Bonjour à toutes et à tous !
Désolée pour le retard (une petite journée) mais le chapitre n'était pas complètement finalisé !
Bonne lecture !
Chapitre 32 : Tout est une question de choix
Elise coupa le mode vibreur de son téléphone après le troisième appel de son chef. Elle n'avait aucune intention de se faire engueuler par Astor alors qu'elle passait la journée la plus étrange et intéressante de sa vie. Une femme d'une beauté à couper le souffle était élégamment assise sur son canapé et dévisageait Hermione. En d'autres circonstances, Elise lui aurait laissé ses coordonnées pour un plan d'un soir, mais l'instant n'était pas propice à ce type de proposition.
- Elle n'a rien dans la tête, conclut Pansy Parkinson après avoir fait de longs mouvements de baguette. C'est vide de chez vide.
- Hey ! s'offusqua l'amnésique. J'vous emmerde !
- Miss Granger, un peu de retenue ! tança McGonagall. Miss Parkinson, pourriez-vous être plus précise dans votre diagnostic ?
- Elle est sous l'égide d'un puissant sortilège d'oubliette. Je n'ai pas besoin d'expliquer à nos deux moldus, le nom est assez parlant.
- Donc vous dites que des gens, des sorciers, sont la cause de sa perte de mémoire, traduisit la commandant.
- Un point pour vous, sourit Pansy avec un regard appréciateur pour la Française. Vous êtes plus perspicace que celle qui fut le plus gros potentiel de sa génération.
Hermione lui exhiba son majeur et Minerva foudroya ses deux anciennes élèves du regard.
- Cependant, il y a quelque chose que je... Granger, je peux voir tes colliers ? demanda Pansy.
Elise se redressa, intéressée. Si la sorcière pouvait en dire plus sur les pendentifs qui l'intriguaient depuis le début, la commandant pourrait enfin progresser dans son enquête. A contre-coeur, Hermione s'approcha et, sans retirer les colliers de son cou, les montra à son ancienne camarade de classe.
- Ce sont des signes trolls, si je ne m'abuse, murmura la médicomage. Mais je n'ai aucune idée de ce que ça veut dire. Professeur, vous avez une idée ?
- Non, mais je devrais trouver des livres à la bibliothèque pour les traduire, répondit l'animagus.
- Troll, comme dans truc vert avec les oreilles sales ? demanda Hermione.
Pansy regarda l'ancienne Gryffondor avec une envie de rire qui le disputait à un profond désespoir.
- Quand je dis vide, j'englobe aussi la faculté de penser intelligemment. Shrek est un ogre, là, je parle de troll. Tes cousins.
Élise retint un sourire mais la brunette remarqua l'amusement de l'enquêtrice. Elle s'en trouva profondément peinée et sentit la colère monter en elle.
- Parfait ! Je vois que mon amnésie amuse la galerie, lança-t-elle, piquée au vif, en se dirigeant vers la porte d'entrée. Riez bien à mes dépends, j'ai mieux à faire !
Sur ces mots, elle sortit du studio en claquant la porte. Quelques secondes plus tard, elle dévalait les marches de l'escalier, essuyant rageusement la larme qui roulait sur sa joue.
Elle accéléra en entendant la porte s'ouvrir dans son dos et rejoignit rapidement la rue pour traverser et s'engouffrer dans le café. Quelques instants plus tard, Élise poussa la porte.
- C'est elle qui paye, fit la brunette au commerçant en ramassant un paquet de cigarettes et un briquet sur le comptoir.
Sans un mot de plus, elle regagna l'espace public. Elle chercha du regard un endroit où se poser et, ne trouvant pas de banc de libre, elle se dirigea vers le port et s'assit à même le sol sur un quai, les pieds pendant au-dessus de l'eau. Elle alluma une cigarette et tira une longue bouffée. La sensation de la fumée descendant dans sa gorge lui paraissait familière mais elle n'arrivait pas à se rappeler précisément. Elle se tapa le front plusieurs fois, laissant sa rage s'exprimer.
- Mais tu vas te souvenir, bordel !
- Je doute que cela fonctionne comme ça.
La voix d'Elise lui parvint avant que la Française vienne s'assoir à côté d'elle.
- Dommage, vous seriez débarrassée du problème.
La voix d'Hermione était amère et la blonde la regarda tirer rageusement sur sa tige de tabac.
- Je vous ai blessée et j'en suis désolée, commenta Élise de son habituel ton abrupt.
- Peu importe. Je ne suis qu'un témoin dans votre enquête. Allez donc retrouver l'autre conne de psy et filez lui un rencard pour ce soir, vous en mourrez d'envie. Je me trouverai un autre point de chute, rétorqua sèchement la brunette.
- Vous aussi vous la trouvez attirante. Mais je ne compte pas avoir de relation sexuelle avec elle.
- Je ne la trouve pas attirante, contra Hermione. Et vous vous envoyez en l'air avec qui vous voulez, ça ne me regarde pas.
L'amnésique écrasa sa cigarette sur le sol et fourra le mégot dans sa poche dans l'attente de croiser une poubelle.
- Je me suis excusée, c'était sincère, reprit la Française.
- Parfait, commandant Wassermann. Vous avez formulé vos excuses mais permettez que j'ai en travers de la gorge que vous vous amusiez à mes dépends.
- C'était idiot, tout comme la remarque de votre camarade de classe.
Le silence s'installa entre les deux femmes et Hermione se ralluma une cigarette avant de se frictionner les bras.
- C'est moi ou il fait froid d'un coup ?
Elise acquiesça avant de souffler sur ses mains. Puis, le ciel s'obscurcissant brusquement, elle leva la tête.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle d'une voix étranglée.
Hermione leva le nez à son tour et une terreur pure l'envahit. Des ombres noires volaient dans le ciel, s'approchant rapidement d'elle.
- Faut qu'on parte d'ici, vite ! cria-t-elle en se levant.
Elle attrapa Elise par le poignet et les deux femmes se mirent à courir en direction de l'appartement de la Française. La distance à parcourir semblait sans fin et la brunette trébucha en se retournant pour savoir où se trouvait les poursuivants. Immédiatement les ombres plongèrent vers elle et Élise ne sut comment s'interposer sans son arme de service. Au moment où des lambeaux de tissus effleuraient les deux femmes, Pansy et Minerva sortaient du bâtiment en courant. Les deux sorcières tirèrent leur baguette magique de concert et se mirent en position.
- Spero Patronum ! crièrent-elles.
Un chat et une panthère argentés apparurent et chargèrent les ombres qui cherchaient à attraper Hermione. Cette dernière se protégeait le visage des mains qui voulaient la saisir. Les créatures sombres reculèrent temporairement, attaquées par les animaux fantomatiques, et l'amnésique se remit debout et aida Elise à en faire autant.
- Dépêchez-vous de vous mettre à l'abri ! cria une voix grave.
La brunette tourna la tête et découvrit un homme aux cheveux noirs en bataille, aux lunettes rondes, venir dans leur direction d'un pas décidé, une baguette à la main. Il l'agita sans un mot et un cerf argenté surgit de la fine tige de bois pour se mêler à la bagarre.
- Les Aurors français sont prévenus, ils vont arriver d'une minute à l'autre ! Parkinson, je retiens les détraqueurs avec Minerva, mets Hermione et son amie en sécurité, s'il te plait !
La médicomage acquiesça, bien contente d'être de l'équipe d'évacuation. Elle n'avait aucune attirance envers les détraqueurs qu'elle avait côtoyé de bien trop prêt à son goût après la défaite de Voldemort. Elle attrapa la main d'Hermine et tendit l'autre vers Elise qui la prit sans tergiverser. Le pop caractéristique du transplanage résonna alors qu'Harry et Minerva tenaient les avaleurs d'âme en respect. Les trois femmes réapparurent dans l'appartement de la commandant qui se laissa aller contre un mur.
- Quelles sont ces choses ? demanda Elise en cherchant sa respiration. Ce sont ces trucs qui vous ont attaqués dans votre rêves ? ajouta-t-elle pour Hermione.
- Non, ce n'était pas ça. Les choses de tout à l'heure dégageaient une odeur de pourriture, ce qu'il n'y avait pas dans mon rêve, répondit la brunette.
- Ce sont des détraqueurs, fit Pansy. Le cauchemar de tous les sorciers.
- Et qu'est-ce que ça fout ici ? interrogea la Française.
- Aucune idée. Depuis qu'on les a exclus de la gestion d'Azkaban, je ne sais pas où ils sont parqués.
- Azkaban ? C'est quoi ? s'enquit Hermione.
- La prison pour sorciers, répondit la médicomage.
- Et on est en sécurité chez moi ? s'enquit la Française.
Pansy alla se poster devant la porte vitrée et observa l'agitation qui régnait dehors.
- Oui, les Aurors français sont là et les de traqueurs reculent. Oh bon sang ! Fleur Delacour est là. Je vais de ce pas lui filer mon numéro de téléphone. Sait-on jamais, sur un malentendu...
Elise annonça dix chiffres sans sourciller et Pansy se retourna vers la Française, interloquée.
- Cousine par la branche masculine.
- Je comprends mieux, murmura Parkinson avec un regard appréciateur pour la commandante.
- Elle est mariée, ajouta Elise.
- Je ne suis pas jalouse, contra la médicomage. Et vous ?
- Je ne suis pas mariée, répondit la blonde.
- On dîne ensemble ce soir ? proposa Parkinson.
- Je suis déjà prise, contra la commandante.
- Encore une fois, je ne suis pas jalouse et je peux partager. Après tout, à deux c'est bien, à trois c'est mieux, argumenta Pansy, sans voir le regard stupéfait d'Hermione.
- J'ai déjà pratiqué. Mais ma partenaire ne souhaite pas me prêter, et je suis d'accord avec elle. Donc merci. Ceci dit vous êtes belle et sexuellement très attirante.
Le sourire de Pansy s'élargit.
- Merci du compliment. Vous êtes directe, j'apprécie. Et si vous êtes de même au plumard, ça doit vraiment valoir le détour.
- Elle vous a dit non ! finit par craquer Hermione. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas ? Non, c'est non ! Alors arrêtez votre rentre dedans !
- Oh, mais la partenaire montre les dents !
Pansy sortit une petite carte de sa poche et la tendit à Elise.
- Pour me joindre, à toute heure du jour et de la nuit. Quant à toi, Granger, chasse dans ta catégorie. Les belettes sont plus à ton niveau...
- Ok, là je me la fais, siffla la brunette en relevant ses manches de chemise.
- Laissez tomber, intervint Elise en posant sa main sur son épaule. Elle doit ressasser une vieille rancoeur de lycée.
- Si par là vous sous-entendait que nous n'étions pas les meilleures amies, vous avez tout à fait raison. On s'est joyeusement pourri la vie durant sept longues années. Malheureusement à la fin, elle est morte et je suis restée vivante, en santé et j'ai réussi ma vie. Alors, finalement, je ne pense pas faire preuve de rancoeur... de la nostalgie peut-être ?
La Serpentard souriait en prenant tranquillement une des tasses de thé qui attendait patiemment un buveur. Elle porta le breuvage à ses lèvres.
- Eurk, froid c'est infect. Vous me le réchauffez très chère ? Ah, que je suis bête, vous n'êtes même plus sorcière.
- Sortez de chez moi, ordonna tranquillement Élise. Nous n'avons plus besoin de vos services.
- Je crois au contraire que vous ne pouvez pas vous passer de moi. Je suis la meilleure, voilà pourquoi Minerva est venue me chercher. Vous voulez vous souvenirs ? Vous voulez des réponses ? Vous voulez votre vie ? Alors je suis votre meilleure amie.
- C'est un sortilège qui bloque mes souvenirs, vous l'avez dit vous même. Si vous pouviez l'annuler, vous l'auriez déjà fait, grogna Hermione.
La porte d'entrée s'ouvrit et Minerva revint avec Harry et Fleur. Cette dernière alla faire la bise à sa cousine avant de prendre Hermione contre elle.
- C'est un réel plaisir de te revoir ! fit Fleur.
- Je... merci, mais je ne me souviens pas de vous, désolée, s'excusa Hermione.
- Harry m'a prévenue. Élise, ça fait longtemps. Et je suis ravie de travailler avec toi sur cette enquête. Ma première enquête moldue/sorcière et anglaise /française.
Wassermann hocha la tête sans quitter sa cousine du regard.
- Et combien d'autres sorciers compte la famille ? Et qui est au courant ?
- Juste les sorciers, sourit Fleur. On en parlera plus tard.
Minerva s'approchait déjà d'Hermione et la faisait s'assoir sur le canapé à côté d'elle tout en fouillant dans son sac.
- Comment vous sentez-vous ? questionna-t-elle en lui tendant une barre de chocolat.
- J'ai eu l'impression que je perdais toute envie de vivre.
- Ce qui se comprend, commenta Parkinson avant de se faire foudroyer du regard par la brunette. Je parlais de l'effet des épouvantails, mais si t'as compris autre chose Granger, j'y suis pour rien.
- Elle sort ou je la tue, prévint la brunette.
- Docteur Parkinson, je vous recontacterai, fit Minerva.
- Je préférerai que ce soit la charmante enquêtrice qui me rappelle...
Hermione ne prévint pas quand elle bondit comme un chat vers sa proie. Les deux anciennes camarades tombèrent sur le sol et le poing de l'amnésique vint percuter fortement le nez de la médicomage. Un craquement sinistre retentit et Pansy cria sa douleur. Elise se précipita et attrapa la brunette pour la tirer hors de la bagarre. Minerva aida Pansy à se relever et Harry agita nonchalamment sa baguette pour remettre le nez de l'ancienne Serpentard en état.
- Granger, je vais te tuer ! siffla Parkinson en tirant sa baguette pour menacer l'ancienne Gryffondor.
- Essayez toujours, rétorqua Hermione en levant les mains.
- Tu comptes faire quoi là ? se moqua la brune.
Un instant désarçonnée, Hermione se tourna spontanément vers Elise. La blonde s'interposa immédiatement et tourna son attention vers l'amnésique.
- Quel souvenir ? Quel réflexe ?
- Un sort extrêmement puissant, fit Hermione, concentrée sur ce qu'elle ressentait. Qui puise dans l'énergie vitale. Cinq boules de pouvoir pur à relier en pentagramme.
- N'importe quoi, ce sortilège n'existe pas, fit Pansy.
Minerva leva la main, l'intimant de se taire, tandis qu'Harry était tout ouïe, les bras croisés sur son torse.
- Je l'ai inventé, avec Merlin ... je... suis sûre...
- Avec Merlin ? répéta Parkinson avec ironie. Oui, bien sûr. Tu as inventé ce sort pendant que je finissais de m'envoyer en l'air avec Morgane et Viviane. Donc, une camisole taille M pour la damoiselle et je réserve de ce pas une chambre capitonnée à Sainte Mangouste.
Elise, qui ne comprenait pas ce que la sorcière psychiatre racontait, porta son attention sur sa cousine qui fronçait les sourcils.
- Docteur Parkinson, vous n'enfermerez pas Hermione à Sainte Mangouste, prévint Minerva d'un voix qui ne souffrait pas la contestation.
- Ouais, pas avant que j'ai vérifié certaines choses, ajouta Harry en s'approchant. Je peux te prendre un cheveu ? demanda-t-il en gentiment en désignant l'épaule de la veste de son ancienne amie.
- Oui, bien sûr, répondit machinalement Hermione sans quitter du regard Pansy.
Harry prit le cheveu tombé sur le vêtement et sortit de sa poche un petit sac plastique.
- J'en ai pour quelques secondes, dit-il en allant s'asseoir devant le bureau d'Elise.
Il fit plusieurs mouvements de baguette, allant du cheveu au contenu de la pochette et le tout s'illumina d'une couleur verte.
- Ca correspond, fit-il ébahi. Donc nous avons une Hermione Granger morte il y a vingt ans et une bien vivante devant nous, sans souvenir. Merde alors ! C'est quoi ce délire ?
- Un clone ? proposa Elise.
Définitivement, tous les éléments de l'enquête pointaient vers des avancées scientifiques top secrètes.
- La clé réside dans les colliers, poursuivit la commandant moldue. Il faut absolument savoir ce que veulent dire les symboles inscrits dessus.
Puis la voix de Pansy s'éleva depuis nouveau, plus inquiète que moqueuse.
- Granger, tu saignes.
Hermione baissa son regard vers le point que semblait étudier la médicomage et constata que le pan de sa chemise rougissait rapidement. La douleur devint consciente et l'amnésique grimaça en comprimant l'endroit de sa main.
- C'est la blessure d'hier, lâcha Elise.
Pansy était déjà rendue à côté de l'ancienne Gryffondor et soulevait délicatement le vêtement.
- Quelle blessure ?
- Quand on s'est fait attaqué à Londres par des sorcières.
- Et vous avez géré ça avec des pansements ? Bon laissez- moi un peu d'intimité avec ma patiente.
- Intimité ?
Hermione tirait déjà sur sa chemise pour la remettre en place.
- Granger, je suis capable de me foutre de toi 20 heures sur 24 juste pour le plaisir de voir ta petite veine battre à ta tempe. Mais là je suis en mode médecin, tu sais ce que ça veut dire ?
- Elle est médecin aussi, fit Élise, alors ne faites pas n'importe quoi.
- Vous m'en direz tant, répliqua la brune dans un rictus. Alors la consœur, on vire les fringues, et les autres on va faire un tour.
Harry, Fleur et Minerva quittèrent le studio en échangeant à voix basse sur des hypothèses magiques qui expliqueraient la présence de cette Hermione Granger tandis que la commandant Wassermann ne semblait pas vouloir quitter l'amnésique du regard. Pansy roula des yeux et soupira profondément.
- Je vais seulement la soigner, expliqua la médicomage.
- Et je reste là pour m'en assurer, répondit la moldue.
- C'est beau, l'amour, se moqua Parkinson.
- Il n'est pas question d'amour. Nous avons une relation physique très satisfaisante et je la protège.
- Au moins vous avez mis le plaisir en premier. En attendant, soit je la soigne, soit je la laisse se vider de son sang. Cette blessure magique est peut-être maléfique.
Élise regardait la brunette.
- Hermione ?
- Ça devrait aller. Si ça ne va pas, je crierai, fit l'amnésique.
Élise acquiesça et quitta à son tour le studio, laissant les deux anciennes camarades en tête à tête.
- Retire ton haut, Granger, ordonna la médicomage. Donc, tu es dans une relation purement physique avec cette délicieuse femme atteinte du syndrome d'asperger ? Ça ne te ressemble pas, je te pensais fleur bleue.
- Je n'ai aucune idée de ce que j'étais avant mon amnésie.
- Chiante. Et brillante.
- Vous ne m'aimez pas.
- C'est certain. Mais ça ne m'empêchera pas de te soigner. Merlin ce que c'est moche ! s'exclama-t-elle en découvrant la blessure.
Elle fit plusieurs mouvements de baguette et fronça les sourcils.
- Alors... Comment je vais m'en dépatouiller ? Faut que j'assure si je veux que ta copine d'orgasme veuille bien payer la consultation en nature...
- Vous voulez que je vous refasse le portrait une nouvelle fois ?
- Hmm... Tu es amoureuse et elle non. Qui va avoir le cœur brisé dans pas longtemps ? se moqua l'ancienne Serpentard en effleurant de sa baguette la plaie qui arrêta de suinter.
- Vous vous inquiétez pour moi ?
Le ton de l'amnésique était moqueur.
- J'aimerais plutôt que ce soit la commandant Wassermann qui ait le cœur brisé. Je préférais la consoler que toi. Même si je dois avouer que tu es très bien foutue. Tu fais du sport ?
- Je n'en sais rien... je crois que je sais me battre...et vous me faites vraiment mal, grimaça la brunette sur le point de tourner de l'œil .
- Si tu veux t'évanouir, je t'en prie. Mais ce serait dommage car j'ai fini, dit-elle en rangeant sa baguette dans sa manche.
Hermione baissa les yeux sur sa blessure et ne vit plus qu'une petite cicatrice rosée.
- Vous êtes douée, souffla l'ancienne Gryffondor en essuyant la transpiration qui ruisselait sur son visage.
- Si tu veux je t'essuie entre les seins.
- Vous me touchez et je vous coupe la main.
- Avoue que tu aimes que je te désire.
Les yeux noisette se voilèrent et l'amnésique agrippa le poignet de la psy.
- Un bal... dans une école... vous êtes... ma cavalière.
- Impossible. Au seul bal auquel nous avons assisté ensemble, tu étais en compagnie de Viktor Krum. Et jamais je me serais affichée avec toi. Tu es le genre de filles que je baisais dans les placards.
Un fin sourire étira les lèvres de la brunette.
- Je ne crois pas. La position de l'ananas requière plus d'espace.
Parkinson ouvrit des yeux grands comme des soucoupes, resta un instant sans réaction puis claqua des doigts.
- Je crois savoir qui tu es ! fit-elle avec agitation en allant ouvrir la porte du studio. Je suis un génie ! Lança-t-elle à la cantonade. Élise, je sens que vous allez avoir envie de m'embrasser dans les prochaines minutes.
- Non, répondit tranquillement la commandant en rentrant chez elle.
- C'est bien Hermione Granger mais pas notre Hermione Granger. Elle vient d'un univers parallèle ! fit Pansy, certaine d'avoir raison.
Harry se gratta la tête, persuadé que la Serpentard débloquait, mais Fleur et Minerva semblaient intéressées par cette théorie.
- Pouvez-vous élaborer, Docteur Parkinson ? demanda Minerva
La brune arborait le même sourire qu'un enfant devant un sapin le jour de noël.
- Ça va être le fun, Granger, de te faire retrouver tes souvenirs. J'aime déjà chaque minute de nos futures séances.
- Pansy... feula le Survivant.
- Tu as confirmé qu'elle est Hermione Granger. Mais elle est morte ici. Donc c'en est une autre, une vraie qui sait des choses qu'elle ne peut savoir que s'il existe des mondes parallèles et qu'elle en vient, expliqua la Serpentard.
- Un monde dans lequel elle n'a pas été tuée pendant la bataille de Poudlard, poursuivit Minerva.
Une ombre passa dans le regard de la Directrice et Hermione se demanda à quoi pensait l'Ecossaise.
- Vous pensez que vous avez échoué à la protéger ici, alors qu'ailleurs, vous avez peut-être réussi, fit Elise. Ne vous culpabilisez pas. Dans l'autre monde, si cette théorie tient, c'est sûrement quelqu'un d'autre qui a sauvé Hermione.
Harry se mêla à la conversation.
- Pourquoi ? Si elle a un autre destin dans un autre monde, alors nous aussi, non ?
- Ce que je veux dire, c'est que vous avez probablement échoué dans l'autre monde, professeur, explicita Elise. Sinon pourquoi auriez-vous échoué dans ce monde-ci ?
- En attendant, je vais être célèbre, s'exclama Pansy se frottant les mains tandis qu'Hermione finissait de boutonner sa chemise.
- Ce n'est qu'une hypothèse, tempéra Fleur. Mais c'est la plus probable. Je vais voir au département des recherches si des travaux ont été faits sur les univers parallèles et les voyages inter dimensionnels.
- Et je vais contacter les Langues-de-plomb de mon côté, fit Harry. Hermione, je passe te voir demain, si tu en es d'accord.
- Faut demander à Elise, répondit la brunette.
La commandant retint un soupir alors qu'Astor Chaput tentait de la joindre pour la quatrième fois.
- Je dois aller au poste, lâcha-t-elle, passablement agacée.
- Je reste ici avec Granger, lança Pansy, j'ai plein de tests auxquels je pense. On va bien s'amuser !
- Pas maintenant. Vous repasserez plus tard, ordonna Elise.
- Bien, commandant. En échange, je vous propose qu'on dine en tête-à-tête ce soir pour fixer le planning des séances, proposa la médicomage.
- Non. Je vous appellerai.
Sur ces mots, Elise alla récupérer son arme de service et attacha tranquillement son holster.
- Je crois que vous avez assez squatté mon appartement. Tout le monde dehors, merci, ajouta-t-elle.
- Hermione est une sorcière, commença Harry, qui possiblement vient d'un autre monde. Elle doit être sous notre surveillance.
- Hermione est témoin dans un meurtre, dans ma juridiction. Et c'est mon amie. Elle reste avec moi. Si ça vous pose un problème, passez par les voies hiérarchiques. Maintenant, dehors.
- Juste une chose, tenta Pansy. Qu'est-ce qui vous dit que le meurtre a eu lieu dans ce monde ? Hermione a pu fuir avec le corps de la victime et échouer ici.
- Théorie intéressante mais qui ne change rien pour moi, fit Elise en attrapant la veste d'Hermione pour la tendre à cette dernière.
Hermione paraissait soulagée que la commandant ne l'abandonne pas avec des inconnus et se dépêcha de mettre son manteau.
- Merci, murmura-t-elle à l'attention de la blonde.
- Je ne laisserai personne vous faire du mal. Je vous l'ai promis.
Élise distribua des cartes avec ses coordonnées à tous les sorciers en précisant qu'elle pouvait être contactée à tout heure du jour et de la nuit en cas de nouvelles découvertes. Puis elle mit tout le monde à la porte, ferma son appartement à clé et emmena Hermione jusqu'à sa Porsche.
- C'est une journée... surprenante, commenta-t-elle en bouclant sa ceinture.
- Je m'attendais à tout, sauf à me découvrir sorcière, murmura Hermione.
- Je n'étais pas prête à y croire, mais je connais ma cousine. Elle ne ment jamais. Donc tout ceci est vrai.
- Et ça vous perturbe ? demanda la brunette, inquiète pour la policière.
- Je n'ai pas le temps pour ça, dit Élise en démarrant le moteur.
- Pourquoi avoir dit à Pansy que vous n'étiez pas libre ? Je croyais que vous ne vouliez pas d'attachement...
- C'est effectivement le genre de personne avec qui j'ai des rencontres. Mais je n'aime pas avoir plusieurs personnes dans ma vie en même temps. Et là on a du plaisir ensemble, je ne vois pas pourquoi chercher ailleurs.
Le château était endormi. Seuls les professeurs responsables de faire leur tour dans les couloirs déambulaient, comme certains élèves qui eux n'avaient cette autorisation. Un jeu du chat et de la souris s'organisait alors entre enseignants et les plus téméraires des jeunes sorciers. Loin de cette agitation silencieuse, Minerva tournait dans la bibliothèque des Directeurs de Poudlard, cherchant tous les ouvrages qui pourraient l'aider à faire du sens avec l'histoire fantastique d'Hermione Granger.
- Rien sur l'essence immortelle, rien sur les voyages vers des univers parallèles, ces livres ne servent à rien ! pesta-t-elle, frustrée.
- Parce que vous vous attendiez à ce que ce soit facile.
La voix cinglante de Severus claqua dans l'air froid de la pièce sévère.
- Je ne vous ai pas demandé votre avis, grinça McGonagall
- Effectivement, vous ne demandez jamais l'avis de personne et on voit où ça vous mène.
- D'être toujours vivante !
- Mais pour quel résultat, se moqua l'ancien professeur de potion.
- Je vous préviens Severus, si vous continuez à me chercher, vous allez vous retrouver dans vos cachots préférés pour quelques centaines d'années supplémentaires !
- Parce que vous croyez que ça va m'empêchez de vous rendre visite...
La Directrice faisait face au portrait de l'ancien Mangemort comme du temps de leurs affrontements pour défendre les couleurs de leur maison respective.
- Si je peux me permettre Minerva...
Le ton posé de Dumbledore fit tomber l'énervement de l'Écossaise qui se tourna vers le tableau de l'ancien directeur.
- Je vous en prie Albus, vous aurez sans doute quelque chose de plus intéressant à me dire que le grincheux des cachots.
- Dans un concours, vous auriez la palme de l'Écossaise irascible.
- Et vous celle du Galois imp...
- Je vous en prie chers collègues, tempéra Albus.
- Oui, surtout qu'il faudrait revenir aux choses importantes, renchérit Dippet.
- Je voulais dire que le terme d'essence immortelle me disait vaguement quelque chose, reprit Dumbledore. Dans le livre de l'origine de toutes magies, si mes souvenirs sont bons.
- Des bondieuseries... fit Rogue, atterré.
- Sur ce point-là, on est d'accord.
- Malheur, se moqua Rogue.
La Directrice lui lança un regard noir.
- Je ne vais pas perdre de temps à aller lire les élucubrations sans queue ni tête d'illuminés.
- Pourtant, dans chaque texte il y a quelque chose qui provient d'une réalité, quelle qu'elle soit et...
Le vieux sorcier fut interrompu par des coups violents portés contre la porte du bureau directorial. Agacée, Minerva s'excusa aux portraits qui continuèrent à échafauder des hypothèses comme une armée de pipelettes. Elle rejoignit son espace de travail en promettant aux élèves qui s'étaient surement fait prendre le pire des châtiments.
- Argus, pourquoi ce vacarme, lança-t-elle en ouvrant la porte à la volée.
- C'est la professeure Trelawney, elle divague dans les couloirs.
Sur un soupir appuyé, Minerva fit signe au portier de la précéder et lui emboita le pas rapidement.
- Je ne comprends pas ce qu'elle raconte, mais ce qui est sûr, c'est que ça fait fuir les élèves. Peut-être devrait elle faire des tours de garde ? proposa aimablement Rusard.
- Les élèves doivent rester dans leur tour, pas faire des cauchemars, contra la Directrice en apercevant la professeure de divination chercher une âme à qui délivrer sa vision.
- J'espère que vous allez comprendre ce qu'elle raconte, murmura le concierge alors que Sibylle pointait d'un doigt osseux la Directrice du collège.
- La fin sera le commencement ! lança le professeur de divination d'une voix d'outre tombe.
- Vous m'en direz tant, soupira l'animagus.
Le regard quasi hagard qu'arborait la professeure rendait Minerva désagréablement inquiète.
- Sibylle, dites-moi ce que vous avez vu, dans vos feuilles de thé ou de cannabis, je ne sais plus trop.
- Le droit et le non-droit s'affronteront et au dernier sort les mondes connaîtront leur dernière souveraine.
Avant que McGonagall n'ait le temps de dire quoi que ce soit, la voyante poursuivit.
- Vous aurez un choix, descendante de Macleod. Réitérer une erreur passée ou sauver l'âme de ce monde. Par la barbe de Merlin et la sagesse de la Source, faites le bon choix.
La voix de crécelle faiblit et s'éteignit, laissant tout juste le temps à Argus de se précipiter pour éviter la chute du corps sans tonus du professeur.
- Manquerait plus qu'elle se fracasse la tête au sol et ces prédictions seraient complètement incompréhensibles, marmonna l'Écossaise.
Elle agita sa baguette pour faire léviter l'inconsciente.
- Merci Monsieur Rusard de bien vouloir amener notre professeur jusqu'à l'infirmerie.
- Madame la Directrice, fit le portier en se courbant avant d'attraper le foulard de Trelawney pour la tirer derrière lui.
L'Ecossaise retint un soupir et prit le chemin de son bureau, songeuse. Elle était toujours plongée dans ses pensées, lorsqu'elle pénétra dans son bureau. Les portraits se figèrent, attentifs à l'Écossaise.
- Alors ? questionna Dippet d'un ton gourmand, amenant Severus à lever les yeux au ciel.
- Comme d'habitude dans les prédictions, il est question de bataille, de sort du monde, de choix.
- Et que ne dites-vous pas ? susurra Rogue
L'animagus leva son regard vers le portrait de son ancien collègue.
- Le résultat va dépendre de moi.
- On n'est pas en sécurité alors, se moqua le professeur de potions qui n'obtint pas de réponse en retour.
- Minerva ? relança Albus.
- Elle a mentionné La Source. Ca fait plusieurs fois que cette faribole inventée pour faire tenir en place les jeunes sorciers revient dans les conversations. Ca ne peut pas être juste une coïncidence.
Le cliquetis des touches d'un clavier d'ordinateur accompagnait le souffle lourd de la dormeuse. La seule source de lumière bleutée provenant de l'écran d'ordinateur donnait une ambiance quasi fantomatique à la pièce unique. Elise tapait frénétiquement les grandes lignes d'un rapport ne relatant qu'une partie des événements que son chef avait exigé d'elle. Il l'attendait dans ses courriels le lendemain à son arrivée au bureau. Sous peine de mise à pied. Finalement, c'était plutôt un bon prix pour ce qu'il appelait son insubordination chronique. De toute manière, elle n'aurait pas vraiment dormi. Pas après la journée qu'elle avait passée et les révélations qu'elle avait apprises. Quoique, une fois la chose appréhendée, inclure dans ses réflexions des capacités magiques de possibles délinquants n'était après tout qu'une donnée supplémentaire dont il fallait tenir compte. La difficulté n'était pas d'y croire, la preuve lui en avait été faite. Le problème était d'envisager tout ce qui était possible de faire avec la sorcellerie. Elle changea d'application sur une combinaison de touches et inscrivit dans ses notes de prendre un long rendez-vous avec sa cousine pour se faire expliquer l'étendue des possibilités. Revenant sur son rapport, elle relut ses dernières phrases.
"La victime souffre toujours de l'absence de souvenirs, mais semble être réceptive à des stimuli qui permettent de préciser certains aspects de sa vie" ... blablabla ... Elise leva les yeux au-dessus de son écran de portable et laissa son regard décrypter la forme allongée sur son canapé.
Hermione avait été très prévenante. Elle avait engueulé Astor et lui avait décerné devant ses collègues le titre de manager le plus merdique de l'année, puis avait fait le repas quand elles étaient rentrées à l'appartement d'Elise et avait laissé la commandant travailler sans réclamer d'attention, se contentant de lire un bouquin puis de se coucher sur le canapé.
Hermione Granger. Sorcière. Venant d'un monde parallèle. Dépouillée de ses souvenirs et de ses pouvoirs. Morte mais vivante. Une réalité que son chef ne soupçonnerait jamais.
Élise se leva et s'approcha à pas de loup du canapé, venant s'accroupir à côté de la brunette. Toute son attention était portée sur les traités apaisés de la femme. Elle l'avait vue perdue, triste, en colère, souriante. Wassermann dégagea doucement une mèche de cheveu, découvrant le front et la tempe de la jeune femme endormie. Elle se pencha pour poser un baiser sur les lèvres de l'amnésique mais suspendit son geste.
- Je ne peux pas faire ça... Je ne peux pas, je ne veux pas retomber amoureuse, murmura-t-elle en se redressant pour retourner face à son ordinateur.
Elle retourna à ses notes prises et un nom l'attira aussitôt. Pansy Parkinson.
- Elle sera parfaite pour faire passer ce début de maladie, grommela Elise en attrapant son téléphone portable et la carte que lui avait laissée la sorcière.
Sans se préoccuper de savoir si l'heure était convenable pour appeler, l'enquêtrice laissa la sonnerie s'étirer dans la nuit avant qu'une voix ensommeillée ne finisse par marmonner.
- Si c'est pour une urgence, allez aux urgences. Si c'est pas urgent, attendez demain.
- Vous êtes déjà en bonne compagnie ou je peux venir vous rejoindre ? demanda directement la commandant.
Elle murmurait pour ne pas réveiller Hermione et ne souhaitait pas, pour une raison qu'elle ne voulait pas s'avouer, que la brunette l'entende.
Il ne fallut que quelques secondes avant que la voix à l'autre bout du fil devienne éveillée et assurée.
- Élise ? Mon lit vous est toujours ouvert.
- Vous habitez Londres ?
- Tout à fait, répondit l'ancienne Serpentard.
- Envoyez-moi votre adresse, j'y serai d'ici deux heures, chuchota la commandant en mettant ses chaussures.
- Je peux venir vous chercher, ça serait plus rapide.
- Non, je préfère être mobile. Et puis de toutes façons, j'ai à faire à Londres.
Élise raccrocha sans plus de formalité. Elle attrapa une feuille de papier et écrivit quelques mots pour Hermione
"Une piste à vérifier, serai de retour demain milieu de matinée. Ne sortez pas de l'appartement."
Silencieusement, elle quitta son studio et se dépêcha de gagner sa Porsche. Vingt minutes plus tard, elle s'engageait dans le tunnel réservé aux techniciens et roulait à une allure raisonnable. Ses pensées étaient accaparées par la sorcière qu'elle allait rejoindre, et par la sorcière qu'elle avait abandonnée chez elle.
- Merde... Qu'est-ce que je fais ? murmura-t-elle. Je vais la blesser et elle n'a rien fait pour mériter ça.
Sans s'en rendre compte, elle pesait avec moins de force sur la pédale d'accélérateur et le véhicule était loin d'atteindre la vitesse autorisée pour se déplacer dans le boyau de service. Les sourcils froncés, Elise tentait de comprendre ce qui se passait.
- Je n'ai rien promis. J'ai été claire sur le type de relation. Physique, sans engagement sentimental.
La commandant accéléra un peu, toujours perdue dans ses pensées.
- Et elle le sait. La preuve, elle ne s'impose pas, elle reste à distance, sur le canapé.
Elle fronça les sourcils. Ce qu'elle disait n'était pas honnête.
- Non. Elle ne veut pas me brusquer, plutôt. Elle est dans l'attente.
La blonde frappa du plat de sa main sur le volant.
- Mais c'est quoi mon problème ?
Elle attrapa son téléphone et sélectionna le numéro de Karl Roebuck avant de mettre sur haut parleur. Le vieux flic anglais répondit au bout de cinq sonneries.
- Hmmm... Élise... Tu as vu l'heure ?
- J'ai besoin d'un ami. Et je n'en ai qu'un : toi.
- Professionnel ou personnel ? murmura Karl dans un froissement de draps.
- Personnel. Et professionnel. Tu te souviens de ce qui s'est passé avec Erika ?
- Oui, tu étais amoureuse. Et comme tu ne fais rien dans la demi-mesure, car tu es toi, tu as fait des petites erreurs dans ton enquête. Et donc, tu es retombée amoureuse d'un suspect ?
- Non... De la victime. Hermione Granger. Enfin, je crois que je suis amoureuse.
- Tu es où ?
- En route pour Londres pour coucher avec une autre femme. Je serai à Douvres dans 10 minutes.
- Tu as besoin qu'on se voit ou on en parle juste au téléphone ?
La voix était étouffée, Karl quittant la chaleur douillette de son lit en essayant de ne réveiller personne par sa conversation tardive.
- Par téléphone, ça ira. Je ne sais pas si ce que je fais est une bonne idée.
- Elise, si tu as un doute, c'est que ce n'est vraiment pas une bonne idée. A Douvres, fais demi-tour et rentre à Calais. Elle est comment, ta victime ? Niveau caractère, j'entends.
La commandant tourna la question dans son esprit.
- Attentionnée. Perdue. Je crois que je compte pour elle.
- Est-ce qu'elle compte pour toi ? demanda Karl.
- Je n'en sais rien. Oui. Peut être. Je ne veux pas lui faire de mal.
- Donc c'est oui. Alors retourne chez toi, Élise. C'est bien d'être amoureux. Est-ce que c'est quelqu'un de bien, cette Hermione ?
- J'en sais rien, elle se souvient de rien. Si ça se trouve, c'est une tueuse psychopathe.
- C'est ton impression ?
La réponse prit du temps à venir.
- J'ai peur de ce que ça veut dire.
- Je ne comprends pas, Élise. De quoi as-tu peur ? D'elle ou d'être amoureuse d'elle.
- Attends deux secondes.
Sortant du tunnel, Élise se gara sur un petit parking. Devait-elle poursuivre sa route pour Londres ou au contraire faire chemin inverse ?
- De moi. J'ai peur de pas savoir. J'ai peur de ce que ça veut dire, d'être responsable de quelqu'un. Je ne veux pas être responsable de quelqu'un, ça fait trop mal quand on le perd.
- Cette femme n'est pas ta sœur jumelle décédée. As-tu discuté de ce que tu ressens avec elle. Et sais-tu ce que cette Hermione désire, ressent ?
- Non. Tu sais qu'il n'y a qu'à toi que je parle de ces choses-là. Parce que tu as été marié trois fois. Qu'à chaque fois tu as divorcé mais que tu n'abandonnes pas. Chose que je ne comprends pas.
- Parce que ça vaut le coup. Fais demi-tour et va parler avec elle. Et si elle ne ressent pas la même chose, tu pourras toujours refixer une nuit torride avec l'autre femme.
- Ou je peux avoir une nuit torride et parler après ?
- Si tu passes une nuit torride à Londres et que la femme de Calais est amoureuse de toi, je doute que la conversation soit agréable à ton retour. Élise, écoute-moi. J'ai fait les mêmes conneries et à chaque fois, j'ai perdu la personne que j'aimais. Rentre chez toi.
- Merci Karl. Bonne nuit.
Elle raccrocha rapidement avant de démarrer la voiture et de quitter le parking. Elle marqua l'arrêt aux croisements des différents embranchements qui permettaient le déplacement des équipes de maintenance de tout type. C'était sa dernière chance de faire le bon choix.
Elle inspira profondément, mit son clignotant, et roula jusqu'à sa destination.
La suite avant la fin de l'année ! LOOOOL
D'ici là, passez un joyeux Noel !
Plein de gros bisous,
Link9 et Sygui
