Chapitre 38

OoOoOoOoOoO

- Silence, s'il vous plaît ! répète Kondo pour au moins la sixième fois depuis le début de la réunion. Nous sommes tous nerveux, mais je vous en prie, essayons de nous entendre !

- Si ça se trouve, il nous entend aussi ! lance un des hommes. S'il a pu entrer ici, qui vous dit qu'il ne nous espionne pas en ce moment-même ?

- Impossible, affirme Hijikata en tirant calmement sur sa cigarette pour se donner l'impression de rester maître de lui-même, cet endroit est conçu pour n'offrir aucune cachette aux espions.

- Il me semble qu'il est aussi conçu pour éviter les intrusions, fait remarquer un autre.

- Non, ça, ça relève de ceux qui sont affectés à sa surveillance, réplique-t-il en faisant son regard de méchant à tout le groupe, sans viser personne en particulier.

Cela semble toutefois marcher, car les hommes baissent la tête et plus personne n'ajoute quoi que ce soit. Vous en profitez pour prendre la parole :

- On est tout de même bien d'accord que le plus inquiétant dans tout ça, c'est que le voleur soit entré dans le quartier général sans que personne ne le voit ?

Les gars ont l'air d'être d'accord. Les vols n'étaient sans doute que des prises de trophées, la plupart des objets volés étaient sans valeur et pouvaient être facilement remplacés : la raquette de Yamazaki, le carnet de Shimaru qui se retrouvait momentanément dans l'incapacité de communiquer et la photo d'Otae que Kondo avait réussi à prendre un jour à son insu. Et votre préféré, la mayonnaise d'Hijikata, piquée directement dans sa « cachette secrète ». Vous l'aviez assaisonnée, celle-ci, ou pas, d'ailleurs ? Pas moyen de vous rappeler. Dommage, ça aurait facilité les recherches pour mettre la main sur ce trou du cul, il suffirait de vérifier l'état des toilettes de la ville. En admettant que le voleur décide d'y goûter, bien sûr, ce qui n'était déjà pas sûr. C'est vrai, être un criminel ne vous donne pas forcément des goûts de chiotte. Bref, l'affaire au complet n'aurait attirée que votre indifférence si ce n'était pour la gâchette de votre bazooka. On. Ne. Touche. Pas. Au. Bazooka.

- C'est en effet le plus inquiétant, reprend Kondo, à plus forte raison que le Shinsengumi n'est pas le seul à être touché. De nombreux vols similaires ont été signalés dans les habitations alentours pendant cette nuit.

- Pourquoi n'apprenons-nous ça que maintenant ? demande Hijikata. Il est presque midi, et si c'est arrivé cette nuit...

- Sans doute parce que la plupart des gens hésiteraient à aller voir la police pour de tels vols, répondez-vous, vu que vous y aviez déjà réfléchi. Si des gens étaient venus nous voir pour nous dire que leur livre de chevet ou la couverture de leur kotatsu avait disparu, on les aurait sûrement renvoyés à coup de pied au cul en leur disant d'apprendre à ranger leurs affaires.

- Mais quand les gens ont commencé à parler entre eux, poursuit Kondo, et qu'ils se sont rendus compte que tout le voisinage était touché, ils en ont déduit qu'ils n'avaient pas seulement égaré leurs affaires et que quelqu'un se sont introduit chez eux... Les appels ont commencé à affluer juste après que je me sois aperçu de la disparition de la photo de mon Otae ! clame-t-il d'un ton dramatique, les yeux pleins de larmes.

- Calmez-vous, Kondo-san, le morigène Hijikata

Pauvre Kondo, pour une fois qu'il avait réussi à s'approcher assez près pour prendre une photo sans se prendre une raclée au passage.

- Nous devons donc tout faire pour attraper ce voleur, complétez-vous à sa place. Qui sait si ces vols n'étaient pas juste une provocation avant son véritable coup.

- Tout à fait, approuve Hijikata – preuve qu'il doit vraiment être inquiet pour sa mayonnaise – il est donc prévu de renforcer fortement la surveillance nocturne à partir de cette nuit.

- Mais on ne sait pas s'il compte recommencer, fait remarquer Yamazaki. Et même si nous en étions sûrs, nous ne pouvons pas couvrir toute la ville... Nous serions trop dispersés et trop peu efficaces.

- C'est pour cette raison que vous allez passer la journée à enquêter, achève-t-il. Tout ce que vous pourrez apprendre à ce sujet pourra être utile pour savoir où concentrer nos efforts.

- Tu as une idée de par où commencer ? demandez-vous.

- Toutes les victimes de vol, vous répond-il en écrasant sa cigarette dans le cendrier, soulageant tout le monde. Je veux en savoir un maximum sur son mode opératoire, par où il a pu rentrer, à quelle heure ils se sont aperçus de la disparition, des traces d'effraction... Il nous en faut un maximum pour définir un profil. Essayez aussi d'interroger les sans-abri, ils ont pu voir passer quelque chose. On se retrouve à dix-sept heures pour rassembler ce que vous aurez trouvé et établir une stratégie. Nous allons partager les tâches et les zones entre les différentes équipes.

- J'ai déjà ma petite idée de par où commencer, intervenez-vous. Et il vaut mieux que j'y aille seul.

- À quoi penses-tu, Sougo ? vous demande Kondo tandis que votre vice-commandant vous lance un coup d'œil légèrement inquisiteur.

- Aux yorozuya, expliquez-vous. Si les gens ne sont pas venus nous voir dès le début pour la perte de leurs objets, ils sont peut-être allés leur demander de l'aide, à eux. Les gens sont venus tous en même temps se plaindre de la même chose, donc nous avons l'état général, mais il y a plus de chances qu'eux aient le détail.

- Ce n'est pas faux, admet Hijikata. Va vite alors, avant que tout ne leur soit sorti de la tête. J'imagine mal ce crétin prendre des notes.

Vous hochez la tête, et quittez la pièce pour vous mettre en route pour le snack O-Tose.

.

En prévision d'éventuelles négociations, vous passez au distributeur pour acheter un paquet de bonbons. Une fois que c'est fait, ce cher danna vous attend au chapitre 71.