Hello ! Eh oui, voici enfin le nouveau chapitre. Je sais que j'ai mis beaucoup de temps à le sortir, et j'en suis vraiment désolée, mais je reviens avec une bonne nouvelle. Comme je me mets beaucoup de pression avec cette histoire, j'ai décidé de continuer à l'écrire de mon côté, sans me soucier de la mise à jour, pour pouvoir écrire plus librement et sans stress. Du coup, durant le mois de novembre et décembre, j'ai pas mal bossé dessus. Ce qui fait que je l'ai entièrement écrite ! Bon, par contre, il me reste toujours la correction et j'ai quelques remaniements à faire. Ceci dit, si je ne me mets pas trop de pression, ça veut dire que j'arriverai à reprendre un rythme régulier, voire très régulier. J'en ai très envie, mais je ne vous fais pas de promesse. Je ne suis pas très douée, en ce moment, pour tenir un planning.

Je tiens à vous remercier, en tout cas, pour tout votre soutien ! Clairement, sans vous, cette histoire n'existerait plus. Et un merci particulier à Turand qui a supporté mes nombreuses remises en question !

Je vous souhaite une bonne lecture !


Chapitre 24 : Rapprochement indécis

Shizuo ouvrit péniblement les yeux. Il se sentit perdu, l'espace d'un instant, et quelques minutes s'écoulèrent avant qu'il n'émerge totalement. Le bruit aiguë et désagréable qui l'avait sorti de son sommeil n'était autre que le son de son réveil. Il était dans son lit... Il était dans sa chambre... Il se redressa en position assise et passa une main sur son visage, se sentant toujours dans les vapes. Il avait l'impression d'être encore dans ses rêves. Ses souvenirs commençaient à devenir flous, mais il savait qu'il avait rêvé d'Izaya. Encore. Ces dernières nuits, ça devenait récurant. Izaya s'invitait de plus en plus dans ses rêves. Parfois, la puce avait peur de lui. Mais d'autrefois, il redevenait comme avant.

Shizuo ferma les yeux, essayant de prolonger la sensation de son rêve. Cette nuit-ci, Izaya s'était invité dans son appartement. Il lui avait souri, de manière impertinente. Il avait ensuite fait l'état des lieux, comme s'il comptait s'installer ici. Il avait marché sans aucune aide. Aussi agile qu'avant. Shizuo lui avait proposé de rester et Izaya... Oui, c'est ça, Izaya s'était moqué de lui... Du moins, c'était le souvenir qu'il en gardait. Son rêve commençait déjà à s'estomper.

Il secoua alors la tête. Ça n'avait aucune importance. Allez, il ne devait pas trainer s'il ne voulait pas être en retard au travail. Il se força alors à se lever, alla nourrir Shiroi, avant de filer sous le douche. L'eau chaude sur son corps lui fit un bien fou. Ses muscles se détendirent et son esprit devint de plus en plus clair. Il avait pas mal de chose de prévue aujourd'hui. En effet, il devait appeler le thérapeute que Shinra lui avait trouvé pour fixer un rendez-vous. Et, après son travail, son frère devait passer à l'appartement. Enfin. Shizuo sourit en y pensant. Son frère lui manquait, même s'ils s'étaient vus plusieurs fois, récemment. Il était content de pouvoir passer un moment avec lui.

Sortant de la douche, Shizuo se prépara rapidement. Il donna une dernière caresse à Shiroi, avant de sortir de l'appartement. Les mains dans les poches, il avança d'un pas tranquille. Ses yeux se perdaient, de temps en temps, sur les personnes qu'il croisait. Izaya avait raison. Avant, il restait toujours dans sa bulle. Les autres n'existaient pas à ses yeux, comme s'ils ne formaient qu'une seule et même masse grise. Sans distinction aucune. Shizuo avait toujours agi comme ça. Peut-être pour se préserver de sa propre colère. Il n'en était pas sûr. Mais les paroles de la puce l'avaient travaillé, mine de rien. Et maintenant, il essayait de faire un peu plus attention au monde extérieur.

Il pouvait voir qu'aujourd'hui encore, les gens avaient tendance à se hâter autour de lui. La plupart évitaient même son regard et tâchaient de garder une distance de sécurité. Alors... même s'il s'était calmé, on continuait de se méfier de lui, hein ? Bah, ça ne le surprenait pas. On avait toujours peur de lui, ce n'était surement pas près de changer. A vrai dire, il se rendait compte que ça n'avait plus autant d'importance maintenant.

Auparavant, il aurait tout donné pour que l'on ait moins peur de lui, pour que quelqu'un parvienne à voir au-delà de sa violence. Mais aujourd'hui, il ne recherchait plus cette personne spéciale parce qu'il savait qu'il l'avait déjà trouvée. Un faible sourire s'afficha sur son visage lorsqu'il y pensa. Cependant, il ne dura pas. Parce que la situation était compliquée. Quand Izaya n'aurait plus peur de lui, il allait partir. Et Shizuo allait le perdre.

Il avait essayé de ne pas trop penser à tout ça, ces derniers jours. Il ne voulait toujours pas se prendre la tête, mais rien à faire. Son esprit le ramenait sans cesse à ces préoccupations. Et le temps n'y faisait rien. C'était même pire... Il avait essayé de se détacher, mais cette réalité le hantait de plus en plus. Comme si elle devenait vraiment réelle avec le temps. Izaya allait s'en aller. Si seulement, Shizuo pouvait l'en empêcher... Il ressentait un tas d'émotions indéchiffrables lorsqu'il pensait à son prochain départ. Mais il avait fini par en identifier une. Il avait peur. Il avait peur de le laisser partir et de ne plus jamais le revoir. Comment allait-il vivre sans lui ? Qu'allait-il faire de ses temps libres ? Arriverait-il seulement à arrêter de penser à lui ? Il ne savait pas comment répondre à ces questions et ça l'inquiétait.

Cela faisait bien longtemps que sa vie tournait autour d'Izaya. Même pendant ses deux années d'absence, Shizuo avait pensé à lui. Il n'avait pas réussi à l'oublier après tout ce temps. Combien d'années lui faudrait-il pour parvenir à se passer de lui ? Il n'en avait aucune idée.

Bien sûr, il avait des gens sur qui compter. Des amis, une famille. C'était important, mais... mais le tableau n'était pas complet sans Izaya. Il le réalisait de plus en plus. Ça avait un côté effrayant. Shizuo ne s'était jamais considéré comme une personne dépendante. Il n'avait jamais eu beaucoup d'attache. Alors, il avait du mal à comprendre ce sentiment. Le départ d'Izaya le ferait souffrir, bien plus qu'il n'avait jamais souffert. Pourquoi, comment ? Il n'en savait rien. Il ne savait pas grand-chose, à vrai dire. Mais cette peur, elle était bien réelle.

Il soupira un instant. Il allait devoir faire avec, il n'avait pas le choix. Il ne pouvait parler de cette peur à personne. Il savait que c'était déplacé. Et que ce n'était rien comparé à la peur que ressentait Izaya. Il devait garder ce sentiment pour lui.

Il continua sa marche, songeur. Il n'était plus très loin du bureau, à présent. Mais alors qu'il tourna dans la rue principale, il aperçut un visage familier. Ses sourcils se froncèrent lorsqu'il vit l'autre homme. Il ne savait pas comment agir. Face à lui, à quelques mètres de là, se tenait Kida. A cette vue, Shizuo se sentait prêt à s'énerver, mais il tâcha de faire de son mieux pour contrôler sa colère. Il ne lui avait toujours pas pardonné. Cependant, il ne voulait pas perdre à nouveau le contrôle de lui-même. D'autant plus qu'il culpabilisait un peu pour la dernière fois. Le jeune homme avait beau l'avoir cherché, Shizuo n'aurait pas dû l'attaquer de la sorte.

Mais alors qu'il se demandait quoi faire, Kida, lui, le remarqua à son tour. Il se figea un instant. Ses yeux s'agrandirent. Shizuo n'eut aucun mal à comprendre l'émotion qui le traversait. Il avait peur de lui. Il était sans doute effrayé à l'idée que Shizuo s'en prenne à nouveau à lui. L'ancien barman était habitué à ce genre de regard. Ça n'aurait rien dû lui faire. Mais en cet instant, Kida lui fit penser à Izaya. Il ne savait pas pourquoi. Mais ça lui était insupportable. Il s'avança alors vers lui. Kida recula aussitôt. Shizuo s'arrêta et le regarda, les sourcils toujours froncés. Il n'aimait pas ça.

« Je veux pas en reparler, grogna alors Shizuo. Tu restes loin de moi, tu restes loin d'Izaya et tout ira bien. Compris ? »

Kida hocha rapidement la tête. Ça aurait dû lui suffire. L'ancien Shizuo se serait contenter de ça, mais aujourd'hui, il ne se voyait pas simplement partir comme ça. Il inspira profondément.

« Désolé de t'avoir attaqué. Tu n'es pas blessé ? »

Il connaissait déjà la réponse, mais il avait besoin de lui poser la question lui-même.

« Non, souffla Kida. Ça va. Shizuo, je... je suis désolé moi aussi. Mais ce n'était pas toi que je visais, c'est Izaya, il-

— Arrête, le coupa Shizuo. Je t'ai dit que je ne voulais pas en reparler. »

Kida se tût. Il y avait toujours de la peur dans ses yeux, cependant elle paraissait moins forte. Kida semblait souhaiter encore lui parler, mais Shizuo ne voulait pas l'entendre. En plus, il avait une bonne idée ce qu'il voulait lui dire. Comme Tom, il aurait probablement aimé le mettre en garde contre Izaya. Ça en devenait fatiguant. Shizuo lui lança alors un dernier regard, avant de s'éloigner.

Tom et lui ne pouvaient pas comprendre. Shizuo, lui-même, avait mis du temps avant de le saisir. La question n'était pas de savoir si Izaya avait changé ou non, comme il l'avait cru au départ. Parce que, au fond, si Izaya se remettait à l'utiliser, peut-être que Shizuo n'en serait pas mécontent. Ah, c'était complètement insensé, il le savait bien. Et il ne prendrait aucun plaisir à se retrouver à nouveau au cœur des manipulation de la puce. Mais il y avait un mais...

Parfois, Shizuo se demandait si cette vie là n'était pas meilleure dans le fond. Quand Izaya se moquait de lui, au moins, c'était authentique. Et c'était facile, en fait. Shizuo savait parfaitement comment réagir dans ces cas-là. Il ne devait pas faire attention à chacune de ses paroles, à chacun de ses gestes. Il n'y avait ni stress, ni prise de tête. Sur le moment même, il l'avait très mal vécu, mais avec le recul... Peut-être que c'était préférable... Préférable à la peur et à la culpabilité. Seulement, on ne revenait pas en arrière... Shizuo se rendait compte qu'il ne pouvait plus le haïr. Pas après tout ça. Son regard sur lui avait changé. Tout avait changé.

Tout ce qu'il pouvait faire désormais, c'était de se demander si leur nouvelle relation en valait le coup. Est-ce que tout ça valait la peine de se poser toutes ces questions ? Toujours les mêmes qui revenaient empoisonner son quotidien. Shizuo voulait une vie simple. Avec Izaya, il était loin de l'avoir. Et pourtant, il continuait de s'accrocher à lui. Pourquoi ? Tout était dans ce simple mot. Et Shizuo avait l'impression que la réponse à cette question parviendrait enfin à tout éclaircir.

Seulement, il savait aussi que cette réponse ne suffirait peut-être pas à régler la situation. Malgré lui, il sentit la peur revenir dans son corps. C'était une sensation très désagréable, d'autant plus qu'il n'y était pas habitué. Pas à ce point, en tout cas, et pas... pas comme ça. Il en venait à imaginer les pires scénarios possibles. Combien de temps, exactement, Izaya allait-il encore rester à Ikebukuro ? Et si le délai s'annonçait beaucoup plus court qu'il ne le croyait ? Izaya pourrait très bien partir le mois prochain ou dans une semaine... ou peut-être même demain... Qui savait ce qui se passait dans son esprit ?

Ça faisait mal, tellement mal. Il avait beau tout faire pour ne pas y songer, il n'y arrivait jamais. Il avait tellement peur de perdre Izaya. Son Izaya... Il se sentait complètement perdu...


A quelques kilomètres de là, loin de toute cette confusion, Izaya se réveilla en douceur. Aujourd'hui, il n'avait ni séance de rééducation, ni thérapie. Ce n'était pas plus mal. Pour une fois, il pouvait se permettre de prendre un peu de temps pour lui, même s'il avait rendez-vous avec Shiki dans quelques heures. Depuis le temps qu'il avait laissé trainer ça...

Il s'étira, songeur. Ses jambes étaient douloureuses, mais ce n'était pas insurmontable. Il avait juste quelques courbatures. Son corps se réveillait lentement. Mais son esprit était déjà parfaitement alerte. Il avait passé une bonne nuit. Aucun cauchemar n'était venu le déranger. Il n'y avait pas à dire, mais ça faisait du bien. Il sentait qu'aujourd'hui serait une journée plutôt calme. Il se redressa alors avec des gestes précautionneux et quitta la chambre pour se rendre dans la salle de bain.

Izaya commença ensuite à se préparer. Comme à son habitude lorsqu'il devait voir quelqu'un, il fit attention à avoir l'air présentable. Lorsqu'il s'observa dans le miroir, il vit que son corps continuait de changer peu à peu. Lui qui avait dépéri ces derniers mois, il semblait aller beaucoup mieux. Pour s'en assurer, Izaya monta sur la balance et se pesa. Oui, il avait repris quelques kilos. C'était plutôt une bonne nouvelle. Un léger sourire s'afficha sur son visage. Son poids redevenait normal. Il était sur la bonne voie.

Il finit de se laver, s'habilla puis sortit de la pièce à l'aide de son fauteuil roulant. Ces derniers temps, il utilisait de plus en plus les béquilles, mais comme il effectuait des trajets plus longs, il se fatiguait plus vite. Il devait donc faire attention à ne pas en faire trop et à se reposer de temps en temps. Ses jambes tremblaient d'ailleurs un peu. Il les avait beaucoup utilisées la veille.

Il retourna alors dans sa chambre pour prendre son ordinateur portable, avant d'aller au salon. Il remarqua qu'il n'y avait déjà plus personne dans l'appartement. Il s'était vraiment levé tard aujourd'hui, parce que ça n'arrivait quasi jamais. Sans trop y penser, il s'installa à table et commença à trainer sur le net en attendant l'arrivée de Shiki. C'était plus fort que lui, il était toujours attiré par ces forums si particuliers... ceux qui parlaient des sujets les plus morbides, ceux qui traitaient de suicide. Il était toujours attiré par l'idée d'aller mettre un peu le bordel là-dedans, même s'il se demandait de plus en plus si ça en valait réellement la peine. A vrai dire, ça ne l'amusait plus autant qu'avant. Tous les humains avec qui il parlait n'avaient rien d'attrayant. Comme s'ils avaient perdu de leur charme. Pourtant, avant, n'importe qui aurait pu attirer son attention. Seulement maintenant... ils souffraient tous de la comparaison avec Shizu-chan.

Izaya ne pouvait le nier. Shizu-chan était tellement fascinant à observer. Et ce qu'ils vivaient pour l'instant, tous les deux, c'était intense. Compliqué aussi. Pas toujours agréable. Mais intense quand même. Jamais ils n'avaient été aussi proches l'un de l'autre. Ce qui rendait tous les autres liens qu'Izaya pouvait créer beaucoup moins intéressants.

Contrairement aux autres, Shizuo semblait le comprendre et il restait auprès de lui, malgré tout. En plus, c'était réjouissant de voir Shizuo avancer sur ses propres problèmes. Son humanité était tellement fascinante à observer. Izaya pourrait passer des heures à le regarder. Oui, il était toujours obsédé par lui, mais cette obsession recommençait à prendre le pas sur sa peur et ça... ça, ça n'avait pas de prix.

Cependant, Izaya n'oubliait pas qu'il ne pouvait pas s'investir dans cette relation. Il allait bientôt repartir. Il ne voulait pas prendre le risque d'être blessé. Il avait beau travailler là-dessus avec sa psychologue, il n'était pas prêt de changer d'avis. Alors, il fallait bien qu'il trouve d'autres occupations. Lorsqu'il n'aurait plus Shizu-chan dans sa vie, il allait bien devoir remplir le vide. Et ces forums... ces forums pouvaient l'y aider, il en était persuadé. Il devait juste se remettre dans l'ambiance et oublier... oublier la personne qu'il avait toujours voulue, mais qu'il ne pouvait se permettre d'approcher.

Il alla donc de forum en forum, répondant à plusieurs messages privés. Il ne vit pas le temps passer. Lorsque l'on sonna à la porte, il releva les yeux pour vérifier l'heure. Comme toujours, Shiki était pile dans les temps. Izaya s'avança à l'aide de son fauteuil et alla ouvrir. Il attendit ensuite quelques minutes, avant que le yakuza ne débarque derrière la porte. Si autrefois, Izaya se serait senti mal à l'aise de le recevoir tout en étant en fauteuil roulant, il se rendit compte que ce n'était plus le cas. Aucune honte ne se diffusait dans sa poitrine. A vrai dire, il était même plutôt indifférent. Cette constatation le fit sourire. Il avançait. Et même si ce n'était qu'un seul pas, c'était toujours un pas de plus.

« Shiki-san, ça faisait longtemps, sourit-il alors en voyant l'autre homme. Entre, je t'en prie. »

Izaya s'éloigna pour le laisser passer, puis retourna au salon où il passa du fauteuil roulant à l'un des divans. Après avoir retiré ses chaussures, Shiki vint s'assoir à côté de lui. Izaya posa alors son visage dans le creux de sa paume. Son sourire espiègle s'agrandit tandis qu'il fixait ce cher yakuza. Shiki, quant à lui, resta stoïque, bien que ses yeux froids ne cessaient de l'observer.

« Tu es en meilleure forme que ce à quoi je m'attendais, informateur.

— Hmm oui. Je vais mieux.

— Est-ce pour ça que tu as pris autant de temps avant de me recontacter ? »

Izaya haussa les épaules, faussement indécis.

« Tu es là maintenant et c'est le plus important, ricana-t-il. J'ai vu d'ailleurs que les affaires se passaient bien pour toi. Le groupe est plus prospère que jamais.

— Effectivement, confirma Shiki tout en sortant une cigarette de sa poche. Mais tes informations me manquent. As-tu pensé à ma proposition ?

— Je l'ai fait, oui.

— Et donc ?

— Ah là là, tu es bien pressé Shiki-san ! Je pensais que tu voudrais d'abord savourer un peu nos retrouvailles. »

Shiki tira une bouffée de sa cigarette, tout en le regardant toujours aussi froidement.

« Je vois que tu joues toujours à tes petits jeux. Tu vas vraiment mieux alors. »

Izaya se contenta de sourire.

« Néanmoins, j'ai du travail qui m'attend, reprit Shiki. J'ai besoin d'une réponse maintenant.

— Ah... Très bien, très bien. Comme tu le sais, je vais bientôt repartir à Yokohama. Mais je suis disposé à travailler pour toi de là-bas. Mes informations n'en seront pas moins bonnes. Après tout, ne suis-je pas le meilleur informateur de ce pays ? »

Shiki l'observa un instant, comme s'il l'évaluait du regard.

« Tu l'étais, oui. J'espère que ça n'a pas changé. Mes exigences ne vont pas baisser parce que ton physique n'est plus le même. Je voudrai les mêmes informations qu'autrefois, dans les mêmes délais.

— L'âge ne te rend pas plus souple à ce niveau-là à ce que je vois.

— L'âge n'y changera jamais rien, avoua Shiki. Ce qui compte, ce sont les résultats. Tu es d'accord avec ça ?

— Bien sûr Shiki-san. Tu n'as pas à t'en faire pour ça.

— Très bien, alors. Marché conclu. »

Shiki lui jeta un regard significatif et Izaya sut qu'il n'avait désormais plus la possibilité de faire marche arrière. Shiki lui avait laissé le temps pour réfléchir et pour se désolidariser du groupe s'il le souhaitait. Mais maintenant qu'Izaya avait confirmé son envie de retravailler pour eux, son sort était scellé. Il ne pouvait plus reculer. Mais ça ne faisait rien. Izaya avait l'habitude de vivre dans le danger. Ce n'était pas un problème. C'était excitant même. Travailler avec les yakuza le définissait quelque part et il était plus que ravi de retrouver cette partie-là de lui-même.

« J'ai besoin de toi pour une affaire.

— Toujours aussi rapide, Shiki-san. »

Sans relever sa dernière phrase, le yakuza sortit quelques documents pliés de sa veste.

« Il y a un nouveau groupe qui a fait son apparition. On ne sait pas encore quelles sont leurs motivations. Ce ne sont peut-être que des lycéens en manque d'action, comme l'étaient autrefois les écharpes jaunes. Mais je ne veux prendre aucun risque. Il est presque certain qu'ils dealent de la drogue, près des écoles. Si c'est bien le cas, ils doivent être mis hors d'état de nuire le plus rapidement possible. »

Izaya attrapa le papier et lut rapidement les maigres informations qu'il y avait dessus. Son sourire s'agrandit alors. Il n'avait pas beaucoup travaillé ces derniers temps. Il avait aidé Kine lors d'une enquête, mais en dehors de ça, il n'avait pas fait grand-chose. Il sentait l'adrénaline monter en lui. Il avait hâte de s'y mettre.

« Je vais chercher ça.

— Bien. » répondit simplement Shiki.

Tout en continuant à fumer, ce dernier observa Izaya. L'informateur avait l'habitude de ce genre de regard de sa part, même si c'était étrange de le revoir en cet instant. Cela faisait si longtemps... Bien que les yeux de Shiki étaient toujours aussi froids, Izaya y voyait, à présent, autre chose... Autre chose qui avait, autrefois, troublé Izaya bien plus que de raison. A l'époque, il avait appris à en jouer. Mais aujourd'hui... il ne savait pas quoi en penser.

En soi, se perdre dans les draps de Shiki n'avait jamais rien eu de désagréable, même s'il n'y avait pas eu de réelles affections entre eux deux. Shiki aimait sa femme et Izaya... Izaya ne voulait pas privilégier un humain en particulier par rapport aux autres. Mais il avait toujours été avide d'expérience. Et avec Shiki... Il n'avait pas été déçu.

Ce dernier le fixait toujours, comme s'il essayait de lire dans ses pensées. Izaya sourit légèrement. Depuis le temps, Shiki aurait dû renoncer, sachant très bien qu'il n'y arriverait jamais. Pourtant, le yakuza semblait toujours croire qu'il pourrait le comprendre d'un simple coup d'oeil. C'était amusant. Shiki finit par tendre le bras vers lui et posa sa main sur son poignet. Il lui jeta ensuite un regard interrogateur. Izaya se mit à hésiter. Ils pourraient... Ils pourraient le faire... Après tout, Shinra et Celty ne rentreraient pas de la journée et son corps ne dirait surement pas non à ce genre de douceur. Une partie de lui en avait envie. Alors, quand il sentit les lèvres de l'autre homme sur les siennes, il ferma les yeux.

Peut-être que ça pouvait être aussi simple que ça... Peut-être qu'il pouvait y arriver... Mais lorsque la main de Shiki se posa sur son dos, il se tendit aussitôt. Une douleur parcourut son corps, alors même que Shiki s'était montré très doux. Nul doute que c'était psychosomatique, mais ça ne changeait rien aux faits... Izaya ne supportait pas l'idée qu'on le touche à cet endroit... cet endroit qui avait été meurtri par Shizuo... Non, il ne pouvait certainement pas penser au blond en cet instant précis. Il retira alors doucement le bras de Shiki et sourit.

« Je te recontacterai dès que j'ai du nouveau. »

Shiki resta silencieux un instant. Aucune émotion ne vint troubler la neutralité de son visage. Puis, il finit par acquiescer et se redressa.

« Je suis content de t'avoir revu, informateur. Prends soin de toi. »

Izaya le regarda partir, tandis qu'une étrange tension monta dans son corps. Il aurait dû dire oui. Même s'il n'était pas le plus grand fan de ce genre de rapprochement, cela lui aurait peut-être fait du bien... Seulement, il savait que son esprit n'aurait pas réussi à se détendre, à lâcher prise.

Soupirant, il retourna alors sur l'ordinateur. Il tenta de penser à autre chose, mais c'était peine perdue. Il ne cessait de songer à la proposition de Shiki. Etait-il anormal d'avoir refusé ? Il n'en savait rien, mais... mais pour l'instant, il s'en moquait. La douleur qu'il ressentait dans le bas de son dos lui prouvait bien que ses problèmes étaient loin d'être réglés. Et dire que c'était Shiki qui l'avait touché, et non Shizuo...

Izaya ne put s'empêcher de se demander ce qu'il ressentirait si c'était Shizu-chan qui le touchait. Arriverait-il seulement à le laisser faire ? La première tentative n'avait pas été une grande réussite. Il était parvenu à le toucher, au prix d'un grand effort, mais il aurait été incapable de laisser le blond poser ses mains sur lui. Et ça n'avait pas changé. Ils avaient beau évoluer, ils n'en étaient clairement pas à ce stade, mais peut-être que...

Izaya stoppa net ses pensées. Il secoua la tête, même s'il n'y avait personne pour le voir. Qu'était-il en train de s'imaginer là ? Peu importe qu'il finisse ou non par dépasser sa peur, Shizuo ne le toucherait jamais de cette manière-là. Ils ne seraient jamais aussi intimes tous les deux que ce qu'Izaya avait pu être avec Shiki... De toute façon, ça n'avait pas d'importance. Sa relation avec Shizuo était sur le point de se terminer, alors il ne devait plus y penser...

Agacé par sa propre attitude, il commença enfin à chercher des informations pour Shiki. Petit à petit, son malaise et sa douleur disparurent. Son esprit se concentra sur tout autre chose et lui permit d'oublier Shizuo et la proposition de Shiki pour un petit moment, au moins...


Quelques heures plus tard...

Shizuo reposa son téléphone sur la table. Les muscles de son dos commencèrent à se détendre. Il n'en pouvait plus. Il avait passé une horrible journée. Il n'avait pas arrêté de penser au prochain départ d'Izaya et avait, à peine, pu se concentrer sur son travail. Il n'était clairement pas mécontent d'être enfin à la maison, même si ses pensées ne s'étaient pas arrêtées au pas de sa porte.

Enfin, au moins, il venait d'appeler le thérapeute et avait réussi à avoir un rendez-vous pour la semaine prochaine. C'était une bonne chose de faite. Il se sentait soulagé. Il espérait que cet homme parviendrait à l'aider, mais, même au-delà de ça, il était déjà satisfait de lui-même. Il commençait à prendre sérieusement les choses en main. Il savait que Celty avait raison. Il était plus que temps qu'il s'occupe également un peu de lui. Son problème de colère n'allait pas disparaître juste parce qu'il le souhaitait, après tout.

Dans tous les cas, il était fier de cette avancée. D'autant plus que son frère n'allait pas tarder à arriver. Il allait enfin pouvoir lui donner des nouvelles concrètes. Et peut-être que, pour une fois, il n'aurait pas honte de son comportement face à lui.

Il passa une main sur son visage. Il se sentait étrange. Il avait une énergie folle à dépenser pour enfin changer. Il en était capable. Il le voulait. Mais tout ça était un peu gâché par la décision d'Izaya, il devait bien l'avouer. Bien sûr, il faisait tout ça pour lui-même, mais quand même... il le faisait aussi un peu pour sa relation avec le brun. Parce qu'il voulait s'assurer de ne plus jamais s'énerver devant lui. Parce qu'il voulait qu'ils restent dans la même ville. Seulement, c'était impossible. Il allait bien falloir qu'il s'y fasse...

Heureusement, il n'eut pas le temps de songer à ça plus longtemps. En effet, son frère finit par arriver, le sortant de sa énième prise de tête.

« Bonjour Shizuo, commença Kasuka de son habituelle voix froide tout en pénétrant dans l'appartement. Comment vas-tu ?

— Je vais bien et toi ?

— Ça va... »

Kasuka retira ses chaussures. Aussitôt, Shiroi vint les renifler. Kasuka lui adressa l'un de ses rares sourires et tendit la main vers lui. Shiroi les sentit un moment, avant de l'autoriser à le caresser.

« Je viens de signer les papiers pour un appartement à Shinjuku, déclara alors Kasuka. Ruri et moi emménagerons dans les prochaines semaines.

— Oh, vraiment ? C'est une super nouvelle ! »

Kasuka acquiesça. Shizuo lui sourit. Ils allaient être tout près. Il pourrait donc voir grandir son neveu. Il allait vraiment falloir qu'il se montre présent pour lui. Il voulait jouer son rôle d'oncle le mieux possible.

Mais, au-delà de ça, il était satisfait de voir que les choses se mettaient en place pour son frère. Sa carrière était tellement contraignante que Shizuo avait craint que le projet ne soit repoussé. Mais finalement, ils avaient réussi...

« Ça fait longtemps que je n'ai plus vu Ruri en plus, lança-t-il alors. Tout se passe bien pour elle ?

— Oui, tout va bien. Elle est fort fatiguée. Je pense qu'elle hâte que le bébé vienne maintenant... »

Il laissa sa phrase en suspens, comme s'il avait voulu ajouter quelque chose, mais qu'il s'était retenu au dernier moment.

« Et toi ? le relança Shizuo.

— J'ai hâte aussi, répondit Kasuka d'une voix morne. Ce sera juste un peu... étrange...

— Ne t'en fais pas, petit frère, je sais déjà que tu feras un très bon père. »

Merde, cette phrase était tellement bateau. Il ne savait pas comment le dire autrement, mais il était réellement persuadé que Kasuka s'en sortirait très bien. Il aurait juste aimé pouvoir lui donner de meilleurs conseils, seulement il n'y connaissait rien... Il se sentait tellement stupide dans ces moments-là. Il aurait tant voulu être un meilleur grand frère pour lui !

Face à lui, Kasuka esquissa un léger sourire. Ces simples mots lui faisaient déjà du bien.

« Merci Shizuo, lui dit-il alors. Et toi, quelles sont les nouvelles ?

— J'ai pris rendez-vous avec un thérapeute. Je vais apprendre à gérer ma colère avec lui.

— C'est bien. C'est une bonne chose.

— Oui... Il était temps. »

Shizuo essaya de sourire, mais le cœur n'y était pas. Il avait honte de lui-même quand il repensait à cet horrible moment où, dans un accès de rage, il avait tenté de lancer le frigo sur son frère.

« Je suis fier de toi, reprit Kasuka. Tu avances, tu prends ta vie en main. Tu ne restes plus passif face à tes problèmes de colère. Je ne peux qu'apprécier ça. »

Shizuo se sentit étrange en entendant ses paroles. Mais une douce chaleur se propagea dans sa poitrine. Kasuka était fier de lui...

« Et avec Izaya, comment ça se passe ? »

Même si le visage de son frère restait neutre de toute émotion, Shizuo voyait bien que c'était un sujet important pour lui. Il prit alors quelques secondes de réflexion avant de lui répondre.

« Ça va aussi. Je pense qu'on s'en sort bien... Il va de mieux en mieux, alors... c'est le plus important.

— J'imagine... »

La voix de son frère avait beau être terne, Shizuo n'eut aucun mal à saisir les nuances.

« Je vais mieux aussi, rajouta-t-il alors.

— Tu en es sûr ? »

Ils s'observèrent un instant. Kasuka se montrait très perspicace. Shizuo soupira. Il ne voyait pas pourquoi il lui cacherait ça, à vrai dire.

« Izaya ne compte pas rester à Ikebukuro. Quand il ira mieux, il va repartir à Yokohama. C'est la suite logique. Ça devrait me réjouir, c'est ce que j'ai toujours voulu.

— Mais ce n'est plus ce que tu veux maintenant.

— Quelle importance ? Ce n'est pas comme si j'avais mon mot à dire.

— Au contraire, le détrompa Kasuka, c'est important que tu t'exprimes aussi. Qu'est-ce que tu veux, toi ? »

Ce n'était pas la première fois qu'on le lui faisait remarquer. Et d'accord, c'était difficile de trouver un compromis entre ses envies et celles d'Izaya, mais ça n'empêchait pas Shizuo de sentir l'agacement monter en lui. C'était bien pour ça, aussi, qu'il ne voulait jamais trop y penser. Parce que ça l'énervait. Izaya décidait de tout pour eux deux. Il faisait ça depuis le début. Et même s'il y avait eu quelques améliorations, dans le fond, c'était toujours Izaya qui restait le maitre de leur relation. Shizuo n'aimait pas ça. Il aurait voulu que son avis compte tout autant. Seulement, il n'avait aucune légitimité à s'imposer... Mais s'il le pouvait...

Il ferma les yeux, un instant, essayant de visualiser ce qu'il voulait réellement. En réalité, ce n'était pas si compliqué. Ce qu'il voulait, c'était qu'Izaya reste. Des brides de son rêve lui revint en tête. Il imaginait à nouveau Izaya dans son appartement. Oui, c'était une vision qui lui plaisait.

« Je veux qu'il reste. Je ne vois pas pourquoi il devrait partir alors que tout s'arrange enfin entre nous !

— Tu devrais lui dire.

— Je l'ai fait, s'énerva Shizuo. Seulement, ça ne change rien. Je ne le comprends pas. Je pensais que c'était ce qu'il voulait, qu'on s'entende enfin bien. Mais maintenant que ça arrive, il veut repartir ! Ça n'a aucun sens ! »

En laissant s'exprimer ses sentiments, Shizuo se sentit en colère. Depuis sa dernière conversation avec Izaya, il avait tout fait pour la contenir, de peur de tout faire foirer, une nouvelle fois. Cependant, il devait avouer que ça faisait du bien de pouvoir la relâcher. Il avait besoin de voir clair dans tout ça. Et peut-être que son frère pourrait l'y aider.

« Il décide de tout, avoua-t-il. Comme s'il prenait ce qu'il l'arrange pour aller mieux, tout en se moquant du reste ! »

En disant cette phrase, Shizuo se sentit mal. Ce n'était pas la première fois qu'il le disait, mais depuis, la puce avait fait des efforts. Il eut alors l'impression de trahir Izaya. Non, il lui faisait confiance. Il savait qu'il n'agissait pas comme ça. Pourtant, les mots étaient sortis de sa bouche, sans qu'il ne s'en rende compte.

« Tu penses qu'il te manipule ? demanda Kasuka d'une voix neutre.

— Non. Ou alors, il le fait inconsciemment. »

Shizuo savait qu'il devait donner l'impression de le défendre coute que coute. Heureusement, Kasuka ne lui fit aucun reproche. Cependant, en parlant de tout ça, Shizuo se rendait compte qu'il y avait encore beaucoup de non-dits dans sa relation avec Izaya. Comme le fait qu'il croyait Izaya lorsque celui-ci lui disait qu'il ne le voyait plus comme un monstre, mais... il ne savait pas réellement ce qu'Izaya pensait de lui, en dehors de ça. Peut-être qu'à ses yeux, il restait un protozoaire. Qu'une fois son obsession passée, il n'aurait plus d'intérêt pour lui. Si c'était le cas... Alors Izaya était juste sincère. Pourquoi resterait-il ? Il n'y avait rien qui le retenait ici. Peut-être que Shizuo s'était un peu trop emballé sur le lien qui les unissait...

En voulant réparer leur relation, il avait peut-être permis à Izaya de s'éloigner enfin de lui, tandis que lui s'était rapproché de la puce... Et, sans qu'il ne comprenne vraiment pourquoi, cette pensée lui serra le cœur. Ce n'était pas ce qu'il voulait... Et, à nouveau, cette question lui revint en tête. Pourquoi ? Pourquoi réagissait-il de façon aussi forte ?

« Tu devrais lui parler si ça te déplait à ce point. Quand dois-tu le revoir ?

— Je ne sais pas, répondit Shizuo. On n'a rien fixé.

— Envoie lui un message. »

Kasuka semblait trouver ça simple. Et peut-être que ça l'était, en effet. Shizuo prit son téléphone et, sous le regard impassible de son frère, envoya à un message à Izaya.

« Tu veux voir les photos de l'appartement qu'on a choisi ? poursuivit alors Kasuka comme si de rien n'était.

— Bien sûr. »

Shizuo sourit. Il regarda avec lui les photos. Il devait reconnaître que c'était un bel appartement. Ils allaient être bien installés là-bas. Et alors que la conversation se poursuivait, il reçut un message. Il le regarda, sans attendre. Izaya lui proposait de passer le lendemain, dans la journée vu qu'il ne travaillait pas. Shizuo fut content de lire ces mots. Comme Izaya l'avait quelque peu repoussé la dernière fois qu'ils s'étaient vus, Shizuo avait craint une réponse négative. Mais tout allait bien...

A nouveau, Shizuo se rendait compte qu'il se prenait la tête et il ne supportait vraiment plus ça. Il avait besoin d'en parler avec Izaya. Il fallait qu'il sache ce que la puce pensait réellement de tout ça.


Après le passage de son frère, Shizuo prit donc le temps de réfléchir à la situation. Il se sentait de plus en plus perdu. Ses sentiments s'entremêlaient, il ne parvenait pas à les distinguer. Il y avait de la peur, de la colère, mais aussi autre chose... Il soupira. Pourquoi avait-il fallu que leur relation tourne de cette façon ? Shizuo avait l'impression que tout aurait pu être plus simple si... si Izaya ne s'amusait pas à tout compliquer.

D'accord, il était injuste. Ça n'amusait surement pas Izaya. Mais, parfois, Shizuo avait quand même le sentiment qu'il rendait la situation plus compliquée qu'elle ne l'était en réalité. Pourquoi devraient-ils mettre fin à leur relation ? Ils pourraient essayer de continuer à se voir. Shizuo le voulait tellement.

Il n'avait jamais ressenti un sentiment aussi fort pour qui que ce soit d'autre. Une telle envie de le garder auprès de lui... Non, même pour son frère, il n'avait jamais réagi de la sorte. Pourquoi ? Qu'est-ce qui était différent ? Que ressentait-il exactement pour Izaya ? A cette question, son souffle trembla. Il avait l'impression de déjà connaitre la réponse... Il ferma les yeux, exaspéré. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'Izaya soit près de lui et ressente ça, lui aussi.

Seulement, Shizuo faisait peut-être fausse route. Et si Izaya le trouvait juste stupide ? Ce n'était pas impossible. Ils n'avaient jamais reparlé de ça. Il allait falloir qu'il le fasse. Shizuo voulait tant que tout soit clairement dit entre eux deux.

Ce fut donc sur ces résolutions qu'il retrouva Izaya, le lendemain au beau milieu de l'après-midi. Très vite, ils s'installèrent dans le salon de Shinra et Celty. Ces derniers n'étaient pas là, ce qui n'était pas pour lui déplaire. Shizuo se sentait tendu, tandis qu'il regardait Izaya leur servir une tasse de thé. Il ne savait pas vraiment comment aborder ce qui le dérangeait. Il connaissait la position d'Izaya là-dessus, il était sûr qu'elle ne changerait pas. En revenant sur le sujet, il risquait de le braquer. Mais il avait tellement besoin de s'exprimer...

Face à lui, Izaya resta silencieux. Il pouvait sentir la tension qui émanait de Shizu-chan. Ça le mettait mal à l'aise. Il restait donc sur ses gardes, attentif aux moindres mouvements de l'ancien barman. Il n'y avait aucune raison pour que ce dernier s'en prenne à lui, bien sûr, mais... mais le sentiment d'insécurité commençait à s'installer. Il réfléchissait à toute vitesse. Avait-il fait quelque chose de mal ? Est-ce que c'était à cause de leur dernière conversation ? Il se sentait perdu et il détestait ça. Les mains un peu tremblantes, il prit sa tasse et but une gorgée de thé.

« Est-ce que ça va ? »

Il finit par poser cette simple question d'une voix trop inégale à son goût. Shizuo le fixa un moment. Il voyait bien que son attitude rendait Izaya nerveux. Son instinct lui dicta aussitôt de sourire et de le rassurer. Mais, à nouveau, ce serait nier son propre ressenti. Et ce n'était pas une bonne idée. Celty et Kasuka le lui avaient bien expliqué. En plus, s'il taisait ses problèmes, est-ce que ça n'augmenterait pas le risque qu'il explose de colère un jour, sans pouvoir se contrôler ? Il en avait assez de toutes ces questions incessantes.

« Ça va... » finit-il, malgré tout, par souffler.

Izaya ne le crut pas. C'était difficile, en même temps. Il voyait bien que Shizu-chan agissait de manière différente.

« Dis ce que tu as à dire. »

Son cœur se mit à battre plus fort. Il avait beau l'enjoindre à parler, il avait, tout de même, peur de sa réponse.

Shizuo, quant à lui, soupira. Il devait se lancer. Il décida de ne pas aborder le plus gros du problème en premier. C'était sans doute mieux comme ça.

« Tu penses toujours que je suis stupide ? »

Izaya le regarda, surpris. C'était ça qui dérangeait Shizu-chan ? Mais... pourquoi ? Lui avait-il donné l'impression de se moquer de lui, récemment ?

« Pourquoi tu me demandes ça ?

— Réponds, c'est tout. »

Izaya ne voyait pas où il voulait en venir, mais il se sentait soulagé. Si c'était ça qui posait problème à l'ancien barman, ce serait vite réglé.

« Non. Et, sincèrement, je ne l'ai jamais réellement pensé. Tu te laissais trop emporter par ta colère, mais c'est tout. Et vu que tu me démasquais souvent, on peut dire que tu es loin très stupide.

— ... Souvent ? Toujours, tu veux dire. »

Izaya étouffa un rire. L'ambiance se fit plus légère. Izaya commença à se détendre.

« Il ne faut pas exagérer non plus, Shizu-chan. J'ai quand même réussi à te surprendre une ou deux fois, non ? »

Il lui lança alors un regard doux qui déstabilisa Shizuo. Ce dernier sentit la tension faiblir. Alors... Izaya ne le voyait plus comme un protozoaire ? Sa réponse diffusa une douce chaleur dans son torse.

« C'est vrai, avoua-t-il alors. Et je suis sûr que tu vas encore le faire. »

Le sourire d'Izaya vacilla. D'accord... C'était donc là où Shizu-chan voulait réellement en venir.

« Je ne crois pas, répondit-il plus froidement. Je te l'ai dit, je vais repartir. »

Shizuo fronça les sourcils. Bien sûr, il le savait. Mais pourquoi fallait-il que ce soit aussi compliqué ?! La tension grimpa, à nouveau, dans son dos.

« Je voudrais que tu restes. »

Izaya ne répondit pas, baissant son regard sur sa boisson chaude. Son cœur battait fortement. Il n'aimait pas le tournant que prenait cette conversation. Il ne voulait pas entendre ça.

« Je sais que ça reste ta décision. Je ne veux pas te forcer, c'est... »

Shizuo s'interrompit un instant, cherchant ses mots. Puis, il décida d'être simplement honnête.

« C'est frustrant pour moi. J'arrête pas d'y penser. Je me sens bien avec toi, Izaya. J'ai l'impression que ma vie retrouve enfin son sens. Et j'ai pas envie que ça se termine. Je voudrais juste qu'on arrête de se prendre la tête. Pourquoi devrait-on mettre un point final à notre histoire ? Pourquoi ne pas prendre un nouveau départ, plutôt ? C'est possible. On peut le faire. »

Shizuo était sincère. Izaya le sentait bien, mais ses phrases lui faisaient mal. Il restait persuadé qu'elles n'étaient dictées que par sa culpabilité. Ça n'avait donc rien de plaisant à entendre.

« Je suis désolé, Shizu-chan. Je ne peux pas. »

Shizuo le regarda. Mais au lieu de la colère attendue, il ne ressentait que de la tristesse. Et à nouveau, pourquoi ? Pourquoi était-il aussi mal ? Il ne savait plus quoi faire. Il ne voulait surtout pas qu'Izaya se sente forcé, seulement... seulement, c'était une situation très difficile à vivre pour lui. Il ne voulait pas le perdre. Tout mais pas ça... Les mots d'Izaya lui donnait envie... lui donnait envie de pleurer... Il ne comprenait pas pourquoi il réagissait aussi fort, mais il ne pouvait s'empêcher. C'était juste... douloureux.

« ... Qu'est-ce que je vais faire quand tu ne seras plus là ? »

Sa voix était basse. Izaya voyait bien qu'il l'avait blessé et... ça le blessait aussi. Mais quel autre choix avait-il ? Malgré tout, il ne supportait pas de le voir comme ça.

« Tout, lui répondit-il alors. Tu pourras tout faire. Tu ne seras plus prisonnier de notre relation.

— Et si je ne m'en sentais pas prisonnier ? Et s'il n'y a rien qui m'intéresse en dehors...

En dehors de toi...

« ... en dehors de tout ça ?

— Vraiment ? Tu n'as pas de rêve ? »

La voix d'Izaya se fit moqueuse, mais Shizuo savait que ce n'était pas méchant. Eh bien... il avait des rêves, bien sûr... Il pensa à Kasuka et sentit son désir de paternité remonter en flèche, mais il savait qu'il y avait peu de chance que cela arrive. De toute façon, il n'avait pas envie de parler de cette envie-là à Izaya. C'était sans doute trop... trop intime.

« J'ai toujours voulu être détective privé, dit-il à la place. Mais à quoi est-ce cela sert maintenant ? C'est trop tard.

— Pourquoi ce serait trop tard ?

— J'ai vingt-huit ans, Izaya. Ce n'est pas à cet âge qu'on change de carrière. »

Izaya le fixa un moment, avant de reprendre.

« Tu pourrais le faire... Kine est détective privé et il s'est reconverti bien plus tard que toi. Je pourrais lui parler de toi, si tu veux.

— Qui est Kine ?

— Un ancien yakuza. Tu l'as déjà croisé d'ailleurs, quand on était au lycée. Il vit avec moi à Yokohama. »

A ces mots, Shizuo sentit son cœur rater un battement. Un horrible goût de bile lui remonta dans la gorge. Il fronça alors les sourcils, n'appréciant pas du tout cette sensation. Ça ne devrait pas le toucher normalement. Alors pourquoi... pourquoi ne se sentait-il pas bien en entendant cette phrase... ? Il eut l'impression de voir flou l'espace d'un instant.

« Je ne savais pas que tu vivais avec quelqu'un... »

Sa voix était à peine plus élevée qu'un murmure. Il n'arrivait pas à réfléchir clairement. Il se sentait stupide. Pourquoi n'avait-il jamais envisagé cette possibilité ? Bien sûr, il avait longtemps détesté Izaya, mais il savait aussi que certaines personnes le trouvaient attirant... Il ne pouvait pas en vouloir à ce Kine d'avoir vu avant lui qui était réellement Izaya. Il ne pouvait s'en vouloir qu'à lui-même. Si seulement, il s'était rapproché d'Izaya plus tôt, il aurait... il aurait quoi ? Son coeur commença à s'emballer dans sa poitrine.

« Il m'a aidé après l'accident... »

Izaya s'arrêta en pleine phrase. Il se rendit compte qu'il avait, à nouveau, employé ce mot.

« C'est bien, marmonna Shizuo, un peu ailleurs. Je suis content que tu n'aies pas été seul à ce moment-là. »

Shizuo avait tiqué sur le terme qu'il avait employé, mais il ne tenait pas à avoir ce genre de conversation pour l'instant. Il y avait plus important. Il regarda Izaya, perdu. Il sentait la douleur lui ravager la poitrine. La jalousie aussi. Malgré tout, il devait s'assurer d'une chose plus essentielle.

« Il est gentil, alors ?

— Oui... Un peu casse-pied quand même, rigola Izaya. Mais il est gentil.

— Il te traite bien ?

— ... Oui... »

Izaya le regarda, perplexe. Il ne voyait pas où il voulait en venir avec toutes ces questions.

Shizuo, quant à lui, était toujours submergé par un tas d'émotions contradictoires. Il n'arrivait pas à y faire le tri. Son cœur battait plus vite que d'habitude. Izaya avait quelqu'un dans sa vie. Quelqu'un de bien qui prenait soin de lui. Une personne qu'il voulait surement hâte de retrouver... Et ce n'était pas lui. Evidemment que ce n'était pas lui. Qu'est-ce qui lui prenait de penser ça ? Comment avait-il pu croire qu'il serait le soutien d'Izaya ? Comme si le brun avait eu besoin de l'attendre pour trouver son pilier... La jalousie le piqua encore plus. Mais il tâcha d'y faire abstraction.

« C'est tout ce qui compte, se força-t-il à dire. Et je comprends mieux pourquoi tu veux retourner vivre à Yokohama... »

D'accord... Izaya avait clairement l'impression qu'il y avait eu un malentendu quelque part, là...

« Eh bien, maintenant que je vais mieux, j'imagine qu'on ne vivra pas éternellement ensemble.

— Pourquoi ça ? s'étonna Shizuo.

— Parce que ça n'aurait pas de sens. »

Shizuo avait l'air perdu et, sincèrement, Izaya l'était également.

« On n'est pas en couple, précisa-t-il alors.

— Ah... »

Shizuo mit quelques secondes à réaliser ce que ces mots impliquaient réellement. Il se sentit ensuite soulagé... Un sourire s'afficha même sur son visage. Il ne put le retenir. Son corps se détendit. Il avait eu tellement peur, tout d'un coup, que... que quoi au juste ? Qu'Izaya aime déjà un autre homme ? Alors... C'était ça ? C'était ça, ce sentiment ?

Mais il n'était pas le seul à se sentir confus par sa réaction. Izaya avait beau connaître les humains, il ne comprenait pas pourquoi Shizuo semblait si heureux de cette nouvelle... Un peu comme lui quand il avait appris que Shizuo ne sortait pas avec Vorona... Pourquoi devaient-ils agir comme ça ? C'était insensé... Izaya sentit un sentiment horrible naitre au fond de lui. Non, il ne pouvait pas se permettre d'espérer. Il n'y avait rien à espérer. Même si... même si avant, il aurait été plus que ravi de cette réaction, c'était terminé maintenant. Sa peur avait tout dévasté. Et il ne savait toujours pas ce qui se trouvait derrière...

Un silence s'installa entre eux. La réaction de Shizuo n'avait dupé personne. Ce dernier se sentait mal à l'aise. Tout commençait à devenir plus clair dans son esprit, mais ça ne rendait pas la situation plus simple pour autant.

« Désolé, je n'aurais pas dû parler de ça, marmonna-t-il alors.

— Ce n'est rien... »

Non, Izaya ne devait pas répondre comme ça. Bien sûr que ce n'était pas rien. Shizuo se mit à repenser à leur rapprochement récent... à ses propres envies... et il ne pouvait se mentir. Il trouvait Izaya de plus en plus attirant. Il avait envie de le toucher, de prendre soin de lui, de passer du temps avec lui. Pas comme un ami... Peut-être que c'était ça, la réponse à son pourquoi ? Ça expliquerait sa réaction... et même toutes ses récentes réactions... Etait-il juste... amoureux d'Izaya ? En y pensant, il se sentit étrangement plus calme.

« Je crois que je me suis attaché à toi plus que ce que je croyais. » finit-il par lui avouer.

Izaya l'observa, peu sûr de lui. Et voilà... Ils en étaient là... Il aurait tellement voulu éviter ça, mais ce qu'il pressentait depuis plusieurs semaines était bel et bien en train d'arriver. Cela ne lui plaisait pas... Parce que c'était faux. Sa psychologue avait beau lui dire d'essayer d'envisager d'autres possibilités, il ne pouvait pas le faire. Parce qu'il savait que ce serait toujours faux.

« C'est ta culpabilité qui parle, répondit-il à voix basse. Rien d'autre.

— Peut-être que ça joue, c'est vrai, reconnut Shizuo. Mais peut-être qu'il y a plus. Tu n'avais pas totalement tort au restaurant... Peut-être que le mot puce est devenu affectueux pour moi... »

Izaya sentit son estomac se serrer. Non, il ne voulait pas entendre ce genre de chose. Certainement pas. Pas après tout ce temps. C'était au tout début que Shizuo aurait dû lui dire ça ! Peut-être qu'à ce moment-là, Izaya aurait été prêt à l'entendre, prêt à prendre le risque. Mais c'était trop tard désormais. Beaucoup trop tard.

« Izaya, je crois que je t'-

— Non, le coupa aussitôt Izaya. Ne dis pas ça. Je ne veux pas l'entendre. Tes mots sont juste guidés par tes remords. »

Izaya sentait sa respiration se bloquer. Il avait l'impression de voir flou. Son cœur battait contre ses tempes, dans un bruit assourdissant. Il ne se sentait pas bien... pas bien du tout...

Face à lui, Shizuo aurait aimé pouvoir le contredire, mais il resta silencieux. Parce que, dans le fond, il ne savait pas où se trouvait la vérité. Il se sentait, lui-même, très incertain. Ses sentiments étaient confus. Et puis, il était guidé par sa culpabilité, bien sûr. Elle était toujours bien présente en lui. C'était elle qui le changeait, elle qui l'empêchait parfois de s'énerver sur Izaya... Parce qu'il avait tellement peur de lui faire du mal à nouveau, de se sentir monstrueux...

Et pourtant, Shizuo sentait qu'il y avait tellement plus que de la culpabilité. Quand il voulait prendre soin d'Izaya, quand il commençait à apprécier la personne qu'il était, quand il voulait le revoir comme avant, ... toutes ces sensations n'avaient plus grand chose en rapport avec la culpabilité. Il savait que ça la dépassait. Et de loin. Il aurait aimé pouvoir le lui dire, seulement... il voyait bien dans quel état se trouvait Izaya, en ce moment même. Il l'avait fait suffisamment souffrir comme ça. Il ne pouvait pas lui dévoiler ses sentiments, tant qu'il n'était pas au clair avec sa culpabilité. Et encore... Il le ferait que si c'était utile.

Ah... Il était venu ici avec l'intention de mettre ses émotions en avant, mais là... il ne pouvait pas. Il ne s'attendait pas à ça. Et puis... avait-il seulement le droit de l'aimer ? Après tout le mal qu'il lui avait fait...

« Très bien..., dit-il alors. Je ne le dirai pas... »

Izaya acquiesça, mais ne se sentit pas mieux pour autant.

« Je suis désolée, Shizu-chan, je suis fatigué. J'ai besoin de me reposer. »

La même phrase que l'autre jour. Mais, cette fois-ci, Shizuo n'était pas mécontent de l'entendre. Il avait besoin de prendre du recul. Il acquiesça, finit son thé et quitta l'appartement peu de temps après.

Une fois dans la rue, il se mit en route, pensif. L'amour... C'était un sentiment qui semblait tellement évident pour les autres. Shinra n'avait jamais douté de ses sentiments, Tom non plus, et encore moins Kasuka. Ils étaient juste sûr d'eux. Shizuo, lui, ne l'était pas. Etait-ce juste de l'attirance ? Voulait-il le protéger à sa manière et c'était le seul lien qu'il avait trouvé ? Avait-il, au fond de lui, pitié d'Izaya ? Ou bien était-ce juste une amitié plus intime que les autres ? L'attirance physique ne signifiait pas grand-chose pour Shizuo. Mais ce qu'il avait dans le cœur... Il s'était contenté de rester dans le flou jusqu'ici, mais maintenant... maintenant, il se demandait s'il n'avait pas commis une erreur en faisant comme si ça n'avait pas d'importance.

Il s'arrêta un instant et leva les yeux vers le ciel. Il faisait beau aujourd'hui. Il n'y avait aucun nuage à l'horizon. Et Shizuo se surprit à sourire. Un léger rire s'échappa de sa gorge. Son esprit, après été longtemps embrumé, ressemblait presque à ce ciel bleu. Il n'avait plus que quelques nuages à chasser. Ces dernières incertitudes n'étaient rien comparées à tout ce qu'il avait vécu jusqu'ici.

Son corps se détendit. Sa conversation avec Izaya ne s'était pas passée comme prévu. Le problème principal était toujours bien présent. Mais, en même temps, Shizuo avait peut-être trouvé la réponse à toutes ses questions. Et, en cet instant précis, plus rien d'autre n'avait de l'importance...


Et voilà... Merci de m'avoir lue ! J'espère de tout coeur pouvoir poster le chapitre 25 d'ici une à deux semaines ! Je croise les doigts !