Bonjour, désolée pour le retard mais au travail, c'est la folie ! Et vu que je ne peux le faire qu'au taf...

Enfin bref, bonne lecture.


Chapitre 33 : Une nouvelle vie s'offre à nous

Les quelques mois suivants passent en l'espace de quelques instants, très rapides d'un côté mais tellement gratifiants. Nous avons passé toutes nos journées tous ensemble. Harry, Skorpius, James, Albus, notre fille au chaud dans mon ventre et moi. Harry et moi ayant démissionné lors de notre lune de miel, nous avons enfin pu profiter à loisirs de nos enfants.

Après l'annonce d'Hermione, nous avons célébré comme il se doit le sexe de notre enfant : une fille ! La première ! Nous sommes tellement heureux que nous avons déjà préparés toute sa chambre. Nous y avons certainement été un peu fort sur le rose mais rien ne sera trop beau pour notre fille.

Ses prénoms sont déjà choisis et tout est prêt à son arrivée. Il ne manque plus que son poids et sa date de naissance sur les faire-parts. Reste encore à consulter Hermione quant aux modalités de l'accouchement parce qu'autant, une femme, je sais, autant un homme. Le doute me submerge… Va-t-on être obligé de m'ouvrir ?


- Mais non, Drago, nous ne toucherons pas à ton corps. Harry me tuerait si j'osais. Tu n'as pas besoin de savoir comment nous allons extraire ta fille. Le principal, c'est que tu ne souffriras pas et elle non plus. Par contre, il faudra que cela se fasse à Sainte Mangouste. Une sorcière peut accoucher chez elle sans problème à condition que le bébé se présente bien mais pour un homme, c'est autre chose. Le corps masculin n'étant pas prévu pour cela, il va falloir que nous remettions les organes à leur place…

- Je ne veux rien savoir, stop, merci. Je ne compte pas rendre mon déjeuner. La question est donc : quand dois-je venir ?

- Crois-moi, tu le sauras. Malgré le fait que tu sois un homme, tu subiras les tourments des contractions. Et tu peux m'en croire, c'est loin d'être agréable.

- Je veux bien te croire. Ne serait-il pas préférable dans ce cas de programmer la libération ?

- Non, Drago. Elle doit rester à l'intérieur de ton corps le plus longtemps possible afin qu'elle soit le mieux formée possible.

- Oui mais, pour les femmes, vous programmez les césariennes, non ? Enfin, c'est ce que m'a dit Harry. Pourquoi ne pas prévoir l'extraction de notre fille ?

- On pourrait oui mais je préfèrerai qu'elle soit prête. Si elle essaie de sortir d'elle-même, c'est qu'elle l'est.

- Je vais devoir me fier à elle et attendre qu'elle se décide.

- Pas le choix. Au fait, avez-vous eu des nouvelles de McGonagall ?

- Pas encore, nous ne sommes qu'au mois d'avril. Elle nous a prévenus qu'il fallait qu'elle voie les professeurs actuels de défense contre les forces du mal et de potions pour savoir s'ils comptent renouveler leur contrat ou pas. Elle ne souhaite pas les mettre dehors à notre profit et telle n'est absolument pas notre intention non plus. Nous croisons les doigts bien sûr mais même si cela devait être reporté d'un an, cela ne nous dérangerait pas. Nous n'avons pas besoin de travailler pour vivre. Nous pouvons vivre sur notre argent personnel. Mais, de ce que j'ai compris, ce sont de jeunes professeurs qui se sont fixés de faire un tour du monde des écoles de sorcellerie. Ils auraient fait leurs études ensemble et sont bien décidés à ne pas faire de vieux os à Poudlard. En même temps, qui voudrait rester dans un endroit aussi froid et pluvieux quand il y a d'autres écoles comme aux Etats-Unis et plus particulièrement en Floride ou en Californie.

- A choisir, moi aussi, je partirais. Mais j'aime trop ma vie ici, ma famille, mes amis, mon travail…

- Je ne peux qu'être d'accord avec toi. Tu fais très bien ton travail. Je suis tellement content que nous nous entendions si bien maintenant, Miss-Je-Sais-Tout.

- Et moi donc Prince de Serpentard.

Nous éclatons tous deux de rire. Je finis d'ailleurs par m'asseoir car bébé pèse son poids.

- Je pense que nous aurions pu nous entendre à merveille au Collège. Enfin, nous aurions fini par nous affronter pour la première place mais cela aurait été un mal pour un bien. Nous nous serions soutenus et entraînés vers le haut.

- J'en suis persuadée. Et je ne t'aurai pas frappé en troisième année.

- Le coup de poing dans le parc ? Tu sais que j'ai bien cru que tu m'avais cassé le nez ?

- Je me doute, j'en ai souffert d'ailleurs mais j'étais tellement contente.

- Il faut dire qu'à cette époque, j'étais assez dur à supporter.

- Ton arrogance frôlait les cieux, oui.

- Ce n'est pas faux mais j'avais une réputation à tenir.

- C'est bien vrai, le prince de Serpentard, l'héritier Malefoy, le bras droit de Voldemort.

- Mon père n'était pas si gentil que ça, il avait le bras long et savait tout ce qui se passait à Poudlard. Je me suis souvent fait tirer plus que les oreilles. Il m'a déjà jeté des sorts pour me punir.

- Non ? Il a osé ?

- Qui aurait pu lui dire quoi que ce soit ? Ma mère ?

- Elle aurait été la seule à pouvoir le faire mais elle lui était tellement soumise qu'elle n'osa jamais.

- Tu ne t'es jamais senti trop seul dans ce si grand manoir ?

- Ce n'est pas tant la taille de la maison qui m'a gêné à l'époque que la solitude dans laquelle j'évoluais. J'y étais toujours seul, mon père était sans cesse au Ministère et ma mère faisait montre à tous les événements mondains. Elle était profondément bienveillante bien qu'élevée dans la famille Black, une famille de sang-pur.

- Elle a sauvé Harry en déclarant qu'il était mort face à Voldemort. Rien que pour ça, je la respecterai toute ma vie. D'ailleurs, il n'y avait personne de ta famille à votre mariage ?

- Non, mon père est exilé depuis la fin de la guerre et ma mère l'a suivi là-bas. Je vais les voir de temps en temps avec Skorpius mais il ne peut plus venir ici. Je ne leur ai pas encore parlé de mon mariage ni de mon second bébé. Ma mère sera très contente et très fière mais je ne sais pas trop comment mon père va réagir. Il ne le tient pas vraiment dans son coeur, comme tu le sais.

- Comment vas-tu faire ?

- Bonne question. Je crois que je ne me la poserai qu'après l'accouchement. Mais, dans tous les cas, il faudra bien que je les présente officiellement vu qu'il est le père de leur petite-fille.

- Espérons que ta mère arrivera à persuader ton père que seul Harry peut te rendre heureux.

- Heureusement qu'ils ne reçoivent pas non plus le journal car mon divorce ne leur serait pas passé inaperçu.

- Ah là, tu aurais eu droit à une beuglante au minimum.

- Oh, tu es encore loin du compte. Je pense plutôt qu'il se serait déplacé en personne, bravant l'exil qui pèse sur lui et qu'il serait venu m'étriper ou me lancer un sortilège de mort.

- Cela étant, tu as trouvé un bien meilleur parti qu'Astoria. Harry James Potter est largement plus célèbre qu'elle et bien plus riche.

- Je ne pense pas que ces arguments soient recevables pour mon père. Cela ne suffira jamais pour lui. J'ai désobéi à ses ordres, c'est la seule chose qu'il verra, ça et l'affront que je lui ai fait par la même occasion.

- Alors autant ne pas lui rendre visite trop souvent et peut-être devrais-tu prévenir ta mère avant, non ?

- Ce sera probablement la lettre la plus dure que j'aurai à écrire de ma vie mais oui, je devrais la prévenir. On verra tout ça après la naissance, pour le moment, j'essaie d'éviter le plus possible tout stress.

- C'est une excellente décision. Comment cela se passe-t-il entre Harry et les enfants ? Pas trop fatigué ?

- Harry est absolument génial. Il veille sur les trois comme un chien de garde. Je crois qu'il apprécie de pouvoir enfin se réaliser pleinement dans son rôle de père. Avec Ginny, il ne pouvait pas le faire et il en profite à fond maintenant.

- Je savais bien que si on lui en laissait l'occasion, il serait formidable.

-Je suis l'homme le plus heureux de la Terre, Hermione, et crois-moi, je ne pensais jamais le dire. Il me comble de bonheur, est aux petits soins pour moi.

- Tout comme tu l'as été avec lui quand il était dans le comas. C'est tout à fait naturel de prendre soin de l'être aimé. C'est juste que tu n'en as pas l'habitude.

- Par pitié, Hermione, dis-moi que tout ceci n'est pas un rêve et que ce que je vis en ce moment est bien la réalité.

Elle s'approche de moi et me pince, délicatement mais sûrement.

- Aïe !

- Tu ne rêves pas, Drago. Tout ceci est bien arrivé alors profite de chaque jour avec lui et vos enfants. Vous méritez vraiment d'être heureux.


Je prends congé et rentre à la maison où m'attendent mes petits hommes. Plus que quatre semaines avant que notre fille ne voit le jour. Je compte les jours, les heures, les secondes. Harry et moi avons profité de ce temps pour nous connaître, nous parler encore et encore. Je crois que maintenant, nous nous connaissons parfaitement. Nous nous étions faits une promesse pendant notre lune de miel : celle de ne plus rien se cacher. Je lui ai donc raconté par le menu tout ce que mon père m'avait fait subir étant jeune, ce que Voldemort nous avait fait pendant la guerre.

En contrepartie, lui m'a raconté vraiment son enfance, ses nuits dans le placard sous l'escalier, l'incompréhension face aux comportements de sa seule famille, les méchancetés incessantes. Je pense mieux le comprendre maintenant. Je peux enfin analyser tout ce qu'il s'est passé pendant nos années Collège. Je n'aurai pas dû lui faire subir tout ce que je lui ai infligé. Si j'avais su plus tôt, jamais je ne me serai permis tout ça. Heureusement qu'il ne prêtait pas attention à toutes les horreurs que je lui disais, je devrais en remercier Hermione et Ron pour tout ça. Après tout, c'est grâce à leur soutien qu'il n'a pas sombré dans la dépression.

Jamais plus je ne tolèrerai ce genre de comportement. Je surveillerai mes enfants pour que jamais ils ne développent des tendances aussi destructrices. Je ne veux pas les élever comme je l'ai été. Ils seront élevés dans le plus grand respect des autres, que ce soit des moldus, des sorciers ou des animaux. J'ai tellement de choses à me faire pardonner mais je ne suis pas sûr de vouloir du pardon de Théo et Blaise. Il y a quelques jours, en effet, j'ai découvert que Théo, mon cher ami, avait publié un nouveau roman…. Et qu'il s'était largement inspiré de ma vie et de celle d'Harry. Deux jeunes hommes, anciens ennemis pendant leur scolarité, sont forcés de collaborer pour un travail et finissent par se rapprocher.

L'un d'eux était secrètement amoureux de l'autre pendant leurs études. Ils se rapprochent tant et si bien qu'ils finissent par s'embrasser et à coucher ensemble. Les seuls détails qui m'ont été épargnés sont qu'aucun des deux n'est marié, qu'ils n'ont pas d'enfant et que n'étant pas sorciers, ils ne peuvent pas avoir d'enfant. Sacré Théo ! La première scène de sexe semble si réelle que l'on dirait que mon ami s'est inspiré d'une scène qu'il aurait vécu avec quelqu'un. Le seul point positif est qu'il ne s'agit pour une fois pas d'Harry et moi. Je pense qu'il n'aura plus le droit de déambuler seul chez moi, ni lui, ni Blaise parce qu'à priori, il semblerait qu'il soit lui aussi impliqué dans l'affaire si j'en crois la dédicace et les remerciements.

Ils n'ont pas intérêt à pointer leur nez ici de toute façon, je ne suis pas en état de les affronter pour le moment. Ma magie fait des siennes, rien de bien grave en soit mais si je devais les voir, il n'est pas certain qu'il en serait de même. Et je ne pense pas qu'Harry m'en empêcherait non plus. Il a été tellement choqué de lire la scène de sexe… bien que j'ai pu en profiter aussi par la suite. Il était assez émoustillé. D'ailleurs le livre est toujours sur notre table de nuit ainsi que quelques uns des autres romans de Théo mais ça, jamais je n'irai lui dire. Il faut dire qu'il a une bonne plume quand même. On se projette plutôt bien dans ses scènes de sexe. Harry les trouve parfois un peu osé mais j'essaie de le dévergonder un peu.

Après tout, il n'a connu le sexe qu'avec sa femme avant moi et je doute qu'elle lui ait appris des choses très sympathiques alors que le sexe a une multitude de possibilités à offrir. Il faudrait peut-être que je songe à aller voir George un de ces jours, après l'accouchement bien sûr, pour lui faire découvrir deux ou trois petites choses. Aurais-je dû y aller avant notre lune de miel ? Parce qu'avec quatre enfants à la maison, cela ne serait peut-être plus aussi simple de se dégager du temps et surtout de l'énergie pour expérimenter de nouvelles sensations au lit. En tout cas, pour le moment, mes hormones me titillent et je lui sauterai bien dessus sans arrêt mais ma stature ne me permet plus tellement ce genre de folie. Par contre, la grossesse me donne tout le temps envie d'être pris.

Je ne sais pas pourquoi, je ne me l'explique pas mais j'aime qu'Harry me prenne et souvent de façon assez crue. Je crois d'ailleurs qu'il commence à ne plus en pouvoir. Surtout qu'en ce moment, je le réveille en pleine nuit pour assouvir mes pulsions. J'adore ces petits jeux nocturnes et je pense que les réveils que je lui offre ne sont pas les pires. En effet, j'aime beaucoup titiller sa queue pour le sortir des bras de Morphée. Je passe mes mains sur son torse nu, les descends progressivement et finis par atteindre mon but : sa verge. Maintenant, il a pris l'habitude de dormir nu.

Cela n'a pas été simple les premiers temps mais il a fini par se rendre à l'évidence, les vêtements ne sont d'aucune utilité dans notre chambre. Ils ne font que nous gêner. Si bien est-il que depuis plusieurs mois, dès que nous entrons dans la chambre pour aller dormir, ne serait-ce qu'une sieste, nous nous retrouvons nus. Cela l'a aussi aidé quant à l'adaptation à voir un corps nu masculin tous les jours. Il lui a fallu une petite phase de transition pour s'y faire mais maintenant, je ne suis plus sûr qu'un corps féminin l'attire au vu de sa réaction par rapport au mien. Il ne lui faut en effet, de moins en moins de temps le soir avant d'être affublé d'une belle érection. Cette vision me ravit chaque jour plus que la veille.

J'aime le sentir attiré par mon corps. Nous avons donc plusieurs sessions de jeu par jour. Une le soir au moment du coucher pour bien dormir, une en plein milieu de la nuit quand l'envie d'uriner me réveille et que le voir nu offert à mes caresses me fait perdre la tête et, depuis un mois, une session dans l'après-midi, quand tous les enfants sont au lit pour la sieste. Ce petit temps de sieste crapuleuse m'aide à m'endormir. C'est notre temps le plus court mais j'aime vraiment ça : le quick sex. Je finis généralement assis à califourchon sur lui. Il m'aide à me relever à chaque coup de rein.

L'exercice que cela entraîne me permet de dormir plus de deux heures d'affilée. Harry se charge donc des enfants pendant que je me remets de mes émotions. Ce que j'aime le savoir là, à prendre soin de nos enfants, à veiller sur eux. Il est un père très attentionné, très doux et patient. Skorpius l'a adopté, il aime ses cheveux si différents des miens. Il les lui tire gentiment, souvent. Harry en rit et le gratifie de petits baisers sur le ventre et sur le front. Ils sont tellement beaux tous les deux. Les enfants d'Harry aussi m'apprécient, je joue avec James aussi souvent que possible et Albus semble se faire aussi à ma présence.

C'est toujours un peu plus compliqué de savoir ce qu'ils pensent à cet âge. Albus et Skorpius ont fait leurs premiers pas le mois dernier pour notre plus grande fierté. La surveillance est donc d'autant plus accrue mais rien d'insurmontable. Grâce à Pixie, toute la maison a été sécurisée. Aucun objet ne se trouve sur leur chemin et un petit sort d'éloignement nous permet de nous en assurer en toute circonstance. Quand nous avons besoin d'un petit temps de repos, Molly et Arthur se font une joie d'accueillir les trois petits au sein de leur foyer. Etant les parents d'adoption spirituels d'Harry, je suis très fier de m'entendre aussi bien avec eux. Ils ne nous ont gardé aucune rancune pour le bannissement de leur fille car ils n'ont pas toléré qu'elle ait jeté un sort à James. Nous y croisons souvent Hermione, Ron et la petite Rose.

Elle est magnifique. Hermione me laisse m'en occuper afin de m'habituer à prendre soin d'une fille. Elle a pris le temps de me montrer les différences avec un garçon. Elle est très patiente avec nous deux. Si elle n'était pas déjà la marraine de James, Harry et moi l'aurions nommé marraine de notre petite. Cela étant, nous avons choisi deux personnes de confiance. Nous avons tous les deux hâte de le leur annoncer. Espérons que cela leur fera autant plaisir qu'à nous. J'ai tellement hâte que la petite merveille arrive. J'essaie déjà de l'imaginer, en commençant par ses cheveux. Je ne sais pas si elle sera blonde, brune ou rousse. Je n'arrive même pas à me décider sur ce que je préfèrerai. J'aimerai qu'elle ait les yeux d'Harry, de magnifiques yeux verts. J'aimerai qu'elle ait mon port altier, la seule chose que j'aimerai qu'elle récupère de moi.

J'espère qu'elle aura la persévérance de mon mari et ma patience. N'ai-je pas attendu, sans aucune conviction sur sa possible réalité, notre cher Harry pendant une dizaine d'années ? Je veux qu'elle ait l'humanité de son père, qu'elle soit apte à compatir et à pardonner. Qui sait, peut-être finira-t-elle marier avec son ennemi de toujours ? Et, dans ce cas, il lui faudra lui pardonner ses erreurs passées et s'ouvrir au futur avec cette personne. Merlin, je pense déjà à son mariage. Quelle folie ! Je veux profiter de tous les moments de son enfance avant de penser à celui ou à celle qui l'enlèvera de notre foyer pour fonder le leur.

J'ai vraiment hâte de la rencontrer. Qu'elle ressemble à l'un ou à l'autre n'a finalement aucune importance, tant qu'elle va bien, se porte bien et qu'elle soit bien dans sa tête. Je ne sais pas comment elle réagira en grandissant avec deux pères au lieu d'une mère et d'un père. Je ne connais aucun couple gay qui ait eu des enfants. Il faudrait peut-être que je me renseigne à ce sujet. Je demanderai à Hermione dès notre prochaine rencontre.


Le jour J est enfin arrivé. C'est le jour de la naissance de notre fille adorée ou plutôt la nuit. Cette fois, je n'ai pas réveillé Harry en pleine nuit pour profiter de son corps. C'est plutôt un cri qui l'a réveillé tout comme moi. J'ai ressenti les premières contractions et je n'ai plus rien suivi à partir de ce moment. Harry a été extraordinaire cela étant. Il n'a pas paniqué. Il a appelé Arthur et Molly par cheminette pour leur demander de venir récupérer les enfants car la naissance était imminente. Après il a appelé Hermione pour lui demander de les rejoindre à Sainte Mangouste. Ensuite, il m'a aidé à m'habiller, à récupérer ma valise avec les premières affaires pour notre fille. Il m'a aidé à me calmer en attendant l'arrivée des grand-parents Weasley puis nous avons filé à l'hôpital, les laissant aux bons soins de Pixie.

A l'hôpital, Hermione nous attendait déjà, accompagnée de son équipe. Ce n'est pas tous les jours qu'ils ont des accouchements masculins. Bien que plus démocratisés depuis quelque temps, cela reste un événement. Elle nous fait entrer dans une chambre et m'ausculte. Les contractions se rapprochent mais ne le sont pas encore assez. Elle me montre comment respirer pour atténuer un peu la douleur. Harry reste à mes côtés tout du long. A aucun moment, il ne cède à la panique.

Il semble presque partager la douleur des contractions mais à aucun moment, il n'a fléchi, c'est mon roc. J'étais déjà fatigué d'avoir été réveillé en pleine nuit mais au moins, n'aurais-je pas à endurer les souffrances innommables de l'accouchement par voie basse. Je ne sais toujours pas comment ils vont extraire le bébé mais j'ai une confiance aveugle en Hermione. Elle s'est toujours montré bienfaisante envers moi. Pourquoi cela changerait-il en ce jour si particulier ? Harry ne lâche pas ma main, l'embrassant par moment, distraitement, comme pour me donner du courage.

Je l'aime tellement et cette nuit ou plutôt ce matin maintenant, notre fille va naître et nous combler de bonheur. J'ai tellement peur et je suis excité en même temps. C'est vraiment une drôle de sensations. Ce sera notre premier bébé ensemble. Certes nous avons déjà trois enfants mais cette enfant scellera notre amour à jamais. J'ai tellement envie de la rencontrer. Hermione passe nous voir régulièrement, observant la position du bébé et ses fonctions vitales.

Le coeur est toujours régulier, le bébé ne semble pas encore tout à fait prêt. Je commence à vraiment fatiguer mais, chaque fois que je ferme les yeux, une contraction se déclenche, m'empêchant de prendre du repos. Comment font les femmes pour supporter tout ça en plus de l'accouchement ? Ont-elles une perception de la douleur différente de celle des hommes ? Je ne vois pas comment elles peuvent supporter des heures de contraction puis un accouchement qui leur déchire les entrailles ? C'est insensé, non ?

Harry tente de me parler pour me détourner de la douleur mais je n'arrive pas à me concentrer sur ses paroles mais le son de sa voix m'apaise un peu. Le pauvre, il sait encore moins ce qu'il peut faire pour m'aider que moi. Je ne sais pas quoi lui dire pour le rassurer. Je suis en pleine phase de doute sur la santé du bébé, du bien fondé de notre couple dans l'éducation d'un enfant. La douleur semble me faire délirer. Je n'arrive plus à avoir de véritables pensées cohérentes et tout cela me fait peur.

Mon coeur s'emballe et fait sonner les moniteurs holographiques. Hermione débarque au pas de course et consulte les moniteurs. Elle tend ensuite une main vers mon front qu'elle déclare brûlant. Elle réalise rapidement une échographie mais le bébé ne montre aucun signe de souffrance.

- Drago, nous allons commencer. Ton corps réagit contre ton enfant. Il ne l'associe plus à toi. Il cherche à s'en débarrasser comme s'il s'agissait d'un virus.

Harry répond tandis que l'information peine à se faire un chemin jusqu'à mon cerveau.

- Est-ce dangereux ?

- Le bébé est prêt à naître, nous allons seulement anticiper un peu, rien de grave, ne t'inquiète pas. Et Drago ira beaucoup mieux dès qu'elle ne sera plus à l'intérieur de lui.

- Parfait. Que puis-je faire pour t'aider ?

- Tiens-le par la main, soutiens-le, parle-lui. Je ne suis pas sûre qu'il soit conscient réellement de ce qui se passe et il faudra que tu lui racontes après.

- Bien, merci 'Mione.

- Que toute l'équipe prenne place, nous allons extraire ce bébé.

Je la vois passer et repasser dans mon champs de vision, ne comprenant pas très bien ce ménage. Les contractions se répétaient, plus douloureuses, plus profondes, mon esprit se focalisant dessus. Le doux son mélodieux de la voix d'Harry m'envahit et me permet de garder prise sur la réalité, suffisamment pour me concentrer sur Hermione qui continue de s'activer autour de moi.

Sa baguette en main, elle semble psalmodier une formule. D'un coup, les contractions cessent, me laissant perclus de courbatures. J'ai également l'impression d'être plus léger. Devant moi, flotte mon bébé dans son enveloppe de placenta. Le cordon ombilical flottant également dans les airs vers moi. Hermione, toujours sa baguette à la main, s'approche de ma fille et perce la poche des eaux, se déversant dans un bac à ses pieds. Elle réceptionne le bébé en douceur dans ses bras et invite Harry à la rejoindre.

Il lâche ma main, non sans m'avoir congratulé avant et embrassé sur le front. Je le suis du regard et le vois couper le cordon ombilical. Hermione dépose ensuite le bébé dans ses bras quelques instants et j'entends notre fille pousser son premier cri. Un second cri, d'enthousiasme celui-ci, retentit immédiatement après. J'ai réussi. Nous avons réussi. Je suis si fier de lui, de moi, de nous. Une nouvelle vie commence aujourd'hui avec notre fille. Et sur cette pensée, je m'endors d'un sommeil agité par la fièvre.


Je me réveille en sursaut quelques heures plus tard. Je suis dans un lit qui n'est pas le mien. En me tournant, je remarque que mon ventre n'est plus arrondi. J'angoisse immédiatement avant de croiser le regard d'Harry tenant… notre bébé dans les bras.

- Du calme, Drago, tout va bien. Tu t'es débrouillé comme un chef, je suis très fier de toi. Notre fille se porte comme un charme, tiens, regarde.

Je le vois écarter les pans de couverture qui la protège et je vois un merveilleux bébé apparaître sous mes yeux. Je suis tellement ému qu'une larme coule le long de ma joue. Elle a un joli duvet sur la tête, roux très clair. Elle a les yeux fermés et dort dans les bras de son père. Je lui pose la question qui me brûle les lèvres.

- Harry, de quelle couleur sont ses yeux ?

- Ils sont verts, Drago, comme les miens.

Je soupire de bonheur.

- Es-tu assez réveillé pour la prendre ? As-tu assez de force ?

- Oui, Harry, je pense. Reste à mes côtés au cas où.

Il la pose délicatement contre moi, dans le creux de mon bras. De mon autre main, je lui caresse doucement le visage.

- Bonjour ma belle Lily. Je suis ton père, Drago et la personne qui te porte depuis ton arrivée sur cette terre est ton second papa, Harry. Tu as trois petits frères qui te protègeront et prendront soin de toi. J'ai hâte de te les présenter. Ils étaient aussi impatients que nous de te rencontrer. As-tu annoncé la bonne nouvelle, Harry ?

- Pas encore, j'attendais que tu te réveilles et que tu puisses garder Lily. J'aimerai le leur dire de vive voix. Et voir avec Arthur et Molly s'ils peuvent nous amener les garçons dès demain, le temps que tu te reposes et que tu reprennes des forces.

- Que s'est-il passé ? Je me suis senti mal d'un coup. Je voyais des images mais mon cerveau ne semblait plus intégrer les nouvelles informations.

- Hermione m'a expliquée après la naissance que ton corps a fini par rejeter le foetus comme une bactérie. Tu as eu de la fièvre car ton corps a tenté de lutter contre ce qu'il considérait comme une infection. Après l'accouchement, ton corps a compris que le danger était écarté et ta température a baissé.

- Il n'y a pas eu d'autres problèmes, je veux dire pour elle ?

- Non, aucun, elle se porte comme un charme et j'ai pu couper le cordon. Depuis, je te veille et je surveille notre fille.

- Tu es un père parfait.

- Tout comme toi, mon amour.

Il ponctue sa tirade en m'embrassant sur les lèvres, me communiquant tout son amour.

- Tu l'as nourri ?

- Oui, sur les instructions de 'Mione, elle a pris son premier biberon.

- Dommage que je n'ai pas pu être là.

- Désolé, mon amour. Par contre, 'Mione y a assisté et t'a déjà préparé une fiole avec le souvenir. Elle savait que cela serait important pour toi.

- Tu la remercieras pour moi ?

- Tu pourras le faire toi-même, elle ne va pas tarder, je l'ai prévenu que tu étais réveillé.

- Tu es vraiment l'homme parfait.

- Avec toi seulement, mon amour.


Après une courte nuit, entrecoupée de réveil pour le biberon et pour changer la couche, nous attendons nos enfants. Harry a dormi avec moi, collé à moi dans le lit d'hôpital. Il ne semble pas prêt à nous quitter et je dois bien admettre que cela me ravit. J'avais tellement envie de partager tout cela avec lui.

Le spectacle des visites commence par la visite d'Arthur et Molly accompagnés des trois frères de Lily. Pour l'occasion, j'ai pris place dans le fauteuil, aux côtés d'Harry. James est le premier à approcher sa petite soeur. Il remarque son duvet roux et rit en disant qu'elle ressemblait à Rose. Nous rions tous de bon coeur et j'en profite pour faire une annonce, tout en serrant la main de mon mari.

- Arthur, Molly, nous aimerions vous demander quelque chose, Harry et moi ?

- Nous t'écoutons, Drago, dit la femme en prenant place à son tour.

- Je sais que depuis le divorce d'Harry et même avant, vous n'avez eu de cesse de prendre soin de nos trois enfants sans faire de distinction par rapport au fait que Skorpius n'est pas votre petit-fils.

Elle opine du chef tout en gardant le silence, attendant la suite.

- Aussi, pour vous remercier et vous montrer que malgré notre nouvelle famille, vous aurez toujours une place parmi nous, Harry et moi avons décidé de vous demander si, Arthur et vous, accepteriez d'être le parrain et la marraine de Lily ?

Des larmes emplissent son regard. Je jette un oeil vers Arthur. Il semble lui aussi sans voix. Je me tourne ensuite vers Harry, interrogatif. Il me souffle :

- C'est l'émotion. Prépare-toi à subir une tempête d'affection dans trois… deux… un...

Je me tourne vers Molly qui me saute au cou, tout en continuant de pleurer à chaudes larmes.

- Merci, Drago, merci de tout coeur. J'avais peur qu'avec l'arrivée de votre premier enfant, vous ne nous permettiez plus de voir les enfants aussi souvent.

- C'est stupide, Molly, la rassure Harry. Tu es la grand-mère que tout enfant souhaiterait avoir. Et j'ai une autre bonne nouvelle à t'annoncer. Tu vas pouvoir profiter d'eux encore plus souvent dès la rentrée car Minerva nous a confirmés qu'à la rentrée, nous serons professeurs à Poudlard. Si tu acceptes, tu pourras t'en occuper pendant que nous serons en cours. Mais quatre enfants, ce sera peut-être beaucoup, non ?

- Que nenni, Harry, j'ai élevé sept enfants et pas les moins turbulents. Les tiens sont des amours en comparaison.

- Nous allons vivre là-bas à l'année mais je me suis arrangé avec Minerva. Notre cheminée sera reliée dans les deux sens avec la vôtre, ainsi, nous pourrons venir nous en occuper dès que nous le pourrons et tu pourras t'en occuper chez nous ou chez toi. Que penses-tu de cet arrangement ?

- C'est parfait, Harry, merci à vous deux. Je m'en occuperai avec Arthur, qu'en penses-tu ?

- Je… je… merci à tous les deux. Je suis vraiment très heureux de tout ça. La maison est vide quand il n'y a pas d'enfant. Et je suis honoré que vous ayez pensé à moi pour ce rôle.

- Sans vouloir changer de sujet, Molly, Arthur, j'aurai une faveur à vous demander et sachez que vous n'êtes pas obligés de me répondre aujourd'hui. Vous pourrez y réfléchir le temps que vous le souhaiterez, commence mon très cher mari.

- Nous t'écoutons, répond Arthur en serrant la main de sa femme.

- Ginny ayant perdu tout droit parental sur nos deux fils, je souhaiterai, avec votre accord, que vous permettiez à Drago de les adopter. J'aimerai vraiment que nous formions une vraie famille, tous les six et j'aimerai que Drago en fasse pleinement partie. Je vais adopter Skorpius et je voudrais vraiment que Drago puisse en faire autant. Je tenais vraiment à vous le demander car je vous considère moi-même comme mes parents d'adoption et Ron comme mon frère.

Je lui serre la main, lui transmettant de bonnes ondes.

- J'en serai honoré si vous me le permettiez, renchéris-je, ceci étant, je ne prendrais pas mal non plus votre refus. Je vous respecte et c'est pour cette raison que nous avons voulu vous demander.

Molly, toujours main dans la main avec son mari, le regarde, fixant son regard au sien. J'arrive à sentir tout leur amour mutuel. C'est tellement beau. J'espère qu'Harry et moi arriverons un jour à en transmettre autant. Elle finit par prendre la parole, s'éclaircissant la voix si l'effet de l'émotion.

- Harry, tu sais que nous te considérons comme notre fils. Ron et toi étiez si proches que nous t'avons toujours aimé tout autant. Même avant que tu n'épouses notre fille, il en était ainsi. Idem pour Hermione, bien avant qu'elle ne devienne notre fille par alliance. Vos enfants méritent le meilleur et je sais que vous pourrez assurer leur éducation et leur bien-être. Nous ne pourrons jamais nous excuser pour le comportement de Ginny et surtout pour ce qu'elle a fait à James. Malgré tout cela, tu es toujours resté, Harry. Tu n'as pas reporté ses erreurs sur notre famille et Drago nous a même confiés son propre fils. Pour toutes ces raisons et bien d'autres encore, nous serions honorés que ton mari adopte nos petit-enfants et que Skorpius fasse officiellement partie de notre famille. Les enfants sont notre avenir, ils ne doivent pas payer pour les erreurs de leurs parents.

Au comble du bonheur par cette merveilleuse nouvelle, je leur saute au cou pour les embrasser. Je sens l'influence d'Harry dans cet élan d'émotions… mais c'est aussi pour ça que je l'aime. Il est tellement bienveillant, sans arrière pensée et me transmet ses mauvaises habitudes. Je l'aime aussi pour ça.

- Merci beaucoup, c'est un merveilleux cadeau que vous m'offrez. Dès que nous sortirons, nous irons porter les documents officiels au Ministère.

Je me penche ensuite vers James et lui fais un bisou sur la joue. Je réitère avec les deux autres garçons avec le même amour.

- Je suis tellement fier que vous soyez tous mes enfants. Quand ils seront plus grands, nous leur expliquerons tout, leur assurai-je et si, à ce moment-là, ils ne souhaitent plus tout cela, je renoncerai à ma paternité. Les enfants passeront toujours d'abord, eux et leur bien-être.

- Nous en sommes certains, Drago. De toute façon, Harry est en mesure de se défendre, nous en nous inquiétons pas pour cela. Nous sommes d'ailleurs très fiers qu'il ait renoncé à un métier dangereux pour s'occuper de sa famille. Il a suffisamment connu la guerre, il est grand temps qu'il puisse profiter d'une retraite guerrière bien méritée. A quel poste avez-vous postulé pour Poudlard ?

- Harry, professeur de défenses contre les forces du mal et pour ma part, maître des Potions.

- Je m'en doutais… Quoi que tu aurais aussi été très bien comme herboriste, Drago.

- C'est certain et Harry aurait aussi pu briguer le poste de Soins aux créatures magiques mais nous avons pu choisir les postes qui nous conviennent parfaitement. Mais qui sait ? Peut-être un jour changerons-nous de poste ? En tout cas, c'est la meilleure décision que nous ayons jamais prise et nous en sommes très fiers.


Le premier mois de Lily touche déjà à sa fin quand le mois de juin commence. Nous n'avons pas eu le temps de le voir passer. Avec la petite Lily, les journées s'allongent et les nuits raccourcissent. Nous faisons des siestes à tour de rôle et nous nous levons en alternance pour nous en occuper. Malgré toute cette fatigue, nous sommes vraiment heureux. Elle grandit chaque jour un peu plus.

Le duvet de ses cheveux commencent à pousser et ses yeux sont magnifiques. Nos amis sont passés la rencontrer et tous sont tombés amoureux de ses yeux verts même Théo et Blaise qui se sont faits tirer les oreilles pour leur collaboration douteuse au roman de Théo. A priori, les ventes sont excellentes sur ce titre et une suite lui a été demandée. Je vais donc devoir le surveiller de très près pour qu'il n'utilise plus nos vies pour son livre.

Toute la famille Weasley est passée saluer la nouvelle venue dans la famille. Ce sont ses cheveux roux qui ont ému tout le monde. Comme quoi, il ne faut pas grand chose pour faire plaisir. Ces petits plaisirs simples me ravissent. J'aime tellement vivre sans toutes ces mondanités dans lesquelles j'ai été élevé. C'est bien une chose que je ne leur transmettrai pas. Nous commençons également à réfléchir à quoi emporter dans notre nouvelle maison.

Nous avons pu visiter lors du dernier week-end, ce qui va devenir notre principal lieu d'habitation. Nous en avons profité pour présenter Lily au corps enseignant : Minerva, Hagrid et plein d'autres personnes qui deviendront nos collègues. L'appartement se trouve dans une aile peu usitée par les étudiants. Il n'est pas au sous-sol du côté des Serpentards. Tant mieux, les enfants tomberont moins malades. Minerva nous a installé au même étage que son bureau, un peu plus loin. C'est un endroit calme et lumineux avec vue sur le terrain de Quidditch.

Cela me donne tellement envie d'aller disputer un match avec Harry, le voir voler est une chose très excitante à mon goût. Harry semble partager mes pensées car il me jette un regard enjôleur qui me lance des décharges dans tout le corps. A la rentrée, nous reviendrons à notre point de départ, là où nous nous sommes rencontrés, là où il a refusé de me serrer la main. Cette fois, ce ne sera pas sa main que je serrerai et le bonheur sera total.


Nous avons passé tout l'été dehors, à jouer avec les enfants, à recevoir nos couples d'amis tout en préparant notre première rentrée. J'ai replongé dans les manuels de potions de première année qui étaient au grenier. Harry a fait de même pour les sorts de défense. Nous sommes tout autant excités qu'inquiets à l'idée de passer le flambeau. Harry a eu une expérience d'enseignement quand il était à Poudlard avec l'Armée de Dumbledore mais moi, à part lui, je n'ai jamais donné de cours. Et pour lui, j'aurai été d'une patience d'ange. Pour de jeunes sorciers, j'ignore si j'y parviendrais. Peut-être devrais-je imaginer qu'il s'agit de mes propres enfants pour développer ma patience. Rien que de l'imaginer, ça me fait rêver. Même si je doute que nos enfants apprécieront que nous leur donnions cours. Moi, j'ai aimé que Severus m'enseigne mais il était mon parrain et non l'un des mes parents. Enfin, nous avons le temps pour tout cela.

Les démarches d'adoption sont finies et je suis maintenant le père d'adoption de James et Albus. Harry est le père adoptif de Skorpius. Nous sommes sur le bon chemin, tous ensemble. J'ai hâte que nous emménagions et commencions officiellement cette nouvelle vie. Avoir Harry à mes côtés est un soulagement.

Dès la rentrée, les médias prendront connaissance de notre relation. Nous avons pu la cacher jusqu'à présent mais pour les enfants, il est grand temps de l'annoncer. Lily n'est pas une enfant de la honte. Nous ne l'attendions pas aussi tôt mais nous l'aimons tellement. Espérons que cela ne dure qu'un temps et que toute cette agitation retombe aussi vite qu'un soufflé. La seule chose rassurante est que personne ne pourra les traquer à Poudlard. Tant qu'ils resteront près de nous ou des Weasley, tout ira bien.


Avant-veille de la rentrée et jour de déménagement.

Pixie est sur le pied de guerre. Nous avons embauché un nouvel elfe de maison car Pixie sera l'elfe attitrée aux enfants. La joie sur son visage quand nous le lui avons annoncé ! Elle était vraiment heureuse. Le nouvel elfe va, sous sa supervision, entretenir le manoir où nous n'habiterons plus que pendant les vacances et certains week-end. Pixie secondera Molly et Arthur dans la garde des enfants.

Pour le moment, elle se charge surtout de ne rien oublier pour le déménagement. La cheminée de notre nouvel appartement étant ouverte, nous multiplions les voyages. Les chambres des enfants sont prêtes depuis hier. Nous donnons la touche finale à la nôtre avec un lit Super King Size. Il faut bien cela pour accueillir une famille de six personnes. Harry et moi nous sommes mis d'accord sur le fait de ne plus faire d'enfants pour le moment.

Nous n'oublions jamais nos potions. C'est même devenu un rituel. Pour les chambres des enfants, pour le moment, nous avons mis James dans une chambre seul, Albus et Skorpius dans une autre et Lily, dans une petite pièce attenante à notre chambre pour ne pas réveiller les garçons la nuit. Quand elle sera un peu plus grande, nous verrons pour lui faire une vraie chambre.

Le soir-même, nous passons notre première nuit à Poudlard. Que de souvenirs ! Malgré la fatigue, Harry et moi inaugurons notre nouvelle chambre. Nous avons bien sûr jeter un sortilège de silence sur le berceau de Lily afin qu'elle ne puisse pas nous entendre mais que nous puissions l'entendre elle si elle se réveillait. Mon fantasme d'adolescent s'est enfin réalisé. Coucher avec Harry James Potter dans notre Collège. Même s'il aura fallu attendre près de dix ans, cela valait vraiment le coup.

L'espace d'une soirée, nous avons retrouvé notre coeur d'adolescent et nous avons profité l'un de l'autre. Le lendemain, les élèves ont fait leur apparition et les souvenirs sont revenus avec eux. J'ai aimé être à Poudlard. Je ne pensais pas en être aussi nostalgique un jour. L'heure du grand banquet de la rentrée est arrivée avec la répartition des élèves dans les différentes maisons, la présentation des professeurs (avec quelques, pour ne pas dire toutes, têtes estomaquées de nous voir, Harry et moi, anciens ennemis, enseigner en même temps). L'effet est saisissant et dès le lendemain, la Gazette des Sorciers titrait "Monsieur Potter et Monsieur Malefoy enseignant en même temps à Poudlard ? Le château y survivra-t-il ?"

Harry a pris contact avec eux pour une interview afin de faire cesser directement les rumeurs. Nous nous sommes présentés ensemble devant le journaliste et leur avons raconté les derniers mois et notre amour naissant. Pendant plus d'un mois, notre histoire a fait le tour de tous les journaux anglais. Nous avions un droit de regard sur les histoires avant parution et cela nous prenait du temps le soir mais nous ne voulions pas lire n'importe quoi. Au final, les médias se sont calmés, voyant que rien d'intéressant ne se passait.

Nous vivions notre vie de parents avec un travail. Le matin, celui qui commençait après l'autre, déposait les enfants chez les Weasley et celui qui finissait le plus tôt allait les chercher. Ils ne mangeaient à la table des enseignants que le week-end avec les quatre enfants. Les petits étaient presque devenus des mascottes et les élèves venaient prendre de leurs nouvelles sans arrêt. Une routine commença à s'installer et les années passèrent. Les enfants allèrent à l'école pour tout petit sorcier à Pré-au-Lard toujours escortés par Molly, Arthur, Harry ou moi avec Rose et Hugo, les enfants de Ron et Hermione.

Nous passions les vacances au Manoir, toutes les vacances. Nous en profitions pour inviter nos amis.

James venait de fêter ses onze ans et la rentrée des classes approchait. Harry et moi commencions à appréhender cette transition quand Lily développa une drôle d'obsession. Elle voulait une petite soeur, sachant qu'une chambre allait se libérer. Elle en avait toujours voulu une, ce n'était pas nouveau. Seule fille parmi tous ces garçons, elle s'était cependant calmée depuis longtemps. Nous avons donc commencé à y réfléchir sérieusement. Nous avons déjà trente-cinq ans, si nous voulons agrandir la famille, il est grand temps et Harry n'a jamais eu la joie de porter notre enfant.

Sans mot dire, nous concluons tous deux de nous y mettre dès la rentrée. Il nous suffirait d'arrêter la potion et Harry tomberait enceint très facilement. Ainsi, il accoucherait à peu près pour la fin des cours, pour fin mai début juin, ce serait parfait. En cette dernière soirée avant la rentrée, nous nous rendons à la Taverne des Trois Sangliers, celle tenue anciennement par le frère de notre regretté directeur, Albus Dumbledore. Il est tenu depuis la mort d'Alberforth par une ancienne Gryffondor un peu plus âgée que nous. Je ne la connais pas bien mais elle est très gentille et adore notre petite troupe.

Lily lui raconte ce qu'elle fait dès que nous venons ici, ce qui n'arrive pas souvent mais elle y vient avec Arthur et Molly quand elle sort de l'école. Lily est tellement solaire qu'elle attire la bienveillance de tout le monde. Tous les élèves la connaissent et l'adorent, même les Serpentards. Son intelligence y est sûrement pour beaucoup. Elle me fait part de certaines de ses réflexions parfois… avant de faire un caprice. La dualité est impressionnante entre son esprit et son très jeune âge. Dans trois ans, elle entrera à Poudlard pour notre plus grande fierté et nous nous retrouverons seuls à la maison. Un nouvel enfant serait donc une bénédiction. Dans deux ans, ce sera au tour de Skorpius et Albus.

Qu'est-ce qu'ils ont grandi vite… J'ai l'impression que c'était hier qu'ils faisaient leurs premiers pas. Nous allons proposer aux garçons d'avoir chacun leur chambre. Ils en ont probablement assez de passer tout leur temps tous les deux. Je vais attendre que James soit parti pour le leur proposer, ce pré-adolescent pourrait très mal le prendre. Harry et moi le voyons changer progressivement et sommes très fiers de lui. Il aime ses frères et soeurs sans distinction. Quand il a eu sept ans, nous lui avons parlé de sa mère et du fait que je l'avais adopté. Nous lui avons laissé le choix, lui annonçant que s'il le souhaitait, je pouvais renoncer légalement à ma paternité mais que cela ne changerait rien à l'amour que j'avais pour lui.

Il nous a répondu qu'ils nous aimaient tels que nous étions et qu'il était très fier d'avoir des parents qui s'aimaient aussi forts. Il est vrai que mon amour pour Harry n'a jamais faibli ces neuf dernières années. Harry est toujours le seul homme que je vois et je ne l'ai jamais trompé. Depuis qu'il est arrivé chez moi, après son comas, nous n'avons pas passé une seule nuit l'un sans l'autre. Même quand je rends visite à mes parents (qui ont fini par l'accepter au bout de cinq ans), il vient avec moi et affronte mes cerbères à mes côtés. De son côté, je pense qu'Harry ressent la même chose. Nous n'avons quasiment pas changé nos habitudes depuis ma grossesse, excepté pour la sieste de l'après-midi à laquelle nous avons dû renoncer depuis que les enfants ne la font plus le week-end.

A la taverne, j'en profite pour parler un peu avec Lily tandis qu'Harry s'occupe de prodiguer quelques derniers conseils à James, Albus et Skorpius discutant comme toujours ensemble.

- Lily, si tu étais une étoile, laquelle serais-tu ?

- Si j'étais une étoile, je serai… je serai Sirius, comme le parrain de papa et je veillerai sur toute la famille.

Sa réponse me touche au plus profond du coeur. Elle est vraiment parfaite, notre fille, altruiste comme son papa et aimante comme moi. Cela renforce d'autant plus mon envie de lui faire plaisir et de nous faire plaisir en ayant un autre enfant. Je saisis la main d'Harry qui la serre par habitude, sans interrompre sa conversation. Nous sommes tellement complices et en phase que nous pouvons nous passer de mots maintenant. Mon désir pour son corps n'a pas faibli avec les années. Je l'aime comme un fou et il me le rend bien. Demain est un grand jour pour notre famille recomposée : le premier jour à Poudlard de notre premier enfant ! Après moult recommandations, c'est le coeur léger et très fier que notre famille va se coucher sans James qui passe sa dernière nuit chez Molly et Arthur afin de venir par le Poudlard Express, là où Harry a rencontré ses deux meilleurs amis.


Voilà, chapitre fini ! Qu'en avez-vous pensé ?

Merci !