Minerva et Severus durent assurer les cours de sortilèges en parallèle des leurs pendant la semaine de congé d'Allen. Les élèves vécurent très mal le fait de devoir supporter Rogue durant encore plus d'heures hebdomadaires. Et il n'en manquait pas une pour humilier Harry Potter. Harry ne savait comment devait-il se sentir actuellement. Luna ne lui parlait plus, non parce qu'elle lui reprochait quoi que ce soit mais simplement parce qu'elle était bien trop préoccupée par l'état du blandin. Et lui ne savait que dire pour la soutenir, il se sentait impuissant et misérable. Il ne s'était pas rendu auprès d'Allen afin de prendre ses nouvelles contrairement à Hermione ou Hagrid. À vraie dire, le savoir hors-jeu le rassurait malgré lui. Dolores continuait de les martyriser, certes mais Allen ne risquait pas de l'entraîner dans de dangereux voyages à des instants aléatoires. De plus, il savait Miss Teigne sous la garde du Professeur MacGonagall tandis que Dumbledore avait pris en charge le serpent. Allen pouvait bien prendre autant de congé qu'il le désirait, les autres savaient très bien tenir son rôle. Néanmoins, il savait que l'aide d'Allen pour détruire Voldemort n'était pas négligeable et si sa convalescence perdurait cela pourrait devenir ennuyant.

— , que vous avais-je demander ?

— D'utiliser un sortilège d'attraction pour mener à moi le bâton ?

– En effet et que venez-vous de faire ?

– Je l'ai brûlé…

— Je retire cinq points à Gryffondor pour votre manque de concentration.

– Mais vous pourriez au moins…

– Monsieur !

– Monsieur, vous pourriez nous donner plus de conseils…

Rogue lui jeta un regard noir et ignora finalement sa réplique afin de se concentrer sur les bêtises d'autrui. Si Rogue restait au poste plus longtemps, Harry pourrait admirer la dégringolade de ses notes en sortilèges.

Cependant, Rogue lui-même ne pouvait supporter cette situation plus longtemps. Alors, il se rendit, l'air sévère et le regard soucieux à l'infirmerie. Allen était appuyé contre la fenêtre, les cheveux lâchés, le regard éteint. Il ne se détourna pas lorsque son collègue l'appela. Il fixait ce paysage d'automne, cette valse de feuilles aux teintes jaunes et oranges. Il aimerait danser avec les feuilles lui aussi. Il aimerait pouvoir être cet escargot qui profite de la pluie. Il aimerait faire autre chose que se tenir dans ce corps humain suspendu face à une fenêtre.

– Walker !

Allen chantonnait, l'esprit distrait. Il n'était pas réellement plus fou que d'habitude mais la chanson le soulageait et faisait fuir les mauvais esprits.

– Walker. Je sais que c'est dur mais vous ne pouvez pas vous prélassez ainsi indéfiniment. Votre temps est compté et le Seigneur des ténèbres ne tardera pas à…

– Tom ? Je ne sais plus. Suis-je censé être l'allié de Tom ou l'allier des anti-Tom ?

– Des anti-Tom, comme vous dites.

– Ah…

Allen ne le regardait toujours pas.

– Vous allez mourir, bientôt, vous vous en souvenez ?

– Mourir ? Mourir, je vais mourir ?

Allen ricana avant d'enfin se détourner de la fenêtre. Severus remarqua de nombreuses griffures qui pourraient rapidement disparaître à l'aide d'une pommade. Elles soulignaient l'angoisse encore présente dans le « monde » d'Allen. Probablement mettait-il ces plaies sur le dos de ces monstres inexistants qui tentent de le dévorer, probablement n'avait-il pas conscience qu'il se faisait du mal lui-même.

– Oui, tu as raison, je vais mourir. Le corbeau chantera bientôt pour moi .

– Vous vous devez d'encadrer le jeune Potter comme vous nous l'avez promis.

– Potter ? Hmmm… Lui aussi, il doit mourir, finit-il dans un petit rire.

Rogue se décomposa, n'assimilant toujours pas la nouvelle.

– Alors prêt à reprendre votre place ? Je suis certain que Dolores vous attend avec impatience.

À ces mots, Allen se leva de suite, les lèvres tordues dans la haine. Ombrage… Elle rejoindra les chauves-souris, elle aussi.

Ses yeux éteints balayèrent la pièce avec incertitude et sans se soucier d'enfiler des chaussures, il se dirigea au-dehors. Severus avait raison. Il devait tuer Tom et ce n'était pas en son repliant dans une infirmerie qu'il y parviendra.


Alors dès le commencement de la nouvelle semaine, Allen se présenta à ces élèves. Les cheveux noués, le regard vide, le teint maladif. À chaque question, Allen répondait sans jamais parvenir à regarder l'élève dans les yeux comme s'il était aveugle. Il jeta un coup d'œil aux notes données par les professeurs et devint blême lorsqu'il remarqua qu'une grande partie des enfants avaient obtenus des « Piètres ». Rogue était bien passé par là. Harry Potter avait même obtenu un D.

– Bien, Très bien, je crois que l'on va oublier toutes les notes données durant mon absence.

– Cool.

Allen ne fit aucune blague durant son cours et aida très sérieusement chacun de ses élèves sans jamais porter de jugement, non par bienveillance mais par indifférence.

À midi, lorsque brutalement des niffleurs bousillèrent le bureau de Dolores, Allen resta neutre. Les autres professeurs félicitèrent les jumeaux Weasley de bon cœur alors qu'Ombrage en devenait folle.

– N'est-ce pas comique, Walker ? Quand je vous disais que ces garçons avaient de l'avenir…

– Il me semblait plutôt que leur comportement vous accablait Minerva.

– Tout dépend du contexte, j'imagine.

Dumbledore restait très inquiet concernant la santé mentale de son Professeur. Avait-il abandonné la chasse aux Horcruxes ? Il ne pouvait se permettre de lui demander, d'autant plus que Salieri était toujours à ses soins, Allen ne paraissant pas encore apte à s'occuper de qui que ce soit.

Harry avait bien tenté de lui rendre une petite visite dans son bureau afin de se confier sur ses rêves étranges, car il savait que malheureusement, seul Allen pouvait le comprendre. Mais il avait découvert le bureau totalement saccagé tandis qu'Allen faisait nerveusement les cent pas sans même le remarquer. Il grommelait des mots inaudibles et ces yeux changeaient perpétuellement de couleur.

– Professeur ?

– Ils doivent tous mourir. Nous devons tous mourir.

— Professeur !

Allen lui offrit son habituel regard éteint et paru désemparé.

– M. Potter ? Est-ce vous ?

– Heu ? Oui.

Allen soupira et se laissa piteusement retomber sur sa chaise. Il ne réalisait plus le chaos dans lequel était plongé son bureau.

– Professeur Walker…

– Il n'y a pas de Professeur Walker.

– Hein ?

– Il n'est pas disponible pour le moment. Tututut.

– Quoi ? Vous plaisantez ?!

– Veuillez raccrocher après le bip sonore.

– Mais qu'est-ce que…

Et alors que l'adolescent quittait les lieux en grinçant des dents, Allen se remit à sourire et fixa l'horizon à la recherche de lumière. Si seulement il parvenait à allumer ne serait-ce qu'une bougie.

Puis, il remarqua une boule dorée foncer droit sur lui. Timcanpy ! De retour après tant de mois. Allen n'y croyait plus.

– Je te croyais en danger mon petit Tim.

– Gnahhgnaa.

– Je suis d'accord. Alors c'était comment ? Il faisait beau ?

– Gnanna.

– Froid, très froid ? Et sombre dis-tu ?

– Gnanan.

– Il recherche la prophétie ? Il veut comprendre.

– Gna.

– Oh mon petit Tim. Tu as du avoir si peur, allez viens dans mes bras.

– Gnaa.

– Link ? Il est parti en voyage. Il reviendra. Bientôt.