Alors que Poudlard entrait dans une sombre période en cette fin de l'automne, alors que les feuilles mortes se laissaient ensevelir par la neige, Dolores Ombrage paraissait on ne peut plus heureuse Allen ne réagissait plus à ses remarques acides et à son comportement de crapaud rose. Elle allait parfois inspecter ses cours. Il continuait d'en faire à sa tête, décidant parfois d'étudier des sortilèges de défenses. Les rumeurs disaient même qu'il avait l'intention de faire apprendre à ses élèves les sortilèges impardonnables. Cependant, lorsque Ombrage vérifiait son travail, il avait une nette tendance à garder un tempérament très calme et à enseigner en douceur les meilleurs moyens pour lancer proprement leurs sortilèges. Il ne répondait plus aux questions de l'inspectrice, continuellement les yeux dans les vagues ou concentré seulement sur ses élèves oubliant la présence mauvaise à ses côtés. Probablement ne pouvait-il plus faire la différence entre Dolores Ombrage et les affreux bourreaux de ses rêves et de ses cauchemars ? Finalement, ils se ressemblaient tous.

Allen savait que bientôt les choses prendront une tournure plus âcre. Il le sentait. Quelque chose n'allait pas ou du moins une chose se brisera dans très peu de temps.

– Et votre « golem » comme vous dites ne s'est jamais montré agressif envers les élèves ?

– Tim est aussi doux que vous êtes abject, n'ayez crainte.

Allen avait prononcé l'insulte d'une voix si monotone et basse qu'Ombrage ne sourcilla pas.

– Pourtant, il mordille souvent mes bouclettes.

Allen lança un regard ennuyé à Ombrage en caressant doucement son golem.

– Il doit simplement vous trouvez agaçante.

Allen referma son dossier ayant fini les appréciations pour les bulletins du premier trimestre. Épuisé, il ignora Dolores Ombrage afin de pouvoir rapidement regagner son bureau. Il faudrait qu'il demande à certains de s'occuper d'urgent problème que, dans son état, il était incapable de résoudre.


Allen ouvrit la porte mutilée menant à sa chambre et pénétra dans la pièce toujours autant ravagé. Pourtant, il lui faudrait simplement faire un petit effort pour nettoyer le tout à l'aide la magie. Mais Allen n'en ressent aucune envie. Les lieux lui paraissaient bien plus bienfaisant lorsque la discorde régnait.

Puis, il se jeta sur son vieux matelas avant de lentement sombrer dans le sommeil.

Dormir. La chose lui paraissait si agréable. Les soucis disparaissaient, les peurs aussi. Et Link revenait chaque nuit. Il le rassurait, lui promettait qu'il continuerait de veiller sur lui. Allen se sentait si faible lorsqu'il prononçait ces mots. Ainsi il aurait besoin d'un être qui veillerait sur sa petite personne ? Link… avait raison, néanmoins. Link lui disait de rester patient, de ne pas provoquer Ombrage. Tout se finira bien et ils se retrouveront avant d'être à nouveau ensemble mais pour cette fois-ci éternellement.

Dormir. Les cauchemars venaient parfois, souvent, tout le temps. Mais à travers l'horreur une pointe de délice perdure tel du miel sur du pain rassi.

Tom. Quelqu'un le dérange. Il n'a pas à être ici. Oui, il ne devrait pas se trouver là. Il doit disparaître. Il gêne. Tom veut le chasser. Le tuer même. Autant tuer. Tuer est toujours la meilleure solution. La peau de l'ennemi vient d'être pourfendue. Il souffre. La délicate couleur pourpre s'étend vers l'obscurité. Rouge. Tom aimait le rouge.

De son côté, Harry Potter se malmenait, bataillant avec ses draps, inconscient, les membres tremblants.

Il rampait au sol.

Enfin, il pouvait observer les lieux.

Tant de boules de cristal, de lumières à travers ces noires étagères. Seuls l'objet tant désiré luit et l'éveille.

Il continue de ramper, se glissant le long du sol. Sa peau se frotte à cette terre froide et lisse.

Un homme au loin. Il guette Il le guette.

Qu'importe. Il ne sera plus un problème.

L'excitation monte au creux de son ventre.

Son petit cœur reptilien s'emballe.

Le détruire, le détruire… Croquer sa chair empoisonnée par le temps avec ses crocs venimeux.

Il se précipite et le mord.

Une fois. Deux fois. Trois fois.

Le sang de l'homme coule sur sa langue. Une saveur amère, métallique et pourtant si attrayante.

Cible éliminée. Il est temps de se préoccuper du but principal.

– Ahahahahahahahaha !

Harry et Allen s'éveillèrent tout deux en sursaut. Couvert de sueur, le cœur encore battant, Harry tomba de son lit, tenta de rapidement se délivrer de ses couvertures mais prisonnier, il se débat encore et encore, le goût du sang encore frais sur ses papilles. Une bouffée d'air frais, enfin. Sa gorge semble avoir absorbé de la javel et s'enflamme. Il vomit son dîner sans même pouvoir retrouver ses sens.

– Harry ! Harry !

La voix de Ron traduit sa panique. Il l'entend courir, ouvrir la porte. Il va chercher de l'aide. Rapidement, des bruits de pas résonnent. Un professeur. Minerva MacGonagall. IL n'y a pas de temps à perdre. À peine remit de ses émotions, Harry tente de se relever, vacille et est rattrapé par sa professeure.

– Ne bougez plus, Harry. On va vous accompagner à l'infirmerie.

– Non…

– Comment ?

– Non ! C'est une urgence ! M. Weasley vient d'être attaqué par un gros serpent, sa vie est en danger !

Ron pâlit et du aussi s'accrocher à Minerva. La vieille femme dévisagea l'enfant un instant et comprit qu'il ne plaisantait pas.

– Il faut aller voir Dumbledore.

– Très bien, M. Potter…

Elle le maintint à l'aide du rouquin afin de rapidement le guider vers le directeur. Harry eut honte. Son corps était trempé de sueur, dégoulinant, l'odeur âcre du vomi encore sur lui, et il osait se tenir à cette femme. Mais Minerva avait autre chose à faire. Un Gryffondor était malade.

– Sorbet au citron !

Rapidement, elle déboula dans le bureau du directeur qui ne dormait pas encore, prit dans des réflexions profondes.

– Albus ! Harry affirme que Arthur Weasley s'est fait attaqué par un serpent.

À bout de force, alors que Dumbledore ne daignait de le regarder, Harry conta son récit. Mais alors qu'il terminait rapidement, impatient que le directeur envoie de l'aide au père de son ami, Severus Rogue arriva l'air furieux en tirant un Allen déboussolé, les poignets en sang.

– Monsieur le directeur…

– Excusez-moi, Severus, j'écoutais Harry.

De dos, Dumbledore n'avait même pas remarqué le maudit. Il se tourna vers les tableaux et donna des ordres urgents aux occupants afin de rapidement retrouver Arthur. Minerva restait ébahis. Ainsi, il prenait Harry au sérieux. Elle, le croyait simplement fiévreux, très fiévreux délirant après avoir trop subit, tourmenté par les souvenirs de la mort. Mais en très peu de temps, un homme confirma les faits le père Weasley venait d'être retrouvé en sang en son lieu de travail. Il venait d'être pris en charge. Puis, enfin Dumbledore fit face cinq personnes maintenant en suspend dans son bureau. Minerva avait fait Harry s'asseoir mais Allen pendait toujours pitoyablement aux bras de Rogue.

– Allen ?

– Il… Je l'ai entendu crier. Il était pris de convulsion alors…

– Oh, Severus, vous vous inquiétez pour vos collègues, maintenant ?

Harry se serait attendu à ce que cette réplique vienne d'Allen avec son ton insolent. Mais ce n'était nul autre que Dumbledore, le regard bienveillant. Rogue grimaça, furieux.

– Il me dérangeait ! Voilà, tout…

– Pourquoi ne pas l'avoir amené à l'infirmerie dans ce cas-là ?

– Hé bien…

Allen se dégagea enfin de la poigne du maître des potions. Il se releva, sourit vaguement et jeta un coup d'œil à chaque personne présente dans le bureau. Enfin, il aperçut Salieri qui rampa jusqu'à lui avant de finir enrouler autour du corps frêle et malade de son maître. À moitié endormi, Harry recula d'horreur. Un serpent. Comme celui qui venait d'attaquer Weasley.

– Professeur Dumbledore, Tom recommence ses bêtises. Son « âme » s'agite.

Oui Harry était émotionnellement agité. Sans en avoir conscience, il était perdu entre ses sentiments et ceux de Voldemort. Il avait pris tant de plaisir à détruire Arthur, à plonger ses crocs dans son épiderme… Étrangement jouissif. Harry commença à avoir peur de ses ressentis. Il aimerait juste retourner ce couché, loin de tous ces drôles, loin de Dumbledore qui ne lui accordait même pas un sourire.

Rogue dévisagea son collègue, surpris.

– Je le sais Allen. Harry me l'a dit.

– Dans ce cas-là…

Et Allen commença à se laisser tomber avant que Severus ne lui écrase le pied. Il n'était pas encore temps de dormir et s'affalait au sol face au directeur serait réellement un manque de respect. Dumbledore s'entretint avec un tableau en particulier, le portrait de Phineas Black, ancêtre du fameux Sirius Black.

– Vous allez rentrez là-bas. Les vacances approchaient de toute façon. Vous les passerez entièrement en ces lieux protégés. Hermione vous rejoindra plus tard ainsi que les autres Weasley.

Il sortit un porteloin et la posa au centre de son bureau.

– Il vous faut du repos à tous et ce n'est pas à Poudlard que vous le trouvez. Allen, tu iras avec eux.

– Quoi?!

– Severus, tu suivras tes habitudes. Minerva, vous pouvez disposer. Merci d'avoir pris soin de Harry. Distrayez Ombrage, il ne faut surtout pas qu'elle apprenne leurs départs.

Confus, les enfants s'approchèrent alors qu'Allen rechignait à faire un pas. Salieri ne pourra pas venir avec lui. Il espérait que Tim le retrouve rapidement. Et Luna aussi… Laissée seule dans cet affreux Poudlard.

Faisant le décompte, ils prirent tous ensemble l'objet en maintenant et sentirent leurs corps emportaient par un tourbillon. Avant de disparaître, Harry croisa enfin le regard de Dumbledore et l'envie irrépressible de lui faire du mal vint lui chatouiller les gencives. Admirer à lui aussi son sang se répandre béatement sur le sol, se ravir de sa chair sanguinolente et maudite… Sa cicatrice le brûla intensément et il se retint tout juste de gémir de douleur. Mais tout cela ne dura qu'un instant et à peine atterrit-il au 12 Square Grimmaud que le désir s'était évanoui. Or le désir renaît souvent de ses cendres tel un phénix alors sûrement, Harry devrait le revivre encore une fois. Et le garçon se trouva confus. Désirait-il désirer la souffrance de son Professeur, ressentir encore une fois cette cruelle excitation ? Ou par raison, préférait-il cesser de penser cela, être libéré des envies meurtrières afin de pouvoir se retourner vers l'affection ?

– Les gamins traîtres à leur sang sont de retour ? Est-il vrai que votre père est à l'agonie ?

Kreattur… Ils l'avaient tous oubliés. Sirius avait fait en sorte de le maintenir loin des enfants durant leurs premiers séjours et en effet, même Hermione n'avait pas fait attention à lui. Pourtant, la jeune fille était tous ce qu'il y avait de plus empathique. Probablement aurait-elle eu pitié de lui. Allen se replia sur lui-même contre le mur ignorant la présence de l'elfe. Pourquoi diable Dumbledore l'avait-il envoyé ici ? Il aurait pu rester à Poudlard durant les vacances… Et pourtant, le vieux directeur avait voulu l'éloigner du collège. Comptait-il sur lui pour protéger les enfants pu désirait-il simplement qu'il prenne des vacances ? Mais Allen ne pouvait plus se permettre « prendre des vacances ». Si peu de temps et tant de choses à faire !

Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même ! Et tout cela pour sauver la vie d'un vieux dégénéré comme Dumbledore.

Sa vie est bien plus importante que la mienne, sais-tu ? Sans lui, le monde des sorciers sera perdu. Il est l'équilibre de nous tous. Alors que moi j'en suis le déséquilibre.

Qu'importa, Allen. Car tu le sais… Les Noahs sont éternels et la mission perdura à travers les âges.

Excuse-moi mais à part Mana, je n'ai pas vu grand-monde revenir.

Tu ne peux inverser la bénédiction de Dieu.

Je ne crois plus en Dieu, mon ami.

Ah oui ? Néanmoins qu'importent tes croyances car ses âmes tourmentées reviendront et chercheront à te détruire toi qui les a tous assassiné.

Je les ai délivrés de leurs misères.

Alors pourquoi ne t'es-tu pas auto-libéré des tiennes ?

Le bourreau ne se passe jamais la lame sur son propre cou.

Très drôle, Allen.

– Il faut que nous allions à St-Mangouste !

Allen cilla des yeux, réalisant lentement où il se trouve. Il essaya d'abord de se lever, mais son corps fut secoué de spasmes, et il tomba à terre. Le sang continuait de s'écouler de ses étranges plaies aux poignets dont Allen n'avait aucune idée de comment il avait pu se blesser ainsi. Probablement un mouvement brusque au milieu du dépotoir que représente sa chambre. Ou alors…

Les yeux dans le vide, Allen songea à ces années lointaines, à ce jour ou plutôt cette nuit où il avait violemment entaillé son poignet à l'aide de sa baguette afin de conclure un pacte avec Tom. Et jamais Tom et lui furent liés.

Tom a besoin d'Allen comme Allen a besoin de Tom.

Reprenant son souffle, Allen s'étira et se mit enfin debout faisant face à six jeunes. Depuis quand étaient-ils autant ? Dumbledore avait téléporté les autres gamins en si peu de temps. Se redressant totalement, prenant une expression sévère, Allen se prépara à jouer son rôle de professeur.

– Il n'est pas question que qui que ce soit aille à St-Mangouste.

– Comment ?! Mais…

— Silence, M. Weasley ! Vous n'êtes même pas censé savoir qu'une attaque a eu lieu !

– Mais notre père est…

– Je sais que votre père est blessé, j'étais là, je vous signale. Maintenant, vous vous taisez et attentez le maître des lieux !

Sirius entra à cet instant, chassant le désagréable Kreattur avant de serrer dans ses bras son filleul. Harry s'était précipité vers lui à la recherche de réconfort et de douceur. Le souvenir encore frais de l'attaque de M. Weasley l'hantait et les remords d'un acte dont il n'était pourtant en aucun cas responsable lui rongeaient les entrailles.

– Allen a raison. Pour l'instant, personne n'ira nulle part. Je vais préparer un petit dîner pour huit, vous allez vous reposer et tout ira bien.

Peu de temps après, Molly les informa que « Papa est toujours vivant ». La réplique courte peu exhaustive inquiéta d'autant plus les enfants, mais ils ne furent pas autorisés de faire quoique ce soit de plus et se turent. Personne ne prêta plus d'attention que cela à Harry. Ils n'avaient pas conscience de ce qu'il venait de vivre. Et lorsque Molly arriva, en pleurs, remerciant de tout son cœur, Harry d'avoir secouru Arthur, le survivant grimaça de honte. Il était la cause de l'état du père de famille. Il avait planté ses crochets dans la chair tendre de l'homme et avait jouit de la souffrance de l'autre.

Et lorsqu'il alerta Sirius, celui-ci le trouva seulement fatigué. Tout allait bien, tout était normal, il était juste épuisé. Mais Harry savait que ce n'était pas seulement cela. Il y avait une vérité bien plus sombre derrière ces événements, et Harry n'en saura jamais rien.

Allen, lui, n'avait dit mot de la soirée, bien trop pensif. À la rentrée, il sera temps pour lui de s'activer. Mais rien qu'au fait de penser à fêter Noël auprès de ces gens qui le révulsaient étrangement, Allen n'avait plus aucune envie de se lever de son lit. Il aimerait juste plonger dans le coma durant au moins deux semaines.

À la plus grande joie des Weasley, il leur fut autorisé de se rendre à St-Mangouste voir leur père. Harry désirant de s'y rendre par la même occasion, Allen vint avec eux en tant que garde du corps. Il avait bien profité de sa nuit et paraissait en assez bonne forme pour protéger suffisamment les enfants. Et puis, Molly les accompagnait. Mère au foyer ou non, elle restait une sorcière tout à fait qualifiée. Et il est bien connu que le pouvoir d'une mère est plus puissant que tout. N'est-ce pas, Harry ?

– Professeur, avez-vous eu la même vision ? Vous avez réagi, vous aussi.

– Huhu. Non, je n'ai point du tout visionné à travers les yeux d'un serpent le massacre d'Arthur Weasley, mon brave.

Harry baissa la tête, devinant de lui-même une part de reproche dans la voix sordidement terne du Professeur Walker.

– Mais comment ?

– Bien trop compliqué pour un jeune gueux de votre rang.

– Mais sérieusement !

– On en reparlera plus tard, Potter !

Enfin, ils arrivèrent près d'une vitrine et Allen ouvrit le passage vers l'hôpital. Allen jeta un dernier coup d'œil inquiet à Molly. Il n'était pas certain de tenir le coup, finalement. Encore une fois, affronter la blancheur des maisons de santé. Admirer ces visages morbides de sorciers en souffrances, ignorait leurs âmes en peine, leurs démons… Et tous ces cris, et tous ces gémissements qui pourfendent le calme macabre d'un hôpital.

Link… La dernière fois que j'ai songé à retourner à St-Mangouste, c'était pour y être formé, grâce à tes recommandations…

– On y va, Allen ?

Molly poussa gentiment le garçon, le couvant d'un regard maternel et affectueux malgré elle. Elle ne pouvait s'empêcher de le voir tel un enfant innocent et fragile qu'il fallait protéger. Et pourtant, elle l'avait vu, Allen dans toute sa misère, et plongé sa médiocrité flétrie. Allen, le Mangemort, Allen le professeur bien trop immature, Allen, celui qui n'avait pas été capable de surmonter la perte de l'homme qu'il aime…Un être atone, fané avant l'heure.

Le blandin sourit, bien qu'il ait horreur de la pitié qu'il inspirait à cette mère. Il ne voulait pas que l'on pleure sur sa personne ou que l'on le protège. Il se savait misérable, certes. Mais seul lui pouvait se prendre en pitié. Personne d'autre. Ce serait trop humiliant pour un Noah.

Le groupa arriva rapidement à l'étage attendu et découvrirent M. Weasley, couvert de bandage au niveau de la nuque. Néanmoins, nul n'avait plus beau sourire que cet homme en cet instant douloureux.

– Bonjour, tout le monde.

– Papa !

Ginny alla se réfugier doucement dans ses bras alors que les jumeaux cachaient leur gêne. Ils s'étaient tous tant inquiétés pour leur père mais face à lui, les paroles se brisaient, la pensée se déchirait et seul reste la miséricorde de l'affection.

– Merci beaucoup Harry ! Sans toi, probablement serais-je déjà passé à trépas !

– Ce n'est rien, …

Harry détourna la tête, presque de rage. Ne pouvait-il pas comprendre qu'il avait en rien sauvé cet homme ?! Il l'avait blessé ! C'était lui… le serpent…

– Non, mais j'insiste, tu es mon sauveur mon cher Harry ! Et dire qu'un énorme serpent a manqué de m'achever… Triste ironie.

– Et la Gazette a parlé de cette attaque, Papa ?, coupa Fred.

– Non, si tu crois que le ministère allait assumer qu'une créature aussi dangereuse s'est infiltré là-bas…

Ignorant la longue et ennuyeuse conversation, Allen examina chacun des patients du premier étage. Un homme victime du maléfice du Loup-garou pour qui probablement la vie s'arrêtait ici plus ou moins, et une autre femme dont la jambe semblait presque en état de décomposition. Allen jeta à distance un sort de guérison sur la plaie pourtant non visible. La victime soupira de soulagement. Allen ne l'avait pas réellement guéri ou du moins pas entièrement.. Ce n'était pas un sorcier au hasard qui allait délivrer d'un coup de baguette de la souffrance de tous les patients. Cependant, maîtrisant tout aussi bien la magie noire ainsi que la magie blanche, Allen pouvait se servir un peu des deux essences déci delà en fonction du problème. Or, aucun guérisseurs de l'hôpital na maîtrisaient ne serait-ce qu'un sort d'une sorcellerie bien trop sombre.

Un sourire sinistre dessiné sur ses lèvres bleutées, Allen s'échappa discrètement allant visiter l'ensemble de l'hôpital à la rencontre de tous les patients.

Il écoutait les longs gémissements d'agonie d'une oreille sereine, le regard toujours aussi inexpressif. Il ne ressentait ni pitié, ni plaisir. Seul la vague transplantait son cœur déchiré. Et il avança le long de ces interminables couloirs blancs jusqu'à arriver à l'étage supérieur. L'atmosphère changea. Plus un bruit, seuls les murmures résonnent à travers ce vague silence. Allen comprend. Il était déjà venu ici il y a fort longtemps. Avec son maître. Afin de rendre une petite visite à Johnny Gill. Il se rappelle de cette nuit sans étoiles où les cris régnaient au-dessus de la raison dans l'esprit du jeune professeur. Allen avait dansé avec lui-même dans l'esprit dans l'autrui. Si étrange, et inconcevable.

« Allen, Allen »

« Tu es la folie des autres »

Brusquement, le maudit s'arrêta. Il avait cessé de regarder devant lui, il entend une chanson, une douce mélodie maternelle. Une chanson qui ne lui sera jamais dédiée. Plongé dans les ténèbres, Allen se décida à ouvrir les yeux. Une femme se tenait devant lui, les cheveux gris encadrant un visage incroyablement jeune alors que ses yeux vides faisaient échos à ceux d'Allen.

– Madame ?

– hmmhmh.

Vêtu d'une longue tunique blanche, Allen comprit qu'il s'agissait d'une patiente. Son esprit était fissuré, morcelé, irréparable. Allen ne pouvait y trouver sa simple identité. Gentiment, il lui prit la main et la guida vers la pièce où se trouvaient les autres patients. Ses pupilles creuses se tournèrent vers un autre homme qui paraissait tout autant éteint qu'elle. Un couple, probablement. Des parents, sans doute. Détruit par la violence de Voldemort. L'homme releva à peine la tête, ne remarquant pas sa femme. Allen resta désœuvré face à ces individus cassés dont la vie s'était arrêtée il y a bien trop longtemps pour ne jamais redémarrer. On les maintenait en vie, les laissant pulluler comme des bêtes dans cette pièce où la maladie mentale se faufilait par les pores de tous. Alors, observa à travers les fenêtres les étoiles de l'aube défilait à travers les cieux, fendre les nuages, détruire l'équilibre de l'atmosphère, et haute perché en reine dans le haut du ciel, la Lune encore présente face à Soleil, prête à s'effacer jusqu'à la fin de la journée. Son regard semblait si vide… Son sourire crispé faisait vibre les cordes malsaines de l'âme d'Allen.

– Pourquoi as-tu cessé de rire ?! Ne trouves-tu pas la vie toujours aussi comique après toutes ces tragédies ?! Lune ! Ne veux-tu plus te moquer de nous ? Tu es aussi vide que nous désormais…

– Hmm…

La jeune femme était restée prêt d'Allen écoutant sa voix tremblante et observant les flocons de neiges qui doucement s'abattait sur la ville.

Il neige.

Le monde se revêtit de son blanc manteau et enfin toutes souillure est effacée. Alors il n'est plus temps de pleurer. Allen se força à sourire et doucement reprit la main de la malade. Sa paume était si chaude en contraste de la sienne presque aussi froide que la neige au-dehors.

Et lentement, il la tira contre lui avant de lui adresser un sourire un peu plus sincère. Un, deux, trois, il commença à valser avec ce pantin désarticulé dans ses bras. Elle ne souriait pas absorbait par son propre chant. Mais Allen continua en rejoignant son chant. À petits pas, ils tournent de la droite vers la gauche puis de la gauche vers la droite en parcourant l'ensemble de la salle ignorant les autres malades.

Allen sautille voletant avec la jeune femme. Il fallait bien reprendre son vol un jour. Et en cette valse, la folie ne comptait plus, l'insanité disparaissait un bref instant disparaissant sous la danse. La malade semble enfin sourire. Enfin, les vampires chimériques lâchèrent sa chair et s'en allèrent, emportés dans un vague d'agonie discordante.

La Lune disparaissait quant à elle derrière les nuages et seul la pénombre voile les yeux des danseurs.

Allen porte ses mains aux hanches de la jeune femme et la fit tournoyer en riant. Oublions. Oublions ces peines, et cette souffrance, cette interminable souffrance qui s'éprend de votre être à ne plus jamais finir car une fois que vous y avez goûté, vous ne pouvez plus jamais vous en détacher. Votre mémoire sera à jamais corrompue par cette tache sombre dans votre esprit et plus jamais le monde ne redeviendra comme il eut pu l'être. Les pièces du puzzle se sont détachées et personne ne sera là pour les recoller.

– Mais êtes-vous fou ? Lâchez Alice tout de suite !

– Fou ? Croyez-vous qu'un fou se croit fou ?

Et dans un rire sombre, Allen offrit une dernière étreinte à la dénommée Alice avant de la re-guider vers son mari. Alice… Comme celle qui est tombée dans un trou bien trop profond. Mais cette fois-ci, la petite Alice n'en est jamais ressorti, à jamais prisonnière d'une Tea Party avec l'agaçant chapelier sous l'arrogant sourire du Cheskire.

Un monde sans Lune où seul le rire peut vaincre l'obscurité.