0o0o0 Voici le dernier chapitre avant le prologue, c'est donc bientôt la fin de cette histoire. J'espère que vous avez apprécié et n'hésitez pas à me dire ce qu'il en est. Encore MERCI à AnnaMerteuil de m'avoir suivi depuis tout ce temps !
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Moins d'une semaine plus tard, le dimanche, quelqu'un se présente à la porte du manoir. Drago est agacé, je l'entends du salon dans lequel je m'occupe de Scorpius et Rosalie. Néanmoins l'intrus pénètre dans le manoir et est invité à se rendre dans le petit salon attenant. Drago s'excuse auprès de l'inconnu et se presse dans la petite pièce que j'occupe. Il lance un regard inquiet aux deux petits. Scorpius du haut de ses cinq ans, se presse pour atteindre les jambes de son père et lui montrer le dessin qu'il a réalisé : « Regardes papa ! C'est toi, maman, Rosalie et moi ! ». Mon mari ne jette pas un regard à son fils, ses yeux sont anxieusement portés dans ma direction. Je me lève pour lui demander ce qui se passe.
- « Il faut que tu viennes avec moi. » Répond-il.
Nous laissons les enfants jouer et refermons la porte derrière nous. Quand je me retourne, je me retrouve face à face avec le survivant et sa compagne. Ils sont debout, et je constate le malaise dans les yeux d'Hermione. Harry prend sa main pour lui donner du courage. Drago, lui, s'installe tranquillement dans l'un des six fauteuils de la pièce, et propose dignement à boire aux visiteurs. Tandis que nous nous installâmes dans les fauteuils, je remarque une ombre derrière la porte de la pièce, dans l'ombre un œil bleu se pose sur moi. Narcissa est à l'affut des informations apportées par le couple. Une fois chacun servit et l'ambiance moins étouffante, Hermione passe outre son air mal-à-l'aise et invoque l'objet de leur visite :
- « On est ici pour Ron. »
Drago hausse les sourcils, l'air dédaigneux.
- « En quoi la vie de la belette nous concerne ? » Crache-t-il.
Je vois Harry serrer les dents, sa mâchoire se contracte sous l'insulte. Mais ils ne répliquent pas, ce qui semble encore plus inquiétant.
- « Qu'est ce qui se passe ? » Finis-je par demander.
- « Il n'est plus le même. On a peur qu'il soit dangereux. Pour toi, pour vous. »
Le silence n'a pas le temps de retomber dans la pièce que Drago a déjà répliqué qu'il n'a besoin de l'aide de personne pour veiller sur sa famille. Harry tente de prendre la parole, ce qui lui vaut un regard noir du blond. C'est ce moment que choisis notre fils de cinq ans pour entrer dans le salon, une feuille à la main :
- « Papa ! Tu veux voir mon dessin ? »
Il est déjà aux pieds de Drago qui le prend sur ses genoux. L'intrusion du petit garçon a figé sur son visage un masque de glace. Il se sent vulnérable soudainement, montrer devant ses ennemis de toujours cet aspect de lui-même est intolérable à ses yeux. Cependant, il ne peut agir autrement que de regarder le dessin de sa progéniture qui lui décrit les personnages : « Ca, c'est toi. Ça, c'est maman. Ça, c'est Rosalie. Et ça, c'est moi. On se tient tous la main, tu vois ? ». Drago caresse doucement la chevelure si semblable à la sienne, tout en lançant un regard de flamme au couple qui le considère, médusé.
- « Vous avez des enfants ? » Questionne-t-il à brûle-pourpoint.
Les deux font un mouvement négatif de la tête, suivit d'un long regard sur ses chaussures pour la brune. Je suspecte que ce n'est pas par choix, mais Drago est imperméable au sous-entendu et en profites pour les attaquer. Le trouble d'Hermione s'intensifie, elle semble proche de la crise d'angoisse tandis que le visage d'Harry se fait de plus en plus fermé. Alors je pose doucement la main sur celle de mon époux et lui chuchote de se calmer et de les écouter. Peut-être peuvent-ils amener des informations supplémentaires. Drago consent donc à prendre sur lui et à les laisser parler.
- « Je pense que la présence de Daphnée Greengrass n'est pas éloignée à son changement. Ce qu'il faut c'est savoir à quel sortilège elle a soumis Ron et Lavande. J'ai pensé à une potion Mélange malveillant. » Expose Hermione, faisant honneur à sa célèbre intelligence.
- « Alors elle lui ferait boire de la potion régulièrement ? » Questionnais-je.
- « Oui, ou bien elle l'a soumis à l'Imperium, mais je ne sais pas si elle aurait pris ce risque. » Répond-elle.
Cette fois, mon époux se contente d'écouter les explications de la brune sans rien dire, réfléchissant à différentes possibilités.
- « Prenez-le chez vous et empêchez le de la voir dans ce cas. » Propose-t-il avec une étonnante simplicité.
- « Tu sembles oublier qu'il ne veut plus me voir. » Réplique l'intelligente Griffondor.
Pendant le silence qui suit cette dernière remarque, Scorpius descend des genoux de son père pour se diriger vers ceux de la jeune femme. Quand elle le voit approcher, son air inquiet se change en sourire. Cela ne fait alors plus aucun doute qu'elle aimerait avoir des enfants. Elle observe gentiment le dessin que lui montre mon fils et se met à son tour à caresser ses doux cheveux blonds. Je vois ses yeux briller de plus en plus, mais avant qu'une larme ne coule sur sa joue, Scorpius repart déjà en courant dans la salle de jeu. Mes yeux se posent à nouveau sur Narcissa, toujours cachée par le panneau de bois derrière les invités à observer cette scène surréaliste. Après ce long silence, Drago se lève et les congédie brutalement :
- « De toute manière vous êtes incapable de nous aider. On se débrouillera tout seul. Maintenant sortez et au plaisir de ne plus se revoir. »
Harry qui était resté silencieux jusqu'à cet instant précis semble étouffer de rage. Ses yeux fixent le blond qui lui montre son dos, avec une forme de mépris sur le visage que je vois pour la première fois. Ensuite, il s'adresse à moi, mais seulement pour mettre mon mari encore plus en colère. Il met sur le tapis la confiance qui aurait pu m'être accordée pour la refouler d'un revers de la main. Drago se tourne face à lui, et se met dans un état qui ressemble à de la folie. Il lance des remarques cinglantes à l'élu. Ce dernier clos la discussion d'un : « Certain sont incapable de changer, visiblement. ». Mes yeux sondent le visage du blond avec effroi, il fait un effort immense pour conserver ses poings serrés près de son corps. Je ne peux que constater que les rapports entre le trio et mon époux ne pourront jamais être totalement apaisés.
- « Pour Ron, qu'est-ce qu'on fait ? » Finis-je par demander.
- « On va l'éloigner, de le ramener auprès de sa femme. Et vous, il faudrait que vous coinciez Daphnée, au plus vite. » Répond Hermione pour mettre fin à l'échange des deux hommes.
Nous finissons par tous nous accorder sur ce point. Il faut arrêter cette folle-furieuse. Le couple n'insiste pas plus et part de lui-même, au plus grand soulagement de mon mari qui laisse échapper un grand soupire dès que la porte se referme derrière eux. Ses tensions passent doucement, mais il se sert un verre de whisky pour revenir à un état plus calme. Il ne voulait pas parler, son regard était résolument fixé sur l'alcool. Je préférais le laisser seul et rejoignis Narcissa dans ses appartements. Elle était en train d'écrire sur la table de son salon. Je l'appelais doucement, intimidée de pénétrer ainsi son intimité. Elle me sourit dès qu'elle m'aperçoit, comme à son habitude. Je me dirigeais vers elle quand une parole arrêta mon mouvement : « Cette histoire doit être réglée au plus vite. Je prépare tout de même une retraite au cas où. ». J'acquiesce à ses paroles et me dirige vers la fenêtre, avec une lenteur qui ne me ressemble pas. En bas, il y a les paons blancs emblématiques du manoir, en compagnies des poules adoptées il y a cinq ans maintenant. Elles ont vieillies. Tout comme moi. Je n'ai jamais eu le désir du combat, je me suis toujours tenue loin, en retrait de toute agitation. Et voilà que mon propre passé devenait un élément menaçant. Comme j'étais naïve autrefois, je m'en rendais compte à cet instant. Le regard plongé dans les arbres, fourrés et bosquets du parc. J'avais bêtement pensé que je pourrais vivre ma vie loin de tout ce malheur, loin de la guerre, simplement en prenant mes pieds à mon cou. Il n'en était rien. Mon mari avait été traumatisé par son propre père et appartenait à la même classe sociale que moi. La prophétie de ma vie s'est réalisée sans que je n'y porte la moindre attention. Et maintenant je vivais dans un manoir semblable à celui dans lequel j'avais grandis et j'y élevais mes enfants, comme ma mère l'avait fait avant moi. Rien n'a changé. Depuis mon enfance solitaire en France jusqu'à ce jour, je n'ai fait que reproduire le plan tracé au moment même de ma naissance, incrustant dans le réel l'antique histoire de la lutte des classes et des intemporels privilèges. L'arrivée de mon mari dans la pièce interrompit le fil de mes sombres pensées. Je tournais les yeux vers lui et explorait son visage comme si c'était la première fois. La blondeur insultante de ses cheveux, le gris fascinant de son regard, la finesse de ses lèvres, l'anguleux de ses traits, mon regard voguait entre tous ces éléments qui composaient son image. La seule chose qui me vint à l'esprit était que malgré ses années de mariages, je l'aimais toujours autant et je le trouvais aussi irrésistible. Mes réflexions furent tout simplement balayées par ce fait simple et évident : j'aime Drago Malfoy. Je n'aurais pu vivre cette vie aux côtés d'aucun autre. Et pendant que je contemplais mon mari de façon scandaleuse, Narcissa nous expliqua son plan : le blond devrait faire semblant d'aller séduire Daphnée pour que j'en profite pour récupérer des indices dans son appartement. Une fois cela fait, il faudrait la pousser à la faute : en se rendant à une réunion publique ensemble. Cela était censé la mettre hors d'elle et la mettre en erreur de manière irrémédiable.
C'est ainsi que je me retrouvais la semaine suivante, dans l'appartement de ma rivale, à fouiller sa chambre pendant que mon mari se payait du bon temps avec elle dans un bar. Je glanais les indices dans la salle de bain, j'y trouvais des potions tout à fait compromettantes, puis je m'attaquais à la chambre où je fis la découverte d'un carnet qui semblait dédié à son adoration pour Drago et sa haine de ma personne. Alors que je cherchais plus de preuve, j'entendis la porte se fermer avec fracas. Quand je me dirigeais vers le hall, je la vis en compagnie de mon époux. Il avait les mains sur ses hanches tandis qu'elle lui murmurait quelque chose à l'oreille. Ils se rendirent dans le salon sans m'apercevoir. Je me dirigeais donc vers l'entrée pour sortir. Les gloussements dans le salon me brulaient de l'intérieur. J'étais absolument dévastée par une vague de jalousie comme je n'en avais jamais connu. Je me cachais dans une armoire quand je les entendis se diriger dans le couloir. Entre deux panneaux de bois, je vis la blonde trainer l'homme dans la chambre par la main. Sur le seuil, il montra sa réticence à la suivre alors elle l'embrassa fougueusement, le poussant contre le mur le plus proche. J'eus énormément de mal à contenir mes nerfs tandis que sa main passait sous le pull de mon époux. C'est alors qu'il la suivit dans la chambre, fermant la porte derrière eux. Je profitais de l'occasion pour fuir l'appartement. Une fois dans la rue, je rendis mon dernier repas, pliée en deux. Oubliant toute prudence, je restais devant la porte de l'immeuble à attendre mon mari, prête à lui faire une scène mémorable. Mais très vite, une main me tira et ma vision fut occultée. Je sentis qu'on me trainait à travers les rues noires et vides.
Quand j'eus à nouveaux accès au sens de la vue, j'étais dans une ruelle face à un homme qui semblait hors d'haleine. Il me demanda de ne pas bouger entre deux essoufflements.
- « Ron ? »
J'essayais de deviner à qui appartenait cette voix, sans en être certaine.
- « Il ne faut surtout pas que tu t'approches d'elle, elle est folle ! » S'exclama-t-il.
Je le fixais avec des yeux ronds comme des soucoupes et malgré l'obscurité qui régnait dans cette traverse, il le perçu car il expliqua : « Daphnée ! ».
- « Elle est avec mon mari en ce moment. » Dis-je, sans que je ne parvienne à m'expliquer la raison de mon aveu.
Il sembla désemparé et s'excusa. Pourtant, il n'avait rien à se reprocher. Mais alors qu'aucun autre mot n'avait été prononcé, une lumière éclaira l'espace, suivit d'un sort qui manqua Ron de très peu, ce dernier sortit sa baguette pour se défendre. Un blond s'élança vers nous avec vivacité. Il me prit directement par la main et nous disparûmes sans plus attendre pour nous retrouver devant la grille du manoir Malfoy. Mon mari tenta de me tirer à l'intérieur, mais je le repoussais.
- « Coucher avec elle ne faisait pas partie du contrat ! » Criais-je, pleine de rancœur.
- « Je n'ai rien fait Adélaïde. Ca n'a pas été facile, mais je me suis extirpée de ses bras. »
Je levais haut les sourcils. Comme s'il était crédible ! Mais acceptait tout de même de passer les grilles. Nous ne nous dîmes rien jusqu'à l'entrée de la demeure. Je fis de mon mieux pour l'ignorer toute la soirée. Néanmoins une fois les enfants couchés, il se rendit dans la petite bibliothèque où je m'appliquais à lire le journal que j'avais emprunté chez ma rivale. Il n'y avait que des insultes à mon encontre, je trouvais même des photos de moi noircies sur les bords, portant des mentions qui me firent rougir de dégout. Il posa une question sur le carnet et je lui révélais la propriétaire de ce torchon. Pendant un moment, il se contente de m'interroger sur ce que j'ai trouvé chez elle, puis en vient à énoncer ma présence en compagnie de Ron dans la ruelle.
- « Je crois qu'il voulait me mettre en garde contre elle. » Répondis-je.
Il ne fait pas de commentaire et se contente d'étudier le contenu du carnet, face aux flammes. Après avoir tourné quelques pages, il jette l'ouvrage au feu. Je l'interpelle : « Tu es fou ou quoi ? Ça aurait pu être une preuve ! ». Mais il se contente de rétorquer que ce n'est qu'un déchet. Ce soir-là, j'ai beaucoup de mal à oublier la scène dont j'ai été témoin, cachée dans la penderie. Je me réveille de bonne heure et confie les enfants à Narcissa qui a décidé de les emmener faire un tour. Drago est déjà dans son bureau et je suis en train de lire un roman dans un fauteuil du salon quand un grand bruit dans l'escalier m'interpelle. J'ai l'habitude que le manoir soit silencieux en journée. Je sors du salon, me retrouvant dans le grand couloir de l'aile Est quand je vois une forme s'avancer vers moi. C'est elle, et dès qu'elle m'a reconnu, elle me lance l'un des pire sorts qui soit : le doloris. Alors que je me tords sur le sol, je tente de garder un lien avec la réalité. J'essaie de me concentrer sur le touché de mes mains effleurant le tapis qui me soutient. Et malgré moi, je hurle. Mon cri transperce ma gorge de manière douloureuse et j'entends ma voix comme si c'était celle d'un autre. La blonde s'est rapprochée de moi, je peux voir le sourire qui s'étale sur ses lèvres quand l'effet du sort se dissipe. Elle a un grand éclat de rire, se moque de moi qui me tortille sur le sol puis tout recommence : la douleur, l'impression que tous mes membres se disloquent. Jusqu'à ce qu'un sort l'atteigne et fasse cesser ce supplice. J'essaie maladroitement de me relever et les voit combattre. Drago est venu, Drago m'a sauvé. Mes mains sont appuyées sur le sol et mes genoux sont repliés sur moi tandis que je reprends mes esprits. Daphnée se tourne vers moi pour me lancer un nouveau sort impardonnable mais celui qui sort de la bouche de mon mari l'empêche d'aller au bout de son idée. Elle tombe dans un bruit mat sur le carrelage. Drago se précipite pour me relever, il me demande une centaine de fois si je vais bien tandis que je répète cette litanie : « Mais qu'est-ce que tu as fait ? ». Il finit par lancer un regard au corps qui git sur le sol du manoir. Avec un sang-froid extraordinaire, il dit qu'il nous faut partir et me relève pour que je sorte de la demeure en sa compagnie.
- « Fais un effort, si les Aurors arrivent avant que nous soyons partis, je serai envoyé à Askaban ! » Me supplie-t-il alors qu'il me traine péniblement à travers les allées du jardin.
Je fournis donc un effort supplémentaire pour remettre en mouvement mes jambes encore bourdonnantes. Nous courrons jusqu'au fond du jardin. Là, il pose ma main en même temps que la sienne sur une petite statue de vif d'or et le paysage tourne de gauche à droite autour de nous. Et déjà, nous sommes loin de l'Angleterre.
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