Chapitre 37
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- Eh bien, c'est dommage, soupirez-vous. Je n'ai même pas envie d'imaginer ce que ce pervers doit être en train de faire avec ce qu'il a volé...
- Quel pervers ? vous interrompt Gintoki. Ce n'est qu'un voleur, non ?
- Danna, croyez-en mon expérience, les cambrioleur qui ne s'intéressent pas à l'argent, aux objets de valeur mais aux possessions plus personnelles sont des fétichistes.
- On ne parle pas d'un voleur de culotte, cette fois... vous fait remarquer Shinapchi.
- Oui, renchérit Kagura, ce n'est pas parce que tu es un pervers que c'est le cas de tout le monde, pervers !
- Ne me croyez pas si vous voulez, mais je peux vous dire qu'en à peine quatre ans de carrière, j'ai déjà vu pas mal de trucs dégueulasses... Ils n'ont pas besoin que ce soit quelque chose d'explicite, comme une culotte. Une simple effigie peut leur suffire.
Vous jetez un coup d'œil en face de vous. Vous remarquez que le binoclard s'est figé sur son siège.
- Une photo, par exemple... Sur du papier ou imprimée sur un objet...
Ses genoux se mettent à trembler, allant jusqu'à faire cliqueter les lunettes sur son nez.
- … Généralement, ce sont leurs préférés quand il s'agit de se faire plaisir...
De grosses gouttes de sueur coulent de ses tempes, à présent.
- Vous imaginez ? Souiller la représentation d'une pure, d'une ingénue...
- ÇA SUFFIT ! hurle soudain Shinpachi en bondissant de son siège, l'expression démente. JE NE PEUX PAS LE SUPPORTER !
- Shinpachi !
- NON, GIN-SAN ! JE NE PEUX PAS VIVRE EN SACHANT CE QUE CE TARÉ EST EN TRAIN DE FAIRE À CETTE PAUVRE ET INNOCENTE...
- Pour l'amour du ciel, Shinpachi, ce n'est qu'une photo d'Otsu imprimée sur un portefeuille, le coupe son patron, agacé. Et vide, en plus. Un goodie parmi d'autres, tu en as des dizaines.
- Ce n'est pas la question ! Tout objet portant la représentation d'Otsu-san devient un objet chargé de lumière pure ! C'est de la profanation !
- Et tu crois que c'est le premier ? lui demande la chinoise en secouant la tête avec pitié. Franchement, il doit y avoir des dizaines de mecs pervers et frustrés qui achètent ce genre de choses juste pour pouvoir se...
- Arrête ! Arrête ! Tu as tort ! Tu as tort ! répète le binoclard en se bouchant les oreilles.
Vous souriez dans votre main. Tout se passe exactement comme vous l'attendiez. C'était presque trop facile. Qu'est-ce qu'il se passerait si ce binoclard savait qu'une photo de sa chère sœur se trouvait encore, jusqu'à récemment, dans la poche de Kondo-san...
Le binoclard en question se détourne soudain de ses amis pour se mettre à genoux devant vous.
- Je vous en prie, Okita-san, il faut que vous attrapiez cet horrible pervers ! On va vous dire tout ce qu'on sait, mais retrouvez-le !
- Hé ! protesta Gintoki. Ne décide pas de ça tout seul !
- Dites-moi ce que vous savez, et j'en jugerai la pertinence, dites-vous avec un sourire satisfait.
Même quand il ne s'agit que d'un pauvre otaku complètement désespéré, vous adorez qu'on se jette à vos pieds.
- Les vols n'ont pas tous eu lieu cette nuit, se met-il à débiter à toute vitesse, ça a commencé la nuit dernière !
- Ah ?
- Ils ne se sont pas méfiés tout de suite, ils ont simplement cru avoir perdu leurs biens... Mais quand ils ont commencé à discuter avec les voisins qui avaient tous perdu quelque chose, ils se sont mis à avoir des soupçons. Qui se sont confirmés avec la deuxième vague de vols de cette nuit !
Gintoki se laisse retomber sur son siège avec un soupir de frustration.
- Trop tard, grogne-t-il. Bon, puisqu'il a commencé... Est-ce qu'on peut au moins espérer pouvoir remplir nos contrat vis-à-vis de nos clients ? On vous laisse le voleur, on prend les objets volés ?
- Ça peut se négocier, confirmez-vous.
Les objets en eux-même ne vous intéressent pas de toute façon, et la récompense dérisoire pour les retrouver non plus. La seule chose qui vous intéresse, c'est de mettre la main sur ce type.
- Mais ça va dépendre des infos que vous me donnez, poursuivez-vous, et même si le fait qu'il agisse depuis plusieurs jours nous était inconnu, ça ne nous avance pas vraiment.
- Pousse-toi, Shinpachi, et remets-toi debout, lance le patron à son assistant avant que celui-ci n'ait pu ouvrir la bouche, tout en le poussant du genou.
Il étale une vielle carte sur la table, élimée et jaunie, pliée et dépliée des centaines de fois.
- Vous n'avez rien de plus récent, danna ?
- Non, mais celle-ci suffira bien pour ce qu'i montrer. Regarde... Ceux qui se sont fait voler la première nuit se localisent tous dans cette zone, vous explique-t-il en désignant toute une partie de la carte avec la paume de sa main. Et ici, ceux de cette nuit... Tu ne remarques rien ?
- Si, faites-vous en regardant attentivement la carte. Il suit un schéma défini dans l'ordre de ses cambriolages. Une sorte de...
- De spirale, acheva Shinpachi qui avait retrouvé un peu de sang-froid après une baffe de Kagura. Ce qui devrait situer ses prochains coups... à peu près ici.
- Je vois... Ça devrait suffire à Hijikata-san pour mettre sur pied l'opération de cette nuit. Merci bien pour votre coopération, déclarez-vous à un Gintoki mi-figue mi-raisin et à un Shinpachi qui semble culpabiliser de s'être fait avoir aussi facilement.
- Ne t'avise pas d'oublier ce que tu as dit, le sadique ! Vous avertit Kagura avec agressivité. Le voleur est à vous, mais la récompense pour les objets volés est à nous !
- Ma chère chinoise, figure-toi que je ne suis pas dans la dèche au point de passer des heures à jouer les pères Noël en faisant du porte à porte pour rendre ces machins et en tirer quelques malheureux yens.
- Va mourir, enfoiré !
Ça se précise... vous avez de nouveau indices plutôt concluants, néanmoins la suite ne sera pas aisée pour autant. Peut-être cette équipe peut-elle se révéler encore utile ?
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Pour proposer une alliance à l'agence à tout faire, partez au chapitre 13.
Sinon, rendez-vous directement au chapitre 22.
