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Daphnée avait toujours été le genre de femme auxquelles rien ne résiste. Il lui était aussi inconcevable de ne pas user de son pouvoir que la terre de tourner en sens inverse. Son enfance avait été marquée par la violence psychologique de ses parents. Il lui fallait être éduquée, être digne et surtout, ne pas faire honte à la famille. Quand elle s'était rapprochée de Pansy et avait commencé à faire partie de sa bande, cela lui sembla aussi évident que tout le reste. Elle ne pouvait que se rapprocher d'elle, de Drago et de toute la bande qui les suivait. Elle avait espéré qu'il la voit, qu'il la remarque. Mais il résistait. Contrairement aux autres son regard ne faisait que glisser sur elle. Ça avait été le premier échec de toute sa vie : être incapable de se faire aimer de Drago Malfoy. Si ses parents lui avaient appris les convenances, les jeux de pouvoirs et comment faire partie de la bonne société, ils ne lui avaient jamais appris à se faire aimer. Pansy ne l'appréciait guère, elles se contentaient de s'asseoir à côté ou de manger ensemble sans réellement discuter. Elle n'avait jamais appris à parler de ses sentiments. La première fois qu'elle entendit parler de romantisme, ce fut par un récit dans un journal, qui relatait les exploits de Harry Potter et la manière dont il avait tout fait pour libérer Hermione Granger des mains de l'affreux Lucius Malfoy. Elle aurait lu n'importe quoi qui traite de cette famille. Ce qu'elle avait ressenti adolescente comme un engouement de jeune fille, s'était transformé en passion, en obsession même. Il lui arrivait de se rendre dans certains lieu simplement pour croiser le grand blond, pour l'observer de loin.

Quand la jeune femme aux cheveux châtains clairs tirant sur le blond s'assit face à Drago au dîner du manoir des Flint, elle avait tout de suite perçu que quelque chose clochait. D'habitude l'homme aux cheveux cendrés était particulièrement à l'aise dans les dîners mondains, or dès son arrivée il sembla gauche et muet. Elle le voyait lancer des regards du coin de l'œil à celle qui lui faisait face. Elle eut l'impression qu'un vase en verre avait explosé au milieu de sa poitrine : lorsqu'elle les vit danser, elle se contenta d'aller vomir. Ses rêves venaient d'en prendre un coup. Les jours qui suivirent, elle essaya d'échaffauder un plan. Soit elle agissait immédiatement, soit elle ne pourrait jamais récupérer l'homme qui avait été l'objet de ses désirs depuis si longtemps. Alors, elle se permit de se rendre sur le lieu de son travail, ils sortirent ensemble, burent beaucoup, mais rien ne fonctionna : il semblait tout entier occupé par cette femme.

Quand elle entendit parler du week-end organisé par Pansy et auquel elle n'était pas invitée, le désespoir qu'elle ressentait se transforma en rage. Une rage puissante et une haine contre celle qui lui volait sa vie. Alors elle essaya de s'en prendre à elle. Elle se rendit chez Drago pour parler du lien de celle qui la spoliait avec l'ennemi de toujours : Harry Potter et son fidèle ami Weasley. Mais pour toute réponse, celui-ci pris le parti de l'usurpatrice et renvoya Daphnée chez elle. Lors de sa dernière tentative pour le ramener à la raison, il se fâcha et lui ordonna de ne plus s'approcher d'eux.

Ainsi disparu celui qu'elle désirait depuis son plus jeune âge : comme un voleur et avec cette Adélaïde. Pendant trois ans, elle tenta de se reconstruire, elle coucha avec un nombre d'homme incroyable dans une vaine entreprise d'oubli. Et sa vie semblait s'améliorer : elle finit par dégoter un fiancé, par se faire une place dans le monde de requin qu'était l'aristocratie sorcière de Londres. Mais la guerre la rattrapait, elle dut faire une croix sur ses privilèges, une croix sur son fiancé. Ce n'est qu'après la débâcle qu'elle eut des nouvelles de Drago : il était marié et son père s'apprêtait à passer le reste de sa vie en prison. L'homme aurait pu rejoindre son père si par un heureux hasard, il n'avait pas rendu service à Potter après avoir appris qu'il était un ancien ami de celle qui était maintenant sa femme. Mais il la laissa, et le moment qu'elle avait attendu toute sa vie enfin arrivé, elle tenta sa chance.

Elle rencontra Drago, passablement éméché, dans un bar crasseux d'Ecosse. Et enfin elle passa une nuit avec lui. Après avoir obtenu son corps, ses ambitions ne se calmèrent pas, au contraire. Il lui était maintenant nécessaire d'avoir la place d'épouse. Alors elle se fit une place dans son quotidien. Pendant deux longs mois, elle le travailla au corps pour qu'il l'emmène avec lui où qu'il aille. Enfin, il avait accepté de l'emmener à Canterbury où il avait une affaire à régler et elle avait même sa place dans sa chambre. Puis quelque chose changea : il l'avait revue. Elle en fut certaine lorsqu'il la jeta de sa vie. Ses efforts n'avaient-il donc servit à rien ? Avec ce nouvel échec, sa rage se transforma en quelque chose de pire, quelque chose de plus dévastateur encore : une forme de folie. Elle fit tout ce qu'elle put, jusqu'à se rendre chez sa femme et faire l'hypocrite devant le berceau du marmot. Cet enfant aurait dû être le sien ! Elle la provoqua, ce qui eut le même effet qu'un pet de mouche. Alors, elle décida de passer à quelque chose de plus agressif.

Elle écrit une lettre anonyme à Lavande, une lettre enchantée. Quand celle-ci l'ouvrit, elle eut un dégoût de son mari qui ne passerait jamais. Elle le mit à la rue et lui retira jusqu'au droit de voir ses enfants. C'est alors que Daphnée put atteindre la phase numéro deux de son plan : faire de Ron l'instrument de sa vengeance. Elle savait que quoi qu'il fasse, il aurait toujours le soutient de sa famille et de ses amis. Même s'il en venait à tuer une innocente. Ils concluraient à une folie, un simple crime passionnel et elle ne serait jamais inquiétée. Personne ne pourrait la suspecter, elle. Du moins, c'est ce qu'elle avait cru.

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