Et voilà la suite ! Une suite ou il n'y a pas un seul dialogue !
Hermione ne reconnut pas tout de suite où elle avait atterri. Il lui fallut un bon quart d'heure pour reconnaître la forêt de Dean. Elle y était venue avec ses parents, enfant, et avait campé ici avec Harry lors de leur chasse aux Horcruxes. Il était étrange que son esprit l'ait conduite ici, mais les lieux s'accordaient particulièrement bien à son humeur. Battue par le vent, les arbres aux branches nues produisaient un sifflement morbide à vous vriller les tympans. Serrant les bras autour d'elle, Hermione se réfugia derrière un talus rocheux qui, à défaut de la protéger des hurlements du vent, la mettait à l'abri du plus gros des bourrasques.
Assise sur un rocher, elle amassa devant elle un tas de feuilles et de brindilles, puis fouilla ses poches à la recherche de sa baguette avant de réaliser, interdite, qu'elle était partie sans. Hermione avait fuit sans baguette, sans manteau, sans le minimum vital. Bon, en même temps, elle ne s'attendait pas non plus à quitter le Manoir. Elle s'y sentait bien, apaisée. Depuis peu, elle n'avait plus besoin des infusions de Betty et parvenait à dormir sans artifice. Bien sûr, elle se réveillait encore parfois, en proie à des souvenirs douloureux, mais rien d'aussi intense que ceux qu'elle faisait dans sa chaumière. Elle supportait mieux ses crises aussi, n'ayant plus besoin de recourir à une douleur plus intense comme dérivatif. Cette peine était toujours là, au fond d'elle, et elle doutait de s'en débarrasser un jour une bonne fois pour toute, mais elle ne se laissait plus submerger comme avant.
Pendant longtemps, Hermione avait crû qu'elle devait absolument coller à l'image que les gens s'étaient faite d'elle. A savoir une héroïne intelligente, forte, astucieuse, capable de se débrouiller seule et de ressortir encore plus puissante de chaque épreuve. Mais cette Hermione était un leurre, une illusion qui lui avait fait mettre la barre de ses exigences toujours plus haut, jusqu'à ce qu'elle devienne inatteignable. Et là, tout le fragile château de cartes qui constituaient le monde tel qu'elle le voyait s'était écroulé, l'entraînant dans sa chute. Au fond du trou, Hermione n'avait pas su comment retourner à la lumière. Elle s'était petit à petit enfoncée dans les ténèbres solitaires qui allaient devenir son quotidien et le seul avenir qu'elle parvenait à visualiser.
Pourtant, les ténèbres avaient laissé passer un rayon de lumière, apporté par Artemis, puis Drago et les triplets. Petit à petit, chaque ami venu lui rendre visite avait apporté son propre rayon, et aujourd'hui les ténèbres autour d'Hermione s'étaient bien éclaircies. Elle ne voyait plus la vie en noir mais en nuance de gris, plus ou moins marqué selon son humeur du moment. Les seules couleurs de sa vie étaient celles de ses aquarelles et de ses portraits. Enfin, son portrait, pour le moment. Elle sourit. Elle avait aimé ces périodes de créativité, discuter avec Pansy, parler babioles et potins. Cela lui avait changé les idées et pour une fois, elle n'avait pas ressassé sa chute et l'anéantissement de sa vie.
D'ailleurs sa vie était-elle vraiment anéantie ? Elle était toujours en vie, même s'il s'était fallu de peu pour qu'elle aille embrasser la grève rocheuse tête la première, quelques semaines plus tôt. Drago avait eu du nez, ou alors elle avait été vraiment désespérée dans ses lettres. En y songeant, elle ne se souvenait pas avoir dit quoi que ce soit d'alarmant au jeune homme. Par contre,elle s'était un peu laissé aller dans son courrier pour Harry. Vu comment Drago l'avait mise sous cloche pour la protéger, nul doute qu'il avait du lire toute ses lettres au lieu de les transmettre. Dans un sens, Hermione devrait le remercier.
Ses pensées s'égarèrent alors qu'elle pensait à Drago. Elle tenait beaucoup à lui, de ça elle en était certaine. Mais elle craignait que ses sentiments ne soient dictées par une espèce de fascination pour l'homme qui lui avait sauvé la vie. Ne souffrait-elle pas d'un nouveau mal, une espèce de syndrome du héros, lui faisant croire qu'elle aimait Drago ? Ne confondait-elle pas amour et reconnaissance ? Hermione se prit la tête dans les mains. Elle sentait une migraine pointer, mais elle n'avait pas le temps de se laisser aller à un mal de tête carabiné.
Le vent s'était calmé et Hermione réalisa que le soleil était presque au zénith. Elle était partie depuis plusieurs heures et ne savait pas si elle pourrait transplaner au Manoir Malefoy, avec tous ses sortilèges de protection. Elle ne savait même pas si elle en avait envie.
Aïe Aïe Aïe ! Bon en même temps, je comprends Hermione, "aimer" quelqu'un parce qu'il vous a sauvé, ce n'est pas vraiment de l'amour :/
Je trouve intéressant qu'elle veuille faire la part des choses (oui, je sais, c'est moi qui ait écrit tout ça mais j'ai parfois l'impression que mes personnages murmurent leurs intentions à mes oreilles)
A ce soir pour la suite ! On y est presque, il reste 8 chapitres :D
Merci pour les reviews et les follows !
