Hello ^^

Je suis sincèrement désolée pour cette longue absence. J'avais dis que je m'améliorerai sur les publications, mais j'ai l'impression qu'au contraire, ça a empiré, toutes mes excuses. J'espère que ce chapitre vous plaira quand même !

Encore toutes mes excuses,

Bonne lecture !


Chapitre Vingt-neuf

24 décembre, Godric's Hollow

Quelques cartons s'empilaient encore dans certains coins obscures de la maison, mais dans l'ensemble, presque chaque objet semblait avoir trouvé sa place. Les lampes conféraient aux lieux une atmosphère chaleureuse, augmentées ce soir-là par le feu crépitant dans l'âtre. Une chanson traditionnelle passait à la radio, parfois troublée par des bruits hétéroclites en provenance de la cuisine. Des rires et des bruits métalliques s'en échappaient. James, penché au-dessus d'une casserole et enveloppé dans un tablier bien trop large pour lui, feignait un air sérieux et concentré, mais le sourire qui transparaissait en dépit de ses efforts trahissait l'hilarité qu'il tentait de réprimer.

_ C'est moi le sorcier qui ne connaît rien à la cuisine moldue, et c'est toi qui fait brûler les cookies. Je te félicite, Evans, tu es vraiment douée, fit-il remarquer d'un air innocent, en jetant un coup d'oeil vers la jeune femme, occupée à nettoyer le four d'un coup de baguette. Non, Potter, excuse-moi, se reprit-il rapidement, en riant de son erreur, qui subsistait encore parfois. Tu sais qu'on aurait pu les faire cuire avec la magie, ajouta-t-il en se tournant complètement vers elle.

_ Non, ça n'aurait pas été pareil, protesta la jeune femme, après une grimace adressée au jeune homme. Préparer les cookies, c'est préparer Noël, ça participe à l'atmosphère, tu comprends ? Tu n'as jamais fait ça pour Noël ? Demanda-t-elle en se rapprochant, avant de se pencher sur le plat.

_ Non, généralement mes parents organisaient un bal. Quand j'étais plus jeune, je me glissais sous les tables quand mes parents me croyaient endormi. Je mangeai ce que je pouvais attraper, à l'abri de la nappe, mais mes parents ont fini par me prendre. Ils se sont dis que, quitte à ce que je chaparde la moitié du buffet, autant le faire de manière avouée. Mais honnêtement, c'était bien moins rôle, ajouta-t-il en fronçant les sourcils. Il fallait saluer tous les invités, se tenir droit, ne pas plaisanter. C'était environ deux ans avant que Sirius ne vienne. Après son arrivée, on venait seulement saluer, et on allait fêter Noël dans ma chambre, après avoir monté des plateaux entiers de nourriture. C'était bien plus amusant, s'esclaffa-t-il au souvenir de ces moments particuliers.

Lily sourit, imaginant sans peine les deux amis faire de nombreux aller-retours entre la cuisine et la chambre du jeune homme, jusqu'à avoir de quoi festoyer dignement. Aucun des maraudeurs n'avait pu venir, ce jour-là. Sirius avait été envoyé en Irlande, tandis que Remus et Peter assuraient la sécurité d'une personne de haut rang. Ni les Potter ni les Evans n'avaient pu être invités. Maugrey préférait attendre de voir si l'adresse où ils se trouvaient était valable, avant de les autoriser à recevoir du monde, ou tout au moins des moldus. C'était donc un Noël solitaire qui les attendait.

Il ne s'en souciaient pas tant que ça, les derniers jours ayant été assez intenses. Il avait fallu arrêter leur abonnement à la Gazette, effacer toutes leurs traces, jusqu'à disparaître complètement de la circulation. Or, la théorie était souvent plus facile à vivre que la pratique. Ils avaient fini par donner l'excuse d'un voyage de plusieurs années au Pérou pour avoir la paix, notamment auprès des assurances. James avait d'ailleurs failli tout faire rater en pouffant de rire lorsque leur conseiller avait accepté l'idée sans poser de question. En entendant le rire étouffé du jeune homme, le soupçon qu'on se payait sa tête lui était venu à l'esprit, et il avait fallu que Lily reprenne l'appareil des mains de James pour empêcher plus de questions. Mais le plus dur avait sûrement été d'entendre la déception de leurs parents, chacun ayant prévu une fête pour Noël.

_ Si ton père avait été sorcier, il m'aurait étripé à distance, sans l'ombre d'un doute, murmura James, en repensant aux grommellements que madame Evans n'avait pu camoufler au téléphone.

Il n'avait pas fallu être sorcier ce jour-là pour deviner que monsieur Evans n'appréciait pas la tournure des événements, même si ce mécontentement ne se signalait pas par des mots. Il n'en voulait pas à James, en dépit de ce que ce dernier avait pu croire. Au cours des derniers mois, il avait deviné que Lily était heureuse avec lui. Il s'en était d'abord étonné, au regard des fréquentes remarques négatives qu'il avait pu entendre jusqu'alors, mais il avait finalement compris. Non, ce qui le tourmentait, c'était les risques auxquels les deux jeunes gens s'exposaient, d'autant plus qu'ils attendaient leur premier enfant.

Il n'avait jamais très bien compris cette histoire de mage noir, la dimension magique le déroutant parfois, cependant il en savait assez pour comprendre que les temps n'étaient pas sûrs. Il n'était pas dupe, et lorsque les informations parlaient de nouveaux meurtres "mystérieux", "inexplicables", il ne se plaignait pas, comme ses voisins, d'un mode qui sombrait dans la délinquance. Il s'asseyait en silence, et fixait le vide en se demandant si la prochaine victime ne serait pas une jeune femme rousse, âgée d'une vingtaine d'années. D'un côté, il était rassuré de voir que la société magique - il voyait l'Ordre comme un groupe créé à l'initiative du gouvernement magique - prenait le soin de protéger ceux qui travaillaient pour eux, mais de l'autre, le caractère éloigné de cette cachette, dont il ne savait absolument rien et qui aurait tout aussi bien pu se situer dans les Highlands, l'effrayait. Sa femme avait accueillit la nouvelle avec plus de calme, rassurée de savoir que "ces sorciers" prenaient soin de sa fille et de son gendre.

_ Ce n'est pas ta faute, James, répondit la jeune femme en souriant avec douceur. Tu sais bien que mon père ne te crois pas coupable de ça. Ni moi. Ce n'est la faute de personne. Allez, ajouta-t-elle en posant une main sur l'épaule du jeune homme, finissons-en avec ces cookies.

Sa dernière remarque arracha un sourire au jeune homme, et ils passèrent les minutes suivantes à débattre sur les cookies, les traditions de Noël, et le sapin qui menaçait de s'effondrer. Ils avaient voulu en trouver un autre, comme pour se dire que la vie ne s'arrêtait pas là, qu'il s'agissait au contraire de son commencement. Ils avait fini par en trouver un, à l'air solitaire, relégué dans le coin d'une jardinerie voisine. Il était plus petit que le précédent, mais il leur avait tout de suite plus, et comme l'avait affirmé Lily, on ne pouvait décidément pas l'abandonner à son triste sort. Le jeu avait ensuite consisté a entassé le plus de décorations, et l'arbre croulait à présent sous les guirlandes.

_ Tu sais, commença James, une fois qu'ils eurent enfourné les cookies et préparé du thé, si quelque chose se passe mal entre nous un jour, ce n'est pas ton père que je crains le plus, surtout si c'est moi le fautif.

Lily se tourna vers lui, étonnée. Installés dans le salon, ils se faisaient face, tandis que les reflets des flammes venaient danser sur leur visage. La jeune femme attendit la suite, qui vint rapidement :

_ Non, je crois que si je fais une erreur un jour, n'importe laquelle, assez grave pour que .. Enfin, assez grave, je crois que tu n'auras pas besoin de lui pour me dire mes quatre vérités. Ni même pour me jeter un sortilège. Je t'ai déjà vue à l'oeuvre, Lils. Le coup des pustules, très peu pour moi, s'exclama le jeune homme en riant.

La jeune femme se mit à rougir au souvenir de cet événement. Elle était en cinquième année à Poudlard, et l'une de ses relations avait mal tourné. Tout le monde se souvenait des pustules qui avaient recouvert le visage de son ancien petit ami - que personne n'avait plaint - et personne ne manquait jamais une occasion de les lui rappeler, mais c'était souvent avec une note d'admiration dans la voix. Il avait fallu une semaine avant que l'infirmière puisse en venir à bout. Il ne fallu en tout cas que quelques secondes à la jeune femme avant de protester :

_ Il l'avait bien cherché, je te signale !

_ C'est bien ce que je dis, tu n'as jamais eu besoin de quelqu'un pour te défendre, et tu n'auras jamais besoin de personne pour ça, sourit le jeune homme d'un air espiègle. Et je suis chanceux de t'avoir, ajouta-t-il avant de se pencher vers la jeune femme pour l'embrasser.

Un violent coup de sonnette les interrompit, et tous deux bondirent des fauteuils où ils s'étaient installés, avant de s'entre-regarder nerveusement. Ils passèrent dans le vestibule, veillant à ne pas faire de bruit, avant de s'immobiliser. Rien. Ils s'apprêtaient à rire de leur frayeur, quand un second coup de sonnette les fit de nouveau tressaillir. Le sourire qui commençait à naître sur leur lèvres s'estompa.

_ Il va bien falloir ouvrir, souffla Lily en s'approchant de la porte.

_ Tu crois ?

_ James, il y a de la lumière dans le salon, et même si les volets sont fermés, ça se voit de l'extérieur. Dumbledore a dis qu'une équipe d'aurors passait souvent. S'il y avait eu le moindre dangers, on l'aurait su.

_ Personne ne sonne à dix-huit heures un jour de Noël, à moins d'être invité, protesta le jeune homme. Dans les films d'horreur ...

_ James, tu crois vraiment que si quelqu'un voulait nous tuer, surtout quelqu'un que nous connaissons tous les deux pour être un mage puissant, il frapperait poliment à la porte avant de nous jeter un sortilège impardonnable ? Demanda la jeune femme en se tournant vers lui, non sans une certaine ironie avec laquelle James avait été familier à une époque où elle refusait d'entendre parler de lui. Elle repris avec plus de calme : Et puis qu'est-ce que tu en sais ? Il se peut que ce soit un de nos voisins. Il se peut même que Sirius soit derrière cette porte, en train de rire de notre frayeur. Tu veux vraiment lui donner cette satisfaction ?

L'argument sembla faire mouche, puisque le jeune homme hocha la tête sans un mot. De son côté, la jeune femme elle-même ne se sentait pas forcément rassurée, cependant elle détestait l'idée de rester dans ce vestibule à attendre, sans savoir qui se trouvait de l'autre côté de la porte. Elle pointa sa baguette sur la porte avant de demander qui était là. Le ciel leur tombant sur la tête ne leur aurait pas fait plus d'effet :

_ Décidez-vous, il fait un froid glacial dehors, comment pouvez-vous laisser une vieille dame faire le pieds de grue sur le pas de votre porte un jour de Noël ? Vous n'avez pas honte ? Quand vos professeurs sauront que vous avez refusé d'ouvrir à Bathilda Tourdesac ... Non, Dumbledore se gaussera, comme toujours, avec son air calme. Mais Minerva ! Ah, vous entendrez parler de Minerva ! Ouvrez, enfin, je ne vais rien vous faire, je suis seulement venue vous souhaiter la bienvenue. Quel accueil tu parles !

Dans son étonnement, Lily manqua de faire tomber sa baguette. Elle jeta un coup d'oeil effaré à James, qui le lui rendit. Aucun ne se serait attendu à une telle surprise. La jeune femme, une fois remise, s'empressa d'ouvrir, s'excusant avant-même de saluer leur visiteuse. James, rasséréné, ne pu s'empêcher de sourire en observant l'admiration qui naissait dans les yeux de la jeune femme. L'historienne avait toujours été l'une de ses autrices favorites, à Poudlard. Il avait l'impression de retrouver la petite fille qu'elle avait été, sept ou huit ans auparavant, alors qu'elle se rendait à Poudlard pour la première fois.

La visiteuse releva son capuchon, dévoilant un visage amusé et bienveillant. Face à Lily qui s'excusait toujours, elle répondit en souriant :

_ Ne vous inquiétez pas, ma chère, tout va bien, je comprends parfaitement. Minerva n'entendra jamais parler de cette histoire, si vous promettez de ne pas en parler aux deux vieux fous de l'Ordre, ajouta-t-elle avec un clin d'oeil complice. Je suis désolée de vous déranger en ce jour de réveillon, mais j'ai su que vous seriez seuls. Je ne compte pas passer la soirée avec vous, Monsieur Franklin m'attends, mais je voulais au moins vous souhaiter la bienvenue. Ma chère, ce jeune homme est d'une impertinence, ajouta-t-elle en pointant James sans façons. Il me dévisage depuis tout à l'heure en se retenant de rire. Dîtes-lui qu'on n'agit pas ainsi en compagnie d'une dame, voulez-vous.

Ce fut trop pour James, qui courut se réfugier dans la cuisine pour laisser libre-cours à son hilarité. Lorsqu'il revint, plus calme et avec une tasse de thé supplémentaire, Bathilda s'était installée dans un fauteuil et échangeait avec Lily comme si elle la connaissait depuis le berceau. Comme promis, elle ne resta pas longtemps. Le mystère de Monsieur Franklin avait eu le temps d'être élucidé - il s'agissait de son chien - et le jeune couple s'était sentit rassuré de la savoir aussi proche d'eux. Ils riaient encore en fermant la porte derrière elle. La radio crachotait toujours quelques bribes de chants traditionnels, le feu brûlait toujours dans l'âtre, et pour la première fois depuis leur arrivée ils se sentait chez eux dans ces lieux.


Merci d'avoir lu !

J'espère que ça vous a plu ^^

Passez une bonne semaine !