Coucou. Et ouais, alors que je postais le chapitre précédent au début du mois, je poste le suivant à la toute fin du même mois. Ca prend vraiment du temps ces trucs-là^^ Ah et autre chose: entre temps, je suis allée voir l'expo Tolkien à la BNF. C'était plutôt chouette et instructif. En tout cas pour moi qui n'ai pas lu les romans. Mais surtout, c'était vachement joli. Pendant l'expo, j'avais vraiment l'impression d'être un perso du Seigneur des Anneaux. Je suis trop contente d'y être allée:):):):):):)

Hem hem, revenons à la fic. Si j'ai mis plus de temps, c'est parce que là, y a pas mal de contenu original et moins de celui des films. Donc, je suis encore un peu loin d'avoir finit la troisième et dernière partie de ma fic. Va falloir encore un peu de patience. J'espère que ça continuera à vous plaire malgré tout.

Bon assez parlé, je vous laisse lire tranquillement.

Chapitre 24:Sept compagnons

Il ne savait pas pourquoi mais il avait l'impression d'être capable de remuer les paupières. Pourtant, il n'ouvrit pas les yeux. Il avait peur de ce qu'il pouvait découvrir. Que s'était-t-il passé? Etait-t-il encore dans le Mordor?

Plongé dans ses pensées, Frodon sentit, tout à coup, comme un poids sur son corps. Il y avait également une main tenant la sienne. Voulant comprendre, Frodon ouvrit les yeux.

Il se trouvait dans un lit très confortable avec des draps probablement en soie. La salle autour de lui était magnifique. Les murs étaient épurés, propres de tons colorés mêlant le jaune et le blanc. Mais ce fut autre chose qui attira les yeux du hobbit. Il vit une tête aux cheveux roux ainsi que des yeux fermés sur un visage marqué de cernes. Ce visage était féminin. Ils étaient restés ensemble jusqu'au bout. Sam et lui. Même au-delà de la fin. Il aurait tellement aimé que les choses ne se passèrent pas ainsi. Si seulement il était retourné sur la rive et avait fait quelque chose pour qu'elle restât avec la Communauté ce jour-là. N'importe quoi et elle ne l'aurait pas suivi jusqu'à cet horrible chemin. Il la regarda tristement. Il avait cédé au pouvoir de l'Anneau et pourtant, elle avait refusé de le quitter. Comme il était indigne d'elle et de son amour! Il l'enlaça à la fois tristement et tendrement comme pour lui demander silencieusement pardon de l'avoir mené à sa perte imbécile qu'il avait été d'avoir cédé à la tentation.

Ce fut comme si elle émergeait. Sam ouvrit doucement les yeux et gémit. En l'entendant, Frodon se dégagea légèrement d'elle tandis que Sam tourna la tête vers lui. Quand elle le vit éveillé, elle l'embrassa fougueusement et le serra dans ses bras. Frodon réalisa qu'il se fichait pas mal de savoir s'ils étaient dans une autre vie ou pas. Tout ce dont il se souciait, c'était d'être avec elle et de ne jamais l'abandonner. Il répondit à son étreinte heureux d'être à ses côtés.

Alors qu'ils étaient toujours enlacés, les deux amants entendirent une porte s'ouvrir. Ils se dégagèrent légèrement afin de voir qui était leur visiteur. Le visage de ce dernier, ou plutôt de cette dernière, n'avait rien de familier mais ce n'était pas le cas de sa tenue. C'était la silhouette vêtue de blanc qu'il avait vu dans son rêve en train de se battre courageusement aux côtés de Pippin et de nombreux soldats dans une cité assiégée. Mais celle-ci avait enlevé son capuchon, ce qui la rendait parfaitement distinguable. Bien qu'elle n'avait plus le bâton qu'elle avait utilisé lors du siège de la Cité Blanche, il comprit que c'était une magicienne. Ce qui le surprit, c'était que son visage semblait être celui d'une jeune fille alors qu'elle avait des cheveux blancs. La Magicienne se mis à sourire tandis que la porte s'ouvrit. Merryl et Pippin se tenaient devant le trio. Tous deux se mirent à rayonner de joie.

«-Frodon! dit Merryl le sourire jusqu'aux oreilles»

A ces mots, les deux cousins de Frodon se jetèrent sur le lit et enlacèrent ce dernier chacun leur tour. Frodon, persuadé qu'il ne les reverrait jamais, était tellement heureux de les voir devant lui qu'il avait du mal à y croire. Lui aussi rayonnait dans les bras de ses cousins. Bientôt Gimli, Arwen et Aragorn entrèrent successivement. Le Nain souriait de toutes ses dents en frappant dans ses mains joyeusement tandis que l'Elfe affichait un air attendri et souriant.

«-Gimli! Arwen! Aragorn!»

Aragorn souriait aussi. Il avait également une allure plus fière que quand Frodon l'avait connu. Elégamment, et surtout, noblement vêtu.

«-Frodon, dit la magicienne, Vos amis avaient si peur pour vous. C'est un miracle de vous voir vivant.»

Vivant? Alors, lui et Sam avaient survécu? Les autres étaient arrivés à temps et les avaient sortis de cet Enfer? C'était un miracle!

«-Où sommes-nous?

-En Ithildin, Frodon, dit Sam, Cette magicienne et les Aigles nous ont retrouvés dans le Mordor alors que nous étions inconscients et nous ont ramenés ici.

-Héhé! dit la Magicienne, Quand Sam a reprit ses esprits, elle a voulu rester avec vous. C'est en vain que nous avons voulu la convaincre de vous laisser vous reposer. Elle voulait être à vos côtés à votre réveil.»

Frodon caressa l'épaule de Sam. Il avait comprit qu'elle n'avait rien dit à leur sujet. Elle avait bien fait.

La Communauté était enfin réunie. Ils avaient gagné cette horrible guerre. Comme si l'amitié qui unissait leurs cœurs leur avait permit de remporter la victoire grâce à l'espoir que tous avaient malgré leur triste séparation. C'était tellement incroyable que Frodon avait peur que tout ceci fut un rêve pervers.

«-Bonjour monsieur Sacquet. Je suis soulagé de vous voir éveillé.»

Faramir venait d'entrer dans la pièce. Il était vivant! Frodon avait craint le pire depuis que ses rêves l'avait montré à moitié mort sur un bûcher. Quel soulagement de voir qu'il ne lui était rien arrivé de funeste! Il était accompagné d'une femme que Frodon ne connaissait pas. Si elle n'était pas aussi belle qu'une Elfe, elle avait un visage de neige et des cheveux blonds que le hobbit trouva très beaux.

«-Nous vous devons bien plus que de la reconnaissance, dit la femme en question, Sans vous et Samelia, nous n'aurions jamais pu gagner cette guerre.

-C'est Eowyn du Rohan. Elle s'est battue pendant la guerre avec nos amis, expliqua Sam»

Elle décida de ne pas lui parler de ce qu'elle avait vu en rêve: Eowyn achevant le Roi-Sorcier en compagnie de Merryl. La dernière chose que Frodon avait besoin qu'on lui mentionnât étaient les Nazguls après les horribles choses qu'ils lui avaient fait.

«-Hé Frodon, regarde ce qu'on a retrouvé.»

A ces mots, Pippin lança la magnifique chemise protectrice si précieuse volée au hobbit durant sa captivité à la Tour de Cirith Ungol.

«-Comment...

-Ces sales Orques voulaient nous faire croire que tu étais mort et nous ont donné ça comme soi-disant preuve, dit Merryl, Mais évidemment, on les a pas cru parce qu'on savait que vous alliez réussir. Et comme on savait qu'on allait te revoir, on l'a gardé précieusement.»

Plus que le cadeau précieux de Bilbon, Frodon était si heureux de retrouver la joie et l'insouciance de ses cousins. Il s'était demandé ce qui avait pu leur arriver depuis qu'il avait vu Pippin et Gamlad affronter les armées de Sauron en rêve. Il avait même eu si peur pour eux. Les voir avoir gardé leurs sourires et leurs phrases pleines d'entrain le toucha tant qu'il éprouva un mélange de joie et de tristesse.

«-Vous êtes formidables, dit-t-il d'une petite voix

-Tu en doutais? demanda Pippin

-Et incorrigibles, ajouta Sam

-Vous avez beaucoup de chance, Frodon. Ce n'est pas tous les jours qu'un hobbit est protégé par un don des Elfes. Votre oncle a eu raison de vous le transmettre.

-Comment savez-vous que c'est Bilbon qui m'a donné cela? demanda Frodon

-...

Pardonnez-moi de vous parler d'elle après toutes les horreurs que vous avez dû subir, Frodon. Je me doute que cela a dû vous faire horriblement souffrir. Mais je peux vous assurer qu'elle tenait beaucoup à vous.»

Frodon ne comprit pas. De quoi parlait-t-elle? Et surtout de qui?

«-Tout ce qu'elle a vu, je l'ai vu aussi. Elle est tombée à travers le feu et l'eau. Au plus profond cachot, au plus haut sommet, elle combattait le Balrog de Morgoth.

-Gamlad.

-Elle parvint à le vaincre mais quand il se brisa sur le flanc de la montagne, les ténèbres l'entourèrent. Elle s'égara hors de la pensée et du temps. Les étoiles tournaient au-dessus d'elle. Chaque jour était aussi long qu'une existence terrestre. Mais ça aurait pu ne pas être la fin. Sa tâche n'était pas accomplie et elle aurait dû être renvoyée. Mais ce n'était pas sa volonté.

-Que voulez-vous dire?

-Certains magiciens comme ceux de la race de Gamlad ont le don de pouvoir revenir à la vie comme vous avez pu le comprendre, monsieur Sacquet. Mais ça n'était pas mon cas. Autrefois j'étais sa disciple et mon existence s'était prématurément achevée quand j'ai voulu protéger une Cité d'Elfes d'un assaut d'Orques durant ma précédente vie. Et il faut croire que mon acte a été suffisant pour lui prouver que j'étais digne de protéger ce monde puisque lorsqu'elle avait encore la chance de pouvoir revenir parmi vous, elle a fait un autre choix.

-Lequel?

-Elle a décidé de me léguer son don en me laissant cette phrase en tête. «Vous êtes partie trop tôt. Vous aviez des ambitions. Vous êtes courageuse, vous avez des choses à accomplir. Dites à ceux qui croyaient en moi quel est le passé qui nous lient. Ils vous feront confiance. Combattez les ténèbres, réussissez là où je ne peux plus intervenir.» Et c'est moi qui ai eu une nouvelle existence terrestre à sa place.

-Oh!

-Peu auraient osé faire ça. En général, ceux qui ont droit à une seconde vie se l'accordent mais Gamlad a préféré usé sa seconde vie pour en sauver une autre. C'était quelqu'un d'admirable.

Quand je suis revenue à la vie, comme le don venait de Gamlad et non de moi, sa vie est comme entrée en moi. J'ai donc vu tous ses souvenirs et ainsi, je connaissais votre visage ainsi que ceux de vos amis. J'ai également compris la gravité de la situation dans laquelle la Terre du Milieu se trouvait. Et grâce à Gamlad, j'avais réussi à avoir cette vie mais aussi les capacités et les pouvoirs que je n'avais pas pu apprendre. Je suis donc revenue plus forte que dans mon passé et prête à ne pas laisser le monde que j'aimais se transformer en un monde dominé par la souffrance et la peur. Pas parce j'avais comprit que Gamlad avait confiance en moi mais parce qu'elle savait que je n'abandonnerai jamais le combat pour la justice.»

Frodon avait attentivement écouté le récit de cette magicienne. Il voyait enfin celle qui avait sauvé Faramir et Pippin de ce fou qui avait tenté de brûler son propre fils vivant. Il ne se l'était pas avoué mais au fond de son cœur, il avait espéré que c'était Gamlad qui avait fait ceci car il avait eu le faible espoir qu'elle eut pu survivre. Et le fait de savoir que cela aurait pu être le cas lui fit mal dans son cœur. Mais en même temps, le fait qu'elle ait sacrifié sa vie pour, non seulement sauvé la sienne et celles de ses amis, mais sacrifié sa chance de survie pour la laisser à une personne qui lui était chère n'était qu'une preuve de plus de sa gentillesse et de son courage. D'autant plus que Gamlad avait choisi la bonne personne qui achèverait ce qu'elle n'avait pas pu terminer puisque, malgré son erreur du passé, cette magicienne en face de lui était digne de confiance puisqu'elle avait motivé des troupes à se battre, défendu une cité assiégée et sauvé son cousin, son ami ainsi que Sam et lui-même. Elle avait être écoutée des Aigles qui avait sûrement reconnu l'essence de Gamlad dans son corps pour accomplir une telle chose car peu avant leur confiance en Terre du Milieu.

«-Je suis Wendral la Blanche, dit la magicienne»

Quand Wendral eut finit son récit, Frodon eut à la fois une impression étrange de découverte et de déjà-vu. Certes, il ne connaissait pas Wendral mais sa manière de parler, ses longues phrases ressemblaient à des mots que Gamlad auraient exprimés. Et elle lui avait parlé comme si elle le connaissait malgré ses quelques efforts de distance pour ne pas le déstabiliser. Oui, Gamlad était en face de lui. Morte mais en face de lui sous la forme de cette Wendral qui s'excusait de ne pas être revenue pour lui pour des raisons qu'il comprit très bien. Il n'avait pas le droit d'être en colère. Gamlad avait fait ce qu'elle avait fait pour de bonnes raisons y comprit sauver sa vie. Il s'en souviendrait toujours comme quelqu'un de bien.

Quand la conversation fut finie, Sam se tourna vers Wendral:

«-Je suis sûre que Gamlad aurait été fière de vous, Wendral. Merryl et Pippin n'arrêtent pas de dire que vous avez accompli de grandes choses.»

Wendral ne dit rien mais se remit à sourire. Puis elle reprit la parole.

«-Vous avez encore besoin de repos Frodon. Nous allons vous laisser.

-Sam peut rester, dit-t-il, Nous voudrions être seuls un moment.

-Quoi? Mais pourquoi? demanda Pippin surpris

-Pippin, dit Frodon

-S'il vous plait, laissez-nous, insista Sam

-Mais...

-Ils nous retrouveront plus tard, Pippin, dit Merryl, Si tu avais été obligé d'accomplir une quête jusqu'au bout, tu aurais besoin de faire enfin ce que tu veux après ça.

-...

D'accord. A plus tard alors.

-A plus tard, dit Frodon

-A plus tard, dit Sam»

L'assemblée quitta enfin la salle même si Pippin semblait toujours un peu contrarié.

Quand ils furent sûrs d'être seuls, Sam s'allongea sur le lit et s'appuya sur le torse de Frodon qui l'entoura de son bras et lui caressa le dos. Il déposa un baiser dans ses cheveux tandis qu'elle savourait ses doux gestes en fermant les yeux.

«-Ils ne savent pas, dit Sam, Ni sur ce qui s'est passé, ni sur nous.

-Sam?

-Hmmm?

-Tout ça, c'est réel? Vraiment réel?

-Oui Frodon, c'est réel. Moi aussi, j'ai eu du mal à y croire quand je me suis réveillée. D'abord, je pensais que nous n'étions plus de ce monde. Mais j'ai compris que tout ceci était réel pas parce que Gamlad n'était pas là mais pour une autre raison.

-Laquelle?

-Si nous étions morts, Boromir serait aussi à nos côtés.»

Un silence s'installa entre eux. A l'entente de cette évidence, Frodon fut à la fois soulagé et très mal-à-l'aise. Il aurait dû comprendre l'évidence en voyant le cadet du Gondor sous ses yeux au lieu de l'ainé plutôt que de rester dans l'incertitude. Pour ne plus avoir l'air aussi bête, il préféra changer de sujet.

«-Merci de ne pas leur avoir dit pour nous.

-Après ce que nous avons vécu, je ne pense pas que tu aurais aimé parler de ça à ton réveil. En particulier avec tes cousins.

-Hahaha!»

Sam éprouva un mélange un grand soulagement à entendre Frodon rire. Il ne l'avait plus fait depuis si longtemps et elle avait eu peur qu'il n'en fût plus jamais capable. Elle se cala davantage contre son torse afin de profiter davantage de la chaleur du hobbit qu'elle chérissait.

«-Frodon.

-Hmmm?

-Ce que j'ai dit sur ce rocher, je ne l'ai pas dit parce que j'ai cru que j'allais mourir. Je l'ai dit parce que je le pensais. Comme ce que j'ai dit quand nous sommes partis pour le Mordor.

-Moi aussi Sam. Je l'ai toujours pensé. Toujours. Et grâce à nos amis, nous sommes vivants.

-Et je compte bien vivre cette vie avec toi.

-Cette vie a déjà commencé, dit Frodon avant de l'embrasser»

Il avait raison. L'Anneau était détruit, ce fardeau était derrière eux. Et plus important encore, ils avaient comprit qu'ils s'aimaient. Ils avaient encore du mal à le croire mais ils allaient vivre comme un couple normal. Pas de souffrance, pas de peur de perdre l'autre, pas de danger de mort. Juste eux deux et une vie normale et calme dans un lieu paisible et sans malheurs où ils pourraient être heureux.

.

Il n'avait pas pu s'en empêcher. Il avait eu besoin de rester en catimini pour observer ce qui allait se passer. Pas parce qu'il avait toujours aimé fouiner pour raconter des choses amusantes qu'il avait vu. Non, cette situation était différente. Qu'est-ce qui pouvait être si important au point que Frodon et Sam ne voulaient le dire à personne, même pas à eux? Pippin s'était caché discrètement. Merryl avait bien tenté de le tirer par le bras puis par le col mais il s'était obstiné. Préférant lui sauver la mise au cas où il se ferait prendre plutôt que de fuir comme une lâche, elle était restée avec lui. Tous deux avaient observé ce qui s'était passé.

Quand Pippin vit Frodon et Sam échanger un baiser, il ne fut pas que stupéfait. Il n'avait rien soupçonné entre ces deux-là. Jamais. Ce fut comme s'il était face à une terrible vision. Comme s'il était piégé dans un cauchemar. Ca ne pouvait pas être réel. Ca ne se pouvait pas!

Merryl se mis à sourire. Ca n'était pas trop tôt. Il avait vraiment fallu que ces deux têtus firent un voyage qui aurait pu les tuer pour comprendre leurs véritables sentiments. C'était à la fois exaspérant et drôle. Elle était si heureuse pour son cousin qui avait trouvé le bonheur. De plus, elle avait toujours apprécié Sam qui, en plus d'avoir du caractère, était la fille la plus gentille qu'elle ait jamais connu. Mais en même temps, il y avait quelque chose qu'elle n'ignorait pas.

Pippin resta comme pétrifié pendant encore un certain temps. Ce que sa cousine finit par remarquer. Il était comme condamné à l'immobilité par une quelconque magie. Comme si on l'avait transformé en statue. Ce ne fut qu'au bout de plusieurs minutes qu'il bougea enfin. Ce fut comme si il s'enfuyait car il partit en courant tandis que Merryl le poursuivait.

Pippin courait. Il ne savait pas où mais il voulait être n'importe où sauf à l'endroit qu'il venait de quitter. Il courait. Il courait encore et encore, encore et encore, encore et encore, encore et encore.

Quand il fut épuisé, il tomba à genoux devant un banc sculpté en pierres et éclata en sanglots. Comment avait-t-il pu être assez bête pour ne se douter de rien? Quand ils étaient tous les quatre, Frodon et Sam n'intégraient pas toujours Merryl et Pippin dans leurs conversations, quand il s'agissait de le raccompagner après une soirée, Frodon préférait que ce fut Sam qui le raccompagnât plutôt qu'un autre, Sam disait plus à Frodon qu'à une autre personne de passer le voir à la Forgerie Bonenfant quand il le voulait, elle avait passé des nuits à Cul-de-Sac...Tous ces signes. Il ne réalisait cela qu'à cet instant! Et la dernière chose cruciale: Sam n'avait pas hésité à le suivre jusqu'au bout au prix de délaisser la Communauté et manqué de mourir avec lui. Comment il avait pu être aussi aveugle pour ne pas se rendre compte qu'ils étaient fous amoureux l'un de l'autre? Et lui, pauvre imbécile, qui croyait pouvoir un jour être aimé de Sam. Lui qui avait été séduit par son caractère fougueux, sa gentillesse, son optimisme. Il avait l'impression qu'on lui poignardait le cœur sans que que la dague fût capable de le tuer mais était coincée en le condamnant à rester entre la vie et la mort obligé à regarder ce spectacle pire que l'Enfer.

Quand Merryl retrouva enfin Pippin, elle le vit au bord des larmes. Cela devait bien arriver mais elle avait espéré que ce fut pas aussi tôt. Elle avait souvent vu Pippin regarder Sam ou bien être très souriant dès qu'ils se voyaient. Et il avait été plus inquiet pour elle que pour Frodon lorsque ce dernier avait été blessé par une lame de Morgul et qu'elle était restée soudainement inconsciente et faible longtemps sans explication. Elle savait aussi que Pippin ne voyait pas les petits signes des sentiments que les personnes n'arrivaient pas exprimer à cause de la peur. Ce qui s'était révélé sous ses yeux lui avait brisé le cœur.

Comment réconforter une âme perdue? Sans réfléchir, Merryl s'assit sur le banc et caressa les cheveux de Pippin.

«-Ils ne pouvaient pas être qu'amis. C'était évident, Pippin.

-Laisse-moi, dit le hobbit d'une voix agressive sans s'arrêter de pleurer

-Non.

Je sais que tu souffres Pippin mais tu dois oublier Sam. Elle n'est pas la seule femme-hobbit dans ce monde.

-Tais-toi!»

Pippin avait relevé la tête. Ses traits étaient déformés par la fureur.

«-Tu ne sais pas ce que c'est! D'aimer une personne que tu vois être heureuse dans les bras de quelqu'un d'autre. D'aimer quelqu'un qui te vois seulement comme un ami. D'aimer une personne qui ne t'aimera jamais.

-...

C'est vrai que je ne sais pas ce que c'est de voir une personne que j'aime heureuse dans les bras de quelqu'un d'autre, Pippin. Par contre, je ressens très bien cette...cette...rage de ne pas pouvoir aimer quelqu'un qui ne m'aimera jamais parce je ne suis qu'une amie pour lui.»

En entendant ces mots, Pippin s'arrêta brusquement de pleurer. Qu'est-ce que Merryl voulait dire? Elle aimait quelqu'un qui lui avait brisé le cœur? Mais qui?

«-J'étais si malheureuse quand mon père a abandonné ma mère alors qu'elle était malade. Encore plus quand elle n'a pas survécu à cette maladie. Je n'avais plus aucun parent et personne ne voulait d'une fille de rien. Et il y a eu cette journée où...où j'ai vu ce garçon voler des légumes dans un champ quand je faisais la même chose. Pas parce qu'il était dans le besoin comme moi mais parce que ça l'amusait. Oui, ça l'amusait d'énerver les gens. Même si j'étais stupéfaite de voir que quelqu'un faire ça juste pour s'amuser, je l'ai aidé à s'enfuir parce que le propriétaire du champ avait une faux. On a réussi à s'échapper de justesse.

-Je sais très bien ce qui s'est passé après. Je t'ai présenté à mes parents parce que je savais que tu avais besoin d'aide. C'est pour ça qu'on t'a confié aux Brandebouc. Ils rêvaient d'avoir un enfant mais ils ne pouvaient pas en avoir. Mais Merryl, pourquoi tu parles de notre première rencontre?

-Laisse-moi finir. J'étais si heureuse. J'avais une famille.»

Merryl n'écoutait pas Pippin. Elle se parlait à elle-même et ne faisait plus attention à lui. Plus elle évoquait son passé, moins elle faisait attention à sa présence. Et elle se mit à de lui à la troisième personne comme s'il n'était pas là.

«-Après que ce garçon m'ait trouvé, j'ai décidé de lui apprendre des tas de trucs. Des tours, des mauvais coups. Il adorait ça. On a grandi ensemble. Il a finit par être aussi doué que moi. Doué, rusé. Et on passait tellement de bons moments dans les auberges, les fêtes à danser, à chanter, à boire. Mais il n'a jamais comprit que plus le temps passait, plus j'ai arrêté de le voir comme un ami.

-Merryl?

-Oui. Au fil du temps, j'ai arrêté de le voir seulement comme un ami. Je ne lui ai rien dit parce que je savais qu'il n'y avait d'yeux que pour une autre fille. Alors, je me suis contentée de continuer cette vie tranquille qu'on avait même si je savais qu'un jour ou l'autre, il souffrirait de la vérité sur les sentiments de cette fille et que je devrais le consoler en tant qu'amie. Et puis, il y a eu cette horrible guerre dans laquelle nous avons été embarqués. Nous avons rencontrés des amis, été capturés, sauvés, entrainés dans une bataille avec des arbres enchantés puis séparés à cause du danger. J'ai cru que je n'allais jamais le revoir; et je me suis retrouvée sur un champ de bataille et que j'ai cru que j'allais mourir. Je me suis répétée «Faites qu'il s'en sorte.». Et un miracle s'est accompli. Non seulement il était vivant mais il était venu me retrouver; et il m'a dit qu'il prendrait soin de moi. Même s'il ne le pensait pas de la façon dont je l'espérais, j'étais contente d'entendre ça.»

En réalisant ce qu'il venait d'entendre, Pippin eut un mouvement de recul. Son visage était toujours couvert de larmes mais toute sa tristesse avait disparue. Il n'y avait plus que de la stupéfaction. Est-ce que Merryl venait bien de dire tout ceci? Est-ce qu'elle venait vaiment d'à peine sous-entendre qu'elle...

«-Et maintenant, nous sommes là condamnés à ne jamais être aimés de ceux que nous aimons.

Alors Pippin, tu crois toujours que je ne comprends pas ce que tu ressens?»

Pippin n'arriva pas à prononcer le moindre mot. Jamais il n'aurait cru qu'une telle chose fut possible. Tout ce temps! Et elle n'avait rien dit parce qu'elle avait vu qu'il n'avait d'yeux que pour Sam. Quand Pippin réalisa ceci, il voulut dire quelque chose mais rien ne lui vint à l'esprit tellement il était encore stupéfait. Ce qui poussa Merryl à continuer à parler mais cette fois-ci en versant des larmes.

«-Désolé Pippin. Je pensais être capable de te consoler mais c'est au-dessus de mes forces.

-Merryl!»

Il était trop tard. Quand le jeune Touque avait retrouvé la capacité de parler, son amie avait déjà tourné les talons et courrait n'ayant aucune envie d'être suivie.

«-Merryl! appela encore Pippin»

.

On frappa à la porte de la chambre de Frodon.

«-Entrez, dit-t-il»

Sam s'étant relevée, ni l'un, ni l'autre ne furent gênés de voir Wendral entrer.

«-Aragorn souhaiterait vous voir tous les deux au dîner qui va être organisé. Mais avant, lui et Arwen ont un message pour vous. Le voici «Parth Galen est un bel endroit pour ouvrir son cœur à l'autre». Ils ont dit que vous compridriez.

-...

-...

-Je suppose que je vous verrai au dîner.»

Wendral sortit laissant les deux hobbits perplexes. Ils ne s'étaient pas doutés une seule seconde que l'homme et l'Elfe avaient assisté à leur premier baiser. Et ils avaient fait mine de ne rien savoir. Mais en même temps, cela n'était pas surprenant: Aragorn et Arwen avaient bien fait comprendre chacun de leurs côtés à Frodon et Sam qu'ils savaient que l'un aimait l'autre. Ironiquement, ils avaient donc su bien avant les hobbits eux-mêmes que ces derniers s'aimaient. Ce que Frodon et Sam n'ignoraient pas non plus, c'était que Faramir savait aussi puisqu'il avait vite comprit que les deux hobbits s'aimaient vu qu'ils n'avaient pas nié la chose quand Faramir avait demandé à Frodon si Sam était son amante. Mais tous les autres l'ignoraient. Enfin, si Wendral avait les souvenirs de Gamlad en elle, est-ce que ça voulait dire que, si cette dernière s'était doutée de l'amour mutuel des deux hobbits avant qu'eux-mêmes ne le découvrirent. Cela les amusa plus qu'autre chose. Après tout ce qu'ils avaient vécu, ils avaient besoin de conversations un peu légères.

.

«-Tu peux m'aider à faire le nœud, s'il te plait?»

Sans rien dire, Frodon hocha la tête et se mit derrière Sam afin de faire ce que celle-ci lui avait gentiment demandé. On avait donné à Sam une belle robe verte ainsi qu'un peigne et une crème pour lisser ses cheveux. Frodon portait également des habits élégants. Il avait été exigé que les deux porteraient une épée. Sam s'était emparée de sa lame fétiche tandis que Frodon avait prit la fidèle Dard. On leur avait précisé que de tels attributs renforceraient l'image héroïque que l'on avait d'eux au dîner depuis la destruction de l'Anneau. Cela les avait beaucoup embarrassé. Plus particulièrement Frodon qui avait encore honte de ce qui s'était passé dans la Montagne du Destin. Il ne se voyait comme rien de plus qu'un minable qui ne méritait aucune attention et que seule Sam méritait d'être à cette table. Il ne le dit pas à voix haute pour ne pas ternir la joie que lui et Sam avait retrouvé. Mais celle-ci était trop maline.

«-Il est hors de question que j'aille seule à cette table, Frodon.

-De quoi tu parles?

-Tu crois vraiment que je n'ai pas compris à quoi tu pensais? Depuis qu'on nous a dit qu'on était des héros, tu ne dis plus rien et tu baisses les yeux.»

Il venait de finir son nœud. Elle se tourna vers lui et souleva son menton afin de le forcer à la regarder.

«-Ce n'est pas ce qu'on pense de nous qui compte, Frodon. Ce qui compte, c'est que tout ça soit finit et qu'on rentre chez nous.

-Mais tout le monde va croire un mensonge. Je n'ai rien accompli. Au contraire. C'est toi qui a conservé tout ton courage jusqu'au bout, pas moi. Regarde.»

Il montra sa main droite où ne se trouvait plus que quatre doigts et la tendit vers Sam tout en la regardant tristement. Gollum n'avait laissé qu'un minuscule fragment de son index. Il y avait également une cicatrice où l'on pouvait voir la trace de ses dents crochues.

«-C'est bien la preuve que je dis la vérité.»

Alors qu'il s'attendait à ce que Sam se résigne à accepter ses propos, celle-ci se contenta de prendre sa main.

«-Non. C'est juste la preuve que Sauron était un être monstrueux capable de détruire n'importe qui. Isildur, Boromir, Gollum. Ils étaient tous des gens biens et pourtant, l'Anneau les a rendu fous. Et tu as dit toi-même que l'Anneau aurait pu me détruire. Mais maintenant, tout ça est fini et il n'y a plus de danger. Alors, ne te fais pas de reproche inutilement et laisse les gens croire ce qu'ils veulent. La guerre est finie, l'espoir est revenu. Laissons les rumeurs être des rumeurs tant que ça peut rendre les gens heureux.

-Mais Sam, j'ai...

-Frodon, écoute-moi: je me fiche de ça. En ce moment, ce qui est important, ce n'est pas ce qui a failli arriver, c'est ce qui arrive. L'Anneau n'existe plus et c'est la seule chose qui compte. Alors, ne pense plus à ce qui est arrivé sur la Montagne du Destin.»

Sur ces mots, elle déposa un baiser sur sa joue avant d'ajouter.

«-Viens, on nous attends.»

.

«-Les voilà!»

Merryl avait accueilli son cousin et Sam en signalant son arrivée au dîner avec grand enthousiasme. Cela les avait fait sourire. Frodon ressentait moins de honte et eût un regard amusé.

«-Bonsoir mes amis, dit Aragorn, Venez donc vous joindre aux réjouissances. Vous l'avez bien mérité.

-Aragorn, dit Sam après s'être assise, Nous avons entendu les gens de l'Ithildin parler. C'est vrai ce qu'ils disent? Vous allez être couronné au Gondor?

-Oh! dit Arwen, Nous allions vous le dire mais les rumeurs sont allées plus vite que nous.

-C'est formidable, dit Frodon, Bravo Aragorn!

-Votre courage a sauvé la Terre du milieu, chers hobbits. C'est vous qu'il faut féliciter. La paix est enfin revenue en Terre du Milieu et tous ses peuples ne vivront plus dans la terreur. Quant à vous, je vous souhaite de tout cœur de retrouver la joie de votre pays.

-Et un peu de nouveauté, dit Merryl, Allez vous deux, tout le monde est au courant.

-Wendral nous a bien transmis le message, Aragorn, dit Frodon

-Et on dirait que le bouche-à-oreilles a fait le reste, dit Sam

-Désolé, dit-t-il, C'était malgré nous.

-Pardon pour ceci, dit Arwen à Sam

-Hum.

-C'était là votre premier baiser? demanda Pippin, Wow!

-Quoi? Demanda Sam

-C'est rien, c'est juste que...la rivière était jolie. Et vous deux là-bas...Ca a dû...être agréable.

-Je ne pense pas que ce terrain-là soit nos affaires, Pippin, dit Merryl rapidement en fixant Pippin tout en lui faisant comprendre implicitement qu'il devait faire attention à ses mots

-Vous avez raison Merryala, dit Wendral

Frodon, Samelia, je sais que ça va vous paraître étrange mais nous avons besoin de savoir des détails sur votre voyage.

-Pourquoi? demanda Frodon surpris

-Oui pourquoi? demanda Sam à son tour

-L'histoire de la destruction de l'Anneau est la chose la plus importante qui est arrivée car c'est ce qui a permit la victoire des peuples libres de la Terre du Milieu. Beaucoup interrogeront les Hommes sur cette fameuse victoire alors que ce ne sont pas eux qui ont accompli ce miracle. Ils doivent donc dire à qui revient le mérite et comment cela s'est produit. Nous devons donc l'entendre de votre propre bouche.

-...

-...

-Nous savons qu'il était avec vous. Faramir nous a parlé de cette créature repoussante d'aspect répugnant.

-...

Il disait vouloir nous guider jusqu'au Mordor. Mais...il nous a piégé. Il nous a séparé Sam et moi puis a voulu voler l'Anneau. Mais j'ai réussi à lui échapper. Seulement, un gigantesque monstre sur pattes était sur mes traces. Elle m'a piqué et j'ai perdu connnaissance. Je ne sais pas ce qui s'est passé après ça.

-Samelia, le savez-vous? demanda Wendral

-G...Gollum a...a voulu...voulu...m'empêcher d'aller jusqu'à Frodon mais il a échoué. Quand...Quand Frodon était inconscient, je suis arrivée au moment où cette créature allait le dévorer et je...j'ai réussi à la...la toucher.

-Tu...Tu l'as combattu? Dit Merryl, Wow!

-Incroyable, murmura Pippin impressionné par le courage de Sam et, surtout, réalisant davantage que son amour pour Frodon aurait pu lui être fatal,

Bravo, chère dame, ajouta-t-il de son ton habituellement enjoué pour qu'on ne soupçonna pas ce qu'il pensait réellement, Bravo.»

Merryl l'écoutait et le regardait. Personne ne semblait s'en douter mais elle voyait bien que le ton et le sourire de Pippin était forcés. Mais en même temps, on pouvait déceler un peu de joie dans sa voix. Elle ne savait pas pourquoi mais il y en avait bel et bien.

Frodon n'avait pas idée de la bravoure dont Sam avait fait preuve pour lui au moment où il était sans connaissance. Affronter une monstruosité pareille. Sam avait été soit inconsciente, soit très courageuse. Peut-être un peu des deux. Mais surtout courageuse. Un énorme élan de tendresse s'empara de lui et il se saisit de la main de Sam en tentant de lui montrer tout l'amour qu'il ressentait pour elle à travers ce simple geste.

En sentant cette main sur la sienne, Sam comprit ce à quoi Frodon pensait, elle la serra doucement répondant avec la même tendresse.

«-Mais ça n'explique pas comment vous êtes parvenu jusqu'au Mordor, constata Wendral

-A...Avant que Frodon n'ait pu reprendre connaissance, des Orques sont arrivés. Ils avaient réussi à emmener Frodon mais j'avais réussi à prendre l'Anneau et ils ne l'ont pas récupéré. Mais il était hors de question que je laisse Frodon dans cette tour affreuse. Alors, je...je suis montée là-haut et j'ai...je l'ai retrouvé et nous sommes partis de cet endroit déguisés en Orques jusqu'au Mordor.

-Wow! dit Merryl une nouvelle fois, Alors comme ça, Sam t'a sauvé?

-Tellement de fois que je ne peux pas les compter, dit Frodon en caressant doucement l'épaule de son amante qui frémit

-Bien, dit Wendral, Nous ne vous demanderons rien de plus. Vous avez besoin de ne plus penser à ceci.»

.

Dans les paysages de l'Ithildin.

«-Je ne savais pas que tu as dû faire face à cet horrible monstre pour me sortir de cette tour.

-Je n'ai pas tellement eu d'occasions de le dire jusqu'ici, dit Sam en ayant un léger rire»

Sans rien dire, Frodon serra son amante contre lui. Cette dernière, tout d'abord un peu déstablisée par ce brusque élan de tendresse soudain, ne sut pas quoi faire d'autre à part répondre doucement à son étreinte comprenant que Frodon recherchait auprès d'elle de l'affection.

«-Sam, tu es si courageuse.

-Non Frodon. Je suis juste amoureuse.»

.

La nuit étant tombée, le jeune couple de Hobbits était reparti dans leur chambre. Ils n'étaient pas encore couchés. Frodon rêvait près d'une fenêtre tandis que Sam le regardait en souriant. Aucun des deux ne parlaient mais chacun des deux pensait à la même chose. Finalement, ce fut Frodon qui brisa le silence.

«-Quand on sera de retour à la Comté, tu pourras venir vivre à Cul-de-Sac. Oh! On fera les choses officiellement bien sûr. Je ne te presserai pas avec ça.

-Ne t'inquiète pas. Vivre avec toi a toujours été un de mes plus beaux rêves. J'aimerais déjà même être à Cul-de-Sac.

Mais avant ça, je voudrais passer du temps avec ma famille à mon retour. Ils ont besoin de moi. Enfin sauf certains d'entre eux.»

Bien qu'il ne sourit pas, un son ressemblant à un ricanement sorti de la bouche du semi-homme. Frodon savait que même si elle les aimait tendrement, Sam était agacée par sa famille. Et même si elle se languissait de les revoir car elle se savait aimée d'eux et que son départ les avaient sûrement attristés, il savait qu'au plus profond d'elle-même, elle redoutait leur reproches. Ils seraient sûrement en colère qu'elle fût partie si longtemps sans explication. Et même si Frodon, Sam, Merryl et Pippin pourraient parler d'un voyage périlleux qui les avaient poussé à quitter la Comté temporairement, rien ne pourrait soulager la future colère d'Hamfast Gamegie, de sa femme Bell née Bonenfant et sa sœur Maya. Par contre, Sam ne redoutait pas son frère Anson. La seule réaction qu'il aurait serait une grosse déception et colère de ne pas la voir morte. Elle était même satisfaite à l'avance à l'idée de le voir enrager quand elle le remettrait à sa place sans même parler. La seule personne qui serait vraiment heureuse de la revoir sans rien lui reprocher serait sa sœur Mag. Celle dont elle s'était si souvent occupée, qu'elle soignait quand elle se faisait des blessures superficielles, qu'elle faisait sourire en lui fabriquant des jouets. Non seulement, Sam la réconforterait autant qu'elle le désirerait pour rattraper le temps perdu mais Mag lui donnerait les sourires qu'il faudrait pour que Sam supportât tous les reproches qu'on lui ferait.

«-Ca prendra le temps qu'il faudra. Oui, le temps qu'il faudra.»

A peine avaient-t-ils parlés que les deux Hobbits réalisèrent quelque chose: c'était leur première vraie conversation de couple. Jusque là, malgré le fait qu'ils avaient réussi à s'avouer leur amour mutuel et avaient été renforcés par ce dernier, les horribles circonstances dans lesquelles ils s'étaient retrouvées n'avaient pratiquement parlé que de la quête de l'Anneau sans pouvoir réellement profiter de leurs sentiments comme un couple normal. Sans s'en rendre compte, ils s'imaginèrent à la Comté, à Cul-de-Sac. En train de parler de tout et de rien. Ou bien près du feu. Dans une chambre en train de se câliner. Voire en train de faire des choses bien coquines. Juste eux deux. Frodon et Sam partirent se coucher heureux de se comprendre mutuellement tout en ayant dans leur cœur ce même désir de mener cette vie qui s'ouvrait enfin à eux et qui n'allait pas tarder à s'accomplir. Et si l'impatienc était encore mêlée à beaucoup de choses, elle n'en demeurait pas moins.

Oui, je sais. Vous êtes sûrement en train de vous demander «Hein? Mais c'est qui cette magicienne complètement inventée? Pourquoi y a pas le Gandalf-femme? Il est pas mort normalement. Qu'est-ce que t'as fait à Gandalf, c*****e?» Ben voilà. Je crois que je fais partie des rares personnes qui pensent que Gandalf aurait dû rester mort. Je veux dire quand il tombe vers ce qui est censé être sa «mort», la Communauté est détruite, tout le monde est dévasté au début. Mais malgré tout, ils parviennent tous à passer à autre chose. Et après boum! «Ah mais en fait je vais bien parce que j'ai le pouvoir de revivre.» Narrativement, je trouve que ça gâche ce que ça signifiait en terme de symbolique pour les autres personnages. Après oui, scénaristiquement, il a fait avancer beaucoup de choses mais je pense que ça aurait été mieux si ça avait été un autre magicien qui avait fait ça. Enfin, je pense que vous avez comprit mon idée après ce que vous venez de lire. J'espère que ça vous a pas mit en colère.

A la prochaine:)