Chapitre 30
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Camouflé au sommet d'un bâtiment discret, frottant vos mains entre elles et fumant votre cigarette pour tenter de vous réchauffer, vous examinez le paysage nocturne par-dessus l'épaule d'un Yamazaki dont les yeux ne quittaient pas ses jumelles.
Vous avez posté vos hommes aux quatre coins de la zone visée par votre homme ce soir ; à priori, et s'ils parviennent à se faire discrets, il y a peu de chance que ce type, aussi habile qu'il soit, puisse vous glisser entre les doigts. Vous êtes en contacts avec tous les autres chefs d'équipe, tandis que Yamazaki l'est avec les autres guetteurs, avec qui il échange un message de temps en temps en gardant un œil sur sa surveillance.
Vous sentez soudainement votre téléphone vibrer. Vous le sortez de votre poche et jetez un coup d'œil sur l'écran avant de décrocher :
- Qu'est-ce qu'il y a, Sougo ?
- J'aurais une question pour la mission, Hijikata-san.
- Je t'écoute.
- … Est-ce que c'est parce que tu as peur qu'ils se montrent plus brillants que toi que tu n'as pas demandé aux yorozuya de se joindre à nous ?
- Que... Abruti ! crachez-vous dans le téléphone en vous retenant de hurler. Tu crois que c'est le moment de faire des blagues téléphoniques ?
- Ce n'est pas une blague, je me pose vraiment la question. Et pas mal de gars aussi, depuis que je leur en ai parlé.
- Tu ne peux pas te concentrer sur la mission, non ? Tu m'emmerderas après !
- J'ai du mal à m'en empêcher quand je suis contrarié.
- Tss, sifflez-vous avec mépris. Regardez l'état dans lequel il se met pour une stupide gâchette de bazooka, je vous jure...
- Tu peux parler. Tu es dans tous tes états pour quelques bouteilles de mayonnaise.
- C'est une édition spéciale de Noël !
- Elle est parfumée aux marrons ?
- Ça a toujours plus de valeur que ta gâchette ! Ça t'aurait pris trente seconde pour aller chercher un autre bazooka à l'armurerie !
- Sûrement pas. Je te fume la gueule avec ce bazooka depuis que j'ai l'âge d'en porter un...
- Quatorze ans, ce n'est normalement pas un âge pour porter une arme de guerre !
- … Il a une valeur sentimentale, et je le répare toujours. J'ai dû en changer toutes les pièces au moins une fois.
- N'importe quoi, tu te prends la tête pour... Attends voir, tu dis que tu as changé toutes les pièces au moins une fois ?
- C'est ce que j'ai dit.
- Dans le but que ce soit toujours ton bazooka d'origine ?
- Ben oui.
- Qu'il est con, mais qu'il est con...
- Vice-commandant ! vous interrompt soudain Yamazaki, on l'a repéré ! Il vient de sortir par la fenêtre d'une habitation !
- Quoi ? vous exclamez-vous en vous précipitant vers le garde-fou, laquelle ?
- Je crois que c'est... Oui, c'est l'atelier de la forgeronne, vice-commandant !
- Très bien, allons-y ! Sougo, tu as entendu ? Tiens-toi prêt !
Le bruit d'un bazooka chargé sur une épaule – il s'était tout de même décidé à en emprunter un autre – vous servit de réponse. Sans attendre, vous vous élancez par dessus la barrière pour rejoindre les lieux en passant par les toits, Yamazaki sur les talons.
Vous finissez par apercevoir le gars... Avec des outils et un procédé qu'il vous est impossible de distinguer d'ici, il est en train de crocheter une fenêtre de la maison voisine à celle qu'il vient de quitter. Concentré sur sa tâche, il ne vous a pas vu. Sur un signe de tête de votre part, Yamazaki part devant pour se positionner de façon à la prendre à revers s'il venait à essayer de s'enfuir, ce qu'il fera sûrement.
Vous lui laissez une minute d'avance, puis jugez que ce sera suffisant. Votre espion est plutôt agile quand il veut, il doit déjà être en place. Et il ne faudrait pas qu'il vienne à bout de cette fenêtre, il pourrait entrer et prendre les résidents en otage. Vous ne savez pas encore de quoi il est capable. Vous vous approchez vous même au maximum, de façon à n'être qu'à un saut de distance, puis...
- Police ! hurlez-vous en direction du malfrat, allumant votre lampe doit dans sa direction. Ne bougez plus, ou nous faisons feu !
Le voleur fait un bond, mais parvient à garder son équilibre sur le rebord de la fenêtre. Mieux, après une seconde d'éblouissement à cause de la lumière vive de votre lampe, il se reprend et bondit dans la direction opposée.
Vous jurez dans votre barbe. Vous vous en doutiez déjà mais c'est confirmé, vous n'avez pas affaire à un novice. Heureusement, il a foncé droit vers le spot de Yamazaki sans se douter de rien. Vous franchissez d'un bond la distance qui vous sépare du toit tandis que partout autour de vous, les spots des lampes s'allument et les sifflets d'alerte se font entendre.
- Halte ! fit soudain la voix de Yamazaki de l'autre côté du toit, à quelques mètres à peine. Ne bougez plus.
Parfait. L'inspecteur aurait eu du mal à le tenir en respect avec son sabre seul dans cette posture précaire, mais sachant que ça risquait de finir ainsi, vous l'avez équipé d'une arme à feu. En effet, en tournant à l'angle du toit, vous voyez devant vous le dos du voleur tenu en respect par Yamazaki qui pointe son pistolet sur lui. Il tourne brièvement la tête quand il vous entend arriver ; même dans la pénombre, la panique est lisible dans ses yeux. Il sait qu'il est fait comme un rat...
Mais c'est souvent lorsque les rats sont acculés qu'ils se montrent imprévisibles et mordent : sans qu'aucun de vous deux ne le voie venir, il se saisit soudain de ce qui doit être son sac de butin et le lance droit vers l'inspecteur qui, surpris par l'attaque, n'a pas le réflexe d'esquiver. Le sac le heurte en plein ventre, lui faisant perdre l'équilibre :la main toujours sur son arme, il chute et s'écrase en bas du bâtiment.
- Yamazaki !
L'ordure, profitant de la diversion, file déjà dans la direction opposé.
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Il faut agir vite ! Que faites-vous ?
Yamazaki ne bouge plus. Vous allez lui porter secours, et vous envoyez à la poursuite du voleur le chef d'équipe le plus proche après vous, à savoir Sougo. Dans ce cas, allez au chapitre 24.
Vous devez poursuivre le voleur, c'est la priorité. Alors, chapitre 70.
