rien ne sortira d'ici et tout restera entre nous quatre, je rajoute.

-Bien, parce que c'est classé secret défense, alors il vaut mieux, rétorque Siobban.

-Pour faire court, intervient Edward, nous vous avons menti depuis le départ. Sur les circonstances de nos blessures, durant nos séances et aussi lorsque nous avons dit que nous ne nous connaissions pas.

-Et ça n'aurait été que pour moi, j'aurais continué à vous mentir en vous regardant droit dans les yeux, parce que j'ai été entraînée pour ça, mais je ne suis pas seule dans l'histoire. Nous sommes trois concernés.

-Vous n'êtes que deux face à nous, fait remarquer Rosalie avant que je ne le dise.

-Nous allons y venir. Mais c'est compliqué et surtout c'est très long, répond Edward.

Siobban semble s'agacer des formules de politesse d'Edward qui tourne sans doute autour du pot, ce qui me fait encore plus redouter ce qu'ils vont nous dire. Edward n'a jamais été du genre à passer par quatre chemins alors qu'il peut le dire directement. Leur secret doit être sacrément important pour qu'ils agissent de cette façon.

-Ma blessure ne vient pas de plomb que j'aurais pris dans le dos ou d'un quelconque éclat de bombe, elle m'a été infligée dans le but de me faire parler et dans le but de me faire souffrir. Tout comme l'amputation d'Edward n'est pas dûe à des tirs dans son mollet, mais parce que des hommes se sont acharnés sur lui pour l'empêcher d'agir pendant que je me faisais torturer.

-Vous voulez dire que vous avez été torturés ? Je demande en essayant de contrôler ma voix blanche. Vous étiez dans les renseignements ? Je les interroge, c'est pour ça que vous avez été torturés ?

-Oui, dit seulement Edward. Mais nous n'étions pas les seuls, il y avait une troisième personne avec nous, pas dans la même pièce mais nous l'entendions.

-Une troisième personne ? Les questionne Rosalie. Vous la connaissiez ou pas du tout ? Si vous nous en parlez, ce n'est pas anodin.

-Pas son nom complet, seulement ses initiales, répond Siobban. Et vous avez raison, il y a une raison pour qu'on vous en parle.

Ne me dites pas que la personne à laquelle ils font allusion est celle à laquelle je pense. Dîtes moi que ces trois personnes n'ont pas vécu des choses aussi horribles. Pour Siobban et Edward, ils viennent malheureusement de nous le confirmer. Mais dîtes moi que la troisième personne n'est pas aussi dans ce centre. C'est égoïste, mais je n'ai pas envie qu'Alice ait vécu ça. Je n'ai pas envie que les trois personnes d'un même drame se retrouvent ici parce que ça va être compliqué à gérer autant pour eux, que pour moi. Parce que ce que l'humanité est capable de faire me dégoûte. J'avais lu le dossier médical de la jeune femme et je sais que c'est moche, qu'elle avait probablement été torturée mais pas à ce point, et pas Edward et Siobban aussi. Je pensais que c'était des blessés de guerre ordinaires, mais non et ça me fait mal au cœur même si j'essaye de me détacher un maximum de la situation.

-Et ses initiales sont A.B ? Je questionne les deux anciens militaires assis en face de moi. Siobban paraît surprise par ma question, ce qui en d'autres circonstances aurait été vexant mais qui dans cette situation est très compréhensible.

-Comment vous pouvez le savoir ? Demande la jeune femme alors que Rose se tourne aussi vers moi pour tenter de comprendre et elle y arrive très bien vu l'expression de stupeur qui apparaît sur son visage.

-Tu penses que c'est Alice ? Oh mon dieu, soupire la psy en se passant une main sur le visage.

C'est bien la première fois que je vois mon amie aussi désemparée sur un cas professionnel. D'habitude, même les cas les plus extrêmes, elle arrive à les gérer notamment grâce à des séances de psychothérapie et des colloques professionnels où elle se rend régulièrement mais aujourd'hui, c'est différent. Elle doit gérer non pas une mais trois victimes de tortures qui ont été témoins des tortures des deux autres. Ça paraît effrayant et comme une tâche titanesque.

-Tout nous porte à croire que c'est elle, en effet, répond Edward d'un ton pragmatique.

-Vous n'en êtes pas certains ? Les interroge Rose, incrédule.

-On le pense fortement parce qu'il y a trop de similitudes pour que ce soit des coïncidences mais nous n'avions pas son prénom ou son nom et puisqu'elle n'a que peu de souvenirs de son travail militaire, c'est compliqué, explique Siobban.

-Mais moi, j'en suis certaine, j'interviens. Je ne peux rien vous dire sans trahir le secret médical mais je suis sûre que c'est bien Alice la troisième personne. Non, seulement tout me porte à le croire mais des nouveaux éléments font que je le sais au fond de moi. Vous comptez lui dire ? Je demande.

-Nous ne sommes pas certains que ce soit une bonne idée, dit Edward. Nous avons parlé avec Siobban mais ça risque de la traumatiser, vous ne pensez pas ?

Je regarde Rosalie avant de pouvoir parler puisque la psychologie n'est pas mon domaine, mais si j'étais à la place d'Alice, avec les souvenirs de cette période qui me sont revenus, je voudrais savoir. La meilleure option sera encore de lui poser directement la question. Mais ça c'est le rôle de Rosalie et je pressens qu'elle veut le faire. Qu'elle le fera sans doute, et que pour tout expliquer à Alice, il va falloir la présence de Siobban et d'Edward qui vont pouvoir combler les éventuels trous dans la mémoire d'Alice.

-Au contraire, ce serait une bonne idée. Rosalie va vous organiser une sorte de thérapie de groupe, après avoir demandé à Alice.

-Bien, mais vous ne devez jamais parler de ce qu'on vient de vous dire, en dehors de ce bureau.

-Nous ne dirons rien, lui certifie Rosalie. Et nous vous remercions de la confiance que vous nous accordez. Mais grâce à cette conversation, je vais pouvoir améliorer nos séances et plus cibler la thérapie et elle devrait être plus efficace.

Edward et Siobban hochent la tête et quittent le bureau alors que je me tourne vers Rosalie, nous sommes complètement sous le choc des révélations et maintenant que les deux pensionnaires sont sortis, nous pouvons laisser tomber le masque.

-Comment tu as su que c'était Alice ? Me demande Rosalie.

-Elle a retrouvé des souvenirs alors que nous étions à la Maison Blanche, hier. Elle t'en parlera sans doute demain lors de sa séance. Je ne sais plus quoi faire Rose. Je suis perdue, je n'ai jamais dû gérer un cas pareil. Quelles étaient les chances pour qu'ils viennent tous les trois au centre ? Ils n'auraient même pas dû pouvoir en théorie.

-Je sais, je ressens la même chose mais d'un autre côté, je pourrais les aider au mieux puisque je suis leur thérapeute à tous. Mais ça va être compliqué dans les prochaines semaines. Allez, on se reprend et on descend dîner.

-Tu as raison, nous ne pouvons pas nous montrer avec cette tête. J'aurais tellement préféré qu'ils m'avouent avoir coucher ensemble, je tente de plaisanter.

-Tu sais que Siobban aime les femmes et qu'elle est même mariée ? Répond Rose avec un sourire. Quant à Edward, à mon avis, c'est une autre brune qui l'intéresse, une infirmière de préférence.


Bella a plutôt bien pris la nouvelle, vous ne trouvez pas ? N'oubliez pas de laisser une review !