Note de l'auteur :

Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.

J'aime beaucoup la petite famille que forment Alain, le professeur Platane et Martine, sans oublier leur Pokémon, Dracaufeu, Carchacrok et Marisse.

Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).

Avertissement :

Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.

Note du chapitre actuel :

Professeur Platane x Zoé (OC)

L'une des symboliques de la clef est celle de la connaissance.


Le vent souffle doucement, portant le chant des Passerouge sauvages. Les températures se refroidissent, provoquant sur leur peau de légers frissons. L'azur du ciel s'estompe, laissant des traces de pastel orangé aux dessus de leur tête. Leurs sac de cours sont abandonnés un peu plus loin, couchant les hautes herbes sous leurs poids. Ils sont seuls, rien que tous les deux, allongés l'un à côté de l'autre sur un tapis végétal. Augustin ne voudrait être nul part ailleurs.

– Le soleil décline. Je devrais peut‑être retourner chez moi maintenant. Mes parents vont bientôt rentrer.

Augustin ne le sait que trop bien. Les parents de Zoé sont sévères et rigides. Ils ignorent totalement que leur fille a une relation avec lui. S'ils savaient le nombre de moments intimes qu'ils ont partagé, ils seraient furieux contre leur fille, et contre lui.

Le jeune lycéen se tourne vers son amie. Il enfouit son visage entre son cou et son épaule, la chatouillant avec son nez. Zoé échappe aussitôt un rire léger qu'Augustin trouve adorable.

– Augustin, s'il te plaît !

– Reste avec moi.

Zoé parvient à s'échapper à l'étreinte d'Augustin. Ses longs cheveux sont parsemés de brins d'herbe. L'adolescent les retire avec douceur. Il profite quelques instants de la douceur de sa chevelure qu'il entoure autour de ses doigts. Augustin se relève ensuite, lui tendant sa main pour l'aider à se relever. Une fois debout, Zoé essuie sa longue jupe mauve et défroisse un pli de son gilet. Son partenaire en profite pour l'embrasser doucement sur la joue.

– Comment vas‑tu réussir à te passer de moi si tu deviens l'étudiant du professeur Sorbier ?

– Je trouverai une solution pour t'emmener... Mais je pourrais te dire de même.

L'adolescente lui sourit. Depuis qu'il lui a parler de son projet, elle l'encourage. Elle l'aide à tenir physiquement et mentalement les longues journées de devoirs supplémentaires qu'il s'impose en biologie Pokémon. Il rêve de devenir un éminent scientifique Pokémon, d'avoir un jour son propre laboratoire et de percer le secret de la méga-évolution. Et pour atteindre son but, il doit devenir l'étudiant du professeur Sorbier, loin d'ici, à Sinnoh.

– Nous nous voyons demain ?

– Bien sûr.

Zoé s'éloigne de lui en continuant de le regarder dans les yeux. Augustin sait qu'elle aime énormément ses iris bleus. Elle lui a dit toujours que c'est ce qu'elle préfère physiquement chez lui. Elle affirme qu'ils sont d'une teinte calme et apaisante. Si Augustin devait choisir un détail de son apparence chez elle, ce serait sans hésiter ses cheveux et leur douceur. L'adolescent l'observe partir, ses mèches châtain s'agitant dans ses mouvements. Il la regarde jusqu'à ce qu'elle soit disparue dans la forêt.

Augustin aime énormément Zoé. Elle n'est pas seulement la fille dont il est amoureux, elle est aussi sa meilleure amie. Si seulement ses parents acceptaient qu'elle entretienne une relation avec un garçon, il pourrait la voir beaucoup plus souvent. Se comporter comme il désire avec elle en public. Ne pas se cacher derrière des casiers pour l'embrasser. Il aurait voulu la raccompagner mais il ne peut pas. Il devra attendre demain pour la revoir.

L'adolescent décide de rentrer chez lui à son tour. En voulant récupérer son sac, il réalise que Zoé a laissé le sien. Il les ramasse tous les deux et commence à courir en direction du chemin que son amie a emprunté. Il s'enfonce dans la forêt qu'il trouve soudainement étrangement sombre.

Le soleil semble se coucher très rapidement, des étoiles naissant dans le ciel noir. Augustin espère que les parents de Zoé ne sont pas déjà rentrés, ou elle aura des problèmes avec eux.

Il continue de courir droit devant lui. Puisqu'elle était parti en marchant, Zoé ne devrait pas être très loin. Pourtant, il a l'impression de s'enfoncer de plus en plus dans la forêt.

Au dernier moment, il aperçoit une racine robuste. Trop tard, ses pieds sont déjà pris dedans. Augustin tombe à la renverse, échappant les deux sacs. Il se relève en gémissant, les vêtements couverts de terre. En essuyant rapidement ses manches, il réalise qu'il porte à présent sa blouse blanche. Celle qu'il utilise pour travailler dans son laboratoire. Augustin, confus, constate que la lune est à présent haute dans le ciel. Il abandonne les sacs, qui ont de toutes façons disparus.

Il doit retrouver Zoé. Cela fait des années qu'il ne l'a pas vu. Mais elle doit être inquiète, seule dans le noir, à craindre de ne pas pouvoir rentrer à temps. Soudainement, un éclat mauve parvient à sa vision. Le professeur Platane le reconnaît immédiatement comme étant le pan de sa jupe.

– Zoé attends‑moi !

Augustin tente de la rattraper. Sa blouse s'agrippe dans les ronces et lui fait perdre de précieuses secondes. L'homme parvient à se dégager en la déchirant. Avec quelques efforts, il parvient à rattraper la silhouette. Exténué par sa course, il doit reprendre son souffle avant de parler. Augustin pose sa main sur son épaule, pour qu'elle s'arrête et se retourne.

En voyant son visage, l'homme constate que ce n'est pas elle. Il n'a pas réussi à le reconnaître dans le noir, et seulement maintenant, à quelques centimètres de ses yeux bleus il constate sa méprise. Augustin est certain que Zoé adorerait ses iris, plus clairs que les siens.

– Alain ? Que fais‑tu ici ? Rentre au laboratoire, tout le monde s'inquiète pour toi.

– Je ne peux pas.

– Pourquoi ?

L'adolescent lève les mains devant l'adulte. Il montre ses poignets enchaînés par une paire de menottes. Malgré l'obscurité, les coupures sur sa peau claire sont parfaitement visibles. Une vision qu'Augustin n'apprécie pas.

– J'ai besoin d'une clef.

Le professeur Platane fouille frénétiquement ses poches. Il est certain de l'avoir. L'intrus du laboratoire lui a donné en échange des gemmes. Mais impossible de trouver le petit objet métallique. La clef est forcément sur lui, il ne peut pas l'avoir perdue. Détachant son regard de son assistant, il examine chaque partie de ses vêtements dans laquelle la clef est susceptible d'être.

– Je crois que tu ne l'as pas. Tu ne l'as jamais eu.

– Si, bien sûr que je l'ai... mais, tu me tutoies maintenant ?

Augustin relève la tête, surpris par un tel changement d'habitude de la part de son assistant. Cela ne lui ressemble pas et est très étrange de sa part. Que l'adolescent le tutoie ne le gênerai pas, mais cela contraste tant avec sa nature réservée. Ce n'est pas normal. Le scientifique découvre avec surprise qu'Alain a disparu. Aucune trace de son passage, ni même preuve qu'il ne se tenait face à lui un instant plus tôt.

Au bruit de l'alarme de la messagerie de son ordinateur, Augustin sursaute sur son siège de bureau. La lumière l'éblouit soudainement, il tente de protéger ses yeux de ce rayon puissant. Il échappe une plainte. Son espace de travail est couvert de documents. Le scientifique jette un regard à son ordinateur, encore à moitié aveuglé. Sept heures du matin. Il réalise qu'il est endormi à son bureau alors qu'il voulait continuer la rédaction d'un dossier important. Un message en bas de son écran indique qu'il a reçu une invitation pour assister à la ligue Pokémon. Une proposition venant droit des organisateurs.

Ignorant pour le moment son mail, le scientifique s'écarte le siège de son bureau et se lève. Augustin s'étire, engourdi de s'être endormi sur son meuble. Il échappe un bâillement et attrape la tasse de café sur son bureau. Le récipient contient un restant de café froid. Le motif de la tasse représente un Salamèche, un Carapuce et un Bulbizarre. Tous sont en train de boire du café, Bulbizarre se servant de ses lianes pour tenir son anse. Un cadeau de son assistant pour Noël. Lorsqu'un liquide chaud est versé à l'intérieur, les couleurs changent, faisant apparaître le contenu des tasses des trois Pokémon. Très utile pour connaître la température de sa boisson, qu'Augustin laisse parfois trop longtemps sur son bureau, absorbé par ses recherches.

Son songe se ravive doucement à la vision de la tasse, bien que ses souvenirs soient flous. Augustin n'a aucune doute pour quelles raisons il a rêvé d'Alain. Il est très inquiet pour lui.

Au début, Alain a respecté sa promesse. L'adolescent appelait jusqu'à deux par semaine pour partager de ses nouvelles avec lui. Alain téléphonait toujours lorsqu'il savait qu'il serait le moins occupé. Le professeur Platane était ravi d'avoir de ses nouvelles. Il ne s'attendait pas à en recevoir autant et cela l'avait agréablement surpris. Certains dresseurs ne donnent pas tant de nouvelles à leur famille. Augustin le sait, car il est souvent le premier à être contacté lorsque les parents sont trop inquiets pour leurs enfants parti en voyage. Comme il remet des starters et offre volontiers des conseils s'il est sollicité, les pères et les mères s'imaginent parfois que leurs progénitures le contactent plus.

Son assistant a cessé sans raison de lui donner des nouvelles. Au dernier appel, Alain lui a fièrement montré que son Salamèche avait évolué. Il n'avait encore pas trouvé de méga‑gemme, le motif de son voyage. Alain ne désespérait cependant pas et affirmait avoir une nouvelle piste.

Quelques jours ont passé, correspondant au délai habituel entre ses appels, et Alain ne téléphonait pas. Le professeur Platane a pensé qu'il était surement éloigné de tout centre Pokémon. Deux semaines se sont écoulées, et Augustin a imaginé qu'il devait être très occupé. Il était sûr qu'Alain l'appellerait plein d'entrain pour lui expliquer avoir vécu quelque chose de formidable ou avoir trouvé l'objet de ses désirs. C'est à la fin de la troisième semaine, qu'il a commencé à s'inquiéter réellement pour lui.

De nombreuses semaines se sont écoulées depuis, et le professeur Platane est toujours sans nouvelle de lui. Cela ne ressemble pas à Alain de ne pas respecter ses engagements. Son assistant a toujours été sérieux. Il aurait dû tenir sa promesse. D'autant que ses appels se sont arrêtés brutalement, alors qu'il lui téléphonait beaucoup.

Augustin ne sait pas comment faire. L'adolescent l'appelait toujours depuis les centres Pokémon. Impossible de le contacter directement. S'il avait su que les choses se passeraient ainsi, il aurait fait comme beaucoup de parents kalosiens font. Offrir un holokit à leur enfant. La pratique est aussi courante d'en d'autres régions ; pokématos pour les régions proches de Johto ou encore vokit pour Unys. Les entreprises savent que ces petits appareils se vendent très bien et se mènent un vrai marché concurrentiel. Si Alain en avait eu un en sa possession, cela aurait été beaucoup plus simple.

Face à son angoisse, Sophie a eu l'idée de vérifier dans le dossier qu'elle avait fait remplir à Alain à son arrivé. N'étant pas adulte, elle avait ajouter une page concernant ses parents, pour justement pouvoir les joindre en cas de problème. L'assistante a été surprise, elle l'avait juste survolé les documents la première fois sans examiner les informations apportées. Le scientifique ne les a pas vu, face à leur inutilité. Sophie lui a clairement expliqué. La colonne concernant sa mère a été complétée entièrement. Mais, une précision la rend immédiatement inutile. Une date de décès. Récente, correspondant à l'année de son arrivée, soit la dernière à s'être écoulée. Concernant la partie sur son père, son contenu est encore plus dérisoire. Alain a simplement barré la colonne sans rien indiquer. Comme s'il avait voulu dire ; non, je n'ai pas de père, ça ne sert à rien de le contacter.

La théorie d'Augustin s'est avéré juste. La mère d'Alain est morte et son père l'a délaissé. Exactement comme il le pensait. S'il y avait bien une chose sur la famille d'Alain, qu'Augustin savait avec certitude, c'est qu'il a une mauvaise relation avec son géniteur. L'adolescent lui a dit mot pour mot que les choses avec lui étaient compliquées. Augustin se rappelle qu'en lui avouant, Alain tentait de cacher sa peine.

Cosette avait néanmoins une piste. Elle connaissait sa ville natale, Mozheim. En appelant la mairie de Mozheim, elle a réussi à obtenir le numéro de téléphone d'autres membres de sa famille. Ses grands‑parents maternels. Elle les a appelé, pensant que eux auraient peut‑être des nouvelles. Encore moins. Cela faisait plus d'un an qu'ils ne savaient pas où Alain était. La dernière fois qu'ils l'avaient vu, tous savaient qu'ils n'auraient plus de contact à l'avenir. Lorsqu'elle a expliqué la raison de son appel, et son lieu de travail, l'assistante a été incendiée et couverte d'insultes. Elle n'avait pas d'autre choix que de raccrocher. Cosette ne l'a pas immédiatement avoué à son employeur, sans préciser la nature exacte des injures. Augustin a eu très envie de les appeler pour leur expliquer le fond de sa pensée. Mais, son assistante lui a dit s'être débarrassée du numéro et il n'a finalement rien fait.

Alain est originaire de Mozheim, comme lui. Pourtant, il ne lui a jamais révélé. Plus, l'adolescent lui a caché. Le jour de son départ, Augustin lui a demandé de lui parler de sa visite à Mozheim, si son voyage le menait là-bas. Alain aurait pu lui répondre qu'il connaissait cette ville. Il s'est à la place comporté comme s'il ne la connaissait pas. Le professeur Platane ne parvient pas à trouver la raison de son mensonge. Cela fait des années qu'il n'est pas retourné à Mozheim, n'ayant aucune raison de se rendre là‑bas. Il aurait beaucoup aimé discuter au sujet de la ville avec Alain.

Avec un père absent et des grands‑parents si peu concernés, Augustin a décidé de contacter la police. De nombreux dresseurs disparaissent chaque année. Cela peut être temporaire, parce qu'ils sont perdus ou blessés, parce qu'ils ont des problèmes ou encore parce qu'ils sont immatures et se soucient peu d'appeler leur parents. Mais Alain n'est pas immature. Il n'est peut‑être pas proche de sa famille, qui selon Augustin ne se soucie absolument pas de lui, mais il lui donnait des nouvelles très régulièrement. Il est impossible de justifier son acte par un oubli.

Il ne reste plus que de la deuxième catégorie de dresseurs disparus. Celle où, lorsque les pauvres sont retrouvés, il est trop tard.

Les accidents ne sont pas rares. Un Pokémon trop dangereux, un manque de réserve pour traverser un lieu sauvage, une blessure qui piège quelque part le dresseur et le condamne, des braconniers qui élimine un inopportun... la liste est longue. Pour cette raison, beaucoup de dresseurs, notamment les débutants, préfèrent voyager en duo ou en trio.

Le professeur a effectué un signalement complet à la police d'Alain. Il leur a donné une photo prise à l'occasion de sa fête d'anniversaire. Plus, il leur a confié sa blouse, si cela pouvait être une piste pour les unités d'Élecsprint. Mais aucune avancée. Rien. Il ne veut pas remettre leur capacité en cause, mais il se demande parfois les recherches sont efficaces ou s'il a été pris au sérieux lors de sa déposition. Il n'est pas après tout pas son père.

Augustin sait que ses démarches devraient être celles de la famille d'Alain. Mais en l'état des choses, il est le seul avec ses assistantes à être inquiets pour lui. Lui, bien plus qu'elles. Il a toujours eu tendance à se comporter avec lui comme s'il était son étudiant et non assistant. Il est vrai que les deux rôles sont proches et que leur limite est floue. Il lui confiait parfois des tâches et des activités qu'un assistant n'est pas censé mener. Comme assister à une conférence en tant que membre du public.

Alain est le plus jeune du laboratoire et a toujours été perçu comme le protégé du groupe, à son insu. Augustin a toujours senti avoir une part de responsabilité envers lui à cause de son âge. Sans parler du fort attachement qu'il a pour lui. Il espère sincèrement qu'il va bien, et serait très soulagé de l'apprendre.

Ses cauchemars sont bien la preuve de la profonde inquiétude qu'il nourrit.