Bonjour/bonsoir à tous !

J'imagine sans difficulté qu'après ma longue absence, nombre d'entre vous ont abandonné l'idée de voir cette histoire mise à jour. A cause d'un mélange de projet personnels plus centrés sur le dessin, de travail et de manque de motivation (cela fait quand même quelques années que je publie cette fanfiction), cela doit faire six mois que je n'ai pas publié la suite.

Néanmoins, la voici enfin, je me doute que vous avez depuis perdu le fil alors n'hésitez pas à relire les 2-3 chapitres précédents, ou si vous n'en avez pas la motivation, de me poser des questions par le biais de reviews ou messages privés.

Avec ce chapitre j'ai complètement franchit une des limites que je m'imposais dans le projet de base. Je n'en dis pas plus, je pense que vous identifierez sans mal cet élément.

Sur ce, je vous souhaite une agréable lecture ^^.


Link et l'étrange Dame atteignent la sortie de la Citadelle…

Je ne savais pas quoi dire depuis qu'elle se trouvait à mes côtés, elle à cheval et moi à pied. A la manière dont les gardes s'étaient adressés à elle je devinais qu'elle était de famille noble. Chose qui ne me facilitait pas le fait d'oser m'adresser à elle. Les gardes nous saluaient tandis que nous sortions de la Citadelle, ou du moins saluaient surtout cette grande dame. J'étais persuadé au fond de moi qu'elle était d'un autre monde, mais n'osais pas poser la question, si je me trompais je ne voulais pas en recevoir en retour sur ce sujet, son Altesse serait furieuse.

Je n'eus pas besoin de m'approcher d'Epona qu'elle vint à moi en trottinant et en mettant sa tête entre mes bras, elle réserva le même accueil à la Dame dont la gestuelle dégagat une certaine gêne. Ma jument ne réagissait jamais ainsi avec des inconnus, voici qui en rajoutait un peu plus au mystère. Une théorie commençait à se former dans mon esprit, mais cela me semblait plutôt être une hypothèse fragile saupoudrée d'illusion. Je remarquai immédiatement que des affaires manquaient dans la sacoche, et pourtant ma chère jument n'avait pas l'air de s'être battue, ce qu'elle aurait fait si de quelconques pilleurs avaient essayé de voler quoi que ce soit. Le seule chose dont j'étais sûr était que ce n'était pas la cause de la Dame, au contraire elle semblait à ma plus grande incompréhension avoir quelques affinités avec ma jument, et puis, je ne voyais pas en quoi elle en aurait besoin, il lui suffisais de claquer des doigts pour obtenir quoi que ce soit.

Je regardai encore, c'étaient les livres qui manquaient à l'appel, et alors tout devint clair. Une seule personne aurait besoin de ces livres, une seule personne pouvait ainsi approcher Epona. Aria était passée par là, je ne pouvais dire qu'il s'agissait là d'une vérité, cependant j'en étais persuadé.

Je ne faisais part d'aucune de mes pensées à celle que j'escortais et réajustais la selle avant de monter, le tout en silence.

Je plaçais ma jument derrière elle durant le trajet, non seulement pour protéger ses arrières mais surtout parce qu'elle seule connaissait notre destination. Je laissais mon corps se faire bercer par la démarche de ma monture et mon regard se perdre en un point lointain et fixe. Mon esprit n'était à présent plus du tout encré dans la réalité et mon corps seul se chargeait de me maintenir en selle. Je me fichais en cet instant de savoir où l'on m'emmenait puisque mon avis là-dessus ne changerait rien. Tout avait été depuis quelques semaines si intense, je ressentais à présent le besoin de me recueillir en moi-même, cette fois non pas en me plongeant dans des théories complexes mais dans des souvenirs agréables. Oui, penser à mon heureux passé placé sous la bénédiction de l'innocence, bien avant que je n'eus à me confronter à mon rôle d'élu divin.

Je cessai de voir le ciel bleu pale d'Hyrule pour retrouver au-dessus de ma tête la lumière du jour se faufilaient entre les feuilles d'été. Je transpirais un peu mais cela était compensé par un doux vent frais. Allongé, les bras croisés sous la tête avec l'herbe sauvage qui me chatouillait l'arrière du crâne, j'accordais toute mon attention aux bruits alentours. Un insecte volant, le mouvement de l'étang, une voix familière, Iria, elle me parlait mais je ne m'intéressais pas vraiment à ce qu'elle disait. Sa seule présence m'était réconfortante et cela m'étais amplement suffisant. En bref, un bienheureux après-midi d'été qui ressemblait à tant d'autres.

Tout d'un coup elle s'exclama :

« Link ! La ligne ! Elle bouge ! »

Il était vrai que nous étions en train de pêcher ! Je relevai d'un coup mon corps de garçon de dix ans pour aider mon amie à tirer la canne à pêche. Le poisson devait être très gros étant donné la résistance qu'il nous opposait, la récompense n'en serait que meilleure. J'espérais seulement qu'il ne briserait pas la canne à pêche ou bien le père d'Iria nous tirait les oreilles à tous les deux. Sa mère venait tout juste de partir pour la Citadelle, là-bas ces compétences de couturière étaient arrivées jusqu'à la reine qui avait requit ses compétences pour une tapisserie particulièrement complexe. Nul ne savait quand est-ce qu'elle reviendrait, mais il était sûr que sa fille et son mari se languissaient déjà de sa présence. Elle nous avait promis de nous ramener des morceaux de chocolat, douceur coûteuse importée des royaumes voisins. Pour cela je me faisais moi aussi impatient de son retour.

Après maintes efforts nous réussîmes enfin à extirper le poisson de l'eau, il nous retomba dessus, nous faisant tomber à la renverse.

« Iria arrête de rire et aide moi à le maîtriser ! » En effet le monstre me gigotait dessus dans l'espoir de regagner à nouveau l'eau. Elle attrapa du mieux qu'elle pu son corps glissant entre ces deux mains et j'en fis de même un fois assis. Nous nous relevâmes en même temps, notre prise calée entre nos bras, et courûmes aussi vite que notre charge nous le permettait vers sa maison, oubliant la canne à pêche qui était tombée dans l'étang et la remontrance qui irait avec. Arrivés, Iria toqua frénétiquement à la porte tandis que je dansais d'une jambe sur l'autre d'impatience, nous ne pouvions retirer le sourire fier qui ornait nos visages. Bohdan nous ouvrit et afficha une expression ravie en voyant notre butin :

« Hé bien, il y a de quoi faire un repas pour tout le village ! Allons entrez ! Vous pouvez le poser sur la table, mais pas avant que j'y ais mis un torchon. »

Nous nous avançâmes jusqu'à la table et attendîmes qu'il pose le tissu dessus. Elle était un encore un peu trop haute pour nous, et le poisson trop lourd, si bien que nous eûmes du mal à hisser notre prise dessus, prise qui semblait avoir déjà rendu l'âme. Bohdan se saisit d'un long couteau et commença à la découper, nous restâmes là, curieux bien que ressentant un peu de dégoût en voyant ses organes, nos émotions se lisaient sur nos visages. Il nous demanda de ramener divers ingrédients, des légumes, des herbes, du sel, de l'huile.

« Comment est-ce que tu vas le cuisiner papa ?

-Vous verrez bien ce soir ! Retournez donc là-bas me chercher la canne à pêche. »

Nous acquiesçâmes et sortîmes en courant, oubliant le fait qu'elle se trouvait à présent au fond de l'eau. Le changement de luminosité me fit mal à la tête et m'étourdit quelques instants, si bien que mon amie avait déjà disparue de mon champs de vision. Ce n'était pas très grave, je savais où elle se rendait. Mais une voix m'arrêta.

« Garçon ! »

Je me retournai pour reconnaître le postier qui, plus que soucieux de faire bien son travail, parcourait Hyrule en long et en large afin de permettre à tous de communiquer malgré la distance. Je m'avançais vers lui alors qu'il me tendait une lettre, je me pointais du doigt, cela m'était-il destiné ? Il secoua la tête de droite à gauche.

« Non, cette lettre est destinée au chef de ton village. Je pense que tu sais mieux que moi où il se trouve, pourrais-tu la lui apporter ? »

J'acquiesçai la tête et il repartit, satisfait d'avoir porté cette lettre à destination. Iria pourrait bien attendre le temps que je fasse le trajet. Je retrouvai son père occupé à mettre du bois dans le feu, il se retourna lorsque j'entrai et sembla comprendre l'objet de ma présence puisqu'il me demanda directement :

« C'est pour moi ?

-Oui. » Répondais-je timidement en lui tendant la lettre.

Il me remercia et déchira le papier fermé par un sceau qui m'avait à ce moment là semblé être d'une origine très noble, je savais maintenant avec le recul qu'il s'agissait d'une lettre de l'État.

Ce fut la première fois et dernière fois que je vis Bohdan pleurer. La mère d'Iria ne reviendrait pas de son voyage.

Bien sûr on ne me l'avait pas dit tout de suite, ni à mon amie d'ailleurs. D'abord nous fûmes interpellés par les mines graves des adultes, quelques jours plus tard je retrouvai Iria pleurant dans la forêt de Fironne. La nouvelle me fut étrange car à la fois je savais pertinemment que quelque chose de grave s'était passé mais je n'avais à la fois pas conscience de quelle manière cela allait balayer notre quotidien. Le deuil prenait le pas sur l'insouciance et sans pleurer je me retrouvais néanmoins perdu, consolant Iria avec des mots à mon sens vides que les adultes disaient tout le temps quand ce genre de chose arrivait. Je ne pouvais plus envisager l'avenir, seulement un doux passé résolut.

J'essuyais mes yeux pour stopper les larmes naissantes. L'intérêt en ce moment même de ce souvenir douloureux ne se trouvait pas directement en ce dernier, mais lorsque enfin Bohdan avait bien voulu nous confier les raisons de la mort d'Iria, enlevant un véritable poids et mystère du cœur de mon amie.

La place de la ville m'avait toujours semblé relativement neuve contrairement au reste de la Citadelle, et c'était le cas, puisque dix ans auparavant celle-ci s'était effondrée, engloutissant une trentaines de personnes. Sous celle-ci on avait découvert une immense salle souterraine contenant un immense portail inachevé, ceux qui étaient descendus chercher les corps et d'éventuels survivants parlaient de murs entiers gravés de fresques étranges. L'armée avait rapidement clôturé la zone, empêchant les habitants d'en savoir plus et on ignorait qui avait bien pu en quelques mois reconstruire la place, cette fois en s'assurant que le sol, ou plafond de la salle, n'aurait plus aucune chance de s'écrouler encore. Toutes les questions des habitants, pourtant légitimes, n'avaient jamais connu de réponse et ils avaient dû se contenter d'un silence qui les rendaient amer lorsqu'on abordait le sujet.

Il semblait évident qu'étant la capitale du Royaume depuis des siècles, la Citadelle était très bien connue du pouvoir, alors comment une telle catastrophe avait-elle pu se produire ? Pourquoi s'étaient-ils refusé de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de ceux qui passaient sur la place la plus fréquentée d'Hyrule ?

Nombreux avaient tentés de s'y rendre depuis les égouts par la suite mais n'avait jamais rien trouvé, on en avait conclu que la salle avait été entièrement rebouchée. Bohdan n'avait cessé de chercher des informations là-dessus et nous tenait au courant, moi et Iria, je crois que je fais un peu parti de leur famille. Mais depuis quelques années les nouvelles là-dessus s'étaient taries, et il n'en parlait plus à présent, s'était-il résigné à ne jamais obtenir de réponse ?

Il faudrait qu'un jour je finisse cette tâche.

Je quittai mes pensées pour tenter à nouveau de deviner où nous allions, il semblait que nous prenions la direction de la Montagne de la Mort. La Dame se tenait toujours aussi droite sur sa monture, lui donnant un effet d'autant plus noble, tandis que j'avais le dos courbé sur la mienne, tel un vulgaire palefrenier. Je redressai aussitôt ma colonne vertébrale et donnai un coup de botte léger à Epona pour lui indiquer de rattraper notre retard. Je ne savais pas si mon long silence avait bien été perçu. Appréciait-elle le fait que je la laisse tranquille ou bien au contraire se sentait-elle offensé par mon manque d'attention à son égard ? S'il s'agissait du premier cas, lui adresser la parole pourrait la contrarier, au contraire si je me trouvais dans la seconde situation, alors il était urgent que j'entame une conversation. Je fis signe à Epona de me mettre à sa hauteur et guettais la réaction de cette étrange femme, elle tournait légèrement sa tête vers moi, mais bien sûr à cause de son masque je ne pouvais nullement connaître ses sentiments. J'étais intimement persuadé de la connaître mais n'en avait pourtant aucune preuve. Pendant un long moment j'étais divisé entre mon regret de ne pas réussir à lui adresser la parole et la peur d'échouer à trouver un bon sujet de conversation. C'est alors que nous nous trouvions dans un passage étroit menant au morceau de plaine fendu par un abîme que je devinai notre destination, d'ici la seule issue possible me semblait être le village Cocorico. Si je devais commencer une conversation, ce serait maintenant ou bien alors je raterais le créneau.

Finalement, je prenai une grande respiration :

« Désirez-vous quoi que ce soit ma Dame ? Peut-être voudriez-vous vous arrêtez, cela fait longtemps que nous sommes en route. »

Elle éclata de rire et je me trouvais en pleine confusion, je sentais ma honte me monter aux oreilles et aux joues. Elle rapprocha sa monture de la mienne et souleva légèrement son masque, me révélant partiellement son visage. Impossible ! Sa main rattrapait ma bandoulière alors que j'étais sur le points de tomber d'Epona.

« Mi-

-Oui ?

-Mido-

-Pourquoi tant d'hésitations ? Ma beauté te foudroie t-elle à ce point ?

-Midona ! »

Elle éclata de rire de plus belle et je fis de même. Un puissant sentiment de soulagement et de joie me parcourait, elle allait bien et je l'avais retrouvé ! Ou plutôt c'était elle qui était venue à ma rencontre. Je crois bien que si je n'avais pas été à cheval je l'aurais prise dans mes bras, qu'importe si cela ne sied pas à une princesse et un héro Loup. Je tentai de parler mais la surprise m'empêchait de former une seule phrase compréhensible. Elle semblait néanmoins connaître déjà la teneur de mes questions, assez prévisibles en toute honnêteté, et y répondit avant que je n'arrive à parler correctement.

« Je sais ce que tu te dis Link. Qu'est-ce que je fais là et surtout comment. » Elle me regarda pour que je confirme la justesse de ses propos, ce que je fis.

« Hé bien, j'espérais ne plus jamais avoir à revenir ici. Ne fais pas cette tête ! Tu as très bien compris pourquoi ! Les retrouvailles de nos deux mondes ne se font jamais dans de bonnes conditions. Je n'ai rien contre toi, je suis même persuadé que tu t'es morfondu en mon absence. »

J'aurais aimé répliquer d'un petit coup de poing réprobateur dans l'épaule, mais en cet instant j'étais plutôt au bord des larmes.

« Et puis... »Continua t-elle, l'air un peu coupable.

« Ce monde et les amis que j'ai pu m'y faire me manquaient, je dois l'avouer…

-Fais-je parti de ces amis ? »

Elle tourna son visage que je devinais rieur malgré le masque remit en place et répondu :

« A ton avis ?

-Hum, je vais prendre ça pour un oui.

-Et tu as raison.

-Cela n'explique toujours pas-

-J'y viens. » Elle pris une grande inspiration.

« Malgré le fait que sans le miroir nos mondes ne puissent se rejoindre, ils restent toujours d'une certaine manière liés l'un à l'autre. C'est par ce fait que la princesse Zelda avait pressenti sans vraiment comprendre pourquoi la montée en puissance de Ganonforf-

-Elle savait qu'il reviendrait ? »

Elle sembla un peu déstabilisée par le fait que je lui ai coupé la parole mais s'en remit vite :

-Je ne dirais pas cela comme ça, elle devait seulement savoir que quelque chose de grave allait arriver, rien de plus. J'ai ressenti cette même étrange sensation, et quelques jours plus tard on me ravissait le trône… Il y a peine un mois cela m'est encore arrivé, mais cette fois je me suis préparée, j'ai déployé mon armée dans tous les points sensibles. Le miroir a beau être brisé j'ai à mes dépends appris à ne jamais sous-estimer mes ennemis.

-Midona ! Il est venu dans ton Royaume !

-Je le sais, je pensais qu'il viendrait s'en prendre directement au pouvoir mais…

-Mais ?

-Je savais sa présence mais il ne venait pas au palais, j'étais dans la plus grande des confusions, jusqu'à que l'on m'apprenne qu'un vieux monument avait été pillé. Peu de morts, mais des objets de grande valeur volés. »

Ses mains serrées sur les brides tremblaient de rage. J'essayai de lui adresser une expression aussi empathique que possible.

« Quels types d'objets ?

-Je suis désolée Link mais il y a des choses dont même à toi je ne peux pas parler. Sache juste qu'il faut absolument les récupérer.

-Les choses n'évoluent pas... »

Je sentis ses yeux fixer les miens.

« Midona, désolé, mais je peux pas laisser les choses se dérouler comme ça une fois de plus.

-Que veux-tu dire ?

-La dernière fois j'ai couru après tes fragments, ne demandant pas plus d'informations que tu m'en donnais, mais personne ne me disait vraiment la réalité. Je me suis senti utilisé par tous, autant les déesses que toi ou la princesse. Je veux savoir ce pour quoi je mets ma vie en danger cette fois. »

Elle passa une main pensive sur l'extrémité de son masque avant de continuer :

« Je ne peux te refuser cela après tout ce que tu as fait pour moi et mon peuple.

-J'aurais préféré que tu m'accordes cela en tant qu'ami.

-Je le fais aussi. »

Elle posa une main sur mon épaule et je tressaillis, j'ignore pourquoi. Elle la retira pour continuer, mais je sentais encore sa pression comme si elle était toujours là.

« On ne sait pas vraiment d'où venaient ces fragments, mais on pense connaître leur fonction. Ils sont emprunts d'une puissante magie, un tel niveau de concentration ne peut avoir que deux buts.

-Lesquels ?

-Une arme, ou un outil de téléportation, ici un portail.

-Un portail ? Vers notre monde, le monde de la Lumière ?

-Cela reste à découvrir. Mais j'espère bien que tu seras une fois de plus à mes côtés, serviteur. »

Je pris une mine renfrogné et elle rigola derrière son masque.

« Heureusement que je te connais ou bien je l'aurais bien plus mal pris.

-Justement, j'en profite, je n'ai personne à embêter au Crépuscule. »

Nous traversions à présent le portail menant à Cocorico, mes hypothèses se confirmaient. Je lui demandai pourquoi nous nous rendions ici, elle me répondit simplement que je verrai en temps voulu. Je voulus riposter en appuyant le fait que je n'accepterai plus de vérité cachée, mais elle sembla me devancer et ajouta qu'il était nécessaire que je vois cela de mes propres yeux pour le comprendre, et surtout le croire pleinement. Je ne répondais pas, espérant qu'elle disait vrai. De toute façon elle aurait besoin de moi pour demander quoi que ce soit aux habitants. Cocorico étant le seul point de passage vers la Montagne de la Mort ils s'appliquaient à être les témoins de tous ce qui s'y passait. Dans ce cas comment pourraient-ils accorder leur confiance à une femme qui ne laissait pas entrevoir un centimètre de sa véritable identité ? D'autant plus que par contraste ils me faisaient confiance, je serai alors un interlocuteur indispensable.

L'air était plus chaud et sec et je commençais à désagréablement transpirer, alors je ne voulais même pas imaginer l'état de Midona sous ses épais tissus et son masque.

Elle laissa sans que je ne m'en rende compte ma monture la dépasser, ce qui en disait long ce qu'elle attendait de moi. Néanmoins cela ne me prit pas au dépourvu étant donné que je m'y attendais. Restait que je ne savais pas où aller.

« Ma Dame... » Je ne pouvais plus l'appeler par son vrai nom maintenant que des oreilles attentives nous écoutaient sûrement.

« Rendons nous au cimetière, j'ai quelque deuil à y faire. » Puis plus bas pour que moi seul l'entende : « Pas vraiment en fait, mais tu verras. Si nous pouvions éviter d' avoir à parler aux habitants.

-Bien sûr, ma Dame. »

Je me redressai sur ma monture en prenant un air d'homme chargé d'une grande et secrète tâche, ce qui était probablement le cas. Je vis quelques regards curieux mais personne n'osa me déranger, ma pose faisait son effet. Néanmoins cela ne signifiait pas qu'une fois cette tâche accomplie on ne me ferait pas crouler sous le poids des questions.

Nous traversâmes le village au pas avant de nous enfoncer sous l'arche de pierre menant au cimetière. Elle descendit de sa monture tout en gardant la bride en main et je fis de même. Elle s'approcha d'une tombe et dit :

« C'est ici. »Il y avait pourtant une certaine confusion dans sa voix.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? »

« Il manque quelque chose, j'ai été guidée par l'aura du réceptacle, mais la partie la plus importante n'est pas dedans, elle est proche de nous, mais pas ici.

-Je t'en prie, soit claire.

-Tu en as déjà marre d'attendre ? »

Mon regard lui indiqua que oui.

« Sous cette tombe se trouve un corps Twili scellé, prêt à être réutilisé grâce à des sorts de conservation, mais l'âme qui l'habitait n'y est plus.

-Peut-être cette âme n'est plus.

-Si c'était le cas le corps se serait décomposé et je ne me serais pas embêtée à venir jusqu'ici.

-Retrouvons-le dans ce cas. Ça ne devrait pas être si difficile, non ?

-Pour une fois ça ne le sera pas. Mais sache que je ne saurais pas être aussi précise qu'avec le corps. Je compte sur toi pour m'aider.

-Bien sûr. Après qu'est-ce, si ce n'est les trois quarts du travail.

-Hé je sais ce à quoi tu fais référence ! Tu as tort de me croire inchangée, petit loup. » Elle souleva brièvement son masque pour me laisser voir son grand sourire moqueur. J'avais le don de fréquenter des personnes à l'humour irritant, ou bien alors j'étais trop gentil avec ces dites personnes.

Nous attachâmes nos chevaux à un arbre quasiment mort et nous redirigeâmes à pied vers le village, le fait qu'elle soit plus grande que moi me faisait une drôle d'impression, j'étais encore habitué à la petite démone qui flottait autour de moi ou se cachait dans mon ombre.

«C'est cette maison là. » M'indiqua t-elle d'un rapide coup de menton, la demeure semblait inhabitée depuis des mois.

« Es-tu au moins sûr que la porte n'est pas fermée à double tour ?

-C'est très probable, mais ce ne sera pas un problème.

-Comment ça ?

-Ne sois pas si impatient de découvrir mes tours .

-Très bien, je vais surveiller la rue dans ce cas. S'ils nous voyaient en train de-

-Parfois l'évidence est telle qu'il ne sert à rien de parler Link. »

Je n'avais même plus le courage de m'indigner à force. Elle s'approcha de la prote et courba sa grande silhouette drapée avant de retirer un gant et de poser une main sur la poignée apparemment fermée. Je me retournai et promenai sans relâche mon regard sur chaque recoin du village. Je vis au loin quelqu'un quitter le magasin de Balder pour emprunter la sortie du village en direction des Plaines. A mon grand soulagement il ne pensa même pas à jeter un regard dans notre direction. Je prenai le risque de jeter un coup d'œil à ma partenaire, les tatouages de sa fine main étaient plus brillants qu'habituellement et je voyais un léger flux bleu pénétrer la serrure. Je n'eus même pas le temps de me remettre à ma place que j'entendais le léger « clic » qui nous assurait de la réussite de notre entreprise.

« Passez devant monseigneur. » Dit-elle d'une voix taquine.

Je ne relevais pas son amicale pique et entrai, à ma grande surprise les lieux semblaient avoir récemment été nettoyés, alors même que depuis toujours j'avais vu cette maison vide d'habitants. Était-ce la personne que recherchait Midona qui avait tout remit en état ? J'aurais peut-être dû glander quelques informations auprès des habitants avant de directement entrer par effraction. Enfin, c'était plus elle que moi qui avait décidé de cette action…

Le rez-de-chaussé composé d'une seule salle commune était vide, je posai donc mon regard sur les escaliers. J'entendis Midona refermer délicatement la porte, je me retournai vers elle pour connaître la marche à suivre, elle inspectait minutieusement les lieux malgré le fait qu'il semblait impossible que quelqu'un se cache ici.

« Le corps est tout près, mais je ne sais pas exactement où. Va vérifier l'étage, ne ménage pas le moindre recoin.

-Pourquoi ne viens tu pas avec moi ? »

Elle tapa du pied et cela sonna creux.

« Un sous-sol…

-Oui, et il faut que j'en trouve l'accès. »

Je soupirai, si elle était si sûr que son but se trouvait sous nos pieds, je me demandais bien pourquoi elle m'envoyait à l'étage. Mais après tout rien ne garantissait que l'on trouverait quoi que ce soit d'intéressant en dessous.

L'étage lui était encore poussiéreux, je dus me pincer le nez en ouvrant la première porte à cause de la poussière. Je ne trouvai que des chambres vides, j'avais beau me pencher sous les lits, tâter les matelas et ouvrir les placards, rien. Je tendis quelques instant mes oreilles à la recherche de quelque bruit suspect mais ne recevais que la réponse du bois grinçant et du vent soufflant dehors. Enfin, cela ne dura qu'une poignée de secondes puisque…

« BAM! » Je descendis aussi vite que mes jambes me le permettaient. Trébuchant à la dernière marche et m'étalant de tout mon long, je relevais la tête rapidement malgré la douleur sonnante. Devant moi, une silhouette drapée retenait dans ses grand bras une enfant aux cheveux noirs et au yeux verts brillants.


J'espère que vous aurez apprécié ce chapitre, à la base Midona ne devait jamais apparaître en personne, mais plusieurs lecteurs semblaient attendre à ce qu'elle apparaisse, donc la voici. C'est un peu tard dans l'histoire mais je ne vois pas comment elle aurait pu venir en toute logique sans que son Royaume ne soit directement menacé.

A propos de la mère d'Iria, je me suis toujours posé des questions sur ce personnage étant donné que l'on n'a pas la moindre information sur elle dans le jeu. J'ai décidé d'inclure ma version de sa mort (qui a un lien certes indirect mais sûr avec l'intrigue).

Je me dois de remercier ceux qui prennent la peine de me lire malgré mon irrégularité flagrante.

Voici tout ce que j'ai à dire, je ne peux pas donner de date de sortie du prochain chapitre, en espérant que je sois cette fois un peu plus rapide...