Bonjour/bonsoir! Ainsi donc s'achève ce premier tome de "Doctor Grace", que j'ai donc commencé à écrire en 2017. Ce dernier chapitre est donc l'épilogue, une petite conclusion pas piquée des hannetons et je posterai d'ici quelques, sur cette même fiction, un extrait du tome 2 ; une sorte de "teaser", en gros :-)
J'espère sincèrement que cela vous a plu, et si vous êtes arrivés jusqu'ici, MERCI de vous être accrochés jusqu'au bout, de ne rien avoir lâché!
Sur ce, je vous laisse avec l'épilogue de "Doctor Grace-Lost"
Bonne lecture!
2 mars 2015
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Bien que sa tour soit incroyablement bien insonorisée, il avait entendu du bruit trois étages plus haut, ce qui l'avait surpris, d'autant plus que Friday venait de lui apprendre que l'un de ses fichiers classés « confidentiel » avait été ouvert sans autorisation. C'est donc d'assez mauvaise humeur qu'il avait pris l'ascenseur pour se rendre au dix-neuvième étage. L'intelligence ne lui avait pas précisé de quel fichier il s'agissait en particulier, mais s'il détestait bien une chose, c'était que l'on fouille dans ses affaires -même si lui, il passait son temps à fourrer son nez dans celle des autres sans la moindre gène-. Il préférait clairement garder certains éléments pour lui, c'était bien pour cela qu'il avait installé une sécurité. Seulement, quelqu'un était passé au-dessus, il se mit donc à penser à un nouveau type de pare-feu qui fonctionnerait à cent pourcents.
Lorsqu'il arriva au bon étage, il fit quelques pas et vit, de loin, la porte du laboratoire ouverte et les lumières allumées. « Et qui c'est qui va encore payer les factures ? » pensa-t-il en soupirant, avant de se souvenir qu'il avait largement les moyens pour assumer une surconsommation d'électricité. Mais bon, c'était une simple question de principe. Il marcha en direction de la pièce et jeta un rapide coup d'œil à l'intérieur, ne sachant à quoi s'attendre avant d'entrer. Pour commencer, il fut grandement surpris de voir sa collègue assise contre un mur, un genou ramené contre elle, l'autre jambe tendue, tête baissée, arme au poing. Puis après, il vit la mare de sang visible dans la cellule de la Panic Room, ainsi que le cadavre de Decker.
-Beckmann ?
Il voulait l'aider, savoir ce qu'il s'était passé, mais il n'osait pas dire grand-chose, vu l'état dans lequel elle était. Il fit un pas en avant, assez hésitant. Elle regardait le sol devant elle, totalement immobile. Tony voulut s'approcher davantage, mais le fait qu'elle ressert un peu plus sa main autour de l'arme à feu l'en dissuada. Il se demanda ce qui avait pu la pousser à bout pour qu'elle se décide à achever le scientifique d'une balle dans la tête. Avait-il essayé de pirater ses fichiers, et elle l'avait arrêté ? Il l'ignorait. Tout ce qu'il s'avait, c'était que l'un de ces fichiers était affiché sur l'écran au mur, attendant qu'on lance la lecture.
-Je me souviens de tout, murmura-t-elle subitement, brisant ainsi le terrible silence qui s'était installé.
Il la regarda, mettant un court instant à comprendre. En revanche, il ne savait pas pourquoi elle était dans cet état. Il en connaissait long sur elle, sur la façon dont Decker l'avait traitée pendant plusieurs mois, les moyens qu'il avait mis en place pour essayer de la faire basculer du mauvais côté. Ce qu'elle avait traversé était horrible, il s'en rendait bien compte. Mais il avait cru qu'elle avait su laisser cela derrière elle, alors pourquoi la voyait-il aussi démunie à cet instant précis ? Quel événement avait pu survenir ? Pourquoi paraissait-elle si déprimée, alors qu'apparemment, elle connaissait la vérité ? Le sang de Decker continuait à s'étendre sur les carreaux de carrelage, s'immisçant dans les joints qui les retenaient assemblés.
-Qu'as-tu dis, lui demanda-t-il, voulant être certain d'avoir bien compris.
-Je me rappelle de ce qu'il s'est passé, lui dit-elle sans lever la tête vers lui. Tout est revenu.
Il la regarda avec une certaine appréhension, ne sachant trop à quoi s'attendre. Le ton qu'elle employait était glacial. Aussi glacial que la fois où elle et lui s'étaient disputés et qu'elle avait pris la décision de quitter la Tour. Et il savait que cela ne lui ressemblait pas.
-Je n'avais pas quatorze ans, lorsque j'ai intégré le SHIELD. J'en avais deux de moins. Tout ce qu'il s'est passé… J'ai revu l'accident, reprit-elle d'un ton neutre et plutôt bas. J'ai ressenti l'impact, et la tige de métal s'enfoncer dans mon épaule. Le débris avait dû se décrocher de sa structure au moment de l'impact… J'ai aperçu la silhouette ouvrir une porte et tuer l'homme qui était assis devant moi. Il a fait de même avec elle…. C'était ma mère, soupira-t-elle.
Tony, silencieux, l'écoutait. Il ne voulait pas l'interrompre.
-Je me suis revue sortir de ce conditionnement pour essayer de m'échapper après qu'il les ait tués. Je rampais dans la neige, il y avait du sang partout. La douleur était insoutenable. Puis, j'ai vu un téléphone portable qui commençait à doucement disparaitre sous une fine couche de flocons. Il avait dû tomber de la poche de l'autre personne -probablement mon père…-. Je ne savais pas quoi faire. J'ai voulu l'attraper pour appeler les secours. Je savais comment ça marchait, ajouta-t-elle, toujours à voix basse. Il faisait si sombre… Et le temps que je ne parvienne à appeler quelqu'un, une machette s'est abattue devant moi, poursuivit-elle en baissant brièvement les yeux vers la main. Je me souviens avoir beaucoup pleuré… Lorsque je me suis retournée pour voir celui qui nous avait fait tant de mal, mais ma vision était encore trop trouble sur le moment… Il a détruit le portable, puis il m'a laissée là un moment, je l'ai regardé s'éloigner de quelques pas. Il est allé chercher quelque chose près de ce qui semblait être sa moto. C'était un grand sac en toile. Il l'a ouvert et à mit ce qu'il y avait à l'intérieur à la place que j'avais occupée avant que je ne tente de m'enfuir.
Tony leva les yeux vers l'écran et reconnut le nom du fichier qui avait été ouvert. Il avait effectivement ordonné à Jarvis d'empêcher qui que ce soit de l'ouvrir, et de le prévenir immédiatement si cela se produisait. Une question trottait donc dans sa tête ; pourquoi l'avait-elle ouvert ? Après tout, cela ne la concernait pas, avait-il jugé.
-Il a vidé le sac, reprit-elle. Elle me ressemblait tellement… C'en était effrayant. A croire qu'ils avaient tout organisé pour faire passer cela pour un accident. Je ne sais pas où ils avaient trouvé ce cadavre, ni ce qu'ils lui avaient fait avant de la tuer. Mais j'avais l'impression de me voir dans un miroir.
Le milliardaire l'observait, se sentant de plus en plus mal pour elle. Ces quelques phrases avaient déjà suffi à plomber sa « bonne humeur ».
-Il m'a attrapée et m'a balancée sur son épaule avant d'enfourcher sa moto et de filer dans la nuit. J'étais trop fatiguée pour lutter. Puis je me suis réveillée dans cette base sombre de Sokovie, avec cinq ou six médecins penchés au-dessus de moi, s'assurant que je n'étais pas morte. Puis l'Enfer a commencé, sans que je ne sache ce qui m'avait amenée jusque-là. Je ne sais pas qui m'y a conduite. Je ne le saurais probablement jamais.
Elle redressa légèrement la tête, sans pour autant regarder Tony.
-Mais le plus important reste ce qu'il s'est passé très exactement dix-sept jours plus tôt, reprit-elle, tandis que sa voix avait perdu ce ton dur et froid, pour être remplacé par quelque chose de plus sensible et triste. Dix-sept jours avant que tout ne bascule brusquement, dix-sept jours durant lesquels j'étais loin de me douter de ce qui allait m'arriver… Nous arriver.
-… Que s'est-il passé, demanda doucement Tony.
-… Plus de deux semaines avant l'accident, il était revenu me voir. Je ne l'avais pas vu depuis quelques jours, et il savait à quel point il me manquait. Il a fait le déplacement pour me rendre visite, même s'il appréhendait la façon dont les autres allaient réagir. Nous sommes sortis. Il m'a emmenée jusqu'au parc où nous avions l'habitude d'aller, lorsqu'il vivait encore avec nous. Nous y sommes restés tout l'après-midi, à parler de ses futurs projets qu'il souhaitait mettre en place, de ce qu'il aimerait faire plus tard… De nos envies pour l'avenir, dit-elle. Il voulait la paix dans le monde, je voulais qu'il revienne à la maison. Il m'a dit qu'il ne pouvait pas à cause de la situation familiale problématique. Il devait repartir dans la soirée, mais je ne voulais pas qu'il s'en aille. Alors il m'a promis d'attendre le lendemain.
La flaque de sang continuait de s'étendre et le néon grésilla durant l'espace d'une demi seconde.
-On s'est assis sur un banc public. Il y avait des fleurs qui avaient survécu à la chute des températures de ce mois d'hiver. Je ne sais pas comment elles ont fait, mais elles étaient magnifiques. Il s'est penché pour en cueillir une et me l'a tendue. C'était une fleur de Lys, d'un blanc aussi pur que la neige qui recouvrait les routes, et dont l'intérieur des pétales avait une teinte légèrement orangée, souffla-t-elle avant de marquer une courte pause. Il n'a jamais su pour mes pouvoirs, que ce soit ceux liés à la nature ou bien ces dons télépathiques… Je n'ai pas eu le temps de lui en parler.
D'un mouvement du poignet, elle fit apparaitre quelques étincelles, puis une sorte de sphère lumineuse se dessina et à l'intérieur se trouvait la plante en question.
-Je l'avais avec moi le jour de l'accident, murmura-t-elle. Je l'ai conservée depuis…
Tony la regarda avec incompréhension, en fronçant les sourcils. Ce qu'elle disait le perturbait plus qu'autre chose, et il se demandait pourquoi cela lui paraissait si étrange. Em fit ensuite disparaitre la fleur et poursuivit son récit.
-Il a recommencé à neiger. Il m'a mis un bonnet et a passé sa propre écharpe autour de mon cou avant de m'aider à me redresser, puis nous nous sommes remis à marcher, tandis que le vent soufflait. Il a reçu un appel, mais il n'a pas répondu. Quand je lui ai demandé pourquoi, il m'a simplement dit que c'était parce qu'il préférait passer du temps avec moi. J'ai trouvé ça très gentil de sa part, surtout que je savais qu'il était très occupé. Nous avons beaucoup marché. Beaucoup parlé. Lorsqu'il a commencé à faire trop froid, il m'a conduite à l'intérieur d'un café qui était encore ouvert, malgré l'heure tardive. C'était un endroit qu'on avait l'habitude de fréquenter en famille, avant que les disputes ne commencent entre certains membres. Depuis, il n'y avait plus que nous deux qui nous y rendions. Une femme est ensuite arrivée pour nous saluer. C'était la gérante, dit-elle, se souvenant de nombreux détails de cette journée.
L'inventeur n'osait plus bouger. Tout ce qu'elle racontait avait un énorme impact sur ce qu'il ressentait. Et il savait pourquoi. Il se pencha doucement et ramassa les quelques feuilles du dossier qui étaient tombées sur le sol -après qu'Em les ai lâchées, peu de temps avant qu'elle ne mette fin aux jours de Decker, dont le cadavre semblait s'être entièrement vidé de son sang-.
-Elle s'appelait Christiane. Son père lui avait légué l'endroit depuis une dizaine d'années, et elle était toujours ravie de nous recevoir. Ce soir-là, nous étions ses tous derniers clients. Elle lui a offert un café, et à moi, un chocolat chaud. « Pour la route », nous avait-elle dit avec un sourire. Elle savait qu'il allait bientôt devoir s'en aller, elle connaissait suffisamment notre famille pour comprendre pourquoi il ne pouvait pas rester plus longtemps.
Tony commença à parcourir les feuilles qu'il avait ramassé.
-Il avait promis quelque chose, ce jour-là, murmura-t-elle. Il m'avait juré qu'on ne serait jamais séparés, qu'il reviendrait toujours vers moi, quoi qu'il arrive… Que je ne serais jamais seule. Il m'avait fait la promesse d'arranger les choses pour que tout aille bien, comme avant. Je voulais que l'on forme à nouveau une famille… J'avais peur que toute cette histoire ne nous détruise totalement, lui, moi et nos parents. Il m'a regardé droit dans les yeux et m'a dit ; « Pas un seul individu sur cette planète ne sera en mesure de se placer entre toi et moi, du moment que je suis là pour te protéger ». Cette journée du 30 novembre est probablement l'une des plus importantes qui soit, car c'est la dernière fois que j'ai eu l'occasion de le voir avant l'accident, dix-sept jours plus tard, le jour de la Ste Alice… Tout a changé et je me suis retrouvée démunie, sans le moindre repère. Je n'avais plus rien… Plus personne.
Elle se remit à pleurer en silence. Elle avait l'impression que ses larmes étaient comme des lames de rasoir qui venaient lui lacérer les joues. Tony acheva sa brève lecture et redressa la tête pour regarder la mutante, étant intérieurement dans le même état qu'elle.
-Je l'ai perdu, murmura-t-elle. Pendant vingt-trois ans, je l'ai perdu lui…
L'inventeur ouvrit la bouche pour parler puis se ravisa, ne sachant par où commencer. Il tremblait énormément, suite à tout ce qu'elle venait de lui raconter, ainsi que les lignes qu'il avait lues. Il avait eu du mal à comprendre comment elle faisait pour connaitre autant de détails. La fleur, l'écharpe, Christiane, la phrase, la Ste Alice. Toutes ces choses valsaient dans son esprit dans un affreux tourbillon qui lui donnait mal au crâne. Il fit quelques pas en avant.
-… Comment… murmura-t-il d'une voix aussi basse que celle d'Em.
Elle enfouit son visage entre ses mains, toujours assise sur le sol, contre le mur. Tony continua d'avancer, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'un mètre entre eux.
-Je me souviens… C'est revenu, je me souviens de tout… Et… Ce n'était pas le prénom « Em » dont je me souvenais. C'était la lettre. La lettre « M »…
L'homme s'accroupit lentement à la hauteur de la mutante, laissa le dossier sur le sol à côté d'eux. Après cela, il attrapa, tremblant, les mains de son amie, la forçant ainsi à le regarder. Elle put voir des larmes perler aux coins des yeux de Tony, ce qu'elle n'aurait jamais su visualiser si on le lui avait dit. Il la regarda quelques instants, secondes durant lesquelles ils ne dirent absolument rien, puis au bout d'un moment, malgré la boule qui s'était formée dans sa gorge, il parvint à murmurer d'une voix brisée ;
-… Maddie ?
Bon, entre nous, on est d'accord que tout le monde avait cramé ça depuis le début, hein XD Bref, encore merci de vous être arrêtés ici pour lire cette fanfiction, en espérant que vous avez apprécié votre lecture, et à bientôt pour le teaser du tome 2!
-Leelou
