Chapitre 36
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- Et merde...
Par un effort de volonté surhumain, vous laissez Kondo à son sort et vous élancez à la poursuite de votre cible. Ça va aller, vous rassurez-vous en atterrissant vous-même au pied de la maison que vous avez descendue le long de la gouttière – cette ordure a apparemment décidé de vous semer dans le dédale de ruelles – même s'il tombe, la neige a été balayée et a été accumulée en tas au bord des routes, ça devrai amortir sa chute. Mais ce type va le payer...
Il doit avoir un bon instinct de survie, vu la vitesse à laquelle il court ; vous arrivez tout juste à le garder dans votre champ de vision, et les rues courtes et étroites dans lesquelles il s'engage et tourne sans arrêt ne vous facilitent pas la tâche. Aussi, quand une seconde silhouette surgit brusquement d'une rue perpendiculaire à votre droite, il s'en faut de peu que vous la tranchiez de votre sabre sous le coup de la surprise. Vous vous rendez compte de qui il s'agit juste à temps, votre main ayant déjà dégainé à moitié.
- Ah, tu es là ! lancez-vous à la chinoise qui court à présent à côté de vous après le voleur en fuite. Où est-ce que tu étais encore ? Tu étais partie bouffer pendant ta surveillance, la truie ?
- Qu'est-ce que tu fous là, crétin ? s'écrie-t-elle en s'apercevant de votre présence. Vire de là, c'est pas le moment de te mettre dans mes pattes !
- C'est plutôt toi qui est dans les miennes, mocheté. Tu n'étais pas supposée monter la garde dans la maison d'où il vient de sortir tranquillement ?
- On... On a rencontré des imprévus ! lâche-t-elle d'un ton furieux avec une bonne tête de coupable. Je suis justement en train de pallier l'incompétence de ces deux imbéciles !
- Profiter que tes amis ne sont pas là pour tout leur mettre sur le dos, comme c'est laid...
Mais vous devez bientôt interrompre votre dispute, de même que votre course-poursuite. Vous venez en effet d'arriver dans un cul-de-sac, et arrivée nez-à-nez avec le mur, votre proie est prise au piège comme un lapin au fond de son clapier. C'est en tout cas bien ce qu'exprime l'expression sur son visage, et c'est sans doute ce qui le pousse à cette action aussi inattendue que stupide : il se retourne soudainement et fonce sur vous, dans le but de passer en force. Aussitôt, la chinoise déploie son ombrelle, formant face à vous deux un bouclier visuel prenant toute la largeur de la ruelle étroite ; d'un élan sur le côté, vous passez derrière elle et prenez appui son ses épaules pour bondir par-dessus sa tête et celle de votre voleur. Celui-ci, l'œil attiré par votre saut, s'écarte rapidement de votre point de chute pour chercher cette fois une échappatoire par les murs ; mais alors qu'il était occupé à vous suivre des yeux, il n'a pas remarqué que l'ombrelle s'est mise en mouvement. Il ne s'en rend compte que lorsque celle-ci lui heurte brusquement le dos, lui faisant perdre l'équilibre qu'il avait réussi à garder pour s'enfuir. Ce qui vous permet, dans la demi-seconde suivant votre réception, de vous baisser, prenant appui sur une main pour faucher de votre jambe gauche celles de votre cible qui s'effondre au sol. Sans qu'il n'ait eu le temps de se redresser ou même de comprendre ce qui lui est arrivé, sa dernière vision avant de perdre connaissance est celle de deux semelles s'abattant cruellement sur sa tronche.
Cette fois, c'est bon, il ne s'enfuira plus, à priori. Vous vous rappelez à ce moment-là de la présence de Kagura à vos côtés, et croisez son regard alors qu'elle semble faire le même constat.
- Comme je te le disais, abruti de sadique, je n'ai pas du tout besoin de toi !
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Mission accomplie ! Pour l'interrogatoire tant attendu, vous devez vous rendre au chapitre 10.
