Bonjour, voici le chapitre 33.

Bonne Année ! Et surtout désolé pour le moment de d'attente nous avons été très prises. Promis la suite est bien en cour voir même bien avancée.

Merci aux personnes qui ont prit le temps de nous lire, de nous mettre en alerte et surtout continue à nous suivre.

Écriture : Meiling

Co-écriture et corrections : Élisa

Les personnages et l'univers d'Harry Potter sont la propriété de J.K. Rowling.

Nos personnages principaux sont en co-propriété avec notre MJ.

Tous les autres personnages sont de notre invention.

Toute ressemblance avec toute autre histoire, vraie ou fausse, serait complètement fortuite, et plutôt incroyable !

Ratings : M avec quelque passage Lemon

En vous souhaitant bonne lecture !


Chapitre 33 : Vague à l'âme

Je m'appelle Lara, j'ai dix-sept ans, je suis une Mangemort et fiancée de Rabastan Lestrange, qui s'est révélé être le pire homme que je connaisse et celui avec qui je suis forcée de vivre ma vie. Au début je pensais pouvoir changer le monde magique, que je m'engageais pour la bonne cause : sauver le monde sorcier de lui-même et de son obsession à vouloir se rabaisser devant les moldus, mais j'avais tort. Aujourd'hui je me rends bien compte que ce beau rêve de liberté qu'on m'avait vendu n'était qu'un mensonge, qui cachait une bien sombre réalité faite de servitude et de meurtre. La marque des Ténèbres en est une parfaite représentation, hideuse à souhait et douloureuse. Je la cache du mieux que je peux à l'aide d'un bandage, c'est risible de recourir à des artefacts moldus pour une Mangemort mais, malheureusement, les sortilèges de camouflage ne permettent pas de la dissimuler. Je ne suis pas une petite nature non, d'ailleurs comment l'être après avoir connu les coups de ceinture et les pires humiliations de la part de Rabastan ? Mais cette marque est à un tout autre niveau de douleur, de celles qui ne s'estompent jamais totalement, me rappelant constamment à son existence.

En retournant à Poudlard après mes fiançailles je pensais que je pourrais respirer un peu à nouveau, loin du mari auquel j'étais promise, mais je me fourvoyais, une fois de plus. Toutes mes allées et venues, chaque personne à qui je m'adressais, chacun de mes gestes et jusqu'aux expressions de mon visage étaient épiés en permanence. C'est comme si les ténèbres emplissaient littéralement le château d'une brume épaisse et poisseuse à travers laquelle j'essaye de m'extirper sans succès.

Pour ne pas étouffer je passe le plus clair de mon temps seule, assise dans un coin de ma salle commune, sous l'œil scrutateur de Rosier et de ses deux acolytes, ou celui empli de haine des nombreuses filles qui envient ma place de reine des serpents depuis l'officialisation de mes fiançailles. Si elles savaient, les pauvres, elles me lançeraient plutôt des regards de pitié.

De temps en temps Regulus ou Severus, oui je les appelle maintenant par leurs prénoms mais seulement quand nous sommes seuls, viennent me tenir compagnie. Ils engagent parfois la conversation mais cela reste plutôt rare, je pense qu'ils ont réellement pitié de moi, eux, alors je leur envoie souvent des piques désagréables. Je n'aime pas qu'on prenne pitié de moi. Quand je peux enfin m'éclipser dans mon dortoir en fin de journée, je m'installe dans mon lit, je tire les rideaux et je relis les lettres que j'ai trouvées dans le secrétaire de Rabastan, mais à chaque lecture je me sens un peu plus contrariée que la veille. Il n'y vraisemblablement rien d'intéressant quelque soit le sens dans lequel j'essaie d'interpréter leurs échanges.

"Mr Lestrange,

Je vous confirme notre rendez-vous.

En vous souhaitant une agréable journée.

Maximilius Bennett"

"Mr Bennett,

Vous avez visé juste, je vous renouvelle ma confiance.

Rabastan Lestrange"

"Mr Lestrange

Vous m'en voyez ravi, au plaisir de vous revoir.

Maximilius Bennett"

Ça ne mène à rien, je n'en tirerai rien malgré tout l'espoir que j'avais mis dans cette correspondance. Je suis tellement frustrée que je n'en dors plus, j'étais persuadée d'avoir trouvé quelque chose qui me permettrait d'incriminer Rabastan et de renverser le rapport de domination en ma faveur.

Afin d'avoir l'impression d'avancer dans mon enquête j'ai surveillé Monsieur Birdy depuis la rentrée, le professeur de Défense contre les forces du mal. Pour le moment il n'a rien fait d'inhabituel durant ses cours ou en-dehors vis-à-vis d'Élisa. Oui je garde un œil sur elle, même si nous ne nous adressons plus la parole, ce n'est pas pour ça que je ne tiens plus à elle. Il faut que je réfléchisse, il y a forcément quelque chose à faire, je devrais commencer par la mettre en garde contre cette personne, mais pour cela il faudra que je sème ceux qui me surveillent.

oOoOo

Ogs, baguette à la main, arpentait cette nuit encore les longs couloirs obscurs et vides de Poudlard, comme depuis un mois déjà, le plus silencieusement possible afin de ne pas être repéré. Ce n'est pas qu'il ait peur, seul la nuit, mais la prudence était toujours mère de sûreté et, grâce à elle et à ses nombreuses rondes clandestines, il eut plusieurs fois la chance de surprendre des conversations entre des élèves qui préparaient des actions peu recommandables. Il rapportait immédiatement au Directeur la moindre de ses découvertes, afin qu'il puisse agir au plus vite et contrecarrer les plans de ses camarades sur le mauvais chemin.

Il espérait que cette nuit encore il pourrait accomplir à nouveau une bonne action mais, contrairement à ce qu'il avait anticipé, c'est lui qui se laissa surprendre. Lorsqu'une main inconnue se posa sur son épaule, il se retourna brusquement, baguette à la main, prêt à se défendre. Son cœur avait raté un battement et cognait violemment contre sa poitrine et il retenait son souffle sans s'en rendre compte. Une lumière éblouissante déchira l'obscurité quand deux lumos furent dirigés vers son visage, l'aveuglant instantanément. La panique le gagna, il lui était impossible de distinguer ses assaillants, il allait riposter quand il reconnut les voix qui l'interpellaient.

- Ogs ? s'exclamèrent les deux voix avec surprise.

Les assaillants abaissèrent légèrement leurs baguettes, de sorte à ne plus aveugler complètement le Gryffondor, qui put enfin découvrir les visages de ses camarade. Il fut instantanément soulagé en les reconnaissant.

- Remus ? Lily ? Qu'est-ce-que vous faites là ? s'étonna Ogs.

- C'est plutôt à nous de te poser cette question, le coupa Lily, un regard sévère dirigé droit dans ses yeux. Je vais être obligée d'enlever des points à Gryffondor, grogna-t-elle.

- Tu n'es pas obligée Lily, riposta Ogs.

- Bien sûr que si, c'est le règlement, se renfrogna-t-elle en croisant les bras de manière stricte. Je ne m'attendais pas à ça de toi...

- Je peux vous expliquer, tenta-t-il en se tournant vers Remus qui s'était contenté de le regarder fixement.

- Quoi donc ? que tu te balades dans les couloirs après le couvre-feu pour un de tes plaisirs pervers ? ironisa Lily, plus que déçue d'avoir découvert un de ses camarades de maison dans les couloirs.

- Laisse-le essayer, Lily, proposa Remus en voyant que la rousse allait continuer à le sermonner.

Lily lui adressa le même regard sévère, mais elle consentit à écouter Remus : c'était quand même grâce à lui qu'ils avaient repéré Ogs dans l'obscurité. Remus se moquait des explications de Ogs, il voulait surtout savoir si ce dernier était au courant pour sa nature, il comptait en avoir le cœur net. Lily fit un geste théâtrale en direction de Ogs afin de lui signifier qu'il pouvait s'expliquer, mais tout dans son attitude montrait qu'elle n'aurait que faire de ce qu'il lui dirait. Ogs pris une grande inspiration, réfléchissant à toute vitesse à ce qu'il pouvait leur dire ou non, s'ils le croieraient ou non, et même s'il devait leur faire confiance.

- J'attends, le pressa Lily, visiblement agacée.

- Pas ici, suivez-moi, ordonna Ogs en regardant autour de lui.

Le jeune homme fendit le couple de préfets, provoquant des marmonnements de protestation de la part de Lily. Il les guida vers le second étage, jusqu'au quartier général des Four.

- C'est quoi cette pièce ? Je n'ai jamais pu entrer dans celle-ci, s'exclama Remus en regardant tout autour de lui.

Il découvrit le plafond magique représentant une magnifique nuit étoilée sans nuages, la grande bibliothèque qui débordait de livres, les tables de travail encombrées de matériel de potion, les canapés d'aspect confortable aux couleurs des quatre maisons, installés autour d'une petite table devant une cheminée où le feu crépitait. Son regard se posa finalement sur le grand lit à baldaquin et il ne put s'empêcher de rougir. Lily n'était pas non plus restée de marbre et avait également bloqué sur le même objet que Remus, avant que Ogs ne le dissimule d'un coup de baguette et ne les invite à prendre place devant le feu ronronnant.

- Pour répondre à ta question Remus, c'est tout à fait normal que tu ne sois jamais entré, la porte est enchantée pour ne laisser passer que Meiling, Élisa, moi et… Lara, finit-il avec un pincement au cœur. C'est notre petit coin secret.

- Comment ça se fait qu'on ait pu entrer dans ce cas, demanda Remus intéressé.

- C'est parce que je vous ai invités, expliqua tout simplement Ogs avec désinvolture, ne souhaitant pas s'attarder sur ce sujet.

- Que faisait le lit… TU ! Que faisais-tu dans les couloirs ? s'écria Lily, dont le visage était maintenant presque aussi rouge que ses cheveux.

- Promettez-moi que ce que je vais vous dire ne sortira pas de cette pièce, exigea Ogs très sérieusement.

Il attendit un signe de ses camarades avant de continuer, quand ils hochèrent la tête après avoir brièvement échangé un regard entendu il lâcha sa bombe.

- Je fais l'espion pour Dumbledore, se risqua à avouer Ogs tout en observant leur réaction.

- Arrête de te payer nos têtes, répliqua tout de suite Lily en lui lançant un regard menaçant.

- Je ne pense pas qu'il rigole, intervint Remus qui pouvait sentir que Ogs était loin de blaguer sur ce sujet.

- Non mais c'est vraiment n'importe quoi ! Ogs espion pour Dumbledore ! Et puis quoi encore ? s'écria Lily en se levant d'un bond, le doigt pointé sur Ogs tout en fixant Remus du regard pour le convaincre de cette ineptie.

- Effectivement, ce n'est pas tout, avoua Ogs les yeux rivés sur Remus, le seul interlocuteur qui semblait le croire et l'écouter avec attention depuis le début. Je fais aussi partie de la résistance que Dumbledore a créée pour lutter contre les forces du mal. Ce groupe s'appelle l'Ordre du Phénix. Je ne peux pas vous dire qui en fait partie, je ne peux pas vous donner de preuves, je peux juste vous dire que j'en suis depuis cet été.

Pour la première fois depuis qu'ils avaient surpris leur camarade dans les couloirs, Lily restait silencieuse, la mâchoire pendante, incapable de trouver quoi que ce soit à redire. Ogs avait également capté l'entière attention de Remus, qui s'était légèrement redressé sur son canapé couleur Serdaigle.

- Comment peut-on vous rejoindre ? demanda très sérieusement Remus, une flamme intense brillant dans ses yeux et dans ceux de Lily.

oOoOo

Depuis plusieurs jours, avant d'aller en cours, Lara parvenait à échapper à la vigilance de Rosier et de ses autres camarades de maison, juste assez longtemps pour pouvoir passer par la salle des Four. Elle s'y risquait tous les jours, dès qu'elle le pouvait, espérant à chaque fois y croiser Élisa et Meiling. Aujourd'hui encore, elle attendit patiemment, confortablement allongée dans son sofa aux couleurs de sa maison, face à la cheminé.

Elle observa pensivement son environnement, laissant ses yeux courir sur les livres, les tapis, les bureaux… absolument rien n'avait changé ! Sauf une chose. Elle sortit sa baguette et, d'un petit geste précis, fit réapparaître le baldaquin dissimulé sous un sort. Au même moment, la porte laissa enfin passer les deux jeunes femmes qu'elle souhaitait voir, plongées dans une vive conversation que Lara ne voulait pas interrompre. Elle resta allongée, sans bouger, et les écouta se disputer.

- Mei, il faut que tu arrêtes, ordonna Élisa.

- Quoi donc ? lui répondit la Serdaigle qui la précédait.

- Tu le sais très bien, s'agaça Élisa.

- Non, vraiment pas du tout, insista Meiling avec un petit sourire en coin.

- Tu joues avec Remus, tu vas finir pas lui faire du mal, l'accusa gravement la rousse.

- Oh, mais je ne lui fais rien de mal ! Et je n'ai pas l'intention d'arrêter, je m'amuse trop, rigola Meiling en tournant sur elle même.

- C'est bien là le problème, tu t'amuses avec lui ! gronda Élisa.

- Si j'ai envie d'y aller avec lui je le ferai, affirma la Serdaigle en lui tirant la langue.

- Ça ne fera qu'empirer les choses !

- Je ne vois pas en quoi, on ne fera que danser, et puis il est bien trop coincé pour qu'il ne se passe autre chose. Je me demande même s'il a déjà entrepris quoi que ce soit avec une fille, ajouta-t-elle pensivement.

- Il a des sentiments pour toi Mei, et toi tu joues avec lui comme Sirius a joué avec moi ! s'énerva Élisa, excédée par le manque de bon sens de son amie.

- Ce n'est pas par... commença la Serdaigle avant de se faire couper par un raclement de gorge qui provenait de derrière elle.

- Hum hum, se fit entendre Lara après s'être redressée.

- Lara ? s'étonnèrent Élisa et Meiling en même temps alors qu'elles s'étaient immobilisées non loin de Lara.

- Salut les filles, merci pour cette conversation des plus intéressantes, leur dit la serpentard avec un grand sourire.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda abruptement Meiling.

- Parce que je n'ai plus le droit de venir, maintenant ? l'interrogea Lara, un sourcil levé et la tête légèrement penchée sur le côté.

- Si, bien sûr, mais on ne t'a pas revue ici depuis... un certain temps. Nous sommes juste surprises, rattrapa Élisa tout en donnant un coup de coude à Meiling.

- Dans ce cas ne restez pas debout, asseyez-vous, proposa-t-elle d'un geste théâtral, imitant à la perfection l'hôte invitant ses convives à s'asseoir.

Un petit silence gênant s'installa pendant de longues secondes, chacune se regardant à tour de rôle, dans l'attente que l'une d'entre elles se décide enfin à relancer la conversation.

- Tes fiançailles se sont bien passé ? demanda finalement Meiling.

- Tout à fait normal, répondit Lara en leur offrant un sourire de façade.

Il fallait qu'elle se lance, mais elle ne savait pas bien comment aborder le sujet maintenant qu'elles étaient enfin là en face d'elle. Jamais elle ne se serait imaginé pouvoir perdre ses moyens le moment venu. Encore moins devant ses amies. Par ou commencer ?

- Y a-t-il une raison particulière à ta présence ici ? demanda innocemment Élisa, qui observait attentivement Lara depuis un moment et la voyait se trémousser sur son sofa.

- Toujours aussi observatrice Élisa, je me demande bien ce que tu fais à Poufsouffle, déclara la Serpentard. Et oui, en effet, il y a bien une raison.

C'était maintenant, elle y était, elle devait prévenir Élisa du danger qui rôdait autour d'elle, et peut-être qu'avec cette bonne action ses anciennes meilleures amies consentirait à l'aider en retour ?

- Je viens te mettre en garde Élisa, j'ai entendu des choses sur les Salubrian, tu n'es pas en sécurité ici, affirma Lara son regard vrillé dans celui de la rousse.

- Comment as-tu eu cette information ? demanda Meiling.

- Je ne peux pas vous le dire, mais crois-moi quand je te dis que tu n'es plus en sécurité ici Élisa, dit gravement Lara.

- Dumbledore m'a garanti le contraire, rétorqua Élisa.

- C'est un vieux fou ! Il ne voit rien de ce qui se passe sous ses yeux ! s'énerva Lara avec amertume en repensant à ce que Rabastan lui avait fait subir, effrayée que la Rousse ne la prenne pas au sérieux.

- Parce que toi tu connais des choses que Dumbledore ne sait pas peut-être ? interrogea la Serdaigle.

- Exactement ! martela la Serpentard en se levant d'un bond.

- Comment peux-tu affirmer ça sans rien nous dire ou nous expliquer ? lui reprocha Élisa en se levant à son tour, suivie de près par Meiling.

- Je ne peux pas vous donner de détails, mais je peux vous montrer ça ! Et vous feriez mieux d'avoir peur au lieu d'essayer de me contredire ! s'emporta Lara.

Sous les yeux des deux jeunes femmes, Lara remonta vivement sa manche gauche, arracha son bandage et leur présenta l'hideuse marque des ténèbres qui ondulait paresseusement sur sa peau. Comme elle s'y attendait, leurs visages se décomposèrent et affichèrent une expression d'horreur indescriptible. Quand elles furent remises du choc, elles eurent toutes les deux un mouvement de recul qui provoqua un pincement au cœur de Lara.

- Comment as-tu pu... Comment as-tu pu faire ça... marmonna plusieurs fois Élisa à voix basse, les poings de plus en plus serrés, tremblante de rage, son regard toujours fixé sur la marque des ténèbres.

- Pourquoi as-tu fait ça Lara ? demanda Meiling déçue.

- Je n'ai pas eu le choix tu vois, comme si je l'avais jamais eu depuis que je suis née ! s'esclaffa Lara.

- COMMENT AS-TU PU FAIRE ÇA ? ILS ONT TUÉ LE PÈRE DE OGS ! MASSACRÉ ET TORTURÉ DES INNOCENTs, se mit à hurler Élisa une fois sortie de sa léthargie, la colère brûlant comme un bûcher dans ses yeux.

- Tu crois que j'avais vraiment le choix ? répéta Lara en haussant la voix. C'était ça ou bien c'était moi qu'on torturait et tuait !

- J'aurais choisi la mort, MOI, s'exclama fortement Élisa.

- Eh bien pas moi ! rétorqua la Serpentard sur le même ton.

Sur ces mots Élisa se détourna prestement et pris la direction de la sortie. Elle était infiniment déçue par les choix de Lara, jamais elle n'aurait pu imaginer ça. Elle pouvait entendre les pas de Meiling la suivre non loin, cette dernière avait adressé un regard désolé à Lara avant de suivre la Poufsouffle. Au moment de franchir la porte, la voix de Lara retentit une dernière fois dans la pièce, faisant frissonner les deux jeune femmes.

- PRENDS GARDE À TOI ÉLISA, SI TU NE VEUX PAS TE RETROUVER DANS DES SITUATIONS DANGEREUSES ! JE TE CONSEILLE DE BIEN SURVEILLER TES ARRIÈRES ! VA-T-EN LOIN D'ICI ! TU ES TOUTE SEULE ICI ! EUX SONT BEAUCOUP PLUS NOMBREUX ET PUISSANTS !

Sur ces dernières paroles menaçantes, Élisa et Meiling fuirent rapidement les lieux, abandonnant Lara à ses démons. D'un coup de baguette, la Serpentard referma violemment la porte derrière les deux fuyardes. Sans qu'elle s'en rende compte, de ses yeux coulaient des larmes de tristesses, d'angoisse, de rage et de déception.

Elle regarda à nouveau tout autour d'elle, se rappelant avec nostalgie les moments de bonheur qu'elle avait pu partager ici, à rire, à inventer et créer tel ou telle chose. Le seul endroit où elle n'était pas Lara Johnson, sang-pur d'une famille éminente qui devait faire honneur à son nom, à des ancêtres qu'elle ne connaissait pas et à une doctrine à laquelle elle n'adhérait que par absence de choix. Elle observa une nouvelle fois que vraiment, rien n'avait changé depuis qu'elle avait quitté le groupe, comme si le temps s'était arrêté au moment où elle avait arrêté de partager ces moments avec eux. Ce lieu n'était plus le quartier général des Four puisque les Four n'existaient plus, il n'avait plus la légitimité d'exister. Alors, d'un geste empli de rancœur, elle leva vivement sa baguette et la pointa rageusement sur chacune des choses qui lui rappelait tous ces moments de bonheur, jusqu'à l'anéantissement total de tout ce que contenait cette pièce qui les avait vu grandir.

Le lendemain, Élisa, Meiling et Ogs, qui ne savait rien de l'altercation qu'il y avait eue entre les filles, découvrirent avec effarement leur quartier général complètement défiguré par le chaos le plus total. Tout avait été méthodiquement saccagé, il ne restait plus rien de ce qu'ils avaient façonné durant ces sept dernières années, hormis le baldaquin, qui trônait fièrement au milieu de cette pagaille, comme une signature de l'auteure de ce geste.

Élisa et Meiling se regardèrent mais ne dirent rien à Ogs de leur rencontre avec Lara. Elles s'étaient mises d'accord : il valait mieux ne pas lui en parler afin de le préserver de cette atroce vérité. Elles lui devaient bien ça. Ogs était choqué, déçu par ce qu'il imaginait être le fait de Lara. Il ne comprenait pas ce qui avait bien pu lui prendre pour retourner ainsi toute la pièce et détruire leurs souvenirs par la même occasion.

oOoOo

C'était l'effervescence dans la Grande Salle ce matin. Dans moins d'une heure aurait lieu le premier match de Quidditch de la saison, opposant Serpentard à Poufsouffle. Nombreux étaient ceux qui avaient sorti les étendards et fanions aux couleurs de leur maison pour l'occasion, encombrant ainsi un peu plus les grande tables.

Après un rapide petit-déjeuner, Élisa, Meiling et Ogs, emmitouflés dans leurs chaudes capes d'hiver, prirent ensemble la direction du terrain. Ils s'étaient mis en route tôt afin d'avoir de bonnes places dans les gradins des Poufsouffle, mais ils n'étaient pas les seuls et le stade était déjà très animé. De son côté, Lara accompagnait Severus jusqu'aux gradins réservés aux Serpentard pendant que leur jeune compagnon, Regulus, regagnait les vestiaires afin de retrouver les membres de son équipe.

C'était une très belle matiné d'automne, froide mais ensoleillée, avec juste une légère brise décrochant des arbres leurs dernières feuilles jaunes, oranges ou rouges. Les discussions allaient bon train entre les élèves de Poudlard, allant des pronostics du match aux devoirs qui n'avaient pas encore été faits. L'atmosphère était légère, les visages étaient joyeux et les esprits libres de tous soucis.

Le match débuta rapidement après le premier coup de sifflet. Les joueurs étaient gonflés à bloc, heureux de retrouver l'adrénaline et l'émotion d'une compétition de Quidditch, déterminés à bien commencer leur nouvelle saison. Le souafle faisait des allers-retours entre les mains des poursuiveurs d'une équipe puis de l'autre, passant occasionnellement entre les anneaux à chaque extrémité du terrain, les passes étaient rapides, chaque ouverture pour voler le souafle à l'équipe adverse était exploitée, au plus grand bonheur des spectateurs qui n'en manquaient pas une miette. Dans les gradins, la plupart des élèves était debout en train d'encourager leur équipe à la force de leurs poumons, prenant partie pour Poufsouffle ou Serpentard, pour certains seulement le temps d'un match puisque leur propre équipe ne jouait pas.

Ce n'était pas le cas de Lara, toujours à côté de Severus, qui était plutôt ennuyée par le match. Le Quidditch n'avait jamais été une des ses passions, mais elle était bien obligée de venir supporter l'équipe de Serpentard. Son nouveau statut ne lui permettait pas de se soustraire à ce supplice. Il fallait qu'elle sourie pendant que quatorze imbéciles jouaient à la balle dans les airs, qu'elle s'exclame avec joie quand les Serpentards marquaient et qu'elle insulte les Poufsouffles quand ils osaient faire de même. Rabastan avait laissé des instructions à ses sbires quant au comportement que devait adopter Lara en public et, malheureusement pour elle, être une bonne petite supportrice de Serpentard en faisait partie.

Perdue dans ses pensées, elle ne faisait même plus attention au match, retenant avec difficulté un soupir de frustration. En plus elle avait dû se lever tôt pour participer à cette mascarade alors qu'elle aurait pu faire une grasse matinée, comme tous ces chanceux qui n'avaient aucun intérêt pour le Quidditch. Qu'est-ce qu'elle les enviait en ce moment précis. Severus non plus ne prêtait pas attention au match, absorbé par une conversation houleuse qu'il avait avec les Serpentards derrière eux, conversation qui n'arrivait même pas à intéresser Lara, trop agacée d'avoir été forcée à se tenir debout dans le froid, bousculée par une horde de jeunes Serpentards au cerveau visiblement inutilisable.

Pourtant, l'un comme l'autre aurait dû être plus attentif à ce qu'il se passait sur le terrain. D'un côté du terrain se déroulait une lutte on ne peut plus haletante entre les poursuiveurs pour la possession du ô tellement convoité le souafle, accaparant toute l'attention du stade, hypnotisé par les passes rapides et le ballet presque synchronisé des joueurs. Mais un spectateur avisé aurait remarqué que seulement trois batteurs tentaient de déséquilibrer les passeurs de l'équipe adverse, protégeant de leurs battes redoutables le joueur de leur propre équipe qui possédait brièvement le souafle. Ce que Lara aurait dû voir, c'était le batteur aux couleurs des Poufsouffles, complètement isolé d'un côté du terrain où rien ne se passait, qui lui envoya un cognard droit dessus.

Des exclamations et des hurlements retentirent dans les gradins des Serpentards mais personne n'eut la présence d'esprit ou le réflexe d'arrêter le projectile de sa baguette magique, préférant se mettre à couvert afin de l'esquiver. Lara n'eut pas le temps de réagir, trop occupée à maudire Rabastan et à échafauder un plan de vengeance. L'instant où elle comprit enfin pourquoi tout le monde hurlait autour d'elle, l'abandonnant à son sort, le cognard était déjà sur elle. Lara eu le réflexe de lever les bras pour se protéger le visage, mais elle regretta aussitôt son geste quand une douleur atroce transperça son corps, faisant résonner ses os. La douleur était telle qu'elle en perdit presque instantanément connaissance, allongée en travers du banc derrière elle, le dernier son qu'elle entendit avant de sombrer fut un coup de sifflet strident.

Severus avait été tout aussi surpris par le projectile, mais il avait eu la chance de ne pas avoir été pris pour cible. Il avait été secoué par l'impact et bousculé par Lara alors qu'elle s'affalait sous le choc, mais il se remit rapidement et se pencha tout de suite sur la Serpentard pour voir si elle allait bien. Ce qu'il observa des blessures qu'elle avait n'était vraiment pas jolie à voir. Il put voir les taches de sang s'étendre rapidement, imbibant les vêtements qui couvraient ses avant bras, ainsi qu'un mince filet rouge qui quittait la commissure de ses lèvres, avant de se faire brusquement écarter de la victime par l'un de ses professeurs qui la conduisit aussitôt à l'infirmerie.

De l'autre côté du terrain, Ogs observait tranquillement la scène puisqu'il n'avait pas pu voir qui avait été touché par le cognard, mais il changea très vite d'attitude quand il vit le professeur Slughorn faire léviter Lara devant lui en bas des gradins, le corps sans vie et les habits rouges de sang.

- Par Merlin, Lara ! entendit-il à ses côtés.

L'infirmière prit immédiatement Lara en charge en voyant la quantité de sang qu'elle avait déjà perdue et l'ampleur des dégâts sur ses bras. La blessée fut installée sur un lit au plus vite, elle luttait pour essayer de reprendre connaissance, son subconscient lui rappelant à travers les brumes de la douleur qu'elle ne devait en aucun cas être découverte. Alors que Mademoiselle Pomfresh s'attelait à lui relever les manches afin de procéder à un examen des blessures, Lara manifesta son désaccord comme elle le pouvait.

- Non ! cria-t-elle. Ne me touchez pas !

Elle essaya de se débattre afin de se soustraire aux mains de l'infirmière, mais le plus infime mouvement lui arracha un hurlement de douleur qui brouilla à nouveau sa vue et son discernement. Mademoiselle Pomfresh avait sursauté sous le ton autoritaire et effrayé de la jeune femme, elle se dit que sa réaction était sûrement liée à la souffrance qu'elle devait ressentir au moindre toucher. L'infirmière s'appliqua donc à la soigner avant de lui retirer ses habits souillés de sang, il lui serait alors plus facile de prendre soin de son élève. D'un coup de baguette elle resouda les os de ses avant-bras qui avaient été complètement pulvérisés par la violence du choc. Mais elle ne pouvait pas refermer les plaies sans les voir, il lui fallait donc retirer les vêtements de Lara. Elle s'appliqua à le faire le plus doucement possible, en ne faisant presque pas bouger la Serpentard, qui gémissait tout de même au moindre de ses gestes. Il ne lui restait plus qu'à enlever le bandage qui recouvrait tout son bras gauche et qui avait pris une couleur rouge foncé, presque noir. Elle le toucha à peine que Lara reprit à nouveau connaissance et repoussait encore ses mains. La douleur était moins intense et elle pouvait à nouveau utiliser ses bras grâce aux premiers soins prodigués par l'infirmière.

- Non, laissez le bandage, je ne veux pas que vous l'enleviez, dit-elle d'un ton qu'elle voulait menaçant.

- Je suis désolée Mademoiselle Johnson, mais je vais devoir l'enlever si vous voulez que je vous soigne, expliqua l'infirmière. Je ne peux pas refermer ces plaies à l'aveugle !

- Je me fiche de savoir ce que vous pouvez faire ou pas, je refuse que vous touchiez à ce bandage !

Lara toisait l'infirmière d'un regard fiévreux mais déterminé. Mademoiselle Pomfresh était à la fois agacée et intriguée par l'attitude de son élève, mais elle ne pouvait pas ignorer sa volonté. Elle soupira bruyamment, planta ses poings sur ses hanches et adressa un regard sévère à Lara.

- Très bien, comme vous voudrez, mais ne venez pas vous plaindre par la suite que vous avez mal ! prévint-elle. Je vais vous donner une potion qui va accélérer la guérison, mais vous devrez rester ici cette nuit, le temps que vous soyez entièrement remise.

Mademoiselle Pomfresh lui tourna le dos et prit la direction de son bureau pour préparer la potion de guérison. Elle s'arrêta à mi-chemin, se dirigea vers une des armoires où elle rangeait tout le nécessaire, farfouilla un instant avant de revenir vers le lit de Lara.

- Si je n'ai pas le droit d'y toucher vous me ferez tout de même le plaisir de changer ce bandage immonde, dit-elle en posant des bandages propres sur la table de chevet. Ça ne sert à rien de vous soigner si c'est pour que vos plaies s'infectent à cause d'un bandage sale. Utilisez la petite salle de bain au fond de l'infirmerie pour vous laver les bras, je ne veux pas vous entendre gémir à cause de la douleur.

Sur ces mots elle tourna à nouveau vivement les talons et s'enferma dans son bureau. Lara laissa échapper un soupir de soulagement et se leva difficilement, serrant les dents pour ne pas crier à chaque fois qu'elle bougeait ses bras. Elle enleva laborieusement le bandage et la vue du serpent qui ondulait sur sa peau déchiquetée lui donna envie de vomir. Elle fit du mieux qu'elle put, appréciant le contact de l'eau froide sur ses bras endoloris, les séchant difficilement à cause de la douleur à chaque fois qu'elle posait la serviette sur ses plaies ouvertes, puis elle enroula le tissu propre autour de son bras, satisfaite.

Quand elle rejoignit son lit, l'infirmière en avait débarrassé ses vêtements et avait ajouté des coussins rebondis ainsi qu'une couette duveteuse.

- Un de vos amis est venu prendre de vos nouvelles, je lui ai dit que vous étiez une demoiselle très têtue dans des situations qui ne le nécessitent pas, dit l'infirmière en tapotant les oreillers. Je vous ai préparé votre lit, vous feriez mieux de vous reposer après avoir bu votre potion, guérir rapidement demande beaucoup d'énergie.

Lara but la potion que lui tendait l'infirmière puis elle s'installa avec difficulté dans le lit confortable. Elle se dit qu'ils la surveillaient vraiment à n'importe quel moment du jour et de la nuit, même quand elle était grièvement blessée. Elle se demandait lequel des sbires de Rabastan était venu se faire passer pour son ami quand elle sombra dans un sommeil libérateur.

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Ogs tournait et se retournait dans son lit en repensant au visage livide et sans vie de Lara. Il brassait à tel point que ses camarades de chambre lui demandèrent de faire moins de bruit. Le jeune homme quitta alors le dortoir et s'installa dans le canapé face à la cheminée. Ça faisait tellement longtemps qu'il ne lui avait pas parlé, elle lui manquait cruellement, surtout depuis qu'il s'était aperçu que Natalie ne lui avait servi que de remplacement : inconsciemment il l'avait voulue à ses côtés.

Saphir dormait profondément dans son lit, les Serpentards qui gravitaient toujours autour de Lara ne pouvaient pas la suivre jusque dans l'infirmerie la nuit… C'était le moment ou jamais !

Sans réfléchir, Ogs se leva d'un bond et se dirigea vers la porte de la salle commune, il se dissimula sous un sort de désillusion et poussa le tableau qui cachait l'entrée de la tour des Gryffondors. La Grosse Dame dormait en ronflant bruyamment, elle ne pourrait pas le dénoncer, il avait de la chance. Le jeune homme se dirigea furtivement vers l'infirmerie, essayant d'aller le plus vite possible pour ne pas être repéré par les professeurs qui patrouillaient dans les couloirs.

Arrivé sans encombre devant la porte de l'infirmerie en trois minutes à peine, il attendit quelques instants, l'oreille collée contre la serrure pour écouter si des élèves étaient réveillés, ou si Mademoiselle Pomfresh était en train de prodiguer des soins à l'un d'entre eux. Une fois qu'il était certain que tout était calme, il poussa discrètement la porte et se faufila à l'intérieur. Il s'orienta à la lueur de la lune, n'osant pas utiliser sa baguette avant d'être certain que la seule patiente était Lara, il se rapprocha alors lentement de son lit et la regarda dormir quelques instants.

Cela faisait plusieurs mois qu'il n'avait pas pu l'approcher, il en avait presque oublié à quel point elle était belle. Son cœur se serra, il hésita même à rebrousser chemin, ses actions ne pouvaient leur apporter que des blessures supplémentaires. Au moment où il allait tourner les talons, Lara se mit à gémir dans son sommeil, elle marmonnait quelque chose d'incompréhensible et des larmes se mirent à couler de ses yeux crispés. Sans s'en rendre compte, Ogs tendit la main pour essuyer ses joues et Lara sursauta immédiatement.

- Qui est là ? demanda-t-elle d'une voix qui se voulait menaçante mais où elle cachait mal sa panique.

- C'est moi, répondit doucement Ogs en s'asseyant sur le bord du lit. Lumos, ajouta-t-il.

Sa baguette émit un halo qui éclaira leurs visages : Lara le regarda avec une lueur de terreur dans les yeux, alors que Ogs la couvait d'un regard rempli de tendresse. Ils restèrent un instant sans rien dire, se fixant en silence, se remémorant leur amitié et à quel point ils avaient besoin l'un de l'autre. Puis Lara brisa le silence.

- Tu ferais mieux de partir. Si tu te fais surprendre ici on va en pâtir tous les deux, dit-elle en évitant son regard.

- Je ne suis plus avec Natalie, déclara Ogs.

- D'accord, et alors ?

- Je voulais te le dire en personne, et je me suis dit que je n'aurais jamais d'autre occasion que celle-ci pour venir te parler sans que Rabastan ou ses sbires ne l'apprennent.

Lara eut un frisson en pensant à Rabastan et à ce qu'il lui ferait s'il apprenait que Ogs était venu lui rendre visite à l'infirmerie. Elle baissa la tête instinctivement, comme pour se protéger. Le Gryffondor remarqua ce comportement étrange mais il n'en dit mot.

- Tu peux partir maintenant que tu m'as dit ce que tu avais à dire.

- C'est pas tout ce que je voulais dire, affirma Ogs. Il faut que tu saches, je ne m'en étais jamais rendu compte avant, mais depuis que je ne peux plus m'approcher de toi j'ai ouvert les yeux. Lara…

- Ogs, je t'en prie, supplia Lara. Tu sais que c'est fini entre nous, tu m'as promis.

- Je sais, je sais, mais j'ai besoin de te le dire. Lara, je t'aime, avoua-t-il sans détour.

Ils restèrent sans bouger dans le silence le plus complet. Des larmes se mirent à rouler doucement sur les joues de la Serpentard, elle tourna vivement la tête pour ne pas qu'il les voie.

- Ça sert à rien de me dire ça maintenant, je suis officiellement fiancée à Rabastan, on ne peut plus rien y changer, répondit douloureusement Lara. Si c'est tout ce que tu avais à me dire tu peux partir. Et ne reviens plus jamais me parler.

Ogs fut blessé par les paroles glaciales de son ancienne amie. Il lui avait fallu tellement de courage pour venir la voir au milieu de la nuit et lui avouer ses sentiments et elle n'était même pas capable de le regarder dans les yeux. Il soupira bruyamment et se rapprocha d'elle un peu plus, faisant grincer les ressorts du lit. Ogs voulut lui prendre la main mais elle se dégagea rapidement, toujours sans le regarder.

- Regarde-moi Lara, dit-il fermement. Regarde-moi et dis-moi que tu ne ressens pas la même chose.

- Va-t-en.

- Lara…

- Si tu m'aimes vraiment et que tu veux mon bonheur, va-t-en, supplia-t-elle.

- Pas avant que tu me regardes, répéta-t-il avec entêtement. Je t'en prie…

Ogs saisit Lara par les avant-bras pour l'obliger à le regarder mais elle laissa échapper un bref cri de douleur involontaire. Il fut tellement surpris qu'il la lâcha immédiatement, la Serpentard protégea alors instinctivement son bras gauche de sa main droite et se détourna encore un peu plus de Ogs. Elle tremblait de frayeur. L'infirmière n'avait-elle pas soigné ses blessures ?

- Je suis désolé, je ne voulais pas te faire de mal, dit Ogs contrit. Montre-moi…

- Va-t-en ! cria presque Lara.

- Montre-moi ton bras, je peux peut-être t'aider, insista le jeune homme.

Il lui prit la main gauche et essaya de remonter la manche du pyjama alors que Lara se débattait de toutes ses forces. Son comportement était bien trop suspect, quelque chose clochait. Il grimpa sur le lit pour l'immobiliser de son poids, releva la manche de force et arracha le bandage, puis il se figea. Lara se cachait le visage de son autre bras tout en sanglotant.

La marque du Seigneur des Ténèbres, d'un noir étincelant sur la peau de porcelaine, trônait sur le bras de son ancienne amie, comme pour le narguer.

La poitrine du Gryffondor se serra, sa vue se brouilla et il eut du mal à respirer. Il laissa tomber le bras de Lara et se releva sans un mot. Un bourdonnement sourd venait brouiller son esprit, ses pensées s'entrechoquaient alors qu'il revoyait le serpent ondulant hors de la tête de mort, dans le ciel au-dessus du cadavre de son père dans chacun de ses cauchemars… et sur le bras de la femme qu'il aimait. Sa respiration s'accéléra alors que la tristesse, la haine et la terreur le gagnaient, effaçant toute trace de raison en lui. Il la regarda avec dégoût alors qu'elle se cachait toujours le visage, incapable de le regarder en face. Comment avait-elle pu les rejoindre ? Eux qui avaient tué son père, qui avaient torturé un première année, qui voulaient détruire tout ce en quoi il croyait, tout ce qui le représentait. Cette marque était comme un coup de couteau qu'elle enfonçait dans sa poitrine et qu'elle faisait tourner, encore et encore, broyant tout son être.

- Alors comme ça t'es avec eux ? demanda-t-il difficilement.

- Non… gémit faiblement Lara.

- Ça t'amuse de me voir souffrir ?

- Non ! répéta-t-elle un peu plus fort.

- Tu sais qu'ils ont tué mon père ? cria-t-il en la saisissant par les épaules et en la secouant pour l'obliger à le regarder.

Les yeux du jeune homme étaient révulsés par la colère, des larmes de déception lui brouillaient le regard alors que les yeux de Lara brillaient de larmes de honte. Elle secouait la tête de gauche à droite sans rien dire, ne sachant pas quels mots choisir pour apaiser la douleur de son ami.

- Je voulais pas, dit-elle simplement.

- Tu voulais pas ? Tu voulais pas quoi ? Rejoindre une famille de sangs-pur pour ton propre gain personnel complètement futile ? Te fiancer à un tortionnaire qui s'en prend à des enfants sans défense ? Rejoindre une armée de psychopathes ? Me briser le cœur en portant fièrement la marque qui hante mes nuits ? Qu'est-ce que tu voulais pas ? hurla-t-il d'une voix brisée en la voyant secouer la tête sans rien dire.

- J'ai pas eu le choix, geignit-elle pour se défendre.

- Tu me dégoûtes, cracha Ogs. Je veux plus jamais te revoir. Ne m'adresse plus jamais la parole.

Ogs relâcha les épaules de Lara d'un coup sec puis se releva. Il lança un dernier regard plein de mépris à son ancienne amie avant de lui tourner le dos et de quitter l'infirmerie rapidement, sans se retourner. Lara tressaillit quand la porte claqua puis s'effondra en pleurs, incapable de retenir la personne qui avait le plus compté pour elle. Elle hoquetait et respirait difficilement à cause des sanglots qui secouaient son corps, elle réussit tout de même à articuler un inaudible "ne me laisse pas" à l'intention d'un ami qu'elle venait de perdre pour toujours.


RDV bientôt pour la suite.

L'équipe de Four !