La danse avait pris fin. Et Harry avait écouté à la porte. Qu'avait-il pu entendre ? Allen n'en savait rien, mais il avait retrouvé le jeune garçon l'air livide, béatement à genoux face à la porte de la chambre où se trouvait Arthur. Le Professeur s'en était rapproché et l'avait lentement remis debout. À ses côtés, les Weasley ne disaient mots. Tous restaient silencieux, l'air abruti.
– Hé bien ?
– Rien…
La voix d'Harry ne ressemblait plus qu'à un murmure. Allen le dévisagea avec un brin d'inquiétude. Dumbledore n'aimerait pas savoir son protégé dans un tel état. Mais il n'était pas Dumbledore et le vieil homme évitait étrangement Harry ces derniers temps alors… Allen attendit Molly et remarqua la présence d'un autre sorcier, un auror à sa connaissance au côté d'Arthur. Probablement était-ce lui qui avait jeté une information douloureuse parvenue improprement à l'oreille du jeune garçon.
Dans un silence religieux, ils rentrèrent chez Sirius où ils furent accueillis par le fugitif avec un repas chaud et savoureux. Harry mangea à peine, l'air maussade. Et nuls de ses amis ne tentèrent de le consoler. Ils avaient peur, pensa Allen. Peur de quoi, de qui ? De Harry, visiblement.
Et la journée se termina ainsi. Cela arrangeait très bien Allen. Il n'avait nullement l'attention de s'embêter avec ces histoires de gamins. Il avait d'autres serpents à fouetter. D'abord, Tim ne pouvait venir. Trop dangereux selon Albus. Chagriné d'être injustement séparé de son seul ami, Allen s'adonner au désespoir dans sa chambre.
Les meubles volaient en éclats, les murs étaient tachés de pourpre. Car Allen se blessait encore et encore dans sa violence d'état d'âme.
Tout cela lui paraissait ridicule, tellement ridicule.
Link… Link n'allait pas revenir. Link n'était pas seulement parti. Link avait été emporté. Et Allen se sentait si seul maintenant.
Link l'avait poussé à agir de nouveau pour autrui.
Mais à quoi bon ?
Que sont les Hommes à l'échelle de l'Univers ?
Après tout, un homme venait de s'effondre et la Terre continuait de tourner. Les autres n'en avaient que faire et seul Allen s'en tourmentait.
Alors voilà les choses étaient ainsi. La vie d'une fourmi ne valait rien pour les Hommes. Personnes ne se lamenteraient si elles venaient à en écraser quelque une. Et les Hommes ne valaient face au monde. Ils étaient plusieurs milliards. Et ce n'est pas un, cent ou même des milliers de pertes qui changera quoi que ce soit à l'équilibre mondiale.
Mais à l'échelle d'Allen, la perte était tout ce qu'il avait de plus douloureux. Link était sa moitié, son protecteur, celui qui avait pu offrir un sens à sa cruelle vie mais aussi son contraire. Alors qu'Allen était tout ce qu'il avait de plus malsain, Link représentait la stabilité et la santé mentale.
Personne ne pouvait entendre les hurlements et les fracas s'échappant de la chambre d'Allen. Un sortilège d'assurdiato avait été correctement placé. À l'inverse, Allen pouvait entendre les sons d'autres parts. Et lorsqu'il se fut encore une fois calmé et qu'il pouvait seulement entendre le son de sa respiration, les cris de rages et les sanglots de peur parvinrent à ses oreilles. Harry. Puis, il entendit une porte qui claque. Harry ne voulait plus être auprès de ses amis. Allen se concentra, tentant d'étudier la progression du jeune garçon dans la maison. Il aurait cru l'enfant venir se confier à son parrain, mais ce n'était visiblement pas le cas. Il se rapproche. Il voulait s'isoler sûrement. Cependant, la chambre d'Allen était tout ce qu'il avait de plus d'isoler si on oublie le lieu où repose Buck, l'hippogriffe. À tout instant, il trouvera sa chambre. Il est là, derrière la porte, Allen le sait. Rapidement, il remit les meubles en places par magie et s'affala sur sa chaise, fatigué. Il avait déjà accueilli une fois l'enfant dans le désordre de son bureau, il ne lui montrera pas qu'il s'amusait tout autant à détruire les biens de son parrain.
– M. Potter ?
– C'est vous qui habitez cette pièce ?! À la limite, j'aurais cru Kreattur…
– Pour un rat de mon espèce, cela suffira, je crois.
Harry grimaça et changea de direction. Il trouvera bien un autre lieu pour se défouler.
– Attendez, Potter.
– Quoi ?!
– Venez.
– Non.
– Je ressens votre mal-être à des kilomètres. Vos émotions négatives tambourinent dans mon crâne. C'en est agaçant.
Car chacun de ses ressentiments sont amplifiés par Tom.
Il est deux personnes à la fois.
Harry cracha avant d'entrer à contrecœur dans la chambre de son Professeur. Au fond, il savait que pour ce genre de sujet, Allen était le seul qui pouvait réellement le comprendre. Néanmoins, Allen n'était pas non plus une personne qui savait user des mots pour soigner. Il ne fait souvent qu'enfoncer plus profondément la lame dans la chair encore fraîche.
– Vous pensez encore à ce petit accident, Potter…
Harry s'assied sur un vieux tabouret menaçant de s'effondre sous son poids. Notant d'un coin de l'œil, le choix de monture du garçon, Allen sourit.
– Ce n'est pas seulement un petit accident. M. Weasley aurait pu… Je…
– Arthur va bien, c'est l'essentiel… Vous culpabilisez, je le sens.
– À l'hôpital, Kingsley parlait de possession. Serait-ce possible que Voldemort se serve de moi pour accomplir certaines besognes ?
Allen rit un instant sans même sourire. Harry trouvait cela effrayant. Comment un visage pouvait se tordre dans un rire sans même que les lèvres se plissent dans un sourire ?
– Celui qui a blesse Arthur cette nuit-là était le serpent. Vous n'êtes pas un serpent.
– Mais…
– Vous êtes connecté à Tom, vous le savez, on a déjà parlé. Vous partagez certaines visions voilà tout. En cet instant, Tom avait pris possession du reptile et vous avez pu le voir…
– Alors ce n'est pas de ma faute ?
– Pas plus que la mienne.
– Je ressens parfois les envies de meurtres de Voldemort. Pourrais-je être influencé de manière dangereuse ?
Allen soupira et se mit à fixer un point sur le mur ignorant le regard implorant du jeune garçon. Il fuyait ses yeux comme Dumbledore ! Et pourquoi, hein ? Pour admirer cette étrange tache brunâtre ?! Serait-il aussi faible que le vieux directeur !?
– Potter… Vous savez qui vous êtes, non ? Vous êtes Harry Potter. Et Harry Potter ne veut tuer personnes, Harry a des amis qu'il aime, une fille qu'il veut épouser… Des rêves d'amour et de famille. Harry est un garçon sain d'esprit et sympathique. Tom est un psychopathe qui profite de la souffrance d'autrui pour les manipuler à son profit.
– C'est bien joli de me dire ça mais…
Allen se leva brusquement et saisit le garçon par le col. Garçon de petite taille, il ne dépassait pas son Professeur mesurant seulement 1 mètre 75. Sa main gauche tremblait d'excitation, prête à pourfendre l'enfant en deux.
– Le serpent gigote dans vos yeux et attend avec impatience de briser la prochaine victime, c'est vrai. Il est là, en vous… Cette chose…
– Cette chose ?
– Qu'importe… Sachez juste que Voldemort ne peut vous téléporter ou je ne sais quoi. J'imagine qu'une possession concrète serait possible. Mais pour le moment, Voldemort n'a pas conscience de cette connexion… Cependant, lorsqu'il comprendra et ce très bientôt, il…
Allen se tordit dans un hoquet douloureux. Rien qu'à l'idée de Tom réalisant son lien avec Potter, ces entrailles s'agitaient convulsivement…
– Cela vous amuse, Professeur ?
– Tout… à fait.
Sous l'effet de l'euphorie, Allen lâcha l'adolescent à son regret.
– Mais ne vous inquiétez pas ! J'ai une idée, mon garçon. Connaissez-vous l'Occlumancie ?
– Non.
– Il s'agit d'apprendre à fermer son esprit.
– Fermer son esprit ?
– Oui, car voyez-vous…
Brusquement, Harry se sentit emporté au loin. Des souvenirs défilèrent devant ses yeux. Ces humiliations de jeunesse qu'Allen lui avait remémoré en l'attrapant ainsi. Puis, les ignobles images où il craquait face à ses amis qui étrangement le mettait sans qu'il comprenne en colère. Puis, ce couloir, encore…
– STOP !
Harry, en sueur tremblotant sur ses deux jambes retrouva peu à peu la vue de la chambre de son Professeur. Allen souriait sordidement attendant une autre réaction.
– Vous… Comment osez-vous…
– Cela est la légilimancie, je viens de pénétrer votre esprit. Ainsi, si vous vous entraînez, vous vous pourrez vous protéger des intrusions inconnues. Vous n'aurez plus à avoir peur que Tom prenne possession de vous ou qu'il puisse se servir de vous en observant également ce qui se passe de votre côté.
– Mais je ne pourrai plus savoir s'il y a une attaque.
– Oui. Cependant à la vue des autres désavantages, à votre place je m'entraînerais…
– On verra…
– Quoi qu'il en soit, Potter, si jamais vous avez besoin de moi, vous savez où me trouver.
– Bien sûr.
– Je peux noyer le serpent autant que fois que vous le souhaiterez.
– Merci…
Confus, Harry s'apprêtait à quitter la chambre mais resta comme bloqué déconcentré par les étranges traces sur le mur. Du sang séché, évidemment.
– Professeur… Mes amis me tapent sur les nerfs, voyez-vous. Je ne sais pas comment contrôler ma colère, la haine perdure malgré tout.
– Et vous croyez que c'est un homme comme moi qui vous aiderez ?
Link aurait été le conseiller parfait.
Ne devrait-il pas plutôt parler de ses problèmes de gamins à Dumbledore ou à Sirius ?
Dumbledore est bien trop lâche et Sirius est à côté de la plaque, que veux-tu, Allen…
– Prenez vos distances, simplement. Isolez-vous, oubliez-les. Non pour toujours. Juste pour le moment. Vous avez toujours Hedwige, non ? Elle sera un soutien parfait.
– Hmmm.
– Je suis d'accord avec vous, M. Potter.
Et il referma la porte poussant rapidement le garçon en dehors de sa chambre. Il l'avait échappé belle. Un instant de plus en présence de ce résidu de Tom et il devenait fou.
Mais tu l'es déjà non ?
Allen étouffa un rire nerveux et vint se laisser glisser long de la porte, la tête ballante. Autour de son corps, le monde recommençait à se décomposer… Noir, blanc, blanc, noir. Chiasme de couleur ! Enfermement éternel de son esprit malade.
Ô nuit endiablée ! Ô ennuyant vampire !
Les remords ne sont plus que de vilaines goules alors que les fantômes désincarnés de la passion sont cruellement aspirés par les flots tourmentés de l'égo masqué, maquillé.
Alors, Allen, on se sent seul… Serais-tu finalement ce que l'on nomme avec sarcasme et aporie un « Homme » ?
Malheureusement, je le crains, je ne suis rien d'autre qu'un Homme.
Au cours des vacances, les jeunes furent obligés de nettoyer les appartements de Sirius. Inhabitée depuis années, la maison était en effet en désordre. Harry s'épuisait à la tâche alors qu'Allen restait une grande partie de son temps à fixer dans le vide, assis lamentablement sur une chaise. Peut-être méditait-il sur ses prochains cours ? Peut-être songeait-il encore à Link… Personne n'osait le dérangeait le savant détruit par le mort de son amant. Même Harry ne trouva pas le courage de le critiquer comme à son habitude. Suivant les conseils de son Professeur, il évitait une grande partie du temps ses amis avant de le retrouver une heure ou deux afin qu'ils puissent faire leur devoir ensemble. Le fait d'avoir mis de la distance entre lui et eux le soulageait et rendait bien plus agréable leur retrouvaille. Cependant, alors que le trio réarrangeait la pièce sous le regard faussement protecteur du blandin, celui s'agita nerveusement au passage de Kreattur.
– Ce gobelin…
– Elfe de maison, monsieur.
Allen se leva précipitamment saisissant avec violence le bras menu de la bête. Les deux se jaugèrent avec mépris pendant plusieurs secondes avant qu'Allen eut de nouveau une expression de neutralité.
– Kreattur, ce médaillon… Donne-le-moi.
– Non ! Le maître a donné à Kreattur une mission, il n'est pas question que Kreattur donne l'objet à un traître comme vous.
— Traître ? Regulus l'était tout autant, camarade.
– Ne prononcez le prénom du maître avec autant d'insouciance ! Le maître n'a jamais déçu ses parents ou le Seigneur des ténèbres.
– Ne voulait-il pas que tu le détruis ?
– Si bien évidemment mais une hideuse créature de votre nom…
– Kreattur ! coupa court Allen. Je détruirais ce médaillon. Alors donne-le-moi et les désirs de ton maître pourront être enfin exhaussé.
Avec hésitation, l'elfe tendit le médaillon à Allen qui masqua son haut de cœur en touchant la chose. Sa cage thoracique se bloqua et l'activité pulmonaire cessa un instant. Une larme de sang s'échappa de son œil gauche, et Allen resta paralysé de terreur.
Tom.
Dans sa main.
Cet être répugnant qui s'agite dans cet objet maudit.
Il le mit à son cou avec répulsion sans rien dire alors que peu à peu son cœur recommençait à battre avec violence, frappant sans retenu contre sa poitrine.
– Vous ne le détruisez pas ?
– Pour cela il me faut un objet que je n'ai pas dans l'absolu. Plus tard.
Kreattur grinça, prêt à riposter mais alors qu'une sombre lueur or virevoltait dans les iris du blandin, l'elfe se tut et quitta les lieux.
– Regulus… Alors c'était toi, idiot. J'ai embêté le jeune Potter pour rien par ta faute ! T'aurais pu me le dire…
Le regard dans les vagues, Allen soupira de tristesse alors que l'horcruxe tremblait sur sa poitrine. Sa chair semblait brûlé. Mais Allen resta sans expression malgré le sang qui coulait dorénavant le long son torse.
– Qui est Regulus ?!
– Tu ne sais pas ? Sirius ne te l'a pas dit ? Regulus Black…
Sirius entra dans la pièce à l'entente de son regretté petit frère. Qu'est-ce que le vieux pervers avait à parler de ce feu garçon ?!
– Pourquoi parles-tu de mon frère, Allen ? De belles réminiscences de votre passé de Mangemorts ?
– Plus ou moins… Sais-tu… Ton frère s'était rebellé, il avait cherché à détruire Voldemort, mais il a été pris au piège… Et il est temps de réparer cette injustice.
Il lui avait annoncé comme cela, comme si de rien n'était. Pourtant cette nouvelle frappa au cœur de la poitrine du fugitif. Son frère n'était pas le garçon qu'il avait toujours cru. Ce sale mouton, ce fichu Serpentard qui suivait les pensées de ses ignobles parents quitte à semer discorde et désespoir autour de lui?! Regulus s'était remis en question…
– Tu le savais et tu n'as rien dit ?
– Je viens de le découvrir. Enfin… je savais que sa foi flanchait, ces choses-là se ressentent, mais je n'ai jamais su s'il était passé à l'acte. Je m'étais replié un peu avant.
– Tu savais qu'il hésitait et tu as laissé ce gamin comme ça, seul sans soutien?!
– Je ne m'intéressais pas à ces choses-là.
– À quoi tu t'intéresses alors ?
Allen plongea ses yeux gris dans les prunelles sombres de l'Animagus. Rien. Aucune émotion, aucun désir ne se mouvait dans ses yeux creux et fatigués . Sirius n'y voyait que son propre reflet.
– Effrayant…
– serait-ce toi que tu trouves effrayant, Sirius ?
Le chien geignit réprimant un aboiement avant de disparaître afin de retrouver Molly qui préparait le repas. Les trois enfants fixaient encore l'adulte. Harry resta muet. Ils avaient risqué leur vie pour un horcruxe et voilà qu'il se trouvait seulement là, juste devant eux, s'offrant à leurs mains meurtrières…. Tout simplement, tout gentiment…
– Professeur, il en reste combien après celui-ci?
– Deux autres.
Tu mens.
Trois, Allen. Trois.
– Alors, on va y arriver.
– Sans surprise, mon garçon…
Les deux autres ne comprenaient rien en ce dialogue mais si Harry en était convaincu alors tout allait bien. Cependant, des doutes naquirent alors que Allen ne réapparut pas le lendemain. Il ne descendit pas le matin et pas plus au déjeuner. Ce n'était pas Sirius qui allait se rendre à sa recherche. Une rancune amère dévorait ses intestins. Allen aurait pu protéger sin frère. Mais voilà, Allen en avait rien à faire et avait laissé tant de jeunes sombrer sous son regard froid et apathique. Adieu Regulus, Adieu Severus… Adieu Peter… Rien ne vous rapportera votre jeunesse brisée de victime et de bourreau.
L'obscurité puis les ténèbres.
– Où est la différence, Allen ?!
N'est-elle pas évidente, pauvre déficient?
– Pas le moins du monde.
L'obscurité puis les ténèbres.
Allen tremble, allongé, au sol ou peut-être au plafond, il ne sait plus.
Son cœur se trémousse avec souffrance lui arrachant des gémissements.
La voix devenait de plus en plus forte. La voix ne voulait jamais se taire. Qu'il dormait ou non. Alors Allen ne pouvait plus fermer l'œil.
La voix le harcelait après tout.
– Allen, Allen, crois-tu vraiment que tu le crois ?
Trop stupide, trop compliqué.
– Allen…
Et ses mains sonores qui s'amusent à caresser impudemment sa chair si fragile.
Link, Link !
J'étouffe.
Mais Link est parti.
Et maintenant les ténèbres.
Toc, Toc, Toc.
Quelqu'un toque à la porte.
Allen se replie sur lui-même, tel un fœtus. Oh ! Il aimerait tant pouvoir se tenir de nouveau innocemment dans le ventre d'une mère, protégé par un succulent placenta.
Toc, Toc, Toc.
On continue de taper. Ils attendent.
Mais Allen ne veut plus ouvrir. Pas maintenant du moins.
La voix ne veut pas qu'il sorte après tout.
La voix est souvent en colère.
Et Allen ne sait jamais pourquoi.
– N'ouvre surtout pas. Ils te veulent du mal.
J'ai fait mon temps de toute façon.
– Non, Allen. N'oublie pas ta promesse. N'oublie pas l'homme a qui tu as prêté serment.
Les coups redoublèrent, Allen se cacha dans l'ombre d'un meuble. Ils se tenaient juste derrière la porte, ils l'attendaient… Dès qu'il tombera dans le piège, au moment même que où la lumière pourfendra la pièce, ils le dévoreront croquant muscle et tissus adipeux.
Il ne faut surtout pas ouvrir. Ne jamais ouvrir.
Des murmures colériques qui s'élèvent derrière la porte. Ils allaient s'y mettre à plusieurs.
-Ta magie faiblit, Allen ! Prends garde !
(Crac)
Le cœur d'Allen cogne douloureusement dans sa poitrine. Le souffle coupé, Allen ne veut pas relever la tête de peur d'apercevoir leurs visages à tous ces drôles.
– Professeur ! Qu'est-ce que vous faites par la barbe de Merlin ?!
– Le garçon se rapproche. Il est dangereux…
Allen se sent tiré en arrière. L'adolescent le maintint la tête relevée. Allen fixe ses yeux émeraudes. Vert. Il y avait un garçon qui avait les yeux verts… Il y a longtemps. Lavi.
Mais il ne s'agissait pas de Lavi.
Allen se leva en repoussant violemment le garçon. Il le regarde froidement s'écraser au sol.
– Ne me touche pas !
Un homme déchu s'en approche et l'aide à se remettre debout tout en offrant un regard noir à Allen. Cependant, Allen reste content. Il se sent étrangement puissant.
La magie fourmille dans ses veines, prête à déborder.
– Comment oses-tu Allen ?!
– Ne vous approchez pas ! Un pas de plus et je tue chacun d'entre vous.
En preuve, il brandit sa baguette dont jaillissait une lumière verte. Il n'hésiterait pas.
– C'est ça, Allen. Ce sont des nuisibles. Leur présence est néfaste à tes projets.
– Professeur ! Cessez de jouer ainsi ! Vous vous croyez drôle ? Non, arrêtez avec votre regard de félin.
Les prunelles d'or luisaient avec crainte dans l'obscurité de la chambre.
– C'est bientôt Noël, Professeur. On espérait que vous viendrez jouer un morceau. Mais c'est mal parti.
– Harry, cesse de parler comme si de rien n'était avec ce demeuré.
Finalement, Allen se décida à coller sa baguette sur le Sinistros. Plus dangereux que l'enfant. L'enfant est nécessaire. À la fois dangereux et protecteur pour la voix.
– Expelliarmus.
La baguette vola des mains du blandin. Au fond qu'importe ? La magie coule toujours dans ses veines. Il pourrait…
– Professeur. Je ne comprends pas votre délire mais vous m'aviez promis qu'ensemble nous détruirons Voldemort. Ce n'est comme cela que l'on avancera.
– Voldemort ?
– Tom, Professeur. Il faut se débarrasser de Tom.
– Tom…
Allen recule dans la pénombre, hésitant. Le garçon avait raison. Tom étai un être abusif et dangereux pour l'humanité.
– Tu n'as jamais voulu protéger plus que ça l'humanité de toute façon, Allen.
Tom… C'était toi depuis le début.
– C'était toi depuis toujours. Ne me prends pas comme excuse à ta faiblesse, je t'en prie.
– Ah !
Allen arracha brusquement l'Horcruxe de son cou et le jeta au loin. Sa poitrine, brûlait à vive commençait à en devenir sanguinolente. Par-derrière la peau, sa constitution intérieure se révélait. Essoufflé, Allen reprend son souffle. Un sorcier de son rang se laissait duper par de la magie noire ?! Tom a raison, sa magie faiblit. Aurait-il vraiment dû laisser le maléfice de Dumbledore se logeait dans sa main ? Même s'il devait mourir, s'il en devient incapable de répondre à sa mission, cela ne va plus.
En sueur, Allen observa avec colère ceux qui avaient osé perpétrait cette vilaine intrusion sur son territoire.
– Que faites-vous ici ?!
– On s'inquiétait. Voilà deux jours que l'on t'a pas vu.
Allen défaillit de surprise. Deux jours ? Qu'avait-il fait durant ces deux jours ?! Deux jours deux perdus, 48 heures en l'air ! Et cet Horcruxe qui le nargue ! Si seulement Tim était là ! Il l'aurait envoyé à Dumbledore afin de le détruire et voilà qu'il fallait attendre la rentrée.
– J'étais simplement malade. Mais vous voir m'a rendu la santé visiblement…
– Ah…
Ils quittèrent tous la chambre excepté Harry Potter qui fixait le médaillon comme hypnotisé. Il savait qu'Allen mentait ou du moins qu'il ne disait pas toute la vérité. Porter cet objet maudit l'avait rendu malade. Il ne fallait pas le toucher. Son Professeur s'était montré si négligeant.
On se retrouvera, Allen.
