Mot du jour : Xénophile
Important : la drogue c'est dangereux, soyez prudent.e.s si vous en consommez, et dans l'idéal n'en prenez pas.
Dans la liste des choses que Lars ne pensait pas voir à moins de trois jours de Noël, la nation portugaise avec une valise et un air désespéré sur le pas de sa porte se classait relativement haut. Un simple sourcil interrogateur se leva pour que Joao lui fournisse une explication.
- Toute la famille latine et leurs copains se sont réunis pour fêter Noël à Rome. La baraque est pas insonorisée donc je dors pas et j'en peux plus de les voir roucouler du matin au soir.
- Et ça devrait être mon problème parce que ?
- Je te demande l'asile jusqu'à la veille de Noël.
- C'est non.
- J'ai apporté de quoi faire les repas pour deux jours, de quoi boire et payer plusieurs joints jusque-là.
Le froncement de sourcils se mua en sourire ironique mais appréciateur.
- Jusqu'au vingt-quatre décembre de cette année à dix-huit heures maximum. Et tu cuisines.
L'air de soulagement déferla sur le brun et il entra en remerciant environ un millier de fois son hôte. Lars n'était peut-être pas la nation la plus ouverte et hospitalière aux yeux du monde, mais c'était juste parce qu'ils ne savaient pas s'y prendre. Et qu'on ne vienne pas dire au portugais qu'il n'y connaissait rien en économie. Soit, ses dirigeants n'étaient pas au niveau de ceux qu'Antonio et lui avaient lorsqu'ils étaient les maîtres du monde, mais on ne dirige pas un comptoir commercial comme Macao pendant quatre siècles sans rien apprendre sur tous les aspects commerciaux possibles et imaginables... que ce soit du côté légal ou moins légal.
Et Lars en avait parfaitement conscience. Il aurait refusé d'accepter chez lui la plupart des nations, mais le portugais était de loin le plus supportable et le plus sensé de toute la famille latine. Et le plus calme aussi (les siestes de Grèce ne comptent pas puisque ses chats foutent un bordel constant et des poils partout). En clair, il y avait dans l'esprit du néerlandais la possibilité de passer quelques bons moments avec un arrangement financier satisfaisant.
Quelques heures et substances plus ou moins licites plus tard, les deux nations étaient assises sur un canapé et alternaient rires et indignations envers leurs confrères.
- C'est quoi leur délire avec les animaux chelous ? Pourquoi un poussin et un putain de pigeon ?
- Ton frère a un taureau mec...
- Il est assez taré pour se taper Lovino !
- Pas faux, admit Lars. Putain je viens de penser mec.
- Ouais ?
Toute la figure du blond venait de s'éveiller dans ce qui apparaissait être une révélation philosophique fulgurante.
- En fait on est tous résumés par un mot. Par le nom de notre pays. Mais c'est un seul mot qui en résume des millions pour décrire notre histoire, notre peuple, notre culture et toutes ces conneries ! Mais en même temps c'est pas nous, tu vois. Parce que nous on a aussi notre caractère, notre personnalité propre. Faudrait qu'il y ait un mot pour résumer qui on est, comme notre nom de pays. Ça serait génial non ?
Joao avait la bouche grande ouverte. De là à savoir pour quelle raison, trois options possibles. Un, il essayait de mieux boire les paroles profondes de son hôte. Deux, il essayait désespérément de tout comprendre et ça ne marchait que moyennement. Trois, il venait soudainement de réaliser que Lars était canon. Son cerveau était un peu trop embrumé pour définir laquelle ou lesquelles étaient la ou les bonnes.
- Ouais, finit-il par approuver.
- Faut trouver du coup. Un mot pour se définir. Toi t'es quoi au fond de toi ?
Devant le sourire éclatant et amusé (et beaucoup trop rare) du néerlandais, le portugais arrêta juste de réfléchir pour la soirée.
- Actuellement, xénophile limité.
L'expression amusée devint profondément confuse, puis concentrée, puis de nouveau confuse. Joao trouva inconsciemment le moyen de trouver terriblement sexy toutes les expressions émotionnelles que Lars laissait paraitre. Plongé dans ses réflexions sur les trois mots prononcés par son invité, le blond finit par résumer ses pensées à voix haute.
- Hein ?
- Quoi hein ?
- Pour te définir maintenant, tu es quelqu'un qui aime les étrangers mais partiellement ?
- Ben là tout de suite, je me sens très attiré par l'étranger, mais pas tous. Juste un.
Il accompagna sa phrase d'un clin d'oeil et d'un regard qui s'attarda sur tout le corps du néerlandais.
Celui-ci enregistra les paroles et les actes, puis répondit dans un murmure faussement agacé avec un sourire carnassier.
- Abruti...
Il reposa le joint qu'il tenait sur la table proche et attrapa la main du portugais pour le faire basculer sur lui. Juste avant de s'emparer de ses lèvres, il eut un éclair de lucidité. S'envoyer en l'air avec Joao (ce qu'il savait déjà être une expérience particulièrement appréciable), c'était prendre le risque de se faire inviter au Noël de la famille latine. Lorsque le brun commença à réellement l'embrasser, il décida que ce n'était pas si grave.
Il n'aurait qu'à refuser d'y aller et garder le portugais quelques jours de plus comme cadeau de Noël personnel.
Et c'était le dernier texte de ce calendrier, mille excuses pour le retard mais les derniers jours ont été... intenses et j'ai juste pas eu le temps d'écrire. Merci merci merci et merci d'avoir été aussi réactifs, aussi positifs dans vos retours, et aussi tolérants sur mes ships de plus en plus farfelus.
C'était un sacré défi pour moi de faire ce calendrier et j'espère qu'il vous a plu à tous et toutes, y compris celleux qui ne se sont pas manifestés et qui ont juste lu. Moi ça m'a fait super plaisir de l'écrire. Je vous remercie encore une fois de l'avoir suivi et je vous souhaite de très belles fêtes de fin d'année !
