The 8th horcruxe : Je ne sais pas si ma réponse à tes précédentes reviews t'est parvenue, j'avais prévenu sur la fic que je t'avais laissé un mot sur mon profil et vu que de nombreux mois s'étaient écoulés je me suis dit que tu l'avais probablement lu depuis le temps et l'ai donc supprimé. Dans le doute, je te réponds à nouveau ici de manière un peu plus concise.
Si tu souhaites être tenue au courant de la parution d'un nouveau chapitre, il te faut créer un compte en cliquant sur le 'sign up' en haut du site, ainsi tu pourras suivre et mettre en favoris tes fanfictions préf ou encore bénéficier de la messagerie privée. Je n'ai pas vraiment de rythme de publication mais en ce moment, on dirait bien que je sors un chapitre par mois. Pour l'autre question, c'était bien BTS eheh.
Si ta nouvelle question n'est pas une répétition de la première et que tu me demandes bien combien de temps je passe sur un chapitre, honnêtement je ne compte pas les heures, des dizaines ça c'est certain après cela varie en fonction de ma capacité de concentration sur le moment. Je suis quelqu'un qui peut se triturer le cerveau pendant trois plombes sur un détail de traduction insignifiant comme devenir facilement accaparée par autre chose n'ayant aucun rapport avec ce qui figure sur mon pc... Ah oui, je ne suis pas exemplaire !
Merci à toi pour ton enthousiasme et tous tes compliments, cela me fait évidemment très plaisir ≧◡≦
A bientôt peut-être, je suis contente que tu aimes autant et te remercie encore !
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Merci également à vous autres pour vos commentaires et votre patience, si vous n'en pouvez plus de cette histoire à rallonge, dites-vous qu'il ne reste plus que 10 chapitres après celui-ci ! ᵔᴥᵔ On en verra la fin, c'est certain (même si je redoute certains prochains chapitres colossaux possédant plus de 10 000 mots uh). Je ne vais pas m'attirer le mauvais œil en affirmant ça j'espère...
Chapitre 29
Izar était allongé sur une table en acier. Le sac noir recouvrant sa tête était destiné à l'intimider, à l'effrayer bien que ça l'avait surtout rendu énervé. Il était seul dans une pièce fortement sécurisée et de la lumière venant d'au-dessus filtrait à travers le tissu noir. Des entraves en métal maintenaient ses bras et mains en place. Il en allait de même pour ses chevilles. Pour améliorer encore les choses, il ne lui restait plus que son boxer.
Il serait idiot de sa part de ne pas deviner ce qu'on lui avait prévu. Le Ministère maintenait une image lisse et positive auprès du public, prétextant n'avoir aucun contact avec les prisonniers qu'il incarcérait. Mais Izar savait que dans le dos de la population, le Ministère s'assurait de recevoir les réponses à ses questions d'une manière ou d'une autre. Si cela devait passer par la torture, tant pis.
Izar ferma les yeux et réfléchit à sa prochaine action. Il pourrait s'échapper. Mettre en pièces le métal autour de ses poignets avec sa force de créature et drainer les gardes devant la porte de leur magie. Le seul problème avec ce plan résidait dans le fait qu'il était très bien gardé. Il pouvait déceler les nombreuses personnes présentes, entendre leurs pas à l'extérieur de la pièce et sentir la magie bourdonner autour de la porte close. En réalité, s'il décidait de s'échapper, il pourrait probablement drainer quatre hommes avant qu'il ne soit stoppé par d'autres. Après tout, il n'avait pas de baguette.
Dans tous les cas, il devait garder son statut de créature secret autant de temps que possible. Avoir déjà Dumbledore, Regulus et Severus d'au courant était suffisant. Si le Ministère l'apprenait, Izar serait dépassé par la situation.
Non, il ne pouvait échapper à la torture. Sa tolérance à la douleur était déjà élevée en tant qu'humain, maintenant encore plus depuis qu'il était une créature. Le seul problème était qu'il guérissait très rapidement. Si on le torturait pour lui extorquer des réponses, son bourreau remarquerait aussitôt que son travail s'effaçait.
Respirant plus par habitude que par nécessité, Izar tenta de se calmer et faire le vide dans son esprit. Il était intelligent. Réfléchis.
Coopérer était hors de question. Ils ne le croiraient pas et Rufus jugerait que ce type de comportement ne lui ressemblait pas. Izar était connu pour être récalcitrant, malin... ce n'était pas son genre de fournir des informations comme s'il craignait la douleur à venir.
Il retroussa les lèvres, son esprit le ramenant à ce jour au Ministère quand Cygnus l'avait possédé. Ce dernier avait attaqué Voldemort et l'avait coupé de son noyau magique. Ce qu'il ne savait pas à l'époque, c'était que son opposant était une créature et bénéficiait par conséquent de deux noyaux. Si Cygnus avait ciblé ses deux noyaux en même temps, le Seigneur des Ténèbres serait mort.
Izar ne pouvait que supposer que cette règle s'appliquait à lui aussi. Néanmoins, s'il étouffait son noyau de créature à la limite de l'irréversible, il était certain qu'il pourrait survivre tant qu'il ne l'anéantissait pas. Il allait devoir lutter pour rester concentré sur son noyau et l'interrogatoire en même temps, mais c'était la seule option à sa disposition. En neutralisant sa créature, il perdrait de nombreuses capacités telles que sa vue perçante, son odorat sur-développé et son pouvoir de guérison.
Un risque certes, mais un risque obligatoire.
S'il se débattait ou causait des problèmes durant cette séance, ils le jetteraient probablement derrière les barreaux et le laisseraient dans sa douleur. Ils relâcheraient leur vigilance et c'est à ce moment-là qu'Izar pourrait s'échapper. Il espérait juste que Voldemort se contiendrait suffisamment longtemps pour qu'il exécute son plan. Il serait imprudent que ce dernier attaque le Ministère pour de nombreuses raisons. Mais il ne laisserait sûrement pas la capture d'Izar obscurcir son jugement malgré son immense possessivité lui criant d'agir. Cet enlèvement n'avait pas pour seul but d'obtenir de lui des réponses, c'était un défi directement lancé au Seigneur des Ténèbres de la part de Rufus.
"Remarquable," prononça une voix depuis la porte qui venait de s'ouvrir. "Les autres Mangemorts que l'on a capturés ont été tués sur-le-champ à travers la Marque des Ténèbres. Comme toujours, il semble que vous soyez l'exception, M. Black."
Izar serra la mâchoire tellement fort qu'un craquement se fit entendre. "Bien sûr, Rufus, pourquoi en serait-il autrement ? Assez étrangement, tout le monde me trouve irrésistible." Il détourna la tête quand deux sorciers entrèrent dans la pièce. Il pouvait entendre leurs battements de cœur, leur vitesse de pas inégale… "Bien que, pour être franc, elle me fait un mal de chien."
Et c'était le cas.
La Marque des Ténèbres était restée inerte avant qu'un poids ne se fasse sentir sur son avant-bras pendant qu'il attendait que Voldemort soit informé de sa… gênante disparition. Suite à ça, sa Marque s'était soudainement embrasée, reflétant l'humeur instable du Seigneur des Ténèbres. Un vrai drama queen. Son seul regret était qu'il n'avait pas pu être là pour assister à la punition sans aucun doute créative qu'il avait réservée à ses serviteurs. Sinon, sa situation ne le dérangeait pas du tout. Mais cela pourrait peut-être changer sous peu.
Quelqu'un tendit la main et lui arracha le sac en tissu. Izar tourna calmement la tête et observa l'homme devant lui. Ce n'était pas Rufus mais un blond grisonnant. Il ne put identifier ce sorcier mais prit grand soin de mémoriser son visage. Il y avait quelques rides au coin de ses paupières et sa bouche tandis que ses yeux scrutateurs étaient d'un bleu pâle.
"Quel beau garçon," se moqua-t-il avec exaspération. "Je ne m'attendais pas à ce qu'il soit si jeune."
Izar appuya sa tête contre la table et plissa des yeux à cause de la forte lumière. "À en juger par ton air narcissique et tes muscles que tu juges bon d'exhiber, je parierais que tu es mon tortionnaire. C'est un plaisir, vraiment." Izar fit disparaître sa lèvre inférieure derrière ses dents et se tourna vers la silhouette sombre se tenant à l'écart. "Tu ne peux même pas rassembler le courage nécessaire pour me torturer toi-même, Rufus ? Ah, comme tu es décevant—"
Un revers de main fit basculer sa tête sur le côté, ce qui le fit taire instantanément. Izar ferma les yeux un instant à cause de la douleur aiguë, cherchant après son noyau magique. Vu qu'il avait passé de bonnes heures à rechercher sa magico-sensibilité après être devenu immortel, trouver ses noyaux n'était pas un problème.
Avant que la main ne s'abatte à nouveau sur lui, Izar avait déjà réussi à étouffer son noyau. Il grogna lorsque que sa pommette rebondit violemment contre la table en acier, ce second coup de poing obscurcissant brièvement sa vision. Sa créature en moins, Izar se sentait étrangement nu... exposé. La confiance en soi qu'il éprouvait d'habitude parut s'estomper considérablement, mais il se ressaisit et essaya de repousser ces horribles sensations. Il ne voulait pas compter sur sa créature, pas quand il avait vécu seize ans sans elle. Qui savait à quel point il s'était reposé sur elle alors qu'il n'en avait généralement même pas conscience. Parfois, il devait se rappeler qu'il n'était plus humain. Mais maintenant que sa créature était réprimée, il ressentait définitivement un grand sentiment de perte.
"On m'avait dit que tu étais impudent. D'autres penseraient que c'est mignon, je trouve ça particulièrement rustre."
Izar prit un moment pour rassembler ses esprits et retrouver son arrogance accoutumée. Il avait du mal à respirer et ne comprenait pas son soudain besoin d'oxygène. Juste parce qu'il avait bridé sa créature ne voulait sûrement pas dire que respirer lui était redevenu vital ? Il pinça les lèvres et tenta de se modérer. Il découvrit une seconde plus tard que non, il n'en avait effectivement pas besoin. Cela provenait de son anxiété causée par son immortalité qu'il avait désormais mise dans une situation précaire. Il devrait vraiment se détendre s'il ne voulait pas avoir une crise d'angoisse là, tout de suite.
C'était un vrai challenge d'éviter d'étouffer complètement son noyau tout en essayant de maintenir son glamour et de garder son sang-froid. Il avait traversé bien pire que ça. S'il ne pouvait pas surmonter cette épreuve, alors il ne méritait pas sa place dans cette guerre.
"Rustre ?" s'exclama-t-il sèchement, un sourire commençant à poindre sur ses lèvres. "Non seulement tu passes pour quelqu'un d'incroyablement bouché, mais tu es aussi un hypocrite."
Le blond grisonnant était prêt à lui asséner un coup de coude. "Arrête," ordonna brusquement Scrimgeour, son coude à quelques centimètres du nez d'Izar. "Tu ferais bien de te rappeler qui est en charge et quel est ton travail. Ne te laisse pas avoir par ses manipulations. Il ne fait que te provoquer."
Izar lui adressa un sourire en coin et le nargua des yeux. Il n'était rien d'autre qu'un chien obéissant à son maître. Une lutte intérieure se lisait dans l'expression de son bourreau, celle qu'il connaissait lui-même bien. C'était ce à quoi faisaient face de nombreux hommes et femmes lorsqu'ils devaient se conformer aux instructions d'un supérieur. Ils pensaient avoir un jugement plus éclairé, une meilleure connaissance de la situation mais ils étaient néanmoins contraints de suivre les ordres. Izar remarqua également que Rufus prenait garde à ne pas s'adresser à lui par son nom.
Ce dernier s'avança et le jeune Black put noter qu'il boitait. Le plafonnier projetait des ombres sur son visage alors qu'il observait son prisonnier. Izar lui rendit sans ciller son regard, une grimace étirant ses lèvres. Rufus ne semblait pas avoir changé. Ses cheveux bouclés et filiformes étaient un peu plus gras que d'habitude et ses sourcils surplombaient ses yeux fatigués mais féroces.
Sa main burinée vint se poser sur les sourcils d'Izar. "Je t'ai enfin," annonça-t-il d'une voix rauque. "Ce fut une erreur de t'avoir laissé partir il y a des nuits de ça."
Izar souffla du nez et se remémora l'attaque contre les Langues-de-plomb. Au début, ça l'avait surpris d'apprendre que Rufus et Dumbledore avaient travaillé ensemble. Mais lorsqu'il l'avait finalement accepté, il avait compris qu'ils avaient probablement tous deux élaboré une fin différente pour lui. Dumbledore avait voulu qu'il se retrouve piégé par l'invention tandis que Rufus avait voulu le faire souffrir en l'obligeant à voir ses camarades être vidés de leur magie. En retour, Izar n'aurait eu d'autre choix que de se tourner vers le Ministère. Dommage que les choses n'avaient pas tourné comme Rufus Scrimgeour l'avait envisagé. Izar pouvait lui accorder le mérite d'avoir su œuvrer dans l'ombre mais au final, lui et Lord Voldemort sauraient toujours surmonter les obstacles se dressant sur leur chemin.
"Hmm, ce n'est jamais une bonne idée de penser que tu peux soumettre un esprit doté d'une pensée propre," murmura le jeune sorcier d'un air suffisant. "Cependant, ton plan était très Serpentard. Utiliser Conner Oran comme marionnette était presque sans cœur. As-tu vu son visage lorsque tu as essayé de faire croire que l'invention était de mon fait ? Si je ne l'avais pas stoppée à temps, je peux affirmer en toute confiance que les Mangemorts m'auraient blâmé et il aurait été possible que je me range du côté du Ministère."
Rufus se pencha en avant, ses doigts se resserrant sur son front. "Tu aurais été formidable," souffla-t-il avec passion. Ses yeux jaunes attrapèrent les siens, les retenant captifs à l'instar des entraves métalliques autour de ses poignets. "Tu as laissé cet imbécile égocentrique te manipuler. Il ne fait que restreindre ton potentiel."
"Rufus..." murmura Izar, l'obligeant intentionnellement à se pencher davantage. Maintenant le contact visuel, il dit très sérieusement : "Tu me fais rougir."
Le dénommé relâcha brusquement sa tête, ses traits s'assombrissant pour ne laisser place qu'à une rage subite. Izar renversa la tête en arrière et éclata de rire. Il ne put s'en empêcher. C'était beaucoup trop facile de l'énerver. Bon sang, il n'était pas sûr de s'amuser autant lorsqu'il tourmentait les Mangemorts.
Avant que Scrimgeour ne puisse faire quoi que ce soit, un coup sec retentit contre la porte. Une tête surgit dans l'embrasure, le regard du nouvel arrivant dérivant d'un Izar souriant à un Scrimgeour furieux. "Excusez mon interruption, Monsieur le Ministre, mais voudriez-vous que j'envoie un hibou à Dumbledore ? Il avait exprimé le désir d'être contacté immédiatement si nous mettions la main sur Black…"
"Ce ne sera pas nécessaire," aboya Rufus. Celui-ci agita brutalement sa baguette vers la porte qui claqua au nez du spectateur.
Le sourire narquois d'Izar s'atténua mais il continua de surveiller attentivement le Ministre. Il semblerait que lui et Dumbledore avaient du mal à coopérer. Il était probable que Scrimgeour protégeait farouchement son Ministère et ne souhaitait pas qu'un Seigneur de la Lumière se mêle de ses affaires ou fasse sa loi sur son territoire. Un problème typique entre deux hommes puissants, surtout lorsqu'ils occupaient tous deux une position de pouvoir. Cependant, ce qu'Izar trouvait le plus intéressant était la requête de Dumbledore.
Il voulait être prévenu si jamais on le capturait ? De toute évidence, Rufus s'en moquait et ne lui enverrait pas de hibou de si tôt. Le directeur ne lui avait clairement pas parlé de son immortalité. Si oui, Izar serait probablement dans une situation complètement différente à l'heure actuelle. Mais alors que pouvait-il donc tirer du fait qu'il avait été enlevé ? Et quand avait-il fait une demande aussi audacieuse ?
Néanmoins, c'était un renseignement qu'il devait garder pour plus tard. Si Rufus Scrimgeour et Albus Dumbledore ne s'entendaient pas et n'arrivaient pas à communiquer, cette information pourrait être utilisée contre eux.
"Le véritaserum ne servira pas, j'en ai bien peur," entama Rufus. Cette fois, il alla s'installer au fond de la pièce, se fondant dans l'ombre. "Son action peut facilement être contournée par de puissants Occlumens, je ne vais donc pas perdre mon temps avec ça. Heureusement, nous disposons d'une méthode alternative pour te soutirer des réponses."
Izar fit rouler ses épaules et fixa le plafond. "Si tu voulais des réponses, Rufus, cela ne m'aurait pas dérangé de discuter avec toi autour d'une tasse de thé." Il jeta un coup d'œil à son tortionnaire et remarqua son visage écarlate. Cela lui donnait l'impression qu'il le mettait plus en colère que Scrimgeour.
"Ton charme ne t'aidera pas aujourd'hui, Black, peu importe à quel point l'idée peut sembler tentante," prononça-t-il d'une voix traînante tout en posant deux objets près de lui. "Il s'agit de deux versions revisitées du scrutoscope et du capteur de dissimulation. Je suis sûr que tu sais qu'ils sont conçus pour détecter les mensonges et tromperies. J'essaie de garder ça aussi simple que possible. Ton esprit aiguisé ne sera peut-être plus aussi attentif dans quelques heures et je prévois d'en profiter pleinement." Sur ce, Scrimgeour fit un signe de tête à destination du bourreau.
Izar se crispa quand celui-ci s'approcha. Il était habitué à la silhouette imposante de Voldemort, sauf qu'il était tout aussi mince que grand. Son tortionnaire était tout en muscles et en nerfs.
"Commençons doucement, d'accord ? Comment t'appelles-tu ?"
Le jeune Black ferma les yeux afin de ne plus avoir à le regarder. C'était un jeu cruel auquel s'adonnait Rufus. S'il était aussi malin que lui, Scrimgeour poserait d'abord des questions anodines. Izar commencerait alors à y répondre, peut-être moqueusement, puis les questions exigeraient une réponse par oui et non. S'il devenait silencieux après avoir répondu aux précédentes interrogations, Rufus prendrait son silence comme une réponse allant dans le sens de sa question. Et il ne pouvait pas mentir à cause du scrutoscope et du capteur de dissimulation. Vu que son glamour et son noyau réclamaient déjà toute son attention, il lui serait impossible de vider les détecteurs de leur magie.
Izar ne tomberait pas dans le piège. Il ouvrit lentement les yeux. "Tu ne m'arracheras même pas mon nom, mon cher Rufus."
Ce fut le bourreau qui lui répondit. "J'espérais bien que tu dises ça."
Puis sa baguette toucha la peau du prisonnier et la douleur fut telle que ses yeux roulèrent dans leurs orbites.
{Death of Today}
James sortit de la pièce et chercha après Lily. Il ne fallut pas longtemps pour qu'il découvre une fine silhouette adossée contre le mur, les bras croisés sur son ventre de manière protectrice. Il faisait sombre dans la maison Londubat mais l'éclat de la lune illuminait sa peau de porcelaine. Lily ne se retourna pas à son approche. Au lieu de ça, elle continua de regarder par la fenêtre, le visage sombre et troublé.
Pendant un long moment, James demeura silencieux et considéra son amour de toujours. Parfois, il trouvait presque ça insupportable de la voir se détériorer lentement au fil des ans. Elle n'était plus la femme dont il était tombé amoureux. Mais là encore, ils avaient tous grandi depuis leur époque à Poudlard. James trouvait qu'il était de son devoir de continuer à la soutenir, peu importe les erreurs affreuses qu'elle avait commises par le passé. Il pouvait voir en elle le regret et la souffrance. Lily essayait de bien le cacher, mais il savait. James savait qu'elle souffrait de dépression et de temps à autre pensait même qu'elle avait un trouble dissociatif de l'identité. Elle était froide. Sans vie parfois. Ses caresses lui semblaient presque fausses et cela lui causait chaque jour du mal.
"Ils sont en train de parler de lui," murmura Lily d'une voix rauque. "Izar."
James soupira et se pinça l'arête du nez. La détérioration de sa santé ainsi que le sujet de la guerre lui pesaient beaucoup. Sa loyauté irait toujours à la Lumière, cela ne faisait aucun doute. Cependant, avec Lily ayant un fils du camp opposé, les choses se compliquaient. Surtout quand elle continuait d'exprimer ses préoccupations quant à son bien-être. Il lui avait fallu longtemps pour ravaler son dégoût et sa colère concernant sa liaison avec Regulus Black et l'enfant qu'elle avait conçu avec lui. Sa jalousie s'était plus tard muée en horreur après avoir compris ce qu'elle avait fait au frère de Sirius et à son propre fils.
Quand il avait fini par l'accepter, James avait décidé qu'il deviendrait son pilier.
"Oui," admit-il. L'Ordre s'était installé dans la grande salle de réunion. Il avait été demandé à Lily qu'elle prenne congé tandis que James s'était obstiné à rester présent afin d'écouter ce qu'avait à dire Dumbledore, malgré les paires d'yeux qui s'étaient attardées sur lui. "On dit qu'il a été capturé par le Ministère."
Lily plissa des yeux en direction de la fenêtre avant que son regard ne redevienne impénétrable et fatigué. "Si les rumeurs sont vraies et qu'Izar est bien le bras droit de Jedusor, alors je suis certaine qu'il s'évadera du Ministère dans la semaine." Ses mains araignées se resserrèrent autour de son ventre. "Je trouve amusant le fait que l'on me considère comme un ennemi ici, parmi mes amis, mes camarades. Ils me traitent comme si je portais la Marque du Seigneur des Ténèbres. Me rejeter... après tout ce que j'ai fait et sacrifié pour la Lumière…"
James fit un pas en avant et amorça un geste vers elle avant de se rétracter. "C'est seulement pour te protéger. Quand nous discutons d'Izar, je suis d'accord qu'il vaut mieux que tu restes à l'écart."
Lily soupira doucement, les lèvres entrouvertes. "Il est mon enfant."
Elle avait dit ça d'une voix si morne que James se demanda s'il lui sera un jour possible d'éprouver à nouveau de la passion et si les potions qu'elle ingérait pour sa dépression l'aidaient même dans sa souffrance. Comment cela pouvait-il être le cas quand elle n'était plus qu'une coquille vide ? Et pourtant, il y avait des moments où elle était chaleureuse et pleine de vie… mais ces instants repartaient trop vite pour que James les apprécie véritablement. "Il est aussi l'ennemi. Un ennemi très fort."
Ses yeux vert émeraude se tournèrent vers lui et l'observèrent à travers des mèches de cheveux roux et fins. Elle ne dit rien mais n'en avait pas besoin.
"Izar est puissant, Lily. Il a les faveurs du Seigneur des Ténèbres... il s'en sortira."
Avait-il tort d'avoir foi en la résilience de l'ennemi ? James affirmerait à quiconque veut bien l'entendre qu'Izar Black était un personnage très singulier. Un génie même s'il n'était encore qu'un enfant. Il s'était ligué avec les Ténèbres, mais faisait pourtant preuve de loyauté et de miséricorde. Avait été élevé dans un orphelinat, mais prenait au sérieux la protection de sa famille. Izar avait de bons principes, mais un Seigneur des Ténèbres constamment derrière son dos. James voyait une tragédie en lui.
Il tendit la main vers elle et enroula lentement son bras autour de son dos. Elle vint se blottir dans ses bras presque immédiatement et plaça sa joue contre sa poitrine avant de lever les yeux vers lui. "Tu me le dirais si Albus prévoyait d'évincer Izar, n'est-ce pas ? Sinon pourquoi m'aurait-on demandé de quitter la pièce ?
James contint de justesse un tressaillement. Son esprit le ramena à leur réunion, leurs plans concernant son fils… ce que Dumbledore avait prévu. Devait-il l'en informer ? Non. Non seulement cela avertirait l'Ordre de sa déloyauté, mais cela mettrait aussi Lily en danger.
Il la fixa, sentant les poils sur sa nuque se dresser. Ses yeux verts le scrutaient attentivement, paraissant voir à travers lui. Lily était une sorcière incroyablement puissante et intelligente. Cela ne le surprendrait pas qu'elle puisse découvrir par ses propres moyens ce qui s'était dit durant la réunion. Et franchement, il ne voulait pas savoir jusqu'où elle pourrait aller pour protéger Izar. Autrement, il devrait tout aussi bien accepter le fait que Lily ferait une croix sur sa propre sécurité juste pour un fils qu'elle regrettait toujours d'avoir conçu par chantage.
Au lieu de répondre directement à sa question, James ferma les yeux et posa sa tête contre le dessus de son crâne. "Je pense que tu connais déjà la réponse, Lily."
En retour, ses bras fins enveloppèrent son torse.
{Death of Today}
"Simon."
Le dénommé leva les yeux vers son partenaire. L'Auror à ses côtés se tourna face aux deux hommes ayant surgi dans le couloir. Ils étaient tous deux richement parés d'une robe et d'une cape noires parfaitement ajustées qui descendaient jusqu'à leurs pieds. L'un était significativement plus grand que son compagnon et portait un chapeau fédora noir qui projetait une ombre sur son visage. L'autre avait des cheveux noirs lissés en arrière; ses traits étaient familiers mais non identifiables.
"Bonsoir messieurs," les salua le plus grand d'un ton soyeux.
Simon se tint au garde-à-vous et Phillip l'imita. "J'ai bien peur que vous ne soyez pas autorisé à vous trouver dans ce couloir. S'il vous plaît, laissez-moi vous escorter jusqu'à la—" Simon se tut lorsque le grand sorcier retira son chapeau, révélant une fine paire de lunettes et des traits distingués. "M. Jedusor !" s'exclama-t-il soudain, sentant sa poitrine se serrer d'appréhension. Il y avait des rumeurs au sein du Département comme quoi Tom Elvis Jedusor avait contribué au déclenchement de la guerre tandis que d'autres étaient beaucoup plus élogieuses.
L'ancien Sous-secrétaire inclina la tête sur le côté. "Je me vois contraint d'être direct avec vous ce soir, M.…"
"Westly, monsieur. Simon Westly," se présenta-t-il formellement. Il joignit ses mains devant lui et tourna le menton vers son compagnon. "Et voici mon partenaire, Phillip Morsal."
"Enchanté," répondit Jedusor en souriant faiblement.
Simon essaya de contrôler le frisson qui remonta le long de son dos. Il fut forcé de se rappeler la manière dont avait pu s'exprimer Tom Jedusor par le passé. Comment avait-il oublié cette voix à vous glacer le sang ? Il y avait comme un léger sifflement dans le timbre de sa voix, quelque chose que l'on associerait immanquablement à un serpent.
"Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Voici Barty Croupton Jr., mon avocat." Jedusor plaça une main gantée de cuir sur l'épaule du concerné. "Il est de notoriété publique qu'Izar Black est mon héritier politique, de surcroît Barty ne se contente pas de simplement me représenter. Je pense qu'il serait donc sage que vous informiez votre Ministre de notre présence." Les torches projetèrent leur lumière sur les dents blanches de Voldemort, ce qui rendit son sourire sinistre dans la pénombre. "Avant qu'il ne fasse quelque chose qu'il pourrait regretter."
C'était une abondante quantité d'informations à prendre en compte. Simon examina méticuleusement l'autre sorcier et réalisa pourquoi celui-ci lui disait quelque chose. Bartemius Croupton Sr. était le chef du Département de la justice magique, en plus d'être sacrément bon dans son domaine. C'est lui qui avait permis aux Aurors de tuer les Mangemorts plutôt que de les emprisonner. Simon respectait Croupton et pouvait voir son reflet chez son fils.
Mais il n'y avait qu'une légère ressemblance. Croupton Jr. tenait surtout de sa mère; son regard était froid et perçant. Simon savait que Bartemius avait un fils faisant partie de la section juridique du Ministère, il lui avait juste manqué certains détails. Beaucoup de choses circulaient également sur le compte de Croupton Jr. et tout n'était pas aussi positif qu'en ce qui concernait son père.
"Izar Black ?" s'étonna Phillip avant que Simon ne puisse rassembler ses idées. "J'ai bien peur que vous vous trompiez, monsieur. Nous n'avons aucun Izar Black en garde à vue."
Percevant un soudain changement d'atmosphère, Simon effleura son avant-bras de ses doigts, là où il gardait sa baguette cachée dans un étui. Les muscles de la mâchoire de Jedusor se firent plus saillants, bien qu'il garda le silence. Ce fut le fils de Bartemius qui répondit en premier.
"Il serait prudent que vous reconsidéreriez vos propos," souffla-t-il à voix basse tout en faisant un pas en avant, les deux Aurors se tenant prêts à la moindre incartade. "Vous prétendez ne pas avoir de mineur actuellement en garde à vue ? Mettre en arrestation un mineur sans représentant légal est contraire aux lois sorcières." Soudain, Croupton se pencha et sa bouche s'élargit en un sourire déstabilisant. "Torturer un mineur est un crime encore plus grand qui détruirait le Ministère si cela venait à s'ébruiter..."
Il était difficile de considérer Izar Black comme tel. Simon savait très bien qu'il était fort jeune, mais il était encore plus conscient des crimes qu'il avait commis. Presque tous les Langues-de-plomb ayant travaillé pour le Ministre Scrimgeour avaient été traqués puis tués impitoyablement par Black. C'était impardonnable et Simon éprouvait bien peu de pitié pour ledit garçon se trouvant présentement dans la salle d'interrogatoire. Néanmoins, il comprenait les paroles de Croupton. Si le public avait vent de cette situation, le chaos éclaterait. Le Ministère était déjà en fâcheuse posture au vu des britanniques et de leurs commentaires incessants concernant le leadership de Rufus Scrimgeour… Et tout cela était dû à Tom Jedusor qui se tenait maintenant en face de lui.
Soudain, un hurlement terrifique résonna dans le couloir. Cela ressemblait plus à un rire qu'autre chose : un rire désespéré et fou. Simon remua inconfortablement. Il savait exactement qui avait émis ce son. C'était une habitude chez les Aurors d'oublier délibérément de placer des sorts de silence autour de la salle d'interrogatoire afin de se délecter des cris des prisonniers. C'était une mince compensation pour tous leurs camarades assassinés par ces fils de chien.
Mais cela faisait plus d'une demi-heure depuis l'arrivée de Black. Et c'était la première fois qu'il l'entendait.
Simon pinça les lèvres tout en évitant de croiser le regard incisif des deux hommes. "Je vais avertir le Ministre Scrimgeour de votre arrivée."
Alors qu'il tournait les talons, il eut la malchance d'apercevoir le sourire suffisant qu'affichait Jedusor. "Bon garçon," murmura-t-il. C'est du moins ce que comprit Simon alors que ces derniers mots moqueurs l'accompagnaient jusqu'à la salle d'interrogatoire.
{Death of Today}
Trois doigts de sa main gauche étaient désarticulés. Izar trembla violemment et se mordit la langue, restant obstinément muet. Sa main droite ne ressemblait déjà plus qu'à une masse informe, recouverte de sang à moitié séché qui avait dégouliné de sa chair mutilée. Son bourreau aimait particulièrement découper et écorcher.
C'était étrangement douloureux de sentir le métal froid contre sa chair à vif.
Heureusement, Voldemort avait tenu sa promesse de façonner une créature très semblable aux humains. Izar saignait comme une personne normale, sa peau se coupait facilement et il paraissait toujours disposer des mêmes terminaisons nerveuses. S'il n'avait pas étouffé son noyau de créature, c'était certain qu'il n'aurait pas souffert autant.
Être dans cet état lui semblait surréaliste. Il n'aimait pas ça, mais étrangement, cela le rassurait d'éprouver à nouveau de la douleur. Il se sentait à nouveau humain. Il ne possédait juste pas de rythme cardiaque, n'avait pas besoin de respirer et ne pourrait mourir à cause de quelque chose d'aussi banal que la torture. Sa concentration qui faiblit représentait le seul risque à craindre. Soit il étoufferait complètement son noyau, soit il guérirait incroyablement vite tout en perdant probablement son glamour.
"Tu étais impliqué dans le massacre des Langues-de-plomb, n'est-ce pas ?" insista de façon véhémente Scrimgeour. "Comment as-tu libéré les Mangemorts de l'invention de Conner Oran ? Est-ce que ta mère et toi y avez implanté un point faible ?"
"Mon nom, Rufus, quel est mon nom ?" expira Izar, amusé malgré tout. "Nous n'avons même pas dépassé la première question !"
Le dénommé montrait des signes d'agitation depuis une heure : il grognait et faisait les cent pas au fond de la pièce. S'il n'était pas si occupé avec son tortionnaire, Izar aurait pris grand plaisir à voir cet homme de caractère sombrer lentement dans la frustration. Il n'avait répondu à aucune de ses questions pour l'instant, ouvrant seulement la bouche dans le but de le provoquer et alimenter sa rage.
Le bourreau resta silencieux alors qu'il pressait lentement le bout de sa lame contre sa jambe déjà meurtrie et ensanglantée. Sa peau céda et ce fut avec une joie prononcée qu'il enfonça toujours plus son instrument dans le mollet d'Izar. Celui-ci gémit et plissa les yeux pour se protéger de la lumière aveuglante au-dessus de lui. Jusqu'à présent, la lame avait frôlé mais pas encore atteint son muscle, cette sensation presque intolérable le faisant grincer des dents.
Cependant, le Ministre n'était visiblement pas le seul à bout de patience car le couteau perça subitement le muscle de son mollet. Izar poussa un cri strident et secoua sa jambe par réflexe. Malheureusement, son action ne fit que plonger davantage la lame dans la plaie. Il tourna la tête sur le côté, se retenant instinctivement d'émettre le moindre bruit. Le bourreau poursuivit sa torture en remuant le couteau fiché dans son muscle, Izar submergé par une souffrance sans nom.
"Tu penses t'en tirer en passant le temps ?" souffla-t-il. "J'ai des nouvelles pour toi, gamin. Il n'y aura pas qu'une seule session. Cela peut durer des semaines. Tu finiras par craquer. Je ferai en sorte que tu craques comme la lopette que tu es."
Izar ouvrit les yeux et l'examina. Il devait reconnaître qu'il savait s'y prendre. Savait comment couper afin de lui causer énormément de douleur, tout en limitant la perte de sang avec l'aide d'un sort prévu à cet effet.
"Je sais exactement le type de torture qu'il te faudrait," continua l'homme en sortant sa lame de sa jambe. "Tu es un putain d'arrogant." Sa main gantée glissa entre ses jambes et agrippa l'intérieur de sa cuisse. "Un viol te ferait le plus grand bien."
"Il existe de nombreuses méthodes à expérimenter avant d'en arriver là," aboya Rufus dans l'ombre. "Nous venons juste de commencer."
Izar pressa ses lèvres en une fine ligne tandis qu'il essayait de bouger ses jambes pour faire partir la main envahissante. L'entrave métallique n'enserra que davantage sa cheville et la blessure à son mollet lui envoya une vague de douleur le long de sa colonne vertébrale. Le jeune sorcier rejeta la tête en arrière et tenta de se calmer. La dernière chose dont il avait besoin était de perdre sa maîtrise de soi.
"Oh ?" grogna le tortionnaire. "J'ai trouvé sa faiblesse. Et tu refuses de l'exploiter ?"
"Oui," ordonna Rufus, le sujet étant vraisemblablement clos.
Ce dernier le tenait en laisse et Izar appréciait grandement ça. Les hommes étaient si facilement contrôlables. Son bourreau n'était rien d'autre que le toutou du Ministre. Il esquissa un sourire narquois et rencontra son regard. "Couché, le chien." Un crachat atterrit sur son visage et Izar siffla moqueusement.
Le sorcier frappa ensuite son visage, creusant des stries avec ses ongles dans sa joue.
"Ce n'est que le début, mh ?" grogna-t-il. "Alors j'attends la suite avec impatience."
Soudain, la lame s'enfonça dans la plante de son pied. Izar écarquilla les yeux et laissa échapper un cri d'agonie qui se mua progressivement en un rire hystérique. Les pieds étaient connus pour posséder un grand nombre de capteurs sensoriels. Il n'était donc pas surprenant qu'il ait ciblé cette partie de son anatomie.
"Tu ne sortiras pas d'ici de si tôt." Le tortionnaire retira douloureusement lentement sa lame. "Des commentaires plus intelligents de ta part ?" Le bout de son couteau chatouilla son autre pied qui tremblait déjà du choc d'avoir eu son mollet perforé. "Rien ?" insista-t-il narquoisement alors que sa victime était pris d'un violent spasme. "Dommage."
Avant qu'il puisse se passer quoi que ce soit, ils furent de nouveau interrompus par quelqu'un toquant à la porte. Rufus murmura quelque chose entre ses dents et Izar lutta pour essayer de comprendre. Ses sens s'affaiblissaient peu à peu vu que son esprit se focalisait sur ses noyaux. Sa vue s'assombrissait et son ouïe se détériorait comme celle d'un humain âgé. À travers ses paupières mi-closes, il vit Rufus ouvrir la porte et converser tranquillement avec l'individu en face de lui.
Le rire qu'il émit était froid et amusé. "Enfin. Je m'attendais à ce qu'il se présente à l'instant même où nous l'avions amené ici." Scrimgeour se tourna ensuite vers le bourreau. "Nous en avons terminé pour cette nuit. Prépare-le pour notre deuxième session."
Izar fut conscient de la lame tranchant la plante de son pied avant qu'il ne sombre dans un presque coma auto-infligé.
{Death of Today}
Étonnamment (ou pas si étonnamment que ça), Jedusor se tenait calmement debout aux côtés d'une autre personne appuyée contre le mur. Rufus avait été informé qu'il avait amené un avocat, surpris de constater que c'était l'unique fils de Barty Croupton, ledit fils figurant justement sur sa liste de Mangemorts à abattre. Beaucoup étaient d'avis que le système judiciaire était absurde et arbitraire. Rufus le trouvait emmerdant et parfois inutile. C'était compliqué d'inculper des accusés qu'il savait être des Mangemorts s'il n'avait pas les preuves pour appuyer ses dires.
Rester dans la légalité représentait beaucoup plus un challenge que l'inverse. Des gens comme Jedusor aimaient se prétendre brillants ainsi que de fins stratèges. Mais Rufus trouvait que c'était complètement faux. Le camp de la Lumière avait toujours prévalu et ils étaient aussi plus intelligents que leurs ennemis. Après tout, ils se battaient contre leurs adversaires dans le respect des lois tandis que ces derniers pouvaient simplement les massacrer car ils n'avaient pas à se soucier de rester dans les rangs.
C'était l'une des raisons pour lesquelles il respectait tant Croupton. Il avait légalisé le meurtre de Mangemorts par les Aurors. Le Ministère était désormais pratiquement sur un pied d'égalité avec ses ennemis.
"Puis-je vous aider, messieurs ?" demanda Rufus avec une politesse feinte. Il savait qu'il claudiquait mais ne fit rien pour le cacher tandis qu'il approchait l'ancien Sous-secrétaire et son serviteur. Certes, son interrogatoire semblait n'avoir abouti à rien mais en réalité, il s'y était attendu. Malgré son jeune âge, Izar Black était tenace et déterminé. Une simple séance de torture n'aurait pas pu le faire craquer.
Mais il finirait par y parvenir. Une part de lui voulait briser son esprit afin d'en faire l'allié parfait. Black avait tellement de potentiel et d'intelligence. Cependant, il avait déchanté lors de l'attaque des Langues-de-plomb. Dumbledore avait voulu le tuer tandis que Rufus avait voulu le formater. Son choix avait provoqué la fuite des Mangemorts et la mort de Langues-de-plomb.
Croupton Jr. se poussa du mur et s'exprima en premier. "Je crois que vous avez quelque chose nous appartenant." Ses yeux sombres, reflet de ceux de son père étudièrent Scrimgeour. "Vous détenez un jeune de seize ans sans représentant légal. Non seulement ça, mais j'ai aussi des raisons de présumer que vous le soumettez à de la torture."
Le Ministre sourit légèrement et plaça ses mains dans ses poches. "Izar Black est un criminel de guerre." Il fit une pause. "De nombreux témoins oculaires peuvent attester."
"Peu importe, cela ne justifie toujours pas la torture ou un interrogatoire sans représentant. Il est encore mineur."
Rufus pencha la tête sur le côté, considérant ses mots. "Black n'a peut-être que seize ans mais je suis convaincu que le tribunal le verrait comme un mineur émancipé. Après tout, n'est-ce pas vous Jedusor, qui avait enclenché la procédure pour qu'il obtienne son émancipation ? Si je me souviens bien, c'était juste avant la bataille pour sa garde qui n'a d'ailleurs jamais eu lieu." Rufus lui accorda toute son attention, remarquant son silence inhabituel.
Sa question trouva réponse quand il vit Jedusor fixer froidement le bourreau étant apparu au fond du couloir. James Schrill retira ses gants sanglants, le regard railleur à l'instar de son sourire. Scrimgeour retint un soupir, sachant qu'il était inutile de lui faire des reproches. Les hommes arrogants étaient toujours aveugles aux plus grosses proies. Et en cet instant, Jedusor avait la gueule grande ouverte, prêt à avaler tout rond Schrill.
Croupton Jr. s'avança davantage. "M. Jedusor n'est jamais allé jusqu'au bout de la procédure. L'émancipation de Black n'est pas légalement reconnue par les tribunaux."
"Votre persistance est admirable, M. Croupton mais malvenue. Les temps ont changé maintenant que la guerre est à son paroxysme. Vous voyez, M. Black est une exception. Une personne de haut rang au sein du Département de la justice magique a rendu possible le fait que nous capturions Izar Black afin de lui soutirer des réponses tant que nous ne le tuons pas. Peu importe son âge. C'est un criminel dangereux et son arrestation contribuera à notre succès."
Père et fils partageaient tous deux une détermination cruelle et froide brillant dans le fond de leurs yeux. "Oh ? Et qui cela peut-il être ?"
"Votre père," répondit simplement Rufus avant de se planter devant l'ancien Sous-secrétaire. "Je crains qu'Izar va devoir rester avec moi, M. Jedusor. Il est mon prisonnier. Et j'obtiendrai ce que je veux de lui tout en vous privant de votre béquille."
Le regard de Jedusor se détacha brusquement de Schrill avant de plonger dans celui de Scrimgeour. Une lueur dérangeante vacilla à l'intérieur de ses yeux bruns aux allures innocentes. "Est-ce un défi, Monsieur le Ministre ?" murmura-t-il d'une voix doucereuse.
Le dénommé put à peine contenir un rictus. "Un défi pour Tom Jedusor ou pour Lord Voldemort ?" questionna-t-il en retour. "Dans les deux cas, oui, c'est un défi direct. Un défi que vous ne pouvez espérer remporter."
Jedusor rit à voix basse et lui renvoya ses propres paroles au visage. "Votre arrogance est admirable, M. Scrimgeour, mais malvenue. Je sais ce que vous essayez d'accomplir avec Izar. Par pitié, je vous conseille de ne pas perdre votre temps. Au moment où vous penserez avoir réussi à le rendre conforme à votre image, vous découvrirez que c'était lui qui vous avait manipulé tout du long." Sa langue claqua contre son palais. "Je l'ai presque élevé moi-même, Rufus. Ne soyez pas idiot."
Il y a quelque chose de troublant dans son regard et ses mots, pensa-t-il. Scrimgeour resta figé pendant un long moment, essayant de se reprendre. Il se contenta finalement d'un simple grognement avant de tourner les talons. "Eh bien, je vous invite vivement à porter plainte. Et rendez aussi donc visite à votre pupille, mes hommes vont vous guider. Peut-être qu'une visite de votre part lui donnera un second souffle. J'apprécie sa vivacité d'esprit."
Avant que Rufus ne puisse disparaître au coin du couloir, la voix de Jedusor lui parvint.
"Oubliez-vous que le Seigneur des Ténèbres peut tuer à travers la Marque ? S'il ne récupère pas Black, croyez-vous qu'il le laissera vivre ? Il ne partage pas, Monsieur le Ministre."
Rufus s'arrêta, pris une fois de plus au dépourvu par ses paroles sonnant comme une promesse même si elles détenaient une part de faux. Voldemort ne tuerait jamais de son plein gré sa béquille, son soutien. Scrimgeour le savait. Les mots de Jedusor… ou plutôt de Voldemort étaient sans conséquences. Il plissa alors les yeux et continua sa route, sans jamais regarder en arrière.
{Death of Today}
"Black."
"Black !"
Le jeune sorcier reprit lentement connaissance. Il sentit aussitôt que ses poignets étaient attachés au-dessus de sa tête, ses pieds se balançant presque dans le vide. Ainsi, les blessures sous ses pieds frottaient constamment contre le sol et celles sur son torse étaient douloureusement étirées vu qu'il était suspendu par le haut. Izar essaya de soulever le bas de son corps afin de ramener ses cuisses contre sa poitrine. Ses muscles abdominaux le firent souffrir et il ne lui fallut que quelques secondes pour abaisser ses jambes.
"Putain… de merde…" siffla-t-il alors que les écorchures de ses plantes de pieds effleuraient le sol. Il remua les pieds alors qu'il essayait d'ajuster sa position. Mais peu importe comment il les inclinait, il ressentait toujours de l'inconfort.
"Black..." appela de nouveau la voix à l'extérieur de sa cellule.
Et le dénommé fut cruellement conscient de la position humiliante dans laquelle il se trouvait. Il plissa les yeux vers les barreaux de sa cellule, incapable de distinguer quoi que ce soit au-delà de la forte lumière l'éblouissant. "Qui êtes-vous ?" Son visiteur lâcha un soufflement moqueur en réponse et Izar vit rouge, son tempérament déjà mis à rude épreuve.
"Tu as bonne mine, Black," railla la voix.
Izar pencha la tête en arrière puis poussa un cri de frustration et de colère quand il reconnut Barty Croupton Jr.
"Ça suffit vous deux," interrompit une voix particulièrement familière avant que le prisonnier ne puisse passer ses nerfs sur Barty. "Tomber dans l'absurdité ne te fera aucun bien, Izar. D'après ce que je peux voir, tu as besoin d'autant de contrôle de soi que possible."
"Tom ?" murmura-t-il en relâchant la tension de son corps. Sa tête retomba vers l'avant, ses cheveux recouvrant son visage, ce qui lui apporta un semblant d'intimité. C'était tout ce qu'il pouvait faire. Il était impuissant et ne pouvait pas corriger l'image qu'il renvoyait. Quelle situation dégradante.
"Entre autres," insinua Jedusor pour lui rappeler qu'ils n'étaient pas seuls, sans doute étroitement surveillés.
Pendant un long moment, Izar se concentra sur la respiration de Barty alors qu'il tentait de recouvrer la raison. Il avait sous-estimé Rufus et cru que le niveau de sécurité baisserait après sa première séance de torture, sauf qu'en s'ouvrant de nouveau sur son environnement, il avait pu percevoir les multiples individus à l'extérieur de sa cellule. Néanmoins, Rufus l'avait également sous-estimé et ignorait tout de sa magico-sensibilité.
"Être enchaîné te va bien," annonça soudain Jedusor.
Izar tressaillit. Ses épaules se crispèrent et il devint nerveux. Il était difficile de dire avec certitude si c'était vraiment lui ou non. Ils avaient certes la même voix mais étant donné qu'il étouffait sa créature, Izar ne pouvait pas ressentir l'habituelle attraction présente entre eux. Leur lien était inexistant et il n'avait pas l'impression qu'ils étaient sur la même longueur d'onde. Cependant, connaissant Voldemort, celui-ci ferait profil bas auprès des oreilles et des yeux indiscrets. Il devait lui aussi rester implicite.
Et c'est ce qu'il fit. "Ils partiront bientôt." Ce qui voulait dire qu'Izar passerait bientôt à l'action.
Jedusor émit un bruit de gorge. "Est-ce vrai ?" demanda-t-il avec scepticisme. Son doigt tapota l'un des barreaux, ce qui reflétait son impatience et sa colère. "Le Seigneur des Ténèbres pourrait te tuer, tu sais. Il a assassiné d'autres Mangemorts à travers la Marque des Ténèbres. Certains pourraient même penser que tu trouverais plus facile d'affronter la mort que la torture."
"Non !" grogna Izar en redressant le menton. Il savait exactement ce dont il faisait allusion. Il pouvait prétendre que sa Marque était en train de le tuer puis faire semblant d'être mort. Il n'avait pas de rythme cardiaque et sa peau était froide au toucher. Mais il y avait trop de facteurs inconnus dans ce plan. "Il ne fera pas ça. Je peux endurer cet interrogatoire." Izar était capable d'orchestrer sa propre fuite et n'avait aucunement besoin de l'aide de Voldemort.
"Ç'a l'air d'être le cas, oui," vint la réponse sarcastique. "Néanmoins, je ne peux rien faire pour le moment." Politiquement parlant.
"Et mon Maître ne peut rien faire non plus," ajouta Izar de manière appuyée. "Ce serait imprudent. Laisse-moi donc m'amuser."
Un sifflement se fit entendre. C'était suffisamment discret pour qu'il ait du mal à comprendre. "Tu as un esprit exceptionnel, mon enfant. Tu as su judicieusement anticiper, cependant je doute que tu puisses accomplir cet exploit vu l'état dans lequel tu te trouves."
Izar secoua juste la tête.
"Têtu," désapprouva Jedusor avant de lâcher un petit rire. "M. Croupton et moi allons rencontrer un représentant légal dans l'heure. Si nous ne pouvons pas convenir de quelque chose d'ici là, nous allons peut-être devoir chercher une aide supplémentaire. De nos jours, la scène politique ne semble être qu'une supercherie. Enfermer des mineurs et les torturer… ça me dégoûte."
Avec sa santé mentale actuelle, il lui fallut un bon moment pour décrypter ses paroles. Izar baissa la tête et ses sourcils se froncèrent tandis qu'il pivotait son corps sur la pointe des pieds. Cette action laissa une traînée de sang sur le sol et rouvrit la blessure à son mollet. Il n'y prêta pas attention, faisant face au mur de pierre afin de présenter son dos aux deux sorciers. L'arrière de son corps était en moins mauvais état. Il refusait de ressembler à un poisson éviscéré devant eux.
Izar ouvrit les yeux et scruta la brique grise. "Seulement une heure ?" siffla-t-il doucement. "Tu ne me donnes pas beaucoup de temps." Son fourchelangue ne serait perçu par personne d'autre que Jedusor et son ouïe affinée.
"Ce sera un défi," répondit ce dernier avec suffisance. "...de te faire sortir d'ici par des moyens légaux alors que le Ministre a tant de pouvoir. Néanmoins, je ne suis pas un homme très patient. J'irai au plus vite."
Un défi. C'était toujours ça avec le Seigneur des Ténèbres. Cependant, ses paroles étaient brillantes. Ceux qui les écoutaient rapporteraient la conversation à Rufus qui croirait automatiquement que ce serait Voldemort qui entrerait en scène. Ils s'attendraient à une attaque venant de l'extérieur du Ministère, pas de l'intérieur.
Les chaînes s'entrechoquèrent quand Izar tenta de bouger ses mains. "J'aurais aimé rester et voir sur quoi ça aboutit... la torture et les interrogatoires, je veux dire. Après quelques autres séances, je parierais même qu'ils diminueront leur niveau de sécurité." Il sourit légèrement quand il ressentit son mécontentement. "Je ne peux malheureusement pas m'éterniser. La guerre approche à grands pas et je dois encore fabriquer le dernier Horcruxe."
D'apparence, on aurait dit que Tom Jedusor parlait seul. Izar était trop silencieux pour que quiconque l'entende. Il avait l'air clairement abattu, sans plus aucune retenue – se reposant sur les paroles et l'assistance de son mentor.
"Ne t'inquiète pas, mon jeune pupille. Barty et moi ferons tout notre possible pour réduire les obstacles juridiques retardant ta libération. Malgré son pouvoir de Ministre, Scrimgeour n'a aucune chance face à la vraie justice."
Izar laissa échapper un petit rire haletant. "Ne m'insulte pas," siffla-t-il avec effronterie après avoir compris le sous-entendu. Jedusor tenterait d'éloigner certains Aurors proches de lui. "Je peux m'occuper d'autant de gardes qu'il y en aura placés sur mon chemin. Avec ou sans fichue baguette."
Soudain, Izar parut se concentrer sur autre chose et relâcha sa posture. Il pencha la tête et se retourna, ses traits de nouveau baignés par la lumière vive. Son visage n'arborait plus que désespoir. "S'il te plaît..." souffla-t-il assez fort pour qu'un humain l'entende. "Tom… s'il te plaît, dépêche-toi. Je ne sais pas combien de temps je peux encore tenir." Il paraissait véritablement pitoyable. Malheureusement, il était difficile pour lui d'accepter le fait qu'il avait un joli visage innocent. Mais là encore, il pouvait s'en servir à son avantage.
Izar put presque discerner les exclamations moqueuses provenant des gardes.
"Je me dépêcherai," le rassura Jedusor. 'Ne tarde pas non plus', disaient les mots.
Izar resta tête baissée alors qu'ils quittaient sa cellule. L'adrénaline enflamma son corps.
Oh, il ne pouvait attendre.
{Death of Today}
"Je m'excuse pour mon manque de vigilance à Poudlard ce soir, mais s'attend-il vraiment à ce que nous laissions tout tomber, que nous sacrifions tout juste pour sauver son cul ?" s'enquit doucement Barty Croupton Jr. alors qu'ils remontaient le couloir précédemment emprunté pour aller jusqu'à la cellule d'Izar.
"Hmm..." entama Jedusor. "Quelque chose comme ça." Il ajusta sa paire de gants en cuir rigide puis fléchit les doigts, le brun de ses yeux supplantant le cramoisi. "Ton utilité a pris fin. Prends congé et retourne à la base."
Croupton observa son Maître qui commençait à s'éloigner dans la direction opposée. "C'est tout ? Vous ne voulez pas que je prépare l'armée—"
"Non."
Il cligna des paupières et tenta de reconstituer les événements de ce soir. Peut-être n'avait-il pas suffisamment analysé son Seigneur quand il avait interagi avec Black. Y avait-il quelque chose qu'il n'avait pas remarqué ? Était-ce… Black qu'il n'avait pas étudié assez attentivement ? Impossible. Le gamin était aussi subtil qu'un maudit Poufsouffle.
Puis lui revinrent certaines paroles de son Maître qui remuèrent quelque chose au plus profond de lui. "Je l'ai presque élevé moi-même, Rufus." Barty ravala son vif sentiment de jalousie malgré l'amertume qui l'envahit. Quand il était plus jeune, le Seigneur des Ténèbres avait toujours semblé être présent quand son père ne l'était pas. Avec le temps, il avait lentement commencé à le voir comme une sorte de figure paternelle.
Il devait accepter le fait que Black n'avait pas non plus eu de père ou de mère enfant. Et que leur Seigneur s'attaquait et se nourrissait des vulnérabilités de ses ennemis autant que de ses camarades. D'autres personnes viendraient à développer de l'affection pour son Maître...
"Et vous ? Qu'en est-il de vous ?"
Jedusor continua de remonter le couloir, sa silhouette se fondant lentement dans l'obscurité. "J'ai des affaires inachevées à régler."
