Heya Minna ! Nouveau chapitre ! :D

Alors je préviens tout de suite, celui-là, par rapport à d'habitude il est trèèèès long, mais suite à un vote sur le serveur Discord de la Mash Up, il a été décidé que je ne le couperais pas en deux. Vous avec donc un trèèèèès gros chapitre pour l'anniversaire de Tami aujourd'hui :3

Un énorme merci à la Mash Up, à Zialema qui a participé à l'écriture de ce chapitre, à Oriane Wyllt qui s'est tapé la corvée de corriger 23 pages word, et aux lecteurs qui nous ont rejoint sur Discord ! \o/

Chikaneki : Merci encore pour ta review, ça me fait très plaisir de savoir que le chapitre te plaît à chaque fois :D

Bien ! Les formalités habituelles effectuées, je vais pouvoir vous laisser profiter :3

Bonne lecture~!


Campée à la gauche de Fushisho Marco, Tami ne se sentait pas vraiment à sa place. Tout le monde s'était vu servir une choppe dès son arrivée et chaque commandant était aligné sur le côté, à l'exception d'Hiken qui se tenait de l'autre côté du phénix en tant que vice-capitaine. Le reste de l'équipage présent leur faisait face et la jeune femme était intimidée par toute l'attention qu'elle semblait attirer.

« Ils ont un copain à bord. C'est pas le même qu'Augus, mais ses ondes sont délicieuses~! »

Tami préférait ignorer la voix de Brisée. Elle avait l'impression qu'à la moindre erreur ça irait mal pour son matricule, c'était encore plus stressant que de s'infiltrer… Est-ce qu'elle en avait trop fait ? L'informatrice jeta un discret coup d'œil à sa tenue. Une jupe couleur aubergine lui arrivant aux mollets, un chemisier blanc cassé et des chaussures à petits talons pour compléter le tableau… Elle espérait vraiment qu'elle n'en avait pas trop fait, elle cherchait à faire simple, pas trop sophistiqué…

Tami passa nerveusement une main dans ses longs cheveux qu'elle avait simplement attachés à mi-longueur pour ne pas être gênée.

- Mes frères… mes sœurs… commença Fushisho. Nous sommes ici ce soir pour de nombreuses choses, dont une belle célébration.

- OUAIIIIIS ! s'écrièrent les pirates.

Marco leva une main, obtenant rapidement le silence.

- Cependant, avant de parler de choses joyeuses, je veux parler d'un sujet très sérieux, continua-t-il. Vous avez tous remarqué que Titanrage Benjamin n'est pas revenu de Whole Cake.

Tami se crispa à l'évocation du White Devil. Qu'est-ce qu'il avait à voir avec les Shirohige celui-là ? Regardant le capitaine pour écouter avec attention, elle le vit adresser un regard sévère et perçant à son équipage.

- Votre camarade a fait preuve d'insubordination, déclara-t-il ensuite. Ce qui, en plus de presque le faire tuer, aurait pu nous mettre tous en danger, yoi. Je vais donc vous faire la même remarque que j'ai fait à ceux qui sont allés à Whole Cake : quand un de vos commandants ou votre capitaine donne un ordre, c'est pour une bonne raison. Ce n'est pas parce que Titanrage fait quelque chose que vous devez vous dire que vous pouvez en faire autant. Il a peut-être oublié qu'il était un simple mortel à cause des squatteurs dans son crâne, ne faîtes pas son erreur. Votre camarade est au repos forcé sur une île déserte, yoi. S'il reviendra ou non dans notre équipage reste encore à déterminer.

L'informatrice retint le soupir consterné qui manqua de lui échapper à l'entente du comportement de son ancien professeur. Elle était seulement un peu surprise d'apprendre qu'il était officiellement un Shirohige, orgueilleux comme il était avec son passé de légende, mais là… Elle se contenta de prendre note qu'apparemment Augus avait un copain dans son crâne désormais, avant de revenir au discours de son hôte.

- J'ai eu quelques mots avec lui, le tout est de savoir les conclusions qu'il en tirera. Cependant, s'il y en a ici qui refusent l'autorité de la hiérarchie, vous pouvez encore partir, avertit Marco. Je ne veux pas de mutinerie. Je préfère qu'on se quitte en bon terme, plutôt que de faire couler le sang d'un membre de notre famille. C'est la dernière fois que je tiens ce discours, yoi.

Il eut un dernier regard sévère pour l'équipage qui était silencieux au point qu'on aurait pu entendre une mouche voler. Le visage du Yonkou se détendit.

- Mais laissons là ce sujet, fit-il. J'ai demandé une fête pour plusieurs choses. D'abord, je voulais qu'on ouvre un tonneau pour les Taiyou, qui ont fait le nécessaire, au péril de leur vie, pour que notre groupe et l'équipage de Luffy puissions vivre. Je lève mon verre pour eux, et j'espère qu'ils s'en sont sorti. Kampai !

- KAMPAI ! répondirent ses hommes en levant leur choppe, imités par une Tami silencieuse.

- Ensuite, deux points. Le premier, important politiquement parlant, ce sont les emmerdes sans nom que Luffy a mis dans les petits papiers de Linlin et son « fuck off » monumental à Jaijji Vinsmoke. Je n'aborderai pas le cas de César, à présent six pieds sous terre, yoi. Je dirais juste que nous pouvons être heureux que Sanji soit un foutu Mugiwara… et que je pense que même Jaijji serait le dernier surpris si sa chère Reiju venait à donner la vie à un petit Monkey dans un futur proche. Luffy lui a vraiment tapé dans l'œil, yoi !

Tami essaya de ne pas avoir l'air trop blasée devant les paroles de Marco, alors qu'Hiken de l'autre côté semblait peu enchanté par l'idée.

- La seconde raison de cette célébration, elle est pour vous tous et ce que vous avez fait pour moi. Parce que même si le fait que nous soyons ici, et non pas à Sphinx est une marque d'insubordination à mon égard, je ne peux que vous remercier de votre attention, et de ce que vous avez fait pour vous assurer que ma seule famille, en dehors de cet équipage, ne meurt pas, yoi. Pour cela, je tiens à remercier aussi notre jeune invitée du jour, Brisée-san. Sans son aide, je ne pense pas que cet homme aurait été arrêté à temps pour m'empêcher de le tuer, yoi. Pour cela. Merci infiniment demoiselle. Kampai !

Il se tourna vers ladite demoiselle dont les joues prirent une couleur rosée sous les « KAMPAI ! » qui jaillirent sur le pont. Elle adressa un sourire nerveux au Yonkou, embarrassée, et recula très lentement. Le fils de Roger sourit et quitta la droite de son capitaine pour la pousser gentiment en avant et la replacer là où elle était, puis il retourna tranquillement à sa place.

- Enfin… troisième raison de cette réunion… reprit le blond. Nous sommes des pirates. Nous sommes tous du mauvais côté des lois, pourtant, Smoker, plus loin, rage de ne pas pouvoir nous arrêter et se contente de faire du gardiennage d'enfants. Je pense qu'en soit, c'est une bonne raison de festoyer, non, yoi ?

Les rires de ses hommes lui répondirent et il leva sa choppe une dernière fois pour conclure.

- Alors Kampai !

- KAMPAI !

- K-Kampai… suivit Tami avec toute la timidité du monde.

Tous les hommes et femmes présents sur le pont se mirent immédiatement à bouger, installant des marmites et des plats sur des tables improvisées à base de caisses, de tonneaux et de planches. Deux bacs furent posés à côté, contenant fourchettes et cuillères, des choppes et des verres propres furent mis près de bouteilles et fûts différents. Des dials furent lancé, diffusant de la musique alors que des groupes se formaient pour manger et discuter.

La jeune femme marcha lentement et discrètement jusqu'à un coin où elle avait l'intention de rester, quand Edessa l'attrapa par le bras pour l'entraîner.

- Viens vite manger avant qu'Ace ne s'y colle ! ricana-t-elle.

- Euh, d'accord…

Arrivée devant les tables chargées de nourriture, l'informatrice se saisit d'une assiette et de couverts, puis regarda ce qui avait été fait.

- Tiens, goûte ça, et puis ça, et puis ça… commença son amie en mettant d'elle-même des choses dans sa propre assiette.

Devant son insistance, Tami prit une petite dose de tout, tenté de goûter, effectivement, mais ne voulant pas donner l'image d'une morfale. Si tout allait bien, d'ici peu elle serait peut-être officiellement une Heart et elle ne voulait pas faire mauvaise impression… De toute façon, noué comme était sa gorge, elle ne pensait pas pouvoir avaler grand-chose. À peine eut-elle le temps de reprendre sa choppe en main qu'Edessa l'attrapa de nouveau pour l'emmener voir un groupe un peu plus loin.

- Ano… Konbawa, salua-t-elle nerveusement.

Les hommes de la Première flotte qu'elle avait déjà aperçu au pub lors de la beuverie la regardèrent et lui sourirent avec sympathie. Ils commencèrent à discuter de tout et n'importe quoi, sortant des énormités plus grosses qu'eux, faisant rire la demoiselle, la mettant un peu plus à l'aise. Eda l'entraîna vers une grand femme à la peau noire et aux yeux d'un mauve pâle, assise sur un tonneau, qu'elle reconnut comme Haiiro Kali, reconnaissable bien que les racines de sa tignasse noire aient l'air d'avoir viré au blanc. Une mèche de cette même couleur retombait sur le côté de son visage. La présence de béquilles à ses côtés l'aidèrent à comprendre la mauvaise humeur qu'elle dégageait, se voyant refuser le droit d'aller s'allonger par sa nakama.

- Kal', je te présente Brisée, sourit la femme aux yeux argent. Bri', voici Kali, la femme la plus cynique de la Grand Line.

- Yoroshiku, fit l'informatrice.

- Eda, on vole pas les invités comme ça ! protesta Eric, si elle se souvenait bien.

Riant, Tami retourna à sa conversation avec les mecs, s'excusant auprès des femmes.

- Nous disions donc ? sourit-elle avec amusement.

- Oui, donc on était là, encerclé, et d'un seul coup Ace arrive et-… Attention !

Une marée de filles en tenue d'infirmières se dirigeait vers eux à une vitesse qui ne laissait pas penser à une promenade. En quelques secondes le groupe d'hommes et l'informatrice furent cernés.

- Encerclé… je vois, rit-elle nerveusement.

L'aura un peu inquiétante qui se dégageait des infirmières ne lui disait rien qui vaille…

- Donc vous êtes Brisée-san ? demanda l'une.

- Euh... Oui ? fit Tami.

- Vous avez quel âge ?

- Vous venez d'où ?

- Ano... hésita-t-elle. Vous pouvez me tutoyer... Et je suis sûre qu'il y a des sujets plus intéressants que moi pour faire la conversation ?

La curiosité de ces dames la rendait nerveuse, elle avait l'impression de passer un interrogatoire... L'une d'elles fit un geste négligeant de la main.

- Oh ça va, fais pas la modeste ! On veut en savoir plus sur celle qui a sauvé la famille de Marco-nii-san !

- Je n'ai fait qu'aider...

- Allez ! Il t'a invitée, c'est pas pour rien ! insista une autre. Dis-nous tout ! D'où tu viens ?

Tami réfléchit rapidement, pesant le pour et le contre sur ce qui restait dangereux et ce qu'elle pouvait dire sans danger, puis elle poussa un soupir.

- North Blue, répondit-elle finalement.

- Ah bon ? Et t'es arrivée comment à Anvil ?

- En naviguant, pourquoi ? s'étonna l'informatrice.

- Toute seule ?!

Elle recula d'un pas. Ces femmes étaient des requins...

- Eh bien, oui...

- Mais c'est incroyable !

- C'est un exploit ce que t'as fait !

- Comment tu fais pour naviguer seule dans le Shin Sekai et être en vie ?!

Elle avait l'impression d'être prise dans un ras-de-marée sous les exclamations de combien elle était incroyable et tout et tout... Et tout ça la mettait assez mal à l'aise...

Enfin, elle savait que le Shin Sekai quand on était seul, c'était assez mastoc, mais c'est pas comme si l'océan en question lui avait donné beaucoup de fil à retordre... Là elles lui attribuaient un exploit qu'elle n'avait pas accompli, d'où le fait qu'elle soit sur la défensive.

- Vous savez, j'ai toujours eu beaucoup de chance, tenta-t-elle. Et puis il me semble que Portgas fait la même chose, c'est pas si incroyable...

Mais ses protestations passaient à la trappe sous les commentaire des infirmières. Alors elle finit par lever les mains, sans toutefois renverser le contenu de sa choppe qu'elle n'avait toujours pas touché, dans une tentative vaine pour calmer les dames.

- Mais t'as quel âge pour faire un truc pareil ?

Silence sur le petit groupe et elle se sentit comme un agneau agité devant une armée de crocodiles. Ces infirmières étaient de véritables prédateurs... Elle réprima un frisson.

- J'ai 23 ans, répondit-elle.

- Eeeh ? T'as l'air plus jeune !

- On croirait pas que t'as le même âge qu'Ace-san !

L'informatrice afficha un sourire blasé, jetant un œil vers le groupe d'hommes et Edessa qui se marraient dans leur coin. Traîtresse.

- Ne, t'as quelqu'un dans ta vie ?

Pour le coup, la honte prit le dessus sur l'embarras. Si elle avait appris à se contrôler pour ne pas rougir au mauvais moment... Eh bien elle restait complexée sur le sujet...

Comment parler de ça, surtout à des inconnues ? Non seulement c'était une info dangereuse, mais en plus elle était certaine de se prendre leur mépris à la figure.

- Non... mentit-elle.

- Ooooh... firent les femmes, déçues.

Quelqu'un passa un bras autour des épaules de l'informatrice qui eut le réflexe immédiat de le lui retirer. Une seconde plus tard, elle avait un genou sur le dos d'un pirate qu'elle clouait à terre avec un bras dans le dos.

Tami fit un bond en arrière, craignant avoir fait une connerie sans le vouloir. La dernière chose dont elle avait besoin était d'une guerre avec les Shirohige.

Cependant les pirates ne semblaient pas lui en vouloir, fusillant plutôt l'homme un peu trop tactile qui faisait la serpillière. Edwin, le muet de la Première flotte le choppa par le col pour le traîner un peu plus loin tandis qu'Haiiro se levait de son tonneau avec ses béquilles.

- Désolé pour lui, c'est un cas désespéré, soupira un autre gars.

- Ce n'est pas grave, assura l'informatrice.

- T'en fais pas, si d'autres gars veulent te draguer ce sera sans contact, on va veiller à ce qu'il y ait pas d'autre incident, fit une infirmière.

Elle montra Haiiro en train de discuter avec une autre infirmière de l'autre côté du pont. Blonde et grande, tenue courte, auriculaire gauche manquant une phalange... Elle n'avait pas l'air commode.

- Arigatou, remercia Tami avec un pauvre sourire.

- Vu qu'on est tes gardiens pour ce soir, on peut avoir un bisou ? plaisanta Eric.

- Haha, puisque vous êtes un gentil garçon, rit-elle en réponse.

Elle lui souffla un baiser que le pirate s'empressa d'attraper avant de s'effondrer, feignant de s'évanouir de bonheur. L'informatrice éclata de rire, détendue.

- Tu peux te relever tout seul ou même pour ça t'as besoin d'un plan pour t'orienter ? lança Haiiro en passant, ayant apparemment fini sa conversation.

Eric se releva sous les rires du groupe avant que monsieur Portgas en personne n'arrive.

- Pourquoi ça rigole ici ? demanda-t-il avec amusement.

- C'est une fête, Ace, c'est un peu le principe, ricana Edessa.

- Pas faux. Tout se passe bien ? demanda-t-il ensuite à Tami. Si un gars te fait des misères, hésite pas à m'appeler.

- Je pense que je leur ai fait assez peur pour qu'il n'y ait plus de problème, répondit-elle avec un sourire d'excuse, passant une main sur sa nuque avec embarras.

- Good, approuva-t-il. Rien de mieux qu'une main ferme pour calmer des hommes qui ont chaud dans le pantalon. Au besoin, dis-leur que Cassandra cherche des cobayes, ça refroidira tout le monde.

- Je note, acquiesça-t-elle en voyant les gars grimacer.

Le fils de Roger lui tapota gentiment le bras avant de s'éloigner en lui souhaitant de bien profiter de la soirée et de la nourriture. Les conversations reprirent joyeusement, accompagnées de blagues et de rires. Bientôt on éteignit les dials et un orchestre prit leur place. Quelques pirates s'approchèrent du groupe un par un pour demander à Tami de danser avec eux, mais elle refusa gentiment.

Elle était suffisamment nerveuse pour risquer de se ridiculiser...

Les hommes de la Première partirent sur la piste, la laissant avec Edessa et Haiiro pour discuter. C'était d'ailleurs surprenant de noter qu'Eda n'avait pas bu une goutte d'alcool depuis le début de la soirée. Quelques infirmières restaient encore, demandant de temps à autre son avis sur des sujets aléatoires. De temps à autres, Haiiro demandait à aller s'allonger, ce qui lui était refusé. Tami compatissait, si elle était en mauvais état elle n'apprécierait peut-être pas le boucan.

Le capitaine lui-même finit par arriver tranquillement, souriant, une choppe à la main.

- Tout se passe bien par ici ? demanda-t-il avant de se tourner vers les infirmières. Vous avez fini de disséquer la vie de notre invitée, demoiselles ?

- Tout va bien Nii-san ! gloussa l'une d'elles.

- Sauvez-moi Yonkou-san, ce sont des requins affamés ! rit Tami.

- Les filles, si vous dites durant vos examens qu'il est acceptable de pratiquer une autopsie sur un sujet vivant, je peux vous assurer que vous n'aurez pas votre diplôme, yoi. Et Cassandra sera très désappointée.

- Haaan, il faut pas vexer Cassandra-sensei ! s'exclama l'une d'elles.

Pendant que les infirmières gloussaient, le blond se tourna vers son invitée.

- Vraiment. Tout va bien ? insista-t-il. J'ai vu le vol plané de Stavinsky, des soucis ?

- De ce que j'ai vu, mon réflexe n'a pas déclenché de guerre, donc j'imagine que oui, tout va bien. J'apprécie juste peu être touchée sans autorisation, surtout par surprise.

- Stavinsky a toujours été le genre d'homme à prendre ses aises avec les femmes. Après, il suffit toujours d'un avertissement pour qu'il se calme, yoi. Il ne reviendra pas t'embêter. Quant à la guerre, aucun risque, surtout pour lui. Tu n'es pas la première à l'avoir fait voler, yoi.

Il montra Kali du menton avec un rire.

- Miss Haiiro a essayé de l'étrangler avec son sari durant son premier jour à bord.

Il désigna ensuite Edessa d'un geste de la tête.

- Celle-ci, elle a voulu l'assommer avec une bouteille de rhum qui fut sauvée de justesse par Curiel, yoi.

- Pourquoi je ne suis pas surprise ? rit l'informatrice.

- Ce sont les aléas des gros équipages, ricana-t-il en réponse. On trouve tout et n'importe quoi, yoi.

- Au moins je n'ai pas à craindre ce genre de choses avec Musha, pointa-t-elle avec amusement.

- Clairement. Ah, et si Stefan vient te voir, pas d'inquiétude à avoir. il est grand, mais doux comme un agneau s'il n'y a pas de canon qui résonne. Il suffit juste de décrocher la moustache pour lui trouver un jouet, yoi.

Elle jeta un œil au chien géant qui paressait dans un coin du pont. Mignon.

- Pas de problème, sourit-elle.

- La migraine ?

- Partie, merci encore. Je ne sais pas exactement ce que vous avez fait, mais je suis en pleine forme.

- Juste mon devoir de médecin et accélérer la régénération sanguine, yoi. C'est ce que je peux faire avec mes plumes sur les autres. N'hésite pas à aller te servir, on a plus qu'assez en nourriture et on refera des provisions au cas où. Un estomac plein terminera de te remettre sur pied. Merci encore pour ton aide et je te souhaite une bonne soirée, yoi.

Marco la salua de la tête et se détourna pour s'éloigner. Tami réalisa que maintenant qu'elle s'était détendue, elle avait en fait assez faim, elle s'excusa donc auprès des filles pour aller se resservir, proposant au passage de ramener quelque chose à Haiiro. Apprenant au passage que la kuudere était végétarienne, elle retourna au niveau du buffet pour se servir, tout en déclinant tranquillement une nouvelle invitation à danser.

Quand elle revint, elle remarqua rapidement que l'un des commandants semblait attendre quelque chose près du groupe.

- Bonsoir Brisée-san, sourit-il poliment malgré une légère nervosité.

- Konbawa, répondit-elle gentiment. Pour vous Haiiro.

La kuudere prit l'assiette qu'elle lui tendait et la remercia sobrement d'un hochement de tête. Elle reprit sa conversation avec Edessa quand elle se rendit compte que le commandant n'avait pas bougé. Il avait l'air d'attendre patiemment, ce qui la surprenait un peu. Il devait mesurer... Peut-être un peu moins d'un mètre quatre-vingts dix et il avait quelques muscles, sans être une montagne. Ses cheveux étaient noirs, mais une tresse grise, comme ses yeux, en ressortait. Plutôt beau garçon de son point de vue, mais la légère ressemblance physique avec Law devait peser dans la balance...

Elle se ressaisit avant de se perdre dans ses pensées et s'excusa de nouveau auprès d'Edessa pour aller le voir, souriant sympathiquement.

- Ano, Nibantai Taishou, Kennichi, ka ? demanda-t-elle confirmation.

- Hm, acquiesça-t-il.

Pour une certaine raison il lui semblait que lui aussi était intimidé. Du coin de l'oeil elle voyait le reste des commandants qui les regardaient en discutant et ricanant. L'homme se frotta l'arrière de la nuque.

- Hm, vous voulez vous asseoir ? proposa-t-il en désignant d'autres caisses un peu plus loin.

- Pourquoi pas, fit-elle.

D'une manière très "gentleman", il attendit qu'elle soit installée avant de s'asseoir à son tour.

- La fête vous plaît ? demanda-t-il ensuite.

- Oui, sourit-elle sereinement. J'aime beaucoup l'ambiance et l'équipage est sympa.

- Hum... Et... Qu'est-ce que vous faites quand vous ne travaillez pas pour sauver la famille de Nii-san ?

- Je suis un peu une touche à tout, on pourrait dire, réfléchit-elle. Je navigue, j'explore, je me bats...

Il était très gentil mais ça commençait à faire partie des informations dangereuses tout ça. Que Portgas et le Yonkou soient au courant lui suffisait amplement.

- Tu fait ça depuis longtemps ?

- J'ai pris la mer à 16 ans, mais je m'entraîne pour ça depuis que j'ai environ 12 ans, expliqua-t-elle ensuite. Donc... Je dirais à peu près 11 ans que j'ai commencé.

Le commandant parut perplexe.

- Un problème ? s'étonna-t-elle.

- Je sais que ce sont des choses qui ne se font pas, mais... risqua-t-il.

- Je pense qu'en tant que pirates, on peut se permettre des exceptions sur les règles de politesse, sourit-elle.

Kennichi pesa le pour et le contre, puis se décida finalement à poser la question.

- Quel âge as-tu ?

- J'ai 23 ans, répondit-elle calmement. Et si je ne me trompe pas, Portgas-san est mon aîné de moins d'un mois.

Elle ne savait pas pourquoi il parut un peu plus tranquille, mais ne chercha pas plus loin.

- Je sais que ça peut surprendre, je parais toujours plus jeune que je ne le suis... fit-elle en se frottant l'arrière du crâne avec un sourire embarrassé. Et je suis plus petite que la moyenne, alors ça n'aide pas...

- Je pense pas que ce soit très dérangeant... marmonna Kennichi.

Tami haussa les épaules, affichant un sourire désabusé.

- Au moins, je suis déjà plus grande qu'à mes 18 ans... Je dois faire quelque chose comme 4 ou 5 centimètres de plus... soupira-t-elle.

- Je suis resté petit assez longtemps aussi, et à l'adolescence, j'ai grandi d'un seul coup, rit le pirate.

- Arf... Y'a vraiment pas de justice... plaisanta la jeune femme en prenant une pose dramatique.

Le malaise du commandant semblait s'être envolé progressivement, et il était une compagnie beaucoup moins envahissante que les infirmières. Elle se permit de l'observer.

Il avait l'air bien plus sage que les autres hommes qu'elle avait croisé dans la soirée. Son comportement était différent, son approche un peu plus plaisante.

- Est-ce que vous vouliez me parler de quelque chose en particulier, ou vous étiez juste curieux ? demanda-t-elle en portant sa chope à ses lèvres.

- Hum... Je me demandais juste ce que vous comptiez faire...

- J'ai l'intention de mettre les voiles pour Wa no Kuni, j'ai cru comprendre que c'était aussi dans vos projets.

Elle ne précisa pas que c'était pour passer un savon à son imbécile de capitaine, elle préférait limiter le nombre de personne la sachant liée à Law jusqu'à ce qu'elle devienne officiellement une Heart.

Le commandant sembla assez satisfait de la réponse, puis hésita légèrement à nouveau.

- Est-ce que... Enfin, si ça ne vous dérange pas, peut-être qu'on pourrait se revoir, là-bas ?

Oh.

Ooooooh.

Elle devait admettre qu'il avait réussi à la surprendre un peu. Même si ce n'était pas la première "proposition" qu'elle recevait depuis le début de la soirée, au vu du comportements des infirmières et commandants à proximité, celui-ci faisait quelque chose d'inédit, et était donc peut-être un peu plus sérieux à ce sujet. Et vu la façon dont il se tenait, comment il lui avait sorti la chose, elle ne tenait pas à le faire souffrir en l'envoyant chier gentiment comme avec les autres.

- Je... Je suis désolée, je ne peux pas vous donner ce que vous espérez, s'excusa-t-elle. Mais qui sait, rien ne nous empêche de discuter.

Elle espérait avoir été suffisamment claire, sans pour autant être trop sèche. Juste lui faire comprendre gentiment qu'elle ne partageait pas ses sentiments, mais qu'elle ne le rejetait pas pour autant. Après tout il n'avait rien fait de mal, sinon avoir flashé sur la mauvaise personne... Sur ce point il était comme elle, à part qu'elle ne doutait pas que Kennichi arriverait bien à passer à autre chose.

Le commandant poussa un soupir.

- Pas la peine de vous excuser, réfuta-t-il en secouant la tête. Merci de votre sincérité.

- Vous pouvez me tutoyer, vous savez, sourit-elle gentiment.

Il lui fit un sourire rassurant, mais elle nota tout de même une légère déception dans son regard. Elle aurait bien voulu avoir un cœur à prendre, mais les choses étaient ainsi, et elle n'arrivait pas à oublier Law malgré les années passées à essayer de se persuader du contraire...

- Je peux au moins te proposer une danse ? fit-il.

- Bien sûr, acquiesça-t-elle en sentant la nervosité revenir.

« Calme-toi, c'est pas lui et tu le sais. » réprimanda Brisée.

Elle devait bien admettre qu'elle avait raison, pour une fois. La ressemblance entre les deux hommes était infime, mais… Bon sang, ces yeux gris la ramenaient des mois et des mois en arrière, lors de la mission qu'elle avait accompli avec lui...

L'informatrice déglutit en se laissant entraîner sur la piste par Kennichi. Elle entendait à peine la musique, ne sachant pas vraiment comment bouger et évitant de le regarder, sentant ses joues cuire sous la honte. Elle était tout simplement en train de se ridiculiser…

Le commandant faisait son possible pour la guider, mais rien à faire, ses jambes restaient raides et trop lentes pour le suivre. C'était la nervosité qui causait ça ? Pourtant ce n'était jamais arrivé avant…

Quand la musique s'arrêta, elle lâcha les mains du commandant, se couvrant le visage pour aller s'asseoir avec un soupir et une aura de déprime. Elle qui se vantait de savoir danser, voilà qu'elle avait soudainement perdu son « talent ».

- Euh… fit le commandant en la rejoignant. Désolé pour le mauvais moment.

- Iie, ne t'excuse pas, fit-elle avec un rire nerveux. Normalement je m'en sors mieux, je ne sais pas vraiment ce qui m'est arrivé.

- Merci d'avoir accepté.

Elle releva la tête dans sa direction et sourit d'un air contrit.

- Je t'en prie, j'aurais préféré faire mieux.

Il haussa les épaules avec amusement.

- Je ne te dérangerai pas plus longtemps, assura-t-il. Passe une bonne soirée.

- Merci.

Kennichi s'éloigna pour rejoindre les autres commandants qui lui sautèrent dessus en riant et chahutant. Elle les regarda distraitement avant de se relever pour revenir auprès d'Edessa et Kali. Un homme bien reconnaissable de la Première flotte ne tarda pas à les rejoindre, à savoir « monsieur le râleur », Patrick.

Elle n'avait retenu que peu de noms de la Première Flotte, mais celui-ci était l'un des seconds d'Hiken.

- Oui ? demanda-t-elle.

- Je venais voir si tout se passe bien, si la sorcière ne jette pas de malédiction, la routine, quoi, fit-il avec un air nonchalant, ayant néanmoins un léger sourire en coin. Kal', pas la peine de menacer.

L'informatrice pouffa devant la dégaine du type.

- Vous m'avez l'air remis de la gueule de bois de la dernière fois, tant mieux. Donc, autre chose ? demanda-t-elle à Patrick, tandis qu'Edessa venait s'appuyer sur son épaule.

- Hm, si tu cherches quelqu'un pour te donner toutes les petites histoires intéressantes sur Ace, tu sais qui appeler.

- Tiens, vous seriez prêt à vendre votre fuku-senshô ? dit-elle en levant un sourcil.

- Le vendre ? Naaaan, je dirais pas ça comme ça... Disons plus une petite visite du côté du mur de la honte ?

- Ooooh... Je vois, comprit-elle, le regard pétillant de malice. C'est sûr qu'en voyant le bordel qu'il a foutu à Marine Ford, vivre avec ne doit pas être très facile...

- Tu crois pas si bien dire, il en fait des blagues et des conneries.

Elle n'en doutait pas une seconde, pour le coup.

- Quel genre ? demanda-t-elle.

- Vous voyez Thatch, le commandant de la Quatrième Flotte ?

- Oui ?

- Il a réussi à l'habiller en vahiné.

Tami ne parvint pas à se retenir, l'image du commandant qu'elle avait en tête la fit éclater de rire.

Une main entra dans son champ de vision. En relevant la tête, il se trouvait que justement, Hiken était devant elle.

- Tu viens danser ?

La jeune femme perplexe regarda vers Edessa qui secoua la tête.

- Ace sait que s'il m'invite, il se retrouvera avec mon genou là où ça fait mal, réfuta-t-elle. Tous les hommes de la flotte le savent, même Ben, j'ai horreur de danser.

- Si j'avais voulu t'inviter à danser, Edessa, tu l'aurais su, fit Hiken. Non, c'est à notre invitée d'honneur que je le demande.

- Euh... fit Tami, pas très sûre d'elle. Je ne sais pas swinger.

Il leva les yeux au ciel et lui prit gentiment mais fermement la main.

- D'une, c'est pas du swing, mais du Jitterbug, c'est différent. De deux, s'il n'y a que le fait de ne pas savoir danser qui te gêne, je vais t'apprendre. Pas la version accrobatique, bien entendu...

Il regarda vers un couple de danseur qui semblait ne pratiquement jamais toucher le sol, multipliant les acrobaties et sauts en tout genre.

- Mais avec les pas de base, c'est déjà bien, et chacun apporte sa petite touche personnelle, conclut-il.

Sans demander son avis, il la tira vers la piste de danse alors que l'informatrice demandait de l'aide à Edessa qui mima d'agiter le mouchoir blanc pour lui dire adieu. Argh... Traîtresse !

Elle allait encore se ridiculiser...

Ace lui tint les deux mains au niveau des premières phalanges, levées au niveau des épaules.

- Le Jitterbug est très simple. Il reprend beaucoup de danses, mais seul le rythme change. Tu peux valser dessus, faire du classique et bien d'autres. Tant que tu restes dans l'esprit et le groove, tu peux pas te tromper, ok ?

- ... Hm... répondit-elle, pas très convaincue.

- Tu vas voir, c'est très facile.

- J'ai dit la même chose à Law quand je lui ai appris à valser, rétorqua-t-elle avec ironie. Et je parie que ses orteils se souviennent encore de mes talons.

Portgas resta un instant immobile, les yeux dans le vague alors qu'elle retirait ses chaussures pour se faciliter la tâche, les lançants vers Eda qui les rattrapa tranquillement de sa main libre.

- Imaginer Trafalgar valser est une idée très dérangeante, lâcha le fils de Roger.

Eh oh ! Non seulement il s'était révélé bon danseur une fois concentré, mais il avait une sacrée allure dans le costume qu'il avait utilisé, il avait fait preuve d'une élégance à toute épreuve.

Repenser à ça faillit lui faire monter le rouge aux joues, alors elle passa à autre chose.

- Enfin, main droite sur mon épaule, dit-il alors qu'elle obéissait. Maintenant, mouvement basique des pieds. Regarde.

Il avait les pieds nus également, légèrement écartés et lui montra les mouvements de base, piétinant une, deux, trois, quatre fois sur place, puis rapprocha son pied gauche du droit, écarta, recommença. Plus simple que ce qu'elle croyait.

Elle commença lentement à reproduire les mouvements, avant d'y aller finalement au même rythme.

- T'as mémorisé ? demanda-t-il.

- Oui, je pense.

- Alors tu peux tout oublier !

Il la repoussa, lui tirant une léger cri de surprise, puis la ramena vers lui en la faisant tourbillonner pour l'entraîner dans des mouvements sans suite logique qu'elle n'arrivait pas à prévoir. Puis elle se souvint de ce qu'il lui avait dit.

Tout était donc une question d'improvisation? Alors il aurait un aperçu de ses connaissances sur le sujet.

Elle improvisa à son tour, ne cherchant qu'à rester dans le rythme et à ne pas cogner les autres.

- Eh ben tu vois ! T'as tout compris ! rit Ace.

Elle aurait voulu le fusiller du regard, mais c'était assez difficile parce qu'elle pouvait voir son énorme sourire contagieux et qu'elle s'amusait. Finalement elle laissa tomber l'affaire et éclata de rire, bien plus détendue. Ils passèrent un certain temps à danser à deux, des fois c'était lui qui menait, lui montrant au passage des pas bien à lui, d'autres fois, c'était elle.

Tami se sentit complètement partir en vrille quand il la lança en l'air. Les espars étaient presque à sa portée, elle volait littéralement et se lâcha à grand coups de figures aériennes en riant, jusqu'à ce qu'il la rattrape.

Fut un moment où ils durent reprendre leur souffle et ils allèrent s'effondrer dans un coin en continuant de rire.

- Merci pour l'initiation, Portgas-sensei, souffla Tami.

- De rien ! Si tu en veux d'autres, n'hésite pas ! Tu veux boire pour te rafraichir ?

- Pas de refus.

Ace se leva pour aller chercher deux choppes et revint s'asseoir en lui donnant à boire. Elle avala la moitié de sa choppe d'une traite tant elle avait soif, bien contente que ce soit du soft.

- Après Wa, tu as des plans ? Parce que j'aurais un contrat un tantinet risqué à proposer à Lady-san.

Ah ?

- C'est à voir, répondit-elle. Si je retrouve le Coeur il y a des chances pour que je reste avec son équipage, cette fois. Mais selon la demande, ça devrait pouvoir se faire.

- Le danger vient des lieux et donc, des obstacles. Le reste, ça pourrait, je pense, mener à une expérience sympathique, voir amusante, assura-t-il. Vu la popularité de la série, je suppose que tu connais "Les Aventures des Sept Mers" ? Au moins de nom.

- J'attends le prochain volume, sourit-elle tranquillement.

- Tu as vu passer l'article sur son auteur ?

- Quand est-ce qu'il a paru ?

- L'été dernier. Peu après Impel Down. À se demander ce qu'il avait dans le crâne en donnant cet interview au vu de la situation à cet instant.

Il but une gorgée d'alcool alors qu'elle réfléchissait sur le pourquoi du comment. Si elle ne se trompait pas, peu après Impel Down elle était avec Law en vue de la mission de Malviera.

- Oh. J'étais out à ce moment-là, expliqua-t-elle.

- Ah. Eh bien tu sauras que Samyaza est Sabo. Et cet idiot a beaucoup de fans dans la marine. Il a même offert son livre à plusieurs officiers. Et un spécifiquement en kairoseki à Akainu. La dédicace disait, si je me souviens bien "tu m'as cramé la gueule, essaye maintenant de cramer mon livre"!

Ace avait un sourire qui disait qu'il était particulièrement fier du culot de son petit-frère. Tami rit doucement, elle n'était pas vraiment surprise par la révélation, étant donné l'évocation de l'auteur par Hiken l'autre fois, elle s'était douté qu'il y avait un lien entre eux.

- Donc, reprit-il. Le fait est que toute la marine à le livre. Toute ? Non. Un irréductible résiste à l'invasion, bien qu'il ne puisse pas faire grand chose contre. D'où le pourquoi j'ai besoin de Lady. Pour faire de la lecture.

- Une séance de lecture à un officier Marine, certainement à la nouvelle Marine Ford... réfléchit-elle. C'est tentant mais je n'ai absolument aucune idée sur quand je pourrais tenter.

C'était compliqué en considérant qu'elle serait très certainement à bord du Polar Tang une fois qu'elle quitterait Wa, si elle parvenait à s'y rendre en premier lieu.

- Je m'en doute, acquiesça Hiken. Je pense bien que Fujitora peut attendre. Mais c'est juste triste que sa cécité le prive de la plume du Tenshi. Pour le paiement, je peux m'assurer que tu recevras les prochains tomes du livre, avant même qu'ils ne touchent les étagères des libraires. Et pour compléter, une fois que le montant final sera fixé...

Il fouilla dans ses poches et en tira un relevé bancaire avec un mauvais sourire.

- Genkotsu avancera la monnaie, cette fois. J'ai bien assez à faire à devoir payer les dettes de mon parrain.

Il tendit le papier à Tami qui le refusa en étouffant son rire.

- On en reparlera quand ce sera fait, je rappelle que j'ai encore près de 700 millions de berrys à moi toute seule, ricana-t-elle.

- Ok. Merci encore pour l'akuma no mi. Marco m'a dit que c'est grâce à toi que Shanks me l'a refilé. C'est difficile de devoir jouer un autre rôle en devant garder mes flammes sous contrôles... surtout avec mon tempérament. Ce zoan est une bénédiction.

- Hm, pas de quoi, j'imagine. Je préfère ça que de voir Musha mordre dedans...

Elle réprima un frisson d'horreur en pensant à ce que ferait la louve avec un pouvoir pareil, imitée par le fils de Roger.

- On se serait retrouvé avec une louve-démoniaque-flamboyante et craquante, rit-il ensuite.

Il but de nouveau dans sa choppe, avant de menacer faussement Tami du doigt.

- Si tu répètes que j'ai admit qu'elle était craquante, je te fais taire.

- La fin du monde viendra d'elle, j'en suis persuadée, répondit-elle avec un haussement d'épaules.

- Ooooh, j'ai quelques doutes. Je suis prêt à mettre ma main à coupé que Luffy sera l'instigateur de la fin du monde. Ou alors, il me causera définitivement des cheveux blancs.

- Les cheveux blancs dans tous les cas, fin du monde ou pas, ricana-t-elle.

- Kampai !

- Kampai !

Il trinquèrent en riant et finirent leur boissons. Ace redevint rapidement sérieux, cependant.

- Autre chose ? demanda Tami.

- Y'a un truc qui me chiffonne à ton sujet depuis notre première rencontre dans le Paradis, expliqua-t-il. Aujourd'hui, je sais d'où ça vient. Je peux revenir sur un point que tu m'as dit ce jour-là ?

La jeune femme leva un sourcil.

- Lequel ?

-Tu m'as dit que tu ne connaissais pas ton nom en entier. T'as fait des recherches sur le sujet ou ça t'intéresse pas ? Parce que j'ai une idée. Ça vaut ce que ça vaut, mais c'est toujours ça, si tu veux.

- Disons que ma mère est morte à ma naissance, je n'ai jamais rien su de mes parents et je n'ai jamais vraiment songé à me renseigner, avoua-t-elle.

Pour elle, son père était Cora-san et elle n'avait pas vraiment de figure maternelle à laquelle se raccrocher. Elle soupira en se laissant aller contre la caisse devant laquelle elle était assise.

- Je ne me pose pas vraiment la question. Plutôt que fouiller dans mon propre passé, je préfère m'assurer que mes proches auront un avenir.

- C'est une bonne façon de voir les choses. Les vivants auxquels ont tient sont bien plus important que les morts, même si on leur doit la vie.

Il toucha le médaillon à son cou et se tut.

- Je me demande juste ce que vous avez trouvé sur moi, que j'ignore. Je suis un peu curieuse.

Le regard sur les danseurs, elle attendait une réponse qui ne vint pas. L'informatrice tourna la tête pour trouver le pirate effondré contre les caisses également, tête reposée sur son torse dans une position qui avait l'air peu confortable.

- Euh... Portgas ?

Toujours aucune réponse. Elle s'approcha pour l'examiner avec ses connaissances rudimentaires en médecine, pour constater qu'il... dormait. Souriant avec fatigue devant les frasques du commandant, elle se contenta de changer sa position pour lui éviter les douleurs au réveil, se moquant bien qu'il soit logia ou pas, et attendit qu'il se réveille.

Il fallut bien quelques minutes avant qu'il ne cligne des yeux plusieurs fois, le souffle haletant et se frotte vigoureusement le visage.

- Tout va bien ? demanda-t-elle.

Ace sursauta et la regarda, comme s'il réalisait tout juste sa présence, avant de se calmer et de se rasseoir comme auparavant.

- Crise, courant. Pas de quoi crier au meurtre, sauf si on veut utiliser ça pour une blague, éluda-t-il.

- Hm, j'ai déjà entendu parler du phénomène... Narcolepsie, c'est ça ?

Elle avait déjà entendu parler de la pathologie, mais dans ses souvenirs ça semblait moins radical... Enfin bref.

- Hm. Nous disions ?

- Que je me demande bien ce que tu as pu trouver sur moi qui ne sait même pas mon nom de naissance, répondit-elle.

- Ah oui. J'ai pas le nom complet, je suis pas voyant, je fais pas dans l'ésotérisme, je laisse ça à Kal', commença-t-il. Cependant, je suis presque persuadé que tu es une porteuse du D. Le pourquoi du comment, ça serait trop long à expliquer, mais on a déjà eu une discussion avec le Coeur à Dressrosa, Lu' et moi, à ce sujet. Et je pense que tu es dans le même cas que lui.

Il lui jeta un regard presque amusé.

- Au moins, tu risques pas de te réveiller avec un kenbushoku qui risque de t'infliger une migraine.

Elle ne savait pas quoi penser et était à peu près sûre que ça se voyait sur son visage. Merde alors.

- C'est une discussion que vous pouvez avoir tout les deux tranquillement et y réfléchir comme tu veux, finit le pirate.

Tami se mit à compter sur ses doigts sous le regard interrogateur d'Hiken, affichant un sourire de plus en plus blasé. Il fallait dire que le rire de Brisée n'aidait pas, non plus.

Hermaphrodisme, dédoublement de la personnalité, ancienne esclave née au beau milieu d'une secte, porteuse du D...

Après elle s'étonnait d'avoir la poisse...

L'attention d'Ace sembla attirée par quelque chose et il se leva.

- Je te laisse à tes réflexions, j'ai quelque chose à faire. On se retrouve plus tard.

- Hm... fit-elle distraitement.

Elle continuait de faire le compte de toutes les tares qu'elle se traînait et qui au final pouvaient être expliquée par cette simple foutue lettre dans un nom qu'elle ne connaissait pas.

- Eh bien, je dois encore réparer une bêtise d'Ace ou ça ira, yoi ?

Tami releva la tête pour regarder le Yonkou qui venait d'arriver, désignant une place pour demander implicitement l'autorisation de s'asseoir. Elle acquiesça, après tout il était chez lui, et il s'installa tranquillement en tailleur.

- Je vais avoir besoin de quelques secondes, mais j'ai l'habitude de ranger le bordel moi-même, finit-elle par répondre.

- Pas de cadavre à faire disparaître ? Parfait, c'est toujours ça de gagné. Alors, tu passes une bonne soirée ?

L'informatrice afficha un sourire tout en se passant une main sur le visage.

- Oui, même si je passe de surprise en surprise.

- De bonnes, ou de mauvaises ? demanda le Yonkou avec curiosité.

- Aucune idée, répondit-elle en soufflant un rire.

Le chien géant décida de choisir ce moment précis pour venir gémir à côté du phénix qui se mit à lui grattouiller distraitement le cou.

- Le temps le dira, yoi, finit-il par déclarer avec sagesse. J'ai appris pour ton implication dans la destruction de la Namari. Beau travail.

- Merci.

Elle aurait bien dit qu'elle était flattée, mais puisque les membres restants de l'organisation connaissaient son visage, elle pouvait difficilement considérer cette « mission » autrement que comme un ratage monumental. Néanmoins elle garda cette pensée pour elle-même, histoire de ne pas plomber l'ambiance.

- J'aurais pas aussi bien réussi. J'ai quelques bases en infiltrations, mais je suis pas le plus doué dans le domaine, yoi, avoua Marco. Pas faute d'avoir dû gérer la seconde avant qu'Ace débarque, mais je suis toujours mieux avec une carte de navigation ou une seringue dans les mains.

Stephan se laissa tomber sur le dos dans un gros « boum » et se roula devant Tami qui reconnut bien la réaction. Affichant un sourire, elle utilisa ses deux mains pour lui grattouiller le ventre.

- Les infiltrations, c'est mon domaine, expliqua-t-elle tranquillement. Je sais que c'est loin d'être facile, alors je vous dirai juste « félicitations d'avoir survécu ».

- Si Frey m'avait vu, il se serait foutu allégrement de ma gueule.

- Pourquoi ça ? Vous avez fait plus humiliant que "Rose-sama" ? demanda-t-elle en levant un sourcil, affichant un sourire amusé.

Eh oui, même si maintenant elle préférait en rire, elle n'avait pas oublié cette fois où elle s'était retrouvée à faire son numéro de cabaret devant les Shirohige. Le Yonkou prit quelque secondes, sans doute pour se remémorer l'événement.

- Je me disais aussi que tu m'avais l'air familière, yoi. Disons que j'essaie encore et toujours de trouver les pellicules et les originaux de Marta au bal des officiers de Marine Ford d'il y a dix ans en arrière, répondit-il en plissant les yeux vers certains des hommes de son équipage.

Tami se mit à pouffer à l'image mentale que ça lui renvoyait.

- Je sais que je n'en ai pas l'air, mais je compatis, fit-elle une fois avoir repris son sérieux. Je vois encore des photos de mon numéro traîner à droite et à gauche.

- Ace a récupéré la photo que Thatch avait prit du numéro. Je pense que ça l'a aidé pour faire son dessin, yoi.

Il reposa sa choppe sur le sol, poussa Stefan et se leva en disant qu'il revenait vite. La jeune femme hocha la tête et finit la sienne. Après quelques minutes, le capitaine revint en tenant quelque chose à la main, enjambant avec facilité le chien géant qui lui bloquait le passage pour revenir s'asseoir.

- Ceci pourrait être utile si Ace fait le con pour rien à ton sujet, yoi. S'il te demande, c'est Thatch ou Haruta qui t'a fourni, yoi.

Il lui tendit une photo face cachée. Elle s'en saisit doucement et la retourna pour voir, haussa les sourcils, puis sourit avec amusement. Voilà qui serait effectivement très intéressant. L'autre face montrait Gol D. Ann dans une magnifique tenue de danseuse orientale, visiblement en pleine action.

- Une arme d'une puissance redoutable, merci beaucoup, fit-elle en rangeant le cliché dans son chemisier.

- Au plaisir. Je pense que chaque membre d'équipage à au moins deux trois photos de tout le monde pour s'en servir de matériel de chantage, alors, c'est assez simple de trouver de quoi percer les trop gros égos, yoi.

- Promis, je n'en ferai pas d'usage abusif, assura-t-elle.

En fait elle le disait autant pour lui que pour elle-même. Mais bon, il n'avait pas besoin de le savoir. Le Yonkou montra quelques-uns de ses commandants du bout de sa choppe.

- J'ai toujours les photos des lapins sexy roses de ces messieurs, yoi. Encore une idée lumineuse d'Ace. Je suis heureux qu'être son mec me laisse jouir d'une certaine immunité à ses frasques

- J'imagine bien, j'ai entendu parler d'un certain commandant en vahiné, ricana-t-elle.

- Thatch m'en a voulu de pas l'avoir sorti de ce mauvais pas. Il m'a fait chanter pendant deux mois en vengeance, yoi.

Marco semblait rigoler et grimacer en même temps au souvenir.

- Les talents de Portgas en danse m'ont l'air suffisants pour ce qu'il en fait, de ce que j'ai pu constater, ajouta-t-elle, mine de rien.

- Oh, il sait danser. Des notions pour les infiltrations particulières, mais il est très bon rockeur. Je crois même savoir que Sabo a essayé de lui apprendre des danses de salon. Mais j'ai rien vu de ce côté là, yoi, soupira le Yonkou avec déprime. Il n'a jamais accepté le moindre tango avec moi, si c'est pas triste.

- Je connais très bien les danses de salon, sourit-elle avec amusement.

- Oh ..?

- Oui : tango, salsa, valse, flamenco et foxtrot. On m'a aussi initié à quelques mouvements de classique.

- Tango ?

- Tango, confirma-t-elle.

Marco sembla réfléchir pendant quelques instants, avant qu'un drôle de sourire n'apparaisse sur son visage.

- Si je dis que je me porte garant de tout retour de flammes, littéralement et figurativement parlant, je peux avoir l'honneur d'un tango avec mon invité d'honneur, yoi ?

Tami fut très étonnée l'espace d'un instant, avant d'afficher un sourire joueur. C'était très tentant. Elle n'avait pas dansé de tango avec un partenaire depuis quoi… 7 ans ?

Oui, c'est ça, juste avant son départ.

- Si je peux en plus avoir les infos dont j'ai besoin pour arriver à Wa no Kuni sans faire tuer Musha et ses petits, marché conclu, voulut-elle négocier.

Ce fut à Marco d'avoir l'air surpris.

- Pour ce genre d'informations, il n'y a pas besoin de marché, pointa-t-il. On n'est pas ennemi, si tu as besoin d'informations sur le Shin Sekai, je t'en fournis sans problème. Surtout après ton aide pour ma mère, yoi.

La jeune femme afficha un sourire reconnaissant. Elle n'arrivait à rien avec ses calculs, mais elle savait que les Shirohige avaient déjà mis les pieds là-bas, alors il représentait plus ou moins sa seule chance.

- Merci.

- Pas besoin de me remercier. Parce que je peux t'assurer qu'entrer à Wa est tout, sauf une partie de plaisir. Le mieux serait d'attendre que ta louve ait sa portée et que les petits aient quelques semaines. Le voyage sera loin d'être de tout repos, yoi.

Elle retint une légère grimace à ces mots. Il avait parfaitement raison, mais elle avait peur pour Law, et elle n'avait personne pour prendre soin de Musha à sa place, nulle part où la laisser sans qu'elle n'ait quoi que ce soit à craindre…

Marco poussa Stefan du chemin et partit demander un tango à l'orchestre avant de revenir vers Tami qui finissait de remettre ses chaussures.

- Alors, ai-je droit à une danse, yoi ? demanda-t-il de nouveau en lui tendant galamment une main.

- Bien entendu.

Il l'emmena au centre de la piste de danse qui avait été désertée par la plupart des danseurs.

Tami se plaça derrière le capitaine alors que la musique se lançait, faisant lentement glisser sa main pour qu'elle se pose sur le torse du phénix. Lequel posa sa propre main sur la sienne avant qu'elle ne se dérobe pour passer de derrière à devant lui lentement, lui faisant face. Jouant des jambe, elle lui tourna le dos en se courbant sur le côté alors qu'il l'attrapait par les hanches. Elle tournoya et ils se retrouvèrent face à face, avant de se mettre à tourner dans l'autre sens, synchronisés, cette fois.

La danse était langoureuse, sensuelle, c'était son principe même, et c'était étrange de faire une telle chose avec le Yonkou, mais l'informatrice devait bien admettre qu'il était doué.

Toujours d'un geste lent, il fit remonter une main le long du bras de Tami pour aller chercher la sienne et ils commencèrent à tournoyer sur un espace plus large que précédemment, jouant des jambes. Par moment il l'attrapait au beau milieu d'un mouvement pour la faire tournoyer, elle-même lançait régulièrement une jambe vers l'extérieur pour les faire virevolter et surtout éviter au public de paraître monotone. Un dernier tour et il la maintint près du sol, lui laissant quelques secondes avant de la relever, la faire tourner de nouveau. Affichant un sourire, les yeux brillants, Tami plaça sa jambe par-dessus la sienne comme maintien et se laissant aller contre lui avant qu'ils ne se relèvent.

En temps normal, pour une danse pareille, leurs bouches seraient sans cesse à proximité l'une de l'autre, mais les deux partenaires devaient penser à la même chose puisque ce n'était jamais le cas. Après tout, le Yonkou était pris, et ni l'un ni l'autre n'étaient assez fou pour pousser la provocation à ce point.

Tami se laissa pencher en arrière, la main de Marco parcourant la courbe de son dos sans jamais la toucher, puis quand ils se relevèrent elle prit son élan pour faire un bond, agitant les jambes de haut en bas. Les portés se multipliaient, le rythme changeait sans cesse. Vint même un moment où il parvint à la faire tournoyer en la portant sur ses épaules. Sans se laisser décontenancer, elle joua le jeu, riant doucement et une fois regagné le sol elle se pencha de nouveau en arrière.

Ce fut à ce moment là qu'elle s'aperçut qu'Hiken était de retour sur le pont et la fusillait du regard. Voilà pourquoi il faisait aussi chaud d'un coup.

Elle lui sourit avec un clin d'œil avant de se laisser entraîner dans une nouvelle session de pirouettes, le mouvement de leurs jambes se faisant de plus en plus rapides. Un dernier porté, puis elle se pencha une dernière fois et la musique prit fin, laissant les deux danseurs immobiles et reprenant silencieusement leur souffle.

- Ignore tout le monde, j'en fais mon affaire, yoi, lui souffla-t-il avant de la laisser se relever.

Riant doucement, la jeune femme se redressa avant de s'incliner devant le Yonkou.

- Merci pour m'avoir permis de réviser mon tango, fit-elle. Et pour Portgas ?

- Je vais prendre mes responsabilités. Merci pour la danse, Brisée-san.

Il déposa un baiser sur sa main avant de s'éloigner pour rejoindre son amant qui faisait la gueule. Dès qu'il eut le dos tourné, la jeune femme se vit emportée dans un ras-de-marée de pirates et d'infirmières qui riaient et lui donnaient des tapes dans le dos. On la charriait, certains la félicitaient, d'autres encore lui demandaient les fleurs qu'elle voulait à son enterrement. Cela lui demanda quelques minutes et de jouer des coudes, mais une fois qu'elle put s'éloigner de la troupe d'infirmières, Tami partit se réfugier auprès d'Edessa qui était à deux doigts d'étouffer tellement elle riait, et d'Haiiro qui semblait toujours autant se faire chier sur son tonneau.

- Tu viens de te faire une place sur le mur de la honte ! Quelle danse ! s'esclaffait son amie.

- Le mur de la honte ? Pourtant je pensais avoir donné une belle performance ! s'offusqua faussement l'informatrice.

- Oh mais c'est pas pour ça ! C'est parce que tu as mis le chef dans le pétrin ! J'aimerais être une petite souris pour entendre le savon qu'il va se prendre !

Kali lança un regard dubitatif à sa camarade.

- C'était son idée, je ne me considère pas responsable ! rit Tami en levant les mains.

- C'est encore mieux ! s'exclama Eda. Faut que je trouve Patrick pour savoir si c'est lui qui a la photo !

Elle s'éloigna rapidement et il se passa quelques minutes de silence. Haiiro ne faisait aucun effort pour lancer la conversation. En l'observant, l'informatrice réalisa que la mèche blanche était un peu moins large que plus tôt dans la soirée. La jeune femme leva un sourcil, très intriguée.

- C'est moi où les cheveux blancs se résorbent ? Demanda-t-elle. Enfin, si ce n'est pas indiscret.

- C'est le cas.

Euh… Elle disait ça pour les cheveux ou l'indiscrétion ? Préférant ne pas faire trop de gaffes avec la femme réputée la plus cynique de la Grand Line, elle leva les mains et ne chercha pas plus loin. Il y eut un nouveau silence, mais l'informatrice avait le cerveau qui tournait à plein régime. Sans vraiment savoir pourquoi, elle avait fortement l'impression que ce n'était pas la première fois qu'elle la voyait.

- C'est peut-être juste une impression, mais vous m'êtes familière… tenta-t-elle.

- J'ai une prime, comme la majorité des gens à bord, répondit la kuudere. Sans parler que je fais parti du groupe, et d'Impel Down, et de Whole Cake. Donc oui, je suis pas vraiment madame tout le monde.

- Non, c'est différent, explicita Tami. C'est la première fois que je vous rencontre en personne, mais sans compter la prime j'ai vraiment l'impression de vous avoir déjà vu-... la photo.

Elle frappa son poing dans sa paume, comprenant enfin d'où venait cette drôle d'impression, alors qu'Haiiro la regardait sans comprendre.

- Il y a quelques années j'ai trouvé une photo sur une tombe, expliqua l'informatrice alors que Kali levait un sourcil. Il y avait une petite fille qui vous ressemblait comme deux gouttes d'eau. La météo a un abîmé la photo mais on pouvait encore distinguer les personnes dessus.

Une lourde sensation de peur et de menace la prit à la gorge, faisant que Brisée commença à s'agiter alors que la kuudere changeait de ton.

- Si tu as touché à sa tombe tu ne quitteras pas en vie ce navire, siffla-t-elle.

- Pourquoi j'aurais fait ça ? répondit Tami en essayant de rester calme.

- On ne va sur la Petite Sarkomand que pour une seule raison. Et ceux qui le font ne reculent pas devant le pillage de tombe pour obtenir ce qu'ils veulent.

La convalescente s'était levée sur une béquille pour sortir un couteau, menaçante. Tami ne réagit pas à la menace, essayant toujours de garder le contrôle comme elle pouvait avec cette sensation de peur.

- Pas faux, vu ce qui se trouvait là-bas, accorda-t-elle. Mais la tombe était encore en un seul morceau, juste un peu poussiéreuse.

Kali la regarda avec méfiance, avant de se rasseoir. La peur s'en alla aussi vite qu'elle était venue, mais l'informatrice pouvait encore sentir l'aura de menace d'Haiiro.

- De toute façon c'est qu'une pierre tombale sans tombe. Je n'ai eu aucun corps à mettre dessous.

Elle regarde Tami en plissant des yeux quand celle-ci poussa un léger soupir de soulagement en sentant Brisée se calmer.

- Mes condoléances.

- Cela faisait dix ans que l'on ne s'était pas vu, j'ai eu le temps de m'y faire, répondit Haiiro en haussant les épaules avant de ranger son arme. Vous avez fait quoi de vos découvertes ?

Découvertes… Ah, elle devait parler des documents éparpillés partout.

- Je les ai gardé dans un coin en attendant de pouvoir traduire tout ça. J'ai pu en comprendre une partie, mais c'est peu par rapport à tout ce que j'ai ramassé qui était encore en état, répondit Tami.

Maintenant qu'elle y pensait, elle n'avait pas tant que ça cherché après. Vu le peu de choses qu'elle avait compris, ça ne la tentait pas vraiment...

- Ne cherchez pas à traduire vos découvertes. Mieux, détruisez tout, déclara la kuudere.

… et maintenant ça la tentait encore moins. Tami hocha la tête.

- Si vous voulez. De toute façon je vois difficilement comment ça peut m'être utile.

- Ça ne fera que vous apportez des ennuis. Détruire ce à quoi vous tenez le plus. J'ai failli tuer un ami par accident à cause de ça.

- Je détruirai tout en rentrant, assura immédiatement l'informatrice.

Haiiro crispa une main sur sa mèche et acquiesça.

- Désolée d'avoir mis les pieds dans le plat, je voulais juste confirmer un doute, s'excusa ensuite Tami.

- Vous avez pas le profil de l'occultiste, répondit la kuudere. Vous aviez perdu votre chemin pour finir là-bas ?

Bon, autant jouer franc jeu, elle le lui devait bien. Et puis si elle avait compris correctement, Titanrage était des leurs.

- Non, je cherchais des infos sur le charmant colocataire crânien du White Devil. Un défi entre lui et moi pour qu'il m'enseigne le haki, répondit-elle en grimaçant au souvenir de tous les coups qu'elle avait pris.

Kali la regarda, remettant clairement et visiblement sa santé mentale en doute.

- Quoi ? fit l'informatrice.

- Titanrage pour professeur ? C'est du suicide et du masochisme. Je vous pensais assez intelligente pour rester loin d'individus comme lui.

- Je n'ai jamais dit être saine d'esprit... soupira Tami. Et puis à l'époque je ne savais pas ce qui m'attendait. Il faut dire aussi que je n'avais pas vraiment le choix. Mais bon, ce qui est fait est fait.

L'aura de menace qui se dégageait de la pirate s'estompa. Elle eut un maigre sourire amusée en regardant le vague.

- Vous savez ? C'est avec ce que vous devez détruire que j'ai failli le tuer à Whole Cake.

- Hm... Les cheveux blancs ont un rapport alors, en déduisit-elle.

Haiiro reprit ses béquilles et se leva.

- On a tous un monstre en nous qu'on peut plus ou moins contrôler avec un prix. Si Edessa me cherche, je suis allée me coucher.

- Bonne nuit, lui souhaita Tami, la regardant s'éloigner sans lui répondre.

Une rencontre assez intéressante, mais aussi très étrange… Bienvenue dans le Shin Sekai ?

Elle haussa les épaules et attendit tranquillement le retour d'Edessa, voyant l'heure avancer. Il était tout de même deux heures du matin et elle sentait la fatigue se faire sentir. Oui, la fête était sympathique et elle s'était éclatée, mais bon, elle avait déjà perdu pas mal d'énergie avec sa bataille contre Brisée, et malgré les soins de Marco, elle avait quand même perdu pas mal de sang dans la journée.

Son amie finit par revenir avec un rire qui n'augurait rien de bon, mais ne voulut rien lui dire sur le pourquoi elle riait ainsi.

- Bon, moi je suis crevée, je vais y aller, déclara l'informatrice en se levant de son siège, s'étirant.

- Zut, bouda la pirate. Et où est passée Kal' ?

- Partie se coucher aussi.

La face de chiot malheureux fit glousser la jeune femme alors qu'elle se dirigeait vers le ponton en lui souhaitant la bonne nuit. Quand elle s'éloigna du Moby Dick, elle rit de nouveau en entendant Smoker qui engueulait les pirates, les menaçant d'une amende pour tapage nocturne.

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Purupurupurupuru...

Purupurupurupuru...

Tami ouvrit les yeux, se levant rapidement en réalisant que son denden sonnait en plein milieu de la nuit. Regardant sa montre, elle vit qu'il était trois heures et demi du matin et décrocha à la va-vite.

- Moshi moshi ? demanda-t-elle, sous tension.

« Brisée... Salut, c'est... C'est Shou. » fit timidement une voix de jeune homme.

La pirate cligna des yeux, avant de les écarquiller, puis de sourire.

- Ça alors... Comment tu vas Shou-kun ? Ta jambe ? Et- Et la danse, tu t'en sors ?

« Je vais très bien, t'en fais pas. Ma jambe me pose pas trop de problèmes pour danser, d'ailleurs, je... Je t'appelais pour te dire que j'ai quitté Basco, au cas où... Enfin, tu sais, si tu voulais me rendre visite. »

Tami sentit son cœur bondir dans sa poitrine, partagée entre la joie que lui apportaient la proposition de son protégé, mais également un peu inquiète des raisons pouvant pousser le jeune homme à quitter son île.

- Il se passe quelque chose ?

« Plus ou moins, je suis pris en tant qu'élève par le meilleur danseur du monde. »

Le sourire débordant de fierté affiché par le denden rassura la pirate.

« J'ai fait tout ce que tu m'as dit pour pas qu'on se retrouve encore avec des marchands d'esclave, promis, je fais très attention. » assura-t-il ensuite, finissant de tuer dans l'œuf l'inquiétude de l'informatrice.

- ... Tu as tellement grandi... sourit-elle. Bientôt 17 ans, c'est ça ?

« Tu... Tu t'en souviens... » souffla-t-il.

- Évidemment que je m'en souviens. 19 mars, répondit-elle. Je ne pouvais pas t'appeler, mais je n'ai pas oublié. Tu peux être très fier de ce que tu es devenu, Shou.

Le rougissement du denden lui arracha un autre sourire attendri.

« Ben justement, j'ai mon propre denden, maintenant, alors... »

La pirate nota rapidement le numéro que lui donna Shou.

- J'essaierai d'appeler quand je pourrais, promis. Mais pour le moment, je prévois un voyage dangereux, il se pourrait que je doive combattre dans une guerre...

« Et... Tu penses que ça ira ? » s'inquiéta le jeune homme.

- Pourquoi ça n'irait pas ? brava-t-elle. Je ne serai pas seule, ne t'en fais pas.

« Hai... »

- Écoute Shou, je vais devoir raccrocher, j'ai besoin de dormir pour affronter les mers du Shin Sekai.

« Gomen... Il fait jour par chez moi, je pensais que c'était pareil de ton côté... »

- Ne t'en fais pas pour ça, ça m'a fait très plaisir de pouvoir te parler après tout ce temps, sourit la demoiselle. Promis, quand j'en aurai fini avec tout ce que j'ai à faire, je viendrai te voir. Bonne chance pour les leçons !

« Fais gaffe à toi... Bonne nuit m'man. » fit le jeune homme.

Il se passa quelques secondes de silence avant que le visage du denden ne vire à l'écarlate.

« Ano, je veux dire, Brisée ! Oui, voilà ! Euh, mon professeur m'appelle ! »

Katcha.

Tami fixa longuement le denden, immobile et sans voix. Elle regarda Musha qui s'approchait, réveillée par le bruit et s'agenouilla pour enfouir son visage dans la magnifique fourrure de la bête. Elle se mit à rire doucement et se redressa, affichant un sourire rayonnant, les yeux humides.


PS : Si vous voulez voir le tango de Tami et Marco, la vidéo qui m'a servi d'exemple s'intitule "Gotan Project - Santa Maria - Tango", facilement trouvable sur Youtube