Chapitre 28

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- Chuis en pause, vous lui lâchez sans bouger de votre place, je te le passerai après.

Un instant plus tard, vous sentez quelque chose heurter le sol à côté de vous en vous frôlant l'oreille au passage.

- Oh, fait la voix fâchée d'Hijikata – vraiment, il monte dans les tons à une vitesse, aucune maîtrise de soi – tu crois que je vais te regarder pioncer pendant encore combien de temps avant de pouvoir bosser ? Alors tu lèves ton cul et tu vas me chercher ce dossier maintenant, tu sais bien que c'est urgent !

Vous lâchez un profond bâillement. C'est foutu pour votre sieste et pour le beau rêve que vous faisiez, celui qui impliquait le badge de vice-commandant en votre possession, ce badge allant de pair avec un trône sur lequel vous avez votre cul et dont un des accoudoir vous sert à faire reposer votre bazooka dont vous harceliez vos victimes qui se dispersent en poussant de petits cris comme une volée de moineaux sans pouvoir quitter la pièce.

- Bien, répondez-vous pour faire mine de céder, je vais aller te chercher ton dossier si c'est si important...

- Merci.

- … Par contre, vu que je suis supposé être en pause, je vais devoir rattraper le temps que tu me prends. Et me les faire payer en heures supplémentaires.

Le connard de vice-commandant ne répond pas tout de suite, et si ce n'était pas pour ménager votre effet, vous seriez bien tenté de soulever votre masque pour voir la tête qu'il fait en ce moment.

- Mais bien sûr, répond alors sa voix chargée de sarcasme, déduis donc, mais avant de passer au réclamation, je vais me permettre de soustraire toutes les heures où le phénomène inverse se produit, à savoir que tu glandes au lieu de travailler. À ton avis, le résultat final sera à ton avantage ou pas ?

- Aucune idée, répondez-vous, peu impressionné. Je te laisse faire le calcul et tu me diras le résultat, d'accord ?

- Non mais, tu crois que je n'ai que ça à foutre que de faire des additions ?

- Je pense que même toi, tu devrais avoir le niveau d'études pour ça. Et les bons comptes font les bons amis.

- Je ne suis pas ton ami... !

- Oh, ça c'est méchant, geignez-vous en feignant d'être profondément blessé, une main sur le cœur.

- … En ce moment, je suis ton supérieur et je te donne l'ordre de me donner ce foutu dossier ! Il ne me semble pas que je sois spécialement tyrannique sur ce coup-là !

- C'est pire que ça... Un tyran respecterait au moins le règlement qu'il a lui-même mis en place, comme le temps de pause de ses collègues. Toi, tu te torches allègrement avec. Tu es une insulte au Kyokuchou Hatto.

Vous l'entendez se relever d'un bond à ces mots, et sentez à défaut de le voir une lame de katana menacer votre cou à quelques centimètres de distance.

- Répète un peu ça !

- Je dis que tu es une insulte au Kyokuchou Hatto. Et à la mayonnaise.

Vous avez quasiment fini d'estimer le mouvement par lequel vous pourrez rouler sur le côté, saisir sa cheville et l'étaler au sol le tout en aveugle, mais vous êtes interrompu dans vos calculs par le bruit de la porte de la salle de repos en train de s'ouvrir.

- Bonjour vice-commandant, bonjour cap... euh... Je dérange, peut-être ?

- Qu'est-ce que tu fiches là ? grogne Hijikata à l'inspecteur que vous pouvez voir prudemment immobilisé dans l'entrebâillement de la porte, vu que vous vous êtes décidé à relever votre masque de sommeil.

- Je cherchais juste un truc, vice-commandant, mais, euh... Je repasserai plus tard...

- Une seconde, le rappelle Hijikata alors que vous en profitez pour vous éloigner de lui et vous relever en rajustant votre uniforme, à tout hasard, tu n'aurais pas gardé une copie du dossier sur lequel cet imbécile et toi avez travaillé, que je le fasse tout recommencer devant moi ?

Ah, apparemment il vous soupçonne de ne pas avoir fait votre travail. Une erreur. Compréhensible, mais une erreur quand même.

- Euh... Vous parlez de celui que le capitaine Okita a mis dans votre casier hier ?

- Quoi ! explose-t-il en se retournant, se rendant alors compte que vous êtes maintenant debout et hors de sa portée. Il est dans mon casier ? Mais ça servait à quoi encore, tout ton cirque ?

- À t'enseigner à vérifier ton casier plus souvent, répliquez-vous en vous dirigeant vers la porte d'où Yamazaki eut la sagesse après avoir gâché votre jeu – certes sans le faire exprès – de s'écarter du chemin. Sur ce, puisqu'on a pas besoin de moi ici, je retourne à ma pause.

- Attends un peu, enfoiré !

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Sans l'écouter, vous quittez rapidement la pièce. Vous prenez le chemin de vos quartiers, au chapitre 34.