37_ let me write you those words.

Des rires.
Un grognement s'échappa de ses lèvres, il tira tant bien que mal le drap sur lui et tenta maladroitement de reprendre une place dans les bras chaleureux de Morphée, mais les rires s'acharnaient dans la demeure. D'un geste lent, il repoussa le drap et étouffa un bâillement entre ses lèvres, frottant énergiquement ses paupières ; une pointe de courage naquit dans ses entrailles et il se hissa hors du lit, barbouillé. Il haïssait les matins, sûrement qu'il tenait ça de son paternel ; d'une démarche extrêmement lente, simplement vêtu d'un caleçon à la teinte verte, il s'extirpa de la pièce et entreprit de se rendre dans la salle de bain, à l'opposé de sa chambre.

- « bonjour, mon ange. » souffla une douce voix, au creux de son oreille.
- « qui est-ce ? » grommela-t-il, les yeux à moitié fermés.

Des lèvres au goût tendre se posèrent sur l'une de ses joues et il grogna un tas de mots incompréhensibles, quelques nuances de rose sur le visage.

- « m-maman, arrête ça. » grogna-t-il. « je ne suis plus un bébé. »
- « ce n'est pas de ma faute. » répliqua-t-elle, une moue boudeuse sur les lèvres. « tu es tellement beau. »

Il se heurta silencieusement au regard d'un bel émeraude de sa mère ; elle se tenait là, près de lui, ce fichu sourire sur les lèvres. Un soupir s'extirpa de ses lippes et il acquiesça, claquant un tendre baiser sur la joue de l'adulte ; elle irradiait d'un tel bonheur, ces derniers jours, qu'il se sentait fondre, chaque fois qu'elle posait un regard sur lui.

Les doigts de la sunienne glissèrent délicatement dans ses mèches brunes et il étouffa un gémissement de bien-être entre ses lèvres ; si elle commençait, il continuerait simplement sa nuit dans le corridor. Un doux rire s'échappa des lippes de la blonde et il fronça les sourcils.

- « je connais ce rire, maman. » rappela-t-il. « tu te moques, qu'est-ce qu'il y a ? »
- « je ne me moque pas. » lâcha-t-elle. « tes cheveux sont.. dans un sacré état. ton père avait exactement la même coiffure, en sortant du lit, ce matin. »

Un énième grognement flotta dans les airs, alors qu'il s'éloignait de sa mère, une moue boudeuse sur les lèvres ; la relation entre les deux bruns se développait, lentement. Il comprenait à présent pourquoi son père n'avait pas hésité à se perdre dans une bataille perdue d'avance et il admirait ça, mais une infime partie de lui n'était pas encore apte à lui pardonner, tout de suite.

- « Shikadai ? » appela-t-elle, alors qu'il se tirait dans la salle de bain.
- « hm ? » grogna-t-il, épuisé.
- « mets un pantalon. » ordonna-t-elle. « une adolescente vit ici, je te rappelle. »

Le regard du brun vagabonda un instant sur sa propre silhouette ; la seconde d'après, il s'enfonçait dans la salle de bain, le visage cramoisi. L'image arracha un rire à la sunienne, elle avait l'impression d'être face à une version adolescente de son époux et quelque part, cette idée lui plaisait énormément ; elle avait hâte de voir quel genre d'homme, leur petit garçon deviendrait.

Une heure plus tard, il se hissait hors de la salle de bain, vêtu d'un pantalon et d'un haut à la teinte sombre ; il étouffa un bâillement entre ses lèvres et fourra les mains dans ses poches.

- « oh, bonjour Shikadai. » souffla une voix féminine.
- « 'jour, Shikadai. » se mêla une voix enfantine.

Les prunelles d'un bel émeraude du garçon se heurtèrent à la bouille angélique de Mitsuha ; elle tenait fermement la main de Sarada, une pointe de bonheur dans les iris. Un grognement s'échappa des lèvres du brun et il salua poliment l'adolescente, avant de disparaître dans une autre pièce. Il se haïssait pour ce comportement puéril, chaque fois qu'il était près de Shikae ou Mitsuha, mais le petit garçon, caché dans sa cage thoracique, en voulait encore terriblement à ces deux enfants ; ils avaient été près de son père, alors que lui, attendait patiemment son retour.

Un doux parfum traînait dans la cuisine, le parfum d'une délicieuse tarte aux pommes ; le brun en raffolait, tout autant que son père, d'ailleurs. Il s'enfonça dans la pièce, les mains dans les poches et s'installa sur une chaise hasardeuse ; une tasse de chocolat chaud se glissa dans son champ de vision et il l'attrapa.

- « merci 'man. » lâcha-t-il, dans un murmure.

La première gorgée, trop chaude, lui arracha une légère grimace, mais il aimait ce goût sucré qu'avait la boisson ; et d'aussi loin que remontait ses souvenirs, sa mère lui préparait une tasse de chocolat chaud.

Un bruit étrange flotta un instant dans les airs et il déposa un regard intéressé sur l'enfant, sagement installé dans une chaise haute ; Shikae jouait avec une vieille peluche et tout un tas de bruits sortait de ses lèvres. En réalité, ce petit garçon était le premier bébé qu'il avait vu de toute son existence et il trouvait ça vraiment.. bizarre. Est-ce qu'il ressemblait à ça, lui aussi, à l'époque ? Il avait bien vu quelques photos, mais il semblait déjà très bien dessus. Il ne se voyait carrément pas jouer avec une peluche, avec autant d'entrain. Un soupir s'échappa de ses lèvres et il détourna le regard, quelques nuances de rose sur les joues, en remarquant le regard de sa mère, sur lui. Manquerait plus qu'elle pense qu'il s'intéressait au gamin.

Shikamaru était parti faire quelques courses, une bonne heure en arrière et il ne tarderait sûrement pas à rentrer ; Shikadai et lui avaient prévu un entraînement, dans la journée. La dernière fois qu'ils s'étaient entraînés tous les deux, l'adolescent avait été horrible, il avait dit des choses méchantes et il les regrettait amèrement, à présent. Un bâillement au bord des lèvres, il déposa la tasse vide dans l'évier, repoussa doucement sa mère qui tentait d'embrasser sa joue et se faufila dans sa chambre ; Inojin avait laissé le jeu qu'ils avaient testé la dernière fois et il refusait de rester bloqué à un niveau si bas.

Quelques minutes s'envolèrent, il était totalement concentré sur l'écran et s'apprêtait à combattre l'un des gros méchants de l'histoire, lorsque son prénom résonna entre les murs de la demeure ; il étouffa un juron entre ses lèvres, mit le jeu sur pause et s'échappa de la chambre, les sourcils froncés. Qu'est-ce que cette fille lui voulait encore ? Un jour, elle lui souriant, le lendemain, elle ne lui parlait pas ; il se sentait perdu dans toute cette histoire, il s'était promis de prendre soin de Sarada, mais quelque part, il la trouvait étrange, de plus en plus. Parfois, il lui souriait, quelque chose de simple, et elle, elle détournait le regard ; est-ce qu'il était si moche que ça ? D'accord, il n'était pas extraordinaire, pas aussi pétillant que Boruto, pas aussi musclé que Metal ou charmeur que Inojin, mais il ne se trouvait pas trop mal.

- « qu'est-ce que tu me veux ? » grogna-t-il, en s'enfonçant dans le salon.

Son regard s'accrocha à la silhouette de la brune et il fronça les sourcils.

- « qu'est-ce que tu fais ? » interrogea-t-il.

Les mains sous les aisselles de Shikae, elle tenait l'enfant à bout de bras et elle ne le quittait pas du regard ; elle était devenue folle, il en était sûr, à présent. L'enfant gigotait joyeusement dans les mains de l'adolescente, inconscient de la situation étrange.

- « prends-le dans tes bras. » lâcha-t-elle, une pointe de détermination dans les prunelles.
- « non. » répliqua-t-il, immédiatement.
- « prends-le. » répéta-t-elle, les sourcils froncés.
- « je t'ai dit non. » soupira-t-il. « c'est quoi ton problème ? je ne veux pas le prendre. »

Qu'est-ce qu'elle lui faisait, sérieusement ?

- « pourquoi ? » questionna-t-elle. « c'est ton petit-frère. »
- « rectification, c'est le fils adoptif de mes parents. » précisa-t-il. « ce n'est pas mon petit frère. »
- « c'est quoi ton problème ? prends-le. » grogna-t-elle.
- « j'ai dit non, putain. » lâcha-t-il, vulgairement.
- « s'il te plaît, Shikadai. » demanda-t-elle, d'une voix un peu plus douce. « fais-le, pour moi. »

Il se sentait mal, soudainement ; qu'est-ce que c'était que tout ça, dans sa cage thoracique ? Pourquoi est-ce qu'il lui semblait que son cœur était sur le point de se perdre sous un amas de sentiments contradictoires ? Il se sentait colérique, soulagé, effrayé et.. heureux ? Dans un tas de gestes maladroits, il attrapa le petit garçon et le tint fermement contre lui ; pourtant, il se sentait incapable de poser son regard sur l'enfant, maintenant qu'il était si près de lui. Il détestait Sarada à cet instant ; elle jouait avec son cœur pour obtenir ce qu'elle voulait de lui.

Une minuscule main cogna délicatement contre sa joue et il retint son souffle, le regard tremblant ; ses iris d'un bel émeraude frôlèrent le visage de l'enfant et il sentit son cœur se tordre douloureusement face au sourire qui traînait sur ses lèvres. Il semblait si heureux qu'il se détestait de le haïr ainsi. Shikadai avait refusé les deux enfants adoptifs de ses parents dès le premier regard, parce que pendant tous ces instants où son père avait été absent pour lui, il avait été présent pour ces deux-là. Il s'était demandé tant de fois ce que Mitsuha et Shikae avaient de plus que lui, pour que son père prenne soin d'eux, pendant qu'il s'inquiétait à en crever. Quelques larmes perlèrent au coin de ses paupières et il retint difficilement un sanglot. Incapable de faire face à toute cette souffrance dans ses entrailles, tous ces sentiments, il se retrouva à fondre en larmes, au beau milieu du salon, le petit garçon contre son torse. Un cri désespéré s'échappa de ses lèvres tremblantes et ses genoux cognèrent doucement contre le sol dur. Une petite silhouette se tira de derrière le canapé et se mêla à l'étreinte, sans attendre une quelconque autorisation ; Shikadai se confronta aux larmes sur les joues de Mitsuha qui s'accrochait aux pans de son tee-shirt et il passa un bras autour de son corps tremblant. Qu'est-ce qui lui avait prit de les haïr à ce point ?

Temari ne tarda pas à apparaître dans l'encadrement de la porte, une pointe de panique dans les entrailles ; le cri douloureux de l'adolescent avait résonné dans la demeure familiale et son cœur avait simplement raté un battement. Parce que, quoi qu'il puisse arriver, Shikadai resterait éternellement son petit garçon. Son regard s'accrocha un instant à la scène sous ses yeux ; Mitsuha et Shikadai pleuraient à chaudes larmes, dans les bras l'un de l'autre, tandis que Shikae jouait avec les mèches brunes de l'adolescent, fermement tenu au milieu de l'étreinte. Elle échangea un regard avec l'adolescente, debout, près d'elle.

- « c'est toi qui as fait ça ? » demanda-t-elle, dans un murmure incertain.
- « il avait juste besoin d'un petit coup de main. » répondit-elle.
- « merci. » lâcha la sunienne, émue.

La blonde passa un bras autour des épaules de l'adolescente et la tira délicatement dans une étreinte tendre.

Une douce brise soufflait à l'ombre. Temari accrocha l'un des nombreux hauts à fleurs de Mitsuha sur la corde à linge et jeta un regard à l'adolescent, qui enroulait des bandages autour de ses mains.

- « je te préviens, Shikadai. » menaça-t-elle. « si ça se termine comme la dernière fois, je m'assurerais que tu aie la même marque que ton père ; histoire que vous compreniez tous les deux que les armes ne sont pas un jeu. »

Shikadai ne retint pas la grimace qui déforma ses lèvres ; il connaissait assez sa mère pour être sûre qu'elle le ferait, si ça se passait mal. Un soupir s'échappa de ses lippes et il effleura un instant les silhouettes de Mitsuha et Shikae, installés sur le perron de la demeure. Les larmes avaient séché, mais il se sentait toujours bouleversé ; comment était-il censé se conduire ? Le visage marqué de son père se glissa dans son champ de vision et il lui lança un simple hochement de tête. Shikamaru attrapa le kunaï qui lui envoya l'adolescent et prit une posture défensive. Ils échangèrent plusieurs coups ; tantôt Shikadai effleurait presque la silhouette de son père, tantôt Shikamaru esquivait les poings de son fils. Une ombre s'enroula subitement autour de la silhouette du plus âgé et un fin sourire au coin des lèvres, il acquiesça, repoussant l'étreinte de la technique ; son fils était doué, mais pas assez pour être capable de l'immobiliser fermement.

- « merde. » grogna l'adolescent.
- « ne t'en fais pas. à ton âge, mon père m'écrasait. » raconta le brun.

Une bouteille d'eau atterrit dans les mains du quarantenaire et il remercia son épouse d'un doux sourire, il avala quelques gorgées et la tendit au garçon, près de lui ; ses fesses se heurtèrent durement sur l'herbe et il passa une main dans ses mèches brunes.

- « dis. » commença le brun, maladroitement. « est-ce que je peux te demander un truc ? »
- « oui, bien sûr. » acquiesça Shikamaru, dans un hochement de la tête.

Les mains dans les poches, Shikadai basculait tantôt sur le pied droit tantôt sur le pied gauche, ce petit air gêné sur le visage ; cette expression, il la tenait de Temari.

- « le père de Boruto.. il était comment quand il était enfant ? » interrogea-t-il. « et oncle Sai ? et le père de Sarada ? »

La question de l'adolescent surprit l'adulte ; il était rare que son fils s'intéresse réellement aux adultes qui l'entouraient. Un tas de souvenirs le frappa et un fin sourire naquit au coin de ses lèvres.

- « le père de Boruto était un cancre. » répondit-il, amusé. « un vrai idiot. constamment en train de faire des bêtises. »
- « de ce que je sais, tu étais pas mal niveau bêtise, toi aussi. » précisa la sunienne.

Un rire légèrement nerveux s'échappa des lèvres du brun et il acquiesça ; Temari déposa la bannière de linge vide sur un coin d'herbe et s'installa derrière son époux, la tête confortablement posée contre son dos. Elle glissa ses doigts dans les mèches brunes de l'homme et esquissa un sourire ; elle s'habituait doucement et plus les minutes s'échappaient, plus elle le trouvait craquant, les cheveux courts.

- « ta mère n'a pas tort. » acquiesça-t-il. « je me faisais mettre souvent au coin, avec lui. »
- « vous étiez amis à ce point ? » demanda le brun, les sourcils froncés.
- « oui. » approuva-t-il. « en fait, depuis mon plus jeune âge, bien avant l'académie. »

Il se souvenait parfaitement avoir vagabondé dans les rues du village caché de la feuille, accompagné de Naruto, Kiba et Chôji, à peine âgé de cinq ans ; une douce insouciance les habitait à l'époque.

- « Naruto n'a pas eu une enfance facile. » ajouta le quarantenaire. « Sasuke et Sai.. eux aussi, ils n'ont pas été très heureux. »
- « raconte-moi. » souffla l'adolescent, en s'installant dans l'herbe chaude.
- « tu es sûr de toi ? » demanda le brun. « rien n'était beau à l'époque. ce que ta génération et toi, vous avez connu.. ce n'est rien comparé à ce qu'il passait là-bas. »

L'adolescent acquiesça vivement ; il était prêt, il avait besoin de savoir.

- « ton oncle Sai est orphelin. il a été élevé au sein de la Racine, une branche secrète de l'Anbu. » expliqua-t-il. « là-bas, les enfants sont modelés pour n'avoir aucun sentiment, aucune personnalité. ils en faisaient des shinobis parfaits, des armes. et il y a des rumeurs.. » il prit une inspiration. « des rumeurs qui disent que les enfants étaient élevés par deux, et qu'ensuite, ils étaient forcés à se battre à mort ; c'est ainsi qu'ils gagnaient leurs places dans l'organisation. »
- « a-attends, quoi ? » lâcha l'adolescent, dans un murmure. « quand tu dis oncle Sai, tu veux dire oncle Sai ? le mari de tante Ino ? le père de mon meilleur ami ? »
- « oui. » acquiesça-t-il.
- « il a été élevé au sein de ç-ça ? de la Racine ? » souffla-t-il, les sourcils froncés. « c'est.. ignoble. »
- « à l'époque, c'était normal. » avoua la blonde, dans le dos de son époux. « les adultes s'assuraient qu'en temps de guerre, les enfants seraient capables de prendre la vie de n'importe qui, sans une once d'hésitation. »
- « et Konoha.. ce n'était pas le pire des villages, crois-moi. » ajouta Shikamaru, en attrapant l'une des mains de son épouse dans la sienne.

Et Temari le savait parfaitement. Le village caché du sable n'avait pas été le plus doux envers les enfants, à l'époque et Shikamaru se souvenait parfaitement de l'effroi qui l'avait paralysé, la première fois qu'il avait entendu des récits du passé de sa bien-aimée ; il s'était senti tellement en colère.

- « le septième hokage. le père de Boruto. il a été rejeté par les villageois, tout le long de son enfance. » raconta le brun, dans un soupir à l'allure triste. « durant l'attaque du démon renard, des tas de villageois et de shinobis étaient morts, dont le quatrième hokage et son épouse, les parents de Naruto. il a été repoussé et détesté de tout le monde, à cause de ça, à cause du démon qui dormait dans ses entrailles. »
- « mais ce n'était pas de sa faute, non ? » lâcha l'adolescent. « il n'avait rien fait de mal, n'est-ce pas ? »
- « peut-être bien, mais les autres s'en fichaient. et parmi les jeunes de la génération suivante, très peu l'approchaient. » ajouta-t-il. « les parents faisaient en sorte que leurs progénitures ne jouent pas avec lui, ne lui parlent pas, l'ignorent totalement. c'est pour ça qu'ils enchaînaient les bêtises, il attirait l'attention sur lui, même si elle n'était pas douce ou bienveillante. »
- « il voulait simplement que quelqu'un le regarde. » confirma Temari, en déposant un baiser sur la nuque de son époux.

Le sourire bienveillant du septième hokage se glissa dans son esprit et le brun se sentit soudainement si idiot, il aurait dû faire un effort, apprendre à connaître l'homme qui travaillait avec son père, l'homme qui protégeait le village, quoi qu'il arrive ; comment en était-il arrivé au poste de hokage ? Comment en était-il arrivé à considérer tous les villageois comme une famille ? Il y avait tant de choses qu'il ignorait.

- « quant à Sasuke Uchiha. Il était dans le même cas que ton oncle et le père de Boruto. » admit le quarantenaire. « à l'époque, le clan Uchiha menaçait le village d'un coup d'état. le grand-frère de Sasuke, Itachi Uchiha, a été chargé de mettre un terme à tout ça, par le conseil ; il a reçu l'ordre d'exterminer son clan. »
- « hein ? » s'exclama l'adolescent, les sourcils froncés. « attends, tu es sérieux ? le conseil, ils.. ils lui ont donné cet ordre, pour de vrai ? »
- « oui. » acquiesça-t-il. « il a assassiné tous les membres du clan Uchiha, en une nuit ; tous, sauf son petit-frère, il en a été incapable. Hiruzen Sarutobi, le troisième hokage, a promit à Itachi qu'il protégerait Sasuke. mais le mal était fait, la haine avait gagné le cœur de Sasuke ; il ne désirait plus qu'une chose, la vengeance, quitte à perdre le peu qui lui restait. Naruto.. il a bien essayé de le faire changer d'avis, mais Sasuke a rejoint les ténèbres, attiré par la force qu'un homme mauvais lui proposait. »
- « et.. et qu'est-ce qu'il s'est passé, ensuite ? » questionna le brun.
- « Sasuke a fini par obtenir ce qu'il désirait, il a tué son grand-frère. mais la vérité s'est montrée à lui et il apprit le rôle du conseil dans l'extermination de son clan. » raconta-t-il, le regard sombre. « il s'est juré de tuer les personnes qui avaient utilisé son frère à leurs fins. mais finalement, Naruto a réussi à le ramener vers nous. ils se sont battus, après la quatrième grande guerre, ils ont perdus tous les deux un bras, mais ils étaient vivants et Sasuke s'était rendu compte qu'il lui restait une famille, au village. Naruto et Sakura attendaient patiemment son retour, sans perdre espoir. »

Il s'était toujours demandé comment le septième hokage avait perdu un bras, mais il n'aurait jamais pu imaginer une telle chose ; comment les adultes de l'époque avaient-ils pu laisser toutes ces choses se faire ? Il ne comprenait pas.

- « et.. pourquoi je n'en savais rien ? » demanda-t-il, les sourcils froncés.
- « votre génération n'est pas au courant, toutes les informations sont classées confidentielles. » avoua le brun. « même Sarada ne sait pas pour son père, son oncle et l'histoire de son clan. et ce n'est l'histoire que de trois hommes, parmi tant d'autres. tu as devant toi l'un des rares chanceux qui a eu une enfance heureuse, avec deux parents aimants et présents. Naruto, Sasuke, Sai, Gaara, Kankuro, Kakashi.. ou encore, Hinata, Tsunade, ta mère. la souffrance et la haine étaient des sentiments ordinaires, à l'époque. »
- « ton père a raison. » approuva-t-elle, dans un hochement de tête. « mais que vous ne connaissiez pas toutes ces histoires est une bonne chose, nous nous sommes battus pour la paix, pour que nos enfants aient une enfance heureuse, sans ombre sur le tableau. »
- « mais c'est totalement idiot. » s'exclama-t-il, d'une voix colérique.

L'adolescent se hissa maladroitement sur ses deux pieds, les sourcils froncés, une pointe de colère dans le fond de ses prunelles ; comment osaient-ils faire ça ?

- « toutes ces personnes se sont battues férocement pour que notre génération vive en paix, pour notre bien-être. » s'emporta-t-il. « mais aucun de nous ne connaît leurs histoires, leurs souffrances, leurs passés. »
- « Shikadai, calm-.. » tenta le brun.
- « putain, papa. » cracha l'adolescent, le regard tremblant. « personne ne connaîtra ton histoire. »

Un léger tremblement s'accrocha à la silhouette de Shikadai et il étouffa un grognement entre ses lèvres, le souffle court.

- « dans des années, lorsque la prochaine génération entendra parler du massacre du pays du feu, personne ne saura à quel point tu t'es battu, à quel point tu as souffert. » continua-t-il, les mains tremblantes. « ce n'est pas normal. »
- « tu sais, ce n'est pas grave. tant que la prochaine génération est en sûreté. » souffla le quarantenaire.
- « arrête de dire ça. » grogna l'adolescent. « à quoi ça sert qu'elle soit en sûreté si elle ne sait même pas grâce à qui elle l'est ? » un tas de mots incompréhensible s'échappa des lèvres du brun. « tu sais quoi ? je vais le faire, moi. je vais retranscrire tout ça sur du papier, je vais l'écrire, laisser une trace du passage de ces hommes, de tous ces hommes. »
- « hein ? » lâcha l'adulte, perdu.
- « en commençant maintenant. » s'exclama-t-il.

Dans un bond agile, l'adolescent se hissa sur le perron et disparu dans la demeure, sous les regards surpris de ses parents ; Shikamaru ne comprenait rien. Une seconde en arrière, ils discutaient calmement, et là, Shikadai s'emportait avec tant de colère. Le brun ne tarda pas à réapparaître, une ramette de papier sous le bras et une trousse dans la main. Il s'installa très vite dans l'herbe, face à son père et retira le capuchon d'un stylo.

- « bien. » dit-il, une pointe de détermination dans les prunelles. « recommence. »
- « quoi ? » souffla le shinobi, les sourcils froncés.
- « recommence. » répéta-t-il. « parle-moi de mon grand-père. je veux tout entendre. l'histoire de Naruto Uzumaki, de Sasuke Uchiha, de Shikamaru Nara. parle-moi de ton maître, Asuma Sarutobi. de Kakashi, de Tsunade. et toi, maman, je veux tout entendre sur oncle Gaara et oncle Kankuro. et sur toi, raconte-moi ton enfance, ton histoire. »
- « qu'est-ce que tu veux faire de toutes ces informations ? » demanda-t-elle.
- « écrire un livre. je veux que les générations suivantes apprennent la vérité. » déclara-t-il.

Un feu ardent brûlait dans les prunelles de l'adolescent.

- « et tu sais déjà comment tu l'appeleras ? » questionna-t-elle, d'une voix douce, le regard empli de fierté.
- « oui. » acquiesça-t-il, un fin sourire au coin des lèvres.

Shikamaru observa silencieusement le sourire qui traînait sur les lèvres de son garçon ; il grandissait, devenait tous les jours un peu plus un homme. Et à cet instant, il ne put s'empêcher de se dire que son père aurait vraiment apprécié son petit-fils. Il aurait sûrement été aussi fier que lui, à cette seconde.

- « les héros dans l'ombre. » annonça l'adolescent.


nda: Plus que cinq chapitres, mesdames et messieurs!
Unknow - Merci à toi d'être encore là! J'suis content que ça te plaise toujours autant, en tout cas. Eh oui, la relation Shikamaru/Shikadai se remet doucement en route et même moi, je t'avoue que ça me fait extrêmement plaisir ; j'ai toujours un peu de mal à écrire une mauvaise relation entre ces deux-là, je les imagine tellement proches et complices. Concernant Sarada, ne t'en fais pas, pas mal de choses vont être mises sur le tapis dans les prochains chapitres, et sa relation avec Boruto et/ou Shikadai sera mise au clair. J'espère que ce chapitre va te plaire, en tout cas ! A la prochaine, très chère lectrice.
Maria - Ton commentaire me fait plaisir, j'suis content que l'histoire te plaise ! J'essaie de mettre à jour l'histoire dès que je peux, parce que je fais parti des lecteurs, donc je sais à quel point c'est dur d'attendre parfois quand l'histoire est prenante et plaisante. En tout cas, merci sincèrement pour ton commentaire ! N'hésite pas à me dire ce que tu penses de ce chapitre. Et d'ailleurs, je ne sais pas si tu sais, mais il y a une seconde histoire, reliée à celle-là, qui se centre sur les personnages de Konohamaru et Shizune.