Note de l'auteur :

Lorsque je regardais l'anime XYZ, ou plus précisément la saison 19, je pensais vraiment qu'il y aurait une révélation sur Alain et le professeur Platane. Cela ne s'est pas du tout révélé être le cas. Mais rien à faire, je continue de les voir de cette façon, de voir Alain comme étant le fils du professeur Platane.

J'aime beaucoup la petite famille que forment Alain, le professeur Platane et Martine, sans oublier leur Pokémon, Dracaufeu, Carchacrok et Marisse.

Je ne prends en compte que les six premières générations (de Kanto à Kalos).

Avertissement :

Pokémon est la propriété de Nintendo. Seul le scénario m'appartient. AU (Alternate Universe) de l'anime. Présence de violence non canon à l'anime.

Note du chapitre actuel :

Se situe entre dans la fin de l'acte III de la série Pokémon : Méga‑Evolution. L'anime ne le dit pas, mais n'affirmant pas le contraire, j'ai considéré qu'Alain était resté un jour supplémentaire à Hoenn, et qu'il n'est pas retourné à Kalos directement le lendemain du combat entre Kyogre, Groudon et Rayquaza.

De plus, dans l'acte III, Alain affirme ne pas avoir mal à son épaule suite à l'acte II où il a été blessé en protégeant Martine. Je sais qu'avec le canon de l'univers c'est possible. Mais je trouve plus logique, et plus intéressant à écrire, surtout après avoir été projeté par l'explosion du draco‑météore de Méga‑Rayquaza. Considérez que c'était un mensonge de sa part pour ne pas inquiéter Martine.


Debout devant le miroir des toilettes publics, Alain observe son épaule gauche dénudée. Sa chair est toujours aussi sombre et refuse de prendre une teinte plus clair. En aucun cas il regrette d'avoir été frappé pour protéger Martine. À la forme de son épaule, il sait qu'elle est toujours en place et qu'elle n'est pas déboîtée. Mais la douleur est bien présente depuis qu'il a subi le choc. S'il lance ses Pokéball de sa main droite, c'est son bras gauche qui est sollicité chaque fois qu'il utilise sa gemme‑sésame. Tous les dresseurs pratiquant la méga‑évolution l'affirment, ils éprouvent tous la sensation d'être parcouru par une énergie lorsqu'ils activent leur pierre. La sienne étant à son poignet gauche, il ressent toujours un flux particulier dans son bras.

La douleur devrait s'atténuer dans les jours à venir. Il ne devrait pas s'inquiéter pour si peu. En revanche, ce qui le préoccupe bien plus est Martine. Les missions qu'il mène sont trop dangereuses pour elle. Lui‑même a perdu quelques instants connaissance lors de la dernière, suite à une attaque de Kyogre.

Alain tient beaucoup à Martine. Il a appris à apprécier sa présence qu'il trouvait au départ si dérangeante. Il ne supporterait pas de la voir blessée, et encore moins par sa faute. Plus tôt dans la journée, il lui avait pourtant dit de rester à la Devon SARL, dans l'entreprise du père de Pierre Rochard, en sécurité. Elle n'en a fait qu'à sa tête et s'est cachée dans l'hélicoptère qui le transportait sur le terrain. Lysandre l'a envoyé au cœur d'un combat opposant trois Pokémon légendaires afin de récupérer une pierre géante rempli d'énergie. Kyogre, Groudon et Rayquaza se battaient autours de l'objet désiré par Lysandre. Les trois titans étaient déchaînés. Même si sa mission a été un succès, Alain doit avouer que cette fois c'est Martine qui l'a protégé. Il ignore comment, mais dans son si petit corps elle a trouvé la force de le déplacer et de le mettre à l'abri durant son court évanouissement. Sans elle, et sans l'intervention de Pierre Rochard, Alain ignore ce qui aurait pu lui arriver. Il n'est pas encore assez fort pour se défendre seul. Cela le frustre énormément.

Il aime Martine, mais pour la protéger, il devra la forcer à le quitter.

Alain rajuste son t‑shirt et recouvre son épaule. Il enfile sa veste qu'il avait retiré pour s'examiner et rajuste sa précieuse écharpe duveteuse. L'adolescent passe quelques instant le tissu bleu contre son visage, dissimulant quelques instants sa bouche contre. Le contact doux est apaisant. Une pensée pour son père lui échappe. Que lui dirait‑il s'il savait qu'il était blessé ? Est‑ce qu'il s'empresserait de l'examiner ? Est‑ce qu'il lui dirait d'arrêter immédiatement ses missions pour Lysandre ? Ou est‑ce qu'il ne ferait rien, convaincu de ne pas être son père, se contentant de quelques conseils pour son bien‑être ?

La mission qu'il vient d'achever et sans conteste la plus périlleuse. Avec le recul, Alain se dit qu'il aurait pu y laisser la vie... ou perdre Martine. Dracaufeu aussi a été en danger. Jamais il ne pourra oublier la vision de sa flamme s'affaiblissent. Collecter l'énergie dégagée lors des méga‑évolution et travailler pour Lysandre devient de plus en plus risqué.

Lysandre lui a accordé de se reposer un jour avant qu'il reparte pour Kalos. Une journée que son précieux Dracaufeu passe au centre Pokémon à être soigné. L'infirmière qui s'occupe de lui affirme qu'il aura récupéré toutes ses forces demain, soit le moment de son départ. Alain a décidé qu'il retournera à Kalos sans Martine. Il refuse de la mettre de nouveau en danger. Il souhaite passer une dernière journée avec elle. Laissant toute pensée concernant la méga‑évolution de côté, l'adolescent a emmené Martine dans une sorte de fête foraine se déroulant à Mérouville. La jeune dresseuse voulait dès leur arrivée dans la ville la visiter avec lui. Il avait refusé, affirmant qu'il était là pour le travail et que si elle voulait s'amuser, ce serait seule.

Alain sort des toilettes publics. Martine l'attend à l'extérieur avec Marisse. Depuis qu'il lui a proposé d'aller à la fête, un sourire radieux illumine le visage de son amie.

– Eh Alain, tu veux retenter ta chance ?

– Désolé Martine, je n'en suis pas capable.

L'adolescent a tenté de gagner un prix à une attraction pour Martine. Une peluche de Tylton, un Pokémon connu pour la douceur de ses ailes. Pour remporter le prix, il devait frapper un socle avec un marteau de toutes ses forces afin de faire sonner une cloche. Dans le mouvement, la douleur à son épaule s'est réveillée. La plainte poussée par Alain est passée pour un cri d'effort vain, déformée dans le brouhaha de la foule. Le score réalisé a été très faible. Alain a alors prétexté devoir aller aux toilettes afin d'examiner son épaule.

– Merci d'avoir essayé pour moi. Je n'aurai pas pu l'emporter partout dans notre voyage de toute manière.

Alain ne répond rien. Martine ne sait pas qu'il a prévu de la laisser à Hoenn. Elle ignore que Lysandre l'a déjà contacté pour lui dire de rentrer à Kalos. Elle croit qu'ils vont continuer de rester ensemble.

L'adolescent repère un stand de nourriture. Il lui désigne de l'index.

– Tu veux que je t'offre une glace ?

Les deux dresseurs se dirigent vers la petite échoppe, suivi de Marisse. Les cônes proposés ont tous le nom d'un Pokémon suivant leur goût, leur couleur et leur apparence, évoquant celles de certains Pokémon. Martine en choisi au citron, ressemblant à une tête de Pichu. Des bonbons rouges et noirs sont ajoutés pour évoquer ses joues rouges ainsi que ses yeux. Le vendeur plante également deux biscuits dans la glace pour imiter les oreilles. Alain paye le commerçant et se retire avec Martine, sans en avoir acheté une pour lui. Il n'est pas d'humeur à manger des sucreries.

La jeune dresseuse croque en premier l'une des oreilles en biscuits. Elle lèche ensuite avec gourmandise sa crème glacée. Martine est heureuse de passer une si bonne journée avec son Alain et Marisse, ses deux amis les plus précieux. Mais Alain ne parvient pas complètement à se détendre. Il n'a pas envie de se séparer de celle qui est pour lui comme une petite sœur. Cela l'empêche de profiter pleinement du moment.

– Merci Alain, je passe une super bonne journée !

– Tu voulais aller à cette fête foraine dès notre arrivée.

– Oui je sais, tu devais faire passer ton travail avant ! Mais je t'avoue que je ne pensais pas que tu m'emmènerais plus tard ! Je te remercie Alain.

Des gouttes tombent de sa glace qui a déjà commencé à fondre sous la température chaude d'Hoenn. Martine s'arrête pour lécher celles tombées sur le dos de sa main. Alain effectue encore quelques pas avant de le remarquer et de se retourner dans sa direction. Elle se hâte de le rejoindre et trébuche dans sa précipitation. Marisse réagit immédiatement et l'attrape de ses lianes. Le petit Marisson est habitué à la maladresse de sa dresseuse. Il sait à présent anticiper toutes ses chutes.

La glace échappe cependant des mains de Martine. Projetée par son élan, la friandise s'écrase contre Alain. La crème glacée coule le long de son t‑shirt tandis que le cône tombe à ses pieds.

– Oh non ! Je n'ai pas fait exprès Alain je suis désolée !

L'adolescent s'écarte de la partie du sol couvert de crème citronnée. Il observe ensuite l'état de ses vêtements. Quelques gouttes ont été projetées sur ses bottes lors de la chute du cône. Son t‑shirt est le seul vêtement à avoir été salit. Sa précieuse écharpe est indemne.

– Tu n'es pas fâché ? Je te demande pardon Alain...

– Tout va bien.

– Mais ton t‑shirt...

– Tant que ce n'est pas mon écharpe cela n'a aucune importance.

Si cela avait été son écharpe, Alain n'aurait pas été en colère, juste très grincheux pour le restant de la journée. Il est sûr qu'elle perdrait de sa douceur et de sa texture pelucheuse s'il devait la nettoyer dans une machine à laver. Martine sait qu'il tient énorme à cet accessoire vestimentaire. Précieux cadeau offert par son père pour Noël. À cette même fête, Augustin avait reçu de sa part une tasse représentant un Salamèche, un Carapuce et un Bulbizarre buvant du café. Ce n'est pas ce qu'il aurait souhaité lui donner. Mais, en tant que simple assistant, il ne pouvait se permettre plus. Ses autres idées de présents auraient été étrangement perçues.

– Tu tiens beaucoup à ton écharpe... tu la quittes rarement.

– Un cadeau de mon père.

L'information lui échappe. Il aurait dû dire qu'elle provenait du professeur Platane. Mais cela lui est tellement plus juste et naturel de lui dire ainsi. Une erreur. Alain espère que son père n'apprendra pas de Martine ce qu'il vient de se dire. C'est lui qui a confié Marisse à Martine. Mais, jusqu'à présent, elle n'a eu aucun contact avec lui. Ce qui l'arrange beaucoup.

Alain s'empresse de changer de sujet. Martine se montre parfois très curieuse. Il n'a pas envie qu'elle lui pose des questions sur son père.

– Il y a une autre attraction que tu as envie de faire ?

Martine sourit et entraîne Alain vers un autre stand. L'adolescent se laisse emmener, malgré qu'elle tire sur son bras à l'épaule douloureuse. Il veut que le dernier jour qu'elle passe avec lui soit excellent. S'il veut la protéger, il doit l'écarter de lui, elle aussi. Un jour, il sera suffisamment fort pour protéger les deux personnes à qui il tient le plus. Il pourra à ce moment‑là revoir son père et Martine.