Hello :)
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira ^^
Je vous souhaite un joyeux réveillon et une merveilleuse nouvelle année :)
Bonne lecture !
Chapitre Vingt-Huit
6 décembre 1979
Lorsque James s'éveilla, le soleil avait avait disparu pour laisser place à une aube grise et menaçante. Le paysage défilait rapidement, ce qui ne l'empêchait cependant pas de distinguer le lent mouvement des arbres qui bordaient la route. Quelques traces de neige subsistaient sur la chaussée, mais il aurait été plus juste de dire que l'atmosphère était pleinement automnale. Il n'y avait qu'à observer les cimes des plus hauts sapins disparaître dans la brume pour s'en convaincre. Le jeune homme observa un moment la route, avant de jeter un coup d'oeil à sa montre.
_ Tu veux que je te remplace ? Demanda-t-il finalement, en se tournant vers Lily. Il est onze heures, tu dois être épuisée.
La jeune femme secoua la tête, le regard rivé sur la route. L'itinéraire que leur avait fourni Alastor fourmillait de détours et de déviations. Alors qu'ils auraient pu être chez eux en moins de deux heures, moins d'une minute s'ils avaient pu transplaner, ils allaient très certainement passer la journée sur les routes britanniques. Dans son rétroviseur, elle distinguait la seconde voiture, celle qui contenait Remus, Sirius et Peter. Le premier était au volant, tandis que les deux autres somnolaient, exactement comme James quelques minutes plus tôt. Leur petit déjeuner dans une boulangerie londonienne n'était plus qu'un lointaine souvenir.
_ Encore une demi-heure, le temps de passer dans le Sussex, et on s'arrêtera si tu veux, proposa Lily, après avoir jeté un rapide coup d'oeil sur la carte, évaluant la distance qui leur restait à parcourir.
James poussa un profond soupir en s'adossant de nouveau au siège, de manière plus confortable. Le ronronnement de la voiture, le défilé qu'offraient les paysages, tous les éléments semblaient s'accorder pour l'inciter à somnoler de nouveau. Mais bientôt, un léger sentiment de malaise s'empara de lui. Il ne l'avait pas ressenti en quittant Londres, les routes bordant la capitale ayant connu un meilleur entretiens que les voies plus éloignées. Mais à présent qu'ils étaient véritablement lancés sur ces voies, James ne pu s'empêcher de remarquer qu'Alastor ne s'était pas privé de lister une quantité impressionnante de déviations sur leur parcours. D'ailleurs, ces dernières n'apparaissaient souvent aux yeux des conducteurs qu'au dernier moment. Lily avait plusieurs fois dû serrer les dents et donner des coups de volants pour rattraper une route indiquée par l'itinéraire, à demi masquée par la végétation. Après une secousse similaire, elle vit James se redresser, très pâle.
_ Je ne comprends toujours pas l'intérêt de ces détours, grommela-t-il, avant de saisir la carte pour l'examiner, espérant ainsi faire passer son malaise. Même si on ne prends que les routes de campagne, et qu'on reste toujours à bonne distance de la mer, notre parcours demeure assez simple. Pourquoi diable Alastor veut-il qu'on fasse tout ce chemin ? Il aurait suffit d'un simple transplanage, et on serait déjà installés, ajouta-t-il en levant les yeux sur la route, de plus en plus mal à l'aise.
_ On n'aurait jamais pu transplaner avec toutes nos affaires, répliqua Lily, avant de prendre une nouvelle bifurcation. Je suis désolée pour tous les coups de frein, James, mais je ne peux pas faire autrement. Il a pensé à tout en nous donnant ces instructions, remarqua-t-elle, comme pour elle-même, dans un murmure. Tu veux qu'on ouvre les fenêtres ?
En dépit du froid qui régnait à l'extérieur, James du s'y résoudre, et bientôt il commença à retrouver quelques couleurs.
_ Je n'aurai jamais cru que ça te rendrait malade, s'étonna la jeune femme, en jetant un coup d'oeil de son côté. En tant que poursuiveur, tu as sûrement connu plus de secousses que ça, et pourtant ça ne te rendait pas malade.
_ Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai plus de mal avec la voiture, murmura le jeune homme, en essayant de se concentrer sur l'air frais qui lui parvenait.
Ils parcoururent encore quelques milles, avant de quitter le Kent. James commença à regarder autour de lui, dans l'espoir de trouver un endroit pour faire une pause, bienvenue dans son cas, mais ils ne trouvèrent rien. Au bout d'une heure, ils entrèrent dans ce qui leur paraissait être une forêt immense. Tout était immobile, comme endormi. La végétations croissait librement, et son caractère sauvage donnait du charme aux lieux. Peu fréquentée, la route elle-même semblait prête à être envahie par les fougères et les bruyères, et son caractère accidenté se fit bientôt ressentir.
En dépit de la vitesse peu élevée à laquelle ils roulaient, ils ne purent éviter de nombreux cahots. James se cramponnait à présent à la poignée, vissée au plafond du véhicule. Sa main disponible vint rapidement se crisper sur l'itinéraire, qu'il serrait en pâlissant. Lily gardait le silence depuis quelques minutes, et son visage exprimait sa concentration. En réalité, elle commençait à se demander s'ils n'étaient pas en train de se perdre. Elle avait suivi les instructions à la lettre, pourtant elle ne parvenait pas à distinguer la déviation suivante. Ils auraient pourtant dû être tout près.
_ James, est-ce que tu peux me dire si on approche de la route à prendre, ou si on l'a loupée, s'il te plaît ? Demanda-t-elle finalement, légèrement inquiète.
Le jeune homme se redressa tant bien que mal, et parcourut la carte des yeux. Relevant les yeux, il observa autour de lui.
_ Je pense qu'on y est presque, mais c'est étrange, je ne la vois pas. Pourtant, le bois s'est éclairci, ajouta-t-il d'une voix tendue.
Son regard jonglait à présent entre les instructions et la route, mais lui-même devait avouer son incompréhension. En dehors de ces instructions, ils n'avaient aucune autre piste. S'ils se perdaient, ils devraient tout simplement faire au mieux. En soit, ce n'était pas si grave, cependant tous avaient en tête le visage furieux que présenterait Maugrey s'il apprenait qu'ils avaient renoncé à suivre ses instructions.
_ Ce n'est pas par ici ? Là, regarde, s'exclama soudain Lily, en désignant une bifurcation, qui s'enfonçait dans la forêt.
Elle ralentit, bientôt imitée par Remus, dans la seconde voiture. Tout correspondait à ce qu'en disait Alastor. Tout, excepté le fait qu'il ne s'agissait pas d'une route, mais d'un chemin. Il n'y avait pas d'autre route à l'horizon, en dehors de celle qu'ils venaient de quitter. Intrigués, ils finirent par se garer sur le bas côté. Les portes claquèrent, et tous sortirent des deux véhicules. Le calme était alors absolu. En dehors du crissement des feuilles sous leurs pas, aucun bruit ne venait troubler le silence des lieux.
_ Dîtes, est-ce que Maugrey ne se serait pas moqué de nous ? Demanda Sirius d'un ton peu aimable, après qu'ils se soient rassemblés.
_ Ça m'étonnerait, riposta Remus, avant de se pencher sur la carte. Ce chemin doit bien mené quelque part, de toute façon.
_ La distance à parcourir sur cette voie n'est pas longue, je suis sûre que si on continue, on retombera sur nos pieds, affirma Lily, après l'avoir examinée à son tour. Regardez, ça nous conduit à ce village, là, vous voyez ?
_ On pourrait toujours essayer, soupira James. Mais alors on s'arrête dans ce village pour manger. Je meurs de faim, et si on doit continuer à subir les secousses à cause de la route, je préfère avoir quelques chose dans le ventre.
_ Tu es malade, Cornedrue ?
Le jeune homme hocha la tête de manière affirmative, avant d'essuyer quelques boutades de la part de Sirius. Après un court instant de réflexion, ils convinrent cependant que l'idée de James était la meilleure marche à suivre. Le jeune homme reprit le volant, permettant ainsi à Lily de se reposer un peu. Elle s'adossa confortablement contre le siège, tandis qu'ils poursuivaient leur route à travers les bois. Ils trouvèrent péniblement la sortie, mais la vue du village qu'ils avaient découvert sur la carte leur ramena le sourire. Bientôt, ils furent tous à l'affût d'un endroit pour manger, mais il paru bientôt évident qu'il n'y en avait qu'un, et qu'il était déjà complet. Ils avisèrent cependant un kiosk, et s'y arrêtèrent pour acheter des sandwichs. Ils mangèrent sur la route, pressés d'en finir. Mais plusieurs heures de route les séparaient encore de Godric's Hollow. Le paysage continuait de défiler, sous un ciel désespérément gris. Lily somnola pendant un moment, bercée par la route. Lorsqu'elle s'éveilla tout à fait, il était environs trois heures de l'après-midi.
_ J'ai l'impression d'avoir passé ma vie en voiture, murmura-t-elle en souriant à demi, d'un air épuisé. Notre appartement de Londres ressemble à un rêve, quelque chose qu'on n'aurait pas vécu. Tu veux que je te remplace ? Demanda-t-elle en se tournant vers James.
_ Non, ne t'inquiète pas, répondit-il en lui rendant son sourire. On y est presque, selon l'itinéraire. Et pour être honnête, je ne serai pas fâché quand je verrai la première pancarte pour Godric's Hollow, ajouta-t-il en scrutant la route, comme si un panneau allait soudainement y apparaître. Tu avais déjà entendu parler de ce village ?
_ Il paraît que c'est l'un des derniers à être semi-magique. Bathilda Tourdesac y vit, j'espère qu'on pourra la rencontrer, ajouta la jeune femme, dont les yeux brillaient à cette idée.
_ Sirius dit que l'inventeur du vif d'or y a résidé, mais je crois qu'il se moque de moi, renchérit James, sans quitter la route des yeux. Dit, c'est à droite ou à gauche ?
_ Droite, répondit Lily, avant d'ajouter : Et Sirius a raison, Bowman Wright a résidé à Godric's Hollow* aux alentours du seizième siècle, il me semble. Pour une fois que j'en connais plus que toi sur le Quidditch, ajouta-t-elle en riant, après avoir surpris le regard confus du jeune homme.
Plusieurs heures s'écoulèrent encore, au cours desquelles ils cherchèrent les dernières routes à prendre. Un sentiment étrange s'emparait d'eux, à l'approche du village. Non pas une franche excitation, comme à l'approche d'un résidence temporaire, pour les vacances par exemple, mais plutôt cette joie à laquelle s'entremêlait une peur indicible. Bien sûr, à aucun moment cette nouvelle vie ne leur avait paru fausse. Ils savaient que les prochains mois seraient marqués par une forme de captivité dans une cage dorée. Mais jusqu'au bout tout cela leur avait paru irréel, comme s'ils courraient après des chimères. Mais à présent, tous les éléments s'emboîtaient, et cette nouvelle vie prenait forme autour d'eux.
_ Lily ?
La nuit était tombée, et ils venaient de passer un panneau indiquant le village à quelques milles de là. Dix-huit heures n'allaient pas tarder à sonner. La jeune femme se tourna vers James, légèrement pâle.
_ Lils, tu ... ça ... Lils, c'est complètement idiot, je le sais, mais j'ai ... J'ai vraiment peur, confessa le jeune homme, en se tournant brièvement vers elle, à son tour.
_ Moi aussi.
_ On n'a pas toujours vécu des moments drôles à Londres, mais c'était notre premier chez nous. Et maintenant ...
_ Maintenant il faut tout réinventer, compléta Lily en observant le paysage.
_ C'est ça, acquiesça le jeune homme d'un ton nerveux. Ce n'est pas la vie dont on avait rêvé, et il faudra sûrement attendre longtemps avant de pouvoir vivre selon ce qu'on avait prévu. Et puis il y a le ...
_ James, ça va aller, coupa Lily d'une voix qu'elle espérait assez ferme pour masquer ses propres angoisses. Tout ira bien. Notre enfant grandira dans un monde en paix, cette guerre s'achèvera, tôt ou tard, et là tout ira bien.
_ Mais est-ce que nous serons encore là pour le voir ? Demanda James d'une voix grave.
_ D'une manière ou d'une autre, répondit Lily. J'en suis persuadée.
Ils passèrent un pont de pierre, et au bout de quelques minutes, ils aperçurent les premières maisons de Godric's Hollow. Les rues étaient décorées aux couleurs de Noël, et de nombreuses guirlandes lumineuses y étaient suspendues, donnant au village un caractère familial et accueillant. Quelques habitants se pressaient encore dans les quelques boutiques ouvertes, mais la plupart rentraient chez eux. Le jeune couple, suivi par les maraudeurs, s'engagea dans une rue moins fréquentée, avant de s'arrêter devant une demeure typique de la région. Ni James ni Lily ne descendirent immédiatement. Ils prirent le temps d'observer leur nouveau foyer, et pendant quelques minutes ils demeurèrent silencieux. Puis James se tourna vers Lily et, prenant une grande inspiration, il fit rire la jeune femme en lui disant, un air comique imprimé sur le visage :
_ Madame Potter, me ferez-vous l'honneur ?
Merci d'avoir lu :)
J'espère que vous avez aimé !
N'hésitez pas à laisser une review, ce serait un merveilleux cadeau de Noël / nouvelle année !
Je vous souhaite, pour ma part, le meilleur pour cette nouvelle année qui s'annonce :D
Passez une bonne semaine !
