Mes bichons, les temps sont graves.

Je lutte encore pour vous poster un chapitre par semaine, mais sans vouloir affoler personne, ça devient compliqué. J'ai encore un peu d'avance, mais ça risque de ne pas durer ! Déjà parce que j'écris bien moins d'un chapitre par semaine (si seulement ça pouvait être le NaNo tous les mois... cette histoire serait terminée depuis longtemps !) mais aussi et surtout parce qu'en plus de continuer à écrire, je me dois de corriger les chapitres à publier. Et là, on se rapproche des chapitres écrits pendant le NaNo 2019... qui ont besoin d'être retravaillés, qu'on se le dise x) (oui parce que niveau quantité, le NaNo c'est tout bénef, niveau qualité par contre... ^^')

Donc je souhaite vous prévenir dès à présent : le rythme risque de ralentir un peu. Si je ne poste pas un vendredi, je posterais le vendredi suivant. Je ne sais pas trop encore si ça sera un chapitre /2 semaines ou plus, on va voir ce que ça donne. Mais je préfère vous proposer quelque chose de soigné plutôt que de rusher ^^ (et puis de toute façon j'aurais besoin d'un peu plus de temps pour finir l'histoire. Mais point de panique camarade, elle aura une fin digne de ce nom, parole de bichon !)

Itsme : je saiiis ma poule ce que tu vas en penser mais ne m'abandonne pas ! je garde en tête que si je finis l'histoire, j'accélère le rythme de publication pour finir plus vite :p je n'ai qu'une parole ! Mais là avec le taff c'est compliqué de concilier rigueur, ponctualité et qualité x) (comme s'il existait une vie en dehors du site de fanfiction... je comprends pas, j'te jure). Et ta review a été coupée dis donc ! Le suspens est insoutenable, quels sont les autres éléments à révéler ? Parce que oui, évidemment, tout le monde se demande qui est Nathalie Rushman (hin hin), mais quoi d'autre, quel était la fin de ton message ? Je veux savoiiir !

yuierth : mince, t'as raison o.o j'avais pas vu ça comme ça, mais maintenant je ne vois plus que ça xD c'est plut fort que moi décidément.


Chapitre 30 - Colère

Happy Hoggan appréciait sa ronde matinale. Il sortait de chez lui et commençait par l'usine Stark : il en ouvrait grand les portes pour permettre aux employés de commencer leur journée, récoltant des "Bonjour Happy", "Merci Happy", "Belle journée aujourd'hui Happy, tu as bonne mine ! Tu as perdu du poids ?" des ouvriers les plus ponctuels, et cette notoriété journalière le mettait toujours de bonne humeur. Il s'assurait avec rigueur que le badge de tout à chacun soit bien visible, et continuait son brin de chemin.

La routine se reproduisait dans le bâtiment adjacent, siège de l'entreprise, où la présidente en personne travaillait. Ici la sécurité devait être impeccable, Happy redoublait de sévérité sur le port des badges. Souvent il attendait que Madame Potts arrive, au cas où elle aurait besoin de lui pour assurer un déplacement ou accueillir un invité de dernière minute. Elle était en général très bien entourée, Pepper, mais elle accordait toujours une minute pour s'entretenir avec Happy de la journée à venir. Et cette attention quotidienne de la femme d'affaire plaisait beaucoup à Happy, il portait la dame en haute estime.

Aujourd'hui en particulier, Pepper Potts rayonnait de bonne humeur. Il la suspecta d'avoir croisé Tony Stark récemment, même si elle ne l'avouerait jamais vraiment. Depuis que le milliardaire était rentré, Happy avait remarqué que la PDG souriait plus souvent. Il connaissait trop bien cette mine radieuse pour ne pas la reconnaître.

Et il devait bien le concéder, sans Tony, la ville se faisait trop calme. Lui aussi appréciait de le savoir de retour. Il emporta un bout de la bonne humeur de la patronne avec lui lorsqu'il quitta l'immeuble pour poursuivre sa garde : direction la villa Stark.

Avec le départ de Tony, Happy avait été chargé de la sécurité de la villa. Il y menait une ronde quotidienne pour s'assurer que personne d'assez brave – ou d'assez fou ? – n'ait cherché à dévaliser le milliardaire en son absence.

Maintenant que Tony était rentré, Happy conservait son rôle de chef de la sécurité à cœur. Il passait encore à la villa Stark une à deux fois par jour pour s'assurer de la sûreté de chacun. Il se surprit à en croiser les résidents plus d'une fois ; s'il avait déjà pu échanger quelques mots avec Steve Rogers, jamais il n'avait pu approcher Gamora. Il croisait rarement Tony et Peter, et si on ne lui avait pas dit que Loki y logeait aussi, il n'aurait pas pu le deviner.

Pourtant, ce matin-là, ce fut ni Steve, ni Gamora, ni même Loki que Happy aperçut assis sous le porche d'entrée. Mais bel et bien l'Avatar.

« Eh bien ? questionna-t-il en arrivant à hauteur du garçon. Tu attends Tony ? »

Le garçon répondit d'une moue gênée.

« Il refuse de me voir. »

Les paupières d'Happy papillonnèrent.

« Hein ?

– Il est enfermé dans son laboratoire, il ne veut pas m'ouvrir. Je ne sais pas trop quoi faire... »

Happy bomba le torse lorsqu'il déclara :

« Attends-moi là, je vais régler ça. »

Et il s'enfonça dans la demeure, un peu inquiet de découvrir ce à quoi son patron s'était cette fois-ci adonné. Il descendit les marches menant au laboratoire, ne s'arrêta pas face à l'imposante baie vitrée mais composa plutôt le code d'entrée. Les barres métalliques disparurent comme par magie, il poussa la porte blindée, et questionna les lieux du regard. Il trouva rapidement l'objet de son investigation.

Tony était affalé sur une table encombrée, une bouteille vide renversée à son côté, une autre au sol.

« Tony ? »

Le murmure inaudible qu'il reçut en retour lui apprit qu'au moins, l'homme n'était pas mort.

« Qu'est-ce qu'il s'est passé, qu'est-ce que tu fais là ? Peter t'attends !

– Laisse-moi tranquille.

– Tu ne donnes pas de leçon aujourd'hui ?

– Va-t'en ! »

L'ordre bafouillé n'en était pas moins clair. Heureusement, Happy savait encore quand obtempérer. Il s'approcha dans la volonté d'asseoir correctement l'homme ivre et tenter une conversation intelligible. Mais à peine posa-t-il la main sur son épaule que Tony se braqua et se recula nerveusement.

« Va-t'en je te dis !

– Tony, qu'est-ce qui se passe ?

– Foutez-moi la paix.

– T-

– Pars ! »

Et une bouteille vide frôla l'oreille du chef de la sécurité, s'écrasa sur le mur derrière lui. Happy se tétanisa, incrédule sur ce qu'il venait de se passer. Tony venait-il de l'attaquer ? Avait-il... sciemment loupé ? Ou était-ce le trop plein d'alcool dans le sang qui l'avait fait tituber ?

Il décida qu'il ne resterait pas plus longtemps pour le découvrir et partit comme il était venu, s'assurant de bien verrouiller derrière lui l'imposante porte vitrée. Il avait déjà vu Tony Stark boire et Tony Stark être agressif. Mais les deux en même temps, jamais vraiment. Cette expérience n'était pas vraiment de son goût.

Il retrouva Peter sur les escaliers à l'entrée, se gratta l'arrière du crâne, embêté.

« Bon... je crois que Tony n'est pas en forme aujourd'hui. Tu as une autre idée ? »

L'Avatar haussa les épaules.

« Je n'ai pas trouvé Steve non plus, je ne sais pas trop qui d'autre pourrait essayer de lui parler. »

Happy émit un murmure songeur.

« Moi je sais. Viens avec moi. »


Steve faisait tourner entre ses doigts la montre à gousset dorée.

Il avait commis une erreur.

Une grave erreur, dont il payait aujourd'hui les conséquences.

Il s'était persuadé sans peine, il y a des années de cela, que de faire confiance à Tony Stark était une terrible idée. Il n'avait pas anticipé un instant son changement d'opinion sur le sujet.

Sous l'impulsivité, l'agressivité, la familiarité du maître du Feu, Steve n'avait jamais pris le temps d'apercevoir l'humanité, la générosité, la sensibilité de l'homme. À avoir tant cherché à protéger un fantôme, il avait oublié de considérer les vivants, et il s'en mordait maintenant les doigts.

Quelle idée, de lui avoir affirmé avec tant d'aplomb qu'il n'avait pas mérité sa confiance ! Aurait-il pu trouver pire moment pour faire une telle déclaration ? Alors même que ça n'était plus vrai ?

Du timide pas qu'ils avaient fait en avant, il venait d'infliger trois pas en arrière.

À sa ceinture, voisine de la montre à gousset, Steve dévoila la flèche argentée. Il soupira, posa la flèche et se frotta le visage des deux mains.

Il avait choisi de ne pas faire confiance à Tony et en subissait les conséquences. L'histoire semblait se répéter avec cette flèche qu'il n'avait pas prit le temps de lui montrer. Pour sophistiquée qu'elle soit, il doutait maintenant sérieusement qu'elle provienne de lui. À avoir tardé comme il l'avait fait, ses chances de remonter l'origine de sa fabrication s'amincissaient. Il avait manqué de clairvoyance.

Et avait perdu un allié.

On toqua à sa porte.

D'un réflexe il rangea la petite horloge et la flèche à sa ceinture, se leva et invita l'inconnu à entrer.

Une tête rousse apparut à la porte.

« Bonjour Steve. Vous avez bien dormi ?

– Oui, merci Nathalie pour votre accueil.

– C'est la moindre des choses, » sourit la rouquine.

Sourire auquel Steve n'eut pas la force de répondre.

« Est-ce que tout va bien ? » tenta-t-elle.

Sachant que Steve avait frappé à leur porte en plein milieu de la nuit après avoir affirmé avec assurance qu'il ne souhait pas loger chez eux pour garder une équipe soudée, il se doutait que Rushman voyait que non, tout n'allait pas bien.

Ce fut donc d'un grand naturel qu'il répondit que tout allait pour le mieux.

« Nous allons déjeuner avec Thor, si vous voulez vous joindre à nous. »

Il acquiesça, remercia une nouvelle fois son hôte qui s'éclipsa dans la foulée.

Il soupira.

Il avait commis une erreur. Il n'était pas tout à fait sûr de la manière dont il pourrait la réparer.

Surtout, son instinct le rattrapa. Cette illusion qu'il avait eu de Bucky, tant d'années après avoir perdu sa trace ne pouvait pas être due au hasard. Un pressentiment dérageant pointait le bout de son nez. Quelque chose se tramait. Plus que jamais, le soldat était sur le qui-vive. Quoi qu'il advienne, il serait prêt.

Il remit en place la literie qu'il avait à peine dérangée, s'assura que la flèche fût convenablement cachée à sa ceinture, et armé d'une vigilance redoublée, sortit saisir l'invitation qui lui avait été faite.


Peter suivit Happy à travers la ville jusqu'à de longs bâtiments aux fenêtres étroites et aux nombreuses et larges portes en bois. La caserne de l'armée du Feu. Ils n'eurent aucun mal à pénétrer dans le bâtiment – Happy montrait fièrement son badge de chef de la sécurité chez Stark industries, et toutes les portes s'ouvraient à lui. Ils pénétrèrent d'abord dans un hangar contenant d'impressionnantes machines volantes – des avions, cuirassés de guerre à hélices et aux ailes doubles – et ils suivirent d'un pas assuré une direction bien précise : le bureau du Général.

Happy demanda à Peter de l'attendre juste dehors, ce qui n'empêcha pas l'enfant de passer une tête pour tenter de comprendre ce qui se tramait.

Le Général James Rhodes était un homme à la peau noire et au crâne rasé, Peter se souvenait l'avoir vu en compagnie de Tony lors du banquet. Derrière un large bureau en acier, il se leva lorsque Happy pénétra dans la pièce. Aux premiers mots de l'homme enrobé il fronça des sourcils interloqués. Happy pointa furtivement Peter du doigt et Rhodes se gratta le menton. Il tint quelques propos à voix basse, appuya sur un bouton, dit quelques mots à un haut-parleur et contourna son grand bureau pour venir faire face au jeune Parker. Il arborait à son tour une moue embarrassée.

« Je vais aller voir Tony, annonça-t-il, en attendant je te propose de passer la journée avec un autre maître du Feu. Ça te va ? »

Le jeune homme acquiesça, un peu désolé que son mentor réveille un tel branle-bas de combat. Moins d'une minute plus tard on lui fit rencontrer son remplaçant.

Qui s'avéra être une femme.

« Peter je te présente Wanda Maximoff, Wanda, voici Peter Parker. Je compte sur toi pour lui enseigner quelques techniques du Feu le temps que Tony se... rétablisse.

– Bonjour Peter, » adressa Wanda dans un accent que le garçon n'avait jamais entendu jusque-là. Ses cheveux étaient sans doute les plus rouges qu'il ait croisé parmi toutes ces dames du Feu, couleur accentuée par l'écarlate de sa veste longue et de son corset sombre. Elle ne souriait pas mais n'inspirait aucune hostilité, Peter avait du mal à la cerner. Pouvait-il voir chez Wanda une alliée ?

Il le découvrirait bien assez tôt.

Il suivit sa nouvelle enseignante jusqu'à la cour d'entraînement de l'armée.

« Stark t'as abandonné ?

– Il euh... se sent pas bien ? tenta-t-il, empruntant le vocabulaire des amis du milliardaire.

– Mmh. »

Ils pénétrèrent sur l'arène sablonneuse au centre de laquelle ils s'installèrent. À côté d'eux, quelques soldats maniaient l'épée.

« Bien, fit-elle, mains sur les hanches. Que t'a-t-il appris ? »

Peter leva sa paume en l'air et se concentra. Il visualisa la chaleur qui courrait ses veines, l'invoqua au bout de ses doigts. Il inspira fort et matérialisa une petite flamme au creux de sa main. Son amie crépitante étincela gaiement, ravie d'avoir été réveillée.

« Je sais faire ça, » dit-il humblement.

Wanda apprécia la flammèche danser un instant, se laissa hypnotiser par ses reflets dorés.

« C'est tout ? »

Il acquiesça en baissant la main, éteignant son petit feu.

« Attaque-moi. »

... hein ?

« Essaie quelque chose, n'importe quoi. »

Peter regarda son enseignante avec des yeux ronds. Et comment il était censé s'y prendre, au juste ?

« Arrête de réfléchir et essaie un truc ! »

Peter leva à nouveau sa main, paume en avant.

« Allez ! »

L'insistance de la rouquine n'était pas d'un grand soutien. Il tenta de se concentrer comme précédemment, réclamant de son feu qu'il se matérialise une fois encore.

Il y songea de toutes ses forces mais sa flamme se montra récalcitrante. Il poussa plus fort pour qu'elle apparaisse, visualisa la décharge enflammée qu'il souhaitait produire pour satisfaire l'impatience grandissante de la maîtresse. Mais rien ne vint, sa paume resta muette.

« Fais un effort ! »

Je fais ce que je peux ! songea-t-il amèrement, frustré qu'un exercice aussi abscons lui soit seulement réclamé.

« Attaque-moi ! »

C'en était trop ! Il abaissa sa main d'un geste furieux, ça n'avait aucun sens !

Mais dans ce geste de frustration une flamme naquît, timide, s'évapora dans les airs dans un froissement étouffé. Il observa sa main un instant, étonné. Il la brandit de nouveau en avant, simula un coup de poing dans le vide.

Et une nouvelle boule de feu apparut, avec plus de vivacité que la dernière.

Il s'y reprit une deuxième fois et cette fois-ci la décharge fusa jusqu'à Wanda. Cette dernière l'arrêta d'un mouvement de la main, et le feu s'évanouit comme s'il n'avait jamais existé.

« Tu vois, sourit-elle, ça n'est pas bien compliqué. »

Le garçon resta muet un instant, peu remis de son excès de colère. Elle était quoi, amusée ou satisfaite ? Sans doute un peu des deux.

« Tu as déjà fait le plus dur, expliqua-t-elle, tu sais créer du feu. Le reste, c'est de l'instinct. »

De l'instinct ? Et les exercices de respiration, dans tout ça ?

Il contesta :

« Tony m'a dit qu'il fallait que j'apprenne à contrôler mon souffle pour contrôler mon feu.

– Certes. Mais la colère, ça fonctionne aussi. »

Peter observa son poing duquel il avait attaqué. Il le saisit dans son autre main, le massa pensivement. Il ne se sentait pas très à l'aise avec l'idée de nourrir son feu d'agressivité.

« Cela rend les coups plus chauds, plus puissants, expliqua-t-elle. Le feu se nourrit de tes émotions, la colère fonctionne particulièrement bien pour ça.

– Et... si je ne veux pas que mon feu soit chaud ?

– Quoi, gloussa-t-elle malgré elle, tu voudrais qu'il soit froid ? »

Peter pinça ses lèvres en une moue gênée. C'était la deuxième fois qu'il émettait cette idée et qu'on lui faisait comprendre qu'elle n'était pas avisée. Il allait finir par se vexer.

« N'y a-t-il aucun moyen pour que le feu soit autre chose que destructeur ?

– C'est sa nature, Peter. Il ne faut pas en avoir peur. Je vais te donner des conseils pour correctement le jauger, tu verras, il n'y a rien à craindre. »

Peter n'insista pas. Il ferait la lumière sur ses intuitions différemment, s'il le fallait.


Gamora arpentait les rues de la Cité du Feu. À la recherche de calme, pour ne plus se sentir acculée à chaque tournant des regards méfiant des passants. Elle quittait la ville vers les bourgades reculées au pied de la montagne endormie, derniers signes de vie entre la forêt verdoyante au versant nord, la face abrupte du volcan où même la végétation ne s'aventurait plus, et la mer qui venait lui lécher les pieds en contrebas.

Elle pénétrait dans une rue déserte, dépassait les dernières habitations avant d'atteindre le sol rocailleux du volcan, lorsqu'elle se stoppa. Une présence se distinguait. Un pas qui la suivait. Une approche discrète et habile, sur le qui-vive. L'inconnu se rapprochait, une rue après l'autre, il suivait le chemin emprunté par la maîtresse de la Terre.

Gamora regarda autour d'elle : personne. Elle fit lentement glisser une lame de métal hors de sa manche. Son poing se ferma sur la hanse, elle attendit.

Et d'un geste brusque, elle se retourna.

Lame dégainée à deux millimètres de la gorge de l'intrus.

Ce dernier se stoppa net, deux mains en l'air et le souffle coupé.

« Quill ?! s'étonna la mercenaire.

– Hey Gam'. »

Peter Quill tenta un sourire mais offrit plutôt une grimace. Il n'osa pas déglutir, de peur de toucher le métal froid qui lui titillait la glotte.

Gamora ravala son arme.

« Qu'est-ce que... Comment- Pourquoi tu es là ? »

Star Lord se détendit, reprit son souffle et ajusta sa belle veste en cuir. Il allait entreprendre un début d'explication lorsque Gamora le somma au silence. Un index levé sur la bouche stupéfaite du Gardien, le pauvre homme à nouveau s'immobilisa.

Se fiant pleinement à l'instinct de sa partenaire, il retint même son souffle.

Soudain Gamora attaqua.

Deux lames virent le jour sous ses manches évasées, fusèrent dans l'air dans un sifflement à peine audible. Elles vinrent se planter dans un mur d'où une ombre s'évanouit.

La mercenaire prit le fantôme en chasse, s'aventura au premier tournant avec des munitions de terre entre les doigts. Elle les projeta avec force vers la silhouette qui fuyait. L'intrus, de dos, sentit les projectiles arriver et glissa au sol pour les esquiver. Les pierres creusèrent de profonds impacts dans le mur qui les reçut.

Déjà l'inconnu se relevait avec une longue épée à chaque main, en saisit fermement les pommeaux pour écarter les prochains projectiles que Gamora déversait à une vitesse folle. Sur les lames savamment maniées ricochèrent les jets de pierre. Gamora abandonna son attaque à distance et arma ses fouets qu'elle fit claquer.

Les cordes de métal bondirent sur l'adversaire qui les évita d'un trois cent soixante degrés, brandit son épée et trancha net l'un des deux serpents qui s'écroula au sol. Le deuxième lui saisit l'avant bras, s'enroula autour et infligea une telle pression que l'épée dû être lâchée.

Le cordage torsadé fut rompu du tranchant de l'autre épée, libérant la circulation de l'avant-bras jusque-là prisonnier.

Mais Gamora en avait profité pour gagner du terrain, elle frappa du pied au sol et ce dernier se souleva. Ensevelissant l'intrus qui eu à peine de le temps de le voir venir : il frappa du poing sur la montagne et le tas de roche s'effrita, se délita jusqu'à ce que suffisamment d'espace lui soit laissé pour se libérer.

L'attaquant s'extrayait de la terre lorsque Gamora, parvenue à son niveau, plaça son avant-bras sur sa gorge. Elle le plaqua au mur, l'étranglant à moitié, une dague en argent dans l'autre main menaçant le visage de l'intrus à présent parfaitement identifiable.

Reconnaissable entre mille, par ces cicatrices savamment dessinées.

Ces plaques de métal qui l'avait défigurée.

« Que fais-tu là ? menaça Gamora d'une voix agressivement basse. C'est lui qui t'envoie ?

– Bonjour, ma sœur.

– Pas de ça entre nous Nebula ! Que viens-tu fais ici ?!

– C'est en cherchant à me tuer que tu penses le découvrir ?

– Réponds ! »

La patience de la mercenaire parvenait à sa limite, la pression de son coude et de sa dague s'accentuait.

La dénommée Nebula chercha à se procurer plus d'oxygène en déplaçant l'avant-bras qui la maintenait prisonnière, mais la geôlière ne se laissa pas attendrir. Elle regardait sa sœur d'adoption suffoquer sans un battement de cil.

« Gamora, » chuchota Quill, jusque-là resté en restait.

La douceur dans sa voix éveilla en elle un brin de raison. Elle se décala finalement, sa sœur tomba au sol. Elle toussa et se frotta la gorge.

« Parle. »

Reprenant difficilement son souffle, la femme à terre grinça des dents.

« Tu crois que c'est pour le plaisir que je viendrais te chercher sur cette maudite île ?

– Pourquoi es-tu là ?

– Pour te prévenir ! » cracha-t-elle.

Gamora conservait sa lame brandie, prête à parer le moindre coup fourré.

« Ce n'est pas grâce à toi que je suis ici, dénonça Nebula – et ses mots étaient teintés d'une amertume mal digérée.

– Tu es partie ?

– Non, rit la cadette avec un dédain. Je suis prisonnière ! S'il découvre seulement que je suis ici il me tuera.

– Alors pourquoi es-tu ici ?

– Il arrive, Gamora. Et vous n'êtes pas prêts. »

Le poignard de la Gardienne s'était imperceptiblement abaissé. Une angoisse vint lui pincer les entrailles.

« Hey ! Vous, halte-là ! »

Ils se retournèrent de concert, un garde du Feu venait de les interpeller depuis l'autre bout de la ruelle. Accompagné d'une poignée d'hommes, ils chargèrent.

Gamora voulut s'adresser à sa sœur mais celle-ci n'était plus au sol. Disparue. Elle la chercha du regard, la trouva à une dizaine de mètres de là, à deux doigts de contourner un bâtiment et de disparaître.

Leurs regards se croisèrent, Gamora n'osa esquisser aucun geste. Elle n'osa pas la rattraper. Les yeux tristes de Nebula communiquèrent un dernier avertissement.

« Fuis l'île. »

Et l'ombre s'évanouit pour de bon.

« La maîtrise de la Terre est illégale sur cette île ! clama le garde arrivé à leur hauteur. Vous venez avec nous ! »

Gamora laissa les homme du Feu lui passer les menottes sans riposter. Des menottes en métal. Ils saisirent Star Lord avec moins de facilité, ce dernier déversant quantité de menaces en l'air tandis qu'ils tentaient de l'immobiliser.

Ils traînèrent les deux Gardiens hors de la scène du grabuge. Gamora adressa, hébétée, un dernier regard en arrière.

Le fantôme avait-il seulement existé ?