Chapitre 28 – L'Ordre du Phénix (Partie 1)
Une fois que Harry et les autres eurent fini de pester contre le chat d'Hermione qui avait cassé la paire d'oreilles à rallonge, ils furent appelés pour le dîner par madame Weasley.
-Bien, nous allons dîner dans la cuisine ! annonça-t-elle alors qu'ils descendaient tous.
Laureen et les jumeaux transplanèrent juste derrière elle, la faisant sursauter.
-Oh, ce n'est pas parce que vous avez l'âge d'utiliser la magie que vous devez sortir vos baguettes à tout bout de champ ! pesta-t-elle.
Ils passèrent dans la cuisine en riant alors que Molly reportait son attention sur Harry.
-Tu as faim, Harry ?
-Tu es sûr que ça va ? ajouta Arthur. On s'est fait du souci.
-Harry Potter, salua une voix plus grave derrière eux.
Sirius, souriant, ouvrit les bras alors qu'il saluait son filleul.
-Sirius, sourit Harry en lui faisant une accolade.
Ils avaient tellement heureux de se retrouver ! Laureen leva les yeux au ciel mais pouvait comprendre Harry, après tout Sirius était la seule famille qu'il avait, avec elle. Au dîner, alors que les jumeaux fusillaient du regard Pattenrond, le chat d'Hermione qui se baladait impunément, Laureen, Ginny et Hermione s'amusait des dons de métamorphomage de Tonks, qui changeait son nez en groin de cochon ou en bec de canard.
La tension remplaça l'allégresse quand Sirius et Remus expliquèrent la gravité de la situation à Harry.
-Nous pensons que Voldemort veut réformer son armée de fidèles, annonça Sirius. Il y a quatorze ans, il avait énormément de gens sous ses ordres, et pas seulement des sorcières et des sorciers mais aussi toutes sortes de créatures des ténèbres. Il a recruté beaucoup de monde et nous avons essayé de faire de même. Mais réunir des partisans n'est pas le seul but qu'il veut atteindre.
Un raclement de gorge de Fol-Œil l'interrompit, mais Sirius ne s'en formalisa aucunement.
-Nous pensons que Voldemort cherche à obtenir quelque chose, continua-t-il.
-Sirius, grogna Maugrey.
-Une chose qu'il n'avait pas la dernière fois, ajouta Sirius.
-Tu penses à une arme ? demanda Harry.
-Non ! intervint Molly en enlevant le journal posé devant Harry. Ça suffit ! Tais-toi, c'est encore un enfant ! Si tu dis un mot de plus, autant le faire rentrer tout de suite dans l'Ordre !
-Tant mieux, s'exclama Harry. Je veux en être. Si Voldemort lève une armée, je veux me battre !
Sirius tapa dans ses mains avec un sourire ravi. Molly leva les yeux au ciel et Laureen fit de même quand elle vit Sirius faire un clin d'œil assez discret à Harry.
-Arrêtez, fit-elle alors en croisant les bras. Harry, tu es trop jeune pour te battre. Non, ne commence pas à protester, laisse-moi finir. Tu as à peine quinze ans. Oui, tu en as vu plus sur Voldemort et les mages noirs que pas mal d'entre nous à cette table – je parle des plus jeunes. Oui, tu as combattu les forces du mal et tu sais d'expérience à quel point elles sont terribles. Mais tu n'as ni l'âge ni la maturité pour choisir en toute conscience et connaissance de cause ce dans quoi tu t'embarques. Tu vas entrer en cinquième année à Poudlard. Passe tes BUSE, et laisse Voldemort à l'Ordre du Phénix pour le moment, d'accord ? De toute façon tu n'es pas majeur, tu ne peux pas rentrer dans l'Ordre.
-Laureen a raison, Harry, acquiesça Molly en souriant à la jeune femme. Dumbledore approuverait également.
Laureen jeta un coup d'œil à son père, qui lui renvoya un regard soupçonneux, tout comme Bill et Charlie. Elle se sentit rougir sous leurs regards pesants, et soupira.
-Dis-moi, ma grande, l'appela Sirius. Tu as l'air bien au courant des formalités pour rentrer dans l'Ordre, et de son action contre Voldemort.
Laureen s'empourpra d'avantage, alors que tous les yeux se tournaient vers elle.
-Peut-être parce que je vais rejoindre les rangs dès ma sortie de Poudlard ? murmura-t-elle en baissant la tête.
-Pardon, tu peux répéter ? répondit son père.
Elle inspira à fond, et armée de tout son courage de Gryffondor elle planta ses yeux dans ceux de son père et articula clairement.
-Je rejoins l'Ordre dès que je sors de Poudlard, dit-elle avec conviction.
-Il n'en est pas question ! répliqua son père en sautant sur ses pieds.
-Je n'ai pas besoin de ta permission, rappela calmement Laureen en finissant son assiette de dessert.
-Je t'interdis de rejoindre l'Ordre, tu m'entends ? rugit son père.
-Ma décision est prise ! répliqua Laureen. Tu t'attendais à quoi, à ce que je reste les bras croisés pendant que mon père, mes amis, mon parrain et tous les autres se font tuer les uns après les autres par un mégalomaniaque sans nez ?!
-Cela suffit, jeune fille ! gronda Sirius, fou de rage, les poings tellement serrés que ses phalanges étaient blanches.
-Padfoot, calme-toi, intervint Remus en jetant des coups d'œil en biais à Laureen. Il faut que…
-Que je me calme ?! répéta Sirius. Ma fille veut rejoindre l'Ordre, Moony ! Comment je suis sensé rester calme face à ça ?!
-Et si nous en parlions dans la bibliothèque ? insista Remus en faisant les gros yeux à son meilleur ami.
-Jeune fille, bibliothèque, maintenant, grogna Sirius en tournant les talons.
Laureen grommela quelque chose d'inintelligible alors qu'elle se levait et sortait de la pièce à la suite de son père et de son parrain. Une fois la porte de la bibliothèque refermée derrière eux, Sirius explosa.
-Il est hors de question que tu rejoignes l'Ordre ! cria-t-il en jetant un regard accusateur vers sa fille.
-Essaye de m'en empêcher pour voir ! répliqua cette dernière en relevant la tête fièrement. Je suis majeure, j'ai parfaitement le droit de rejoindre l'Ordre !
-Mais moi je t'interdis de le faire !
-Oh, vous m'agacez, tous, à vouloir contrôler ma vie ! D'abord Charlie qui veut absolument que j'aille m'enterrer en Roumanie, maintenant toi qui refuse de me laisser rejoindre la lutte contre Voldemort, j'en ai assez !
-Ne me compare pas à Charlie ! s'offusqua son père. Ça n'a rien à voir !
-Au contraire, ça a tout à voir ! Je dirige ma vie comme je l'entends, je n'ai attendu personne pour le faire, ni mon père, ni mon petit ami !
Et avec cette réplique qui figea Sirius sur place, elle sortit de la pièce avant de remonter dans sa chambre. Après s'être assuré que Sirius allait se remettre de cette réplique assez dure, Remus fila voir sa filleule pour tenter de la calmer. Avec un soupir, il tapa à la porte et entra.
-Je ne veux voir personne, dit Laureen en se tournant ostensiblement de l'autre côté.
-Tant pis parce que tu vas m'écouter, répondit calmement Remus. Je trouve ça très courageux de ta part de vouloir rejoindre l'Ordre bien qu'assez imprudent et irréfléchi. Mais considère aussi les sentiments de Padfoot. Il a déjà perdu tellement de proches dans la première guerre, y compris ta mère.
-Mais il encourage Harry à se battre ! C'est complètement injuste ! répliqua Laureen.
-Parce que Harry lui rappelle terriblement James. Et que James lui manque, et qu'ils se battaient côte à côte, en missions pour l'Ordre. Ton père est un vieux nostalgique. La mort de Brianna, à l'époque, l'avait complètement brisé, et de ne pas savoir où tu étais… Comment, après cela, et après t'avoir à peine retrouvée, pourrait-il accepter de te laisser risquer ta vie ? Comment pourrait-il accepter l'idée de perdre sa fille unique, portrait craché de son seul amour ?
Laureen prit le temps de réfléchir aux paroles de son parrain.
-J'ai peut-être été un peu dure avec lui, admit-elle d'un air penaud. Mais ça ne change pas mon envie de rejoindre l'Ordre. Il est hors de question que je reste en retrait. Fred et George vont se joindre à moi, après Poudlard. On en a déjà discuté.
-Vous avez encore un an pour y réfléchir, la tempéra Remus. Tu devrais descendre parler à ton père.
Elle hocha la tête et serra tendrement son parrain dans ses bras avant de sortir de la pièce.
Quelques jours plus tard, ils se rendirent tous à King's Cross, voie 9 ¾, mais avant d'atteindre la voie, alors que Laureen grommelait et boudait parce que Charlie les avait accompagnés, et portait sa malle et son sac, un chien noir passa entre Harry et elle, avant de disparaître plus loin dans une salle. Aussitôt les deux jeunes gens se lancèrent à sa poursuite, arrivant dans une petite salle d'attente déserte.
-Sirius, qu'est-ce que tu fais là ? fit Harry en regardant autour de lui avec inquiétude. Si quelqu'un te voit ?
Laureen se rangea près de la porte, prête à lancer un sort à la moindre alerte.
-Mais il fallait bien que je vous dise au revoir, sourit l'adulte. Et que serait la vie si on ne prenait pas de risques ?
Harry répondit par un sourire.
-Je n'ai pas envie qu'on te réexpédie à Azkaban, avoua Harry.
-Oh, ne t'en fais pas pour moi, et en plus, je voulais te donner ceci.
Il tendit une photographie à Harry, qui la déplia.
-L'Ordre du Phénix à son origine, expliqua Sirius.
Il posa son doigt sur la photo pour désigner une sorcière.
-Marlene McKinnon. Elle a été tuée deux semaines après cette photo. Voldemort a zigouillé toute sa famille. Là, Franck et Alice Londubat.
-Les parents de Neville, comprit Harry.
-Ils ont connu un sort pire que la mort, soupira Sirius. Ça remonte à quatorze ans, mais il ne se passe pas un jour sans que ton père me manque.
-Vous avez tous l'air si jeunes… Tu crois qu'il va y avoir une guerre, Sirius ?
-Je sens que tout recommence, répondit Sirius en hochant la tête.
Harry hocha la tête à son tour et voulut lui tendre la photographie, mais Sirius repoussa gentiment sa main.
-Garde-la. En tout cas, c'est vous les jeunes maintenant, non ?
Harry fit une longue accolade à son parrain avant de sortir de la pièce pour laisser à Laureen et son père un peu d'intimité.
-Tiens, pour toi aussi j'ai retrouvé une vieille photo, fit son père avec émotion en lui tendant le cliché.
Elle prit la photo et l'examina attentivement. Alors que Lily Evans était allongée sur les genoux de James Potter assis dans l'herbe, Sirius également assis avait un bras enroulé autour de la taille de Brianna assise tout contre lui. Cette dernière souriait au bébé que tenait Remus. Ce dernier faisait le plus beau sourire qu'on ait jamais vu de sa part au poupon qu'il tenait précautionneusement contre lui, avant de le faire rire en le tournant vers la caméra.
-C'est moi ? s'étonna Laureen.
-Deux semaines après ta naissance, confirma Sirius. Nous avions fait une petite fête chez les Potter pour leur annoncer que Lily était ta marraine et Remus ton parrain. C'est la première fois qu'il te tenait dans ses bras, et il avait eu une trouille bleue de mal faire, ce jour-là.
-Il n'était pas à l'hôpital quand Brianna a accouché ? s'étonna la jeune femme.
-Brianna a accouché dans la bibliothèque de la maison du Square Grimmauld, répondit Sirius. Avec l'aide d'Alice Londubat et des jumeaux Prewett, les frères de Molly Weasley. Remus et moi étions partis en mission.
Laureen hocha la tête avant de ranger soigneusement la photo dans sa poche sans l'abîmer.
-Merci papa, pour la photo. Et pour être venu nous dire au revoir.
-Je n'allais quand même pas manquer la dernière rentrée scolaire de ma fille, sourit le père. Bon, tu as bien tout mis dans ta malle ?
-Oui, pas besoin de vérifier, Molly m'avait fait une liste pour ne rien oublier.
-Et pour Charlie ? demanda doucement Sirius. Vous ne vous êtes presque pas parlés depuis une semaine.
-Je ne sais pas, admit Laureen en faisant la moue.
Elle sembla réfléchir un instant, puis se lança.
-Je l'aime, tu sais. Je ne lui ai pas encore dit, mais je l'aime. Mais je ne veux pas aller en Roumanie juste après mes études à Poudlard, et je refuse que ce soit lui qui décide pour moi de ce que je vais faire. Donc, je ne sais pas.
Son père hocha la tête, puis l'embrassa sur le front avant de la serrer dans ses bras longtemps.
-Allez file, le train va bientôt partir.
Elle se dépêcha de retrouver les autres et les jumeaux s'occupèrent de monter sa malle dans le train alors qu'elle disait au revoir à tout le monde sur le quai.
-Porte-toi bien, Oncle Remus, dit-elle en le serrant fort dans ses bras. Prends soin de toi, et de mon père, d'accord ?
-Seulement si tu prends bien soin de toi cette année, répondit Remus en répondant à son étreinte. On se verra à Noël.
Il la relâcha, et avant qu'elle puisse dire au revoir à Bill, le dernier du groupe qu'elle n'avait pas salué, elle fut tirée derrière une colonne par Charlie. Avant qu'elle ait pu protester, il avait ceinturé sa taille, passé une main derrière sa nuque et l'avait plaquée contre lui en l'embrassant sauvagement. Instantanément la jeune fille répondit au baiser, lui mordillant même la lèvre inférieure, avant de fermer les yeux en retenant un soupir de contentement quand il l'embrassa longuement dans le cou. Finalement il se redressa un peu et posa son front contre le sien.
-Je suis un idiot, murmura-t-il. Je me fiche d'où tu vas pour faire tes études, on trouvera un moyen. On trouvera toujours quelque chose, d'accord ?
-D'accord, répondit Laureen avec un sourire incrédule.
-Je viendrai te voir pour tous tes weekends à Pré-au-Lard, promit-il. Et je t'écrirai, aussi souvent que possible. Tu peux me promettre une chose ?
Elle hocha vivement la tête.
-Tiens-toi à au moins dix mètres de tous les garçons, dit-il.
Elle s'esclaffa, l'embrassant légèrement sur les lèvres alors qu'il prenait une mine boudeuse.
-Même de tes frères ? rit-elle.
-Non, eux tu peux les utiliser comme bouclier humain, suggéra le rouquin avant de redevenir sérieux. Tu m'écriras ?
-Au moins une fois par semaine, promit Laureen. Tu viendras me voir ?
-Autant que possible.
Ils s'embrassèrent dans une dernière étreinte légèrement désespérée qui les laissa pantelant, essoufflés et les lèvres gonflées. Elle monta rapidement dans le train et se précipita à la fenêtre pour faire au revoir de la main à son petit ami qui restait sur le quai.
-Charlie et toi avez recollés les morceaux ? sourit George.
-Et vous avez même bien recollé tout ça, se moqua Fred.
Laureen fronça les sourcils. Pour toute réponse, son meilleur ami métamorphosa un bout de parchemin en miroir et lui tendit. Laureen ne vit d'abord rien, puis poussa une exclamation de stupeur quand elle vit la belle trace rouge-violacé dans son cou. C'était presque si on ne voyait pas des marques de dents !
-Charlie Weasley… murmura-t-elle avec colère et amusement.
