33_ happiness therapy

- « ne bouge pas, bon sang. »

Un sourire déforma les lèvres du brun, il acquiesça et attrapa la taille de la trentenaire, la tirant entre ses cuisses. Les mains rugueuses de l'homme remontèrent doucement le haut qu'elle portait et il déposa une multitude de baisers sur son abdomen. Un doux rire s'échappa des lèvres de la blonde.

- « mais qu'est-ce que tu fais, sérieux ? » s'exclama-t-elle, entre deux sourires.
- « j'embrasse mon épouse. » souffla-t-il, contre la peau de son abdomen.
- « ça, ce n'est pas ton épouse, mais son ventre. » rectifia-t-elle. « et tu sais très bien que je déteste cette partie de mon corps. »
- « ah oui ? c'est celle que je préfère, moi. » répliqua-t-il.

Le bout de ses doigts caressait chaque parcelle de sa peau. Il aurait aimé être sage, mais ce fichu parfum le rendait fou et elle le savait. Dans un geste délicat, il enfouit son visage sous le haut de la blonde et embrassa les grains de beauté entre ces seins. Le rire de son épouse se répercutait entre les murs de la pièce.

- « arrête ça, les enfants sont dans la maison. » dit-elle, dans un souffle saccadé.
- « ils se rendront peut-être compte que toi et moi, nous ne les avons pas conçus en jouant au shôgi. » lâcha-t-il, un sourire au coin des lèvres.
- « tu es un idiot, Shikamaru. » lança-t-elle, d'une voix forte.

Les mains de la sunienne claquèrent contre les épaules du brun et il se retrouva bien vite le dos contre la chaise ; sa bouche s'emboîta à la sienne, passionnément et il se sentit fondre dans ce baiser.

- « j'ai envie de te manger. » grogna-t-elle, en lui mordant la lèvre.
- « mange-moi. » murmura-t-il, contre ses lèvres.
- « maman. » entendirent-ils. « où est mon parfum ? »

La voix forte de Shikadai se hissa dans toute la demeure ; un grognement s'échappa des lippes de la blonde, à l'instant où les lèvres de son époux tombèrent dans son cou.

- « mets celui de ton père. » répondit-elle.
- « certainement pas. je veux le mien. » s'exclama l'adolescent.
- « tu ne l'as pas terminé, par hasard ? » demanda-t-elle, en étouffant un gémissement entre ses lèvres.
- « bah si. » lança-t-il, d'une autre pièce. « je l'ai terminé, tu n'en as pas racheté ? »
- « tu l'avais mis sur la liste de courses ? » questionna-t-elle.

Un « merde » s'éleva et le soudain bruit de pas effréné les tira de l'étreinte charnelle qu'ils partageaient ; elle repoussa son époux, à l'instant où la tignasse brune de l'adolescent se glissait dans la salle de bain. Les sourcils froncés, il jaugea un instant les deux adultes.

- « qu'est-ce que vous faites ? » demanda-t-il.
- « je raccourcis les cheveux de ton pè-.. » répondit-elle, quelques nuances de rose sur les joues.
- « je fais comment sans mon parfum ? » lâcha-t-il, en la coupant.
- « tu peux prendre le mien. » souffla Shikamaru.
- « quel adolescent accepterait de mettre le parfum de son père de quarante ans ? » grogna-t-il. « tu sens le vieux, sérieux. »

Un second « merde » s'échappa des lèvres de l'adolescent et il s'évapora très vite, dans une autre pièce ; la porte de l'entrée claqua, quelques minutes plus tard. Un grand sourire sur les lèvres, le brun hocha fièrement de la tête.

- « eh oui, il a ton caractère. » annonça-t-il.
- « enfoiré. » balança-t-elle, en attrapant une paire de ciseaux.

La blonde se glissa doucement dans son dos et coupa le bout d'une mèche, une moue concentrée sur les lèvres ; ce n'était pas la première fois qu'elle le faisait, Shikamaru avait insisté des jours et des jours pour qu'elle s'en occupe, dès qu'il avait appris qu'elle savait faire avec les cheveux. L'insupportable sonnette de la porte d'entrée résonna un court instant et un soupir s'échappa de ses lèvres ; elle déposa les ciseaux sur le lave-linge derrière elle.

- « je reviens, je te parie que c'est ton fils qui a changé d'avis et qui a décidé de mettre ton parfum. » souffla-t-elle, en lui prenant un baiser.

Il acquiesça simplement et écouta les pas de son épouse qui s'éloignait doucement ; ils se battaient tous les deux, férocement, contre l'univers et il avait l'impression de l'aimer encore plus qu'au premier jour. Était-ce même possible? Il étouffa un bâillement entre ses lèvres ; la nuit avait été courte, Temari et lui avaient énormément discutés et au final, il avait pris la décision de reprendre sa place dans le lit conjugal. Il espérait juste que tout se passe bien. Le brun ferma les yeux, une seconde.

- « j'arrive, ne t'endors pas. » entendit-il, dans la pièce d'à côté.
- « d'accord. » marmonna-t-il, en sombrant doucement dans les bras de Morphée. « d'accord. »

Les nuits n'étaient presque plus enveloppées par les cauchemars, quand il était bercé par le parfum de son épouse ; bien sûr, parfois, il se réveillait encore dans un sursaut, en hurlant, le visage de Fune en mémoire, mais Temari était là, elle lui soufflait des mots doux et lui tenait la main, jusqu'à ce qu'il se calme. Le crissement d'une chaise le tira doucement de sa rêverie et il esquissa un sourire, les yeux toujours fermés.

- « j'y pense. » commença-t-il, d'une voix douce. « et si tu m'épousais une deuxième foi-.. aïe. »

La lame du ciseau effleura brutalement son oreille et il plaqua une main sur la plaie, d'où un filet de sang s'échappait.

- « merde, je saigne. » grommela-t-il. « qu'est-ce qui t'as prit, Tema-.. Mitsuha ? »

Le doux visage de la petite fille, déformé par la panique, se glissa sous ses yeux, lorsqu'il tourna la tête vers l'endroit où devrait être son épouse ; la brune se tenait, tremblante, debout sur une chaise, une paire de ciseaux dans les mains. Elle semblait sur le point de fondre en larmes.

- « papa » lâcha-t-elle, d'une voix peureuse.
- « ça va, ça va. » répliqua-t-il, de suite. « ne t'en fais pas, ça v-.. »

La dernière syllabe s'étouffa entre ses lèvres ; ses iris d'un beau brun se posèrent sur les pieds de la chaise en bois, sur cet amas de mèches brunes qui traînait sur le sol. Une pointe de panique brilla dans le fond de ses prunelles, mais il n'osa pas un seul geste ; son regard restait bloqué sur l'image à ses pieds.

- « c'est bon. » entendit-il, dans le corridor. « ton fils a accepté de mettre ton parf-.. oh merde. »

La voix anormalement aigue de son épouse le ramena à la réalité et il déposa un regard paniqué sur le visage de la blonde, en tentant de faire taire le sang qui s'échappait de sa plaie. Le liquide rougeâtre attira l'attention de Temari et elle s'empressa d'attraper une serviette, elle la glissa sous l'eau et la plaqua sur l'oreille du garçon ; puis, elle se rapprocha de Mitsuha, qui fixait le brun, les larmes au bord des paupières.

- « donne-moi les ciseaux, ma puce. » souffla-t-elle, d'une voix douce. « ne t'en fais pas, papa est un grand garçon, il s'en sortira. »
- « je.. » tenta la brune, dans un sanglot indiscret.
- « ce n'est pas grave, Mitsuha. » continua la blonde, en déposant les ciseaux sur le lave-linge.

Malheureusement, les mots doux de la trentenaire ne servirent pas à grand-chose ; une seconde plus tard, l'enfant fondait en larmes. Un soupir s'échappa des lèvres du brun et il se rapprocha doucement des deux demoiselles, il tenta un sourire, mais la panique restait férocement accroché aux traits de son visage.

- « j'ai t-tué papa.. » lâcha-t-elle, entre deux sanglots.
- « mais non. » souffla le brun, un sourire maladroit au bord des lèvres. « je suis là, ça va. tout va bien, princesse. »

La voix rauque du brun attira l'attention de la petite fille et elle osa un regard effrayé sur le visage de l'adulte ; un pouce en l'air, il tentait maladroitement d'être le plus naturel possible, même si l'image des cheveux bruns sur le sol ne le quittait pas. Dans un geste doux, il ébouriffa les mèches sombres de l'enfant et sécha les larmes qui coulaient sur ces joues.

- « et si tu allais jouer, hein ? » proposa-t-il, d'une voix anormalement tremblante. « papa nettoie tout ça et te rejoins de suite, je te lirais une histoire. »

Mitsuha acquiesça doucement et offrit un doux sourire aux deux adultes, avant de disparaître dans une autre pièce. Un tremblement attrapa les mains du brun et il posa un regard terriblement inquiet sur son épouse ; elle n'osait rien dire, mais il comprenait à travers son regard que la suite ne lui plairait pas du tout. Dans un bond agile, il fit volte-face et osa un regard vers le miroir ; un sursaut le prit, dès l'instant où il croisa les iris d'un bel ébène de son reflet.

- « oh non. » gémit-il. « merde, merde, merde, merde. »
- « ce n'est pas si grave que ça. » tenta la voix douce de son épouse. « je suis sûre que je peux rattraper ça. »

Les prunelles du trentenaire s'accrochèrent un court instant aux mèches brunes sur son crâne et un rictus paniqué déforma le bout de ses lèvres, il se tourna vers la blonde et attrapa une mèche, qui mesurait à peine sept centimètres.

- « impossible, je suis défiguré. » s'exclama-t-il. « merde, merde, merde. »
- « comment tu as fait pour ne pas te rendre compte que ce n'était pas moi ? » souffla-t-elle, un sourcil arqué.

Elle tentait de poser son regard partout, sauf sur les cheveux de son époux ; et ça, il n'eut aucun mal à le comprendre.

- « je somnolais, je ne pensais pas que Mitsuha se prendrait pour une coiffeuse. » grogna-t-il.
- « tu somnolais ? » répéta-t-elle, le regard sévère.
- « oui, et puis, j'étais occupé à autre chose, figure-toi. » répondit-il, les sourcils froncés.
- « quelque chose de plus important que tes cheveux, j'espère. » souffla-t-elle.
- « je suis fichu, Temari. » grommela-t-il. « totalement fichu. le catogan est une coutume de notre clan, tous les hommes la portent. qu'est-ce que je vais faire ? je ne peux plus être le chef du clan, faut que je me retire, que je m'exile et-.. »
- « tu n'en fais pas un peu trop, là ? » demanda-t-elle, un sourcil arqué.

Un grognement s'échappa des lèvres du brun ; qu'est-ce qu'il allait faire, maintenant ? Les longs cheveux bruns étaient un signe de reconnaissance entre hommes du clan Nara ; son grand-père portait fièrement la queue-de-cheval, son père en avait fait de même et lui, il n'avait jamais eu les cheveux courts de nouveau, après qu'ils aient assez poussé dans son enfance, pour que ses parents puissent en faire un catogan. Les mains délicates de son épouse attrapèrent la serviette et elle acquiesça, un petit sourire au coin des lèvres.

- « vois le bon côté des choses. » souffla-t-elle. « tu ne risques pas de perdre ton oreille. »

Shikamaru lui balança un simple regard noir en réponse à son insolence, dans un moment aussi catastrophique ; la blonde lui intima silencieusement de remettre ses fesses sur la chaise et attrapa la paire de ciseaux.

- « hors de question. » s'exclama le brun, les sourcils froncés. « je suis assez défiguré. »
- « Shikamaru. » commença-t-elle, sévèrement. « tu as des mèches d'une vingtaine de centimètres et d'autres qui n'en font pas plus de cinq. assis-toi que j'arrange au moins ce chaos. »
- « je suis fichu. » répéta-t-il, en s'installant sur la chaise. « je ressemble à rien, je manque d'oxygène.. je m'étouffe, Temari. dis-moi adieu, donne-moi un dernier baiser, avant ma m-.. aïe. »

Le doigt de la blonde claqua brutalement contre la plaie à l'oreille de l'homme et il lui jeta un énième regard noir, les sourcils froncés ; ne pouvait-elle pas être sympathique avec lui ? Il croisa les bras sur le torse, une moue boudeuse sur les lèvres, tel un enfant ; derrière lui, Temari tentait maladroitement d'arranger les cheveux de son époux. Mitsuha avait fait du grand art ; le stratège allait être dans l'obligation de porter les cheveux courts, pendant un très long moment. Une grimace déforma ses lèvres et elle entreprit de mettre toutes les mèches à la même longueur, sept centimètres.

- « je suis fichu. » murmura le brun, dans un souffle désespéré.

Pendant un court instant, l'image des cheveux bleus de sa meilleure amie lui vint en mémoire ; à l'époque, ils atteignaient à peine la quinzième année de leurs existences. La blonde s'était pointée au terrain d'entraînement un matin, les cheveux d'une couleur anormale ; après de longues minutes de panique, Chôji et lui s'étaient rendu compte que ce n'était qu'une perruque. Peut-être qu'il pourrait en trouver une, lui aussi.

Le tintement de la paire de ciseaux sur le lave-linge le tira de ses pensées et il n'osa même pas prendre une inspiration, lorsque son épouse se glissa face à lui ; elle observait silencieusement l'étendue des dégâts, ce petit sourire mal à l'aise au coin des lèvres.

- « c'est terminé. » déclara-t-elle. « c'est plutôt.. pas trop mal. »
- « tu ne sais vraiment pas mentir, Temari. » grogna le brun, en passant une main sur son visage. « c'est horrible, avoue-le. »

Il se haïssait pour ne pas avoir compris que ce n'était pas Temari derrière lui, une demi-heure plus tôt ; un soupir s'échappa des lèvres de son épouse et elle croisa les bras sous sa poitrine.

- « écoute, ce n'est pas trop mal, d'accord ? » souffla-t-elle. « mais.. c'est sûr que ce n'est pas.. comment est-ce que je pourrais dire ? c'est.. différent, forcément. »
- « est-ce que c'est une façon gentille de me dire que je suis moche ? » questionna-t-il, un sourcil arqué.
- « laisse-moi un peu de temps, je t'ai toujours connu les cheveux longs. » répliqua-t-elle.
- « mais moi aussi, figure-toi. » s'exclama-t-il. « je me suis toujours connu les cheveux longs. »

Le brun semblait en proie à la panique, et sincèrement, elle ne savait pas réellement quoi dire pour rendre les choses plus simples ; dans le fond, elle se doutait que ça le touchait encore plus que ce qu'il montrait. Le clan Nara était l'héritage que son père lui avait laissé en perdant la vie sur le champ de bataille et le brun s'efforçait de faire les bonnes choses depuis tout ce temps, quelles que soient les difficultés. Le catogan était cette fichue coiffure que le brun arborait fièrement constamment. Un grognement s'échappa des lèvres du garçon et dans un geste habile, mais presque effrayé, il se hissa sur ses deux pieds ; il se tira maladroitement jusqu'au miroir et grimaça en contemplant son reflet.

- « c'est.. » commença-t-il, le souffle tremblant. « très.. court. »
- « je suis désolé. » s'excusa la blonde, en se rapprochant de lui. « j'ai fait ce que je pouvais. »

Il se souvenait ; enfant, les cheveux longs l'avaient rapidement épuisé. Il avait hurlé contre son père qu'il souhaitait les cheveux courts, qu'il s'en fichait de ce fichu clan et de ces coutumes ; mais à la dernière minute, alors que sa mère tenait une paire de ciseaux si près de ses mèches, il avait grogné et avait refusé. Shikaku avait toujours été si classe avec les cheveux longs et bien que l'entretien l'ennuyait, le garçon haut comme trois pommes voulait plus que tout être comme son père.

La main délicate de son épouse passa dans ses mèches courtes et il retint un énième soupir, les sourcils froncés ; dans un geste doux, elle passa un bras autour de la taille du brun et le tira contre elle, poitrine contre dos.

- « ils repousseront. » souffla-t-elle.
- « je me sens.. nu. » avoua le brun, une grimace au bord des lèvres.
- « ça, ça peut s'arranger très vite. » murmura-t-elle, contre la peau de son dos.

Malgré lui, un fin sourire déforma sa bouche et agilement, il se tourna contre elle, une moue boudeuse sur les lèvres.

- « arrête, je suis énervé. » rappela-t-il.
- « oh, mais ça se voit. » lâcha-t-elle, dans un souffle sensuel. « d'ailleurs, c'est ça qui m'excite, sûrement pas tes cheveux. »
- « tu es un monstre. » grogna-t-il, d'une voix rauque.

Elle se moquait ouvertement de lui, et quelque part, ça le rassurait. L'une des mains de la trentenaire glissa lentement le long de son torse, avant de se perdre dans le vieux bas de jogging brun qu'il portait ; il n'arrivait toujours pas à avoir une érection, mais ils tentaient encore et encore.

- « maman. » entendirent-ils. « je suis rentré, je suis avec le docteur Uchiha et Sarada. »
- « merde. » souffla-t-elle, vulgairement.

Un doux rire s'échappa des lèvres du brun et il arqua un sourcil.

- « c'est dingue qu'il intervienne à chaque fois que je suis à deux doigts de te prendre. » grommela-t-elle.
- « tu veux plutôt dire, quand je suis à deux doigts de te prendre ? » rectifia le brun, les bras croisés sur son torse.
- « fais le malin, Shikamaru. » lança-t-elle, amusé. « mais Sakura et sa fille sont dans le salon et tu n'as plus de cheveux sur la tête. »

Le sourire sur les lèvres de l'homme s'effaça immédiatement et un brin de panique perla dans ses iris ; pendant une seconde, il hésita à faire comme s'il n'était pas là, puis se rappela qu'elles emménageaient ici. Ils avaient pris la décision de faire ça le plus vite possible, pour éviter que les deux femmes du clan Uchiha n'aient à vivre une nuit de plus dans ces conditions. Un grognement s'échappa de ses lippes et il passa, par habitude, une main dans ses cheveux ; un frisson le prit et il mima un vomissement, face à son épouse.

- « je ne me sens pas bien. » tenta-t-il. « je pense que je devrais me cacher dans notre lit, en attendant de m-.. »
- « ne rêve pas. » claqua la blonde, les sourcils froncés. « il y a un tas de cartons qui t'attendent patiemment, mets un tee-shirt et bouge ton cul. »

Elle accompagna ses mots d'un doux baiser sur la commissure des lèvres du brun et s'échappa de l'autre côté de la porte ; les mains légèrement tremblantes, il attrapa un haut, où le signe de son clan était fièrement brodé et l'enfila, un soupir au bord des lèvres. Temari était le caractère fort de ce couple et s'il n'avait pas si peur d'elle, il aurait certainement pris la fuite dans la chambre, il se serait caché sous les couvertures et en serait sorti deux ans plus tard, une belle chevelure brune en plus. Un grognement s'échappa de ses lèvres et il se tira maladroitement dans le corridor. Un rire, sûrement celui de Sarada, flotta dans les airs et il déglutit.

- « elle est tellement adorable. » entendit-il. « Mitsuha, tu ressembles à une princesse. »

Le doux rire de sa fille accompagna les mots de l'adolescente et il se hissa, le souffle court, dans l'encadrement de la porte ; quelques nuances de rose sur les joues. Shikadai observait, un fin sourire au coin des lèvres, la brune qui jouait doucement avec l'enfant ; il était sur le point de prendre une gorgée de son soda, lorsque ses prunelles d'un bel émeraude s'arrêtèrent sur la silhouette de son père.

- « oh putain de merde. » s'exclama-t-il.
- « Shikadai. » le réprimanda Temari, les sourcils froncés. « ton langage. »
- « c'est quoi ce bordel ? » questionna-t-il, en pointant du doigt l'adulte.

Un sourire poli, qui ressemblait bien plus à une grimace, déforma les lèvres du brun et il salua les invités, en se penchant doucement en avant ; la rose déposa un regard surpris sur lui, un sourcil arqué.

- « c'est.. très court. » lâcha-t-elle.
- « Shikamaru. » appela Temari, un fin sourire au coin des lèvres. « assis-toi, tu es tout pâle. »

D'une démarche lente, presque assommée, le brun s'exécuta et s'installa sur un fauteuil hasardeux, honteusement ; il n'osait même pas penser à ce que dirait sa mère.

- « qu'est-ce qu'il s'est passé, maman ? » demanda l'adolescent. « tu n'étais pas juste censé raccourcir un peu ? »
- « si, mais ton père s'est endormi, pendant que je m'occupais de toi et Mitsuha s'est amusé avec les ciseaux. » expliqua la concernée.

Shikadai étouffa difficilement un rire entre ses lèvres et acquiesça ; pendant une demi-seconde, il hésita à féliciter l'enfant, mais se ravisa bien vite. Il ne l'aimait toujours pas, au fond, n'est-ce pas? Il ignora le regard noir que son père lui lançait et avala la fin de son soda.

- « tonton attend devant la maison, avec les quelques cartons. » rappela le brun, un sourire au coin des lèvres.

Dans un hochement de tête entendu, le père et le fils se hissèrent sur leurs deux pieds ; la rose s'empressa de faire de même, mais Temari l'attrapa par le bras et l'emmena dans la cuisine, un sourire amusé au coin des lèvres. Shikamaru et elle s'étaient mis d'accord sur le fait d'alléger le plus possible le quotidien de la médecin, le temps qu'elle se remette correctement des trop nombreuses pertes qu'elle avait subi en si peu de temps. Elle s'occupait férocement de tout le monde, mais qui s'occupait d'elle ? Sarada observa silencieusement sa mère disparaître dans la cuisine, un fin sourire au coin des lèvres et s'extirpa de la demeure. Une partie d'elle haïssait l'idée de vivre loin des derniers souvenirs de son paternel, mais l'autre était amplement heureuse ; elle espérait que sa mère se remette doucement, qu'elle prenne soin d'elle.

- « alors là. » entendit-elle. « ça vaut une nouvelle photo de famille, ça. »
- « tais-toi, Kankuro. » grogna le chef du clan Nara. « ou j'appelle ta sœur. »

La menace fit immédiatement effet ; le sunien se calma, dans un soupir.

- « tous les cartons sont là. » expliqua-t-il. « vous vous en occupez ? j'ai du boulot. »
- « Tenten ? » demanda le brun, les bras croisés sur son torse.
- « oui. » acquiesça-t-il. « d'autres examens médicaux. »
- « passe lui le bonjour de ma part. » souffla Shikamaru.

Le frère du kazekage acquiesça, salua poliment les adolescents et disparut au détour d'une ruelle ; sa grande-soeur lui avait passée un appel, très tôt ce matin, en lui demandant de prendre en charge le déménagement des Uchiha. Il n'était peut-être pas ami avec ce Sasuke Uchiha, mais l'épouse de celui-ci lui avait sauvé la vie, à lui et à Gaara ; il avait dit oui, sans hésitation et avait débarqué au travail de Sakura.

Sarada se rapprocha doucement des cartons et en attrapa un au hasard, mais deux mains s'empressèrent de lui prendre ; les sourcils froncés, elle se heurta au regard vert de Shikadai.

- « je m'en occupe, repose-toi. » ordonna-t-il, un fin sourire au coin des lèvres.

Et sans attendre, l'adolescent disparu dans la demeure. La brune observa silencieusement quelques minutes l'endroit où la silhouette du brun avait prit la fuite ; il était, à ses yeux, un camarade de classe, l'un des meilleurs amis de Boruto, rien de plus. Pourtant, le décès de son père les avait rapprochés d'une certaine manière ; partout où son regard se posait, elle tombait sur lui et ce sourire maladroit. Un grognement s'échappa de ses lèvres ; comment cet idiot pouvait-il mettre autant le bordel dans ses pensées ? Elle attrapa un carton au hasard et retourna à l'intérieur.

Temari glissa doucement ses mains sous les aisselles de la tendre petite fille et la déposa sur l'une des chaises de la cuisine, un fin sourire au coin des lèvres ; dans une autre situation, ils l'auraient sûrement grondé pour sa bêtise précédente, mais chaque fois qu'ils haussaient le ton ou qu'un bruit la surprenait, elle paniquait. Et ça, cette image la déchirait.

- « pourquoi je suis là, déjà ? » questionna la rose, un sourcil arqué, une tasse de café dans les mains.
- « parce qu'ils peuvent très bien se débrouiller sans toi, pour les cartons. » répondit la blonde, une pointe de malice dans les iris. « et que-.. »
- « Sakura. » s'exclama la voix grave de Shikamaru.

Le brun se tenait dans l'encadrement de la porte de la cuisine, le regard déterminé.

- « oui ? » répondit-elle, les sourcils froncés.
- « je suis sûr que tu peux faire pousser mes cheveux plus vite, toi. » lança le brun, dans plusieurs hochements de tête.
- « pardon ? » lâcha-t-elle.
- « bah, tu peux le faire, non ? » répéta-t-il. « avec ta médecine, tu as juste à faire un truc avec ton chakra et bam, je suis de nouveau beau. »

Un rire s'échappa des lèvres de Temari et se répercuta joyeusement dans la pièce ; un grognement au bord des lippes, il l'ignora simplement et porta un regard empreint d'espoir sur la rose. Où diable était-il allé chercher une telle idée?

- « dis-moi, Shikamaru. » commença la sunienne. « par hasard, ce ne serait pas ton fils qui t'a mit cette idée en tête ? »
- « bah si, pourquoi ? » approuva-t-il, les sourcils froncés.
- « je me disais, aussi. » souffla-t-elle. « j'étais effrayé, pendant deux petites secondes, à l'idée que ce soit moi qui ai malencontreusement touché tes neurones. en fait, tu es juste idiot quand il s'agit de ton fils. »
- « tu sais quoi ? » grogna le brun. « j'aimerais bien te voir sans cheveux. j'suis sûr que tu ferais moins la maligne. »
- « mais ça, ça n'arrivera pas, mon cœur. » répliqua-t-elle. « parce que je suis assez intelligente pour ne pas somnoler, pendant qu'une paire de ciseaux traîne près de mes cheveux, alors que j'ai trois enfants. »
- « tu sais quoi ? » s'exclama-t-il, quelques nuances de rose sur les joues. « eh bah, je.. rah, tu m'énerves. »

Le brun s'extirpa immédiatement de la pièce, dans un tas de grognements incompréhensibles. Elle, elle était fière ; parce que, plus les jours passaient, plus elle se sentait effleurer l'homme qu'elle aimait. Il guérissait lentement, mais il guérissait. Un sourire niais sur les lèvres, elle entreprit de préparer un biberon pour Shikae, qui attendait patiemment dans sa chaise haute ; observant silencieusement, de la bave au bord des lèvres, sa sœur qui jouait avec une poupée.

- « il est traumatisé, hein. » souffla la rose, amusée.
- « totalement. attends qu'il se retrouve devant sa mère. » approuva-t-elle, dans un rire indiscret.

Un fin sourire déforma les lèvres de la rose ; le premier vrai sourire depuis plusieurs jours. Est-ce qu'elle était en colère ? Forcément, ça la brûlait, là, dans sa cage thoracique ; elle aimait profondément son époux, mais il avait, encore une fois, choisi une option, sans prendre en compte son avis. Sasuke avait abandonné sa fille, derrière lui ; et ça, c'est ce qui lui faisait le plus mal. Qu'était-elle censée dire à sa fille? Comment était-elle censée expliquer le geste qu'il avait eu?

D'un geste agile, il attrapa la bouteille d'eau que la brune jetait vers lui et la remercia d'un hochement de tête ; ils avaient déplacé quasiment tous les cartons qui contenaient les affaires de l'adolescente dans la chambre, près de la sienne. Lorsque ce matin, ses parents lui avaient demandés si cette option, où la rose et sa fille emménageaient dans la demeure, le dérangeait, il avait réfléchi silencieusement plusieurs minutes. Et l'image de cette fichue pièce de shôgi ne l'avait pas quitté, une seule seconde. Son regard s'accrocha une seconde à la silhouette de la brune, à quelques mètres de lui, qui déballait doucement certaines affaires ; il le sentait au plus profond de lui, il allait se battre, il ne cesserait jamais, pour elle. Et si à cet instant, il n'était qu'un adolescent idiot, il ferait ce qu'il faut pour devenir un homme, aussi intelligent et fort que son père. Parce qu'il n'avait aucun doute sur une chose ; Sarada Uchiha était son roi.

- « qu'est-ce que tu regardes, pervers ? »

La voix de l'adolescente le tira de ses pensées et un rire s'échappa de ses lèvres.

- « le carton. » répondit-il, une moue moqueuse au bord des lèvres. « il est exquis, tu ne trouves pas ? »
- « tu es un idiot. » souffla-t-elle. « tu sais, tu n'es pas obligé de te forcer à m'aider constamment. ça va, Shikadai. »
- « qu'est-ce que tu racontes ? » répliqua-t-il. « je ne me force pas. je suis là, parce que j'en ai envie. »

Loin d'être convaincu, la brune acquiesça et termina de ranger les quelques vêtements du carton, dans la commode. Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi le clan Nara était si gentil avec eux, mais ils l'étaient et ça mettait un peu de bonheur dans sa cage thoracique. Sasuke lui manquait terriblement, peut-être qu'elle ne l'avait pas connu très longtemps, mais il lui manquait ; qu'est-ce qu'elle ferait maintenant, sans lui ?