Chapitre 31

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Vous soupirez profondément, fermant les yeux en vous pinçant l'arête du nez pour ne pas vous énerver.

- Sougo... Ce dossier me fait chier autant que toi, et si je le signe à une date trop éloignée de Yamazaki et toi, les grattes-papier d'en haut pourraient y voir une excuse pour tout nous faire recommencer. Je pense que ni toi ni moi n'en avons envie.

Le capitaine reste silencieux un instant, comme s'il pesait le pour et le contre entre continuer à l'emmerder et s'épargner de la paperasse inutile.

- Je comprends, finit-il par vous répondre. Je vais te passer ce dossier...

- Merci.

- ... Sitôt que ma pause sera finie, ce sera ma première priorité.

- Merde, Sougo, vous exclamez-vous, fais une pause dans ta connerie, pour une fois ! Je te demande juste de me passer un putain de dossier !

- Navré, Hijikata-san, mais le droit à un temps de pause est un droit social durement acquis. Céder serait une insulte à ceux qui se sont battus pour.

- Hein ? Mais qu'est-ce que tu racontes ? Il y a toujours eu un temps de pause au Shinsengumi ! Et tu es bien placé pour le savoir vu que tu as participé à sa fondation, crétin !

- Disons que je me bats pour le garder, alors.

- Personne n'a parlé de le supprimer ! Tu es juste en train d'inventer au fur et à mesure ! affirmez-vous avec humeur.

- Tu ne l'as pas dit, mais tes actes parlent pour toi.

- Quoi ?

- En voulant me faire travailler pendant ma pause, tu nies mon droit à en bénéficier comme je l'entends.

- Je t'ai juste demandé de me passer un dossier...

- C'est encore plus vicieux. D'abord, c'est de te passer un dossier, puis ce sera de travailler sur un dossier, puis d'aller aider à la supervision de l'entraînement ou je ne sais trop quoi, et finalement mes temps de pauses seront devenus des temps de travail.

- Sougo... Tu te rends compte que le temps que tu as passé à me débiter tes conneries, tu aurais eu dix fois le temps d'aller me chercher ce dossier ?

Avant que le sale gosse ne trouve quelque chose à vous répondre, la porte de la salle de repos s'est entrebâillée.

- Ah, bonjour vice-commandant, bonjour capitaine, vous salue Yamazaki en entrant.

- Tu n'as pas du travail, toi ? grognez-vous à l'adresse de votre inspecteur.

Vous avez conscience de ne pas vous montrer très aimable, mais vous n'êtes guère d'humeur, là tout de suite.

- Je ne fais que passer, vice-commandant, vous répond-il en cherchant visiblement quelque chose dans la pièce. Au fait, tout est en ordre pour le dossier de l'autre jour... ?

- J'aimerai bien le savoir, figure-toi, faites-vous en fusillant du regard Sougo qui n'avait pas bronché.

- Comment ? mais le capitaine Okita l'a déposé dans votre casier hier, nous l'avions terminé ens...

- Quoi ? vous écriez-vous. Il est dans mon casier ? Mais tu ne pouvais pas juste me le dire au lieu de me faire tout ton cirque ?

- Ça t'apprendra à vérifier ton casier plus souvent.

Vous vous sentez commencer à fulminer tandis que la porte claque discrètement derrière un Yamazaki prudent ; ayant eu votre dose, vous décidez de vous rendre à votre bureau pour travailler après avoir récupéré avec des gestes vifs le fameux dossier dans le casier à votre nom, et non sans l'avoir claqué au passage sur la tête de l'insolent capitaine qui grimace à peine sans interrompre sa sieste.

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Rendez-vous maintenant à votre bureau, au chapitre 62.