Note : J'ai tellement honte... Je vous assure que je suis moi-même effrayée par la vitesse à laquelle le temps passe. Le pire c'est que ce chapitre était quasiment terminé et hop... il m'a fallu trois ans de plus pour le finir... Mais voilà cette fois, je vous fais une promesse : la suite et fin de cette fic sera postée avant la fin de l'année !

La raison est simple, j'ai commencé un nouveau gros projet d'écriture (original cette fois, je ne sais pas si ça vous intéresserait d'en savoir plus ?) et je n'arriverai pas à m'y mettre vraiment en sachant que je n'ai pas donné de fin à Marguerite... D'autant que mon nouveau perso principal est un peu inspiré de notre petite Margot ^^'

Maintenant pour ceux qui sont encore par ici... je vous laisse lire ! Mais avant un rappel des personnages qui apparaîtront dans le chapitre !


Chronologie : L'histoire se passe au temps des maraudeurs, elle commence à la fin de leur sixième année (en mai). Actuellement notre héroïne et ses amis sont en septième année, et ce chapitre se déroule fin novembre. A Poudlard, l'ambiance est joyeuse et légère, mais en dehors c'est la guerre qui gronde et il devient difficile pour les élèves de l'ignorer.

Rappel des personnages intervenant dans ce chapitre :

Marguerite Purpland: Surnommée Margot ou Maggy. Notre grande timide légendaire est toujours à Poufsouffle en septième et dernière année. Après une grande dépression, sa petite vie banale et ordinaire a été chamboulée... Marguerite vit maintenant les tourments d'une adolescente comme les autres. Elle est sortie avec Sirius mais à cause du mauvais caractère de ce dernier tout cela a tourné au drame ! Elle a eu une aventure d'un soir avec Orson, qui a malheureusement aussi tourné au drame ! Bref, sa septième année est plutôt agitée !

Pyrite Smith : Poufsouffle de septième année. Pyrite est une des meilleures amies de Margot. Complètement extravertie et extravagante, elle a du mal a avoir des relations amoureuses sérieuses. En fait, sa seule vraie relation a été celle qu'elle a entretenue avec James Potter jusqu'à ce qu'il la quitte pour Lily. Après une discussion la relation avec cette dernière s'est légèrement améliorée.

Estelle Orwell : Poufsouffle de septième année et deuxième meilleure amie de Margot. Elle est très psychologue et attentive à ce qui l'entoure. Elle est posée et réfléchie la plupart du temps, mais aime beaucoup faire la fête ! Elle est en couple avec Galilée depuis peu.

Lise Urquhart : Serpentard de septième année. Grande blonde aux yeux verts prototype parfait de la poupée barbie et peste en puissance. Elle est en quelque sorte "la pire ennemie" de Margot. Folle amoureuse de Sirius, elle est d'ailleurs à la tête de son fan club ! (Je ne suis pas sûre que ce dernier approuve !).

Orson Fieldbert : Serdaigle de 6ème année. Il a des cheveux châtain clair, une peau matte et deux yeux bleu perçant. C'est le frère de Philippe Fieldbert, le psychomage. Il a eu une aventure avec Margot, mais la déteste depuis qu'il s'est rendu compte qu'elle c'était servi de lui (sûrement inconsciemment bien sûr !).

Philippe Fieldbert: Grand frère de Orson Fieldbert. C'est le psychomage qui a aidé Marguerite à se rétablir suite à sa dépression en sixième année. Nous avons appris son décès dans le précédent chapitre, il a été tué par des Mangemorts.

Candice Stup : Serdaigle de 7ème année en groupe de potion avec Margot & co. Elle est sympa mais un peu cynique et pince sans rire.

Rose Ring : Gryffondors de 7ème année, amies de Lily et par extension de Marguerite. En groupe de potions avec Margot & Co.


Un Marguerite Purpland, ou quand être banal c'est déjà exceptionnel

Chapitre XXVIII : La pensine

Impossible.

On pense toujours que ça va arriver aux autres. On se dit tout le temps « ça ne peut pas se passer de cette façon, pas pour moi ». C'est tellement irréel.

Orson… Je suis désolée. Pardonne-moi. Comment vas-tu pouvoir survivre avec cette peine à présent ? Comment vas-tu surmonter cette douleur ?

Tu n'as plus de frère. C'est terrible, monstrueux. Je n'arrive pas à imaginer. Si une de mes sœurs mourraient je… je… Je crois que moi non plus je ne pourrais plus vivre.

J'aurais tellement aimé partir avec toi, je ne voulais pas te laisser rentrer chez toi tout seul. Mais je sais que nous ne sommes même plus ami, je t'ai déjà fait trop de mal. Je ne peux pas t'aider.

Et pourtant, je le voudrais tellement. Ton frère m'a aidée tu sais Orson ? Il m'a aidée à grandir, à prendre conscience de la personne que j'étais et que j'allais devenir. Il m'a sortie du coma de tristesse où je m'étais plongée.

C'était quelqu'un de bien.

« Miss Purpland ?

- Marguerite ? »

Je relève la tête, le professeur McGonagall, Pyrite et Estelle sont en face de moi. Je ne me suis même pas rendue compte de l'agitation qui règne autour de moi. Orson est parti, seul… c'est tout ce qui importe.

« Miss Purpland, j'aimerais que vous passiez à l'infirmerie, je sais que vous connaissiez le docteur Fieldbert, il est normal que vous soyez choquée. Vos amies vont vous accompagner. »

Je sens deux mains tièdes et agréables enserrer les miennes. Pyrite et Estelle m'entraînent jusqu'à l'infirmerie, je voudrais les remercier pour ce qu'elles font mais je n'y arrive pas. Aucun son ne sort de ma bouche et mes pensées restent concentrées sur Orson. J'aimerais tellement qu'il sache à quel point je suis triste pour lui.

Je ne peux pas empêcher son regard désespéré traverser mon esprit, il y avait une telle souffrance dans ses yeux… Mais je n'ai rien dit, je n'ai rien fait pour le consoler. Le professeur Flitwick l'a accompagné dans sa chambre récupérer sa valise et il est parti.

Je suis restée sans voix au milieu du couloir… ignorant les interrogations des élèves, les cris de McGonagall contre Sirius. Je l'ai regardé partir sans rien faire, je m'en veux tellement.

Nous arrivons à l'infirmerie, et Pomfresh me force à boire une potion calmante. Aussitôt je me sens mieux. Les yeux d'Orson s'effacent de mon esprit, le sourire réconfortant de Philippe Fieldbert aussi.

Je me sens mieux.

OoOoOoO

« J'ai du mal à croire qu'il soit mort… »

Je répète cette phrase pour la quinzième fois et Remus me lance un regard compatissant. Il est tellement gentil, il est venu me rendre visite à l'infirmerie et maintenant il prend la peine de m'écouter alors que j'ai été odieuse avec lui.

Madame Pomfresh ne m'a pas laissée sortir ce matin, elle a trop peur de ce que je pourrais faire… J'en ai marre d'être traitée comme une petite poupée fragile, mais c'est sûrement le prix à payer lorsque l'on fait une tentative de suicide…

Remus a su que j'étais restée là et il est venu me voir pendant sa pause de midi, alors que Pyrite et Estelle ne pouvaient pas, étant donné qu'elles n'avaient que peu de temps entre leurs cours d'histoire de la magie et de botanique.

« Ça ne doit pas être facile, dit-il doucement.

- Je me sens surtout mal pour Orson…

- Malgré le coup qu'il t'a fait ? s'étonne-t-il.

- Ça n'a rien à voir, je ne voulais pas qu'il perde son frère ! Et puis j'avais bien mérité ce qu'il m'a fait…

- Ne dis pas ça…

- Si ! je m'exclame. J'ai été odieuse ! Et avec toi aussi… je vous ai tellement mal traités, et pourtant c'est vous qui en payez les frais, pas moi. Je suis désolée… »

Alors que je prononce cette dernière phrase, je sens les larmes me monter aux yeux et mon visage s'empourprer.

« Arrête Margot, ne pleure pas à cause de moi, je ne t'en veux pas… je…

- Monsieur Lupin, voilà une potion qui devrait vous aider à vous sentir mieux », nous interrompt l'infirmière, miss Pomfresh.

Je n'ai pas le temps de détourner la tête avant qu'elle n'aperçoive mes larmes.

« Miss Purpland ! Ça ne va pas mieux ! Je vous apporte tout de suite une autre potion calmante.

- Non, non s'il vous plaît. Ça va aller, ne vous inquiétez pas, dis-je.

- Vous êtes sûre ? Je ne voudrais pas que vous vous rendiez malade. »

Je secoue la tête signifiant que ça va aller, et elle accepte de ne pas me droguer encore une fois, faisant promettre à Remus de s'occuper de moi durant l'après-midi. Une fois qu'elle est retournée à son bureau j'interroge le maraudeur :

« Pourquoi tu avais besoin d'une potion ?

- Oh ce n'est rien… je me sentais un peu fiévreux ce matin.

- Et moi qui pensais que tu voulais me voir pour me réconforter.

- Bon…j'avoue… ce n'était qu'un prétexte pour te voir et manquer les cours de cet après-midi ! Et puis avoue que ma compagnie est plus agréable que celle de Pomfresh.

- Ah ça c'est sûr… si j'ai le malheur de m'approcher d'une fenêtre elle devient hystérique. C'est un peu agaçant !

- Miss Purpland, s'exclame-t-il prenant une voix aiguë imitant parfaitement celle de l'infirmière, comment osez-vous regarder par la fenêtre ?!

- Pardon, pardon ! Je voulais juste voir le soleil !

- Non, hors de question, vous vivrez dans le noir au sous-sol. Pas question de prendre de risques ! ».

Nous pouffons de rire et les écoutons résonner dans la grande infirmerie vide et blanche. Pendant plusieurs minutes nous ne parlons pas, appréciant simplement les rayons d'un soleil hivernal filtrant par la fenêtre.

« Merci Remus… finis-je par murmurer.

- Pourquoi ? Tu n'as pas à me remercier…

- Si, de ne pas m'en vouloir, d'être là…

- Je n'aime pas te voir triste.

- Je suis contente de t'avoir comme ami.

- Moi aussi. »

Nous nous sourions gentiment et profitons du reste de l'après-midi pour bavarder de tout et de rien. Principalement de sujets joyeux qui me font oublier ce qu'il s'est passé hier, et la guerre qui gronde en dehors de l'enceinte.

En fin de journée, Pyrite, Estelle, Lily, James et Peter nous rejoignent et Miss Pomfresh finit par nous mettre tous dehors, déclarant que Remus et moi allons beaucoup mieux. C'est d'ailleurs le cas.

OoOoOoO

Je sais ce que je dois avoir une conversation avec Sirius, mais ce dernier semble de nouveau m'éviter depuis que nous avons appris la mort du frère d'Orson l'autre soir. Je me suis promis d'agir en adulte pour une fois et de prendre l'initiative, mais j'avoue que son comportement me permet de retarder l'échéance. Je ne sais pas à quel point il est encore en colère et je ne suis pas vraiment pressée de l'apprendre.

Mais il y a une autre personne qui a évité tout contact avec moi ces derniers temps et avec laquelle je dois régler des comptes, et je pense que c'est maintenant ou jamais que je dois le faire.

Cachée sous la cape d'invisibilité que James m'a aimablement prêtée je suis ma cible telle Marguerite la Maraudeuse (je sais on avait dit que je ne le ferai plus mais je n'ai pas pu m'en empêcher !). Après plusieurs longues minutes de filature, elle entre enfin seule dans les toilettes. Je me glisse à sa suite et retire ma cape.

« Expelliarmius ! »

La baguette d'Urquhart lui saute des mains et atterrit directement dans la mienne tandis que ma « chère camarade » pousse une exclamation de surprise en se retournant. Je n'ai jamais aussi bien réussi ce sortilège et en plus contre ma pire ennemie qui est bien plus douée que moi en défense contre les forces du mal ! Je ferais bien un petit pas de danse pour fêter ça mais je n'ai pas envie de gâcher ma discussion théâtrale… Alors je reste immobile, ma baguette pointée vers sa poitrine.

« Salut Urquhart », dis-je d'un air narquois.

Mouhahahaha comme c'est appréciable d'être en situation de pouvoir pour une fois ! Enfin pas pour la Serpentard qui regarde désespérément autour d'elle pour chercher une porte de secours.

« C'est désagréable cette sensation d'être piégée, hein ? je lui demande méchamment.

- Qu'est-ce que tu me veux Purpland ? Tu vas m'attaquer pour te venger ?

- Non, je ne suis pas comme toi. Je ne m'abaisse pas à faire du mal aux gens par pur plaisir ou parce que je le peux.

- Oh, les grands mots ! Sainte Purpland vient me faire la leçon, quelle générosité ! Ou alors tu viens crier victoire parce que tu as réussi à avoir ton petit Sirichou malgré tout ?

- Non, je ne suis plus avec Sirius, et tu as passé tellement de temps à nous mettre des bâtons dans les roues que notre relation a peu de chance de revenir à ce qu'elle était. Mais tu sais tout ça très bien, ce n'est pas pour cette raison que je voulais te parler. D'ailleurs je ne suis même pas là pour moi. »

Cette fois Urquhart semble intriguée par ce que j'ai à lui dire. Je vois son masque de froideur fondre pour laisser place à de l'intérêt.

« Pourquoi tu es là à me menacer alors ? interroge-t-elle.

- Je veux savoir comment tu as réussi à obtenir toutes ces informations de la part d'Orson et les raisons pour lesquelles tu les lui as soutirées. Je veux savoir pourquoi tu ne te pavanes pas dans les couloirs depuis la parution du journal ? Est-ce que c'est parce que tu t'en voudrais ? D'avoir utilisé quelqu'un qui est au plus mal, qui a le cœur brisé pour pouvoir obtenir ce que tu veux ? Ou que cette même personne se retrouve, par ta faute, agressée alors qu'elle vient de perdre son frère ? »

Je me rapproche en parlant de la Serpentard qui, elle, se recule de plus en plus. Elle pousse un grommellement, mais c'est loin de me satisfaire.

« Et d'ailleurs, est-ce que tu n'as jamais ressenti aucun scrupules pour tout ce que tu as fait ? Tu n'en as pas eu marre de briser des couples pour ta petite satisfaction personnelle ? Tu ne t'es pas sentie coupable, de m'avoir suivie et prise en photo avec Sirius depuis l'année dernière ? Ou d'avoir déclaré que ma tentative de suicide n'était qu'un coup de bluff ? Alors que j'ai passé six mois en thérapie avec… oh tiens… le frère d'Orson ! Celui qui est mort la semaine dernière justement. Ça ne te fait rien de faire autant de mal autour de toi ? De remuer le couteau dans des plaies déjà suintantes ? »

Je sais que je viens de dire que je ne parlerai pas de moi mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Je lui en veux tellement pour tout ce qu'elle a fait que c'est ressorti quand même.

Urquhart a maintenant le dos plaquée contre la paroi des toilettes, et ne peut plus se reculer. Ma baguette est à deux doigts de son ventre et provoque des étincelles menaçantes, mais elle garde la mâchoire serrée.

« Réponds-moi ! » je m'écris plus fortement que je ne l'aurais voulu.

Elle continue de me fixer silencieusement.

« Réponds-moi ! Tu ne t'en veux pas ?

- SI ! hurle-t-elle. SI, JE M'EN VEUX ! Voilà tu es contente Purpland ? Tu as ce que tu voulais ? »

Je suis tellement surprise de sa réaction que j'abaisse stupidement ma baguette. Évidemment Urquhart profite de mon inattention pour récupérer la sienne, mais elle ne m'attaque pas. Au contraire, elle semble vouloir vider tout ce qu'elle a sur le cœur et se lance dans une tirade.

« Je m'en veux d'avoir publié cet article, d'accord ?! Je m'en veux d'avoir utilisé ton copain Orson, même si c'est lui qui est venu me proposer de se venger de toi, je savais que c'était parce qu'il était blessé dans son orgueil et j'en ai profité. Je m'en veux que l'interview soit parue alors que son frère mourrait, c'était le pire des timings ! Et je m'en veux même d'avoir dit que ta tentative de suicide n'était que du bluff, je sais très bien que ce n'est pas le cas !

- Mais pourquoi tu as fait tout ça alors ? je demande bêtement.

- MAIS PARCE QUE J'AIME SIRIUS ! s'exclame-t-elle les larmes aux yeux. Je l'aime depuis le premier jour où je l'ai vu, depuis notre première année ! Et il n'a jamais daigné m'accorder un regard, tout ça parce que j'étais une Serpentard ! Mais ce n'était pas grave, parce que les autres filles ne l'intéressaient pas non plus. Je pouvais toujours me dire qu'il n'était pas prêt. ET TOI ! Toi, tu lui es tombé dessus et ô miracle ! Il est tombé fou amoureux de toi ! Tu n'es ni belle, ni intelligente, tu n'es qu'une petite Poufsouffle insignifiante mais tu as réussi à avoir ce que j'ai toujours voulu. Et pire, à cause de toi Sirius m'a utilisée et m'a brisé le cœur ! Je te déteste Purpland. Je te hais comme je n'ai jamais haï personne, mais je n'ai jamais voulu aller aussi loin, je voulais juste me venger de vous deux… Je ne savais pas que ça blesserait autant de monde… ».

Elle se met alors à sangloter et en voyant les larmes glisser le long de ses joues je me rends compte à quel point elle est pitoyable. Elle est devenue aigrie, par amour pour Sirius et ses réactions ressemblent aux crises de colère d'un enfant capricieux, disproportionnées et vaines.

Je hausse les épaules et lui dis :

« Oui… Bon… Ce n'est pas ton article qui a tué le frère d'Orson… »

Je n'ai pas envie de la consoler ou quoique ce soit, mais j'ai l'impression qu'après avoir vu ça elle ne me fait plus ni chaud ni froid. Elle semble le remarquer aussi car alors que je me détourne pour partir, elle me rattrape par le bras.

« Attends Purpland !

- Quoi ? »

Nous nous fixons quelques instants. Ses grands yeux verts sont rougis et bouffis par les larmes qui continuent de couler, laissant le long de ses joues des traces noircies par son maquillage. Je n'ai jamais eu l'occasion de la regarder de si près et j'ai l'impression qu'elle n'est pas si belle que ça finalement, simplement améliorée par tous ses artifices…

« Non rien. », répond-elle après un moment.

Je quitte la pièce en ayant le sentiment d'avoir tourné une page.

OoOoOoO

« Il y a quatre mois, annonce le profession Slughorn, vous avez commencé à travailler sur cette potion et je suis fier de voir que vous avez tous menés votre tâche à bien ! Il est temps à présent de tester l'efficacité de votre pensine. Pour cela deux personnes de chacun de vos groupes récupéreront un souvenir qu'ils veulent bien présenter et les testeront devant moi. Je déterminerai alors la réussite de votre potion et vous donnerai votre note ! Je vous laisse quelques minutes pour choisir les souvenirs avant de passer dans le premier groupe. »

Candice, qui est revenue à Poudlard depuis peu, jette un regard satisfait à la potion qui repose tranquillement, sa texture fluide rappelant celle d'un nuage épais n'est peut-être pas aussi légère que prévu et sa couleur argent tire légèrement plus sur le gris que sur le platine attendu mais le résultat semble quand même assez bon. Après quatre mois de préparation cela aurait pu être pire !

« Qui veut donner un souvenir ? Moi je veux bien ! » dit Candice en nous fixant.

Rose et moi échangeons un regard un peu gêné alors que Sirius garde le silence et la tête basse. Il a réapparu au cours de potions mais nous avons, l'un et l'autre, soigneusement évité de nous parler. De toute façon Candice et Rose ont joué les intermédiaires, histoire d'éviter toute crise éventuelle de la part de Sirius, mais il ne m'a pas semblé autant en colère qu'il aurait pu l'être. Cela dit je pense qu'il ne doit pas se sentir très victorieux après ce qu'il a fait à Orson… C'est sûrement pour ça qu'il est aussi calme.

Puisque personne ne semble vouloir se désigner comme second candidat je décide également de donner un de mes souvenirs. Après tout, je suis la responsable du groupe donc je me dois d'assumer mon rôle jusqu'au bout.

Je réfléchis au souvenir que je pourrai partager pendant que Slughorn commence à se plonger dans le passé d'un autre groupe. Finalement je me décide sur le jour de ma répartition à Pouldard, c'était un jour tout à fait joyeux et neutre. Je ne dévoile rien que Slughorn ou mes camarades ne savent pas, bref, ça me semble tout à fait opportun !

C'est à ce moment que le professeur arrive pour nous donner les consignes et inspecter visuellement notre Pensine :

« Hum, bien, bien, la texture me semble tout à fait correcte, la couleur un peu moins, je peux déjà dire qu'il y a eu quelques erreurs dans la constance des températures, mais je ne pense pas que cela aura un impact très visible sur votre potion. Nous allons voir ça tout de suite, je vais procéder à deux inspections différentes, explique-t-il, tout d'abord nous allons regarder le premier souvenir que vous me donnerez de l'extérieur, c'est-à-dire à la surface de la Pensine. Puis nous nous plongerons tous les cinq à l'intérieur du second souvenir. Si vous avez parfaitement réussi votre potion, les souvenirs seront bien représentés dans les deux cas.

Alors qui commence à donner son souvenir ?

- Moi ! s'exclame Candice, qui est apparemment impatiente de voir le résultat.

- Très bien, très bien, alors mettez votre baguette contre votre tempe, voilà comme ceci et penser fort au souvenir que vous voulez donner, voilà, bien. Maintenant éloignez votre baguette et voilà miss Stup, vous pouvez déposer votre pensée dans la Pensine »

Rose, Sirius et moi regardons étonnés notre camarade retirer un liquide argenté de sa tempe et le placer dans la potion. Celui-ci tourne quelques instants et disparaît.

« Très bien, maintenant plaçons-nous tous au-dessus de la Pensine et regardons le résultat », déclare Slughorn.

Nous encerclons la potion, et le professeur tapote le liquide d'un coup de baguette. Aussitôt le centre de la potion crée un tourbillon de plus en plus rapide, qui finit par disparaître laissant place à une image.

Une petite fille que je reconnais comme étant une très jeune Candice, aux cheveux courts et blonds comme les blés est assise dans un salon et lit, l'air ébahi, une lettre jaunie portant le sceau de Poudlard. A côté d'elle, ses parents habillés en Moldu prennent un thé avec le professeur McGonagall, rajeunie de quelques années, qui contraste totalement avec le reste de la pièce.

« Eh bien, monsieur et madame Stup, je suis ravie de vous avoir rencontré et d'avoir pu éclaircir avec vous les points concernant la condition de sorcière de Candice. Nous serons donc heureux de la compter dans notre école à la rentrée. Quant à moi, je vais devoir vous laisser, car je dois rencontrer encore quelques élèves cet après-midi.

- Oh non, vous partez ! s'écrie Candice, relevant enfin la tête de sa lettre, c'est injuste, je voulais en savoir plus sur Poudlard ! »

McGonagall esquisse un discret sourire.

« Ne vous inquiétez pas, dit-elle, vous découvrirez vite votre nouveau monde et vous aurez déjà un bon aperçu de votre future vie lorsque vos parents vous emmèneront sur le Chemin de Traverse pour acheter vos fournitures, comme je leur ai expliqué. Je vais maintenant devoir partir et si cela ne vous embête pas je souhaiterais emprunter votre cheminée, c'est d'accord ? »

Les parents de Candice se regardent très surpris puis son père répond :

« Hum… non, non, faites ce que vous avez à faire. Merci, hum, pour vos explications, je pense qu'il nous faudra un moment pour assimiler tout ça…

- Tout cela deviendra vite parfaitement clair, ne craignez rien. Très bonne journée à vous. »

Elle se dirige ensuite devant la cheminée, devant l'air consterné de la famille Stup, lance de la poudre sortie d'une petite bourse puis entre à l'intérieur et s'exclame « Chez Patrick Turlough» ce que je reconnais être le nom d'un septième année de Serdaigle. Elle disparaît alors dans un tournoiement de fumée verte.

« Woah, c'était dingue ! » s'exclame la jeune Candice.

Le souvenir s'efface alors peu à peu.

« Très bien, très bien ! s'enthousiasme Slughorn, ce souvenir me parait tout à fait correct ! Maintenant voyons le second souvenir. Qui nous fera l'honneur de partager ses pensées ?

- C'est moi, j'annonce timidement.

- Parfait Miss Purpland, dans ce cas je vous laisse reproduire la même gestuelle afin de récupérer votre souvenir. Voilà, comme ceci ».

Tout comme Candice quelques minutes auparavant, je tire une substance de ma tempe en pensant fortement au jour de la répartition. La sensation est très étrange, j'ai l'impression d'avoir libéré mon esprit d'un poids au moment où je vois mon souvenir disparaître dans la Pensine.

« Maintenant, reprend Slughorn, touchons tous ensemble la Pensine ! »

Nous nous exécutons et je me sens alors aspirée dans un nuage de fumée à l'intérieur de la potion.

Nous atterrissons brutalement dans la Grande Salle décorée à l'occasion de la cérémonie du Choixpeau qui m'est maintenant si familière. Je regarde autour de moi, les contours de la salle me paraissent flous et mal définis, et les couleurs très ternes, je comprends que ce sont les limites de la potion qui donne cet effet. Certains élèves trop éloignés de nous sont même quasiment informes et méconnaissables, mais j'aperçois à la table de Serdaigle ma sœur Liliane, alors âgée de seulement quatorze et qui semble très concentrée sur la répartition.

« Purpland, Marguerite ! s'écrit le professeur McGonagall

- Ooooooh, regardez c'est une mini Marguerite ! » s'esclaffe Candice.

En effet sortant des rangs des premières années, je me reconnais marchant maladroitement vers le tabouret où est déposé le Choixpeau. Qu'est-ce que j'étais petite ! Et ridicule ! Je me vois poser le Choixpeau sur ma tête, et puisque c'est mon souvenir, nous entendons sa voix comme s'il était au-dessus de nous tous, je n'aurais jamais cru entendre ça une seconde fois :

« Mmmh, je vois un esprit vif, de l'humour et une grande loyauté, aucun doute tu seras une POUFSOUFFLE ! »

Je souris en me regardant sursauter et me dirige vers la table de ma nouvelle maison, très gênée par les applaudissements de tous les Poufsouffles. Je m'installe à côté d'une toute petite blondinette nattée qui vient aussi d'arriver en première année, et me sourit de toutes ses dents.

« Bonjour ! Je suis Estelle ! »

Je me vois me présenter à mon tour, mais la cérémonie du Choixpeau continue, quelques instants plus tard McGonagall s'écrit « Smith, Pyrite ! » et je vois avec nostalgie une Pyrite version miniature trottiner joyeusement vers le Choixpeau, qui l'envoie aussi à Poufsouffle. Elle s'assoit juste à côté de la petite Estelle et les versions enfantines de mes amies et moi entament une discussion. Si nous avions su à ce moment que nous serions de si proches amies, j'en verserais presque une petite larme !

Je sens que le souvenir se termine et, alors que nous ne revenons brusquement à la réalité, je jette un coup d'œil vers les Gryffondor. Là, un tout jeune Sirius est déjà en train de faire le pitre sous le rire des élèves sa table.

« Bien, parfait ! s'exclame le professeur Slughorn. Comme je m'en doutais, il y a eu quelques petits problèmes de cuissons lors de votre réalisation ce qui a légèrement flouté les contours de vos souvenirs. Mais rien d'irrattrapable et le professeur Dumbledore sera ravi d'avoir un peu plus de Pensine supplémentaire pour sa bassine. Vous avez bien travaillé ! annonce-t-il à notre groupe. Je vous mets un Effort Exceptionnel pour cette préparation ! »

Nous nous esclaffons tous joyeusement, un Effort Exceptionnel ! Je crois que j'ai rarement eu une aussi bonne note en potions et cela me donne de l'espoir pour avoir un jour l'occasion de réaliser mon rêve de soigneuse.

Le professeur Slughorn continue de passer parmi les groupes pour noter les pensines et en attendant la fin de la classe nous discutons joyeusement entre nous, soulagés par notre résultat. Seul Sirius reste en retrait de la conversation, l'air très pensif.

Le cours se termine et Estelle et Pyrite me rejoignent joyeusement, leur groupe a aussi obtenu un Effort Exceptionnel ! Nous laissons sur la table nos pensines, ce que Slughorn nous a demandé de faire et quittons la salle.

Alors que nous nous apprêtons à nous séparer, Estelle pour se rendre à son cours d'Études des Runes, Pyrite en Histoire de la magie et moi pour celui de Soins aux Créatures Magiques, j'entends une voix familière dans mon dos.

« Margot ? »

Sirius s'avance vers nous un flacon à la main. Je remarque la texture argentée du liquide à l'intérieur et comprend que ce sont des souvenirs

« Tiens, j'espère que ça t'aidera à comprendre certaines choses. ».

Il dépose le flacon dans ma main et referme mes doigts dessus en les enserrant légèrement, ce qui me fait manquer un battement à mon cœur. Puis il s'en va, nous laissant très étonnées, Pyrite, Estelle et moi.

« Alors ça, j'ai vraiment très envie de les voir, les souvenirs de Sirius ! finit par s'exclamer Pyrite. La salle est vide et nos pensines sont encore là, on y va ? ajoute-t-elle après avoir jeté un œil dans la salle de classe.

- Pyrite on a cours ! Et Margot a peut-être envie de regarder ça toute seule !

- Oui, à vrai dire… je crois que je préférerais les regarder seule, je confirme d'une voix tremblante. Je vais le faire maintenant.

- Tu es sûre Margot ? Tu vas manquer ton cours de soins aux créatures magiques ! me dit Estelle avec douceur.

- Ce n'est pas grave, c'est une matière que je n'aurai pas de mal à rattraper. Et puis en ce moment les professeurs sont plutôt indulgents sur mes absences.

- C'est bien d'en profiter Margot, tu es une vraie rebelle maintenant ! J'aurais aimé voir ça mais je te comprends ! Sois discrète !

Après ce dernier conseil, mes amies me laissent seule face à la salle de potions. Je jette un œil dans la classe, qui est vide. Slughorn s'est probablement retiré dans son appartement adjacent. Les pensines sont toujours placées sur nos tables respectives. J'entre discrètement et referme la porte derrière moi. La pièce est sombre, et le bouillonnement de quelques potions en cours de préparation donne une atmosphère bien différente à la pièce habituellement remplie d'élèves.

Je m'approche de la pensine de mon groupe, je sais que sa qualité est suffisamment bonne pour voir les souvenirs et je préfère ne pas gâcher ceux que Sirius vient de me confier.

Je regarde le flacon qui s'est tiédit dans la paume de ma main. Je me demande ce que Sirius attend de moi en me confiant ses souvenirs… Mon cœur bat la chamade alors que je m'apprête à déverser le contenu du flacon dans la potion. Je ne sais pas si je suis prête à écouter tout ce qu'il a à me dire… Enfin à me montrer en l'occurrence !

Malgré tout, la curiosité prend le pas et j'inspire un grand coup avant de vider les souvenirs de Sirius dans la potion. Je plonge dans les profondeurs de sa mémoire.

J'atterris dans une demeure très austère, dans un salon aux meubles si luxueux qu'ils ne parviennent à donner un peu de chaleur à la pièce.

Dans un fauteuil type Louis XVI, une femme d'une incroyable beauté est assise, le dos bien droit et l'air hautain. Malgré sa beauté presque douloureuse, son visage est fermé et peu engageant. Lorsque Sirius est en colère, il prend exactement l'expression de celle que je devine être sa mère.

Elle tient dans ses mains une lettre, qu'elle parcoure distraitement. Debout, le dos posé négligemment contre le rebord de la fenêtre, je remarque enfin un très jeune Sirius, qui doit avoir à peine 11 ans. Il a une petite mine d'effronté, un sourire sur le coin de sa bouche et les yeux plein de défis.

A la fin de sa lecture, sa mère s'exprime enfin. Sa voix est traînante et rauque, et laisse un son désagréable à mes oreilles :

« Soit Sirius, vous irez à Poudlard. Le professeur Slughorn a su trouver les mots pour me convaincre. Mais je vous déconseille vivement de me décevoir, comme à votre habitude. Il me sera encore tant de vous envoyer à Durmstrang l'année prochaine si c'est le cas.

- Il est difficile de ne pas vous décevoir, mère, articule distinctement Sirius d'une voix neutre.

- Impertinent ! siffle-t-elle.

L'espace d'un instant ses traits se contractent tellement qu'elle en deviendrait laide. Je me demande si elle n'a pas du sang de harpie dans les veines, tant son physique semble dépendant de son humeur.

Elle retrouve néanmoins son calme aussi vite qu'elle l'a perdu et reprend :

« Vous m'avez très bien comprise. Vous irez à Serpentard, et le professeur Slughorn sera votre directeur de maison. Je ne tolérerai aucune autre configuration. Est-ce bien clair ?

- Moui, continue négligemment Sirius, on verra. »

Je comprends plus vite que lui qu'il va trop loin dans l'insolence que peut tolérer sa mère. Cela dit et le connaissant, je suis persuadée qu'il le fait exprès tant il aime dépasser les limites qui lui sont fixées. Mais la réaction qu'à cette dernière m'effare. Son visage se crispe de nouveau et d'un geste extrêmement vif, elle plonge sa main dans sa poche, murmure un sortilège. Sirius est violemment tiré en avant et tombe devant elle, à genoux. Elle lui attrape les cheveux et lui relève la tête. J'étouffe un cri en voyant le visage du jeune Sirius, les larmes aux yeux. Même si cela est probablement dû à la douleur car son air reste plein de défi.

Le décor se brouille, faisant disparaître Sirius et sa mère qui se met à hurler. Puis un nouveau Sirius apparaît devant moi. Toujours aussi jeune, mais dans une chambre aux couleurs rouge vif que je reconnais comme celle des Gryffondor. Il tient dans ses mains une beuglante prête à exploser. A côté lui, un jeune James semble très amusé, tandis que les versions enfantines de Peter et Remus paraissent plutôt horrifiées.

La beuglante éclate dans un terrible cri de rage, et je reconnais immédiatement la voix de sa mère :

« GRYFFONDOR ? GRYFFONDOR ! ESPECE D'EPOUVANTBLE PETITE VERMINE ! HONTE DE MA CHAIR ET DE MON SANG ! TU ES RENIE ET MORT A MES YEUX, TU M'ENTENDS SIRIUS ?! PLUS JAMAIS TU NE FRANCHIRAS LE SEUIL DE MA MAISON ! ABJECTE ENFANT ! TU N'ES PAS DIGNE DE TON NOM ET PIRE QU'UN SALE SANG DE BOURBE ! »

L'enveloppe et la lettre se consument dans les mains d'un Sirius grimaçant, tandis que James se fend d'un sourire narquois :

« Eh bien, elle a l'air très charmante ta mère ! »

Encore une fois le décor disparaît et un Sirius légèrement plus âgé me fait face. Enfin, il fait plutôt face à James, Peter et Remus. Ce dernier a, les bras croisés, les sourcils froncés et l'air inquiet. Ils se trouvent dans une salle de classe mais dehors il fait nuit noir et un orage gronde avec force.

« Sirius, tu es sûr que tu veux faire ça ? demande Remus. Ça pourrait mal tourné !

- Lunard ! s'exclaffe James. On ne se défile pas cette fois ! La potion est parfaitement réussie et les conditions sont enfin réunies pour qu'on la teste ! » vas-y Sirius, on te surveille.

Sirius baisse un regard anxieux vers sa main et je remarque soudain qu'il tient un petit flacon rouge sang. Me tournant vers ses amis, je vois le même petit flacon dans les mains de James et de Peter.

« Facile à dire pour toi, si ça se passe mal c'est pour ma poire, grogne Sirius.

- Mais on te regrettera tous sincèrement ! » réponds James en esquissant un sourire.

Remus cache son visage entre ses mains d'un air désespéré alors que Sirius émet un hoquet entre le rire et la peur. Je l'ai rarement vu aussi stressé mais d'un air convaincu il agite sa baguette.

« C'est parti ! »

Je ressens sa peur et celle des autres Maraudeurs même si je n'ai aucune idée de ce qu'il se passe je suis suspendue à ses mouvements. Il pose sa baguette contre son cœur et récite une formule. Puis il avale d'un trait le contenu de son flacon.

Pendant quelques secondes, rien ne se passe. Les maraudeurs échangent des regards surpris. Soudain sa baguette tombe au sol dans un bruit sourd et ses deux mains se dirigent vers sa poitrine. Il se plie en deux et gémit tandis que son visage se tord de douleur. Peter émet un cri aigu et James, qui ne semble plus rire du tout et se lève d'un bond, affolé mais Remus lui retient le bras.

- C'est trop tard, la transformation a commencé.

Mais en quoi se transforme-t-il ? A peine me suis-je posée la question que je vois le corps de Sirius changer d'apparence. Ses vêtements noirs semblent fusionner avec sa peau, son corps rétrécit et son nez s'allonge et se couvre de poils. On dirait qu'il a pris une potion de Polynectar ratée mais dans un dernier hurlement Sirius disparaît et laisse sa place à un immense chien noir. Le chien reste recroquevillé sur lui même sans bouger. D'un air désespéré James s'approche de lui.

« Sirius ? Sirius, tu vas bien ?! »

Alors qu'il pose sa main contre le museau du chien (de Sirius?!), sa queue se met à fendre l'air et lentement il se relève et lance un faible aboiement.

« Il a réussi ! » s'esclaffe Peter,

Les trois maraudeurs poussent des cris de joie et le chien place ses deux grosses pattes sur James qui se met à danser avec lui.

« Allez à mon tour maintenant ! s'écrit James en sortant sa baguette. »

Le souvenir se brouille et mon esprit avec. Sirius est un animagus ? Mais je n'ai le temps de me poser plus de question que je suis déjà dans un autre souvenir.

Je pousse un cri de surprise en me reconnaissant, allongée inconsciente dans un lit de l'infirmerie de Poudlard. Je comprends en me voyant très amochée que cela correspond à ma tentative de suicide. C'est très bizarre et impressionnant de se voir soi-même dans cette posture. Sirius est assis, seul, sur un tabouret à côté de moi. Il a quelques blessures également, ça devait être très peu de temps après « l'accident ».

« Pourquoi t'as fait ça…», murmure-t-il la voix brisée.

A mon grand étonnement je remarque les larmes qui glissent le long de ses joues. Il pleure ? Mais ça n'a aucun sens, on ne s'était jamais adressé la parole avant cet événement. Je n'aurais jamais imaginé qu'il ait été autant touché par mon geste… surtout que j'ai quand même manqué de le tuer, il aurait dû m'en vouloir !

Pourtant je vois Sirius glisser sa main dans la mienne (enfin dans la main de ma version inconsciente dans son souvenir, vous suivez ?). Un bruit de porte s'ouvrant semble le ramener à la réalité. Il retourne s'allonger dans le lit près du mien et essuyant brusquement ses larmes tandis que je change de souvenir.

Cette fois Sirius est seul avec Remus dans le dortoir des Gryffondors, à leur attitude et la disposition de la chambre, je comprends que ce souvenir est très récent.

Sirius est posé sur son lit, l'air pensif, il agite entre ses doigts sa baguette magique. Remus vient s'asseoir au bord du lit.

« Ça va ? lui demande-t-il. Estelle n'y est pas allée de main morte avec sa gifle hier.

- Ouais ça va, répond Sirius entre ses dents.

- Tu veux en parler ?

- Pas vraiment... »

Remus hausse les épaules et se lève.

- Sirius, j'ai envie que tu sois heureux. Mais je pense que tu n'y arriveras pas tant que tu n'ouvriras pas ton cœur sincèrement. Si tu as besoin d'en parler, je suis là.

Il se dirige vers la porte mais presque à voix basse Sirius le retient :

« Non attends. »

Remus revient sur ses pas tandis que Sirius se redresse en soupirant.

« Margot... tu crois que j'ai tout gâché ?

- Non, je pense que vous tenez encore beaucoup l'un à l'autre et que si vous y mettiez chacun un peu du vôtre vous pourriez recoller les morceaux.

- Cette fille, dit-il avec un petit sourire, elle a un truc, la façon dont elle voit les choses, elle me fait rire. Et je sens comme une connexion entre nous depuis que… enfin tu sais…

Il passe sa main dans ses cheveux, l'air décontenancé.

- Je me sens moi-même à côté d'elle. C'est la première fois que je me sens comme ça près d'une fille, comme entre nous, tu vois ? Tu crois que je suis... que je suis am... »

Que tu es quoi ? Finis ta phrase Sirius ! Mais à ma grande déception il laisse le mot suivant en suspens.

« Je ne peux pas connaître tes sentiments Sirius.

- Et toi… qu'est-ce que tu ressens pour elle ? »

Remus réfléchit quelques instants :

« Je l'apprécie beaucoup, mais c'était juste un coup de cœur passager. En fait je pense que j'avais surtout envie de ressentir ce que toi tu ressens et j'étais un peu jaloux de ce lien que vous avez… Aujourd'hui je la vois vraiment comme une amie. J'ai l'impression que ce qu'il y a entre vous, c'est plus profond que ça, je me trompe ?

- Je… je n'arrive plus à m'imaginer sans elle, répond Sirius faisant rater un battement à mon cœur.

- Tu devrais lui dire alors, conseille Remus. Et lui montrer qui tu es vraiment. Tu dis que tu te sens avec elle, comme tu te sens avec nous. Tu devrais lui montrer le Sirius qu'on connait. »

Les deux maraudeurs deviennent flous alors que le souvenir se dissipe et je me retrouve de nouveau seule dans la salle des potions. Les reflets argentés des pensines se reflètent dans toute la pièce au rythme de mon cœur battant la chamade. Est-ce que Sirius m'a donné ses pensées pour me faire comprendre qu'il m'aime ?


A très bientôt (pour de vrai cette fois) ;)

Souky