Titre : Magnétique

Auteur : Moi-même ! Lubilule-Malefoy (:D)

Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas et sont la propriété de notre Grande Déesse : J.K. Rowling !

Résumé : UA / Harry, orphelin résidant à l'Institut Poudlard depuis toujours, à cause du sinistre et mystérieux Lord Voldemort, est transféré dans un nouvel orphelinat après la mort du directeur. Il rencontrera de curieux personnages et découvrira un tout autre univers...auquel il ne s'attendait pas. Mais qui est cet homme si beau qui semble être le Maître de cet endroit ? Envoûtant, attractif... Magnétique.

Pairing : Tom Marvolo Riddle x Harry Potter [Peut-être autres couples au fil du temps ]

Rated : M progressif

Note de l'auteure : Voilà mon tout premier UA sur le monde d'Harry Potter ! J'espère que vous l'aimerez !

J'ai commencé à l'écrire après avoir trouvé un très très vieil essai d'environ une demie-page sur mon ordi (qui datait de plus de deux ans, de mémoire). Et voilà ce que ça donne ! J'ai été très inspirée par ce genre d'ambiance, et j'espère que vous le serez autant que moi en lisant cette fiction ! Bonne lecture ^^


Reviews : Merci à Elyruias, MelilaRevoltee, Luma Coquillette, Guest (x2), stormtrooper2, Liliume (x4 !), Princesslytherin, Isastis, Tagada98, Hildegarde1999, Elodie Malfoy, Paprika Star, H-G-C, JuneIX, La Serpentarde, Luciedra711 et LUCIEJACKSZN !


BONJOUR À TOUTES ET À TOUS !

Me revoilà revenues des entrailles de l'enfer pour vous présenter un tout nouveau chapitre (qui était écrit à disons 85% avant que je n'arrête pendant plus d'un an).

Tout d'abord, je pense que des excuses s'imposent. Je suis désolée de vous avoir fait patienter si longtemps avant de donner au moins des nouvelles.

La raison de mon absence : je serai brève pour le moment. Ceux qui me lisent depuis un moment savent que mon parcours scolaire/pro a été chaotique ces dernières années, et j'ai enchaîné les défaites, tour à tour. Ça fait donc un an et demi environ, que je travaille sur un projet afin d'essayer de m'en sortir, et pour le moment, j'attends une réponse le concernant, que j'espère positive. Je n'en dit pas plus pour le moment, mais sachez que si je n'ai rien posté jusque là, c'était parce que j'étais incroyablement occupée. J'aurai un peu plus de temps libre dans les prochaines semaines, et j'ai décidé de reprendre là où je m'étais arrêtée concernant cette fanfiction ! J'ai relu tous les chapitres, repris toutes mes notes, et ait terminé de rédiger le chapitre 23 aujourd'hui. Je vous ai déjà assez faits attendre, alors le voici immédiatement !

Pour celles et ceux qui ne me connaissent pas trop, sachez que je n'abandonne jamais une fiction. Je fais des pauses, parfois beaucoup trop longues, mais je n'abandonne jamais. J'ai horreur de laisser les choses inachevées. Alors soyez sans crainte, cette fiction aura une fin, un jour ou l'autre :)

Je vous remercie infiniment de votre patience, et j'espère revoir des noms connus parmi les reviews qui seront laissées !

En espérant que ce chapitre vous plaira, je vous souhaite une bonne lecture, et vous dit à très bientôt pour la suite ! (C'est promis)

Lubilule-Malefoy


23.

Vengeance

Les yeux de Harry firent des allers-retour entre le visage souriant de Draco et le journal encore fraîchement enroulé qui reposait sur la table.

- Déroule-le, dit Draco d'un ton joyeux.

Harry, tout en fronçant les sourcils, se saisit de l'amas de papiers, et détacha la petite cordelette qui les maintenait en place. Tout d'abord, il fronça les sourcils, l'article de la première page ne lui évoquant rien de spécial, puis, sous le regard perçant de Draco, se décida à l'ouvrir. En plein milieu de la septième page, dans la catégorie politique du journal, était imprimé un article où les noms de personnes qui n'étaient pas inconnues à Harry, lui sautèrent aux yeux. Il leva de nouveau la tête vers Draco, le cœur battant. Celui-ci, lui fit signe de lire l'article, le sourire aux lèvres.

« ... au sein du Ministère même. En effet, nous avons eu des informations compromettantes sur certains des employés du ministère. Hier soir, alors que Mrs Patricia Goldstein, travaillant au poste de secrétaire sous les ordres de la célèbre Mafalda Hopkrik, les autorités locales sont venues l'arrêter, pour motif de transfert d'informations sensibles à de tierces personnes, extérieures au gouvernement. Madame Goldstein, dans l'exécution de ses fonctions, voit défiler devant ses yeux de nombreuses informations provenant de plusieurs départements internes. Nos sources nous ont informés que certains dossiers qu'elle avait le loisir de traiter comportaient un caractère sensible à la sécurité de l'état, et étaient donc strictement confidentiels. Il est donc primordial d'être digne de confiance lorsque l'on travaille à ce genre de poste. Cependant, après plusieurs témoignages et quelques preuves devenues accablantes, Mrs Goldstein a été mise en examen, en compagnie de son mari – secrétaire auprès du Secrétaire D'État Shacklebot – pour infraction grave au code de sécurité 0136. Deux autres personnes - le couple Smith - ont également été entendus. Les deux individus sont suspectés d'avoir été un pivot principal dans ce transfert d'informations, et seront donc interrogés très sérieusement.

Les preuves qui manquaient dans cette affaire, tout d'abord, de suspicion, ont été apportées par le très connu, Tom Riddle, un homme dont l'ascension fulgurante fait parler au Ministère. L'homme est également propriétaire d'un établissement renommé au cœur de Londres, et comprenait jusqu'à aujourd'hui les enfants de ces deux couples au sein de son internat. Les rumeurs vont bon train, et vont jusqu'à prétendre que ce seraient ces deux jeunes gens – dont nous tairons le nom pour un soucis de confidentialité – qui seraient aller voir l'autorité dominante, gérant de leur éducation, afin de parler de leurs craintes et de leurs interrogations tant à l'intégrité de leurs géniteurs... ».

- Mais j'y crois pas, murmura Harry.

Draco ricana et Harry se fit arracher le journal des mains par Blaise, Pansy lisant également l'article par-dessus son épaule. Harry avait encore peine à croire ce qu'il venait de lire. Les parents de Anthony étaient en garde à vue, en compagnie de ceux de Zacharias. C'était complètement... complètement fou. Jamais il n'aurait cru que tout irait si vite, et à une telle extrémité. Oui, il avait voulu qu'ils soient punis pour leur comportement, et pour ce qu'ils comptaient faire à Pansy. Oui, Draco et les autres lui avaient dit que la mère de Anthony n'était pas forcément très honnête dans son travail, et que le Maître avait déjà des doutes sur elle depuis quelques temps. Et oui, il avait déjà entendu parler d'un cas similaire concernant les parents de Goyle, Crabbe et Bulstrode. Mais il n'aurait jamais imaginé que tout irait si loin, si vite. Il se souvenait des mots de Draco le mercredi précédent. Qu'il ne laisserait personne s'en prendre à lui ou à quelqu'un qui lui était cher. Il n'avait pas menti.

- T'en fais une tête, Potter, se moqua Draco. Je t'avais dit que les choses allaient bouger. Tu n'es pas content ?

Harry mit du temps à répondre, il ne savait pas quoi penser.

- Qu'est-ce que le journaliste voulait dire par « jusqu'à aujourd'hui », quand il parlait du fait que Anthony et Zacharias habitaient ici ?

- C'est bien, tu fais attention aux détails, Potter, sourit-il.

Blaise était toujours concentré sur sa lecture, et Draco se beurra tranquillement une tartine.

- Les deux crétins ont pris leurs affaires et ont été escortés à l'extérieur cette nuit, dit-il. Tu comprends, nous ne pouvons décemment pas avoir des enfants de personnes malhonnêtes sous ce toit.

- Mais... où est-ce qu'ils sont allés ? Demanda Harry.

- Au commissariat ? Au domicile de leurs parents ? Qu'en sais-je ?! Et pour être honnête, je n'en ai rien à faire, dit Draco.

Harry, toujours sous le choc, ne quitta pas Draco des yeux, qu'il n'avait jamais vu aussi satisfait depuis son arrivée. Il jetait des petits coups d'œil en coin à Pansy et Blaise, qui venaient à leur tour de finir leur lecture, et passaient le bout de papier à Théodore. Pansy s'assit à côté de Harry, l'air abasourdi, et Blaise croisa les mains sur la table, pensif. Harry avait du mal à supporter le silence pesant, et en même temps le flot de pensées bouillonnant dans sa tête. Théodore replia doucement le journal et le posa sur un coin de leur table quelques secondes plus tard, et il fut celui qui prit la parole en premier, à la grande satisfaction de Draco, qui commençait à s'impatienter face au manque de réactions.

- Maintenant au moins, Goldstein ne pourra pas prétendre que tu ne l'avais pas prévenu.

- Ni que les rumeurs concernant les parents de Bulstrode et des autres étaient fausses, ajouta Blaise avec un sourire.

- Ou que c'est une de mes spécialités de bluffer, ajouta Draco avec un ricanement. Je joue cartes sur table.

Son sourire s'était agrandi et il échangea un regard amusé avec Blaise, alors qu'ils trinquaient avec leurs tasses de thé.

- Comment tu as fait ? Dit soudainement Pansy.

- Comment j'ai fait quoi ? Demanda Draco, toujours en souriant.

- Pour convaincre le Maître d'agir si vite ?! Dit-elle un peu trop fort.

Elle jeta un coup d'œil aux tables environnantes et baissa le ton, le regard fixé avec attention sur Draco par-dessus la table.

- Je n'ai pas eu besoin d'être très persuasif, lui répondit Draco. Les preuves accablantes contre la mère de Anthony s'étaient bien plus accumulées que ce que mon père avait laissé entendre, et le Maître était d'accord avec moi lorsque je lui ai dit que le fils ne valait pas mieux que la mère en terme de confiance.

- Et les parents de Smith ? Coupa Harry. Est-ce qu'ils y sont vraiment pour quelque chose ?

- Bien sûr que non, dit tranquillement Draco. Mais il fallait bien trouver quelque chose les concernant. Zacharias ne devait pas rester impuni.

Les battements de cœur de Harry s'accélérèrent et l'incroyable sensation de malaise familière refit surface. À quel point est-ce que le Maître avait le bras long pour pouvoir manipuler des preuves aussi rapidement, et avec, paraîtrait-il, tant d'aisance ? Harry détestait Zacharias, et il n'allait pas se plaindre de son sort, mais comment pouvait-on accuser des personnes innocentes ? Sans se sentir coupable par la suite ? C'était un concept qui lui était étranger, et qui le resterait sans doute le concernant.

- Et... dit Pansy d'une petite voix. Qu'est-ce qu'il a dit quand tu lui as parlé de ce que Corner m'avait confié ?

Draco fit une pause, semblant réfléchir à ce qu'il allait dire, puis étendit son bras le long de la table, prenant la main de Pansy dans la sienne.

- Le Maître tient à ses collaborateurs et au bien-être de leur famille. Il ne laisserait rien de fâcheux arriver à ceux qui lui sont fidèles. Ce qui est le cas des Parkinson depuis de nombreuses années. Lorsque j'ai demandé à lui parler de quelque chose d'important, il m'a laissé faire, écoutant ce que j'avais à lui dire avec attention, et a décidé d'agir en conséquence.

- Mais il n'a pas jugé que c'était indigne de son temps ? Continua Pansy sur le même ton.

Harry ne l'avait jamais trouvée aussi fragile, et ça lui fit mal au cœur. De plus, qu'elle puisse penser quelque chose comme ça l'inquiétait. Qu'avait fait le Maître par le passé pour qu'elle l'imagine aussi dur, et sans cœur ? Harry constata avec étonnement que Draco ne lui répondit pas, se contentant de lui faire un sourire entendu, comme ceux que font les parents à leurs enfants lorsqu'ils disent quelque chose de stupide, ou de trop innocent.

- Le Maître fait ce qui doit être fait lorsqu'il l'estime nécessaire, dit Théodore d'une voix douce. S'il s'est chargé en personne des Smith et des Goldstein, et aussi rapidement, c'est qu'il devait jugé que la situation était assez grave. Et tu sais autant que moi, qu'en dehors du Ministère, il est rare qu'il ne fasse pas usage d'intermédiaire.

Pansy hocha doucement la tête, l'air rassuré, ses épaules s'affaissant doucement sous le soulagement. Draco caressait toujours sa main, faisant de petits cercle de son pouce, le regad posé sur sa meilleure amie. Harry lui trouva l'air extrêmement fier, et il avait l'air de se retenir de jubiler. Il le comprenait en un sens. Lui aussi était plus qu'heureux de savoir Pansy en sécurité... mais le malaise qu'il ressentait au fond de lui ne se dissipait pas. Des yeux sombres lui revinrent en tête. La présence d'hommes comme les Lestrange ou Mr Malefoy, qui restaient à proximité de lui de manière presque invasive, jusqu'à vivre sous le même toit que lui, à avoir un autre travail que celui, inconnu d'Harry, qu'ils faisaient d'habitude... Tout comme Lupin, ou les jumeaux. Puis les Peverell, qui se rendaient ici tard le soir, ou le fils de ce juge, Croupton, l'homme aux yeux larmoyants, ou même Snape en personne.

Alors que la bile lui montait à la gorge et que des sueurs froides coulaient le long de son dos, Harry se força à sourire, et à remonter le moral de Pansy, alors que le sien était au plus bas malgré la bonne nouvelle. Dans quel genre d'endroit avait-il bien pu tomber ?

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Le soir même, dans sa chambre, il écrivit à Ron.

Cela faisait au moins un mois entier qu'il n'avait pas pris de ses nouvelles, et il s'en voulait de lui écrire en grande partie parce qu'il voulait avoir des informations sur celui qu'on appelait Tom Riddle à l'extérieur de l'établissement. Il commença sa lettre de manière la plus normale possible, demandant de ses nouvelles, et de celles de Hermione, de l'évolution de ses fréquentations au sein de l'Orphelinat, puis de manière assez souple pour son écriture simplette, dériva sur le sujet Pansy-Goldstein, puis sur ce qui avait été écrit dans le journal au sujet des parents de ce dernier. Il demanda ensuite si Mr Weasley pouvait lui dire de façon plus détaillée ce qu'il avait sous-entendu dans la dernière lettre de Ron. Pourquoi est-ce qu'il devait se tenir à une distance correcte du Maître, et quelle était l'ampleur de son pouvoir au Ministère, car personne ne voulait rien lui dire lorsqu'il posait un peu trop de questions ici. Il pris soin de demander à ce que Mr Weasley ne parle pas de ce qui était arrivé à Pansy à l'extérieur, de peur qu'on fasse le lien avec lui si des informations filtraient, et termina sa lettre. Il était embarrassé de voir que ses questions sur le Ministère prenaient plus de place que tout le reste, mais il était bien trop anxieux de sa situation ici pour que cela ne le dérange plus que ça. Après relecture, il mit soigneusement sa lettre dans une enveloppe, écrivit le nom et l'adresse de Ronald avant de la fermer avec attention. Il était un peu paranoïaque à cause du contenu de sa lettre, mais se força à se calmer. Personne à par Ron, ne lirait ses mots. Il n'avait rien à craindre.

Il déposa la lettre dans la boîte prévue à cet effet lorsqu'il descendit manger le vendredi soir, et fut d'une humeur assez étrange le reste de la soirée, malgré la bonne humeur retrouvée de Pansy. Elle se sentit de mieux en mieux au fil de la journée, et avait quasiment retrouvé son état normal lors du dîner. Draco s'était démené, même pendant les cours, pour lui changer les idées, entre deux blagues douteuses sur ce qui attendait les familles de ces deux abrutis – et sa stratégie avait eu l'air de fonctionner. Harry, lui, n'avait pas pu s'empêcher de remarquer l'absence d'une troisième personne : Michael Corner. Il aurait pu croire que lui aussi s'était fait expulsé, s'il n'avait pas été certain du contraire – connaissant Draco, il n'aurait pas omis un tel détail. De plus, il avait croisé Madame Pomfresh dans l'après-midi, et après lui avoir poser quelques questions, elle lui avait laissé entendre que Corner couvait une sorte de grippe, et était resté à l'infirmerie toute la journée. Harry ne croyait pas une seule seconde qu'il soit malade, mais voulait bien imaginer à quel point il devait être terrifié par la nouvelle. Il devait sûrement chercher à se faire le plus petit possible. Pansy avait eu raison. Les menaces de Blaise l'avaient secoué plus que ce qu'ils avaient pu penser, et après ce qui était arrivé à Smith et Golstein, ça avait dû lui faire un choc. À une décision près, il se serait retrouvé dans la même situation.

- Hey, Potter, tu viendras avec nous demain après-midi ?

Harry sursauta en entendant Draco s'adresser à lui. Il s'était perdu dans ses pensées, occupé à tourner sa fourchette dans son assiette, entortillant encore et encore les mêmes spaghetti.

- Où ça ?

Draco leva les yeux au ciel en comprenant qu'il n'avait pas écouté un mot, et se pencha en avant, ariculant exagérément sa réponse.

- À la bibliothèque. Pour travailler sur le projet de sciences interminable de Slughorn.

- Ah, oui, bien sûr.

- Bien, répondit Draco. Je crois que ce ne sera pas de trop que nous y allions dès le matin.

- Ça marche pour moi, dit Blaise en s'étirant. Je crois ne pas me tromper en pensant qu'on y passera sûrement toute la journée. Et dans cette idée, je vais vous laisser. Je dois encore finir le questionnaire de Lupin et le devoir de Rabastan avant de dormir.

- Je te suis, dit Harry. J'avais complètement oublié cette histoire...

Il se dépêcha d'avaler son reste de pâtes, sous le regard réprobateur de Draco, qui avait manqué de se prendre des éclaboussures de sauce tomate sur sa chemise blanche à deux reprises. Il se dépêcha d'aller déposer son plateau, se maudissant intérieurement d'avoir oublié de s'avancer sur ses devoirs, et de ne s'être concentré que sur la lettre de Ron, et rejoignit Blaise à la sortie du Réfectoire. Ils ne parlèrent pas pendant qu'ils gravissaient les escaliers, permettant à Harry de se replonger momentanément dans ses pensées. Il sursauta donc légèrement lorsque le fils Zabini lui adressa la parole alors qu'ils approchaient de sa chambre dans le couloir du quatrième étage.

- Avant qu'on ne se quitte, je me demandais si tout allait bien Harry ?

Un peu pris au dépourvu, Harry le regarda un instant en clignant bêtement des yeux. Blaise, étonnamment, parvenait toujours à se rendre compte lorsque quelque chose le tracassait, même s'il ne parvenait pas à savoir de quoi il s'agissait.

- Euh, oui, oui, ça va, pourquoi cette question ? Mentit Harry.

- Tu as été plutôt silencieux aujourd'hui, répondit calmement Blaise. Vu ton impatience concernant la punition de Goldstein et Smith, je pensais que tu serais plus... enthousiaste.

Harry chercha ses mots, un peu trop longtemps pour que ce soit naturel, et malgré l'obscurité, il aurait juré voir Blaise hausser un sourcil.

- Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi radical, c'est tout, dit Harry. J'ai encore un peu de mal avec les... méthodes, du Maître, si je dois être honnête.

Depuis la dernière fois où Blaise avait senti qu'il l'évitait et qu'il était venu lui en parler après l'épisode tripotage avec l'un des Weasley, Harry s'était décidé à être un peu plus ouvert avec lui. Il ne voulait pas qu'il se fasse de fausses idées, ou lui faire de peine. Il vit Blaise serrer les lèvres et hocher doucement la tête, et inspirer profondément.

- Je comprends, dit Blaise. Ça fait longtemps que je me suis habitué à cet univers. Je baigne dedans depuis que je suis petit... nous tous à vrai dire. Mais c'est vrai que pour toi, ça doit être un peu plus difficile.

Harry hocha la tête, un peu gêné malgré tout, et s'apprêtait à lui sortir une phrase bateau du style « ce n'est pas grave », « je finirais bien par ne plus m'en faire », même s'il savait au fond de lui que ce n'était pas le cas, mais Blaise reprit la parole.

- Cependant, il va falloir que tu te fasses rapidement à l'idée que le Maître n'utilise pas les moyens les plus conventionnels pour arriver à ses fins. C'est de cette manière qu'il a pu trouver une place stable et assez haut placé au Ministère aussi jeune. Il a su s'entourer des meilleurs, et c'est en partie parce qu'il avait cet entourage-ci qu'il a pu lancer son ascension si tôt. Sans eux, il aurait très bien pu s'en sortir, j'en suis convaincu, mais ça lui aurait certainement pris plus de temps... Enfin... il n'oublie pas qu'en tant que leader, il doit aussi prendre soin de ses associés. Et pourquoi utiliser différents outils que ceux auxquels il est habitué, dans un autre domaine, lorsqu'il les sait efficaces?

C'était sans doute la première fois que Blaise était aussi bavard au sujet du Maître avec lui, et Harry en fut complètement déstabilisé. Draco ne l'aurait sans doute pas laissé aller aussi loin si jamais il avait été dans les parages... est-ce que Blaise en était conscient ? Du moins, c'est ce que Harry pensait.

- Ne te tracasse pas, Potter, dit Blaise en reprenant un ton normal.

- Mais tu ne trouves pas ça... incroyable ? Demanda Harry, se demandant soudain s'il ne faisait pas une gaffe.

Mais Blaise, la main sur la poignée de la porte de sa chambre, se contenta seulement de lui faire un sourire amusé.

- Justement. Le Maître l'est. Et c'est parce que beaucoup s'en sont rendu compte qu'il a beaucoup de collaborateurs à présent. Il accomplira de grandes choses, crois-moi. Bonne nuit, Harry.

Harry ne put ouvrir la bouche, et se contenta de lui faire un léger signe de tête. La porte claqua, le laissant dans une quasi-obscurité, totalement chamboulé. Il pouvait encore entendre le ton adorateur à peine dissimulé de Blaise lorsqu'il lui avait dit que le Maître accomplirait de grandes choses... jamais, oh non, jamais il ne l'avait entendu parler ainsi de qui que ce soit d'autre. Harry, lentement, se remit à marcher en direction de sa propre chambre, perdu dans ses pensées. De quoi Blaise, et même Draco et les autres avaient-ils été témoins pour avoir ce comportement de parfaite confiance à chaque fois qu'il s'agissait du Maître ? Lorsque Harry referma la porte de sa chambre derrière lui, il avait encore plus de questions en tête, et regretta de ne pas avoir attendu plus longtemps avant de sceller la lettre qu'il avait rédigée un peu plus tôt.

Il savait que le Maître était puissant, avait de l'influence, et pouvait être dangereux – il en avait eu la preuve aujourd'hui même. Il savait ce que ça faisait de se sentir tout petit en sa présence, avoir l'impression d'être pris au piège, et en même temps, ne pas vouloir se libérer de son emprise... Le Maître était à la fois propriétaire de cet endroit, et occupait un poste important au Ministère, même s'il ne savait pas exactement de quelle fonction il s'agissait. Et Draco avait mentionné une fois que lorsqu'il avait commencé sa carrière, le Maître était parti de zéro, ne possédait rien... Comment avait-il fait ? Comment... Harry sentit son estomac se serrer alors que des images de la semaine précédentes remontaient à la surface. Des frissons recouvrirent son corps, alors qu'il avait l'impression de sentir les lèvres de cet homme sur la peau fine de son cou, ses mains sur ses hanches, et son odeur dans les narines. Il laissa échapper un soupir tremblant et se posa une main sur le front. Il ne pouvait pas se laisser emporter par ce genre de pensées. Non... c'est homme était bien trop... bien trop quoi ? Puissant pour s'intéresser sans raison à un adolescent comme Harry ? Envoûtant pour être complètement sain ? Sans doute les deux à la fois...

Harry s'avança un peu plus dans sa chambre, allumant au passage la lumière, et s'installa à son bureau. Il chercha distraitement de quoi écrire, son esprit encore occupé par le Maître et ce que venait de lui dire Blaise, et ouvrit un tiroir machinalement, afin de prendre des feuilles. Il tomba sur une photo de ses parents, qu'il avait déposé au-dessus d'une pile de photographies. Il soupira et la prit entre ses doigts. Il observa leur visage souriant. Le visage de son père, qui ressemblait tant au sien, et les yeux pétillants de sa mère, dont il avait hérité. Il ne se souvenait même pas d'eux, et pourtant ils lui manquaient terriblement en cet instant. Il ferma les yeux, prenant ensuite une photo de ses amis de Poudlard. Il sourit en voyant les vêtement dépareillés de Luna, les deux inséparables Dean et Seamus, le sourire tranquille de Neville et celui plein d'énergie de Lee.

- Je n'aurais pas autant eu à m'en faire si j'étais resté avec vous... murmura-t-il.

Ses colères à cause des devoirs que leur donnait Ombrage, ou les punitions injustes de Snape lui paraissaient bien loin à présent, en comparaison de ce qui se passait ici quasi-quotidiennement. Il sentit les larmes lui picoter les yeux, et se décida à remettre les photos à leur place, refermant le tiroir juste après. Ça ne lui servirait à rien de se morfondre... surtout lorsqu'il vit la taille du questionnaire de Lupin, et qu'il savait que ça n'allait pas être la tâche la plus pénible qu'il aurait à faire ce soir.

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Le lendemain, Harry rejoignit directement Draco et les autres à la bibliothèque sur les coups de neuf heures et demie. Il avait mis tant de temps à finir les exercices que Rabastan leur avait donné à faire qu'il n'avait pas pu beaucoup dormir, et ne s'était pas réveillé pour le petit-déjeuner.

- Tiens, regardez qui voilà, dit la petite voix aiguë de Pansy.

- Tu t'es battu avec ton oreiller Potter? Dit cette fois Draco d'un ton moqueur. Non mais sérieusement, ça t'arrive de te regarder dans un miroir ?

- Bonjour à toi aussi, dit Harry en se passant machinalement une main dans ses cheveux qu'il savait complètement en bataille.

Harry s'installa à la grande table à laquelle ils s'étaient assis, à la gauche de Draco, juste en face d'une chaise vide. Théodore était quant à lui assis en face de Pansy, juste à côté de Blaise, qui était installé face à Draco.

- Vous êtes là depuis longtemps ?

- Une petite demi-heure, dit Blaise. On a eu le temps de faire un plan commun, même si on ne doit pas traiter des mêmes composants, les étapes sont les mêmes. Tiens, regarde.

Harry se saisit de la feuille que lui tendait Blaise et la lut rapidement. Le schéma avait l'air assez simple vu comme ça. Mais il savait bien qu'ils mettraient des heures à s'en sortir. Tels étaient les devoirs de Slughorn d'après ce qu'on lui avait dit. Jusqu'ici, ils n'avaient eu que des exercices isolés. C'était la première fois que Harry avec droit à ce genre de projet à rendre – du moins à l'Orphelinat Riddle. La difficulté des devoirs de Snape resteraient à jamais encrée dans sa mémoire. Il serra le poing à la pensée de cet homme, mais se força à rester concentré sur ce qu'il devait faire. Après avoir recopier ses notes, Harry les rendit à Blaise, et alla chercher les livres que Draco avait envie d'utiliser – la corvée du dernier arrivé d'après lui. Au bout du cinquième énorme volume, il crut qu'il n'allait jamais pouvoir retourner jusqu'à sa table.

- Un peu d'aide, Harry ?

Avant même qu'il ait eu le temps d'identifier la personne qui lui parlait, les deux plus gros ouvrages posés en haut de la pile venaient d'y être pris, le soulageant grandement. Il laissa échapper un soupir de bien-être en sentant le poids qu'il portait s'alléger de cette manière, et eut un sourire en voyant qui venait de l'aider.

- Merci Fred.

- Je t'en prie.

- George n'est pas avec toi ? Demanda Harry.

- Si, il est parti chercher une place. Je n'arrive pas à croire qu'avec la taille que fait cet endroit, il n'y ait pas de place pour tout le monde dans la bibliothèque même. Dans le pire des cas, on s'installera dans une des classes vides, mais ce serait plus pratique de rester ici.

- Ouais, je comprends, dit Harry. Vous êtes venus pour quoi ?

- On a un exposé à préparer pour Rodolphus, et toi ?

- Un devoir à rendre pour Slughorn.

- Ouch. Bon courage avec ça !

Harry les conduisit jusqu'à la table où ses amis l'attendaient, tout en discutant tranquillement avec Fred. Au moment où Blaise leva les yeux vers lui, en fronçant les sourcils, George arriva vers eux, à quelques pas à peine de la chaise de Harry.

- Salut, Harry ! Dit-il. Toutes les places sont prises Fred, on va devoir se taper d'innombrables allers-retours.

- Sérieusement ? Soupira Fred.

- Les deuxième années se sont levés tôt aujourd'hui, dit George en faisant un clin d'œil à Harry. Ils ont envahis l'espace.

Harry lui fit un petit sourire gêné en déposant la pile de livres juste à côté de Draco, qui bien entendu, ne ratait pas un mot de la conversation. D'ailleurs, il n'était apparemment pas le seul à y avoir été attentif.

- Vous voulez vous asseoir avec nous ?

Harry haussa les sourcils en entendant la proposition de Blaise, mais sa réaction ne valait pas celle de Draco, qui avait failli s'étouffer avec sa propre salive. Fred et George échangèrent un regard lourd de sens, avant de se concentrer sur leur petit groupe, l'air suspicieux.

- C'est... gentil, dit Fred. Mais il ne vous reste qu'une seule table libre. Et même si nous sommes jumeaux, nous ne sommes pas une seule et même personne, George et moi.

Le cœur battant Harry observait à la fois les échanges de regard entre les jumeaux et Blaise, toujours intrigué par l'identité de celui qui entretenait une relation beaucoup moins hostile en privé avec le fils Zabini, le dos de Draco qui était tendu à l'extrême, et le petit sourire à peine visible de Théodore. D'où il se tenait, il ne pouvait pas voir le visage de Pansy, mais il était certain qu'elle devait être bien mécontente elle aussi.

- Demande une chaise supplémentaire à Mrs Pince ? Suggéra Blaise. Je suis sûr qu'elle n'y verra pas d'inconvénient.

Nouvel échange de regard entre les jumeaux, silencieux. Puis ils se dirent quelque chose, enfin, c'est ce que Harry pensa, car il n'avait rien entendu du tout, et Fred fit demi tour après avoir déposer les deux gros livres de sciences sur la table, en manquant de peu le petit-doigt de Draco. Celui-ci se retourna à la vitesse de la lumière, jetant un regard noir à la silhouette de Fred qui s'éloignait vers l'entrée de la bibliothèque avant de marmonner sans doutes quelques insultes. Un peu mal à l'aise, mais à son grand étonnement, aussi un peu optimiste, Harry fit un sourire à George en s'asseyant à sa place. Quelques secondes plus tard, George tira la chaise en face de lui, et à côté de Blaise, et s'y assit. Extrêmement crispé, et muet, il observait les autres à tour de rôle, sauf Blaise. Harry trouva cela étrange, mais peut-être ne voulait-il pas être malpoli en le regardant fixement alors qu'il se tenait si près de lui. Peut-être.

- Tu as tout trouvé, Potter ? Dit Draco, l'air excessivement agacé.

- Hein ? Ah ! Oui, oui.

Alors que Harry commençait à se pencher sur son devoir avec Draco, il observait du coin de l'œil George, qui ne savait pas où se mettre, puis quelques secondes plus tard, l'arrivée de Fred, avec une chaise dans une main, et deux ouvrages dans l'autre. Il échangea quelques mots avec son frère, qui se leva à son tour, sans doute pour aller chercher d'autres choses dont ils auraient besoin. En tentant d'être le plus discret possible, Harry jetait des coup d'œil à Fred, dans l'espoir qu'il ferait quelque chose qui le trahirait. Et il crut avoir la preuve dont il avait besoin lorsque Fred jeta un regard long, et appuyé, à Blaise, mais fut rapidement désillusionné lorsqu'il le vit faire la même chose avec les autres.

Malheureusement, Harry ne pu assouvir sa soif de curiosité plus longtemps. Draco était si méticuleux – pour ne pas dire maniaque – qu'il n'avait pas eu le temps de concentrer sur autre chose que sur leur devoir pour le reste de la journée. Il avait été si occupé, qu'il n'avait même pas remarqué le moment où George s'était rassi parmi eux. Et il ne put reconduire ses observations à plus tard, car les jumeaux, après la pause du midi, s'étaient trouvé une place à l'écart, et ne s'étaient plus du tout tenus dans son champ de vision. Draco avait l'air de s'être fait une raison à la présence des jumeaux durant la matinée, car lors du déjeuner, il n'avait fait que quelques remarques désagréables à Blaise, contrairement à sa dernière crise de nerfs – au grand soulagement de Harry il n'était pas prêt à supporter de nouveau de ce genre de tensions. Quant à Pansy, elle n'avait pas boudé très longtemps non plus. Après tout, ce n'était pas comme s'ils avaient été obligés de bien se comporter avec eux, ou de discuter tout simplement. Ils n'avaient fait que partager une table, rien de plus.

Durant l'après-midi, Théodore les quitta une heure avant qu'ils aient fini, ayant terminé son propre projet avant eux, et leur annonça qu'il les verrait au dîner. Pansy et Blaise terminèrent quant à eux une petite demi-heure avant eux mais restèrent tout de même à leur table. Harry, lui, contrairement à ce qu'il avait redouté, avait bien aimé travailler avec Draco. Même s'il avait un sens du détail beaucoup plus précis que Harry, Draco était étonnamment pédagogue, et à part quelques soupirs agacés, n'avait pas été plus désagréable que cela. Aux alentours de seize heures trente, ils avaient bouclé leur dossier, contrairement à beaucoup d'autres de leur niveau d'étude. Harry voyait encore quelques têtes connues penchées sur leurs notes, l'air atrocement concentré, à la limite du supportable. Seule Melinda Bobbin, qui fit un signe de la main à Harry quand elle passa près d'eux, avait l'air d'avoir terminé.

- Je vais ranger ça à l'abris, avant que Potter ne fasse une gaffe et gâche tout notre travail, dit Draco en prenant la pochette transparente dans laquelle était rangée leur devoir. On se rejoint dans la Salle Commune ? J'ai besoin de me changer les idées.

- Ça me va, dit Pansy.

Blaise hocha la tête, et s'étira avant de se lever et de ranger les livres que Harry était parti chercher le matin-même. D'ailleurs, il fut étonné de le voir tout soulever sans montrer le moindre signe qu'ils soient lourds. Harry et Pansy descendirent alors tous les deux, en attendant que les garçons mettent leurs affaires de côté. Harry fut soulagé de voir qu'elle avait l'air d'avoir retrouvé son état normal. Malgré tout, à force de la voir tous les jours, il remarqua qu'elle avait le teint toujours un peu pâle, mais il était sûr que ce ne serait que l'histoire de quelques jours. Ils avaient atteint la porte de la Salle Commune lorsque Harry vit le groupe habituel des jumeaux, accompagnés des Greengrass et de Diggory, assis dans les gros canapés regroupés vers l'entrée. Il jeta un coup d'œil à Pansy, qui n'avait pas manqué de les remarquer non plus.

- Ils ne sont plus là, pas besoin de vérifier, dit doucement Harry à Pansy avec un sourire.

Elle leva la tête vers lui, un peu surprise, et lui rendit son sourire. Il la prit par l'épaule, et il allèrent s'installer à leur place habituelle, un peu plus loin. Draco et Blaise arrivèrent peu après, et Harry fut surpris de voir que quelques personnes du groupes des Weasley s'étaient tus, et les fixaient du regard. Leurs deux amis s'installèrent avec eux, et une cuisinière leur apporta à tous des tasses de thé quelques instants plus tard. Une fois seuls, Harry, un peu mal à l'aise à cause de l'attention qu'on leur portait, se pencha par-dessus la table, pour parler à Draco à voix basse.

- Draco... est-ce que...

- Est-ce que j'ai remarqué ? Oui, le coupa-t-il. Smith et Goldstein avaient, pour une raison qui m'échappe, quelques amis ici. Ils doivent bien se douter que le Maître n'a pas soudainement décidé de s'occuper d'eux, de son propre chef. Goldstein ? Oui, il aurait fini par devoir partir, à cause de sa mère. Mais les deux en même temps, juste après une période de tension avec notre petit groupe ? Je comprends que malgré leur cervelle de moineau, ils se doutent de quelque chose.

- Tu crois qu'ils savaient ce qu'ils... voulaient faire à Pansy ? Demanda Harry.

Draco mit un peu de temps avant de répondre, pour finalement hocher négativement de la tête.

- Je ne pense pas... et je n'espère pas.

- D'après Corner, les seuls au courant étaient eux trois, et Daphné, intervint Pansy en jetant un regard noir à la jeune fille blonde.

Harry la vit rigoler à gorge déployée, et eut une soudaine envie d'aller lui coller une gifle. Il n'avait pas eu envie de frapper une fille depuis ce jour à Poudlard, où Marietta avait insulté Dumbledore alors qu'il venait de mourir.

- Qui sont les garçons à côté de Diggory ? Demanda Harry pour détendre l'atmosphère. Je ne me souviens pas avoir déjà fait attention à eux.

- Le grand brun musclé, c'est Roger Davies, dit Pansy.

- Il se la ramène un peu trop si tu veux mon avis, intevint Draco. Et il s'entendait un peu trop bien avec Goldstein, soit dit en passant.

- L'autre brun, celui qui est plus fin, c'est Terence Higgs. Et le blond, plus petit, juste à côté, c'est Adrian Pucey. Ils sont tous les trois en troisième année, expliqua Pansy.

- Higgs et Pucey jouaient au foot avec nous avant, mais Higgs s'est fait une entorse cet été en allant au ski avec ses parents, dit Blaise. Et comme Pucey fait à peu près tout ce que fait Higgs, il n'a pas continué à jouer non plus.

Harry hocha la tête, tout en continuant de les regarder. Davies, lui, faisait partie de ceux qui les regardait d'un air étrange, et Harry n'aimait pas tellement ça. Quant à Higgs, il était pendu aux lèvres de Daphné Greengrass, qui avait l'air de bien profiter de toute l'attention qu'il lui donnait. L'air de révérence sur son visage aurait pu être comique, s'il n'avait pas été question de Daphné. Le petit groupe n'eut pas de problèmes ce soir là. Harry était tout autant déterminé à ignorer l'aîné des Greengrass, et il entendit celle-ci se plaindre, alors qu'il saluait Astoria, contrairement à elle. La plus jeune des sœurs, jusqu'à preuve du contraire, n'avait rien à voir avec les horreurs qui s'étaient dites sur Pansy il n'avait donc pas de raison de mal se comporter avec elle. Leur repas se passa sans anicroche, l'ambiance était plutôt détendue, et même Théodore, contrairement à d'habitude, avait plutôt l'air jovial. Il resta avec eux dans la Salle Commune après le dîner, et fut d'excellente humeur. Harry découvrit un nouveau personnage ce soir-là, et il ne put arrêter de sourire. Le fils Nott avait bien plus d'humour que ce qu'il avait pu croire. Certes, ce n'était pas un clown comme Lee ou Dean, et il ne faisait pas de blagues graveleuses, mais il avait toujours cette petite addition aux conversations, placées au bon endroit et au bon moment, qui les faisait tous ricaner. En l'entendant rire à l'un de ses traits d'humour, il se tourna même vers lui, et lui fit un regard plein de tendresse, qui désarçonna un instant Harry, en sentant le picotement que ce geste avait provoqué dans sa poitrine.

Le regard de Théodore se détacha de lui, et Harry se concentra de nouveau sur leur conversation, sans trop y repenser, plus habitué qu'il ne le pensait aux frasques du jeune homme. Ils discutèrent encore un bon moment, avant que les trois garçons ne décident de remonter en même temps, les laissant alors seuls Pansy et lui. Harry observa prudemment le petit groupe toujours présent près de la porte de la Salle Commune, et ne parvint à se détendre qu'une fois les sœurs Greengrass parties. Pansy lui fit un sourire entendu, et papota joyeusement avec lui pendant une bonne demi-heure supplémentaire, faisant apparemment de son mieux pour lui changer les idées, ne souhaitant pas que le sujet Goldstein revienne sur le tapis ce soir. Harry ne put s'empêcher de la trouver de plus en plus sympathique au fil des semaines, et particulièrement plus récemment, sa volonté de ne pas être un fardeau à la fois dérangeante et admirable, mais sa fidélité envers ceux qu'elle appréciait indéfectible, incroyable – et le fait qu'elle ait l'air de le compter parmis eux, le touchait plus qu'il ne l'aurait pensé. Sur les coups de vingt-trois heures, Pansy et lui se levèrent et marchèrent en continuant de discuter vers le Hall, les baillements de la jeune femme se multipliant de minutes en minutes.

Ils avaient atteint les escaliers, Pansy le précédent dans son ascension, lorsque la porte de l'Orphelinat s'ouvrit, laissant entrer un courant d'air frais jusqu'à eux. Ils tournèrent instinctivement le regard vers les nouveaux arrivants, et Harry sentit un poids lui tomber sur l'estomac en reconnaissant la silhouette familière du Maître, découverte par le parapluie que Dobby repliait juste derrière lui. Son cœur commença à battre de plus en plus vite, et ses poings se serrèrent en sentant l'aura qui enveloppait le maître des lieux s'étendre jusqu'à lui, pour le submerger entièrement. « Ressaisis-toi », s'ordonna-t-il en s'enfonçant un peu plus profondément les ongles dans la paume de ses mains. Le Maître donna son manteau à Dobby, qui les récupéra en s'inclinant légèrement, avant de faire demi-tour et de disparaître dans la nuit. L'homme, uniquement à cet instant, sembla se rendre compte de leur présence, et leva les yeux vers eux. Harry sentit sa gorge se serrer lorsque les orbes sombres se posèrent sur son visage, et malgré la présence de Pansy près de lui, il ne parvint pas à se détendre. Toute la bonne humeur qu'il avait accumulé durant la soirée sembla s'évaporer en un instant.

- Monsieur Potter, Miss Parkinson, les salua-t-il.

- Maître, dirent-ils de concert.

- Il est bien tard, je suppose que vous comptiez vous rendre dans vos chambres respectives ? Demanda-t-il d'un ton qui sembla à Harry plus plat que d'accoutumée.

- Bien sûr, Maître, répondit Pansy. Mais, si vous le permettez...

Harry, malgré son malaise, et le regard de l'homme qui ne cessait de faire des allers-retour entre lui et son amie, cligna des yeux précipitamment en se rendant compte que Pansy redescendait les quelques marches qu'elle avait grimpé, avant de se planter juste devant le Maître, au centre du Hall, les épaules carrées et le dos tendu. Intrigué, et à moitié inquiet, Harry l'observa, interdit, attendant de voir ce qu'elle comptait faire. C'était la première fois qu'il la voyait s'adresser au Maître. D'habitude, c'était Draco qui menait la conversation lorsqu'ils se trouvaient tous dans les parages.

- Je tenais à vous remercier personnellement concernant les mesures que vous avez prises à l'encontre des Goldstein et des Smith, dit-elle rapidement et d'une seule traite. Je ne sais pas ce qui aurait pu m'arriver sans votre intervention. Je vous suis redevable, Maître.

Pas une fois sa voix n'avait tremblé, et Harry fut étonné du degrés de révérance avec lequel elle s'était adressée à lui. Il lui arrivait encore un peu trop souvent d'oublier à quel point le Maître était respecté ici, et ce détail lui rappela vivement l'erreur qu'il avait sans doute commise la dernière fois qu'il s'était retrouvé face au Maître. Pansy regardait cette fois vers le sol, le silence prolongé du Maître la mettant sans doute autant mal à l'aise, voire plus, qu'Harry, qui ne faisait qu'observer la scène en retrait. Le Maître la regarda avec attention, puis avec un sourire étrange, s'approcha un peu plus d'elle, et posa brièvement deux doigts sous son menton, afin qu'elle le regarde bien en face. Le contact ne dura que quelques secondes, mais cela n'empêcha pas Harry de sentir son ventre se tordre douloureusement, incapable de ne pas faire le parallèle avec le geste qu'il avait eu à son égard quelques jours plus tôt.

- C'était tout naturel, répondit-il en regardant Pansy dans les yeux. Et le sort qu'ils ont reçu est bien médiocre comparé à ce qu'ils auraient subi s'ils n'avaient ne serait-ce que posé un doigt sur toi.

Après un moment de flottement, Pansy se contenta de hocher la tête brusquement, et Harry imagina sans mal à quel point sa gorge devait être sèche. Il avait eu la preuve plus d'une fois qu'il n'était pas le seul à se sentir mal à l'aise en sa présence, loin de là.

- N'en parlons plus, lui dit-il ensuite. Retourne dans tes appartements à présent, ajouta-t-il doucement. Va.

Pansy n'attendit pas son reste, et après une légère courbette, et un « merci encore, Maître » prononcé du bout des lèvres, fit demi-tour, et sans même un regard pour Harry, le dépassa et gravit les marches à un rythme soutenu. Et ce ne fut qu'après que le bruit de ses pas déjà grandement étouffés par la moquette se soit tu, qu'Harry se rendit compte du calme qui régnait à cette heure-ci. La porte du Salon Commun était à demi-fermé, et il ne restait plus que lui, et le Maître. Harry sentit son corps se contracter presque intégralement lorsqu'il remarqua les yeux noirs fixés sur sa personne. Il se sentait trembler de l'intérieur, mais pour autant, et peu importe l'envie qui refusait de le lâcher, il ne baissa pas le regard.

- Harry, salua de nouveau le Maître.

Le concerné ne put que déglutir, la gorge serrée comme jamais, et lui répondit par un signe raide de la tête. Il n'avait aucune idée de la façon dont il devait se conduire avec lui après ce qu'il avait fait. Et, honnêtement, il ne s'y était pas préparé, ne pensant pas qu'il le recroiserait si vite, et surtout pas seul. Le Maître baissa les yeux vers les poings de Harry, crispés le long de son corps, et plus par réflexe qu'autre chose, il croisa alors ses bras dans son dos, les dérobant alors à sa vue. Il se rendit compte de son erreur lorsque le regard insistant de l'homme se planta de nouveau dans le sien. La sueur coulant doucement sur sa nuque, Harry cligna des yeux à plusieurs reprises, souhaitant chasser le plus rapidement possible de son esprit les images de leurs corps collé l'un contre l'autre, et la sensation des lèvres du Maître contre sa peau. Il ne devait pas craquer. Pas succomber.

- Vous étiez en déplacement ? Demanda Harry d'une voix bien plus rauque qu'à l'accoutumée.

C'était une tentative ridicule de briser l'atmosphère pesante qui régnait entre eux, et Harry sentit son cœur battre de plus en plus fort en s'entendant parler. Il avait dit la première chose qui lui était passée par la tête. Le Maître se redressa légèrement, et Harry ne put s'empêcher d'observer ses muscles se tendre sous sa chemise gris perle. Il se flagella mentalement d'insultes toutes plus violentes les unes que les autres lorsqu'il remarqua le sourire en coin qui s'installa sur le visage du propriétaire, son regard se faisant légèrement moins sévère, se rapprochant de celui, plus charmeur, qui désarmait tant Harry.

- Effectivement, répondit-il. J'avais quelques détails supplémentaires à régler concernant les Goldstein.

- La police n'est pas chargée de l'affaire ? Répondit rapidement Harry sans le quitter du regard.

L'homme s'était rapproché de lui tout en parlant, et Harry se maudit de se retrouver ainsi dos aux escaliers. Avait-il vu à quel point, malgré ses résolutions, il restait sensible à sa présence, à ses manières, et à son regard posé sur lui ?

- Si, bien entendu, lui dit-il doucement. Mais ce n'est pas de leur ressort de leur trouver des remplaçants au sein de leur poste respectifs.

- Et c'est le vôtre ? Maître ? Ajouta-t-il en se rendant compte de l'insolence de sa réponse.

De ce qu'il savait les Goldstein ne travaillaient même pas dans le service – encore inconnu à sa connaissance – qu'occupait le Maître. L'homme se contenta de lui sourire, sans qu'aucun mot ne sorte de sa bouche. « Des cachoteries, encore ». Bien que le manque de réponse ne le surprenne pas venant de lui, Harry ne put s'empêcher de ressentir une nouvelle fois la colère sourde qui le prenait aux tripes lorsqu'il remarquait qu'on ne lui disait pas tout, juste sous ses yeux. Il s'approcha encore plus de Harry, son ombre se projetant à présent sur son visage, tant il était près. Et Harry se retint de fermer les yeux, la présence du Maître l'enveloppant totalement à présent, l'odeur de sa peau parfaitement perceptible à cette distance. Il ne pouvait plus le regarder en face. Contre sa propre volonté, les yeux de Harry quittèrent le visage de cet homme, qui s'était déjà trouvé si près du sien, et il eut un souffle tremblant. « Ne te laisse pas faire », murmura une voix lointaine dans son esprit. Harry pouvait voir le petit carré de peau entre les clavicules du Maître juste devant lui, sa chemise hors de prix luisant à la lueur des lampes, et il sentit ses oreilles le chauffer de plus en plus, se disant qu'il n'aurait qu'à tendre le cou pour y déposer ses lèvres. Il le vit se pencher légèrement vers lui, et serra davantage les poings. « Fais quelque chose », s'ordonna-t-il, alors que ses bras tremblaient de plus en plus. Il prit son courage à deux mains, et malgré le bourdonnement de ses tympans, releva la tête.

Mais le Maître se contenta de passer à côté de lui, commençant alors son ascencion, sans un mot pour lui, et sans un regard en arrière. Harry, un peu sonné par le changement d'ambiance radicale, ne comprenant absolument pas ce qui venait de se produire, tourna sur lui-même, et vit ses jambes disparaître un peu plus haut dans l'escalier. Ce ne fut qu'après de longues secondes d'incompréhension qu'Harry comprit finalement ce qui avait causé ce revirement de situation. À sa gauche, un groupe d'élèves sortit soudainement de la Salle Commune, et à sa droite, un petit groupe de personnes qu'il soupçonnait être des femmes de chambre, mené par Madame Rosmerta, sortait du Réfectoire.

- C'est l'heure du couvre-feu, leur cria-t-elle, les joues rouges. Allez, oust, tous dans votre chambre !

Elle leur fit un large geste du bras, et Harry en profita pour se fondre dans le groupe mixte de troisième année, entendant vaguement les ricanements des autres femmes présentes avec elle. Il atteignit le quatrième étage sans mal, mais il était dans un brouillard impénétrable, son cœur battant à tout rompre, et ses doigts douloureux d'avoir été crispés tout ce temps, ses mains encore moites du stress qui s'était saisi de lui. Il pénétra dans l'obscurité du couloir, se sépara des autres, qui ne l'avaient apparemment pas remarqué, et prit ses clés dans sa main tremblante. Une fois à l'abri derrière sa porte fermée à clé, il se força à ne pas se laisser glisser sur le sol. Harry se fit violence, et partit s'asseoir dans sa chaise de bureau. Il se sentait fébrile. Il regarda ses mains, des tonnes de petites marques en forme de croissant de lune parsemant ses paumes. Il avait échoué. Ses résolutions n'étaient donc pas assez ancrées en lui ? Il avait réussi à lui tenir tête, et là, pourtant, il lui semblait qu'il avait ruiné tous ses efforts. Il n'avait pas su quoi lui dire. Pas réussi à le maintenir à distance comme il l'avait fait la fois précédente. Était-ce parce qu'ils s'étaient retrouvés seuls cette fois-ci ? Le fait d'avoir vu Snape lors de son affront, lui avait-il donné la force nécessaire ?

Le fait de repenser à son ancien directeur l'emplit d'une colère familière, et il tapa du poing contre son bureau, faisant tomber l'un de ses cadres, face contre le meuble. Harry se prit la tête dans les mains, se sentant si faible d'avoir baissé les yeux face à lui, et surtout, de garder en tête, avec une pointe de plaisir, l'odeur si caractéristique du Maître, qui l'avait enveloppé lorsqu'il s'était rapproché de lui. « Ne te laisse pas faire », lui murmura une nouvelle fois sa petite voix. Non, il ne voulait pas. Mais leur rencontre l'avait bien trop éprouvé, et il ne contrôla plus du tout son fil de pensées, ne put faire autrement que de soupirer, en se disant qu'il aurait aimé, tant aimé, que ses bras l'emprisonnent une nouvelle fois, et qu'il ait cette impression d'être son unique préoccupation, son regard sombre lui faisant sentir à quel point il le désirait. Harry fut parcourut d'un frisson, et se redressa, les yeux rivés sur le plafond. Il se raccrocha à l'idée que la réponse de Ron lui donnerait les réponses qu'il attendait, et surtout, les raisons nécessaires pour qu'il se tienne pour de bon à distance de cet homme, qui l'attirait tant, mais qui cachait derrière les portes du sixième étage, une dangerosité et un pouvoir qu'il ne pouvait qu'imaginer.

À suivre...


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