Ciel avait emménagé la veille chez Sebastian.

Ses parents l'ayant rejetés et mis dehors de chez eux, il vivait désormais avec Sebastian.

Mais il ne cessait de penser qu'il s'imposer chez Sebastian.

Il n'osait rien toucher ou déranger.

Sebastian l'avait remarqué et lui demanda :

-Tu te sens bien chez moi ?

-Je ne suis pas une gêne pour vous ? Après tout, on n'avait pas prévu de vivre ensemble pour l'instant. Vous n'aviez peut-être même pas envie que l'on habite chez vous un jour.

-Tu peux faire comme chez toi. Je sais que c'est compliqué comme situation, répondit Sebastian.

-Mes parents, je leur en veux toujours.

-C'est normal, leur réaction a été violente, répondit Sebastian.

-Il n'y a qu'une chambre, comment on va faire ?

-Je vais devoir déménager, je pense. Il faudra une chambre de plus.

-C'est soudain tous ces changements, je n'ai que 16 ans. On va avoir un bébé pas prévu puis je vais devoir apprendre à vous aider au quotidien, répondit Ciel.

-Ne t'en fait pas pour cela. Je m'en sortais seul avant. Si tu ne sais pas faire de lessive, je ne t'en voudrais pas.

-Ce n'est pas que cela, je ne peux pas vous aider financièrement, répondit Ciel.

-Tes études sont plus importantes. Tu ne dois pas arrêter le lycée. J'ai une situation stable. Un bébé, cela va perturber ta vie, certes, mais cela ne gâche pas ton avenir. Tu finiras le lycée, tu seras diplômé et puis tu iras à la fac. Tu peux travailler le week-end, ce sera suffisant pour participer.

-Vous ne pensez pas que cela aurait été plus simple d'attendre ? Si l'on avait su plus tôt, vous auriez voulu que je le garde ?

-Eh bien, je ne sais pas. Il est là, on n'a plus de questions à se poser. Je ne voulais pas d'enfants de base, Ciel.

-Je sais, je gâche un peu votre plan de vie, répondit Ciel.

-Tu ne gâches rien, je n'avais pas de plan. Tu te prépares ? On a rendez-vous chez ton médecin, tu te rappelles.

-C'est vrai. J'ai peur de sa réaction en vous voyant.

-Il ne va pas me dénoncer, tu sais. Il sait que je suis plus vieux. J'ai dû insister pour avoir un rendez-vous rapidement.

-Comment avez-vous fait ? demanda Ciel.

-J'ai dit que j'étais un futur père impatient de voir son enfant.

-Vous êtes incroyable, monsieur le directeur. Je vais prendre ma douche.

Ciel se lava puis hésita.

Il n'avait pas tous ses vêtements, il n'avait pas tout emmené et n'osait pas pour l'instant emmener quelqu'un les chercher.

-Sebastian, je devrais y aller en tenue féminine ou masculine ?

-Comme tu veux, répondit Sebastian.

-Je ne sais pas.

-Peu importe, tu sais que ce n'est qu'une simple échographie.

-Si j'y vais en fille, on ne nous jugera peut-être moins que si j'y allais en mec, non ? demanda Ciel.

-Ne te préoccupes pas du jugement des autres. On sera toujours jugé et ce n'est que le début.

-J'y vais en mec.

Puis Ciel se changea.

Ils partirent en route et sur le chemin, Ciel regardait le regard des autres gens sur eux.

-Ciel, cela se voit oui, tu as pris un peu.

-Les gens sont terribles, Sebastian. Mes parents. Au lycée, je serai le mec enceint, répondit Ciel.

-Tu ne serais pas le premier à qui cela arrive. Tes camarades féminines le sont aussi des fois.

-Mais moi je sors avec vous, et vous êtes le directeur.

-C'est différent, certes. On y est bientôt.

Arrivé dans le cabinet médical, Ciel entra.

Puis Sebastian se dirigea vers l'accueil.

-Bonjour, nous avons rendez-vous à 14h00.

-Vous êtes ?

-Je suis Sebastian Michaelis. Et nous venons pour mon petit ami enceint.

-Très bien, asseyez-vous.

Au mot petit-ami, Ciel fut touché. Jamais, Sebastian ne l'avait désigné comme son petit-ami.

Ils attendaient et Ciel stressait.

-Tu crois que c'est une fille ou un garcon ? demanda Sebastian.

-Vous préférez l'un ou l'autre ?

-Je ne préfère rien. C'est la nature qui décide, répondit Sebastian.

Puis on les appela.

Ils entrèrent et le médecin semblait content de revoir Ciel.

-Tu as fait le bon choix, je vois tellement de gens malheureux. Vous êtes le petit-ami plus vieux ?

-Oui. Je compte assumer. Vous pouvez m'expliquer comment c'est possible ? On a fait attention, tout le temps. Et puis comment cela se fait que l'on apprenne que 6 mois après ? demanda Sebastian.

-Je comprends vos interrogations. C'est assez rare en effet. Mais vous êtes dans une bonne situation. Ce serait compliqué si Ciel était seul à tout gérer.

-Mes parents l'ont mal pris, ils ne veulent plus me voir ni me parler, dit Ciel.

-Dans un sens, on peut les blâmer mais c'est une réaction classique dans beaucoup de cas. J'ai déjà vu des jeunes de ton âge sans soutien. Tu as beaucoup de chance d'avoir quelqu'un de sérieux avec toi. Nous allons vérifier que tout va bien et je suppose que vous voulez savoir le sexe ?

-Oui, je veux le savoir, répondit Sebastian.

Le médecin faisait une échographie et Sebastian attendait avec impatience de savoir la réponse à sa question.

Le médecin se décida à lui répondre :

-C'est un garcon.

Sebastian se mit à pleurer de joie.

Ciel lui n'était pas forcément démonstratif sur ses émotions.

-Ce n'est pas vous qui devriez pleurer normalement ?

-Il n'y a pas de normalité, j'attends un enfant du directeur de mon lycée. Ne croyez pas que je ne suis pas content, mais je ne savais pas que lui était si émotif.

Sebastian pleurait toujours.

-Je suis désolé. Je suis juste content. Tu es content aussi, Ciel.

-Oui, monsieur le directeur.

-Monsieur, le directeur ? Vous ne vous tutoyez pas ? Vus ou vous en êtes ?

-Non, c'est encore mon directeur pour l'instant. Même si, quand tout le monde sera au courant, il sera viré. Mes parents vont sûrement en parler à l'école, dit Ciel.

-Il y a de forces chance que dès lundi, je sois contacté.

Puis ils sortirent et le médecin lui donna des conseils.

-On se voit le mois prochain.

Sortie du cabinet, Ciel dit à Sebastian :

-Quand vous ne serez plus mon directeur, on pourra se tutoyer ?

-On le peut dès maintenant. Rien ne nous en empêche. Tu veux essayer ? demanda Sebastian.

-Tu m'aimes ? demanda Ciel en le fixant dans les yeux.

Sebastian continua à le fixer un bon moment.

Puis il répondit :

-Je t'aime Ciel. N'en doutes jamais.

Puis ils continuèrent leur chemin ensemble.

Ce n'était que le début des complications qui les attendaient.

Au lycée, rien n'allait être simple.