Bonjour ! Le chapitre arrive un peu plus tôt que prévu (la veille) car j'ai un gros devoir demain et n'aurait pas le temps de publier...
Me revoilà donc avec un nouveau chapitre !
Il arrive quelques heures après la fin du chapitre précédent...
Bon, ben...
Bonne lecture !
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– Accepter ce qui est –
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Le soleil était déjà haut dans le ciel lorsque Maglor se réveilla. Il s'était endormi dans l'herbe après qu'Ondine soit partie avec Gandalf. Pestant contre lui-même, il se leva, s'épousseta afin de retirer l'herbe qui s'était accroché à ses vêtements et partit à la recherche de la jeune fille.
L'elfe commença par se rendre à la chambre de l'adolescente mais, lorsqu'il y pénétra, les draps étaient froids et le lit était fait. Apparemment, Ondine n'était pas retournée dormir dans sa chambre après sa rencontre avec les Seigneurs. En sortant de la chambre, il croisa Arwen qu'il l'informa ne pas avoir vu passer la jeune fille. Un peu plus inquiet, le fëanorion pressa le pas se demandant où pouvait bien se trouver Ondine. Ce fut au détour d'un couloir qu'il l'aperçu.
Elle était de dos et semblait se diriger vers les jardins. Maglor sut automatiquement que c'était elle car sa chevelure blonde était repérable de loin dans la cité où la majorité de la population était brune. S'empressant de la rejoindre il courut presque le long du couloir, mais, la jeune fille tourna à une intersection. Ainsi, lorsque l'elfe arriva à ladite intersection, il ne put voir l'adolescente. Un peu énervé de l'avoir perdue de vue, l'elfe s'engagea alors dans l'un des deux couloirs s'ouvrant à lui, cherchant l'insaisissable jeune fille.
Il la chercha pendant encore quelques minutes avant de l'apercevoir, gravissant les escaliers qui menaient au jardin. Se dépêchant de la rejoindre avant qu'elle ne s'évanouisse à nouveau dans le dédale de couloirs de Fondcombe, il arriva rapidement auprès d'elle et l'interpella :
« Ondine !
Surprise, cette dernière marqua une pause et se retourna ses cheveux détachés retombant sur ses épaules.
- Maglor !
- Tout va bien ?
- Oui. J'étais simplement venue récupérer ma flûte, expliqua-t-elle en lui montrant l'instrument qu'elle tenait dans sa main. Je l'avais oublié…
- Ah… Et… Tout s'est bien passé avec les Seigneurs ? Tu sembles… différente.
A cette remarque, l'adolescente pâlit un instant ne sachant que répondre.
- Disons que… En fait…
- Quoi donc ?
- Il s'avère que… Je ne sais pas comment le dire ! lâcha-t-elle embarrassée. C'est compliqué… Disons que… commença-t-elle en replaçant distraitement une de ses mèches derrière son oreille.
Et ce geste pourtant anodin eut pour effet de figer de stupeur Maglor.
- Ton… Ton oreille, lâcha-t-il.
- Mon oreille ? demanda-t-elle sans comprendre.
Soudain, elle comprit. Gênée, elle regarda le fëanorion et ne put qu'avouer :
- C'est ce que j'allais te dire. Tu te rappelles que la Valië Varda m'avait demandé de retrouver Elaiano ?
L'elfe acquiesça.
- Et bien… C'est moi.
- Tu veux dire que l'elfing qui a disparue il y a douze ans, c'était toi ?
- Oui…
- Comment est-ce possible ? Tu étais une humaine et là… Que s'est-il passé ?
- Je ne sais pas vraiment… Tout s'est enchaîné si vite. D'après ce que j'ai compris, la réunion des…
Mais la jeune fille s'arrêta d'un seul coup se rendant compte qu'elle avait failli dévoiler l'identité des porteurs des Trois anneaux des elfes.
- La réunion des ?
- Des Seigneurs elfes… mentit-elle. La réunion des Seigneurs elfes a fait office de déclic.
- Mais… le Seigneur et roi Thranduil n'était pas là ! Et de quel déclic parles-tu ?
- Thranduil ? l'interrogea l'adolescente.
- Il règne sur Verbois-le-Grand ou Forêt Noire, un peu plus au Nord que la Lothlorien… Mais, tu n'as pas répondu à ma question… De quel déclic parles-tu ?
- Pour faire simple, en basculant sur Terre mon apparence a été modifiée afin d'éviter que ce monde soit découvert, j'ai par là-même perdu la mémoire. Et en revenant, tout n'est pas redevenu tel qu'il était supposé être.
- Et maintenant ? Ça l'est ?
- Oui, Maglor. Je suis enfin moi-même, murmura la jeune fille posant délicatement sa main sur la joue de son interlocuteur. Il n'y a plus rien qui ne nous empêche d'être ensemble maintenant… ajouta-t-elle la voix pleine d'espoir.
- Si… Tu es la fille de Galadriel et Celeborn…
- Et alors ?
- Tout a changé !
- Tu te trompes… Je suis toujours la même personne. Je suis toujours celle que tu as rencontrée dans les cachots de Barad-Dur, qui s'est échappé avec toi, et qui est parvenue jusqu'ici. Mon apparence à peut-être changée, mais c'est tout. C'est toujours moi ! Même si je ne me reconnais presque plus dans le miroir, je suis toujours la même personne !
- Ce n'est pas ça le problème !
- Alors, qu'est-ce qui te gênes ?
- Tes parents ne me laisseront jamais être avec toi, pas après ce qu'il s'est passé en Doriath.
- C'était il y a des milliers d'années !
- Tu te rappelles leur réaction lorsque j'ai voulu te rejoindre dans le Bois Doré ? S'ils ne me laissent pas pénétrer leur forêt, jamais ils n'accepteront que je sois avec toi…
- Tu ne sauras pas tant que tu n'auras pas essayé. S'il te plait… le supplia-t-elle.
- Ça ne marchera jamais !
- Et alors ? Quoi qu'ils disent, cela aura-t-il un impact sur ce que je ressent ? Non… S'ils refusent, nous iront nous établir ailleurs…
- Mais ce sont tes parents !
- Je les connait à peine… La majorité des souvenirs que j'ai d'eux datent d'il y a trop longtemps.
- Tu as recouvré la mémoire ?
- Oui… Varda m'a rendu mes souvenirs.
Face à cette annonce, Maglor se rembrunit. Prenant la main de la jeune fille et l'éloignant de sa joue, il lui répondit sombrement :
- On ne peut faire confiance aux Valar pour ce genre de choses… Rien n'est jamais simple avec eux. Si elle te les a rendus, sache qu'il y aura toujours quelque chose à faire en échange.
- Tu me fais mal ! s'écria-t-elle en essayant de dégager sa main.
En effet, dans sa hargne, le fëanorion avait serré le poignet de l'adolescente. Il desserra sa poigne et la jeune fille pu dégager son bras, même si une trace rouge était toujours visible autour de son poignet.
- Varda m'a déjà prévenue… lâcha l'adolescente en se massant le poignet. Elle m'informera en temps voulu de ce qu'il faudra faire… ajouta-t-elle en s'éloignant comme si elle fuyait.
- Ondine ! Sache qu'il y aura toujours un prix à payer.
- Je comprends…
S'éloignant, la jeune fille n'entendit qu'à peine les derniers mots que prononça Maglor.
- Et il sera très élevé. Trop élevé…
Et l'adolescente s'en alla poser sa flûte dans sa chambre.
Une fois fait, la jeune fille rejoignit les deux Seigneurs des Galadhrims qui l'attendaient non loin de la terrasse où aurait lieu le repas de midi. Lorsqu'elle arriva, ils étaient tous deux en grande conversation mais ils s'arrêtèrent et sourirent en voyant arriver leur fille.
- Tout va bien ? demanda Celeborn en voyant l'adolescente arriver.
- Je viens de croiser Maglor… répondit-elle évasive.
- Est-ce lui qui t'as fait ça ? insista-t-il en désignant le poignet de la jeune fille.
- Ce n'était pas intentionnel… Il n'a rien fait de mal.
Face à sa réponse, les deux Seigneurs se jetèrent un regard entendu avant de reporter leur attention sur l'adolescente.
- Es-tu prête ? demanda Galadriel avec un petit sourire en coin.
- A quoi ?
- Certains vont se poser des questions quand ils vont te voir. Il semble évident que nous t'accompagnions afin que tous acceptent et comprennent ce qu'il s'est passé et qui tu es.
- Est-ce vraiment nécessaire ? soupira la jeune fille qui n'aimait pas être le centre de l'attention.
- Se sera bref et tout rentrera définitivement dans l'ordre, acheva Celeborn en serrant les mains de sa fille dans les siennes.
- Si vous le dites…
- Aie confiance, chuchota la voix de Galadriel dans sa tête.
La jeune fille acquiesça doucement, souffla fortement afin de chasser le stress et releva la tête.
- Je suis prête.
- Dans ce cas, allons y.
Et le trio se dirigea vers la terrasse. En arrivant, les tables avaient déjà étaient dressées et presque tous les convives étaient arrivés et discutaient en attendant l'arrivée du Seigneur Elrond. Quelques convives saluèrent les Seigneurs du Bois Doré alors qu'ils se mêlaient à la foule, mais seuls un ou deux dignitaires plissèrent brièvement les yeux en remarquant la proximité de la jeune fille par rapport à eux. Mais personne ne fit de remarque. Alors que l'adolescente restait en compagnie de ses parents, ne sachant que faire, une voix l'interpella :
- Ondine !
Tournant la tête vers l'origine du son, elle aperçue Glorfindel un peu plus loin qui lui faisait signe. La jeune fille hésita à le rejoindre mais Galadriel lui glissa :
- Nous l'annoncerons à la fin du repas.
Le message étant clair, l'adolescente partie rejoindre son ami qui l'attendait comme toujours, sous un arbre.
- Tout va bien ?
- Pourquoi tout le monde me pose cette question ? soupira la jeune fille un petit sourire aux lèvres car elle se doutait bien de la réponse.
- C'est juste que tu sembles… différente. Mais, ce n'est peut-être qu'une impression.
- Tu ne crois pas si bien dire…
L'adolescente remarqua le regard interrogateur de l'elfe, mais il n'eut pas le temps de formuler sa pensée car Elrond venait d'arriver et les dignitaires s'asseyaient autour de la table. S'asseyant à son tour, la jeune fille se retrouva assise entre Glorfindel et Celeborn, et à gauche de ce dernier se tenait Elrond. Celui-ci salua discrètement l'adolescente et elle lui rendit son salut avant de reporter son attention sur un saladier qui trônait non loin.
Le repas se passa sans problème jusqu'au moment où la carafe d'eau la plus proche fut vide. Glorfindel se proposa d'aller la remplir, mais la jeune fille tint à s'en charger elle-même. Un peu surpris, l'elfe la laissa le faire et celle-ci se leva afin de se rendre à une fontaine quelques mètres plus loin. En revenant, elle se pencha en avant pour déposer la carafe pleine et une mèche de ses cheveux glissa lui gênant le visage. L'adolescente eut donc pour réflexe de replacer sa mèche derrière son oreille afin que celle-ci ne trempe pas dans son assiette. Et comme à plusieurs reprises auparavant, ce geste pourtant simple eut un effet.
Le silence tomba sur toute la tablée et tous fixèrent la jeune fille qui s'était rassise comme si de rien n'était. Remarquant le calme peu naturel qui régnait, l'adolescente leva le nez de son assiette et vit que tous la regardait. Embarrassée la jeune fille tourna son regard vers Galadriel qui se trouvait presque en face d'elle, et celle-ci fit un léger signe de la tête. En réponse, Celeborn se leva.
- Nous comptions vous informer de la situation à la fin du repas, mais il semblerait que vous ayez tous remarqué ce qu'il s'est passé.
A cette annonce, tous les regard se tournèrent vers le Seigneur.
- Vous savez tous que notre fille Elaiano a disparu il y a douze ans maintenant.
A peine eut-il prononcé cette phrase qu'une vague de murmures se propagea parmi les dignitaires. Ils avaient tous entendu parler de ce qu'il s'était passé en Lothlorien, mais tous étaient surprit que le Seigneur Celeborn en parle. Ni lui, ni personne n'avait jamais abordé ce sujet sensible en public.
- De fait, par un heureux… concours de circonstances… elle nous est revenue.
Il invita alors la jeune fille à se lever, et, lui tenant la main, il déclara solennellement :
- Celle que vous avez tous connue comme étant Ondine, n'était autre que notre fille. Je vous présente Elaiano !
Un silence pesant accueilli l'annonce. Tous assimilaient à leur manière cette nouveauté et nul ne savait comment réagir. Voyant que personne ne disait quoi que ce soit, Elrond se leva à son tour et rompit le silence :
- Vous serez toujours la bienvenue à Imladris, Elaiano.
Cette formule eut pour effet de couper court au côté solennel de l'instant et tous saluèrent la jeune fille avant de reprendre le repas là où il s'était arrêté.
Attrapant une corbeille de fruits, Glorfindel dit à l'adolescente :
- C'est donc cela que tu voulais dire lorsque je t'ai dit que tu avais changé.
- Oui… Je suis désolée de ne pas te l'avoir dit directement.
- Il n'y a pas de mal. Cela doit être tout récent pour toi. C'est arrivé au cours de la nuit ?
- A l'aube.
- Ce n'est pas un hasard j'imagine, lâcha-t-il en mordant avec délice dans un fruit bien mûr.
- Non… répondit simplement l'adolescente ne voulant pas s'attarder sur le sujet.
Comprenant le message implicite de son interlocutrice, Glorfindel voulu détourner la conversation sur une note plus amusante.
- Comment dois-je t'appeler maintenant ? Ondine ou Elaiano ?
- Je n'en sais rien… C'est tout à fait nouveau pour moi.
- Peut-être préfères-tu que je t'appelle Ondaiano ou Eladine ?
Face à cette tentative de blague, l'adolescente pouffa de rire s'étouffant à moitié avec la pomme dans laquelle elle venait de croquer.
- Appelle-moi comme tu veux, mais je doute que mélanger les deux noms que l'on me donne soit la meilleure idée qui soit. En plus, tu ne vas pas les retenir !
- Ne me sous-estime pas… répliqua-t-il en rigolant à son tour.
- Il n'empêche… commença la jeune fille en reprenant tant bien que mal son sérieux. Tu ne sembles pas si perturbé que ça par ce… changement.
- Il m'a été possible de voir d'étranges choses au cours de ma vie. Et, j'avoue m'être légèrement douté que tu n'étais pas complètement humaine…
- Comment cela ?
- Il y avait des signes qui ne trompent pas… Ta bonne vue, ton habilité à l'arc et aux doubles-dagues, mais surtout… le fait que tu parles notre langue sans jamais l'avoir apprise auprès de quiconque. Car, comme tu le sais probablement, il n'y a que deux moyens permettant de savoir parler une langue. Soit on l'apprends auprès d'une personne, ce qui n'était apparemment pas ton cas, soit il s'agit de notre langue maternelle.
Face à la tirade de son ami, l'adolescente resta silencieuse. Maintenant qu'ils avaient toutes les clés en main, tout prenait sens et la multitude de détails et de questions sans réponses qui avaient accompagnées la jeune fille au cours de sa vie avaient enfin une explication.
Plongée dans ses pensées, l'adolescente n'entendit pas Glorfindel en rajouter une couche en parlant de la relation particulière qui l'unissait à Isilmë. Ainsi, lorsqu'elle arrêta de se concentrer sur le passé, elle fut très surprise de remarquer que le tueur de Balrog la regardait comme s'il attendait une réaction de sa part. Embarrassée et ne sachant pas quoi répondre, la jeune fille s'hasarda à un « oui » convaincu, croisant les doigts pour que ce soit la bonne réponse.
Mais, son ami éclata de rire et lâcha :
- Je t'ai demandé si tu préférais venir t'entraîner cet après-midi ou rester tranquille et tu me réponds oui ?
La jeune fille rougit et essaya de cacher sa gêne.
- Je te disais que je voulais bien venir m'entraîner. Je n'ai pas dit « oui » pour te demander de me laisser tranquille, ça aurait été trop méchant ! Et en plus, si je t'avais dit « non » tu te serais posé la même question et je n'aurai pas su quoi répondre. Mais en fait, ce n'est pas grave parce que ça m'intéresse, mais il faut d'abord que je me change, et puis le repas n'est pas fini. Mais oui, c'est super !
L'adolescente s'arrêta d'un seul coup et guetta la réaction de l'elfe. Celui-ci resta interloqué, cherchant à décoder et de démêler l'amas de paroles que venait de lui dérouler son interlocutrice inattentive. Comprenant qu'il n'avait aucune chance, il se contenta de demander :
- Et donc ? Tu es intéressée ?
- Oui !
- Je t'attendrais donc sur le terrain dans une heure…
- J'y serai.
Et la discussion s'orienta sur les différentes manière de prendre soin des chevaux et de l'utilité d'utiliser une dizaine de brosses différentes. Voyant la jeune fille et Glorfindel rirent aux éclats s'attirant des regards amusés de leurs voisins, Maglor se rembrunit et plongea le nez dans son assiette, se découvrant une fascination grandissante pour les pépins qui y traînaient.
Mais, au fond de lui, il sentit que quelque chose se brisait. C'était comme si on venait de lui porter un coup de couteau au cœur. Et chaque éclat de rire qui s'échappait de la bouche de son amie retournait lentement et douloureusement le couteau dans la plaie. L'insouciance de la jeune fille et sa nouvelle apparence avaient définitivement fait chavirer le cœur du fëanorion et la voir heureuse sans pouvoir y contribuer, le rendait malade. Après tout, il l'avait en quelque sorte repoussée un peu plus tôt dans la journée. Il avait prit peur et avait mal réagi. Maintenant, il en payait les conséquences, et l'adolescente ne faisait plus du tout attention à lui. Lui qui l'avait supportée et accompagnée durant près d'un an. Mais, bien qu'il ait été son seul repère dans ce monde pendant un certain temps, cela il en était conscient, elle prenait maintenant son envol et il restait là, laisser pour contre, à nouveau seul. Et s'il se trouvait à nouveau dans cette situation, il en était le seul responsable. Le cœur en miette, Maglor se leva, et sans un regard pour les autres dignitaires qui lui jetèrent des regards scandalisés, il s'en alla.
Et, en s'éloignant, les voix provenant de la tablée s'estompèrent. Pourtant, la dernière chose qu'il lui sembla entendre fut le doux rire d'Ondine, ou Elaiano à présent. Enfin, tout s'éteignit et seul les sons de la nature purent atteindre ses oreilles.
Sans trop réfléchir, le fëanorion retourna à la chambre où il avait séjourné tout ce temps, rangea le peu d'affaires qu'il possédait, prit de l'eau et des provisions, et se rendit aux écuries. Sur place, il parcouru les allées, passant devant des dizaines de chevaux sans se décider. Alors qu'il était sur le point de choisir une jument alezan, une voix l'arrêta :
- Tu devrais plutôt prendre Duilwen.
Se retournant, Maglor remarqua Elrond debout à l'entrée de l'écurie, tenant par le licol un cheval à la robe noire mouchetée de points blancs.
- Ne cherche pas à m'empêcher de partir, le mit-t-il en garde. J'ai pris ma décision.
- Ce n'était pas mon intention. Je te connais depuis longtemps… Lorsque tu as une idée en tête, il est impossible de te faire changer d'avis. Et même si je désapprouve ton départ, je doute réussir à te faire rester.
- J'aurai juré que tu n'étais pas ravi de me voir…
- Tu as beaucoup changé depuis la dernière fois que je t'ai vu, père.
- Je t'ai simplement élevé… Tu sais très bien que je ne suis pas ton père, répliqua Maglor en flattant l'encolure de l'animal que tenait fermement Elrond.
- Tu as été ce qui s'en rapprochait le plus… répondit ce dernier en faisant demi-tour et se dirigeant vers une esplanade non loin. Où comptes-tu aller ?
- Là où le vent me portera.
Puis, prenant la bride, il enfourcha le cheval et se hissa en selle.
- Ondine ne comprendra probablement pas la raison de mon départ… Dites-lui simplement que je ne l'oublierais jamais et que je reviendrais à elle lorsque le temps sera venu.
- Je lui transmettrai… Y a-t-il autre chose ?
- Veille sur elle. Je ne pourrais supporter qu'elle soit blessée ou… tuée.
- Elle est en sécurité à Imladris.
Maglor acquiesça d'un signe de tête et fit pivoter sa monture pour l'orienter vers un chemin de terre qui quittait la cité cachée. D'une pression sur ses flancs, il intima à Duilwen, puisqu'il s'agissait là du nom du cheval, d'avancer. Alors qu'il s'éloignait au pas, il entendit Elrond lui dire :
- Tu seras toujours le bienvenu ici. Reviens moi, mais si tu ne reviens pas pour moi, au moins…
Le cheval passa au trot et la fin de la phrase du Seigneur de la cité s'envola dans les airs, mais Maglor fut certains que celui-ci avait ajouté :
- Reviens pour elle. »
Ainsi, les yeux fixés sur le chemin qui s'étalait devant lui, le fëanorion se pencha sur l'encolure du cheval et, laissant Fondcombe derrière lui, il s'en alla vers l'ouest. Il ne savait pas jusqu'où il irait, ni pourquoi. Mais il s'y rendrait. Il avait rendez-vous avec son avenir, un rendez-vous, par-delà l'horizon.
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A plus tard Maglor ! *range son mouchoir* Pas de panique ! Il reviendra !
Pour un petit point d'elfique, Duilwen veut dire rivière fraîche (on remerciera les sites de traductions en Sindarin).
Et pour ceux/celles qui se demanderaient, la dernière phrase est un clin d'œil à Pirate des Caraïbes. Ne me demandez pas quel film, je n'en sais rien... Mais c'est la dernière réplique (je l'ai un peu arrangée) de l'un des films. Voilà...
Bref... j'espère que ce chapitre un peu triste (sur la fin) vous aura plu !
En attendant, à la prochaine !
