Comme par magie, les jours se mirent à défiler à une vitesse ahurissante. Tout le monde semblait vouloir terminer cette histoire avant Noël, pour passer un bon réveillon. Du jour au lendemain, Hermione se retrouva à passer ses journées avec Pansy, lisant les dossiers, préparant sa défense. Elle refusait cependant de rentrer trop dans les détails de sa propre vie privée. Elle ne voulait pas étaler son mal-être devant toute la société magique.
Finalement, la veille de Noël arriva plus vite que prévu, et Hermione se leva ce matin-là l'esprit étonnamment clair. Sans hâte, elle s'habilla et descendit pour le petit-déjeuner. Ginny et Harry l'attendaient en bas. Harry était en vacances et exceptionnellement, il n'était pas resté pour les vacances à Poudlard. Il tenait à être là pour son amie. Hermione savait que tous les autres seraient là aussi. Enfin, presque. Elle n'avait pas de nouvelle de Drago depuis qu'elle avait quitté le Manoir. Elle lui avait écrit pour lui expliquer ses raisons mais il n'avait jamais répondu. Vu comment elle avait fui, et connaissant ses sentiments, elle comprenait qu'il ne veuille plus lui parler. Mais cela lui faisait de la peine.
Non.
Cela lui brisait le cœur.
La veille de son audition, Hermione alla à une audience, sans Pansy, déguisée. Elle voulait voir de ses yeux la situation. Protégée de la foule grâce à un puissant sortilèges Glamour qui altérait son visage au point de la rendre méconnaissable, elle put assister à l'audience d'un homme qui avait dû fermer son commerce, pourtant florissant, et qui avait vu sa femme le quitter pour un autre suite à ça. Tandis qu'il défendait sa cause, du mieux qu'il pouvait avec son avocat, Hermione laissa son regard errer sur le public et se figea en apercevant la femme de Dedalus. Elle était entourée de ses enfants, deux marmots chouineurs et braillards, mal élevés au possible. L'audience se termina assez rapidement. Les preuves étaient accablantes contre Dedalus dans tous les cas. Hermione le regarda sortir par derrière, évacué par des Aurors pour retourner en détention provisoire.
Prise d'une intuition, elle s'approcha discrètement de l'épouse de Dedalus qui discutait avec l'avocat de son mari.
- Vous êtes un incapable ! Vous deviez le sortir de ce merdier, on vous paie une fortune pour ça ! Vociféra la femme.
- Difficile de plaider non coupable avec des preuves aussi flagrantes, répliqua l'avocat, énervé.
- Il fallait les subtiliser, ou les falsifier !
- Et risquer de perdre mon droit d'exercer ? Vous êtes cinglée !
- Bon il reste qui à passer ?
- Juste Hermione Granger.
- Pfff ! Cette bécasse née-moldue ? Vous avez intérêt à la détruire !
L'avocat se redressa, piqué au vif. Il semblait plus jeune qu'Hermione, malgré sa haute taille.
- Vous voulez que je détruise la Hermione Granger qui a aidé le Survivant à vaincre Lord Voldemort ? Vous m'avez pris pour qui, Dumbledore ? Je serai satisfait si votre mari écope de moins de 10 ans à Azkaban ! Répliqua l'avocat en récupèrant ses affaires prestement.
Sur ces paroles, il la planta là et partit en fulminant, laissant la femme pester dans le tribunal vide. Elle avisa alors Hermione, qui n'avait pas bougé.
- Quoi, vous voulez la photo ? Ça vous dérange pas d'écouter les conversations des autres ? Aucun savoir-vivre, j'vous jure !
- Vos enfants.
- Quoi mes enfants ?
- Ils m'empêchent de passer depuis la fin de l'audience, répondit Hermione tout sourire.
En effet, les garnements avaient déplacé les sieges de manière à encercler Hermione et tournaient autour en poussant des cris d'indiens.
- Et alors, vous pouvez pas vous débrouiller ?
- Oh si, bien sûr !
Tout sourire, Hermione sortit sans baguette et fit un geste de la main, sans quitter l'épouse Wringleton des yeux.
- Depulso.
Aussitôt, tous les sièges autour d'elle s'écartèrent violement, heurtant avec fracas la barrière délimitant l'espace public ou les autres sièges. La femme poussa un cri, tandis que ses enfants, surpris, se mirent à pleurer.
- Mais vous êtes malade !
- Je vous ai donné l'opportunité de rappeler vos enfants, s'étonna Hermione.
- Vous auriez pu leur faire mal ?
- Sont-ils blessés ?
D'un coup d'œil, elle les observa rapidement. Évidemment, il y avait eu plus de peur que de mal.
- Tout va pour le mieux, alors.
- Vous pourriez avoir pitié, ils risquent de perdre leur père ! Cria la femme, tentant probablement d'obtenir de la compassion par ce biais.
Hermione se redressa de toute sa hauteur et toisa le trio de son regard le plus froid, le plus noir.
- De la pitié ? Et vous ? Avez-vous eu pitié de toutes les vies que vous avez détruites ? Avez-vous éprouvé de la compassion pour toutes les personnes que vous avez fait souffrir ? Ne venez-vous pas de dire que vous vouliez détruire Hermione Granger ? Pourquoi devrais-je éprouver de la pitié pour des gens comme vous, prêt à écraser sans scrupule tous ceux qui auront le malheur de croiser votre route ? Sachez que dans la vie, on finit toujours par récolter ce que l'on sème.
La femme ne sut que répondre, interdite, et tous les trois regardèrent partir cette étrange femme.
