Bonne année à tous et à toutes !
Je vais vous poster un chapitre par jour pour finir définitivement l'histoire.
Bonne lecture !
Chapitre 34 : Et de un… à Poudlard
C'est avec appréhension que nous voyons arriver James au loin, par l'entrée principale. Lily est toute excitée de voir son frère entrer officiellement dans le Collège. Il est accompagné d'élèves de première année, les seuls qui ne portent pas encore les couleurs de sa maison sur sa robe de sorcier. James semble en grande conversation avec une jeune fille et un jeune homme mais d'aussi loin, impossible de les reconnaître. Harry les regarde avec nostalgie, j'imagine aisément les souvenirs qui l'assaillent. Je lui prends la main et la lui embrasse. Il me gratifie d'un sourire et se penche pour m'embrasser rapidement.
Il me souffle un 'je t'aime' au creux de l'oreille. Moi aussi, je t'aime, mon amour. Aujourd'hui, hier et pour toujours. Peut-être est-ce le fait qu'une partie de mon âme soit en lui mais je ressens ses émotions fortes comme si elles étaient miennes. Blaise et Théo me l'ont d'ailleurs signalé plusieurs fois que je m'étais adouci au contact du Sauveur mais peu m'importe. Si je dois être plus doux pour vivre la vie que j'ai depuis neuf ans, qu'à cela ne tienne. J'accepterai beaucoup de choses rien que pour partager le lit d'Harry.
Et puis, je ne suis pas mon père. Je dis à mes enfants que je les aime, tous les jours. Je le dis aussi à mon mari dès que je le ressens comme ça. Je laisse ressortir mon côté romantique et ce n'est vraiment pas lui qui s'en plaint. Harry et moi descendons pour accueillir les élèves dans la Grande Salle. Lily, Albus et Scorpius vont regarder la cérémonie de répartition dans un coin pour ne pas trop afficher leur frère. Ils sont tellement curieux de savoir dans quelle maison il va aller. J'ai déjà ma petite idée là-dessus mais je les laisse spéculer. Le discours de Minerva commence et les élèves se taisent. Les quatre tables s'étendent devant nous. Harry, à mes côtés, envoie des ondes positives à notre fils. Il est tellement beau en habit de sorcier.
Les quatre tables resplendissent de couleurs, Orphin de Perse pour les Poufsouffle, Smaragdin et Pinchard pour les Serpentards, Passe-velours pour les Gryffondors. Dans quelques minutes, nous saurons la couleur de James. Malgré son nom double, il ne passera pas avant la seconde moitié de la liste. Ils ont tous choisi de porter le double nom, James et Albus se nomment Potter-Malefoy, Scorpius et Lily, Malefoy-Potter et ce n'est pas peu dire qu'ils en sont fiers. Lily adore raconter pourquoi le nom des Malefoy est avant celui des Potter pour elle. Elle se démarque de ses deux frères ainsi mais aussi de Scorpius car ce n'est pas pour la même raison. Elle est d'ailleurs très fière de cette différence qui la rende unique selon ses dires.
Après un temps affreusement long, c'est enfin le tour de James. Le choixpeau ne réfléchit que quelques microsecondes avant de clamer haut et fort qu'il ira à Gryffondor. Je me gonfle de fierté tout autant qu'Harry. Le premier de nos fils sera donc un rouge et or. Après tout, ses deux parents biologiques l'étaient. Je ne suis pas vraiment étonné. Je lui souris avec fierté et il me retourne mon sourire avec éclat. Il est fier de suivre les traces de son illustre papa. Il faudra que nous célébrions cela au plus vite. J'ai vraiment hâte de le féliciter mais je ne souhaite pas l'embarasser.
Je vois mes trois autres enfants le féliciter de loin avant de s'éclipser pour aller manger. Les couloirs de l'école ont beau n'avoir aucun secret pour eux, ils sont tout de même escortés par Pixie. Nous pouvons entamer le repas de bienvenue. Je vois James commencer à converser avec ses camarades. Notre fils est grand, maintenant et surtout, il ne vivra plus avec nous… Cela me rend triste tout d'un coup. Je prends la main d'Harry et la serre convulsivement pour attirer son attention.
- C'est comme ça que ça commence ? Le premier enfant part et les autres le suivent progressivement ?
- Oui, mon amour. C'est cela mais ne t'en fais pas, tu en auras un autre très bientôt à chouchouter, je te le promets.
- On commence ce soir ?
- Avec plaisir.
Et effectivement, Harry a tenu sa promesse. Une semaine après la rentrée, il a commencé à ressentir les premiers symptômes. Ne prenant plus la potion, contrairement à la fois précédente, nous ne savions pas comment son corps allait réagir. Nous avons fait venir Hermione le soir même afin d'en avoir la confirmation. Nous n'en avions parlé à personne mais la petite Lily s'en était chargé pour nous. Elle avait annoncé avant la rentrée qu'elle voulait une petite soeur et que ses parents la lui donneraient car ils l'aimaient plus que tout.
Cette petite chipie avait de qui tenir. Elle était un peu Serpentarde sur les bords. Si Hermione nous le confirme aujourd'hui, nous inviterons James ce week-end pour le thé et en profiterons pour célébrer les deux nouvelles : son entrée à Gryffondor et l'arrivée d'un nouvel être dans la famille. Hermione est au moins aussi excitée que nous quand elle commence les examens. Elle lui fait tout d'abord une prise de sang, plus pour vérifier si tout est en ordre que pour le test de grossesse comme elle m'avait fait.
Elle passe ensuite directement à l'échographie, connaissant notre habileté à être enceint. Après tout, cela avait fonctionné dès notre première fois dans mon cas. Serrant fortement la main de mon mari, je la regarde lui donner la potion et réaliser l'incantation. Mon coeur manque un battement quand je vois apparaître une poche avec un minuscule point. N'étant pas certain de ce que je regarde, je vérifie auprès de la médicomage.
- Le cœur ne bat pas encore, il est beaucoup trop tôt mais cette poche ne devant être là, j'aurai tendance à dire que je suis sûre à 90% que tu es enceint, Harry. Je ne pourrais cependant te le confirmer qu'après avoir fait analyser ton sang. Dans tous les cas, plus de potion. Drago, as-tu gardé la recette de la potion de la dernière fois ?
- Bien sûr. Je vais m'y remettre dès ce soir.
- Evitez d'être enceint en même temps, ce serait bien.
- On va essayer mais tu sais, je ne peux pas lui résister, la taquine Harry.
- Bande de pervers ! nous sourit-elle avant de sortir de notre chambre.
Nous attendons quelques secondes et il me saute au cou, explosant de joie !
- Drago, nous avons réussi, nous allons avoir un nouveau bébé !
- Harry, ne nous emballons pas trop vite. Je ne voudrais pas que tu sois déçu si jamais ce n'était pas le cas. Nous avons peut-être été trop rapide pour la contacter. Une semaine, ce n'est pas suffisant pour savoir si une personne est enceinte.
- Mais je le sens, Dray, je le sens. Dès qu'elle aura les résultats sanguins, elle nous contactera. C'est à mon tour de connaître les affres de la grossesse et ce sera à toi de supporter mes assauts nocturnes.
- Avec grand plaisir, mon amour. Si elle nous confirme tout cela, nous sabrerons le champagne et… je le boirais tout seul, ris-je sous cape. En attendant, il faudrait se préparer, les cours vont bientôt commencer.
Le soir même, Hermione revient. Nous l'invitons à nous isoler dans notre chambre insonorisée.
- Je ne sais vraiment pas comment vous faites cela, et je ne souhaite pas le savoir, mais je dois t'annoncer Harrry que tes analyses sont revenues positives. Tu es enceint ! Toutes mes félicitations !
Il me faut une seconde ou deux pour digérer l'information et exploser de joie à mon tour. Je saisis Harry par la taille et le soulève, fier de nous et très heureux de la perspective d'agrandissement de notre famille.
- C'est magique, c'est tout, Hermione. Notre amour est tellement profond et sincère que, dès que nous laissons la possibilité à nos corps de faire des bébés, ils le font.
- Drago, il faudrait que je te fasse aussi une prise de sang, juste pour vérifier.
- Ce ne sera pas nécessaire, Hermione, depuis que nous avons arrêté la potion, j'ai toujours été actif, justement pour ne pas risquer de tomber enceint moi aussi.
- Sage… décision. Je ne souhaitai pas vraiment en savoir autant sur votre vie sexuelle mais au fond, depuis le temps qu'on se connaît…
- Nous t'adorons Hermione, autant Harry que moi.
- Plus Drago que moi, dois-je avouer… Vous vous êtes drôlement rapprochés depuis mon comas, pour mon plus grand bonheur, bien sûr.
- Allez-vous l'annoncer à Lily ce soir ?
- Non, samedi après-midi, avec tous les enfants.
- D'ailleurs je vais aller de ce pas, écrire une lettre à James pour le convier au thé.
- Très bonne idée.
Comme prévu, les enfants accueillirent la nouvelle à grand cri de joie. Ils ont même déjà commencé à spéculer sur le sexe du bébé, chacun y allant de sa préférence. Harry est lumineux depuis cette annonce. Je suis très content pour lui, pour nous et les enfants. La chambre de James sera la future chambre du bébé, après avoir séjourné les six premiers mois dans notre chambre, comme Lily avant lui.
Elle fait d'ailleurs déjà des plans sur la comète, nous expliquant comment elle compte prendre soin du bébé, toutes les choses qu'elle lui apprendra, etc. Elle commence également à nous faire des suggestions de prénoms, de filles comme de garçons. Chacun prend alors une feuille pour y noter toutes ses idées. Cette effervescence me gonfle de fierté ! Nous avons vraiment réussi leur éducation, tous les deux, ensemble. Nos enfants sont extraordinaires.
Quelques semaines plus tard, juste avant le début des vacances de la Toussaint.
En ce dernier jour de cours, tous les élèves préparent leurs valises afin de profiter de leurs deux semaines de vacances, bien méritées. Certains en profitent pour faire le plein de livres à la bibliothèque, d'autres en profitent pour affronter leurs camarades à divers jeux de société. Harry et moi préparons les affaires des trois plus jeunes pour partir dès le lendemain après-midi pour le Manoir. James partira dès le matin avec les autres à bord du Poudlard Express et sera récupéré à son arrivée par Arthur et Molly.
Nous devrions tous arriver chez les Weasley aux alentours de midi, pour manger tous ensemble. Quel merveilleux repas partagé en famille en perspective ! J'ai vraiment pris goût à toutes ces traditions. D'autant que la famille Weasley a toujours été adorable avec moi. Ils m'ont accueilli et accepté sans contrepartie, sans demande particulière… Ce sont vraiment des personnes merveilleuses, qui n'auraient jamais pu s'entendre avec mes parents. Les enfants saluent James depuis l'appartement et Harry et moi continuons de tout préparer. C'est un peu compliqué à cause des nausées de mon mari, il m'a l'air plus malade que je ne l'ai été.
Ou bien n'en ai-je pas gardé de souvenirs ? Les potions l'aident un peu mais cela n'est pas très pratique quand il fait cours. Minerva a échangé certains de nos plages horaires, Harry étant plus malade le matin que l'après-midi mais elle se montre compréhensive. Les élèves ne sont pas au courant et je ne suis pas sûr qu'il soit prévu de le leur annoncer tout de suite. Peut-être avant qu'Harry n'arbore son joli ventre d'homme enceint. Je suis persuadé qu'il sera magnifique ! Pour le moment, avec les crises de nausées, je suis assez tranquille au niveau de sa libido. Il dort peu et j'essaie de l'aider au maximum.
Nous allons profiter de ces vacances pour qu'il se repose. Les enfants ont déjà promis qu'ils seraient pour que leur papa puisse se reposer. Le plus grand parti, les trois autres nous aident aussi. Pixie commence les aller-retours avec le Manoir et gère le ravitaillement avec Hoomy , notre nouvel elfe de maison. Les chambres des enfants sont prêtes et il y règne une atmosphère chaleureuse grâce aux cheminées. Le Manoir s'est peu à peu transformé avec les années, les enfants l'égayant un peu plus à chaque vacance. Les vieux tapis ont été changé et sont devenus beaucoup plus clairs. Les murs des chambres ont pris des teintes plus chatoyantes, moins serpentardes.
Harry et moi avons changé de chambre, nous l'avons totalement redécorée tous les deux avec des couleurs qui nous plaisaient vraiment. La pièce est assez épurée maintenant, il y a principalement un lit Super King Size, des tables de nuit avec les livres que nous lisons, deux grands dressings pour moi et un peu d'affaires d'Harry et surtout une salle de bains attenante afin de pouvoir nous laver facilement après avoir fait l'amour. Il y a une grande baignoire pour que nous puissions nous y détendre à deux et une douche pour deux quand nous avons moins de temps. Tout y est vraiment parfait.
Les enfants ne peuvent pas y entrer sans notre accord ce qui empêche les situations embarrassantes comme celle qui a bien failli arriver à nos débuts. Heureusement, aucun enfant n'a été traumatisé par une vision trop sexuelle. Tous ces souvenirs me reviennent et me font bien rire à présent. Nous leur avons enseigné qu'il fallait respecter notre intimité et frapper pour demander d'entrer. Nous leur ouvrons nous-même grâce à un sort, la chambre étant insonorisée de l'intérieur vers l'extérieur. Leur bien-être est tout aussi important que le nôtre et cela fonctionne plutôt bien depuis toutes ces années.
L'heure du départ a sonné, les enfants s'engouffrent un par un dans la cheminée, précédés par Harry. Je dois clore le convoi. A la seconde où j'arrive de l'autre côté, je comprends qu'il se passe quelque chose. Habituellement, la maison Weasley déborde de bruits en tout genre, des odeurs de nourriture alléchantes nous assaillent les narines dès que nous y entrons. Aujourd'hui, cela sent le brûlé, les volets sont obscurcis.
- Harry, que se passe-t-il ? m'écriai-je en le cherchant du regard.
- Mets les enfants à l'abri, Drago, et emmène Arthur et Molly.
- Où est James ? demandai-je en renvoyant un par un les enfants dans la cheminée.
- Entre les mains de Ginny. Je pense qu'elle a dû l'attendre au train. Je ne suis pas sûr. Il faut que j'aille le chercher. Récupère tout le monde et envoie-les au manoir. Ils y seront à l'abri.
Je m'exécute, tentant de garder mon sang-froid. Après les enfants, je pars à la recherche du parrain et de la marraine de ma fille.
Fin POV Drago
POV Harry
Je fouille les pièces une par une. Arthur et Molly m'ont brieffé rapidement avant qu'elle ne s'évanouisse sous le choc. Je sais que Drago, une fois tout le monde à l'abri, enverra des aurors. J'espère vraiment qu'il restera à l'abri. Il faut que quelqu'un protège toute notre famille. Ne trouvant personne au rez-de-chaussée, je monte au premier étage, où le couple a sa chambre. Je ne m'y suis jamais aventuré mais je dois retrouver mon fils. Je continue de chercher dans chaque pièce, montant un nouvel étage à chaque échec.
Je me trouve enfin à l'étage où se trouve sa chambre, quelques bruits étouffés semblent en parvenir. Avec prudence, armé de ma baguette pointée vers la porte, je la pousse et me trouve désarmé immédiatement. Repérant l'endroit où ma baguette est tombée, je lance un Accio afin de la récupérer mais suis touché avant. Le sort me terrifie, je le connais pour l'avoir testé sur Drago, un Sectumsempra. J'arrive à attraper ma baguette et jette un sort autour de moi afin de me protéger et pouvoir contre-attaquer. Je les repère enfin tous les deux. Ginny se sert de son propre fils comme d'un bouclier. Je plonge mon regard dans le sien en lui demandant de rester calme. Je ne voudrais pas qu'elle le blesse parce qu'il se défend ou se débat.
- James, reste calme, fais-moi confiance, mon chéri, je vais te sortir de là, tout va bien.
- Rien ne va bien, Harry ! Tu m'as volé ma vie, mes enfants, ma famille, mon pays.
- Tu l'as fait toute seule, Ginny. Tu n'aurais jamais dû nous jeter un sort d'amnésie à ton fils et à moi. Il avait à peine deux ans, Ginny et je venais de sortir du comas. N'as-tu pas honte ? Comment as-tu pu lui faire ça ? A ton propre fils ? Et pour quoi ? Cacher les méfaits que tu prévoyais à mon encontre ? Comme si un enfant de deux ans allait rentrer et me balancer toutes tes vacheries et tes plans malfaisants ? Tu es folle et ce que tu fais aujourd'hui en est la preuve.
- Je veux récupérer mes fils, Harry, tu as un autre enfant avec l'autre con, laisse-moi mes enfants.
- Personne de décent ne t'en laissera jamais la garde, tu es un danger public pour toi et pour les autres. Comment as-tu fait pour revenir ? Tu as été bannie.
- Je connais certaines personnes haut placé Harry, qui me soutiennent encore.
- Des fous probablement, comme toi, ou des personnes qui te réclament des faveurs contre leur bon soin.
- Espèce de...
Je choisis ce moment pour frapper. Ginny a certainement oublié que je connais moi aussi très bien cette chambre. Se déplaçant tout en parlant, elle n'a pas fait attention qu'elle s'était dangereusement rapprochée du miroir où elle se regardait pourtant de longs moments adolescente. Je jette un sortilège de blocage sur le miroir qui se répercute sur elle afin d'être sûr de ne pas blesser James. Dès que sa mère se fige, il se défait du bras l'emprisonnant et me rejoint.
- Papa, que dois-je faire ? Tu es blessé, tu peux te relever ?
- Va rejoindre ton père au Manoir et demande-lui d'appeler Hermione. Les aurors ne vont pas tarder, je vais surveiller Ginny en attendant.
- Mais papa, je ne peux pas te laisser seul…
- James, tout de suite, s'il te plaît.
Gardant ma baguette pointée sur mon ex-femme, je me redresse un peu, tâchant de ne pas perdre trop de sang. J'essaie de ne pas penser au bébé. Il ne faut pas que j'y pense. Seul James compte et il est hors de danger. Moins de deux minutes plus tard, j'entends les aurors arriver.
- Là-haut, les gars, nous sommes là.
Ils arrivent, baguette en main et je vois Ron entrer en premier. S'assurant que sa soeur ne représentait pas de danger immédiat, il se précipite sur moi, laissant aux autres aurors le soin de la surveiller.
- Comment te sens-tu 'Ry ?
- Pas au top de ma forme, j'avoue. Mais tout le monde va bien donc ça va aller.
- Que s'est-il passé ?
- Ginny est revenue et a foutu la merde pour changer. Peuvent-ils l'emmener ? J'ai l'impression que je vais vomir et je ne veux pas qu'elle se régale du spectacle.
- Quel sort lui as-tu lancé ?
- Immobilus, le même sort qu'Hermione avait utilisé sur les lutins de Cornouaille. Je n'ai pas trouvé mieux, elle tenait James pour se protéger devant elle. Je ne pouvais pas risquer de le blesser.
- Tu as très bien fait. Tu t'es défendu et tout le monde va bien. Enfin sauf toi. Hermione a-t-elle été appelée ?
- J'ai envoyé James à la maison pour que Drago l'appelle.
La porte d'entrée claque et nous entendons une voix familière crier.
- Je suis là, Harry, tu es prié de ne pas mourir.
- Comme si je le pouvais. Tu serais capable de me faire revenir.
- Exactement, dit-elle en entrant.
Elle s'arrête immédiatement en voyant l'ampleur des dégâts.
- C'est si mauvais que ça ?
- Disons que j'ai plutôt intérêt à te réparer avant que Drago…
- n'arrive ? finit mon mari.
- Drago ! m'écriai-je en lâchant un petit cri de douleur. Tout le monde va bien, comment va James, est-ce que…
- Tais-toi, Harry. Ce n'est pas le moment pour les questions. Hermione, j'ai ramené les potions que tu m'as demandé mais… le bébé ?
Je me souviens aussi de ce détail que j'avais occulté quelques minutes auparavant.
- Au vu de tout le sang, Drago, je vais d'abord me concentrer sur Harry. Donne-lui les potions s'il te plaît.
Drago m'approche et je baisse le regard sur mon ventre, tout ce sang… Je sens un frisson glacé me parcourir et je manque m'évanouir. Drago me retient et vient se placer derrière moi pour me soutenir.
- Harry, ne m'abandonne pas. Tu dois survivre, pour nous, pour les enfants. Je ne veux pas qu'ils deviennent orphelins comme toi. Concentre-toi uniquement sur ma voix, ferme les yeux et avale les potions.
N'écoutant plus que sa voix, je me laisse aller à son étreinte réconfortante.
- Drago, donne-lui le somnifère, cela ralentira son débit sanguin.
- Harry, ouvre la bouche, s'il te plaît.
Sitôt le liquide absorbé, je ressens une vague de chaleur m'envahir et je sombre dans ses bras.
Fin POV Harry
POV Drago
- C'est bon, il dort. Que dois-je faire ?
- Toi, rien, soutiens-le. Tu peux ouvrir sa chemise que je puisse bien voir les plaies.
- Hermione, tu vas pouvoir le soigner ?
- Oui, il a perdu beaucoup de sang mais il est fort, grâce à toi. Il va s'accrocher pour toi.
Je vois Hermione jeter différents sorts de guérison tandis que je continue d'étreindre son corps sans réaction. Je prie Merlin et tous les autres sorciers que je connais. Je prie pour qu'il reste en vie. Dans la petite chambre, il n'y a plus qu'Hermione, moi et le corps endormi d'Harry. Encore heureux qu'ils aient emmené Ginny car j'aurai pu la trucider sur place. Elle me fait penser à Bellatrix Lestrange et sa folie meutrière.
- Drago, détends-toi. Et ne le serre pas aussi fort s'il te plaît.
- Excuse-moi, 'Mione, je n'en reviens juste pas qu'elle ait été là. J'aurai dû rester avec lui. J'aurai dû me douter qu'il serait blessé.
- Drago, il voulait vous protéger, les enfants et toi. Il ne t'aurait pas laissé rester. Crois-moi, je le connais depuis suffisamment longtemps pour savoir qu'il vaut mieux ne pas essayer de l'affronter là dessus.
- Les enfants doivent être morts de trouille.
- Ne t'inquiète pas, je suis sûr que Ron va passer les voir dès qu'il aura escorté sa soeur au Ministère.
- Et le bébé, Hermione. Tu crois qu'il a pu survivre.
- Pour être tout à fait honnête, Drago, je n'y crois pas. Veux-tu que je lui fasse une échographie ?
- Je préférerai oui, pour que je puisse me préparer à le lui annoncer. Je pense que c'est l'une des premières choses qu'il me demandera quand il se réveillera.
- Fais-lui boire cette potion, s'il te plaît.
Je m'exécute et fixe mon regard là où l'image devrait apparaître. Le bébé est toujours là. Je suis rassuré mais, en voyant la tête d'Hermione, je me fige.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Le son est allumé.
- Et ?
- Et son coeur ne bat plus. Je suis sincèrement désolée, Drago.
Je plonge ma tête dans le creux du cou d'Harry et y laisse couler quelques larmes.
- Quand nous l'aurons transporté à Sainte Mangouste, je lui enlèverai le foetus. Je reviens, je vais contacter mon équipe. Je suis sincèrement désolée pour vous.
Je ne réponds pas, incapable de parler, plonger dans mon chagrin et de celui à venir d'Harry.
Les vacances prennent un mauvais tour suite à l'agression de James et d'Harry. Mon mari va passer le premier week-end à Sainte Mangouste, par précaution. Son torse ne porte plus les traces de ce qui lui est arrivé mais il est anéanti. Quand je lui ai appris la nouvelle de la perte de notre enfant, il s'est effondré et a pleuré de longues heures. Je me suis senti impuissant face à toute sa détresse. James lui a rendu visite et l'a longuement remercié pour l'avoir sauvé, l'a gratifié de quelques 'tu es le meilleur papa du monde' mais rien n'y a fait. Le pire a été quand Lily lui a rendu visite.
Il a éclaté de nouveau en sanglot et la petite l'a prise dans ses bras. Elle lui a répété plusieurs fois que c'était de sa faute, qu'elle n'aurait pas dû insister pour avoir une petite soeur et qu'elle était très heureuse avec ses trois grands frères mais rien n'y a fait. Il était encore plus dévasté. J'ai donc interdit aux enfants d'aller le voir, leur expliquant qu'il avait besoin de repos pour se remettre de la perte tragique du bébé. Quand il a enfin pu rentrer à la maison, il n'a pas voulu sortir de la chambre. La nuit, il ne dort pas et se retourne sans cesse. Exténué, il dort toute la journée. Il ne me laisse plus l'approcher, je ne peux même plus le serrer dans mes bras. Il fuit toute démonstration d'affection. Ainsi passent nos deux semaines de vacances. J'espère que le retour au travail lui fera du bien.
A la fin de la première semaine de reprise, je désespère. Je finis même par contacter Hermione. Certes, ses cours se passent toujours bien mais en dehors des cours, le plaisir n'y est plus. Je le soupçonne de vouloir donner le change à l'école pour ses élèves. Je suis vraiment très inquiet. James est passé tous les soirs pour voir comment il allait mais Harry n'a pas réagi. C'est comme s'il était mort à l'intérieur. Je décide de rester avec lui, juste tous les deux, tout le week-end. Je dépose les enfants, les trois plus jeunes chez Arthur et Molly et lui annonce que nous sommes libres de nos mouvements. Il se renfrogne et se recouche. Je l'approche pour lui carresser le visage et tenter de renouer le contact mais il se retourne dans le lit et m'offre son dos.
- Harry, que veux-tu de moi ? Je ne comprends vraiment pas ce que tu veux.
- La paix, je veux la paix. Casse-toi d'ici, laisse-moi seul.
- C'est bien ce que tu veux ? Tu ne veux pas que je t'aide plutôt ?
- Casse-toi, Drago, je ne veux plus que tu me touches. Regarde le mal que cela a fait. Notre bébé…
- Arrête Harry, ce n'est ni de ta faute, ni de la mienne ! C'est Ginny qui a tué notre enfant, tu n'as fait que protéger James. Tu es un excellent père, Harry, n'en doute pas.
- Je ne veux plus entendre ça ! J'aurai dû protéger aussi mon bébé.
- Harry, tu nous as tous sauvés !
- Faux, notre bébé est mort ! je n'ai pas su le protéger, je suis un mauvais père, va-t-en avant que je ne fasse une bêtise.
- Harry, ce n'est pas en me disant cela que tu vas me convaincre de partir. A quoi penses-tu ?
- Si tu continues, je pourrais demander le divorce.
- En quoi cela améliorerait-il les choses ?
- Je n'aurai plus la garde des enfants et tu pourrais en prendre soin correctement.
- Harry, d'accord, je vais te laisser seul car je ne tiens pas à entrer dans ton délire de persécution. Je te laisse Pixie, elle t'apportera de quoi manger et toute autre chose dont tu auras besoin. Je vais rejoindre les enfants chez les Weasley.
N'entendant aucune réponse, je franchis le seuil et appelle Pixie.
- Occupe-toi bien de lui. Une seule chose, ne le laisse pas envoyer de lettre au Ministère, il s'est mis en tête de vouloir divorcer. Et ne le laisse pas se faire du mal.
- Pixie a compris.
- Merci Pixie.
La mort dans l'âme, je laisse mon mari seul. Je demande quand même à Hermione si elle pourra passer le voir, pour prendre de ses nouvelles, ce qu'elle accepte sans sourciller.
J'essaie de faire bonne figure tout le week-end mais cela me met un coup au coeur. Cela me met dans un tel état que même Blaise et Théo, appelés en renfort, n'arrivent pas à me dérider. Et les choses n'ont fait qu'empirer par la suite.
Harry, ne souhaitant pas m'empêcher de dormir, s'est réfugié dans la chambre de James. Il a refusé toutes mes potions de sommeil ou apaisantes. Je dois donc me passer de mon mari la nuit aussi. Cela fait déjà trois nuits et j'ai de plus en plus de mal à dissimuler mon manque de sommeil. Je passe mes journées à prendre des potions revigorantes. Mon seul soulagement est de voir que je ne suis pas le seul à carburer à ça. Harry en prend aussi, c'est qu'il y a de l'espoir. Tous les soirs, j'en remets de nouvelles pour être sûr qu'il n'en manque pas. Il dîne dans la Grande Salle avec les autres professeurs.
Je pense qu'il veut échapper à mon regard scrutateur. James me dit qu'il picore au lieu de manger et je le vois maigrir au fil des jours malgré sa robe de sorcier qu'il ne quitte plus. Notre couple va-t-il survivre à tout cela ? Je ne me suis jamais senti aussi mal. J'ai besoin de retrouver mon mari, sa tendresse et ses câlins. Je sais que ce n'est qu'un mauvais cap à passer mais je ne sais plus quoi faire. Hermione est déjà venue le voir le week-end dernier mais elle n'a rien pu faire contre cette tête de mule. J'ai toujours apprécié son caractère fort et têtu mais jamais je ne me serais imaginé être celui qui en ferait les frais.
Je commence à regretter son côté jovial des Gryffondors. Heureusement que j'ai les enfants pour m'aider et me soutenir, ces derniers jours ont vraiment été une torture pour mes nerfs. Je peux tout affronter s'il est à mes côtés mais sans lui, seuls les enfants peuvent encore me donner de la force. Ils sont très compréhensifs et vont l'embrasser tous les jours pour lui montrer leur soutien. J'aimerai tellement qu'il reste plus à leur contact, qu'il se rende compte de ce qu'il perd à se renfermer ainsi. Je l'aime vraiment très fort mais s'il continue sur cette voie, je ne sais pas ce que je pourrais faire pour l'aider. Hermione a sous-entendu qu'un nouvel enfant pourrait l'aider à reprendre le dessus mais cela s'avère plutôt compliqué quand lui et moi faisons chambre à part.
Finalement, ce sont mes amis Serpentards qui me font la proposition que je choisis. Ils me proposent de partir quelques jours avec lui, seuls, pour se retrouver, discuter et tenter d'améliorer les choses. Je ne savais pas les Serpentards si altruistes. Tout est déjà organisé et vu avec les Weasley. Noël n'est que le vendredi, nous partirons donc dès la fin des cours, en laissant les petits aux bons soins de leurs grand-parents. Je vais l'emmener à Paris. Je crains que cela ne soit notre dernière chance.
Je le sens s'éloigner chaque jour un peu plus. Je n'arrive même plus à le faire me regarder. Il va falloir que je prenne mon mal en patience et que je l'aide à surmonter cette épreuve. Je suis capable de le faire, pour lui, je m'en sens capable. Je n'ai plus le choix de toute façon. Les enfants m'ont fait part de leur soutien total et m'ont promis de ne pas faire tourner en bourrique la famille en attendant notre retour. Ne reste plus qu'à l'annoncer à Harry. Le plus dur en somme. Le vendredi, terminant plus tôt que lui, je m'installe dans notre salon pour l'attendre de pied ferme. Dès que j'entends la poignée tourner, j'empoigne ma baguette, prêt à lui lancer un sort si nécessaire.
- Bonsoir Harry, lançai-je d'une voix enthousiaste.
Il me répond par un vague salut de la tête et se dirige directement vers les chambres.
- Harry, s'il te plaît, j'ai à te parler, peux-tu venir deux minutes ici ?
Il grogne un peu mais approche, tête baissée.
Merlin, son visage est si fin. Je ferme les yeux pour ne pas crier d'exaspération. Mon mari se laisse dépérir mais je ne laisserai pas la situation durer plus longtemps.
- Harry, ce soir commence les vacances de Noël. Tu t'en souviens ?
- Vaguement.
- Les enfants vont aller chez Arthur et Molly…
A cette évocation, il relève enfin la tête et me regarde désespéré. Je comprends aussitôt son angoisse et le rassure sans tarder.
- Ginny est toujours en prison et va le rester très longtemps. Ils sont à l'abri, mon amour. Je m'en suis assuré. Ron va veiller sur eux avec Hermione. Ils veulent tous que tu ailles mieux. Même Blaise et Théo sont là-bas.
- Mais… si…
- Harry, ils pourront nous contacter à toute heure du jour et de la nuit mais, pour le moment, il me semble important voire même primordial que toi et moi passions un peu de temps seuls tous les deux. Depuis l'incident avec Ginny, tu ne vas pas bien. Cela ne peut plus durer ainsi, Harry. Je t'aime, nos enfants aussi, tes amis et même les miens s'inquiètent pour nous. Je voudrais partager de nouveau mes nuits avec toi, te sentir dans le lit à mes côtés, tu me manques tellement, mon amour.
Il ne réagit pas à ma déclaration mais je ne faiblis pas.
- Harry, tu te rends compte que depuis ton comas, nous n'avions pas passé une seule nuit l'un sans l'autre ? Et là depuis près d'un mois, tu me refuses ta présence, me préférant la chambre de notre fils ? Je sais que tu es très choqué par ce qui est arrivé et crois-moi, je le suis aussi. Mais c'était le destin, en aucun cas, ta faute ou la mienne. Parfois, certaines choses ne doivent pas se faire et j'ai le sentiment que ce bébé n'était pas celui que nous attendions. Dans notre malheur, nous avons la chance qu'il ait été aussi petit. La grossesse n'était pas encore assez avancée pour que nous l'ayons vu distinctement. Je sais que cela n'enlèvera rien à ta peine mais nous pourrons peut-être réessayer un jour ? Mais, pour le moment, ce que je veux par dessus tout, c'est te retrouver, pouvoir à nouveau te toucher, explorer ton corps, te sentir frémir sous mes doigts et inversement. Je suis sûr que tu ressens la même chose. Je te connais trop bien Harry pour ne pas ressentir tes appels inconscients.
- Peut-être…
- Oui ?
- Peut-être que j'en ai envie, oui. Mais je n'arrive pas à m'enlever Ginny de la tête. Elle a attenté à la vie de -notre fils, à la chair de sa chair, sans honte, sans scrupule, sans même hésiter un seul instant. J'avais tellement de haine envers elle et tellement peur pour James que je n'ai pas vu le danger arriver. J'ai l'impression de m'être fait avoir comme un bleu. Si je ne m'étais pas laissé autant aveugler, notre enfant ne serait pas mort.
- Harry ! Personne, je dis bien personne, ne t'en veut d'avoir perdu l'enfant. Tous sont très fiers de toi pour avoir sauvé James et tout le reste de la famille. Et si tu dois en vouloir à quelqu'un, choisis-moi !
- Mais… pourquoi toi ? Drago !
- Parce que je ne t'ai pas accompagné. Tu es parti affronter seul cette folle et je le savais. Si j'avais voulu vous protéger, tous les deux, toi et le bébé, il aurait fallu que je vous suive.
- Tu savais que je ne t'aurai pas laissé le faire.
- J'aurai insisté jusqu'à ce que tu flanches. Et devant l'urgence de la situation, il n'aurait pas fallu longtemps.
- Je ne peux pas t'en vouloir Drago.
- Alors arrête de t'infliger la culpabilité de ce qui est arrivé. Ginny est la seule coupable et crois-moi, elle paiera.
- Tu ne m'en veux vraiment pas ?
- Absolument pas, Harry, dis-je en m'agenouillant devant lui. Regarde-moi mon amour. Tu m'as tellement manqué.
Des larmes commencent à perler à ses yeux et je crois que je ne suis pas dans un meilleur état.
- Tu m'as manqué aussi, Drago mais je n'arrivais pas à me pardonner. Mais je n'arrivais pas non plus à te quitter pour te permettre d'avoir une meilleure vie.
- Harry, ma vie est magnifique ici, avec toi et nos enfants. N'en doute jamais. Je donnerai tout pour vivre le restant de ma vie auprès de toi et je compte bien le faire.
- Tu me promets que nos enfants sont en sécurité ?
- A 1000% mon amour. Ce sont nos enfants qui vont nous détester de leur avoir mis autant de chiens de garde aux fesses.
- On va passer la semaine ici, tous les deux ?
- Non, Harry, nous allons partir nous aussi, tous les deux, en France. Avec l'enchaînement des événements, nous n'avons jamais pu faire le beau voyage que je t'avais promis.
- Peu importe, notre vie est un magnifique voyage et je ne l'échangerais pour rien au monde. Et puis, nous y avons passé deux jours fantastiques. C'est là que tu m'as demandé en mariage.
- Tu veux emmener quelque chose de spécial ? J'ai préparé nos affaires.
Il me regarde soudain un peu timide.
- Harry ?
- Tu pourrais…
- Oui.
- Prendre des potions ?
- Oui lesquels ? Somnifères, revigorantes ?
- Protection ?
- Harry ? En es-tu sûr ?
Il me sourit et s'approche de moi pour m'embrasser.
- Oh oui, je suis sûr, tu m'as… vraiment… vraiment… manqué, me susurre-t-il à l'oreille tout en saisissant ma main pour la porter sur sa virilité.
- Effectivement, il va falloir que je fasse quelque chose pour y remédier.
- Et si nous allions voir ce qui peut être fait, maintenant.
- Maintenant ? Ne veux-tu pas aller à l'hôtel d'abord ?
Je le vois s'éloigner vers notre chambre.
- A ta guise mais moi, je ne partirai pas d'ici sans m'être soulagé, seul ou à deux.
Je me mets à lui courir après comme un adolescent. Je l'aime tellement. Quand je le rejoins, il est déjà allongé sur le lit, sa cape jetée à terre. C'est le choc, il semble avoir perdu une dizaine de kilos. Son pantalon est trop grand pour lui et j'ai l'impression de retourner dix ans en arrière, quand il portait les vêtements de son cousin. Je prends quelques secondes pour faire disparaître l'angoisse de mon visage et m'arrête au pied du lit.
- Il nous faut des potions, Harry !
Il va directement ouvrir le tiroir mais celui-ci est vide.
- Je vais les chercher, elles sont dans la salle de bains.
Pour éviter de prendre la mauvaise potion par inadvertance, nous les avions toutes déplacées. J'espère que cela ne le fera pas retomber dans son état de catatonie. Je fais au plus vite pour les ramener. Harry a continué de se déshabiller et m'attends nu sur le lit, sous les couvertures.
Je fais mine de ne pas le remarquer et vais m'asseoir à ses côtés. Je lui tends une potion et en prends une aussi pour moi.
- Prêt mon amour ?
- Prêt, Drago.
Nous vidons les fioles et je l'embrasse à pleine bouche, tellement heureux de l'avoir enfin retrouvé. J'ai vraiment cru le perdre et quand je constate les ravages sur son corps, je ne peux qu'en être persuadé. Fermement, je saisis la couverture pour la lui retirer. J'ai une idée de ce que je vais découvrir mais le voir vraiment me fait tressaillir. Ma main reste suspendue en l'air, la couverture en mains. Son corps, habituellement tout en forme et muscles semble manquer de quelque chose. Harry tourne la tête.
- Harry, depuis combien de temps as-tu cessé de te nourrir ?
- Je n'ai pas…
- Harry ! S'il te plaît, ne me mens pas. Je sais reconnaître une personne qui ne se nourrit que de potions revigorantes. Si j'avais su, je ne les aurai jamais laissées.
- Drago, je suis désolé. Avec ton aide, je vais me remettre à manger, je te le promets.
- Tu as intérêt car j'ai prévu une petite semaine sportive pour toi et moi et j'entends bien que tu suives le rythme.
- Je vais tout faire pour, Drago. Est-ce que tu veux bien me prendre dans tes bras ? Si je ne te dégoûte pas trop, bien sûr ?
- Harry ! Tu ne me dégoûteras jamais ! Je n'ai pas bien pris soin de toi, je t'ai écouté au lieu de m'imposer pour être sûr que tu te nourrissais correctement.
- C'est moi qui me suis caché, Drago, tu n'y es pour rien.
- En France, tu vas devoir manger tout ce qui te fera envie. Beaucoup de protéines pour que tes muscles renaissent et tout ce qui te fera envie. Tu as intérêt à retrouver ton appétit avant de rentrer car Molly sera pire que moi.
- Bien vrai. Donc si je ne te dégoûte pas, aurais-tu envie de moi ?
- Bien sûr que j'ai envie, j'ai toujours envie, mon amour.
Et pour le lui prouver, je l'embrasse fougueusement en le poussant à s'allonger. Je prends place au dessus de lui à califourchon, encore tout habillé. C'est une drôle de sensations mais que je n'apprécie pas. Je relâche ses lèvres un instant le temps de récupérer ma baguette pour me dévêtir. Ma peau entre enfin en contact avec la sienne et je bouillonne intérieurement. J'ai tellement envie d'être en lui mais je ne veux pas le brusquer, peut-être préfèrera-t-il être au dessus ?
- Harry, de quoi as-tu envie ? C'est à toi de choisir.
Il semble s'interroger et finit par me répondre :
- Je te laisse mener la danse mon amour. Je ne suis pas assez en forme pour le reste mais je te promets de faire tout mon possible pour te prendre aussi vite que possible.
Avec tendresse, amour et douceur, je lui fais ressentir chaque partie de son corps, le redécouvrant comme au premier jour, prenant soin de ne pas le brusquer et lui montrant à quel point j'aimais son corps.
Durant cette petite semaine, seuls tous les deux, nous avons appris à nous redécouvrir pour notre plus grand bonheur. A Noël, il avait déjà repris quelques kilos qu'il finit de reprendre grâce à Molly. Cette femme est un ange ! Les enfants étaient ravis de le voir si souriant et attentionné. James lui fit même plusieurs câlins en s'excusant de s'être fait avoir aussi bêtement. Il a même demandé des cours supplémentaires de défense contre les forces du mal. En rentrant de ces deux semaines de vacances, toute la famille allait mieux et était prête à affronter les cours.
Au mois de janvier, Ginny a été déferré devant la cour et a été accusée de non-respect de son ordonnance d'éloignement à l'encontre de James et d'Harry, de non-respect de son bannissement, de blessures mortelles sur Harry et d'atteinte à la vie d'un foetus.
Pour tout cela, elle a écopé d'une nouvelle peine de prison de sept ans et d'un port de sortilège obligatoire à sa sortie.
Aux vacances de février, nous avons décidé de retenter l'aventure, Harry semble enfin guéri et plein de vigueur retrouvé. Comme à chaque fois, la magie a opéré et Hermione est venue nous le confirmer mi-mars. Par précaution, je prenais l'autre potion et Harry, rien. Cette fois, cependant, nous avons gardé le secret par rapport aux enfants. Nous ne voulions pas qu'ils s'inquiètent.
Harry est allé voir Minerva dès confirmation pour lui annoncer qu'il quitterait son poste en juin et ce pour une année le temps de profiter de notre enfant à venir. Il continuerait de vivre ici avec nous mais ne dispenserait plus d'enseignement. Le bébé est prévu pour fin novembre. Quel joli cadeau de Noël. J'espère que les enfants seront contents. J'aimerai le leur cacher jusqu'à la fin des cours.
Cette fois-ci, la grossesse fut couronnée de succès. Les enfants l'ont appris au premier jour de leurs vacances d'été. Ils furent si contents qu'ils nous ont couverts de baisers pendant plusieurs minutes.
L'avant-dernière semaine de novembre, alors que je dispensais un cours aux premières années de Serpentards et Gryffondors, je fus interrompu par l'arrivée de Lily.
- Père, c'est le moment, dépêche-toi !
Ni une, ni deux, je déboulais dans le couloir, tout en demandant aux élèves d'être sages jusqu'à l'arrivée de mon remplaçant. J'envoyais ensuite Lily prévenir Minerva pour les élèves et pour Harry. En arrivant à l'appartement, je découvrais un Harry assez calme assis dans le canapé.
- Qui dois-je prévenir ? me demande-t-il.
- Personne, Lily et moi nous sommes déjà chargés de tout. Tu n'as plus qu'à m'accompagner pour rejoindre Hermione et récupérer la valise. Molly va arriver pour rester avec la petite puce.
Quelques heures plus tard, nous accueillons dans nos vies, une magnifique petite fille, brune aux yeux gris : Siria, en hommage à Sirius. Nous sommes aux combles du bonheur.
Et voilà, la fin arrive à grand pas.
A demain pour la suite et l'avant-dernier chapitre.
