Chapitre 24 : L'origine du monde
Neal et Raiponce qui tenait contre elle l'enfant d'Arendelle avaient enfin atteint le château d'Elredor. Le bâtiment si imposant de jour en devenait lugubre et inquiétant la nuit, comme un titan qui, s'il se réveillait allait dévorer sans pitié les malheureux qui s'y aventureraient. Pourtant, les deux cousins n'avaient pas le temps de tergiverser, ils leur fallait se jeter dans la gueule du loup. Heureusement pour eux, Neal, pourtant si attaché au protocole et à la rigueur militaire avait reçu lors de son entraînement quelques leçons d'infiltration et il ne lui fallu pas longtemps pour trouver une entrée discrète, empruntée habituellement par les serviteurs s'en allant chercher des vivres dans les champs proches du château. Le roi Hodin, pourtant si soucieux de tout surveiller n'avait semble-t-il pas jugé utile de faire surveiller jour et nuit cette entrée, une aubaine pour les deux compagnons qui entrèrent dans la tanière du loup sans attirer l'attention.
-Raiponce, je pense que…hum, vous devriez ôter votre habit noir et…vous déplacer dans ces couloirs à la vue de tous. Risqua Neal qui s'efforçait de bien vouvoyer sa cousine.
-Pardon ? Pourquoi donc ?
-Vous êtes ici officiellement en tant qu'invitée du roi. Personne ne s'étonnera de vous voir ici, vous serez bien plus libre de vos mouvements et discrète que si nous essayons de nous déplacer furtivement. N'oubliez pas, Hodin a des yeux partout !
-Et vous ?
-Ouvrez-moi la route, je reste avec l'enfant à vous surveiller de loin !
-Pourquoi ne pourrais-je pas la prendre ?
-Si par hasard vous croisez quelqu'un alors Hodin saura que vous avez l'enfant et vendra la chercher immédiatement. En revanche si vous n'avez rien, vous pourrez toujours expliquer que vous partez remplir la mission que le roi vous a confiée sans éveiller le moindre soupçon !
-Très juste. Souffla Raiponce qui s'en voulait de ne pas avoir été aussi clairvoyante.
-Allez, ne perdez pas de temps ! Le jour va bientôt se lever ! Et nous perdrons notre avantage !
-Oui…Nous devons aller dans cette direction, vers la chambre du roi !
-Comment ?! Non, il y aura trop de gardes ! C'est trop risqué !
-C'est le chemin le plus rapide pour accéder à la bibliothèque ! Et je compte bien récupérer mon grimoire !
-Entendu ! Ne perdons pas une minute !
A quelques centaines de mètres de là, le long du rivage, un autre groupe progressait dans la nuit et cherchait aussi à ne surtout pas attirer l'attention. A la tête du groupe, se tenait la reine des Iles du Sud. Emma, marchait d'un pas décidé, le bras en avant et faisant apparaître au sommet de son pouce une légère flamme qui permettait au groupe d'éviter les obstacles le long du chemin rocailleux qu'ils empruntaient. Aux côtés de la reine, Yohann lui emboîtait le pas et indiquait à la reine des flammes le chemin le plus rapide pour mener à bien leur opération de sauvetage. Cependant, si ce duo, suivi de près par Killian, qui, en homme de mer scrutait inlassablement l'océan avec une mine inquiète en remarquant la vitesse à laquelle la marée montait ainsi que Kristoff, le reste de la troupe était bien plus à la traîne et le groupe de tête devait souvent réduire son allure pour ne pas risquer d'être hors de vue des retardataires où de les exposer trop. En effet, en queue de peloton, Anna, d'ordinaire si énergique semblait traîner le pas, guère emballée à l'idée de risquer sa vie pour aller sauver sa cousine qui la méprisait tant depuis quelque temps. Mais ce qui tracassait la jeune femme et la forçait à jeter des regards réguliers en arrière était surtout dû à l'inquiétude qu'elle avait d'avoir laissé sa fille loin d'elle. C'était la première fois depuis que la petite Emma d'Arendelle avait ouvert les yeux que la mère et la fille étaient séparées. « Allons, courage Anna, Emma va bien. Ce n'est de toute façon pas une marche pour une enfant si jeune et elle est avec Neal ! » Se répétait sans cesse la reine d'Arendelle. Le fait que sa fille soit entre les mains du plus réputé des décuplés rassurait quelque peu la jeune rousse qui accélérait ainsi à nouveau le pas, mais une autre angoisse obscurcissait l'esprit d'Anna. Il lui suffisait de tourner quelque peu la tête, et elle pouvait dévisager la reine des neiges qui semblait bien en peine, suivie de près par Laffortat qui veillait à ce qu'elle ne tombe pas. La reine des neiges était fantomatique, l'ombre d'elle-même. Anna avait le sentiment que sa sœur était revenue plusieurs années en arrière, quand elle se repliait complètement sur elle-même, n'ouvrant sa porte à personne. Mais si pendant leur adolescence, Anna tentait vainement de conserver un lien avec sa sœur en frappant à sa porte et en lui glissant quelques messages, la cadette se disait toujours qu'Elsa était physiquement en bonne santé. Or, sur ce chemin difficile, avec comme seul source de lumière la petite flamme lointaine d'Emma en tête du groupe, Elsa ressemblait davantage à un spectre. Elle ne semblait plus être réellement avec eux.
-Ca va Elsa ? Tu aurais sans doute dû rester avec Neal au navire.
-Votre sœur va bien Altesse. Répliqua Laffortat pour éviter à Elsa d'avoir à parler ce qui semblait arranger la reine des neiges.
-Elsa parle-moi ! Insista Anna.
-Je vous en prie Altesse, laissez votre sœur se concentrer sur la marche, je vous rappelle qu'elle est toujours en convalescence et…
-Il me semble que je m'adresse à ma sœur et non à sa baby-sitter monsieur ! Je lui parle, elle a une langue et j'aimerai qu'elle me réponde !
- Va-t'en Anna. Reprit la reine des neiges entre ses dents et fuyant le regard de sa cadette.
-Pense un peu à nous de temps en temps soupira la plus jeune avant d'aller rejoindre la tête du groupe.
Anna s'empressa de rejoindre sa sœur Emma en tête de groupe pour lui faire part de ses inquiétudes à propos d'Elsa. La jeune reine, maîtresse des flammes jeta un regard vers sa jumelle et consulta Killian. Ce dernier semblait finalement moins inquiet que précédemment, la marée ralentissait sa progression, elle ne serait au plus haut qu'en milieu de matinée ce qui laissait davantage de temps pour cette mission de sauvetage. Emma, en leader ordonna donc au groupe de se stopper quelques instants pour permettre à la reine des neiges d'être plus à l'aise au niveau du rythme de marche. Néanmoins, elle n'osa pas aller aborder sa jumelle malgré les supplications d'Anna.
-Je t'en prie Emma ! Tu vois bien que notre sœur a besoin de nous !
-Sans doute Anna sans doute ! Mais crois moi je pense qu'Elsa a besoin de se retrouver un peu seule face à elle-même !
-Comment ? Mais tu ne sais pas à quel point cela l'a détruite de se renfermer sur elle-même !
-Oh si je le sais Anna ! J'ai vécu la même chose, mais moi, je ne vivais pas dans le confort d'un château ! Aujourd'hui encore j'ai parfois besoin de me retrouver seule. Toi Anna, je pense que tu réagis différemment, tu as besoin de te sentir entourée mais Elsa comme moi, parfois nous devons rester seule. Je suis comme toi, j'aimerai qu'elle aille mieux, mais cela passera par ces instants. Ne t'en fais pas, elle ne retombera pas dans sa déprime ! Ni ne gèlera un royaume…Au pire je me chargerai de faire fondre la glace ! Conclut la reine des flammes avec un clin d'œil qui arracha un léger sourire à la plus jeune des trois sœurs.
-Si tu le dis Emma…
-Mais oui fais moi confiance ! Allez en route ! Ne trainons pas ! Lança la reine des flammes avant de reprendre la tête de l'expédition suivie par les autres et Elsa qui fermait la marche et se tenant la tête toujours prises de violents maux de tête qu'elle avait de plus en plus de mal à cacher.
Malgré sa réticence Neal accepta de suivre la reine Raiponce qui croisa la route de plusieurs serviteurs qu'elle éconduit avec autorité sans que ces derniers n'aient le moindre soupçon sur elle. Raiponce devait bien reconnaître que la stratégie de Neal était la bonne, et finalement se décida de pénétrer dans les archives secrètes d'Hodin.
Dans le même temps, dans la chambre du roi, les corps emmêlés et la respiration haletante, les deux amants terminaient leurs retrouvailles. Hodin n'avait plus ressenti cette sensation depuis si longtemps. Ressentir sur lui la présence suave de son amante. Au dessus de lui, les yeux de la duchesse de Funningur le fixaient. Le roi s'en voulait de n'avoir su trahir ce secret plus tôt, mais maintenant qu'il savait, il ne voyait plus cette vile tentatrice. Dans le regard de Funningur transpirait la présence de Gothel, les lèvres pulpeuses, les formes parfaites de celle qui était réputée pour être une des femmes les plus belles du monde, tout aux yeux d'Hodin rappelait Gothel et désormais, quand il se concentrait sur le physique de la duchesse de Funningur, il ne voyait qu'une créature banale, bien loin de la beauté de Gothel qui sublimait ce déguisement de façade. Doucement, le souverain glissa sa main vers le bijou de la créature et le fit doucement pivoter entre ses doigts. Aussitôt, les traits de la tentatrice disparurent pour laisser place à ceux de Gothel. A cette transformation, curieusement, une poussée pudique traversa la femme qui souhaita retrouver sa tunique. Tel un doux serviteur, le roi s'exécuta et dans sa précipitation fit tomber un parchemin d'une poche qu'il n'avait même pas remarqué. Alors que Gothel masquait son corps de tissus, le roi commençait à déplier le curieux parchemin mais il n'eut le temps de le lire.
-Pas ça non ! Fit Gothel d'une voix dure, une voix qu'elle n'avait encore jamais utilisée avec Hodin.
-Pardon ? Demanda le roi surpris.
-Une femme a toujours ses petites recettes secrètes mon doux roi ! Répliqua Gothel en récupérant et cachant à nouveau le papier d'une voix plus douce.
-Qu'est ce que c'est ma douce aimée ?
-Ma recette de la soupe de noisettes ! Et non, n'essaie pas de le lire mon roi. Même toi qui veut tout savoir tu ne pourras lire ces lignes…Cette recette vient du cœur…Et le cœur d'une femme est un océan de secrets !
Un serviteur frappait à la porte empêchant le souverain de répondre. Inquiète, Gothel s'empressa de se retransformer en duchesse de Funningur tandis que le domestique entrait accueilli de mauvaise grâce par le souverain.
- Comment osez-vous venir ainsi me réveiller de si bonne heure ?!
-Pardonnez-moi mon Roi et…je ne savais pas que vous étiez en… Bredouilla le domestique en dévisageant la duchesse de Funningur à nouveau dans son rôle et qui lançait des regards attirants vers le jeune homme dont le trouble augmentait.
-Oubliez ça vous ! Que voulez-vous ?!
-Vous nous aviez donné ordre de vous tenir au courant des faits et gestes de la souveraine de Coronna et…
-Et quoi ? Lança le roi soudain intéressé.
-Eh bien nous l'avons vu dans les couloirs il y a quelques minutes de cela, elle doit se rendre vers votre bibliothèque il me semble…
-Très bien…Merci, Allez préparez le petit déjeuner…il sera très matinal aujourd'hui ! Hors de ma vue maintenant !
Le domestique ne demanda pas son reste et tourna les talons. Le roi Hodin était connu pour son manque de sympathie envers les domestiques, mais l'avoir ainsi dérangé en si bonne compagnie, alors que le jour n'était pas levé, l'homme avait bien cru au regard du souverain qu'il terminerait dans le cachot humide.
-Ainsi donc la petite blonde décide de fouiner dans les affaires des autres, et tu comptes te laisser faire mon roi !
-Je pense, ma chère, que nous avons assez traîné au lit…Et qu'il est plus que temps de rejoindre mon invitée ! Lança le roi en enfilant sa chemise alors que l'on frappait à nouveau à sa porte. Quoi encore ? Hurla le roi.
-Pardon de vous réveiller Sire…Commença la voix derrière la porte.
-Rodrick…Entrez idiot ! Lança le roi qui avait reconnu la voix de son serviteur.
-Sire…Je…Pardonnez-moi je dois vous dire que… Commença Rodrick en entrant dans la pièce et se surprenait à voir le roi déjà levé.
-Eh bien ?
-Je n'ai pas trouvé qui vous savez…
-Oh ? C'est que vous ne m'avez pas assez bien cherché mon tout beau. Lança alors la duchesse de Funningur en paraissant devant l'intendant du roi tout en étalant tous ses talents de tentatrice.
-Je…
-Quand je me sais ardemment désirée…Je me déplace directement. Mais du coup mon tout beau…Avez-vous pu au moins apprécier de me chercher si durement toute la nuit ? N'êtes vous pas trop exténué de ces si durs efforts ? Renchérit Funningur en passant sa main sur les épaules du pauvre intendant.
-Mais…
-C'est dommage…J'aurais tant appréciée être escortée par des bras si forts et un homme aussi charmant…Susurra la duchesse à l'oreille de Rodrick dont le teint virait à la couleur de la duchesse.
- Allez-vous coucher Rodrick ! Je n'ai plus besoin de vous, ouste ! Ou plutôt, allez donc faire le ménage dans la bibliothèque ! Vous comprenez ?! Lança le roi à l'intendant qui comme le pauvre domestique ne demanda pas son reste.
-A bientôt mon tout beau. Lui lança la duchesse visiblement amusée de la gène de Rodrick.
-Allons ma mie, assez ri de cet idiot. Nous avons une écervelée à manipuler !
-Après vous mon roi !
A quelques couloirs de là, à l'intérieur des archives royales, Raiponce avait enfin remis la main sur son précieux grimoire, mais, elle ne souhaitait pas encore partir et consultait les pages alors que Neal semblait perdre patience.
-Alors Raiponce, que faîtes-vous ? Nous devrions partir.
-Attendez Neal ! J'ai tant de questions sans réponse ! Et ne vouliez-vous pas connaître la légende de l'Yggdrasil ?
-Il est vrai. Admit Neal.
-Dans ce cas, Tenez ! Voici ce précieux grimoire dont vous souhaitiez tant en faire la lecture ! Quant à moi, je compte bien découvrir ce qu'Hodin me cache sur mon mari ! Et je sais déjà dans quels documents je vais trouver cette réponse !
-Par quel prodige dans tout ce dédale ?
-Oh tout simplement, Hodin a bien cherché à m'empêcher d'en consulter un en particulier ! Je vais donc commencer par ce dernier ! Je n'en ai pas pour longtemps rassurez-vous ! Il est dans cette allée je le sais, donnez-moi cinq minutes !
-Soit. Fit le prince.
Intrigué par l'ouvrage le prince Neal déposa la petite Emma dans un coin discret de la bibliothèque et commença à consulter le vieux grimoire, mais quelque chose l'interpella sur la page que lui avait présenté Raiponce. Sur le bas de la page, une petite tache d'humidité.
-Raiponce, avez-vous remarqué cette tache humide sur votre grimoire à la page de l'Yggdrasil ?
-Comment ? Demanda la voix lointaine de la souveraine, trop occupée à chercher.
-Le bas de la page, il y a une petite tache humide, savez-vous ce que c'est ? Demanda plus fort le prince.
-Qu'est-ce que j'en sais ? Une goutte d'eau peut être ? Ou la dernière fois que je l'ai consulté, je me suis mise à sangloter devant c'est peut être une larme, ou autre chose, pourquoi cela vous empêche-t-il de lire ? Relança Raiponce peu intéressée.
-Non aucunement, juste une curiosité. Conclut le prince en commençant sa lecture.
Neal étudia rapidement le grimoire, il apprit les noms des différents royaumes de l'arbre des mondes, ceux de Niflheim et Muspellheim attirèrent son attention. Ces royaumes de glace et du feu et en haut de l'arbre le royaume d'Alfheim, celui de la lumière…Cela semblait limpide pour le jeune prince. Ses deux sœurs et sa cousine, leurs pouvoirs semblaient bel et bien venir de ces curieux royaumes dont les anciennes prophéties faisaient écho. Neal n'avait que trop entendu ces histoires pour finir par y croire lui-même et fatalement y faire un rapprochement. Savoir qu'en Arendelle une glorieuse reine des neiges était la souveraine, puis avoir découvert par la suite qu'il s'agissait de sa sœur, et qu'il en avait une autre, jumelle de la reine des neiges avec un pouvoir antagoniste, pour le marin c'était une preuve que cette prophétie était bel et bien réel. Il soupçonnait même que sa cousine ne soit l'héritière du royaume de lumière. Cette fameuse reine Raiponce avec ses cheveux jadis blonds et sa lumière qui soigne les blessures. Interessé par ce passage, Neal poursuivait sa lecture
« Les Royaumes de l'Yggdrasil s'opposent et se complètent, ils forment l'équilibre de l'univers et en son sein, la gardienne Yuki Onna veille à son équilibre auprès des Dieux d'Asgard. L'équilibre maintenu permet l'entrée des Hommes braves au Walhalla et au Royaume des Hommes de perdurer. Si un jour, une quelconque force devait venir contrarier l'équilibre, il est du devoir de la Gardienne de rétablir les Forces du monde. La Gardienne doit par tout moyen préserver l'équilibre et la paix des Mondes, mais jamais se mêler de l'équilibre ou chercher à influencer les pouvoirs faute de quoi le malheur et la désolation règnera sur l'Yggdrasil. En revanche la Gardienne doit porter assistance si l'un des Royaume est attaqué par un autre pour préserver l'équilibre de l'Yggdrasil, pour cela elle doit se montrer sans pitié. »
Cette lecture mit le prince mal à l'aise et il posa soudain les yeux sur la petite tache qu'il avait repérée. Sa cousine avait parlé d'une larme. Son esprit superstitieux se mit alors à imaginer toute sorte de scénarios mais il essayait malgré tout de s'en défaire et pourtant.
-Neal…J'ai…J'ai trouvé quelque chose il me semble. Fit la voix tremblante de Raiponce, arrachant le prince à sa réflexion.
-Quoi donc demanda-t-il sans quitter le grimoire du regard.
-Un document secret…Je crois qu'Hodin n'ait en réalité monté un coup d'Etat. La mort de la reine Blanche. Mais ce sont surtout les enfants. Ils n'ont jamais été retrouvés, pourtant il est question dans leur description d'une caractéristique, chacun portaient une marque au bras, comme une sorte de cicatrice, c'était l'ancienne tradition d'Elredor, pour marquer l'appartenance royale…Eugène avait cette marque au bras !
-Comment ? Commença le prince avant d'ajouter. Quelqu'un vient ! Souffla –t-il avant de se cacher alors que la porte de la bibliothèque s'ouvrit.
Neal eut juste le temps de sauter derrière une étagère pour être hors de vue des nouveaux visiteurs. Il jeta un coup d'œil rapide vers l'emplacement où il avait posé l'enfant, priant pour que cette dernière n'attire pas l'attention. Il n'eut cependant pas le temps d'y penser qu'il recevait un coup derrière la tête. Alors qu'il tombait en avant, deux bras le retenaient pour le coucher en silence sur le sol inconscient, alors qu'au même instant, Hodin suivi de près par la duchesse de Funningur entraient.
-Altesse ? Vous êtes là m'a-t-on dit ?
-Qui est là ? Demanda Raiponce qui sursauta sous le coup de la surprise en voyant Hodin suivi d'une inconnue.
-Ce n'est que moi, votre humble serviteur Madame. Il m'a été rapporté que vous étiez déjà éveillée. Je ne dormais pas moi non plus. Je suppose que c'est cette terrible mission que j'ai eu le malheur de vous confier qui vous ai maintenu en éveil, ce fut pareil pour moi…
-Je…Oui sans doute.
-Oh mais j'en oubliais les bonnes manières veuillez m'excuser. Votre Altesse, permettez-moi de vous présenter la duchesse de Funningur qui me fait l'honneur de sa visite.
-Je suis ravie de vous rencontrer…Reine Raiponce. Lança la duchesse.
-Le plaisir est partagé. Répliqua Raiponce mal à l'aise, à la fois par la situation et aussi par cette femme dont elle connaissait la réputation. Elle n'avait que peu de doute sur la raison de la veillée nocturne du roi.
-En tout les cas Madame, j'ai pensé que vous souhaiteriez un peu de compagnie ?
-Ou d'un petit déjeuner ? Le roi m'a dit que vous comptiez partir aujourd'hui pour une tache importante, vous n'oseriez partir le ventre vide votre Altesse ? Renchérit la duchesse.
-Non, en aucun cas.
-A la bonne heure ! J'ai cru comprendre que le roi avait décidé de vous faire une surprise pour ce repas, puis-je lui dire Sire ?
-Je vous en prie.
-Il sera proposé de la soupe de noisette, votre plat préféré n'est-ce pas ? Interrogea la duchesse avec un sourire qui sonnait faux.
-Eh bien…Je suis surprise que vous le sachiez. A vrai dire, la dernière personne qui le savait est…
-Allons ma chère, vous savez que j'ai ce terrible défaut que de vouloir tout savoir. Confessa Hodin.
- Certes, dans ce cas allons-y ! Proposa Raiponce qui souhaitait surtout que ces deux visiteurs partent pour permettre à Neal de sortir de sa cachette.
Hodin et Funningur ne cherchèrent pas non plus à prolonger la conversation et emboîtèrent le pas à la reine Raiponce en direction de la salle de réception. A peine étaient-ils partis, que Rodrick sorti à son tour de sa cachette. Il termina de nouer les mains de Neal toujours inconscient et, alors qu'il partait, un bruit l'attira. Un petit gazouillis. Il ne lui fallu pas longtemps pour en identifier l'origine. Il aperçu l'enfant. Il s'approcha doucement et sursauta en découvrant la couverture qui couvrait l'enfant. L'emblème était reconnaissable entre mille et ne laissait guère de doute sur l'identité du bébé.
« Princesse Emma…Comme c'est gentil à vous d'être venu jusqu'à nous, si vous saviez comme mon maître sera heureux de vous voir! »
A ces mots, il prit l'enfant et se décida à aller rejoindre son maître.
