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Disclamer : Les personnages et l'univers de FullMetal Alchemist ne m'appartient pas.
Rating : M (d'un part pour la sécurité et d'autres part car il risque d'y avoir des relations sexuelles)
Bêta (lecteur/correcteur) : Kaga78 / Linda
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Dédicace / Note :
(non corriger)
J'ai beaucoup aimer vos reviews et réaction sur le chapitre précédent. J'avoue que j'avais un peu peur de ne pas avoir réussit à écrire les choses et les émotions que j'imaginer et vous les transmettre.
Je vous remercie pour vos message et votre soutien.
L'histoire touche bientôt à sa fin, mais pas sur que tous y survivent XD
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Discussions sous la couette
Chap 24
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Le cercle de transmutation était terni, montrant qu'il n'était plus actif tandis qu'en son centre, une silhouette était allongée. Comme ce soir là, Roy se précipita sur Edward tandis que Breda courait chercher la veste rouge laissée à l'abandon. Il arriva bien vite auprès de l'alchimiste essoufflé et déposa le vêtement sur Edward tandis que Roy cherchait son pouls.
Rien.
Le militaire commença à paniquer face à ce silence.
Ça ne pouvait pas finir ainsi. Pas maintenant qu'Envy n'était plus là, qu'Alphonse avait retrouvé son corps et que tout ennui semblait enfin résolu. Non, ça ne se pouvait pas.
Voyant la panique du gradé, Riza se pencha sur lui, l'intimant de lâcher prise, retenant avec beaucoup de mal les larmes de couler. Elle sentit la main d'Havoc se poser sur son épaules tandis que Breda n'était pas loin, reniflait la tête baissée, se retenant difficilement de ne pas craquer, sans doute dans l'ultime espoir, comme tous, de voir le jeune alchimiste se réveiller.
C'était peux être ainsi que tout devait finir depuis le début.
« Je sacrifie »
Cette phrase raisonnait dans la tête de tous. Alors c'était ça, depuis le début, une histoire de sacrifice, d'échange équivalent. Peut-être qu'Edward avait prévu cette issue depuis le retour d'Alphonse. Une ultime solution a un ultime problème.
Quand Hugues arriva sur la place avec les autres, il s'était écoulé presque quinze minutes, donc trois que Roy et les autres avaient passées auprès du corps sans vie d'Edward. Daviitad et les autres avaient fini par quitter le restaurant à leur tour, remarquant avec une certaine inquiétude le manque de mouvement du blond.
Il aurait dû se réveiller !
Il devait se réveiller.
Ça ne pouvait pas être finit ainsi. Pas alors qu'il avait gagné, qu'il avait révélé aux yeux de tous la supercherie, empêché une guerre imminente et arrêté un groupe de criminels.
Le Fullmetal Alchimiste ne pouvait pas mourir ainsi !
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Hugues avait fini par venir aider Roy et les autres à bouger le corps d'Edward, toujours sans vie. Après l'avoir installé dans la salle du restaurant à l'écart de toute agitation, Roy avait dû laisser l'alchimiste à contrecœur.
-C'est ta mission Roy. Finis de t'en occuper, je reste auprès d'Edward, avait soufflé Hugues se doutant bien du dilemme qui avait lieu dans l'esprit de son ami.
Roy avait donc quitté le lieu pour rejoindre Daviitad qui commençait à donner les ordres à ses hommes. Une partie des militaires furent chargés de ramasser les corps ou tas de cendres en ce qui concernait Envy et Corto, Fort heureusement il n'y avait pas eu tant de morts que ça. L'autre partie devait s'occuper des civils, les rassurer et tenter de leur expliquer au mieux la situation tandis que les deux généraux de brigade devaient se charger des journalistes et photographes qui venaient d'arriver. Un peu à l'écart, les dignitaires écoutaient et observaient, prêts à intervenir en cas de besoin.
-On leur dit quoi ? questionna Daviitad tandis qu'ils étaient quelque peu en retrait.
-La vérité, répondit Roy, que quelqu'un a usurpé l'identité du général Fubaxata et a cherché à déclencher le conflit entre les deux pays. Que nous nous en sommes rendus compte et l'avons mis hors d'état de nuire lui et ses sbires.
-Vous avez l'habitude de ce genre de situation.
-Bien trop, répondit Mustang avant de s'approcher des journalistes qui étaient restés bien sagement à l' écart près de la boulangerie.
Il fallut une bonne trentaine de minutes aux deux généraux de brigade pour répondre aux journalistes. Bien sûr ils turent l'information de la mort du général Fubaxata. L'homme avait une femme et deux enfants dans le sud du pays, et ce n'était pas tellement souhaité qu'ils apprennent la mort du père de famille à la une des journaux. Daviitad s'était dévoué pour prendre contact avec l'épouse de l'homme et lui apprendre la nouvelle de vive voix, trouvant cela plus humain même s'il préférait le faire en face.
Le corps calciné de Corto fut recouvert d'une épaisse couverture avant d'être emmené à l'écart avec ceux des deux snipers. Pour les cendres qui avaient à un moment été un homoculus, Riza et Breda les avaient ramassées avec soin, veillant à ce qu'il n'en reste aucune trace en les mettant dans une boite empruntée au restaurant.
-On en fait quoi ? osa questionner Breda.
-Aucune idée, nous verrons avec Mustang quand les journalistes seront partis, répondit Riza en se tournant vers les deux gradés qui étaient justement en train de mettre fin à la conversation avec les journalistes.
Roy arriva bien vite auprès du duo, tandis que Daviitad allait voir ses hommes.
-Nous devons essayer de faire disparaitre le cercle, entama le brun.
-Amstrong s'est proposé de le faire, il a juste à remodeler les pavés d'après ce que j'ai compris.
-Très bien.
-Et pour Envy ?
-Dispersez le dans la rivière au nord et l'autre partie ailleurs, forêt, terre, peu importe tant que c'est pas a côté, répondit l'homme en se frottant le cou.
-Et Edward ? osa demander Riza en regardant le restaurant.
-Je ne sais pas, Maes m'aurait averti s'il s'était réveillé malgré la présence des journalistes, assura le brun. Je pense que le médecin ne devrait pas tarder à arriver.
-Il va s'en sortir. Il a déjà traversé pire, tenta de rassurer Breda.
-C'est ce qui m'inquiète. Il a déjà traversé tant d'épreuve et moi comme un idiot je lui en impose d'autres !
-Ne vous en voulez pas boss. Edward l'aurait fait avec ou sans vous. Il est comme ça. Toujours prêt à sauver la veuve et l'orphelin, rappela Havoc en arrivant à leur côté.
Le nombre de fois où Edward s'était mis dans des situations pas possible pour venir en aide aux autres. Ça avait toujours été, Edward était connu pour ça !
-Général de brigade Mustang, appela l'un des hommes de Daviitad.
Le gradé se tourna vers le militaire qui lui montrait deux voitures qui terminaient de se garer à côté du restaurant. Fort heureusement les journalistes étaient partis et ne risquaient plus de prendre des photos. Roy échangea un regard avec ses hommes avant de prendre la direction du restaurant. De la première voiture, un médecin et trois infirmières descendirent, tandis que montaient à leurs places les dignitaires qui allaient être reconduits à leur hôtel avec trois militaires pour veiller sur eux. La deuxième voiture était vide, à l'exception du chauffeur qui attendait que le véhicule soit rempli. En entrant dans le restaurant, Roy vit que les infirmières s'occupaient de parler avec les civils, cherchant sans aucun doute à les consoler ou les rassurer, plus loin le médecin était penché sur le corps d'Edward sous la surveillance d'Hugues.
-Il va bien, souffla le médecin après avoir pris son pouls. Très faible, mais vivant.
Roy souffla de soulagement tandis qu'il se laissait tomber contre le mur le plus proche, soulagé d'apprendre qu'Edward était toujours en vie.
-Je ne peux vous dire quand il se réveillera mais il risque d'être un peu déboussolé. J'ai remarqué aussi quelques traces de brûlures, rien de bien grave mais il faudra appliquer une baume pour les soigner.
-Vous pouvez nous fournir le baume ? interrogea Hugues.
-Bien sûr, approuva le médecin en fouillant dans son sac. Il faudra en mettre trois fois par jour dans un premiers temps, après une semaine vous pourrez commencer à en mettre moins souvent ou juste à la demande. Personne n'a la même résistance à la douleur donc difficile de dire à quel intervalle en mettre.
-Il est résistant, souffla Roy.
-Je m'en rends compte. Ce jeune homme a du traverser bien des épreuves.
Le médecin était bien loin de la vérité ! Une quinzaine de minutes plus tard, Roy descendait de la voiture avec le corps d'Edward entre les bras, Hugues et Havoc sur ses talons. Ils avaient tout les trois rejoints l'auberge, donnant les consigne à Riza qui avait prit la tête des hommes de Mustang pour finir le travail tandis que Daviitad s'occupait de ses hommes également. Ils montèrent les escaliers pour installer Edward dans son lit, le recouvrant d'un épaisse couverture comme conseiller par le médecin tandis que Roy et Havoc s'installer a ses côté sur des chaises. Hugues quand a lui était descendu chercher des boissons chaudes qu'il remonta très vite après avoir brièvement expliquer la situation aux gérants de l'auberge qui avaient déjà eu vent des événements qui s'étaient produits en centre-ville.
Une bonne heure plus tard, tous les militaires étaient revenus à l'auberge, une nouvelle équipe était arrivée en renfort pour veiller sur les dignitaires, jugeant que les deux unités monopolisées jusque-là avaient besoin de repos après de tels événements. Entre temps, le traité avait été signé, le lieutenant général ayant pris la place de Fubaxata pour approuver les conditions. La guerre était donc évitée grâce à l'intervention d'un alchimiste caractériel toujours endormi dans l'une des chambres du deuxième étage de l'auberge du village.
Amstrong avait bien tenté de lutter contre le sommeil tout comme Fuery et Falman, mais bien vite les trois hommes avaient commencé à piquer du nez et avaient donc pris la direction de leurs chambres pour plonger dans le monde de Morphée. Ce fut de même pour l'unité de nuit de Daviitad. Le reste de l'équipe de ce dernier avait d'ailleurs fini par descendre au moment où le gérant était venu frapper à la porte de la chambre pour dire qu'il leur avait préparé un repas léger, se doutant qu'ils n'avaient pas forcément le cœur à manger. Dans la chambre ne restait plus que l'unité de Mustang. Riza, Jean et Denny s'étaient installés sur le lit de Roy, Maes avait prit place sur la chaise tandis que Roy s'était installé sur le matelas à côté d'Edward, tenant la main de chair de l'alchimiste dans la sienne.
-Roy, entama à mi-voix Maes. Ça fait plus de deux heures, on devrait faire un roulement pour qu'on puisse se reposer et…
-Partez si vous voulez, moi je ne bouge pas de là ! contra Roy.
Le ton était sans appel. Tant qu'Edward ne serait pas réveillé il ne quitterait pas la chambre. Breda soupira en se levant, déclarant qu'il allait monter des sandwiches et de l'eau pour tout le monde, il se stoppa cependant en chemin en entendant comme tout un faible gémissement.
-Edward, appela en murmure Roy en serrant davantage sa main dans la sienne.
Rien, pas de réponse jusqu'à ce que …
-Tu parles d'un soleil, souffla Edward en grimaçant.
-Edward !
Tous avaient appelé l'alchimiste d'une même voix, faisant se plaquer la main de métal de celui-ci contre son front.
-Mal à la tête, souffla Roy.
-Il y a un peu de ça, affirma Edward avant de constater que leurs mains étaient liées, leurs doigts tendrement enlacés et le pouce du gradé caressant tendrement sa paume. Le geste le fit rougir et sourire en même temps, il était en vie, ils étaient tous en vie !
-Tu as faim ? interrogea Breda qui avait d'un coup une faim de loup.
-Pas sûr, avoua Edward.
-Une soupe ? proposa le militaire.
-Ça devrait passer, sourit faiblement le blond.
-Je te ramène ça de suite.
-Je te suis, enchaina Havoc en se levant après avoir fait un rapide clin d'œil à l'alchimiste.
Riza lui emboita le pas avec un sourire pour le blond, une fois arrivée à la porte, elle observa le couple puis Hugues.
-Colonel ! appela la blonde.
-Oui ?
-Il me semble qu'on a besoin de vous en bas.
-Que… Hugues réfléchit alors et se stoppa devant l'image du couple, les mains entrelacées. Oh ! Oui bien sûr. C'est à propos de cette histoire de …
-C'est ça , approuva Riza avec un sourire.
Evidemment Roy esquissa un sourire, Maes était ainsi, sans gène ! Heureusement Riza était là pour le recadrer quand il le fallait et c'était justement l'un de ces moments-là.
-Je vous laisse alors, termina Hugues en fermant la porte qu'il réouvrit bien vite pour passer la tête dans l'encadrement. Edward, c'est un plaisir de te revoir parmi nous.
L'homme referma la porte aussi vite qu'il l'avait ouverte laissant le couple pour de bon. Roy ne lâcha pas la main du plus jeune et passa sa main libre sur sa joue dans un geste tendre.
-Comment tu te sens ?
-Sale, avoua Edward.
La réflexion fit rire Roy qui n'arrêta pas pour autant ses caresses sur le visage de sa moitié.
-Tu veux aller prendre une douche ?
-Une douche et un bain !
-Tu es gourmand, taquina avec un sourire Roy.
-Non, logique, répondit dans un souffle Edward. Une douche pour me laver, et un bain pour buller. Mais je ne suis pas sûr de tenir le temps des deux.
-Fatigué ?
-Et mal un peu partout, rajouta le plus jeune.
-Va te doucher, si tu veux je t'attends dans la pièce comme tu fais avec Alphonse quand vous êtes à Resembool, proposa avec un sourire Roy, et après on verra.
-Ça me va, approuva Edward qui commençait à entamer un mouvement pour se lever.
Le monde se mit alors à tanguer autour de lui, l'obligeant bien vite à se rallonger.
-Forcément que ça bouge, souffla Roy. Tu vas peut-être manger avant de te laver.
-Je pense aussi.
Une petite dizaine de minutes plus tard Breda arriva avec un plateau repas contenant une soupe chaude pour Edward, deux verres avec une carafe d'eau et deux sandwiches dont un chaud.
-C'est nouveau ?
-Daviitad a dit que c'était bon, une recette d'ici, jambon et fromage, un peu comme un croque-monsieur, expliqua le sergent en posant le plateau sur la table de nuit. Je peux faire autre chose ?
-Faire chauffer la salle de bain, Edward va prendre une douche puis un bain, déclara Roy.
-Très bien, je mets des serviettes près du radiateur et je prépare tout ça, termina avec un sourire l'homme en se dirigeant vers la porte. Douche puis bain ! s'étonna le militaire en se tournant vers le brun.
-Oui, une histoire de laver et bulles, sourit Roy tandis qu'Edward, resté muet, avait commencé à souffler sur sa soupe.
-Je vois. Je prépare les deux du coup. Edward, c'est un plaisir de te revoir parmi nous, termina Breda en quittant la pièce après un clin d'œil pour le blond.
Le repas se fit dans le calme, Roy ne pressa pas Edward pour manger, le laissant prendre son temps et savourer le liquide chaud qui le réchauffait en même temps qu'il le nourrissait. Nul doute qu'il allait avoir un peu faim après, mais avant ça il devait se laver, se reposer et surtout discuter. Une trentaine de minutes plus tard, Edward terminait son verre d'eau avant de s'essuyer la bouche. Il échangea un regard avec Roy qui attendait patiemment sur la chaise précédemment occupée par Hugues avant de soulever les couvertures dans l'intention de se lever. Le brun le regarda se lever avant de faire de même, emportant avec lui des vêtements de rechange pour Edward. Ensemble ils prirent la direction de la salle de douche, y entrant sans fermer la porte à clé. L'avantage de l'auberge était que la salle de douche ressemblait à celle du quartier général, à savoir une grande pièce avec des lavabos et trois cabines fermées aux vitres teintées au trois quarts, la seule chose qui différait était que les douches étaient renfoncées, permettant ainsi un minimum d'intimité au sec pour se changer ou bien sortir de la douche sans s'exhiber devant tous. Roy disposa les affaires propres sur le meuble à côté de l'un des lavabos tandis que Edward commençait à se dévêtir. Une fois en caleçon il prit du bain douche et du shampoing avant d'attraper une serviette qu'il posa sur le crochet à l'intérieur de la cabine dans la partie « sèche ». Il regarda Roy une dernière fois, lui faisant un faible sourire avant d'entrer dans la douche, laissant l'eau couler sur son corps. Le brun garda pour lui une remarque sur la pudeur mais se retint tandis qu'il observait l'ombre du blond se laver.
Edward savourait l'eau sur son corps, la laissant couler en fermant les yeux. Au bout d'une dizaine de minutes il décida de se laver, attrapant le bain douche dans une main et la fleur de douche dans l'autre, il entreprit d'en verser une bonne dose sur la fleur de douche avant de la faire mousser pour ensuite commencer à se savonner le corps. Sans grande surprise, les bulles blanches prirent bien vite une couleur grise, cinq jours avec un hygiène des plus minimes à dormir sur une banquette pas forcement propre, plus le combat qui avait rajouté a tout ça un surplus de sueur et poussière de ville, le résultats n'était vraiment pas des plus agréables à voir et à sentir, Edward le savait et il remerciait ses camarades de n'avoir fait aucune remarque là-dessus. Après un premier savonnage/rinçage, Edward refit mousser du bain douche mais sur sa paume cette fois, afin de se savonner de nouveau et être sûr d'être propre.
-Tu t'en sors ? questionna Roy.
-Oui, répondit simplement Edward tandis qu'il commençait à s'occuper de ses cheveux.
Une bonne trentaine de minutes plus tard, Edward éteignit l'eau et sortit de la douche, passant la serviette encore chaude autour de ses hanches, se moquant bien de la buée présente sur les vitres et les miroirs. Roy s'était adossé au mur à côté de la cabine d'Edward, les bras croisés sur son torse. Le jeune alchimise se sécha avec plus ou moins de soin avant de chercher à enfiler son boxer propre, qui n'était pas sur la pile de vêtements.
-Tu cherches ça ? interrogea Roy en dépliant ses bras, révélant que dans sa main droite il tenait le bout de tissu convoité par le blond.
Edward souffla avant de s'approcher de Roy, une fois à sa hauteur il esquissa un sourire en glissant sa main de métal le long du bras droit de Roy avec l'intention de se saisir de son boxer. Le brun en profita et passa son bras libre autour de la taille, collant le corps presque nu du plus jeune au sien. Il ne laissa pas le temps à Edward pour protester avant de se pencher vers lui et s'emparer de ses lèvres avec passion, amour et avidité il faut bien l'avouer. Le Fullmetal savoura pleinement l'échange, reconnaissant que ça lui avait manqué, ses lèvres, ses mains, tout chez Roy lui avait manqué, le flamme alchimiste tout entier lui avait manqué. Le brun mit fin au baiser, posant son front contre celui d'Edward en soupirant de bien-être.
-Tu m'as manqué, murmura l'homme.
-Toi aussi, avoua sur le même ton le plus jeune.
Roy lui rendit le boxer, tournant le visage le temps qu'Edward l'enfile, après quoi il l'aida à se sécher les cheveux, laissant le jeune alchimiste se débrouiller pour faire sa natte. Une fois le tout fait, Edward enfila son pantalon et son débardeur avant de prendre le reste des vêtements entre ses bras.
-Tu vas où ? questionna Roy en le voyant quitter la pièce pieds nus.
-Dans le bain, répondit le plus naturellement du monde Edward.
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Tandis qu'Edward était parti buller, Roy avait rejoint les militaires dans la salle commune. Il aurait bien tenu compagnie à Edward dans la salle de bain, dans le bain pour être plus précis, mais ne voulait pas perturber ce moment de bien-être qui attendait le blond, pas plus que d'être obligé de sentir le corps chaud et nu d'Edward contre lui sans pouvoir faire grand-chose. Il se souvenait de la douche qu'ils avaient partagé une fois, ça avait été compliqué d'en sortir après quelques caresses, alors qu'ils étaient au début de leur relation donc maintenant que celle-ci avait évolué ça aurait été quasiment impossible de quitter le bain en n'ayant échangé que quelques caresses et baisers à peine appuyés. Autant ne pas prendre le risque.
-Comment va Edward ? interrogèrent dans un bel ensemble les militaires en voyant Roy les rejoindre.
-Bien, il a mangé sa soupe, pris une douche et là il est en train de buller. Je monterai le voir dans une trentaine de minutes par précaution, termina Roy en s'installant devant une tasse de café encore fumante que Riza venait d'installer à table pour lui en le voyant arriver.
-On a presque l'impression que vous parlez d'un enfant, fit remarquer d'une voix légère le général de brigade Daviitad.
-Faut dire qu'on connaît Edward depuis qu'il a douze ans, ça doit pas aider, fit remarquer Hugues avec un sourire.
-Sans oublier qu'il a toujours eu le chic pour se mettre dans des situations pas possible, rajouta Riza.
-Combien de fois il a fait réparer son automail ou que celui-ci s'est retrouvé en miette, compléta Havoc.
-Ou les fois où on a dû lui courir après, rajouta Breda.
-Et tout ce qu'on ne dit pas, soupira Roy.
Tous les regards se tournèrent vers lui tandis que Roy plongé dans son café ne les remarqua pas.
-Surtout ce que tu ne dis pas ! termina Hugues.
Roy eu bien du mal à ne pas recracher son café face à l'audace de son ami.
-Nous ne sommes pas tous comme toi à nous balader avec des photos plein les poches et raconter notre vie au téléphone pendant des heures, répliqua Roy avec calme.
-Peux être mais moi au moins je …
-Stop ! coupa Riza.
Les deux amis échangèrent un regard avant de retrouver un semblant de calme craignant la colère de Riza plus que tout si la blonde venait à s'énerver.
-Peut-être pourrions-nous mettre ce temps à profit pour rédiger les rapports de mission, suggéra Daviitad pour changer de sujet.
-Déjà ! gronda Breda.
-Nous devons les faire ensemble, pour qu'ils soient le reflet l'un de l'autre.
-Mais qu'allons nous marquer dedans ?
-La vraie question est plutôt qu'allons-nous taire dans ses rapports.
Ils se mirent tous à réfléchir, se disant qu'il faudrait en reparler avec les dignitaires, afin que tous aient la même version des faits.
-Nous ne pouvons parler d'Envy, annonça Roy.
-Ça surprime déjà pas mal de choses.
-Peut-être pourrions-nous le remplacer par Corto, dire que c'est lui qui a pris la place de Fubaxata et tout ça, proposa Hugues.
- Ça règle une partie du problème mais pas tout.
-Et pour le séjour en prison et le petit Sora ?
-On ne peut pas en parler non plus, souffla Roy.
Tandis qu'ils réfléchissaient tous à la situation et à ce rapport qui allait leur causer bien du souci, des pas se firent entendre dans le couloir avant que finalement la double porte de la pièce ne s'ouvre sur le général Mustang, sa femme, le lieutenant général Arumosox ainsi que le lieutenant général Yzikimiv.
Les membres des deux unités se levèrent d'un bond face à cette présence, faisant le salut en attendant la suite. Mustang fit un signe de main à tous leur faisant lâcher la posture droite qui leur était imposée.
-Nous sommes venus voir comment vous alliez, et plus particulièrement le Fullmetal, annonça le général Mustang.
-Il est en ce moment même en train de se détendre dans un bain amplement mérité, répondit Roy en fixant son aîné.
-Bien, répondit Mustang, et vous ? questionna-t-il à l'adresse des militaires présent.
Daviitad observa ses hommes à tour de rôle puis ceux de Roy avant de répondre pour tous.
-Bien.
-Très bien. Nous aimerions parler de choses diverses avec vous. Je laisse ma secrétaire et les deux lieutenants voir avec vous. Général de brigade Mustang, pouvez-vous me suivre.
Roy s'affaissa quelques peu tandis qu'il emboitait le pas de son père, en passant à proximité de ses hommes, il les entendit tous lui souffler un « bon courage » plein de compassion face à cette situation. Les deux militaires se mirent dans un coin de la pièce, à l'écart de tous pour discuter.
-Comment vas-tu ?
-Je suis en vie, répondit Roy mal à l'aise face à cette situation.
Son père et lui n'avait jamais beaucoup parlé, le plus gradé avait été absent une bonne partie de l'enfance de son fils et presque tout le long de son adolescence. Roy se sentait plus proche des membres de son équipe que de ses parents, chose tout à fait normale et compréhensible quand on y pensait.
-Je t'en remercie, souffla Geoffroy. J'ai eu vent de ce qu'il s'est passé. Le Fullmetal a utilisé la technique d'alchimie du feu, à travers l'un de tes gants.
-Nous savions que le général Fubaxata était un imposteur, nous connaissions sa vraie identité. Edward l'avait déjà affronté, c'était le seul capable de résoudre cette histoire.
-Ce n'est pas la façon qui me gène, bien au contraire. Tu as une équipe auprès de toi qui est la plus compétente de Amestris, je ne fais jamais de compliments à la légère, rappela le haut gradé, je pense sincèrement ce que je dis, surtout après vous avoir vu agir pendant ces deux mois. Tu as su t'entouré de personnes à ta hauteur. Je suis fier de toi.
Ces mots étonnèrent Roy qui en resta sans voix.
-Ce qui me gêne c'est ce gant, poursuivit l'homme plus âgé. J'ai entendu bien des choses sur toi, et ce que l'on retient de toi auprès des militaires et alchimistes c'est que tu ne te séparais jamais de tes gants. Ce garçon, Edward Elric, doit avoir une grande importance à tes yeux pour que tu lui fasses ainsi confiance.
-En effet père, répondit Roy.
Ce fut précisément ce moment-là que choisit Edward pour faire son apparition dans la salle, lavé et propre, habillé avec ses vêtements noirs ordinaires en train de faire sa tresse tandis qu'il maintenait l'élastique rouge entre ses lèvres. Roy tourna bien sûr la tête vers le jeune homme qui lui sourit faiblement. Geoffroy observa les deux alchimistes et ce sourire partagé, tandis que Roy revenait vers lui.
-Je vois, souffla l'homme. Tant que tu es heureux.
Roy n'eut pas le temps de répliquer que le général était parti retrouver sa femme, passant furtivement sa main autour de sa taille avant de lui souffler quelques chose à l'oreille qui la fit sourire et se tourner vers son fils.
-A bientôt, termina le lieutenant général Yzikimiv en prenant congés avec les autres dignitaires.
-C'était quoi ça ? questionna Hugues une fois les portes fermées et le bruit des voitures assez loin d'eux pour être sûr de ne pas être entendus des hauts-gradés.
-Je n'en sais rien, avoua Roy.
-Quoi qu'il en soit on sait quoi mettre dans le rapport, répondit Daviitad en montrant une feuille blanche où deux lignes étaient écrites à l'encre noire.
« Rapport de mission sur l'escorte des dignitaires lors du traité Aerugo / Amestri.
Pour un rapport complet, adressez-vous au général Mustang et au lieutenant-général Yzikimiv »
Suivi par les deux signatures et les matricules.
-Tiens ça rappelle mon rapport sur Wistaria, déclara Edward.
-Tu avais tourné ça comment déjà ? questionna Roy.
-«Pour un rapport complet sur Wistaria, suite au prochain épisode », ou quelque chose comme ça, sourit Edward face à se souvenir.
Roy esquissa un sourire face à ce souvenir.
-Dites, je peux appeler Alphonse ? questionna soudain Edward en brisant le léger silence.
-Je ne vois pas d'inconvénient, répondit Daviitad.
-Fais toi plaisir, j'appellerais Gracia après, enchaina Hugues avec un sourire.
Edward remercia tout le monde avant de se saisir du téléphone qui était sur une petite table pas loin de la porte. Il composa le numéro de la mairie de Rush Valley avant de demander le numéro de Monsieur Dominique.
-Dominique Automail, que puis-je pour vous ?
-Il t'a aussi mis au standard ! entama Edward avec un léger rire dans la voix.
-Ed !
Le blond dû reculer sa tête tellement Alphonse avait crié fort sous l'effet de la surprise d'entendre son frère de vive voix.
-Quoi de neuf à Rush Valley ?
-Pas grand-chose, Winry travaille sur un automail en ce moment, j'ai fini d'être formé, on devrait reprendre la route pour Resembool dans les jours qui arrivent.
-Tu penses pouvoir faire un détour par Aerugo ? questionna Edward.
-Aerugo ? Et la mission ?
-Terminée depuis ce matin, j'ai plein de trucs à te dire, avoua le blond en s'installant au sol, entortillant le fil du téléphone entre ses doigts de chair.
Tous l'observèrent discuter avec animation avec son cadet, sa manière d'entortiller le fil du téléphone était devenu une habitude aux yeux de tous ainsi que cette façon de s'asseoir au sol n'importe où quand il discutait avec son frère au téléphone. L'espace d'un instant Roy se demanda si Edward ferait pareil s'il venait à s'appeler un jour.
L'après-midi se passa tranquillement, Edward resta une bonne trentaine de minutes au téléphone avec son petit frère, annonçant que celui-ci devrait arriver le lendemain en fin de journée, avant de passer le relais à Maes, qui passa presque deux heure à gagatiser avec Gracia et Elysia. Ce fut ensuite le tour de l'unité de Daviitad, le général de brigade commença par l'appel le plus compliqué de la journée, avertir la famille du général de Fubaxata de la mort de celui-ci. Aux alentours de dix-neuf heures, ils mangèrent tous, savourant ce repas chaud partagé dans une ambiance clairement différente de ces derniers jours. Une fois celui-ci terminé, Havoc sorti le jeu du loup-garou, expliquant rapidement les règles avant de lancer la partie dans une bonne humeur des plus visible. Les gérants de l'auberge ayant remarqué ce changement et le comprenant, ne dirent rien quand à dix heures, heure du couvre-feu, les militaires étaient encore en train de jouer. Ils avaient bien le droit de se détendre un peu après ce qu'ils avaient vécu.
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-Comment va Alphonse ? questionna Roy en accrochant sa chemise sur un cintre.
-Bien mieux maintenant, enfin de ce qu'il m'a dit, répondit Edward qui était déjà allongé au chaud sous les couvertures.
-Il a dû s'inquiéter pour toi.
-Sans doute, déclara Edward en soufflant.
-Quelque chose te gène ?
-Quand j'étais… quand j'ai ramené Envy de l'autre côté. J'ai réfléchi à plein de choses, et… je pense qu'il serait bien que je dise tout à Alphonse. Pour Nina et le reste.
-Tu en es sûr ?
Edward se contenta d'hocher la tête positivement en réponse.
-Si tu as besoin, je suis là.
-Merci.
Roy fit un faible sourire tandis qu'il s'installait à son tour dans le lit. A peine était-il calé contre l'oreiller, qu'Edward alla se nicher entre ses bras, pas géné le moins du monde que le brun soit uniquement vêtu d'un boxer alors que lui abordait son pyjama habituel à savoir short et débardeur. Roy le resserra entre ses bras tandis qu'Edward tendait le coup pour avoir le visage face à celui de son colonel. Roy n'eut pas le temps de réagir ou dire quoi que ce soit que déjà les lèvres du blond s'étaient posées sur les siennes dans un tendre baiser que le brun s'empressa d'approfondir une fois l'effet de surprise passé. Baiser qui devint bien vite plus intense et les mains des deux alchimiste baladeuses, sans toutefois aller bien loin, trop fatigués pour tenter des caresses trop poussées bien qu'Edward semblait fort apprécier de sentir les mains du brun sur lui.
La fin de cette mission avait décidément un gout très agréable.
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Le lendemain midi, alors que les membres de l'unité avaient décidé de profiter de leur semaine de vacances pour faire du tourisme et prendre du bon temps, Edward s'arrêta en plein rue, face à lui un couple, un femme aux cheveux bruns coiffés en multitude de petites nattes, un homme qui n'avait rien à envier à Amstrong, tout aussi brun que la femme et entre eux, tenant la main du couple, un petit garçon, la peau légèrement hâlée, des yeux verts et les cheveux châtain foncés.
-Edward ? appela Havoc pour faire réagir le brun.
Ce fut justement en entendant ce nom que le couple leva les yeux vers le blond.
-Edward ! appela avec étonnement la femme.
-Maître, répondit Edward en restant campé sur place.
La femme s'avança alors vers le blond, lâchant la main de l'enfant pour faire face à l'alchimiste. Edward se remercia d'être en tenue civile et non avec l'uniforme, les choses allaient déjà être assez compliquées ainsi.
-Où est Alphonse ?
-Entre Rush Valley et ici, souffla Edward.
La réponse fit sourire la femme qui sans prévenir donna un claque à Edward. Le jeune homme ne broncha pas contrairement aux militaires qui étaient prêts à riposter. Il n'en eurent pas le temps car à peine Edward eut il mis sa main de chair sur sa joue rougie par la gifle que la femme le serra entre ses bras.
-Tu l'as ramené.
-Qu'est ce qui vous fait croire que c'est plus une armure.
-Tu n'as jamais laissé Alphonse tout seul, et toutes les personnes susceptibles de l'accompagner sont ici, expliqua Izumi. Comment as-tu fait ?
-Je n'ai pas encore toute les réponses, avoua Edward.
Les militaires ainsi que Sid et le petit garçon s'approchèrent de l'élève et du maitre.
-Je te présente William, déclara Izumi en montrant le garçon de cinq ans accroché au bras de son père adoptif. William, voici Edward, je t'en ai parlé, tu te souviens.
-Oui, répondit le garçon en se saisissant de la main tendue par l'alchimiste. Ta main est bizarre.
-C'est un automail, répondit Edward avec un sourire.
-Oh, toi aussi tu as été blessé ?
-Oui, répondit le blond. William, je te présente Roy, Riza, Amstrong, Maes Hugues, Jean, Vata, Kain et Denny, termina le blond en désignant chaque militaire, faisant abstraction des noms qu'il avait donnés pour les présenter.
-Vous restez longtemps ici ?
-La mis ?, entama Edward avant de se reprendre, on reste encore une semaine.
-Bien, répondit Sid. Tu vas pouvoir passer manger à la maison et peut-être nous expliquer ce qu'il s'est passé ces derniers temps.
-Surtout par là-bas, ajouta Izumi en désignant d'un vague signe de la main la place du village.
-Oups, répondit dans un souffle Edward.
-Je te donne l'adresse, n'hésite pas à venir, termina Izumi en lui donnant un petit bout de papier sur lequel était griffonnée une adresse.
-Je viendrai avec Alphonse, promis Edward.
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-Il arrive ! s'enjoua Edward tandis qu'une carriole arrivait avec des passagers à son bord.
-Calme-toi, souffla Roy.
Le blond ne tenait plus en place sous l'amusement général de tous y compris les membres de l'unité de Daviitad qui étaient eux aussi en centre ville et n'avaient pas loupé le spectacle d'un Edward sautillant sur place depuis cinq bonnes minutes. Alphonse eut à peine le temps de descendre de la voiture que déjà Edward s'était jeté sur lui.
- Calme-toi Nii-san, rigola Alphonse qui était étalé au sol avec Edward sur lui.
-J'ai tellement de choses à te dire, et surtout une grande surprise.
-Grande comment ?
-Comme l'armure !
-En effet, sourit Alphonse.
Les militaires de l'unité de Mustang s'étaient approchés, Breda avait pris la valise du cadet Elric tandis que Roy forçait Edward à se décoller de son frère et qu'Havoc aidait celui-ci à se relever.
-Ça fait plaisir de tous vous revoir, entama Alphonse.
-C'est réciproque.
Cela faisait quelques temps qu'ils n'avaient pas vu le cadet, celui-ci avait encore changé un peu, ses muscles s'étaient développés et il semblait même avoir pris quelques centimètres. Physiquement parlant, il était plus carré qu'Edward, semblait moins fragile. Maintenant comme avant on pouvait aisément croire que c'était Alphonse l'ainé.
Une dizaine de minutes plus tard, les deux frères étaient face à la maison des Curtis, c'était une charmante maison en pierre blanche, de plain-pied avec un petit jardin. Assez semblable à la maison qu'ils avaient quand ils vivaient à Dublith.
-Vous dormez ici les garçons ? proposa Sid en voyant qu'il se faisait tard.
-J'appelle vite fait à l'auberge pour prévenir, j'avais dit que je rentrais ce soir, déclara Edward.
-Pas de souci, le téléphone est dans l'entrée, indiqua le colosse.
Edward remercia Sid avant de passer son coup de fil, laissant Alphonse avec le couple, le petit William étant déjà endormi depuis presque une heure.
-Maître, je sais que nous vous avons dit ce qu'on en savait, mais j'ai l'impression que le fait d'avoir perdu certains souvenirs, arrange Edward. Il ne me parle pas vraiment de ses missions ou des endroits et des gens que nous avons croisé pendant qu'on cherchait nos corps, déclara Alphonse une fois son frère parti.
-Tu lui en as parlé ? questionna prudemment Izumi en osant un regard pour Sid.
-Pas vraiment. J'ai des bribes de souvenirs qui font surface sous forme de rêve, quand j'en parle avec Edward, il me répond, mais ça semble trop beau pour être vrai. Cette histoire de Nina et Alexander, je… j'ai essayé de savoir par moi-même, mais c'est classé secret par l'armée, ce n'est pas normal, souffla Alphonse.
-Tu devrais lui demander, lui en parler. Vous avez traversé tellement de choses tous les deux.
Alphonse se laissa perdre dans ses pensées tandis que le couple le regardait. Ils avaient à de bien nombreuses reprises imaginé ce à quoi Alphonse pouvait réellement ressembler, tentant de faire abstraction de son apparence d'armure de plus de deux mètres de haut. Bien sûr, ils l'imaginaient ressemblant à Edward, chose qui n'était pas tout à fait fausse, mais Alphonse avait réussi à s'affirmer avec cette apparence ni tout à fait pareil, ni trop différent d'Edward. Ils avaient les mêmes yeux, la même couleur de cheveux, le même sourire… Mais le reste. Alphonse avait un style vestimentaire plus discret, des cheveux courts et un teint légèrement plus pâle qu'Edward. Son visage était aussi plus carré, moins androgyne. Alphonse ressemblait plus à Hohenheim tandis qu'Edward devait sans doute ressembler à leur mère, difficile à dire pour le couple qui n'avait pas connu Trisha Elric. Edward refit surface dans la pièce avec un sourire.
-C'est bon, déclara Edward. Alphonse, il y a un souci ? questionna l'ainé.
- Parle-moi de Nina !
La phrase était dite, lâchant un froid polaire dans la pièce.
-J'ai cherché à en savoir plus sur Tucker, quand j'ai demandé aux militaires, on m'a dit que c'était classé secret défense. Pour une histoire de disparition ça me semble étrange, déclara Alphonse en fixant son frère dans les yeux.
-La dernière fois je t'ai dit beaucoup de choses sur Nina, entama Edward en se souvenant de la conversation qu'il avait eu avec son cadet lors d'un passage à Ressembool.
/ -On venait d'arriver à Central, commença Edward. Le colonel nous avait légèrement manipulé pour qu'on prenne un train plutôt qu'un autre ce qui eut pour mérite de nous faire nous retrouver face à Bardo, un ancien alchimiste d'état un peu cinglé. Je te passe les détails mais en gros on les a mis lui et ses amis hors d'état de nuire. Suite à cela on a rencontré le colonel ainsi que Riza et les autres. Hugues était avec nous dans le train aussi, se rappela Edward.
Alphonse écoutait son frère avec attention, voulant en savoir davantage sur ces années oubliées.
-On a été hébergés par Sho Tucker, l'alchimiste tisseur de vie, afin qu'il nous prépare pour l'examen. Il habitait dans une grande maison à la bordure de Central. Il y vivait avec sa fille, Nina et leur chien, Alexander. Ils nous ont hébergés pendant quelques mois, je ne saurais plus te dire combien, avoua-t-il.
-Et… encouragea Alphonse.
-Nina et Alexander passaient beaucoup de temps avec nous, que ce soit lors de nos révisions ou pour de courtes pauses détente dans le jardin. Il a même neigé durant notre séjour là-bas. Le jour de mes douze ans tiens. Et Elysia, la fille de Hugues, est née durant cette neige, informa Edward. Tucker devait renouveler son titre d'alchimiste cette année-là. Il devait fournir le fruits de ses recherches passées.
Edward avait de plus en plus de mal à parlé. Ce souvenir de tout cela était douloureux alors en parler à Alphonse. Devait-il vraiment lui infliger ça ? Edward hésitait, son frère avait le droit de savoir et pourtant. Comment aller-t-il réagir ?
-Tucker avait réussi à créer deux ans plus tôt une chimère capable de parler et comprendre notre langue. Il avait décidé de renouveler cet exploit. Le jour où j'ai passé la phase finale de l'examen, je me suis rendu compte sans le faire exprès que je pouvais transmuter sans cercle. J'ai fait apparaitre une couronne de fleurs pour détruire les deux transmutations loupées des candidats passés avant moi et ainsi protéger les autres. Tucker de son côté nous avait confié Nina afin qu'il puisse travailler sur ses recherches. Quand nous sommes rentrés ce soir-là, il avait disparu et Nina a été confiéeaux services de l'enfance, termina Edward en se disant qu'il valait mieux arranger l'histoire ainsi plutôt que raconter l'horreur de cet événement.
-Tu sais où elle est maintenant ? interrogea Alphonse en serrant contre lui ses genoux pliés.
-Dans une famille aimante, répondit vaguement Edward.
-C'est dommage que son père soit parti.
-Trop de stress à cause de l'examen, confirma Edward.
Ce n'était pas tout à fait faux, c'était ce fichu examen qui avait poussé Tucker à transmuter Alexander et Nina en chimère. Heureusement lui n'avait pas ce genre de souci. Depuis le début ses examens se faisaient en combat, avec le colonel ou même avec Amstrong.
-Et sa mère ?
-Elle est morte, avoua dans un souffle Edward. /
-Oui, je me souviens, répondit Alphonse.
-Tout n'était pas vrai. Je… Nina est morte. Son père, Sho Tucker, était bien alchimiste, l'alchimiste tisseur de vie, compléta Edward en sentant sa gorge se serrer. Il avait créé une chimère capable de parler et comprendre le langage humain, mais la seule chose qu'elle disait était « je veux mourir ». L'année d'après, le fruit de ses recherches n'as pas été à la hauteur de son exploit de chimère parlante. Il devait refaire l'exploit s'il voulait garder son titre d'alchimiste.
-Et il l'a fait ?
-Oui, en se servant de ce qu'il avait sous la main, son chien, Edward marqua une pause en constatant que le visage de son cadet perdait de la couleur, et sa fille, Nina, termina dans un souffle l'alchimiste.
-Il a créé une chimère avec sa fille et son chien. Mais sa femme, pourquoi elle n'a rien…
Alphonse se stoppa, comprenant tout comme Edward à l'époque, les horreurs qu'avait fait Tucker pour avoir son titre d'alchimiste.
-Et la chimère où est-elle ?
-On a croisé un Ishbal avec une cicatrice sur le front et un bras tatoué.
-Tu m'en as vaguement parlé, il en avait après les militaires. Où est le rapport ?
-Scar en avait en effet après les alchimistes, mais pas que. Il se disait messager de dieu. Cette nuit là, il a croisé la chimère qu'était devenue Nina, et il a… il l'a tué, termina avec un sanglot dans la voix Edward.
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Il devait être une heure du matin quand Edward arriva à l'auberge, fatigué et la tête remplie de questions, sans oublier une trace encore rouge sur la joue. Il monta le plus discrètement possible jusque dans sa chambre, avant d'y entrer et se déshabiller. Roy, alerté par le bruit de grincement de la porte avait allumé la lumière, après avoir constaté que c'était Edward il baissa sa garde alors qu'il fouillait sous l'oreiller pour trouver l'un de ses gants égaré là.
-Edward ? tu devais pas dormir chez ton maitre avec Alphonse ? questionna d'une voix fatiguée le gradé.
-Je… Alphonse…
Edward ne finit pas sa phrase, il sauta sur le lit avant de se serrer contre Roy qui eut du mal à comprendre, surtout qu'entre ses bras, le blond pleurait. Edward ne pleurait pas pour lui, il avait mérité ce qu'Alphonse lui avait dit, mérité cette gifle et plus encore, il pleurait parce qu'il avait été bête, bête au point de croire que son cadet lui en voudrait de lui dire la vérité, de lui faire se souvenir de choses aussi horribles et tristes. Oui, Alphonse lui en voulait ce soir, mais c'était surtout parce que le blond lui avait caché tant de choses, tant d'évènements et d'épreuves qu'ils avaient traversé ensemble durant ces six années.
-Alors il sait, souffla Roy, une vingtaine de minutes plus tard quand Edward s'était calmé et lui avait raconté sa soirée ainsi que la conversation qu'il avait eue avec son cadet.
Edward approuva d'un signe de tête.
-Il a raison de t'en vouloir.
-Je sais.
-Tu as mérité cette gifle, soupira Roy.
-Ça ne m'aide pas, répondit Edward tout contre le cou de Roy.
Le jeune alchimiste était assis sur les jambes de Roy, ses jambes repliées contre lui, entouré de ses bras tandis que sa tête s'était nichée par automatisme au creux du cou du brun.
-Essaies de dormir. Demain on ira ensemble voir ton frère.
-Je peux le faire tout seul, grommela Edward en savourant la main qui passait dans ses cheveux.
-Tu ne veux pas que je vienne ?
-J'ai pas dis ça, souffla le blond.
Roy esquissa un sourire tandis qu'il retirait l'élastique de la natte d'Edward avant de la défaire dans un geste souple. Il aimait pouvoir passer ses doigts à sa guise dans cette tignasse blonde, trop douce pour le bien du gradé. Sentant le blond somnoler, Roy s'installa confortablement, soulevant les couvertures pour qu'Edward vienne se caler tout contre lui, le dos du plus jeune collé au torse du plus vieux, qui avait passé ses mains de manière possessive autour de l'alchimiste aux cheveux longs.
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Edward faisait face à la maison familiale, Roy à ses côtés.
Le matin, tous avaient été surpris de voir l'alchimiste blond descendre prendre le petit déjeuner, l'air fatigué et abattu (triste) alors que la veille il avait appelé pour dire qu'il découchait. Cependant personne n'avait eu de commentaire, en voyant le regard sombre et plein de menaces de Roy dans son dos. Une fois le principal repas de la journée passé, les deux militaires avaient pris la direction de l'adresse des Curtis, marchant lentement.
Edward inspira un bon coup avant de frapper à la porte. Sans grande surprise ce fut Sid qui lui ouvrit.
-Edward, colonel Mustang ! entama l'homme.
Roy ne fit aucune remarque sur sa montée en grade, à quoi bon.
-Vous voulez un café ? proposa le colosse.
-Merci, répondit Roy avec un fin sourire.
-Où est Al ?
-Dans la chambre, il discute avec Izumi.
Edward remercia Sid d'un signe de tête avant de rentrer dans la maison, prenant la direction de la chambre indiquée par l'homme. Dans le salon, William était en train de jouer aux petites voitures, il regarda passer Edward avant de saluer le gradé qui arrivait à son tour dans la pièce.
-Edward est venu parler avec Alphonse ?
-Oui, ils ont plein de choses à se dire, confirma Sid.
Cinq minutes plus tard, Izumi faisait son apparition dans la pièce, elle salua le gradé avant de se faire un café et venir s'installer à côté de son époux.
-Alors ?
-Ils vont s'en sortir. J'ai prévenu Edward que si lui ou Al cassait quelque chose, il avait intérêt à le réparer avant que je m'en rende compte, et sans ajouter de touche Elric, termina la brune.
-Ce n'est pas garanti ça, souffla Roy.
-Dites-moi colonel, que s'est-il passé depuis qu'Alphonse est revenu ?
Roy s'était attendu à la question bien sûr, mais comment y répondre. Il connaissait l'amour qu'avait Izumi Curtis pour les militaires, c'était déjà un exploit qu'il soit assis là en train de boire un café, alors lui raconter tout ce qui s'était passé ces derniers mois.
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A SUIVRE
