Le reste de l'audience se déroula dans le désordre le plus total, mais l'attitude désastreuse de Wringleton avait bien évidemment joué contre lui. Même son avocat avait jeté l'éponge, laissant Wringleton et sa détestable épouse se débrouiller seuls. Il alla même jusqu'à s'excuser auprès d'Hermione.

Vers 17h, l'affaire était close et Dedalus avait écopé d'une peine de 15 ans et d'une amende qui mettait quasiment sa famille sur la paille. Sa femme avait hurlé quand le jugement était tombé, surtout quand la juge lui avait conseillé de se trouver un travail. Après le témoignage d'Hermione, le procès avait été d'une rapidité fulgurante. Il n'y avait plus personne pour prendre la défense de Wringleton. On ne touchait pas impunément à une figure historique de l'histoire du monde sorcier, et Dedalus allait l'apprendre à ses dépens.

Ce soir-là, une fois toute cette histoire enfin terminée, Hermione se sentait vide, exténuée. Elle l'avait fait. Elle avait tourné la page. Dedalus allait payer tout le mal qu'il avait fait, à elle comme à d'autres. Étonnamment, elle avait survécu, elle avait du mal à y croire. Hermione sursauta quand la porte s'ouvrit. Ron fut le premier à rentrer. Sans un mot, les yeux rouges, il ouvrit les bras et Hermione s'y précipita. Il referma les bras et la serra contre lui, incapable de parler. Elle était son premier amour et aurait toujours une place particulière dans son cœur. Mais c'était surtout et avant tout une amie en or qu'il avait failli perdre. Seigneur, quand Dedalus s'était jeté sur elle, Ron avait mis trop de temps à réagir. Heureusement que Drago avait été plus rapide.

Quelques instants plus tard, ce fut Harry qui arriva et sans un mot, Hermione passa dans ses bras pour un autre câlin de réconfort. Incapable de se retenir, elle se mit à rire et pleurer en même temps, savourant à la fois cette sensation de liberté et sentent la tension accumulée toutes ces années se dissoudre et alléger le poids qu'elle portait. Ils discutèrent aussi beaucoup, notamment de ce statut de Héros qui leur pourrissait la vie, espérant que le témoignage d'Hermione allait un peu calmer les effusions et autres démonstrations dont ils étaient parfois victimes. Harry avait d'ailleurs l'intention d'en parler au Ministre de la Magie, histoire de calmer les ardeurs. Il voulait surtout rappeler au peuple sorcier qu'ils n'étaient que des êtres humains, capable de se tromper, de se blesser, d'être faible. Ils n'étaient pas des super héros invincibles. Il était temps que le monde sorcier tourne aussi la page et aille de l'avant.

Le dîner fut joyeux, entrecoupés de blagues, de rires, de taquineries. Toutes ces choses qui avaient manqué à Hermione. Elle n'en revenait pas de se sentir si légère, et se sentait maintenant stupide de s'être apitoyée sur elle-même toutes ces années. Que de temps perdu. Et d'occasion. Un des actes manqués qu'Hermione regrettait le plus était bien Drago. Le jeune Serpentard était aux abonnés absents et la jeune femme ressentait comme un manque. Bien qu'elle donna le change et participa activement à la conversation, personne n'était dupe. Finalement, à force de la voir regarder sa montre toutes les 5 minutes, Blaise fut le premier à craquer.

- Pour l'amour du ciel, Hermione, soit tu vas chez Drago de toi-même, soit je t'y emmène chargée sur mon épaule comme un sac à patates !

- Quoi ? Non... Balbutia Hermione.

- Arrête ça tout de suite, râla Ron.

- Arrêter quoi ?

- Arrête de te voiler la face. Et aie pitié de nous. On vous voit vous tourner autour depuis des semaines.

- Drago en pince pour toi depuis des années, lui rappela Pansy.

Hermione les regarda, tour à tour. Que des sourires bienveillants et encourageants. Pourtant, une petite voix lui disait qu'elle devait se protéger, pour ne pas sombrer de nouveau.

- Hermione.

La jeune femme regarda Harry, de l'autre côté de la table. Il se leva, alla jusqu'à elle et la prit par les épaules.

- Drago n'est pas Dedalus. Ne va pas croire une seule seconde qu'il pourrait y avoir la moindre similitude entre les deux.

- Sans compter qu'à la moindre entourloupe, certains ici seraient ravis de lui faire tâter de leur poing, ajouta Ron en se frappant une main dudit poing, l'air ravi.

- Certains ? Répliqua Pansy. Tu veux dire tous, Weasmoche !

Ron lui lança un regard noir tant il détestait ce surnom, mais la lueur taquine dans les yeux de Pansy le calma aussitôt. Hermione, à la fois inquiète mais déterminée, se leva d'un coup, renversant sa chaise.

- Désolée, je dois vous laisser.

- On évitera le Manoir pendant quelques semaines, plaisanta Blaise.

- C'est pas là qu'on devait passer le réveillon demain ? Rappela soudain Luna.

- Je crois que c'est mort, répliqua Theodore.

- On le fera chez moi, laissons-les tranquilles pour les fêtes, proposa Pansy, en regardant Hermione transplaner.