Je ne possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à « L'histoire d'un roi » et « L'histoire d'un prince », voici une série de plusieurs moments s'attachant aux combats menés par les Elfes d'Imladris et de Vertbois alors que le danger se fait de plus en plus présent. Après avoir consacré ces deux premières tomes à Thranduil et Legolas, j'avais envie de parler un peu plus de la famille d'Elrond, ce sera chose faite dés le 1er chapitre de cette fic.


Nous partons de nouveau pour Rivendell pour les deux chapitres suivants


Une certaine agitation semble régner à Imladris.

En espérant que cela vous plaise.

Bonne lecture

PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.


L'HISTOIRE DE DEUX ROYAUMES

Chapitre 34 : La bataille des Monts Venteux

Dans l'agitation qui régnait au pied de la cité d'Imladris, personne ne pensait à se soucier du garçonnet de 5 ans qui venait encore d'échapper à la garde de son précepteur. Le petit Estel avait été réveillé par l'agitation, les cris et il voulait comprendre ce qui se passait, car c'était tout bonnement très inhabituel. Dans la cité cachée il entendait plus les rires, les chants et la musique.

Le tumulte qui régnait l'aida à se dissimuler parmi la foule. Il vit son père adoptif dévaler les marches à grandes enjambées et se mettre à courir… Encore quelque chose qui ne lui ressemblait pas. Il le regarda courir et se jeter à genoux sur le sol. A genoux devant une personne étendue par terre.

Epuisé, par le chemin du retour et par toute l'énergie qu'il avait mise pour essayer de maintenir son frère en vie, les jambes d'Elrohir avaient cédé dés qu'il avait mit un pied dans sa cité. Il tremblait, il se sentait épuisé et terrorisé, mais Elladan respirait toujours, c'était une victoire.

Elrond se jeta à genoux devant son fils, glissant ses mains sous le corps d'Elladan pour le prendre dans ses bras.

- J'ai fais ce que j'ai pu. Le choc a été si violent. J'ai cru que je ne le ramènerai pas en vie. Il est inconscient depuis presque deux jours. Il faut le sauver ada, je ne peux pas vivre sans lui, murmura le jeune elfe brun en larmes.

Le seigneur d'Imladris ne répondit rien, mais il fut profondément touché par la douleur de son fils… une douleur qui faisait écho à l'une des pires qu'il avait vécus dans sa vie. Elrond manipula avec prudence la tête de son fils. Elrohir s'était occupé de lui comme il le pouvait et un pansement entourait son crâne, mais il avait besoin de soins rapidement.

- Je prends le relais fils. Je te promets que tout ira bien, va te reposer, nous discuterons après.

Elrohir hocha la tête et Elrond se redressa en emportant son fils blessé. Elrohir aurait bien voulu se redresser, mais ses jambes ne lui obéirent pas tout de suite. Il frémit, baissa la tête et resta à genoux sur le sol, tremblant doucement quand une petite voix murmura.

- Hanar [1]?

Le fils d'Elrond redressa prestement la tête pour tomber sur le regard triste du petit garçon qui le regardait.

- Estel ?

Il tendit les bras à son petit frère adoptif et ce dernier vint se loger dans ses bras en pleurnichant.

- Il va mourir Elladan ?

En l'entendant lui poser une telle question, Elrohir le serra doucement dans ses bras.

- Non… Il est avec ada, tout ira bien. Mais tu ne devrais pas être au lit ?

- J'ai échappé à Lindir.

Comme si le fait de prononcer son nom avait eu le pouvoir de le faire apparaître, l'intendant surgit du palais et courut pour les rejoindre. Elrohir se redressa en portant le petit garçon tandis que Lindir fronçait les sourcils.

- Estel ! Je t'ai déjà dit de ne pas partir comme ça sans me prévenir.

Il tendit les mains pour le récupérer, mais Elrohir secoua négativement la tête.

- Ce n'est rien. Je vais le coucher.

- Vous allez d'avoir besoin de vous reposer, dit Lindir, inquiet pour le jeune elfe.

- Justement, je vais m'occuper de lui…

OoooO

Elrond passa la main sur la joue de son fils. Il s'était occupé de sa blessure à la tête, lui avait refait un pansement propre et avait invoqué toute sa magie et sa science pour lui permettre d'aller mieux. Le résultat était encourageant. Ses joues avaient repris un peu de couleur et il semblait moins souffrir. C'était appréciable… Alors il se pencha, lui déposa doucement un baiser sur la joue et se redressa en lui caressant doucement l'arrière de la tête.

- Repose-toi ion nín[2], tout va bien.

Elrond caressait toujours avec tendresse la joue de son enfant blessé lorsque la porte s'ouvrit et qu'Arwen se glissa à l'intérieur. A ses yeux rougis, il comprit qu'elle avait pleuré et tendit une main dans sa direction.

La jeune elfe traversa la salle et vint s'asseoir à côté de son père sur le bord du lit. Sa main prit celle de son frère et elle se blottit dans les bras d'Elrond, demandant d'une voix tremblante

- Comment va-t-il ?

- Il est faible, mais ça devrait aller.

- Mais que s'est-il passé ada ?

- Je ne sais pas. Il faudrait que je demande à Elrohir.

- Vous savez où il est ?

- Je l'ai envoyé se reposer, il s'est occupé de son frère pendant plusieurs jours pour nous le ramener en vie, la tension nerveuse…

- Je vais rester auprès de lui si vous voulez, répondit Arwen en se penchant en avant pour prendre les mains de son frère dans les siennes.

Elle finit même de se pencher et lui déposa un baiser sur la joue avant de se redresser.

- Entendu, accepta Elrond. Reste prêt de lui. Je reviens.

...

D'un pas un peu trop pressé, Elrond poussa la porte des appartements de Gilraen. Il avait été surpris de ne pas trouver Elrohir dans sa chambre et en croisant Lindir, il avait aussi comprit que le petit Estel avait assisté à quelque chose qu'il n'aurait pas dû voir à son âge. Le petit garçon aimait les deux jumeaux, qui jouaient beaucoup avec lui, comme des frères. Il aurait voulu lui épargner si jeune la vision d'Elladan couvert de sang et aussi pâle qu'un mort. Seulement voilà, le petit chenapan s'était encore échappé. Elrohir avait décidé de le ramener se coucher, mais il n'était pas revenu. C'était pour cela qu'il se hâtait, mais lorsqu'il poussa la porte, un sourire doux chassa son inquiétude.

Elrohir était effectivement là, effondré dans le lit du petit garçon terrassé violemment par sa fatigue alors qu'il tentait de le mettre au lit et Estel… Eh bien, le garçonnet était en train de remonter sa couverture sur les épaules de son grand frère de cœur. En voyant arriver Elrond, il prit et air sévère avant de poser son doigt sur sa bouche et de dire sur un ton un peu solennel.

- Chut ! Il ne faut pas le réveiller, il a combattu pour protéger Elladan. Il doit se reposer.

Elrond se rapprocha en lui faisant comprendre qu'il avait raison. Il tendit les bras pour prendre le petit garçon sur ses genoux et l'assit sur sa cuisse.

- Tu as raison, il ne faut pas le réveiller. Ces derniers jours ont été éprouvants.

- Vous avez guéri Elladan ? Lui demanda-t-il sur un ton sérieux.

- Non, pas totalement, mais il ira bien ne t'en fais pas.

- C'est une promesse ?

- Oui, c'est une promesse.

- Je peux dormir avec Elrohir ?

- Oui, bien sûr.

Estel descendit des genoux d'Elrond et gagna le lit. Il se glissa sous la couverture et se pelotonna doucement contre la poitrine d'Elrohir avant de fermer les yeux. Le seigneur d'Imladris le regarda s'endormir avec un réel attendrissement. Il n'était pas le premier descendants d'Isildur à être ainsi élevé à Imladris, mais il était bien le seul à avoir créé cette intimité avec ses fils. Peut-être parce que ces derniers se reprochaient encore la mort de son père, mais sans doute pas seulement… Il était spécial cet enfant, un vrai membre de leur famille, un fils adoptif.

Elrond veilla un peu leur sommeil, puis se leva du lit et sortit de la pièce. Ses explications attendraient que son enfant ait prit un peu de repos.

OoooO

D'un geste maladroit, Lindir enleva sa tunique pour se retrouver torse nu. Le miroir en face de lui, lui renvoya son image, le faisant grimacer à la vision de la cicatrice disgracieuse qui enveloppait son épaule gauche et une partie du haut de sa poitrine. Il l'observa en silence quelques secondes et se laissa tomber assis sur son lit. Il y avait des périodes où la douleur revenait sans qu'il ne comprenne pourquoi malgré l'ancienneté de la blessure… des jours comme aujourd'hui… des jours qui lui faisaient perdre sa vigilance.

Doucement, il posa sa main gauche, paume ouverte vers le haut sur sa cuisse et observa ses doigts se mettre à trembler pendant que sa main refusait de lui obéir et de se refermer totalement. Une certaine douleur remonta le long de son bras et le sentiment d'être un poids inutile revint le terrasser, faisant glisser une larme sur sa joue.

Il était si concentré sur sa main qu'il n'entendit pas quelqu'un pousser la porte de sa chambre et qu'il sursauta lorsqu'une main prit la sienne. Il redressa la tête, s'exclamant avec surprise.

- Aran nín ?

Elrond lui sourit et referma les doigts de sa main pour lui tout en murmurant d'une voix attristée.

- Elle ne va pas bien cette épaule ces derniers temps ?

- C'est de ma faute, murmura Lindir en baissant la tête. J'ai voulu aider à décharger, mais j'ai mal pris la caisse. Mon épaule a vrillé et… j'ai du mal à contrôler ma main depuis.

Elrond hocha la tête, posa la main sur son épaule.

- Tu as mal ?

Lindir lui répondit par un glapissement de douleur bien plus significatif que des mots avant de baisser la tête.

- Je suis désolé. C'est pour ça que je ne suis pas assez attentif avec le petit en ce moment.

- La douleur ? Demanda Elrond en plaquant doucement sa main sur le haut de sa poitrine.

- J'ai toujours plus ou moins mal, mais pas à ce point.

- Pourquoi tu ne m'as rien dit ?

- Je ne veux pas vous déranger.

- Tu sais, je n'ai pas oublié que c'était ma faute. Quand ça ne va pas, viens me le dire. Tu sais ce que nous allons faire ? Tu vas t'allonger et je vais m'occuper de ce bras et puis tu vas dormir un peu. Ne t'en fais pour Estel, il est avec Elrohir. Ça lui fait du bien… Allonge-toi !

Lindir hocha doucement la tête et se laissa tomber allongé sur son lit. Elrond passa une main sur son visage et lui fit fermer les yeux pour qu'il se détende, puis sa main se posa sur son épaule mutilée.

- Je serais toujours là, Lindir.

OoooO

En sortant de la chambre de Lindir, Elrond vit arriver Glorfindel vers lui à grande enjambée.

- Quelque chose ne va pas ? Demanda le Seigneur d'Imladris qui en venait à craindre le pire à tout moment en cette journée maudite.

- Des hommes campent à la sortie du passage Ouest, ils disent qu'ils attendent Elrohir, qu'il leur a promis notre aide.

- Notre aide ?

- Que vous a-t-il dit ?

- Rien pour le moment. Il s'est effondré de fatigue. Je n'ai pas eu le cœur à le réveiller. Il lui a fallu plusieurs pour rentrer… Il a tenu son frère en train d'agoniser dans ses bras, il a besoin de repos.

- Oui, ça je le comprends… Que fait-on ?

- Je vais aller à leur rencontre. Dit à Erestor de s'occuper du palais et accompagne-moi.

- Je prends des hommes ?

- Oui. Nous ne savons pas ce qu'il nous attend.

OoooO

Elrond et Glorfindel avaient revêtus leurs armures pour se rendre au devant du groupe d'humains qui attendait. Il s'agissait d'une trentaine d'hommes dans la force de l'âge, de plus jeunes voire d'adolescents. L'un d'entre eux assez hirsute et à la mine peu réjouie fit un pas en avant.

- Je me nomme Ardogal, je suis le chef de ce clan. Où est l'elfe qui nous a promis votre aide.

- Je suis Elrond, seigneur d'Imladris, ces elfes que vous raccompagnez sont mes fils. L'un est blessé, l'autre épuisé, dans les deux cas, ils ont besoin de repos. Ils ne viendront pas.

- Il nous a menti ! Nous ne les avons pas livrés aux orcs et c'est comme ça qu'il tient sa promesse !

En entendant ses propos, Glorfindel frémit et tira son épée. L'ancien capitaine de Gondolin avait suffisamment d'expérience pour comprendre ce que cela voulait dire et une certaine colère était en train de bouillir en lui.

- C'est vous qui vous êtes à l'origine de la blessure d'Elladan et des marques de liens sur leurs poignets.

Ardogal parut tout aussi surprit qu'Elrond, mais le fils du chef de clan se glissa devant son père, levant les mains pour montrer qu'il était désarmé.

- Je vous en prie, mon père a mal agi, mais c'est la peur qui l'a guidé. Les orcs ont enlevé nos femmes et nos enfants, ils nous ont demandé de leur livrer tous les elfes qui passaient sur nos terres, vos fils étaient deux.

- Vous vouliez les échanger ! S'exclama Glorfindel de fort méchante humeur.

- Ils tiennent vos familles ? Demanda Elrond en tentant d'apaiser son capitaine.

- Non, tenta de le dissuader Glorfindel. Ce n'est pas une bonne idée. Leur loyauté est changeante.

- Ils ont peur, cela se voit et se comprend, mellon nín[3], je peux les comprendre.

- Voulez-vous donc que nous aidions l'homme qui a failli ôter la vie de votre fils.

- Cela lui apprendre au moins, que nous ne jugeons pas un homme sur son apparence ou ses actes.

- Et s'ils nous attendent ? Si c'est encore un piège ?

- Seul le combat nous le dira.

OoooO

Douleur, peur, détresse… mort ! Elrohir se réveilla en sursaut, haletant, la poitrine compressait par un poids.

- Elladan !

Son frère était blessé, gravement blessé… Il agonisait ! Il devait le retrouver et… Elrohir s'immobilisa directement en comprenant que le poids sur sa poitrine était un petit garçon qui se réveilla avec une mine boudeuse.

- Tu es malade hanar ?

- Estel ? Comment tu…

- Tu m'as raccompagné au lit, lui répondit le garçonnet avec une logique implacable.

- Oui, c'est vrai, s'apaisa doucement Elrohir en passant sa main dans les cheveux de son petit frère adoptif. Mais il faut que je trouve Elladan.

- Ada dis qu'il va bien, le rassura le petit.

- Merci. Rendors-toi, dit-il en le bordant dans son lit.

Le petit garçon hocha la tête et l'écouta. Elrohir lui déposa un baiser sur le front et sortit de sa chambre.

...

A grandes enjambées, il gagna les Chambres de Guérison et pénétra dans celle qui lui indiqua l'un des Guérisseurs. Lorsqu'il entra, Arwen leva la tête du livre qu'elle lisait tout en tenant la main d'Elladan. Elle sursauta, posa son ouvrage et se leva pour courir vers lui.

En tremblant, elle lui tomba dans les bras, pendant que des larmes roulaient sur sa joue.

- Oh par les Valars… Tu vas bien ?

- Oui, moi je vais bien. Et lui ?

- Il est si faible. J'ai parfois l'impression de sentir à peine son souffle.

- Je croyais que père disait que ça irait ?

- Oui, il me l'a dit aussi.

- Le coup a été si violent, j'ai cru qu'il était mort.

- Mais que s'est-il passé ? Demanda Arwen en consentant enfin à se détacher des bras de son frère.

- C'est long à expliquer, répondit son aîné en la délaissant pour se rapprocher du lit de son jumeau.

Avec précaution, il se laissa tomber sur le bord de son lit et le détailla. Elladan paraissait faible, mais il avait reprit des couleurs et cela le rassura un peu. Il sourit, se pencha en avant et déposa un baiser sur son front. Puis, il lui prit doucement la main, et finit de basculer, s'allongeant contre son frère pour sentir son souffle et entendre son cœur battre.

Arwen le laissa faire sans rien dire. Elle savait combien le lien qui unissait ses frères aîné était spécial. Mieux, elle se rapprocha doucement, prit une couverture et la posa sur ses épaules avant de se baisser à son tour. Elle déposa un baiser sur la joue de l'un puis de l'autre et murmura doucement.

- Reposez-vous, je veille sur vous.

OoooO

Glorfindel et Elrond, chevauchait à la tête du groupe. Pour plus de sécurité, les hommes d'Ardogal chevauchaient sur leur droite et les elfes les gardaient à l'œil, soucieux de ne pas tomber dans un piège.

A partir du moment où ils avaient décidé de venir en aide au groupe de nomades, ils avaient reprit la route, traversant les terres des anciens royaumes de Rudhaur et de Cardolan.

En redressant la tête Glorfindel repéra le pont qu'ils cherchaient à atteindre, le dernier pont qui enjambait le Mitheithel, autrefois frontière entre les deux royaumes. Un groupe les attendait. Un groupe à la tête duquel se tenait une femme. Elrond sourit et fit traverser le pont à son cheval pour rejoindre les guerriers Dùnedains. Gilraen sourit à Elrond et rapprocha sa monture de la sienne.

- Je ne pensais pas vous retrouver dans ces conditions aran nín.

- Moi non plus.

- Estel va bien ?

- Oui, il s'épanouit… un peu au détriment de Lindir ces derniers temps.

- Il est pourtant si gentil… Et vos fils ?

- Tout ira bien pour eux aussi.

- J'en suis heureuse. Vous recherchez donc un groupe d'orcs.

- Oui et ils ont des prisonniers qu'ils veulent garder en vie pour le moment.

- Je vois… Amon Sûl…

Elrond frémit au nom de l'ancienne forteresse. Un frémissement qui fit remonter n lui des moments auxquels il n'avait pas pensé depuis des siècles… Il revoyait sa splendeur d'antan et Elendil, là-haut attendant Gil Galad et son héraut au jour de la Dernière Alliance des Elfes et des Hommes… Il revoyait sa destruction, des années plus tard, par les armées du Roi-Sorcier d'Angmar… Amon Sûl… Un nom qui surgissait du passé et que Glorfindel, répéta en écho dans son dos.

- Amon Sûl ?

- Il existe encore des cachots et les orcs y rôdent… S'ils ont des prisonniers, ils sont là-bas.

- Et ils nous verront venir, conclut Elrond.

- S'ils comprennent ils tueront tout le monde ! S'exclama Ardogal.

- Ça dépend, répondit Glorfindel en écho.

- Comment cela ? S'exclama le Chef de Clan.

- Vous allez leur donner ce qu'ils veulent.

OoooO

Elrond, Glorfindel et la dizaine de soldats qui les accompagnaient, avaient les mains attachées dans le dos et étaient liés entre eux par une chaîne qui faisait le lien entre leurs entraves. Dans un silence lourd, ils progressaient, encadrés par les hommes d'Ardogal, parmi lesquels s'étaient glissé des Rôdeurs.

De loin, les orcs croiraient que leur chantage avait réussi et qu'Ardogal leur amenait des prisonniers. D'ailleurs, ce fut précisément ce qui était en train de se passer.

Les orcs sortirent des ruines de la tour de garde et avancèrent avec un regard satisfait. L'un des orcs les plus balafrés se détacha du lot en boitant. Il se rapprocha des hommes et sourit.

- Bien ! Bien ! Je vois que tu as tenu ta promesse et ce n'est pas n'importe qui, ajouta-t-il en attrapant Glorfindel par le menton.

L'elfe bond le foudroya du regard et l'orc ricana.

- Je te ferais perdre ce mépris, tu me ramperas dans la main, elfe.

- Nos familles ! S'exclama Ardogal.

- Vos familles ?

- Oui, vous nous aviez promis ! J'ordonne de les voir.

- Tu ordonnes ? Tu ordonnes ! Je me moque de tes ordres ! Je peux très bien tous vous tuer !

- Mais moi je peux vous en donner d'autres, je connais même l'un des passages pour la Vallée Cachée.

- Père ! S'exclama son fils surpris et déçu.

- Ah oui ! Vraiment ! Après tout ce temps…

- Oui, je te l'indiquerai si tu tiens ta promesse.

L'orc réfléchit puis soupira.

- D'accord. Amenez les prisonniers !

Tout le monde retint son souffle, c'était là de tout allait se jouer. Les orcs ne semblaient pas comprendre que tout n'était pas aussi simple, ce qui était déjà une bonne chose. Quand les proches du clan furent extraits des anciennes geôles, un soulagement s'abattit sur les épaules d'Ardogal. Au moins, il n'avait pas fait tout ça pour rien.

L'orc défiguré fit signe à ses acolytes de faire approcher les humains et se retourna vers leur chef.

- Alors ? Où se trouve l'accès à la Vallée Perdue ?

Ardogal ouvrit la bouche, prêt à parler, mais ce fut Glorfindel qui cria le premier.

- Maintenant !

Ensembles, les elfes tirèrent sur leurs entraves qui se détachèrent pendant que certains des Rôdeurs cachés dans le chariot bondirent pour passer eux aussi à l'attaque. Les orcs, comme les proches du clan se mirent à hurler, mais il était trop tard pour que les créatures tentent de tuer leurs prisonniers. Une partie des elfes, menés par Glorfindel, foncèrent sur les enfants et les femmes pour les protéger. Pendant que l'autre, restant auprès d'Elrond se tournèrent vers les Orcs qui étaient à leurs côtés. Leur chef balafré n'eut même pas le temps de comprendre ce qui se passait, car Elrond dégaina son épée et la fit tournoyer avant de lui planter sous le menton. La lame lui transperça le crâne et l'orc s'écroula sur le sol.

Le seigneur d'Imladris pivota sur la droite et se jeta sur un autre orc. De l'autre côté, Glorfindel fit reculer un groupe d'assaillants et s'interposa avec les siens entre les prisonniers et leurs bourreaux. Les orcs reculèrent et se retrouvèrent acculer contre les ruines. Les elfes les massacrèrent sans pitié.

D'ailleurs, le reste du combat fut assez rapide. Complètement désordonnés, les orcs ne résistèrent pas longtemps à la puissance des Elfes et à l'habilité des Dùnedains. Rapidement, ils cédèrent du terrain avant de ployer sous leur nombre. Le dernier orc fut violemment égorgé par Elrond qui le regarda s'écouler à ses pieds avant de balayer les restes d'Amon Sûl du regard. Tout paraissait calme maintenant… Les Orcs n'étaient plus.

Les hurlements des bêtes furent subitement remplacer par des cris de joie tandis qu'Ardogal et les siens se retrouvaient. Elrond et Glorfindel se lancèrent un regard. Les hommes avaient mal agis, ils avaient fait des erreurs, mais est-ce que ce n'était pas compréhensible ? Après tout que seraient-ils capable de faire eux, pour sauver les siens ?

OoooO

Sa tête martelait encore et il se sentait légèrement perdu, mais il savait qu'il devait ouvrir les yeux. Alors Elladan se concentra pour tenter de faire un effort. Ce n'était pas facile, il avait peur d'avoir mal, mais il fallait qu'il se reprenne. Il devait ouvrir les yeux. Il devait savoir où il se trouvait… Il se souvenait de la rudesse du chariot, du mouvement des chevaux, mais là… C'était différent, un matelas, des odeurs qu'il connaissait… Est-ce qu'il était chez lui ?

Il fallait vraiment qu'il fasse des efforts. Il devait savoir. Alors, il gémit et força ses yeux à s'ouvrir. Assez rapidement et à sa grande surprise, sa vision se fit assez nette et il reconnut le plafond. Elladan émit une autre plainte et tentant de se redresser, avant de se rendre compte qu'il ne pouvait pas vraiment bouger, parce qu'il n'était pas seul dans son lit. A droite se trouvait Elrohir, blottit contre lui et à gauche c'était Arwen qui avait posé sa tête sur son épaule.

Le fils d'Elrond sourit. Il se sentait encore mal, faible, mais paradoxalement, il se sentait serein. Son frère et sa sœur étaient là, prêt de lui, et ils veillaient sur lui… Tout irait bien…

Alors, il ferma les yeux, les entrouvrant à nouveau quand une main effleura sa joue.

- Elr' ?

Son frère l'avait senti bouger et s'était réveillé lui aussi, heureux de le voir enfin conscient.

- Ne me refait plus jamais ce genre de peur Ell'd.

- Je te le promets, murmura Elladan en réponse.

- Et moi je te promets de toujours écouter tes pressentiments…

Elladan sourit et laissa ses yeux se refermer. Il se sentait encore tellement fatigué. La main de son frère caressa doucement sa joue, le temps qu'il se rendorme, heureux de savoir qu'il était enfin hors de danger.


[1] Frère ?

[2] Mon fils.

[3] Mon ami.