De retour après un long silence, je n'ai pas forcément d'excuse, quelques explications : il est difficile d'écrire quand l'idée de vivre l'heure suivante est un enfer. J'ai fait le tri des personnes autour de moi. J'ai des amies, peu, des potes surtout quand ça va. Je ne me refais pas, je reste trop bonne donc trop c* il faut le dire. Je suis juste contente d'être revenue. Merci à Claire pour sa relecture et encore désolée pour le temps que je lui ai fait perdre. Bonne lecture. J'irai au bout de cette histoire, c'est une promesse, je ne sais pas en combien de temps ou de chapitres. Je remercie juste Ji Gug sans elle je serai pas.

2 Anges : Chapitre 39 : Jasper

Le premier soir, Jasper regarda son feu, hypnotisé par le mouvement des flammes, la couleur, la chaleur qui s'opposait tant au froid qu'il ressentait en lui. Il chercha une couverture et reprit sa place, son esprit vagabondait auprès de ses souvenirs de son enfance, les foyers, sa maison, les Cullen, Emmett, Rosalie, Alice, Edward et enfin Bella.

Il ne pouvait qu'être impressionné par sa petite sœur qui avait tout partagé avec lui, même donné sans regret, et elle ne lui en voulait pas.

La générosité, c'était elle.

Il suffisait de regarder Edward, il souriait, elle lui avait donné son amitié sans compter et sans attendre un geste en retour et à deux ils étaient indestructibles.

Il y avait aussi Rosalie, sa sœur. Avec elle, c'était plus compliqué, elle avait été témoin, actrice, l'encourageant parfois même, de ses mauvais coups, ses mauvaises actions sans jamais le freiner, jusqu'à ce que, lui, ouvre les yeux. Il lui en voulait de ne pas avoir un modèle, de ne pas lui avoir montré le bon chemin, l'exemple. Il avait dû faire ça tout seul et elle lui avait manqué, elle s'était moqué de lui, l'avait montré du doigt. Alors la voir maintenant avec Emmett, heureuse et rangée, ça ne le dérangeait pas mais quelque part il trouvait ça injuste qu'Emmett lui pardonne aussi facilement, aussi simplement, juste parce qu'elle avait réalisé qu'elle faisait n'importe quoi avec Emmett et les autres.

Quant à Emmett, parlons de lui tiens, il avait épousé Leah pour... pour quoi d'ailleurs ? Il ne savait pas. Cela lui avait semblé naturel à l'époque. C'était Emmett simplement, une version masculine de Bella s'il réfléchissait bien. Il avait maintenant deux garçons adorables qu'il aimait plus que tout au monde... Jasper les considérait comme ses neveux. Ils étaient géniaux et c'était sûrement grâce à Emmett. Ils avaient son énergie, sa bonté, sa gentillesse aussi : difficile d'imaginer qu'ils n'étaient pas ses enfants biologiques.

Et puis il y avait Lili, sa fille, celle qui l'avait fait grandir, celle qui avait fait de lui un père alors que sa vie ressemblait à un désert, qu'il ne voyait pas grand chose de positif devant lui, ni même derrière d'ailleurs. Cette gamine s'était accrochée à lui, avait vu quelque chose en lui, que lui-même ne voyait pas. Elle avait trouvé cette générosité dont il était enfin capable. Il avait découvert avec Lili qu'il lui mettait autant d'étoiles dans les yeux qu'elle lui en donnait. Il aimait sa clairvoyance, son franc-parler, même s'il savait que c'était dû à tout cette enfance abîmée dont elle n'avait pas pu profiter. Mais ça lui était égal, il pourrait l'aimer pour tous, ceux qui n'étaient plus, ceux qui lui feraient du mal et pour tout l'amour qu'il avait pour elle.

Il respira profondément et ferma les yeux : il revoyait Lili, à leurs débuts, avec ses couettes, et son regard franc. Que cette image lui manquait... Elle avait grandi Lili, son franc-parler restait mais son regard avait parfois une dureté qu'il ne reconnaissait pas. Elle lui ressemblait un peu de part son flegme, son recul qu'elle avait sur les choses, les personnes et le monde qui l'entouraient. Elle n'avait jamais une parole de trop, elle écoutait beaucoup. Mais en réfléchissant bien, c'était l'ancien Jasper, pas cette espèce de pauvre type qu'il était devenu : aigri, agressif, intransigeant, qui jugeait les autres sans raison. Quand était-il devenu aussi pathétique ? Il se dégoûtait, il en voulait à la terre entière. Il ressemblait à l'espèce d'imbécile qu'il avait été adolescent, avec Rose. À l'époque, il avait voulu correspondre à une image qu'on avait de lui et qu'il voulait qu'on ait de lui. Cela avait plu à Alice, alors il avait continué, recevant enfin l'attention dont il avait cruellement besoin et l'amour d'Alice.

Alice, elle était la femme de sa vie ! Une petite boule d'énergie égocentrique et égoïste : être la seule fille et la dernière de la famille Cullen y avait contribué, elle était gâtée et personne ne lui avait jamais dit non. Mais elle était aussi généreuse, elle le prouvait par ses actions depuis qu'elle avait mûri. Ce lutin, sa petite fée, répandait le sourire autour d'elle depuis qu'elle était revenue. Elle s'appliquait à donner aux autres, à partager ce qu'elle avait. Elle savait se faire discrète et mettre les autres en avant afin qu'ils reçoivent un peu de cette lumière qui permet de s'épanouir. Elle disait qu'elle en avait tellement reçu avant l'âge adulte qu'elle pouvait maintenant en faire bénéficier les autres.

Quand il imaginait sa vie avec elle, en étant adolescent, Jasper se voyait toujours dans une maison avec un ou deux enfants - pas plus -, un chien et avec une vie sociale épanouie. En grandissant, il avait perdu Alice, avait préféré la campagne et la compagnie d'enfants « cabossés » par la vie, que celle de citadin. Ce recul, ce calme lui avaient permis de trouver son équilibre, des repères qui lui avaient permis d'être heureux. Il donnait enfin aux autres tout ce qu'il avait l'impression d'avoir volé à Bella lorsqu'il était enfant puis adolescent. Et il avait rencontré Lili, sa « cramouillette », son brise-glace, son brise-tabou de la vie. Elle lui avait apporté bien plus que l'inverse. Il avait fini de grandir avec elle, il était devenu papa et il adorait ce rôle. Après avoir repris place dans la vie de Bella et Edward, Alice était revenue alors qu'il n'espérait plus. Elle avait courbé le dos, assumé ses erreurs, il y avait eu aussi beaucoup de larmes. Ils avaient parlé mais, devant ce feu, Jasper réalisait qu'il n'avait rien dit et qu'il était en colère, fatigué, épuisé de chercher à comprendre. Il voulait juste s'occuper des enfants mais même ça en ce moment c'était trop compliqué !

La colère ! Ce sentiment pernicieux qui abîme tout, qui rend fou. Il en voulait à la terre entière !

À ses parents pour l'avoir laissé tomber, au système de l'avoir rendu égoïste, dur, méchant et rancunier. À Charlie de ne pas avoir remarqué qu'il faisait tout pour exclure Bella et qu'il n'avait pas remarqué, ou qu'il avait fait l'autruche. Il en voulait aussi à Alice de s'être comportée comme elle l'avait fait alors qu'elle avait tout : une famille aimante, de l'argent, de quoi manger sur la table tous les jours et un toit avec du chauffage pour dormir tous les soirs. Elle n'avait pas à se préoccuper d'où elle irait le soir, si quelqu'un viendrait la voler ou la frapper dans son sommeil. Pourquoi avait-il fallu que ce soit son chemin ?! Pourquoi lui ? Il se mit à hurler, il avait envie de taper n'importe quoi. Il se leva et se mit à taper dans une souche, de toutes ses forces, avec ses poings nus. Il hurlait et tapait de plus en plus mais ça ne suffisait pas !

Jasper perdit la notion du temps, il finit par tomber à genoux, pleurant à grosses larmes, la voix cassée, les poings en sang. Il se tapa la tête contre le tronc mais ne s'arrêta que quand il sentit le sang couler sur son front. Il se laissa glisser au sol, en sanglotant et s'y endormit.

Le lendemain fut douloureux : entre la migraine, la voix cassée et les mains gonflées, il dut se résoudre à atteindre sa tente pour prendre son portable et écrire à Tony.

J'ai besoin d'aide et de soins, suis dans la clairière d'Emmett. STP. J.

Jasper jeta son téléphone et sortit s'asseoir. Il était incapable de s'ouvrir une bouteille d'eau ou une gourde. Il soupira : il était un imbécile. Il se releva et décida de faire quelques pas. Il prenait son temps, regardait le ciel, les oiseaux, les arbres autour de lui. Il se souvenait de toutes les balades, l'échappatoire que représentait cet endroit. Il sourit et finit par s'asseoir, adossé contre un arbre. Il ferma les yeux. Il se rappela le nombre de fois où il avait voulu faire découvrir cet endroit à Bella quand elle pleurait. Mais il ne l'avait jamais fait. Il avait eu peur de perdre son petit coin de bonheur. Il ouvrit ses yeux mouillés : qu'il se trouvait bête ! Il reniflait et tentait d'arrêter ses larmes quand il entendit son prénom et ce n'était pas Tony, enfin pas que lui... Et il sut qu'il allait se faire botter les fesses.

Quand son neveu le vit, ses yeux s'agrandirent, il accéléra le pas, suivi de près par Bella. Elle avait insisté pour venir, elle voulait être là si son frère était blessé et quand elle le découvrit, elle blêmit : il avait le crâne ouvert, les yeux d'une tristesse innommable, un filet de voix, mais surtout ses mains étaient massacrées. Ses jolies mains douces et délicates comme celle d'un artiste, étaient noires, bleues et gonflées, en un mot : tuméfiées. Comment en était-il arrivé là ?

Elle portait une petite glacière, Tony avait tenu à la prendre. Il s'assit devant Jasper, ouvrit une bouteille d'eau pour humidifier une serviette et mit les mains enveloppées de Jasper dans la glace. Il grimaça, mais ne dit pas un mot. Il ferma simplement les yeux. Bella lui mit une paille dans la bouche afin qu'il hydrate sa gorge irritée, l'eau était légèrement tiède pour apaiser ses cordes vocales blessées pendant que Tony nettoyait son cuir chevelu et son front. Les nombreux morceaux de bois et d'échardes rendaient le travail long et fastidieux mais surtout douloureux pour Jasper. Mais il ne disait rien, seules des larmes coulaient de ses yeux toujours fermés. Bella caressait délicatement ses boucles au-dessus de son oreille pour tenter de lui apporter du réconfort. Elle ne supportait pas de voir son frère souffrir, elle ne l'avait jamais supporté. C'est une des nombreuses raisons pour lesquelles elle n'avait jamais rien fait quand Jasper avait monopolisé l'attention de Charlie et de sa mère. Jasper en avait besoin, il avait pris ce qu'on lui avait donné et elle avait vu dans son regard cet éclat de remord qui ne durait jamais mais qu'elle voyait.

Tony prit plus d'une heure pour arriver au bout des soins. Il finit par poser une compresse afin de protéger la plaie et un bonnet par dessus le bandage. Ça ne cachait pas la couleur de l'hématome, mais au moins la plaie était protégée si Jasper décidait de rester isolé quelques jours supplémentaires. Il en doutait, il n'était plus autonome vu l'état de ses mains. Mais il ne dit rien, il se leva, regarda Bella qui secoua la tête, et reprit le chemin inverse sans manquer de poser le reste de la trousse de secours pour que Bella puisse prodiguer les soins nécessaires dans la journée. Il déposa aussi une batterie supplémentaire pour charger les téléphones, regarda une dernière fois Jasper et Bella et décida de rentrer : il devait rassurer Edward sur l'état de son épouse et surtout il devait parler à Lili.

Bella déposa un baiser sur la tempe gauche de son frère dont le flot de larmes augmenta, elle le prit dans ses bras et il éclata en sanglots, de ceux qui donnent le hoquet et coupent la respiration, qui donnent mal au crâne, encore plus quand on a déjà une belle migraine. Bella le laissa pleurer, comme elle le faisait à chaque fois. Elle n'attendait, de sa part, aucune réponse. Elle savait ce qu'elle avait besoin de connaître, alors elle attendait et souffrait avec son frère. Il était perdu en ce moment, tout son équilibre avait volé en éclat : Alice, Rosalie, Lili, les jumelles, les jumeaux, Emmett, Charlie... Tous avaient eu leur rôle dans la situation de Jasper et personne n'avait vu les choses arriver. Jasper avait besoin de temps, de mettre des mots, d'entendre des vérités, de connaître des faits afin que son cerveau arrête de chercher des solutions farfelues et erronées. Il devait confronter ses pensées aux faits.

Alors qu'il allait parler, Bella lui mit la main sur la bouche pour le faire taire.

Chut, repose ta voix et tes cordes vocales. Je sais ce que tu veux dire, alors je vais en dire une partie et ensuite tu corrigeras là où je me suis trompée, on est d'accord

Jasper acquiesça.

D'accord... Tu es en colère Jasper, tu en as tellement en toi en ce moment que tu ne sais plus quoi faire. Enfin... Quand je te regarde de suite, je sais ce que tu as fait. Il fallait que ça sorte et c'est la seule solution qui s'est présentée à toi et je comprends. Combien de fois ai-je eu besoin de taper dans quelque chose ? Mais j'avais le sac de frappe d'Emmett pour évacuer, j'avais Edward pour parler. Alors que toi, tu es venu ici tout seul, sans échappatoire. Tu as espéré qu'en t'éloignant, tu ne blesserais personne. Et tu as réussi, tu n'as blessé que toi mais ô combien ?! Jasper, je sais que tu es perdu, mais tu es quelqu'un de bien, tu es juste perdu. Je vais prendre les gens qui t'aiment et qui comptent pour toi et je vais te l'expliquer. Prends Emmett : c'est ton meilleur ami, celui qui t'a toujours soutenu, qui t'aime comme son jumeau, qui t'es reconnaissant car tu l'as autorisé à sortir avec ta sœur, tu lui as fait confiance tout comme il te fait confiance avec Alice. Il n'a jamais remis en cause ton jugement quand tu as dit stop à Rosalie et Alice lorsqu'elles ont été trop loin. Il s'est réjoui pour toi quand Alice est revenue dans vos vies et surtout la tienne. Il t'a trouvé courageux et surtout intelligent : tu as su voir au-delà du masque d'Alice. Il a eu besoin de toi avec Leah et ses garçons et tu ne l'as jamais laissé tomber. Tu l'as soutenu pour qu'il ne tombe pas, il a continué sa vie grâce à toi. Et puis avec Lili tu es enfin devenu le père fabuleux que tout le monde voyait en toi, tu es ouvert, à l'écoute, sérieux, fou et conséquent. Lili te doit une fière chandelle et je sais que tu lui dois beaucoup, elle t'a permis de grandir, de mûrir, tu fais un meilleur travail avec les enfants depuis que tu l'as rencontrée, tu es plus crédible à tes yeux malgré ton passé et ce que tu es devenu est déjà la preuve de ta crédibilité mais toi tu penses toujours que ce n'est pas assez. À tes yeux, ça ne sera jamais assez car cette colère, Jasper, elle est tournée avant tout vers toi. Tu t'es déçu, tu te sens minable et misérable car tu es incapable de te pardonner ! Incapable de pardonner ton attitude envers Rosalie et son bonheur avec Emmett, tes paroles envers Alice, car tu lui en veux de t'avoir fait souffrir et tu as toujours peur qu'elle reparte, que tu ne sois pas assez bien pour elle, ton attitude envers Lili car elle tient mieux debout que tu ne penses tenir. Il y a moi aussi, car je t'énerve avec ma compassion et mon empathie, ma capacité d'avancer malgré la méchanceté des autres, malgré la souffrance que j'ai vécue à cause de toi. Mais tu sais que je ne t'en veux pas, que j'ai compris ta souffrance et que jamais je ne t'en voudrais pour ça. Ça peut te sembler cruel mais je n'ai pas l'énergie de t'en vouloir, ça m'en demande trop. Peut-être que plus tard je t'en voudrais mais pour le moment : tant que je peux parler avec toi, je n'en ai pas besoin. Je t'ai pardonné Jasper ! Tout ce que tu as fait ou pas fait il y a quelques années. Dépose ce fardeau Jasper, celui qu'on partage. Pour Alice et Lili, je sais que tu as honte de ton comportement, mais ce n'est pas trop tard. Tu dois t'excuser et expliquer à Lili pourquoi tu en es arrivé là. Je suis sûr qu'elle comprendra et surtout cela l'aidera dans quelques années quand elle aussi elle en voudra à la terre entière de ne pas avoir ses parents biologiques, de t'avoir toi et Alice dans la vie, d'avoir de la chance. Elle aussi culpabilisera d'être heureuse et elle ne saura pas quoi en faire et aura ce besoin quasi pathologique de le détruire pour ne plus culpabiliser et arriver à mieux vivre. Et tu dois pardonner à Rosalie et arrêter d'avoir peur pour Emmett. Oui, Rosalie peut repartir, tout comme Alice, mais c'est un risque qu'Emmett est prêt à prendre pour vivre heureux avec notre sœur. Tu dois l'accepter et surtout accepter que tu ne puisses plus protéger ton meilleur ami. Il y a des décisions que lui seul doit prendre. Reste à ses côtés, ne sois pas l'oiseau de mauvais augure, réjouis-toi de son bonheur, sois-en le témoin. Ne le laisse pas tomber, pas en ce moment, pas après toutes ces années de galères et de larmes je crois que vous méritez de partager des larmes de bonheur, enfin. Il a besoin de son meilleur ami et toi aussi. Je sais que tu as honte de toi, mais on parle d'Emmett et de Rosalie, ils comprendront même si tu les as blessés, ils ne t'en voudront pas parce que c'est toi et qu'eux aussi, ils ont envie de te pardonner et qu'ils n'ont pas envie de porter cette rancœur. Parle à Alice, dis-lui que tu as peur qu'elle reparte, que tu ne sois pas suffisant, pas assez bien, que tu as peur de te tromper encore une fois et que cette fois ce sera la fois de trop. Dis-lui que tu l'aimes, que tu l'as toujours aimé, que vivre sans elle a été la chose la plus difficile que tu aies vécu. Dis-lui ce que tu as sur le cœur. Dis-moi que tu m'en veux car je t'ai pardonné et que tu ne peux même pas m'en vouloir pour ça, sauf de pardonner plus vite que tu n'es capable de le faire. Qu'encore une fois, ta petite sœur trop parfaite t'énerve et t'exaspère parce que tu as l'impression qu'elle n'a aucun défaut. Moi je ne t'en veux pas. Tu es mon modèle de grand frère qui tombe et qui se relève à chaque fois, qui a vécu l'enfer mais qui en est revenu pour me montrer que de choses terribles, on peut en faire de belles choses. Tu es mon grand frère qui a tellement souffert, que tu ne sais plus quoi en faire sauf te faire souffrir car tu ne supportes pas de faire souffrir les autres. Mais toute cette souffrance en toi, Jasper, déposes-la ! Pardonnes-toi ! Consacre ton énergie à vivre plutôt qu'à t'en vouloir ! Crois-moi, ce n'est pas simple mais cela vaut le coup...

Jasper la serra dans ses bras, tout en tentant de se calmer.

Comment fais-tu pour avoir autant de sagesse en toi, Bella ? Chuchota Jasper.

Je dois l'être pour deux, en ce moment tu n'es pas sur le podium, sourit Bella dans son cou.

J'en ai marre d'être un modèle, sage et bien rangé, soupira son frère.

Je sais, mais tu es un adulte, Jasper. Tu as le droit de sortir de la route dans tes loisirs, dans tes occupations, mais pas dans ta vie d'adulte. Tu es un père, tu dois rester dans les rails et crois-moi, ce sont les situations les plus difficiles à gérer : quand tu as envie d'être l'enfant que tu n'as jamais pu être. Mais tu peux trouver des solutions, à toi de chercher, casse de la pierre à la masse, frappe dans un sac, va courir quatre heures par jour, peu importe, l'essentiel est que tu trouves une solution. Je suis sûr qu'on peut tous t'aider, on en a tous besoin de courir, frapper, pédaler, crois-moi, on aimerait tous avoir une autre vie certains jours. Tu n'es pas seul, Jasper.

Je sais mais parfois je n'arrive plus à le remarquer, je suis juste submergé...souffla Jasper.

Je sais.

Mais tu es toujours debout malgré tout.

Non, pas toujours. Parfois je n'arrive pas à me lever, à me doucher de la journée, j'ai envie que tout s'arrête, que les enfants se taisent mais ce n'est pas possible. Et puis j'ai réalisé que je n'étais pas seule. J'avais Edward, Tony, Gabriel, toi, Emmett. Seule, je sombre, mais grâce à vous je peux me lever certains matins et prendre ma douche. Je peux sourire à mes enfants, je peux pleurer de chagrin et de frustration car je sais que je me relèverai. Et ces amis, cette famille, tu les as aussi Jasper, tu n'es pas seul, même quand tu ne le réalises pas, tu n'es jamais seul, sauf dans ta tête et dans ces moments-là, tu es ton seul ennemi. Tu ne prendras pas ton téléphone pour appeler à l'aide mais laisse-nous t'approcher quand on remarque que tu as besoin. Mets des chaussures de course à pied ou enfile tes gants pour frapper quand Emmett vient chez toi. Peux-tu y penser ?

Oui je crois que je peux essayer de le faire, je peux le faire...

Il y a des jours où tu ne pourras pas. Ce n'est pas grave, on ne t'en voudra jamais. On sera juste là avec toi, à prendre un thé ou un café ou seulement à écouter le vent sur ton parvis de maison.

D'accord.

Un silence suivit, pas de ceux qui sont pénibles, plutôt de ceux qui font du bien, qui sont nécessaires pour guérir. Jasper s'assoupit dans les bras de sa sœur, apaisé. Bella le sentit se relâcher, se détendre. Elle se contorsionna pour lui dégager les mains de la serviette et de la glacière. Il gémit mais ne se réveilla pas pour autant. Bella regarda ses mains, elles avaient dégonflées mais elles n'étaient pas jolies, la peau était déchiquetée, et elle espérait que rien n'était cassé mais Jasper mettrait du temps avant de pouvoir les réutiliser sans grimacer quoiqu'il arrive. Les jeunes ne manqueront pas de le chambrer mais Bella craignait que les plus jeunes prennent peur. Pour certains ce sera un dur rappel de leur ancienne vie, pour d'autres ils auront juste peur. Peu seront impressionnés, pas à cet âge, pas avec Jasper, choqués à la rigueur.

Elle se surprit à pouffer de rire ce qui réveilla son frère :

Que t'arrive-t-il ?

Je suis juste ravie que tu te réveilles. J'étais en train de me demander comment j'allais réussir à me déplier si tu continues à dormir sur moi comme ça beaucoup plus longtemps. Allez debout, je suis sûre que tes jambes seront ravies de s'articuler à nouveau, mais pas sans souffrance.

Crois-moi, je ne sais pas ce qui n'est pas douloureux dans mon squelette.

Mais ce sera pour un mieux, après une bonne douche, des soins et un relaxant musculaire, et douze heures de sommeil, je suis sûre que tout ira mieux.

Juste bouger et me déplacer sont un calvaire alors me coucher... Juste imaginer essayer de me relever après une nuit de sommeil et j'ai juste envie de pleurer.

Haut les cœurs le boxeur, tu as juste des bleus et de grosses contractures. C'est douloureux mais je t'ai connu plus robuste après un entraînement avec Emmett et ne me dis pas que l'arbre est plus costaud que notre beau-frère car je vais lui répéter et il va se vexer, sourit Bella.

Pitié, non, chouina Jasper. Tu as des antidouleurs avec toi ?

Oui, Tony t'en a laissé pour ton réveil. Tu sais ce que tu veux faire ensuite ?

J'avais prévu de rester une petite semaine pour réfléchir, mais après mon combat contre un arbre, je pense que je dois rentrer.

Tu sais où tu vas aller ?

Oui je vais rentrer... Je dois une explication à Lili et Alice et des excuses à Emmett et Rosalie. Ensuite je dois dormir je pense... Je suis fatigué.

Elle va te rattraper cette fatigue, cet épuisement et puis tu vas dormir, dormir à un point tel que tu auras l'impression de ne pas avoir dormi depuis des années. Et puis tu commenceras à aller mieux, doucement, jour après jour, semaine après semaine. Il y a des jours où juste te lever ou te regarder dans un miroir sera impossible mais tu ne seras pas seul.

Comment fais-tu pour être qui tu es, Bella ? Tu es à la fois forte et faible, tu vacilles et tu avances malgré tout. Où trouves-tu cette force ?

Je n'ai jamais été douée pour m'asseoir et pleurer. Je pourrais, certains jours, mais ça ne m'a jamais apporté quelque chose de positif. Je n'arrive pas à hurler, à taper dans quelque chose non plus. Ma solution est d'avancer encore et de réfléchir en même temps. Ce n'est sûrement pas la meilleure mais je n'en ai pas trouvées d'autres. Dessiner me permet d'évacuer aussi. Je suis sûr que tu as un moyen aussi.

D'accord, je vais trouver... Un truc à faire seul.

Dans mon cas, j'ai besoin d'une activité que je peux faire malade, blessée, dehors, dedans, bref tout le temps.

J'entends. Allez aide-moi à prendre mon sac à dos, et à me le mettre sur les épaules. Je ne veux pas que tu le portes.

Après avoir pris le temps de tout ranger et nettoyer, ils prirent tous les deux le chemin du retour, doucement et tranquillement, parfois en parlant et d'autres moments dans un silence complet. Ils en avaient tous deux besoin. Cette confrontation les avait secoué tous les deux.

En cours de route, les attendaient Lili et Gab. Jasper sourit tristement en voyant sa fille avec son neveu, car c'est de cette façon qu'il considérait Gabriel. Ce dernier enlaça Bella et l'entraîna vers leur maison. Lily sourit à son père, tristement et eut un hoquet d'horreur lorsque son regard tomba sur les mains de son père.

Papa, tes mains ?!

Elles guériront, ne t'inquiète pas.

Mais...

Lily, écoute-moi s'il te plaît.

Papa...

S'il te plaît Lily... C'est important pour nous.

D'accord, je t'écoute.

Aide-moi à déposer mon sac d'abord, s'il te plaît... Et Lili, je te dois des excuses. J'ai perdu les pédales et je t'ai fait assumer mes actions et mes paroles et je n'en avais pas le droit. Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée, tu as fait de moi un papa et tu m'as fait grandir plus que quiconque. Mais je pense que j'ai grandi et mûri trop vite avec toi, et j'ai régressé. Je me suis pris les pieds dans le tapis. Quand je te vois grandir avec moi, j'ai parfois l'impression de me regarder dans un miroir et de me voir sur le même chemin. Sauf que tu es attentionnée, avec du caractère mais bien loin de l'enfant que j'étais au même âge et je pense que j'ai été jaloux de qui tu deviens...

Jaloux de moi ?! Mais papa c'est grâce à toi que je suis comme ça !

Je ne suis pas sûr de pouvoir en prendre tout le mérite, mais merci. Alors je m'excuse pour mon attitude, mes actions et les mots que j'ai pu dire ou pas, et qui t'ont blessée.

Tu sais ce que j'aime le plus chez toi papa ? Demanda Lili en le collant contre son torse.

Non, dis-moi.

Tu sais reconnaître lorsque tu te trompes, lorsque tu es dans l'erreur. Je sais que c'est difficile mais tu le fais. Jamais tu n'es celui qui est parfait, tu assumes lorsque tu trébuches et surtout tu me fais comprendre qu'il y a toujours quelque chose à apprendre de nos erreurs. Je crois que c'est une belle leçon que tu me donnes.

Je dirais bien merci et je t'en prie. Mais j'essaie d'être vraiment cet homme et ce père-là. J'essaie de montrer l'exemple mais je sais aussi que souvent je suis à la ramasse.

Allez papa, c'est cool aussi, tu n'es pas parfait et ça aussi j'en ai besoin !

Oui et bien en ce moment, un peu de perfection ne me ferait pas de mal... Lili, ta mère est à la maison ?

Non quand je suis partie, elle sortait prendre son thé dehors dans le jardin. Tu veux la rejoindre ?

Oui je dois lui parler, elle a le droit à certaines explications.

D'accord, je t'accompagne. Comme ça je suis sûr que tu ne tombes pas. Je pose ton sac dans la maison et je rejoins Seth. Je crois qu'il a besoin de compagnie.

Ok. Je passerai voir Rosalie et Emmett ce soir ou demain... Ou j'y vais maintenant et je finis avec Alice... Tu sais quoi : va déposer mon sac si tu veux bien, je vais voir Rosalie et Emmett. Je rentre à la maison après comme ça je ne quitterai pas ta mère après mes explications.

D'acccooooord, tu n'es pas facile à suivre mais je comprends.

Jasper sourit, lui donna son sac et prit le chemin de la maison de son beau-frère. Son anxiété augmentait à l'approche de cette maison. Il aperçut Emmett dehors. Il soupira, prit une grande inspiration. C'est la première fois qu'il avait besoin de courage. Sa plus grande angoisse était qu'Emmett lui ferme la porte au nez et refuse de lui parler. Il savait très bien qu'il avait blessé son ami par sa réaction, mais saurait-il lui expliquer et être compris. Il n'en était pas certain mais certaines paroles de Bella résonnaient encore et il n'avait qu'à être honnête. S'il devait perdre son ami, ce serait compliqué mais il devra faire avec et surtout accepter cette décision.

Emmett l'aperçut en se retournant, il eut d'abord le sourire puis son regard s'attrista. Jasper lui rendit son sourire, petit et quelque peu tendu.

Emmett, je peux te parler ?

Pour dire quoi ? Tu n'as pas assez dit assez de saletés l'autre jour ?

Je te présente mes excuses Emmett, pour ce que j'ai dit et je vais parler avec Rosalie après. Je n'ai pas d'excuse pour mon attitude, j'ai des explications et j'aimerai en parler avec toi.

Jasper, tu es mon meilleur pote, mais là...

Emmett, s'il te plaît, écoute-moi ! Après si tu ne veux plus me parler ou plus me voir, je ne t'en voudrai pas et j'accepterai. Je te demande juste de m'écouter.

Jasper...

Cinq minutes et après je te laisse tranquille !

Okay, je te laisse cinq minutes. Vas-y !

Je te demande pardon pour ce que je t'ai dit et sur la manière dont je me suis comporté avec toi. Et je ne parlerai à cet instant que de toi. Je n'ai pas d'excuse. Ce que je peux dire pour expliquer mon attitude est que je n'ai pas réussi à gérer tous les changements autour de moi. Ça m'a déstabilisé. Et te voir avec Rosalie à l'hôpital, je me suis retrouvé d'un coup des années en arrière et j'ai eu peur de nous revoir célibataires, avec nos mondes détruits. On n'a jamais parlé de comment on a vécu cette période-là, mais ça m'a détruit et je t'ai vu t'éteindre et je n'ai pas été capable de t'aider. Et d'un seul coup, je suis reparti aussi loin. Je n'ai pas le droit et n'avais pas le droit de présumer que tu vivrais la même chose quoi que je pense, quelles que soient mes craintes ou mes angoisses et je te demande pardon. Voilà je voulais que tu le saches.

Jasper !...

Jasper regarda longuement son ami puis tourna les talons pour rejoindre Rosalie qui arrivait à pied de chez Carlisle et Esmé. Quand elle reconnut son frère, Rosalie eut un hoquet de stupeur, elle accourut vers lui, inquiète :

Jazz, que t'arrive-t-il ? Ta tête ? Et tes mains ? Mais qu'est ce que tu as fait ?

J'ai perdu une bataille contre un arbre, j'ai...

Tu as quoi ? Bon sang Jazz, qu'est-ce qui t'a pris ?

Je te demande pardon de ne pas accepter ton histoire et ton couple avec Emmett. Quoique j'en pense, tu as le droit d'être heureuse et je sais que tu l'es. Quand je vois ton sourire et ton regarde lorsque tu es à côté d'Emmett, je sais que c'est le bon choix. Je n'ai pas le droit de laisser ma peur me faire agir comme ça. D'un coup, j'ai eu l'impression de me retrouver lorsque tout allait bien, avant que tu partes avec Alice et j'ai eu peur. J'ai été terrorisé. J'espère que tu arriveras à me pardonner, Rose.

Jazz, tu es mon frère bien sûr que je te pardonne. Tu m'as bien pardonnée, toi, après tout ce que j'avais fait et dit. Alors oui, tu m'as blessée mais je comprends ta peur. Je comprends que tu as eu comme un flashback et franchement je suis contente que tu me parles, mais tes mains ? Où étais-tu ?

Je suis parti dans la clairière où j'allais avec Emmett quand on était ado, elle me permettait de souffler. Mais cette fois, tout s'est mélangé, je n'ai pas réussi à faire le tri, je n'ai pas réussi à prendre du recul. J'ai voulu évacuer alors j'ai été me promener mais j'ai cru devenir fou et j'ai donné un coup de poing dans un arbre, puis un suivant et après j'ai perdu le compte. Quand j'ai été épuisé, j'ai dû poser le front trop fort sur l'arbre et puis encore une fois. J'ai dû m'écorcher et j'ai dormi contre cet arbre, du coup j'ai un peu mal partout. Rien de grave ne t'inquiète pas.

Décidément... Va te soigner, et viens d'ici la fin de la semaine pour manger à la maison, je suis sûr qu'Emmett sera ravi de revoir son ami.

Merci Rose mais pour Em, je ne suis pas sûr, il ne me pardonne pas la réaction que j'ai eu envers toi. Il t'aime Rosalie, moi je ne suis que son ami. Toi, tu es sa vie. Embrasse les garçons pour moi. Et rassure-les, je suis ravi que tu deviennes leur maman, tu es faite pour.

Jasper embrassa sa sœur et prit le chemin du retour. Il passa devant son ami sans un mot, le regard baissé. Emmett n'eut pas le courage d'intervenir et le regarda passer, triste et mal à l'aise. Rosalie les regarda, croisa le regard de son fiancé, souleva un sourcil mais ce dernier détourna le regard, et tapa de rage dans un caillou. Rosalie comprit que c'était plus « simple » pour elle que pour eux. Elle prit le pas d'Emmett.

Emmett, s'il te plaît, je comprends ta réaction et j'apprécie que ton besoin de me protéger et me défendre.

Mais tu n'es pas d'accord.

C'est mon frère et ton meilleur ami. Repense à ce que tu as ressenti lorsqu'Alice est revenue dans sa vie. Tu n'as pas sauté de joie, je le sais, parce que je ne pensais qu'à une chose : dans quel état serait Jasper quand elle repartirait. Mais elle est toujours là. Alors c'est vrai que tu n'as pas réagi aussi violemment que lui mais... Il a déjà tout perdu et je crois qu'il a eu peur de tout reperdre, et il n'a pas su gérer ses émotions. Il doit apprendre à y faire face.

Mais tu as vu ses mains et sa tête ?

Oui, il a explosé devant un arbre... et la tête c'est surtout écorché mais c'est impressionnant, même pour moi...

Bon sang je n'ai pensé qu'à ce qu'il m'a dit pas à ce qu'il vivait.

Donnez-vous du temps, reparlez-vous. Soit patient et surtout ne laisse pas tomber ton ami, mon frère, s'il te plaît.

Je te le promets.

Merci Emmett.

Pendant ce temps, Jasper avait atteint sa maison. Il observa Alice de loin, il la voyait à l'intérieur de la maison, en train de danser, elle avait le sourire comme souvent, elle était en train de coordonner des tissus pour faire des vêtements pour les enfants du centre. Jasper aimait ces moments où il pouvait l'observer. Il adorait la voir vivre. Elle lui donnait le sourire rien qu'à bouger. Il s'approcha de la fenêtre entrouverte, elle finit par se retourner et se retrouva devant lui, figée. Elle perdit son sourire.

Oh Jasper...

Salut, tu es belle aujourd'hui.

Bon sang, que t'arrive-t-il ? Qui t'a tabassé ?

Personne Alice, calme-toi s'il te plaît...

Personne mais tu as vu ta tête ?

Non, mais j'ai assez mal donc je peux imaginer. Alice s'il te plaît, n'appuie pas trop fort, mais je veux bien de la glace ou de la crème.

Je te fais mal ?

Non ne t'inquiète pas. Viens on va s'asseoir sur le canapé. Je voudrais te parler si tu me permets.

Rien de grave ?

Non mais tu as le droit d'entendre ce que j'ai à te dire.

Tu me fais peur, Jasper.

J'espère que quand j'aurai fini, ce ne sera plus le cas.

D'accord, je t'écoute.

Je veux te présenter mes excuses d'abord. Pour la manière dont je me suis comporté depuis quelques semaines. J'ai complètement dérapé et quoique je faisais, je partais encore plus à la dérive. Et toi plus que tout, tu n'aurais pas dû subir ce genre de choses et je te demande pardon. Tout s'est mélangé dans ma tête, le passé, le présent, le futur, mes angoisses, mes craintes. Tout ce que je cadenasse et que je n'ai jamais dit et je suis désolé pour tout ça.

Jazz...

Laisse-moi finir s'il te plaît. C'est important pour moi. Même si tu sais ce que je vais dire, j'ai besoin de te le dire.

D'accord, je me tais.

J'ai peur Alice. J'ai peur qu'un jour tu disparaisses de ma vie, comme tu l'as déjà fait, parce que j'aurai fait quelque chose, ou que je n'aurai pas fait cette chose. J'ai peur qu'un jour notre vie ne te satisfasse plus et que tu fasses tes valises et que cette fois tu disparaisses pour de bon. J'ai peur que tu me trouves banal, ordinaire et que tu aies besoin de mieux, de plus. J'ai peur qu'un jour tu considères que Lili est plus ma fille que la tienne. J'ai peur de me retrouver à vivre seul sans toi, parce que je n'ai pas réussi la première fois et que cette fois je ne saurai pas le faire même avec nos familles à mes côtés. Je n'ai pas d'excuse pour ce que j'ai dit à Bella, Rosalie et Emmett. Je ne sais pas si mon amitié avec lui résistera à mes paroles. Je devrais assumer son choix. Je sais qu'avec Bella et Rose, c'est une grosse querelle fraternelle, j'ai eu tord mais maintenant que j'ai parlé avec elles, j'espère qu'elles me pardonneront. Je suis terrifié à l'idée de ne plus vous avoir dans ma vie. Mais Alice, tu es la personne la plus importante pour moi avec Lili. Je peux vivre sans ma famille, mais je ne peux pas vivre avec elle sans toi. Alors je te demande pardon et je te présente mes excuses.

Alice ne put en supporter plus, elle attrapa Jasper par les épaules et le serra contre elle. Ils pleuraient ensemble, incapable de s'arrêter.

Jazz, j'accepte tes excuses et surtout je te pardonne. Je te promets que je n'ai pas l'intention de partir et de te quitter.

Tu es sérieuse ?!

Bien sûr, Jasper ! Je veux finir ma vie avec toi !

Tu accepterais de m'épouser ?!

Oui Jasper, je veux t'épouser !

Je n'ai pas de bague, Alice je suis désolé.

Mais je n'en veux pas ! Attends ! Ce que je veux dire c'est que je n'accepte pas ta demande pour la bague. Tout ce que tu m'as dit compte beaucoup plus et puis regarde tes pauvres mains... Tu ne serais pas capable de me la passer au doigt. Alors si c'est important pour toi, j'accepterais une bague mais ce n'est pas le plus important. Être ton épouse l'est plus.

Jasper se cala contre Alice, soulagé.