Mettant en place son salon, concluant l'infusion du thé, Rogue s'installa paisiblement dans son fauteuil. Tout était fin prêt. Dans l'allée du tisseur, deux femmes se rapprochent dangereusement de sa demeure : il le sait. Oh que oui, il en a conscience.
Les choses s'étaient tant précipitées que même un homme comme Severus Rogue fut pris de dépourvus. Allen comme Dumbledore ne parut pas plus surpris que cela.
Ils s'étaient évadés…
En janvier, les Mangemorts avaient délaissé Azkaban et sont partis courir auprès de leur maître. Harry Potter en avait été malade pendant plusieurs jours et il fut même dispensé de son cours d'Occlumancie. Enfin, Rogue lui voulait continuer, peu lui importe la stabilité du gamin. Mais Monsieur Walker estima cela inutile de le malmener alors qu'il était déjà si faible. Bien évidemment, Voldemort pourrait en profiter. Cependant, cela ne renforcera en rien ces barrières de s'amuser de pénétrer son esprit alors que celui est pleinement fissuré.
Et maintenant, il fallait faire face au retour bien ennuyant de touts ces larbins du crime.
Et son fidèle chien, Bellatrix lestrange était parvenu en première à ses pieds. Elle le aurait léchés s'il lui avait ordonné. Prête à tout pour ce monstre abject dont même Rogue ne parvenait pas à fixer sans réprimer un haut-de-cœur. Voldemort n'a plus rien d'humain.
Cependant, en ce temps actuel, c'est chez Rogue qu'elle se dirige. Il l'a invité. Bella et lui n'étaient-ils pas amis à une époque ?
(Non)
(Simple Façade. Rogue n'a qu'une seule et unique amie)
– Severus ! Ouvre ! C'est moi !
C'est faux. Ce n'est pas seulement elle. Il entend la voix faible et épuisée de sa sœur. Narcissa avait préféré accompagner sa sœur adorée… Au moins, il pouvait deviner où Bella se cachait.
– Bonjour, Bellatrix…
Les dents noires, les cheveux hirsutes, elle conservait néanmoins des traits de sa beauté passée bien que son passage à Azakan ne se révéla que négative pour sa santé et physique et mentale. Rien de bien étonnant, à vraie dire.
– Oh ? Tu as préparé du thé ? Comme c'est charmant…, annonça-t-elle non sans une pointe d'ironie.
Elle ne lui avait pas pardonné… D'être devenu le second de Dumbledore et d'avoir activement participé à la protection de Harry Potter. Mais Voldemort lui faisait confiance, n'est-ce pas ?
Sur ce fait, les deux femmes prirent place autour de la table scrutant avec un mélange d'envie et de crainte la boisson chaude qui leur faisait les yeux doux. D'un côté le manque de confiance envers la personne de Rogue ne leur donnait aucunement envie de le boire mais d'un autre côté le charme envoûtant se dégageant de sa douce vapeur attirait inexorablement les deux femmes. Et là était bien l'intérêt. Les thés étaient envoûtés afin d'être plus attirant. Dans un monde magique, on peut parvenir à ses fins de manière si facile, brève, bref ridicule…
– Ainsi le Seigneur des Ténèbres continue d'offrir de t'offrir sa confiance ?!
– Et oui…
– Mais pourquoi n'as-tu pas aidé le maître a revenir, toi qui étais libre ? Lâche…
– J'ai déjà donné mes raisons au Seigneur des Ténèbres et il les a acceptés ! Et tu sais ô combien, il n'est pas très laxiste.
Et Bellatrix commença à boire une gorgée du breuvage maudit sous le regard vide d'émotion du maître des potions. Elle n'était pas si stupide mais malgré elle, la voilà comblée…
Narcissa ne but pas au plus grand mécontentement de Rogue. Mais finalement, peu importe. Elle était faible. Il s'en débarrassera convenablement tout à l'heure.
Comme attendu, Bella sombra brutalement dans un profond sommeille. Il ne resta plus qu'à maîtriser sa sœur et les confier à Allen. Simple… Étrangement simple. Il s'occupera de modifier un minimum leurs mémoires afin de ne pas rendre l'affaire suspecte.
– Bella ?
– Stupefix !
Narcissa tomba raide, inerte au sol. Facile.
– Alors, Severus, t'as fait ton boulot ?
— Comme prévu, Walker. Je compte sur vous à présent.
– Comme je compte sur toi, Severus.
– Je crois que veiller sur ces folles sera bien plus dur, commença le Professeur avec un rictus dédaigneux.
– Oh si seulement ! Je crains qu'elles ne représentent pas grands choses face à un dragon.
– Un dragon ? Par merlin, pourquoi une telle comparaison ?!
Allen rit silencieusement en observant son collègue se préparer à quitter sa maison, un air inquiet.
(On s'amuse comme on peut)
Parfois, on ne prévient pas de tous les dangers. Severus ne savait jamais s'amuser. Alors, ce jour, il pourra profiter un minimum de la vie.
Rogue emprunta un cheveu de la demoiselle Malefoy avant de l'introduire dans une potion ragoûtante et la boire sans réfléchir. Sa morphologie changea et il prit peu à peu une forme féminine. De suite, il se saisit de la baguette de Bellatrix ainsi que de sa sœur et transplana jusqu'à Gringotts.
Facile, vraiment trop facile.
Sous la forme de Narcissa, il parvint à rentrer dans la banque et demanda à accéder au compte de sa fugitive de sœur. Après tout, où est le problème ? Certes, il avait été révélé que son mari était un Mangemort par Harry Potter. Mais qui diable croyait encore en Potter ? Plus grand monde, même plus lui-même. Et puis, ce n'est pas parce qu'il avait une baguette qui appartenait à une dégénérée qu'il fallait s'inquiéter. Après l'arrestation de Bellatrix, elle revenait de droit à sa sœur. Et tout le monde aimait Narcissa au Ministère et à la banque, non ? N'était-elle pas une femme exquise et bienveillante. Juste un peu raciste sur les bords, mais ce n'est qu'un détail. Alors que Rogue pénétrait l'intérieur de la banque accompagné des gobelins, il sentait leurs visages rieurs tournés vers lui ou plutôt elle pour le moment. Qu'il y avait-il de si drôle ? Se doutaient-ils enfin de sa véritable identité ?!
– C'est par là, Madame.
– Très bien.
– N'empêche, n'est-ce pas étrange que peu de temps après l'évasion de votre sœur, vous avez une petite envie comme ça de jeter un coup d'œil à son coffre ?
– Et oui, n'est-ce pas étrange ? Soupira Rogue ennuyé par le sans-gêne du gobelin. J'ai bien peur que ma sœur ait idée de faire sottise avec son compte maintenant qu'elle est de retour…
– Oh ! Mais en tant que fiers gardiens de Gringotts, nous ne laisserons pas cette Mangemort entrer comme elle le souhaite ici !
– Vraiment ? J'ai parfois de sérieux doutes rien qu'en observant le Ministère, murmura pour lui-même l'imposteur.
Lorsqu'enfin, ils parvinrent à destination, Rogue se stoppa en même temps que le gobelin. Celui-ci savait quelque chose de dérangeant. À l'intérieur, ce n'était pas une innocente et douce licorne qui l'attendait.
– À vous l'honneur, Madame.
Après avoir traversé diverses épreuves, Rogue ne fut pas plus enchanté que ça que de se retrouver face à face d'un Dragon. Mais tout va bien, dit le gobelin. Il est a moitié aveugle. Rogue frappa alors dans un objet de métal comme indiqué par son accompagnateur et l'attention du Dragon fut détourné afin qu'il puisse accéder à la porte sans danger. Néanmoins, une partie de la cape du voleur brûla. Ce dragon devrait se nommer Hermione.
Rogue ouvrit avec découragement la porte et découvrit un tas d'or dont l'objet recherché paraissait indiscernable. Allen, lui, l'aurait repéré rapidement grâce à son œil maudit mais Severus n'avait aucun de tous ses artifices.
– Alors ? Que voulez-vous ?
Sans répondre, Rogue se rapprocha des biens de Bellatrix avant de saisir hasardeusement un objet. Aussitôt, il le lâcha. L'or le brûla et seul reste d'affreuses cloques sur sa peau jaunâtre. Bien, ce qu'il voulait vérifier est vérifié.
– Narcissa connaît les mécanismes usés par sa sœur…
Le gobelin lui jeta un air suspicieux et sans plus attendre dégaina sa baguette ou plutôt celle de Narcissa qu'il avait pu récupérer. Mais Rogue, toujours sur ses gardes, (n'était-il pas agent double) riposta plus rapidement et stupéfia l'être encore plus hideux que lui-même.
Enfin, après une bonne dizaine de secondes, il repéra l'Horcruxe posé en évidence au centre du tas d'or. Encore une fois, cela paraissait si simple. Le Professeur tenta de se frayer un chemin mais chaque objet commença à se dédoubler. Renverser, Rogue s'écroula et se noya peu à peu dans ce lac d'or. Désespéré, il les stupéfixa et récupéra la coupe avant de sortir rapidement des lieux. Et maintenant ? Il sentait son corps lentement redevenir homme. Bientôt, il ne pourra plus se cacher. Mais Severus Rogue n'était pas un homme bête. Il sortit une gourde dissimulée sous sa cape et engloutit le contenu en reprenant la forme désirée. Puis, il se saisit du Gobelin avant de le posséder par Impérium. Tout allait bien et tout ira bien. Il le guidera jusqu'à la sortie puis il rentrera retrouvé Allen et l'Horcruxe sera détruit.
Facile, vraiment trop facile.
Rogue espérait simplement que son bouffon de collègue gérait de son côté les sœurs Black.
Allen somnolait, affalé sur le fauteuil de Rogue. Les sœurs avaient été attachées par prévention. Lui, maintenant n'avait plus qu'à attendre. Sa main droite ne réagissait presque plus et la plupart de ses doigts sont paralysés. Voilà ce que à quoi Allen peut penser, seul à patienter bêtement. De toute façon, il sait. Bellatrix est sur le point de se réveiller. Il sent son âme s'agitait. Probablement est-elle en train de rêver ? Elle et Voldemort à jamais unies dans l'amour… Comme c'est mignon et surtout comme c'est niais. Bellatrix ne vaut pas mieux qu'une Harley Quinn. Les Mangemorts s'en doutent tous Tom finira par la tuer. Bien trop encombrante pour un homme comme Tom…
– Ahahahahha !
– On se calme, Mesdames.
Hurlant de rage, la fugitive se débattait, poings liés et cherchait presque à mordre le blandin qui resta tout aussi inerte. Il ne risquait rien. Sans leurs baguettes ces demoiselles ne valent plus grand-chose.
– Sale traître ! Je m'en doutais ! J'avais dit au maître de ne pas te faire confiance ! Déjà, il y a treize ans, tu avais fui ! Et maintenant…
– Huhu… Voldy sait à quoi s'en tenir avec moi, sais-tu ? Je crois bien que je suis plus proche que lui que ta propre personne. À ses yeux, tu n'es que serpillière mais…
Bellatrix ne cessa de hurler malgré le visage souffrant de sa sœur dont les oreilles saignaient. Comment osait-il ?! Lui, le traître… Elle s'était toujours dévouée entièrement au Seigneur des Ténèbres. Elle l'avait vengé après sa disparition et était prête à la rejoindre à tous moments. Elle donnera sa vie, son corps, sa sœur, pour aider ce tyran. Lui seul sait à quoi s'en tenir avec les Sang-de-Bourbes. Il est le sorcier le plus puissant, plus digne encore que cet idiot de Dumbledore… Il est le souverain de tous sorciers digne de ce nom.
– Décidément tu es encore plus folle que la dernière fois où l'on s'est vu…
– De ta part mon garçon, c'est ironique.
– Voyons, Narcissa une femme non marquée comme vous n'a aucunement le droit de me faire ce genre de remarque.
Allen ne semblait pas s'exprimer sérieusement. Son sourire creux aux allures fantomatiques ne faisait que renforcer son désintérêt pour leur discussion.
– Elle est bien plus digne que toi, Allen ! Toi qui nous a tous abandonné et qui maintenant nous trahis avec cet idiot de Rogue !
– Rogue ? Qui a dit que Rogue vous a trahis ? Ne serait-ce pas moi qui l'ai piégé ?
– Tu ne fais pas le poids face à ce serpent, je le crains… Seul un maître des potions comme Severus aurait pu empoisonner le thé ainsi…
– Peu nous importe. Cela ne change en rien que je ne suis pas un traître. J'attends. C'est tout.
– Très drôle.
– En effet ! Enfin une qui sait déceler la comédie dans les infimes particules de tragédie.
Il se rapprocha de la Mangemort et se pencha en avant vers elle, le visage marqué par un sourire narquois.
– Tu n'as pas peur de t'offrir à moi ainsi ?
– Oh, mais je ne t'offre rien du tout.
Puis, brusquement, la jeune femme révéla un couteau avant d'empaler son bourreau sans hésiter. Le sang se répandit sur sa chair pâle et enfin un réel sourire illumina son visage. Sous le choc et en proie à une vive douleur, Allen s'effondra au sol alors que son sang bouillonnait en lui tout en continuant à se répandre sur le sol délicat de Severus. Narcissa se releva et tenta de cacher son émoi. Elle n'était pas habituée à une telle violence. Sa sœur et son mari participaient à des massacres. Pas elle. Lâche, niaise peut-être, elle les encourageait au loin sans vraiment comprendre son ressenti vis-à-vis de ça. Mais maintenant, face au corps ensanglanté et faussement juvénile d'Allen, elle ne ressent plus aucun désirs d'encouragement. Et si c'était Drago, un jour qui se retrouvait au sol ainsi en se vidant de son sang ?
Bellatrix lécha perversement le sang sur la lame en savourant la souffrance du maudit qui convulsait à terre. La douleur écrasait sa poitrine et suffoquant, il ne parvenait à garder les yeux ouverts. Ses iris avaient depuis un moment pris une teinte or et il savait sa colère prête à se déchaîner.
Ce n'était pourtant le but.
Malgré lui, nerveusement sûrement, il éclata de rire renforçant l'illusion de convulsion. Dans son euphorie, il cracha son sang en tentant en vain de rependre son calme. Blessé, rire ne faisait qu'accélérer sa perte d'hémoglobine.
Et pourtant, alors que la mort s'approchait, il ne pouvait s'empêcher de trouver la situation hilarante. Lui. Elle. L'autre. Le poignard. Le sang. Rogue qui ne tardera pas…
– Alors, Bellatrix, on s'amuse ?
Il se releva et de sa main gauche saisit violemment la nuque du Mangemort. Étouffée, elle lâcha son arme blanche et gémit de douleur lorsqu'il la balança contre le mur. Sa main inhumaine tremblait, victime de son habituel métamorphose. Le sceau était brisé. Il était temps que la malédiction de ses parents lui servent à quelque chose.
– Qu'est-ce que… Quelle horreur !
Le bras du maudit se déformait alors que ses ongles devenaient plus acérés et pénétraient brusquement la chair frêle et malade de la jeune femme.
– Arrêtez !
Narcissa suppliez, en pleurs… Mais il était trop tard et la tête de sa sœur fut arrachée malgré elle et malgré Allen. Il ne contrôlait pas sa force. Après tout, il en avait horreur de ce bras. La magie était bien plus raffinée pour tuer. Aussitôt la jeune femme décapitée que le bras repris une forme plus humanoïde alors qu'Allen cherchait désespérément son gant afin de faire disparaître l'essence de son crime. Il se débarrassera du corps et ce meurtre deviendra un mystère pour lui comme pour les autres.
– Ahahahah !
Narcissa s'effondra en sanglot. Elle venait de perdre sa sœur. De manière brutale, inattendue, presque stupide. Bella était certes mentalement dérangée, mais… Narcissa trouvait toujours un moyen de défendre sa démence. Bien que sa sœur avait torturé les époux Londubat jusqu'à la folie, bien qu'elle soit le fidèle chien d'un homme aussi monstrueux que Voldemort… Elle parvenait toujours à aimer sa sœur. Ironique lorsque l'on sait que sa sœur Andromeda fut reniée pour sa tolérance. Allen, quant à lui, gardait le visage froid, les yeux vides d'émotions. Il n'avait jamais prévu de tuer qui que ce soit. Simplement… Il s'agissait d'un accident simplement. Une erreur, une toute petite erreur. Il n'allait pas culpabiliser pour avoir libéré du monde de cette folle. Qui sait le nombre de personne qu'elle aurait pu tuer dans un avenir proche. Cependant, elle n'avait plus d'avenir.
– Vous maîtrisez des sorts pour faire disparaître ce genre de chose ? On peut peut-être user d'un sortilège de métamorphose…
– Comment osez-vous ?!
Sans répondre, un bref rictus éclairant son visage, Allen jeta un sort au reste de la jeune femme qui devint une sublime théière de porcelaine noire dont l'embout était légèrement fissuré. Allen la prit entre ses mains et la caressa doucereusement.
– Ce genre d'objet vaut une bonne fortune au marché Moldu…
– Donnez-la-moi !
Allen la menaça de sa baguette afin de lui faire comprendre de rester à sa place. Un mouvement de plus et il lui réserve le même sort. Alors qu'il frottait ses joues contre la porcelaine, l'or de ses yeux se reflétaient salement dans le noir poli de la surface de la Théière.
– Et si nous nous réservions un peu de thé afin de patienter jusqu'au retour de Rogue ?
De rage, elle se jeta sur lui espérant causer sa chute. Après tout, sa plaie au ventre était toujours aussi béante. Il restait humain, non ? Il ne devrait pas pouvoir rester debout aussi longtemps… mais à peine, eut-elle tenté de bouger qu'il la fit trébucher à l'aide d'un violent coup de pied au niveau des genoux. Elle tomba à terre sous le regard pesant de son tortionnaire qui malgré sa blessure gardait la tête haute, les cheveux toujours aussi bien coiffés.
– Calmez-vous, madame et tout ira bien. Peut-être même, vous laisserais-je la théière en cadeau.
– Je…
Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase. Autour d'elle le monde s'effondra. Les meubles tremblaient et tombaient en morceaux alors que l'espace se décomposait en de multiples pièces de puzzles.
(La, sol,la, ré)
L'écho d'une mélodie à travers le chaos.
Son ventre se noue, elle se sent vide, si vide… et son corps paraît peser incroyablement lourd. Comme si jamais elle ne pourrait se relever.
(La, Sol, la, Ré, La, Sol, Mi, Do)
Rogue n'a jamais trahis personne.
Rogue est un fidèle Mangemort.
Mais voilà, Bellatrix a tenté de le tuer, convaincu du contraire.
Tu as voulu défendre le professeur de ton enfant alors ta sœur fut prête à t'arracher la vie.
Dans un geste d'ultime défense, vous l'avez tué.
– C'est faux…
Rien n'est faux. Seule ta vérité est un mensonge.
Le souvenir de l'agonie ferait mieux de s'estomper. Pour ton bien, pour mon bien, pour notre bien.
Pour le plus grand bien.
Et Narcissa sombra dans un profond sommeil.
C'est avec un étrange pressentiment que Rogue rentra chez lui. Des maux de ventres le tiraillaient par angoisse et nul savait ce qu'il allait découvrir en rentrant chez lui. Alors, lorsqu'il mit enfin ses deux pieds à l'entrée de sa maison, il tendit l'oreille à la recherche d'un bruit inconvenant. Mais rien, juste le silence. Enfin, il parvint à son salon. Tout paraissait à peu près normal. À l'exception des tâches sur le mur ainsi que sur le sol et même le canapé. Narcissa dormait paisiblement allongé sur la banquette, les traits détendus. Aucune trace de Bellatrix. Allen, lui, ne disait mot, assis directement par terre, le ventre en sang, les yeux dans les vagues. Étrangement ses mains tout autant que son visage étaient écarlates.
– Walker… Je crois que vous n'avez pas bien tenu le compromis.
Enfin, le regard du garçon s'anima lorsqu'il aperçut la coupe des Poufsouffles.
– Tu as réussi, Severus ! Merci…
– Où est Bella ?
– Il y a eu un petit imprévu.
– Et ?
– J'l'ai tuée.
Les yeux écarquillés d'horreur, Severus nettoyait d'un coup de baguette tous les traces bien trop révélatrices avant d'enfin d'agenouillé au côté de son collègue afin d'examiner sa plaie.
– Elle avait un couteau.
– De sa part, cela ne m'étonne pas plus que ça.
Rogue s'abstint de lui demander où était le corps trop effrayé par la réponse.
– Pourquoi n'avez-vous pas refermé votre plaie ?
— Cette douleur, l'odeur du sang… Tout ça m'a sorti de ma léthargie. Je me suis senti si...
Allen commençait à s'essouffler. Il avait perdu bien trop de sang. Rogue referma rapidement la plaie, mais il savait très bien qu'Allen aurait besoin d'une transfusion. Dommage qu'il soit du groupe sanguin O, les recherches seront plus compliquées.
– Il est temps que je vous envoie chez Pomfresh…
– Ramenez d'abord la coupe à Dumbledore.
– Bien.
Mais cette fois-ci, Rogue ne laissera pas Dumbledore user de l'épée de Gryffondor. N'avait-il pas lui-même prouvé son courage de mainte et mainte fois. Maintenant, c'est à lui de tenir cette épée. Et il détruira cet Horcruxe. Il aurait en partie tué Voldemort, non ? Cela le soulagera… C'est toujours apaisant de se savoir capable de détruire ce que l'on hait.
Alors, fier, Il prit dans ses mains l'épée pourtant symbole de tout ce qu'il haït et de tout son poids laissa la lame s'abattre sur la coupe. Comme auparavant, une aura sombre et maléfique s'en échappa et vint l'entourer avant de complètement disparaître. Voldemort devait le ressentir. Il ne lui restait plus grand-chose. Il s'était confié à la mauvaise personne. Jamais, il n'aurait dû partager son secret avec Allen. Sinon, ils ne seront pas parvenus aussi facilement à détruire l'ensemble de ses Horcruxes. Il croyait que le pacte suffirait et pourtant… Allen n'avait-il pas déjà trahi son ami plusieurs fois ? Ne devrait-il pas être mort depuis des décennies ? Serait-ce pour une fois sa nature de Noah qui le protège ? Non, ce serait idiot. Ou alors n'était-ce pas sa philosophie et sa façon démesurée de raisonner qui rend ses gestes difficilement jugeables comme trahison ? Probablement que le garçon ne le savait réellement…
Luna traînait dans la salle commune des Serdaigles alors que la nuit s'étendait sur l'Écosse. Elle devait veiller à retrouver ce que lui avait demandé Allen. Important, particulièrement important, avait-il fait remarqué. Mais que faire maintenant ? Qui savait où se trouvait le diadème perdu si même Allen n'en savait rien ?! Tom le lui avait fait juste une remarque sarcastique à ce propos et le blandin n'en avait pas appris plus. D'ailleurs, il n'avait pas cherché à en savoir plus. Il n'en avait rien à faire. De ce fait, Luna se retrouvait, confuse plongée dans ces réflexions afin de découvrir où l'objet avait pu être cachée. Demander à Héléna Serdaigle ? Inutile. Déjà accomplis. Le seul indice qu'elle pouvait offrir était qu'il s'agissait bel et bien du diadème. Un jeune garçon en avait parlé en sa compagnie afin de découvrir l'emplacement. Se sentant incroyablement seule, et malgré quelques hésitations, elle avait confié son histoire au garçon. Que ce soit le vol du diadème, la colère de sa mère ou le meurtre par l'homme aimé… Et voilà. Mais où diable Tom avait pu cacher le diadème ?!
Il fallait plus d'aide de la part de son Professeur. Bien qu'il se fasse tard, elle s'aventura au dehors et vint toquer au bureau. Aucune réponse. Elle ouvrit et découvrit que la pièce était en effet on ne peut plus vide. Elle s'apprêta à se rentrer dans son dortoir lorsqu'elle se cogna contre un homme alors qu'elle faisait tout juste volte-face.
– Tiens, tiens, Miss Lovegood.
– Professeur Rogue…
– Que faites-vous ici au milieu de la nuit ?!
– Je cherche Allen ! C'est urgent.
Rogue soupira, s'attendant à cette évidente réponse. Il la guida jusqu'à l'infirmerie sans se priver de lui retirer dix points. Si Luna s'amusait à chercher Allen dans la nuit cela ne pouvait qu'être important.
Elle alla jusqu'à son lit, inquiète. Comment avait-il pu se retrouver encore ici ?! Mais elle fut soulagée de le voir tout souriant. Juste une vilaine plaie au ventre. Un peu de repos… et tout ira bien.
– Allen. N'auras-tu aucune idée d'où Tom pourrait cacher quelque chose d'important ?
– Hé bien…
– non, ce n'est pas mon statut de Serdaigle qui suffira.
– Il aimait bien se cacher dans les vieux laboratoires dans les souterrains. Des pièces secrètes.
– Ah ?
– Mais je crains qu'elles ne fussent condamnées peu de temps après les premiers meurtres.
Allen se remémora doucement son enfance, sa scolarité avec Tom… La magie noire, les Inferis… Les réunions secrètes, la recherche de la chambre des secrets, la création du premier Horcruxe suite au meurtre de Mimi.
Diable ! Avait-il passé ne serait-ce qu'une seule année de manière paisible ?
Mais où avaient-ils été après la condamnation de leur cachette habituelle ?
– Oh ! Je viens de me souvenir de notre dernière cachette !
– Il était temps.
Remarquant la présence de Rogue qui les fixait tous deux, Allen poussa Luna à s'approcher de lui pour lui murmurer sa vérité.
Les yeux de Luna ne devinrent que plus grands au fur et à mesure que le récit d'Allen avançait. Elle se précipita en dehors de l'infirmerie évitant et ignorant Severus Rogue puis monta rapidement jusqu'au sixième étage. Comment avait-elle pu ignorer un tel secret de Poudlard jusqu'à maintenant ? Elle tourna en rond pendant plusieurs secondes répétant son souhait avant de remarquer enfin la porte s'ouvrir. Finalement, Allen aurait pu s'en charger lui-même. Pourquoi ne s'était-il pas de suite rendu dans cette pièce ?! Quel idiot…
Luna découvrit alors la fameuse Salle sur Demande. Une vieille anthologie de contes avait été laissé à l'abandon. Des restes d'animaux méconnaissables surplombés le placard. Mais finalement, elle sentit une aura mauvaise vers la gauche. Clairvoyante, elle ressentait si oui ou non l'objet était maudit ou non. Et là, elle le savait, l'objet dans le tiroir n'était pas ordinaire. De suite, elle ouvrit et enfin découvrit le diadème. Et alors, tout comme Rogue, elle songea : Facile, bien trop facile.
