Surprise !

Vous pensiez vraiment que j'allais vous laisser partir si facilement ?

(Déso Ayaame, c'est pas un lemon, mais j'ose espérer que ça plaira quand même, ahah.)

Joyeux Noël les gens !


25 décembre

Le téléphone d'Isa vibra, le tirant d'une torpeur qu'il n'avait pas éprouvé depuis bien longtemps. Pourquoi ne lui avait-on pas dit plus tôt que dormir avec quelqu'un aidait à mieux se reposer ?

Par voix de conséquence, il mit un millions d'années à décider sa main à sortir de la chaleur de la couette pour décrocher. Lea remua un peu contre lui en se réveillant à son tour, son bras en travers de sa taille.

L'écran affichait le numéro de Marluxia. Un jour de congé, vraiment ? Il était né avant la honte, celui-là... Enfin bon, il faudrait qu'il y passe, autant s'enlever cette épine du pied le plus tôt possible.

« Allô ?

-Isa, Isa, Isa ! Tu n'es pas retourné travailler, hier !

-J'ai envoyé un message pour prévenir de la maladie qui m'empêche de revenir en vi-

-Je ne voulais vraiment pas en arriver là, mais tu files un mauvais coton, en ce moment ! Tu ne trouves pas ? »

Bon, moins il argumentait, plus vite ce serait fini, même si, bordel, il mériterait bien de se faire envoyer paître.

« Si, si.

-Ah ben voilà. Bon, mais c'est trop tard ! J'peux pas me permettre de garder des employés non obéissants et, en plus, on a pas eu le contrat avec l'entreprise par ta faute.

-C'est plutôt de la faute de la neige, si vous me permettez.

-Rah, des excuses, toujours des excuses ! T'es viré, Isa. En fait ça m'arrange. J'avais peur que tu finisses par me piquer mon poste, pour être honnête... Je peux te l'avouer, maintenant que ça ne risque plus d'arriver ! Ah ah. Sans rancune, hein ? »

Pfiou, ben pas trop tôt. Quel enfoiré, quand même. Il entendait le sourire mielleux dans sa voix. Et l'appeller le jour de Noël ? Ce n'était pas une coïncidence. Il voulait le faire se sentir mal. Raté, pour le coup. Il voulait bien le laisser gagner, franchement. Très peu pour lui de diriger des gens.

« Bien, bien, marmonna Isa. À ce propos, pouvez-vous envoyer les papiers à une autre adres- »

Avant qu'il ait pu finir, une main chapardeuse subtilisa son téléphone portable. Il ne put qu'assister avec horreur à Lea, trop fier de lui, qui hurla dans le combiné :

« Nan vous le virez pas ! C'est lui qui démissionne ! »

Et qui raccrocha au nez de Marluxia avant de lui rendre son portable, souriant comme un gamin.

« Ah j'ai toujours rêvé de dire ça ! C'est comme dans les films ! »

Isa ne put que soupirer. Bon, ce qui était fait était fait.

« Lea... Est-ce que tu as la moindre idée de comment fonctionne le droit du travail ?

-Euh... À voir ta tête, je dirais que non ?

-Tu touches davantage d'indemnités quand tu te fais licencier que quand tu démissionnes. En gros.

-Oh. Merde. Désolé.

-On va dire que c'est pas grave.

-Tu m'en veux ? »

Il essayait. Mais Lea paraissait avoir pris conscience de sa gaffe et grimaçait de façon comique. En plus, imaginer la tête de Marluxia après s'être fait raccrocher au nez par un parfait inconnu le fit pouffer de rire. Ah, il riait trop facilement, ces derniers temps. Si c'était l'un des effets secondaires d'être amoureux, alors c'était le pire.

« Je suis tenté de répondre oui pour voir comment tu comptes te rattraper. »

Pour toute réponse, l'autre lui offrit un sourire de renard qui le fit lever les yeux au ciel. Ça allait être comme ça tout le temps à présent, hein ? Déjà la veille, Lea lui avait fait le coup de « Y a du chauffage chez moi » pour le ramener dans son lit. M'enfin, Isa ne se plaignait que pour la forme, et encore, pas trop bien.

« J'pensais pas à ça, râla-t-il.

-Ah ouais ? Bof. De toute façon, il est déjà tard et les elfes vont nous tuer si on loupe le repas de midi. »

Zut. En fait il râlait trop bien.

« Et tu serais pas prêt à prendre le risque ?

-Ben...

-Hé. J'ai décidé de rester dans ce trou paumé pour toi, tu pourrais faire un effort aussi. »

Lea tenta de paraître vexé, mais l'expression fut gâchée par son fou rire.

« J'y crois pas ! s'exclama-t-il. C'est moi qui suis sensé faire du chantage, ici ! Mais bon, c'est proposé si gentiment... »

Isa ne protesta pas lorsque des lèvres se refermèrent sur les siennes. Tant pis pour le repas de midi. Il faisait trop froid pour sortir de sous la couette et, de toute façon, il y aurait d'autres Noël. Plein. Avec lui.


(Ok en vrai c'était juste pour clore l'histoire avec Marluxia. Et aussi pour revenir sur ce cliché un poil absurde de "non vous me virez pas, je démissionne", qui doit être un peu cathartique mais qui est une grosse erreur stratégique.)

(Là c'est fini pour de vrai.)

(Joyeux Noël les gens !)