Drago n'avait pas prévu d'aller à l'audience d'Hermione. Mais il s'était retrouvé au tribunal un peu sans savoir comment, et il soupçonnait un de ses elfes de l'avoir "aider" à s'y rendre. Une fois sur place, autant y assister. Caché au fond de la salle, au contraire de leurs amis qui étaient tous au premier rang, Drago avait sentit son cœur rater un battement en la voyant passer la double porte, suivie de Pansy. Elle portait une blouse large qui la couvrait jusqu'aux chevilles et Drago imaginait sans peine qu'elle voulait cacher l'intensité de sa dépression aux gens qui l'entouraient.

Drago devait cependant reconnaitre qu'elle avait meilleure mine. Elle était encore un peu mince et avait encore le visage un peu creusé, mais les cernes avaient disparu et elle semblait reposée. Son regard n'était plus celui d'une biche effrayée, surprise par le transplanage d'un sorcier. Bien qu'il y discerne encore quelques lueurs d'appréhension qu'il mit sur le compte de la foule, elle avait vraiment l'air d'aller mieux. Pansy avait peut-être raison finalement. Cela lui fit mal de l'admettre, mais Hermione n'avait apparemment plus besoin de lui, clairement. Il ne savait pas trop comment le prendre, mais à cet instant précis, il se sentait de trop. Indésirable.

Il resta néanmoins, et bien lui en prit, car il put ainsi assister à la renaissance du Phénix. Sa belle Hermione Granger, affrontant les foules et dévoilant ses tourments les plus secrets, leurs causes et leurs conséquences. Il vit aussi Dedalus perdre les pédales et de jeter sur la jeune femme. Drago réagit au quart de tour, et bien lui en prit car Ron, qu'il avait vu esquissé un mouvement, c'était figé quand Dedalus avait saisi Hermione à la gorge. Probablement par peur de toucher la jeune femme. Lui ne fut pas aussi hésitant et son sortilège d'expulsion envoya littéralement Wringleton voler et s'écraser contre l'estrade de la juge. Il croisa brièvement le regard de la jeune femme, puis la panique et la foule les séparèrent. Sans attendre, il quitta le tribunal et rentra chez lui. Il savait qu'elle ne risquait plus rien, après un tel comportement de la part de Dedalus. Cet imbécile avait creusé sa propre tombe, et bien qu'Azkaban ne soit plus aussi lugubre qu'avant, il y avait de fortes chances qu'un individu tel que lui n'y survive pas.

Lorsqu'il arriva chez lui, il était midi passé. Becky, impressionnante de bon sens, ne lui avait préparé qu'une légère collation et une bonne dose de whisky. Bien que la bouteille fut présente sur le plateau, il ne se resservit pas. Drago était obsédé par les cicatrices d'Hermione. Et surtout par le regard que la jeune femme leur portait. A titre personnel, et pour être franc, voir vulgaire, il s'en battait totalement les couilles qu'elle soit ainsi scarifiée de la tête au pied. Il l'aimait, avec ou sans traces de mutilation. Mais il savait, grâce à Pansy entre autre, qu'Hermione e les supportait pas. Il n'était pas spécialisé dans les soins, mais il était bon en potions, après tout.

Il prit sa décision. Puisque son projet actuel de traitement ne fonctionnait pas, il allait le modifier pour faire un baume cicatrisant exceptionnel. Il en existait déjà, mais Hermione les avait essayés et cela n'avait rien arrangé pour elle. Fort de son choix et avec un nouvel objectif en tête, il se rendit dans son laboratoire, après avoir remercié Becky, et se mit au travail. Il se doutait bien qu'il n'allait pas trouver la recette parfaite en quelques heures, mais à la fin de la journée, il avait plusieurs ébauches et listes d'ingrédients à trouvee, à mélanger et à tester. Il songea aussi qu'il allait devoir trouver un cobaye, quitte à se scarifier si besoin. Alors que l'heure du dîner était passée depuis longtemps, il sentit que quelqu'un venait de transplaner sur sa propriété. Qui pouvait bien venir à cette heure-ci ?

En râlant, il jeta son tablier sur le plan de travail et se rendit dans l'entrée, pestant contre les visiteurs inattendus et songeant à augmenter ses sortilèges de protection. Une fois sur le perron, il avisa une silhouette qui se rapprochait, mais impossible de discerner son visage. Soudain, la silhouette s'arrêta, hors de portée de la lumière qui émanait de sa baguette. Drago en ressentit encore plus de frustration.

- Qui est là ? Aboya-t-il, pas d'humeur à être aimable.

La réponse lui fut donnée sous la forme d'un patronus, flottant dans la nuit et nageant jusqu'à lui. Drago se figea en voyant la silhouette de la créature. Il ne connaissait qu'une seule personne avec un patronus de loutre.