Hey hey !
Désolée pour le décalage dans la publication, mais les week-end de fin d'année sont chargés ! En tout cas, voici le dernier chapitre de 2019 !
Bonne lecture !
Chapitre 33 : Le traitement du Docteur Parkinson
Hermione se tourna dans le canapé avant d'ouvrir un œil. Le studio était plongé dans le noir et le réveil posé près du lit indiquait 4 heures du matin. Pas un bruit se faisait entendre et la brunette sentit une profonde angoisse s'emparer d'elle. Elle rajusta la couette sur elle et respira calmement pour chasser la panique irrationnelle qu'elle ressentait.
- Tout va bien ? demanda Élise.
Hermione se redressa et avisa la silhouette de la blonde allongée sur le grand lit.
- Ouais... Juste une angoisse nocturne. Ça va passer, bailla l'amnésique. Vous ne dormez pas ?
- Je réfléchis. Et ça m'empêche de me reposer.
- Vous voulez discuter ? Quelquefois, dire les choses à voix haute rend la réflexion plus facile... on se rend alors compte de ce que l'on pense vraiment.
- Pourquoi êtes-vous toujours aussi compréhensive ?
- Euh... Ça vous gêne ? s'enquit la brunette, se demandant sur quel pied danser.
- Vous êtes comme ça avec tout le monde ou juste avec moi ? renchérit Élise.
- Aucune idée. Je vous ai contrariée ?
- Vous me posez un problème.
Hermione reçut la phrase comme un coup de poignard dans le coeur. Elle avait subitement froid et tremblait de tous ses membres alors qu'elle repoussait la couette. Dans l'obscurité de l'appartement, elle chercha silencieusement ses vêtements, tentant de retenir les larmes qui menaçaient de s'écouler. Ce qu'elle craignait venait d'arriver : elle était un problème pour la commandant.
- Que faites-vous ? interrogea Elise en s'asseyant sur son lit.
La Française alluma la lumière et vit la brunette passer un pantalon.
- Je ne veux pas être un problème, je vais vous laisser, dit doucement l'amnésique, la voix rauque d'émotion. Je suis désolée.
- Attendez. Si vous partez, le problème ne sera pas réglé.
Hermione continua à s'habiller, le coeur lourd.
- Je ne comprends pas ce que vous dites, je ne sais pas ce que je vous ai fait, mais je comprends que j'ai assez abusé de votre hospitalité.
La Française la regardait et se sentait bizarre à l'idée de ne plus cohabiter avec la brunette.
- Vous voulez bien arrêter ce que vous faites ?
L'amnésique suspendit le boutonnage de sa chemise, se demandant quelle mouche piquait la commandant.
- J'ai l'impression que vous ne savez pas ce que vous voulez, fit Hermione en fronçant les sourcils. Vous pouvez vous décider, s'il vous plait ? Parce qu'il est un peu plus que 4 heures du matin, et que je voudrais soit partir, soit dormir.
- Je ne vous ai pas demandé de partir et c'est vous qui avez proposé de discuter. Mais je peux continuer à réfléchir toute seule.
- Vous avez dit que j'étais un problème ! s'offusqua Hermione.
- Non, j'ai dit que vous me posiez un problème.
- C'est à peu près la même chose. Et d'après vous, comment je dois le prendre ? Et c'est quoi, ce problème que je vous pose ?
Elise se rallongea et croisa ses mains sous sa tête.
- Venez ici, comme ça je peux rester couchée.
Hermione maugréa et ôta son pantalon tout en conservant sa chemise, puis elle se glissa sous les draps tout en faisant attention de rester loin de l'enquêtrice.
- On a bien convenu que c'était strictement physique entre nous, n'est-ce pas ?
- Oui, répondit la brunette, se demandant où voulait en venir la blonde.
- J'ai appelé votre ancienne camarade ce soir. La sorcière psy.
Hermione allait demander quand, mais elle ne posa pas la question, venant de comprendre ce que la blonde avait en tête.
- Vous voulez coucher avec elle, lâcha l'amnésique d'une voix blanche. Je... je comprends, mentit-elle en se forçant à sourire et à prendre un ton dégagé. Et donc, vous la voyez quand ? Prévenez-moi que je vous laisse l'intimité nécessaire.
Elise balaya la proposition de la main avant de se tourner pour regarder la brunette dans les yeux.
- Ca vous embête.
- Ce que je ressens importe peu, fit Hermione, un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu. Et donc, suite à ça, que voulez-vous me dire ? Vous voulez coucher avec Parkinson, grand bien vous fasse ! Vous n'avez pas besoin de mon accord, vous êtes majeure et vaccinée.
- Effectivement.
Elise voyait surtout de la colère dans les yeux noisette et elle essayait de comprendre comment ce qu'elle disait pouvait générer une réaction aussi vive. Et par-dessus tout, cette colère l'affectait.
- Je l'ai appelée pendant que vous dormiez, j'ai écris une note que j'ai laissée sur le comptoir et je suis partie pour Londres.
Hermione ne comprenait plus très bien.
- Mais vous êtes là... elle est venue vous chercher par un quelconque moyen magique pour que vous ayez eu le temps de vous envoyer en l'air et de revenir... Je n'ai décidément rien à faire dans ce lit.
Wassermann arrêta le geste brusque de l'amnésique qui se dégageait des draps et la retint.
- Non, j'ai pris ma Porsche et j'ai conduit. Mais plus je m'approchais et plus je me sentais inconfortable avec l'idée.
Hermione ne comprenait pas ce que la blonde voulait, ou ne voulait pas.
- J'ai fait demi tour et je suis rentrée me coucher. J'ai posé un lapin à la sorcière qui n'était pas très heureuse de cette situation, poursuivit Elise en repensant aux deux SMS que Pansy lui avait envoyés quand la commandant lui avait annoncé qu'elle ne viendrait finalement pas.
- Pourquoi ? Pourquoi avoir fait demi-tour si vous en aviez envie ?
- Parce que je pensais à vous. D'où le fait que vous me posez un problème. Je ne suis pas certaine de vouloir me contenter d'une relation purement physique. Je crois que je tombe amoureuse de vous.
- Vous ... Oh...
Hermione tombait des nues.
- Et c'est mal ?
Elise regardait toujours intensément la brunette.
- Je ne sais pas. Ca m'est arrivé une fois. Ca s'est fini rapidement, brusquement et ça s'est avéré être au final une très mauvaise idée qui a eu pour conséquence ma rétrogradation.
- Ah... J'aimerais dire que je comprends, mais je ne sais pas si j'ai eu des histoires malheureuses. Enfin, si, avec Lexa puisqu'elle est morte, mais je ne me souviens pas de notre relation. Donc pour le moment, je suis seulement triste qu'une jeune femme qui avait la vie devant elle soit décédée.
- Vous ressentez quelque chose pour moi ? demanda abruptement la blonde.
- Je crois... ça m'a fait vraiment mal quand vous avez dit que j'étais un... que je vous posais un problème, se reprit la brunette. Donc je peux en déduire que oui.
- Vous étiez en colère.
- J'étais en colère et blessée.
- Et ça m'a fait du mal de vous voir comme ça, à cause de moi. Je crois que ça veut dire que j'ai des sentiments pour vous. Donc c'est pas que physique.
- OK. Résumons : vous avez des sentiments pour moi et j'en ai pour vous. Ca vous terrifie et je suis mortifiée de vous causer de l'embarras. Maintenant, on fait quoi ?
- Vous pouvez dormir dans le lit avec moi si vous voulez.
Elise se réinstalla sur le dos, les mains derrières la nuque. Hermione finit de se déshabiller et se rallongea à une distance raisonnable de la blonde. Elle n'était pas certaine que, malgré la naissance de sentiments, la commandant apprécie les câlins. Les secondes s'égrenèrent et le sommeil ne parvenait pas à s'accrocher durablement aux paupières de la brunette qui sentait sa voisine de lit tendue.
- Vous réfléchissez toujours... commenta doucement l'amnésique.
- Je ne sais pas ce que ça implique d'être amoureuse. Je ne suis pas sûre de savoir quoi faire. C'est des sentiments pour quelqu'un et je ne suis pas sensible aux sentiments d'habitude.
- Je ne sais pas quoi vous répondre. Le peu dont je me souvienne avec Lexa, c'est du sexe torride. Tout le reste a été effacé. Je ne vous serai pas d'une grande aide.
- Très bien. J'appellerai Karl demain. Reposez-vous en attendant.
La brunette ressentait le malaise de la blonde. Elle était inquiète de ne pas maîtriser la situation et Hermione comprenait cette impression. Aussi, elle décida qu'elle dormirait ultérieurement et se pencha pour embrasser la commandant.
- Un orgasme vous aiderait-il à dormir ? murmura-t-elle.
- Ca m'éviterait de penser. Et ça chasserait la tension qui m'habite depuis trois bonnes heures. J'ai décommandé un corps-à-corps avec Pansy Parkinson pour venir vous retrouver.
- Pour me mettre dans de bonnes dispositions, évitez de me parler de Parkinson.
Elise tourna la tête vers l'amnésique.
- Il ne faut pas dire ce qu'on pense quand on est amoureux ?
- Ce n'est pas le souci. C'est juste que je ne l'apprécie pas et que savoir qu'elle a failli coucher avec vous me donne envie d'aller chez elle et de la frapper. Donc, pour résumer, entendre son nom ne me met pas d'humeur badine.
- Hmmm, je le conçois. Mais je pense qu'elle est importante pour vous. Pour vous aider.
- On trouvera quelqu'un d'autre. Je ne veux pas la revoir.
- Parce que j'ai voulu coucher avec elle ?
- Parce que je n'ai pas besoin de me sentir plus menacée que nécessaire.
- Je vous ai promis qu'il ne vous arriverait rien. Je tiens mes promesses.
La brunette soupira.
- Vous avez également dit que seule mon intégrité physique entrait dans votre mandat, pas ma santé mentale.
- Mon mandat s'étend maintenant que je suis amoureuse de vous, répondit la commandante.
Hermione laissa ses doigts caresser le profil de la Française.
- Merci. Aussi, par pitié, ne m'obligez pas à revoir cette femme. Elle est à coup sûr vexée d'avoir été éconduite et potentiellement m'en veut. Je ne veux pas qu'elle joue avec mon esprit dans ses conditions.
- D'accord, on trouvera quelqu'un d'autre. Je demanderai à ma cousine.
- Merci, fit l'Anglaise, soulagée.
- Il reste une heure avant de se lever. Vous voulez dormir ou un orgasme ?
- Vous vouliez vous lever à 5h30 ? s'étrangla l'amnésique. Écoutez, ça me ferait plaisir de coucher avec vous, mais vous décalez le réveil à 8 heures.
- Je dois travailler. Je n'ai pas fini de voir tous les rapports qui ont été envoyés et j'ai des informations à recueillir. Mais vous pouvez vous lever plus tard.
Hermione ne répondit pas et embrassa langoureusement la commandant. Ses mains se saisirent du tee shirt de la blonde et l'en débarrassèrent rapidement. Elise déposa sa bouche sur un téton qui s'éveilla à son contact tandis qu'une main parcourait le ventre pour descendre à sa destination.
- Attends, fit la brunette en rattrapant la main de son amante. Un 69, ça te tente ?
- Oui, répondit la blonde, le regard pétillant de luxure.
Hermione vint se positionner sur la commandant, la tête en direction de l'intimité de son amante, et souffla doucement dessus.
La commandant frémit et n'attendit pas avant de prendre les hanches de son amante entre ses mains pour doucement amener son sexe vers sa propre bouche. De sa langue, elle écarta les plis chauds pour se glisser lentement entre ces lèvres intimes et remonter sa caresse vers le clitoris de la brunette. Hermione, quant à elle, s'appliquait à rendre à sa partenaire le plaisir que cette dernière lui offrait. Les hanches des deux amantes venaient se livrer aux langues aguicheuses qui quémandaient la chaleur humide des plaisirs intimes alors que des doigts habiles trouvaient réponses dans des gémissements mal contenus. Les corps se paraient d'une fine pellicule de sueur qui témoignait de leurs efforts. Les frissons de désir parcouraient les peaux et les appuis de la brunette commençaient à trembler sur leur base.
- Je ne vais pas tenir longtemps, haleta l'Anglaise.
Élise accéléra le mouvement de ses doigts et de sa langue, et Hermione dut user de toute sa volonté pour ne pas se laisser emporter par l'orgasme qu'elle sentait poindre. Elle voulait que sa partenaire crie son plaisir en même temps qu'elle.
La brunette mit ses dernières énergies à faire monter le plaisir de sa partenaire jusqu'au point de non retour et put elle aussi se laisser aller à jouir de son orgasme.
Sentant que ses jambes n'allaient plus la soutenir, elle roula sur le côté et prit quelques secondes pour reprendre sa respiration avant de se rallonger dans le bon sens.
- Tu veux venir dans mes bras ? proposa-t-elle à Élise.
La blonde fronça les sourcils, réfléchissant.
- D'accord, fit-elle sans être tout à fait sûre de sa réponse.
Elle se blottit contre l'amnésique qui referma ses bras autour d'elle. L'Anglaise embrassa la Française et sourit sur ses lèvres.
- C'est très agréable d'avoir des sentiments pour toi, confia-t-elle.
- J'aime bien être avec toi, mais je sais pas vraiment quoi faire avec ce que je ressens, c'est très perturbant.
- On verra plus tard, proposa la brunette. Essaye de dormir un peu.
La blonde acquiesça mollement et consentit à se laisser happée par le sommeil.
Hermione attendit plusieurs longues minutes, afin d'être certaine qu'élise dormait profondément, puis tendit le bras pour repousser le réveil.
- Méfait accompli, chuchota-t-elle avant de s'endormir à son tour.
Minerva avait fait un effort surhumain pour se lever, ce matin-là. Les deux heures de sommeil qu'elle s'était octroyées n'étaient pas suffisant pour qu'elle arbore une mine détendue au petit-déjeuner. Les bruits des discussions qui résonnaient dans la grande salle lui collèrent une migraine sortie tout droit des cercles de l'enfer et c'est avec soulagement qu'elle regagna son bureau, une demi-heure plus tard.
Grimpant l'escalier en colimaçon qui menait à son antre, elle décida de s'octroyer deux heures de sieste. Cependant, son projet tomba à l'eau quand, à peine avait-elle retiré son chapeau, la gargouille gardienne de la porte l'informait que le Docteur Parkinson souhaitait avoir une entrevue.
- Faites-la monter, soupira la Directrice, qui espérait que la médicomage venait avec des bonnes nouvelles.
Quelques minutes plus tard, l'Ecossaise fut une fois de plus déçue. L'ancienne Serpentard déboula dans son bureau folle de rage et commença à hurler dès la porte poussée.
- M'éconduire ? Moi ? Par deux fois ! C'est une honte ! s'emporta Pansy en allumant une cigarette.
- On ne fume pas dans l'enceinte de... commença McGonagall.
- Je m'en fous ! rétorqua la médicomage dans un nuage de fumée. Elle me réveille à une heure du matin pour me proposer de s'envoyer en l'air, deux heures après j'ai un texto lapidaire me disant qu'en fait non, l'autre dinde rouge et or est plus à son goût et, pour enfoncer le clou, retexto il y a une heure pour me dire que les séances, c'est niet, qu'elles allaient trouver quelqu'un d'autre ! Mais il n'y a personne d'autres ! Je suis la MEILLEURE !
Minerva se massa les tempes, ne comprenant pas un traitre mot de ce qu'éructait la Serpentard, et n'étant pas certaine de vouloir comprendre de toutes façons. Elle prit le parti de s'assoir à son bureau et de faire apparaitre une tasse, non deux tasses de thé. Offrir un café à la médicomage était totalement exclu vu son état. Elle prit l'une des tasses de porcelaine et tourna tranquillement la cuillère dedans, attendant que la Serpentard descende de ses grands chevaux et veuille bien lui parler, et non hurler.
- Non mais vous vous rendez compte ? poursuivit Pansy avec véhémence, prenant le silence de son auditrice pour de l'assentiment. Me repousser, moi ? La Fabuleuse Docteur Parkinson ? Que ce soit pour les orgasmes ou la psychanalyse, personne ne m'a jamais égalée !
- De un, baissez le volume de votre voix. Je ne suis pas sourde et je n'ai pas assez dormi. De deux, qui vous a éconduit ?
- La commandant Wassermann ! Elle préfère Granger à moi alors qu'elle m'a aguichée cette nuit ! Non mais quelle salope !
Minerva soupira.
- Et bien, vous pouvez tout de même vous dire qu'elle a sérieusement envisagé coucher avec vous. C'est plutôt flatteur, après tout elle ne vous a vu que quoi… une heure ? Et vous avez réussi à la faire hésiter.
- Je me fous de ses hésitations ! Préférer Granger à moi ? Cette... cette... s'étouffa la Serpentard, ne trouvant pas de mot assez injurieux pour retranscrire fidèlement ce qu'elle pensait de l'ancienne Gryffondor. Et maintenant qu'elles se sont bien foutues de ma trogne, elles ne veulent plus de mon expertise médicale !
- Ont-elles donné une raison ?
- Non ! C'est honteux !
- Peut-être que vous avez plus mis de l'avant votre personnalité de chasseuse que votre virtuosité de psychiatre. Miss Granger est peut-être refroidie quant à vos intentions.
- Elle confirme donc qu'elle est une imbécile ! rugit la Serpentard. Je vais aller chez la commandant et faire l'esclandre du siècle !
- Laissez-moi plutôt jouer la médiatrice, proposa doucement McGonagall. A la condition que vous vous calmiez.
- Me calmer ? Me calmer mon cul oui !
- Miss Parkinson, je vous prierais de limiter votre vocabulaire à ce qui sied dans ce bureau. Maintenant, asseyez-vous.
La médicomage foudroya la Directrice du regard mais consentit à prendre place en face d'elle. Elle prit même la tasse de thé que l'animagus lui tendit en venant s'assoir sur le fauteuil à ses côtés.
- Le passé est le passé, il faut en tirer des idées pour se concentrer sur l'avenir. Donc, comment démontrer à la commandant Wassermann et à Miss Granger que vous êtes la seule option thérapeutique valide.
- Je suis cheffe de service ce qui, à mon âge, est un exploit professionnel ! J'ai brisé le plafond de verre ! J'ai eu cette direction sans avoir à passer sous un bureau ! Donc ça prouve que je suis la meilleure ! rétorqua Pansy, furieuse d'avoir à se justifier.
- Je ne pensais pas à faire valoir votre glorieux CV, mais plutôt à apporter des réponses à des questions qui n'en ont pas encore. Si vous démontrez que vous êtes incontournable pour résoudre le mystère qui entoure l'apparition d'une nouvelle itération de Miss Granger, personne ne pourra vous écarter. Qu'en dites-vous ?
- Mais pour apporter des réponses, encore faudrait-il que je puisse oeuvrer ! Mais les deux idiotes refusent de faire la moindre séance ! s'exclama la Serpentard, en levant les bras au ciel.
Elle en lâcha sa cigarette presque consumée entièrement et le mégot tomba sur le sol sous le regard réprobateur de l'Ecossaise.
- Vous n'avez pas eu besoin d'une séance pour trouver des idées que personne n'avait soumises. Les mondes parallèles par exemple, vous seule y avez pensé. Je crois que vous pourriez tenter de décoder les signes inscrits sur les pierres que Miss Granger porte au cou. C'est vous qui y avez vu des inscriptions troll. Si vous le souhaitez, on peut demander copie des marques et chercher dans la bibliothèque des Directeurs.
Pansy roula des yeux avant de croiser les bras sous sa poitrine dans une attitude boudeuse.
- Je ne le ferai que si elles me supplient, fit la médicomage d'un air pincé. Et que la commandant se fasse pardonner de son attitude de cette nuit. On ne me réveille pas impunément en me faisant miroiter une partie de jambes en l'air qui, au final, est décommandée.
Minerva se cala confortablement dans son fauteuil et prit une gorgée de thé.
- Rien ne vous empêche de prendre de l'avance, fit-elle d'un ton détaché. Imaginez l'effet si vous donnez la réponse au moment où on vous sollicitera.
- Je ne perds pas mon temps en bénévolat. Cette allumeuse de Française m'a fait espérer une récompense pour des efforts que je m'apprêtais à fournir. Elle va devoir régler une partie de mes honoraires en avance pour que je fasse usage de mes talents.
- Votre choix Miss Parkinson. Si vous changez d'avis, vous savez où me trouver.
McGonagall se leva, mettant fin à l'entretien devant une Pansy toujours fermée.
- Albus, vous pouvez m'indiquer où sont rangés les ouvrages qui transcrivent les symboles du langage troll ?
- Bien sûr ma chère, vous les trouverez à T.
- Comme Troll, lança la voix suave de sarcasmes de Severus.
Pansy ne retint pas le petit rire moqueur qui monta en entendant son ancien directeur de maison se moquer.
- Miss Parkinson, vous devriez aider votre ancienne directrice, je ne suis pas sûr qu'elle sache que la lettre T est entre S et U.
- Rogue, ça suffit ! gronda McGonagall. Je vais m'octroyer deux heures de repos. D'ici là, libre à vous de rentrer chez vous ruminer votre rancœur ou de rester ici et d'œuvrer pour que le monde conserve son équilibre !
La médicomage se leva élégamment, ferma le bouton de sa veste de costume Versace et passa devant l'animagus pour rejoindre la bibliothèque des Directeurs.
- Tant qu'à être dans le coin des T, je vais aussi vous trouver de la lecture à S comme Source, en attendant que votre grand âge se soit reposé.
- Ou E, comme essence éternelle, précisa McGonagall. C'est ce que cherchaient les deux femmes qui ont attaqué Hermione.
Quand Hermione et Elise rentrèrent chez la commandant, la brunette était désemparée. Les deux femmes avaient passé une bonne partie de la journée à courir les différents psychiatres des environs, et aucun n'avait pu l'aider. Personne aux alentours n'avait de solution pour lui rendre sa mémoire. Aussi, le trajet jusqu'au studio de la Française s'était passé dans un silence pesant, les deux femmes prenant sur elles pour ne pas laisser éclater leur frustration.
Néanmoins, à peine Elise avait-elle fermé la porte derrière elle qu'elle attrapa la brunette pour la plaquer contre un mur et l'embrasser avec avidité.
- Je... euh... c'est vraiment le moment ? s'enquit l'amnésique.
- Si tu en as envie, oui, se contenta de répondre la blonde en s'attelant à défaire le bouton du jean de son amante.
- Visiblement tu as toujours envie toi, sourit l'amnésique.
Elise fit glisser le pantalon sur les jambes de son amante et se dépêcha de lui ôter son haut. Le boxer ne fut qu'un lointain souvenir et la commandant se mit à genoux pour prendre possession de l'intimité de la brunette.
- Oh... mon... dieu ! gémit l'amnésique.
Elle la laissa œuvrer jusqu'au moment où continuer allait lui couper ses appuis et incita la blonde à se lever. L'embrassant au point de se gouter sur les lèvres de son amante, Hermione entreprit à son tour l'effeuillage de sa partenaire, laissant trainer ses doigts partout sur le corps dénudé.
- Tu peux aller droit au but ? demanda Elise, impatiente.
La brunette sourit et emmena Elise jusqu'au canapé.
- Tourne-toi de dos, chuchota l'amnésique.
La commandant frissonna d'anticipation et fit ce que son amante lui demandait. Hermione se plaqua contre elle, la caressant de ses seins alors que ses doigts migraient vers l'intimité qui réclamait toute son attention. Le téléphone d'Elise se mit à sonner mais la blonde s'en foutait. Elle voulait qu'Hermione la fasse jouir pendant au moins une bonne demi-heure.
- Je te promets que ton correspondant va croire que tu as disparu, murmura l'amnésique à l'oreille de la blonde.
Élise laissait les frissons de désir courir le long de sa colonne. Elle se pencha vers le dossier du canapé pour reprendre un appui et Hermione en profita pour engager profondément ses doigts dans le fourreau brûlant, suscitant un gémissement grave chez son amante.
- Et quand tu pourras enfin répondre, c'est lui qui aura disparu...
La sonnerie s'arrêta et Hermione soupira d'aise. Cependant, elle reprit moins d'une minute plus tard.
- Mais c'est pas vrai... haleta la blonde, ses hanches bougeant en suivant le rythme imposé par la brunette. Je peux pas être tranquille quand je baise ?
La brunette tiqua au mot employé mais nota d'en parler plus tard. Baiser c'était l'ancienne version de leur relation. Elle ne put réprimer un pincement au cœur lorsque l'image de Lexa passa fugitivement dans sa conscience. Heureusement pour elle, le plaisir d'Elise s'amplifia pour s'exprimer pleinement dans un cri de jouissance.
La sonnerie du téléphone persistait, reprenant inlassablement à chaque fois qu'elle s'interrompait. Mais la commandant n'en avait cure. A peine l'orgasme l'avait balayée qu'elle se retourna pour attraper l'amnésique et la coucher sur le canapé. Tandis qu'elle l'embrassait avec avidité, ses doigts pénétrèrent sans préavis l'antre humide de sa partenaire.
La brunette se prêta avidement aux caresses envahissantes, cherchant à retrouver le niveau d'excitation qu'elle vivait avant de prendre les commandes de leur jeu.
- Tu veux que je prenne ma boite à jouets ? demanda Elise.
- Pas tout de suite, haleta le brunette. Fais-moi jouir, réponds à ton satané patron, et on en reparle ensuite.
- J'espère que c'est mon patron, et pas la psy sorcière qui me harcèle...
- Si c'est elle, on jouira au téléphone, proposa cyniquement Hermione.
- On verra plus tard... répondit laconiquement Elise avant d'approfondir le va-et-vient de ses doigts.
Les deux amantes ne pensèrent plus qu'au plaisir grandissant jusqu'à ce qu'il explose bruyamment. Le téléphone continuait de sonner mais les cris de plaisir d'Hermione et d'Elise couvraient temporairement la mélodie.
- Tu devrais répondre, haleta Hermione, tentant de reprendre son souffle.
Élise étira son bras et attrapa le cellulaire. Avant de décrocher, elle regarda Hermione.
- Tu es belle.
La brunette, surprise, resta sans voix tandis que la blonde, découvrant l'identité de son harceleur téléphonique, soupirait fortement.
- Je vous ai posé un lapin mais ce n'est pas une raison pour... Pardon ? Vous avez trouvé quelque chose ? Attendez, je vous mets sur haut-parleur.
Joignant le geste à la parole, elle appuya sur un bouton et la voix de Pansy Parkinson résonna dans le studio.
- Mais bien sûr que j'ai trouvé ! Vous me prenez pour qui ?
- Calmez-vous, Docteur Parkinson, fit la voix de Minerva McGonagall en arrière-plan. Et expliquez-nous.
- L'Essence Immortelle, c'est avec des majuscules et c'est un des nombreux noms de l'Origine de toutes magies ! On le trouve dans un vieux verset du livre de la Source !
- Le livre de la Source ? répéta Hermione. Connais pas...
- Normal, tu es une née de moldue, répliqua sèchement et avec dédain l'ancienne Serpentard.
L'amnésique roula des yeux.
- Et c'est quoi la Source ? demanda Elise.
- Le dieu des sorciers, répondit Minerva avec un ton qui indiquait clairement ce qu'elle pensait de ses fariboles. Certains pensent que nous lui devons nos pouvoirs.
- Et donc, Hermione aurait volé l'âme de Dieu ? Son essence ? demanda la commandant. Soyons sérieuses, c'est impossible !
- Effectivement, fit la voix moqueuse de la médicomage.
- Des sorcières accusent Hermione d'avoir pris l'essence immortelle, et vous nous dites que c'est impossible. Donc, vous n'apportez aucune réponse, fit Elise en sortant tranquillement une boite de sous son lit. Bonne journée !
Sur ces mots, elle raccrocha et reporta son attention sur l'amnésique.
- Tu veux qu'on reprenne là ou on s'est arrêté ? proposa-t-elle.
Avant qu'Hermione réponde, le cellulaire se remit à sonner frénétiquement.
La commandant attrapa son cellulaire pour le passer en mode silencieux et le jeta sur la table à manger du studio.
- On devrait être tranquille maintenant, fit-elle laconiquement. Alors ? Tu as réfléchi à ma proposition ?
- Tu sais ce qui me ferait plaisir ?
- Dis-moi, répondit Élise, inquiète du manque d'engouement de son amante.
- J'aimerais un câlin... être juste là, ensemble. Je sais que tu n'es pas attirée par ce côté de la relation mais j'en ai besoin... juste exister pour quelqu'un.
La blonde acquiesça et alla s'allonger dans son lit. Hermione la suivit pour de blottir contre la commandant, la tête posée sur l'épaule de la Française. Élise caressa les cheveux bruns et déposa un baiser sur le front de l'amnésique.
- Ça va mieux ? demanda-t-elle.
Des coups furent portés à la porte du studio et Hermione souffla sa frustration.
- C'était parfait, maugréa-t-elle.
- On n'est pas obligées de répondre.
- Sauf si tu sais comment lui faire perdre ses souvenirs, Parkinson va s'accrocher comme un morpion, soupira la brunette.
- Miss Wassermann, Miss Granger, nous sommes navrées de vous déranger, fit la voix de Minerva. Mais...
- Rhabillez-vous et venez nous ouvrir ! ordonna Pansy d'un ton peu aimable.
- Qu'est-ce que je disais, souffla Hermione.
- Si la professeure est là, on peut supposer qu'il y a quelque chose d'intéressant à savoir.
- Honnêtement, je m'en moque. Etre dans tes bras est plus important que tout, en ce moment. Ca me fait un bien fou.
- Alors on ne bouge pas. Elles finiront par se lasser.
Hermione se redressa et embrassa tendrement Elise. Cette femme était le centre de son univers. La seconde d'après un pop sonore résonna dans le studio.
- Merde ! cria la brunette en attrapant la couette pour la rabattre sur Elise et elle. Parkinson, tu te prends pour qui ?
- On ne me raccroche pas au nez ! On ne me pose pas un lapin ! On ne me laisse pas poireauter sur un paillasson !
- Et on ne s'invite pas chez les gens sans y être invité, rétorqua sèchement Elise. Partez ou je vous tire dessus !
Parkinson partit d'un rire sardonique avant de sortir sa baguette de sa manche.
- Vous pariez ?
- Je suppose que vous n'avez pas le droit de faire de la magie sur des non sorciers, fit Hermione en se levant pour se mettre entre la baguette et la commandant.
Pansy admira tranquillement le corps exposé avant de répondre indolemment.
- La légitime défense existe aussi chez nous.
- Va attendre dehors qu'on se rhabille, ordonna la brunette.
- Maintenant que je suis là, je ne me fais pas mettre à la porte, fit la brune goguenarde.
La médicomage semblait camper sur ses positions en narguant les deux femmes jusqu'à ce que de nouveaux coups retentissent à la porte.
- Est-ce que quelqu'un aurait l'obligeance de venir m'ouvrir ?
Parkinson leva les yeux au ciel en entendant Minerva et Hermione profita de l'instant pour pousser Elise vers sa salle de bain pendant qu'elle se drapait dans le drap du lit.
La brunette prit le temps de jeter un regard assassin à l'ancienne Serpentard avant d'aller ouvrir à l'Ecossaise.
- Bienvenue dans le moulin. C'est une habitude sorcière de s'imposer dans la vie des gens ?
Le ton de la brunette n'était pas particulièrement accueillant.
- Vous... Vous devriez vous habiller, bafouilla McGonagall.
- C'était l'idée, mais la femme qui s'est pris un râteau ne l'entendait pas ainsi.
- Je ne me suis pas...
- Oh que si, fit la brunette en se plantant devant Parkinson. Et si tu ne commences pas à changer des manières, tu vas aussi te reprendre mon poing sur ton joli petit nez.
Pansy eut un rictus narquois.
- On tombe sous le charme Granger ?
- Non. J'ai succombé à ceux d'Elise et vice-versa. Alors lâche-nous la grappe.
- Oui, ma Source, fit Pansy avec une petite révérence.
Le regard de la brunette se voila et sa posture tout à coup plus rigide n'échappa pas à Élise qui sortait de la salle de bain habillée.
- Un problème ? demanda la commandant.
- Pourquoi m'as-tu appelée ma Source ? demanda Hermione.
Pansy se tourna à moitié vers Minerva.
- L'instruction des moldus, c'est votre champ d'expertise, moi ça me fatigue.
- Et bien, au vu des recherches qu'a menées Pansy, et des propos des personnes qui vous ont agressées, nous supposons que vous avez l'âme de la Source, fit prudemment la directrice.
Hermione chercha du regard l'appui de la blonde avant de partir à rire.
- Ok, c'est une farce, on joue à caméra cachée.
- Non. Et comme une mauvaise nouvelle ne vient pas toute seule, ce ne sont pas des sorcières qui vous ont agressées, mais des fées. Et c'est un peu plus coriace, ajouta Parkinson.
- Et comment vous avez trouvé tout ça ? Questionna Wassermann.
- Les deux femmes ont parlé de l'Essence Immortelle. Et pour avoir relu le Livre de la Source, ce surnom n'est utilité que par le peuple des fées, répondit pompeusement la médicomage.
Hermione, toujours enroulée de son grand drap, tourna son attention vers l'animagus.
- Minerva, c'est quoi votre avis ?
- Je pense qu'elle a raison. Mais avant d'en discuter plus longuement, je vous suggère de vous habiller.
- Donc, hier vous parliez de bondieuseries et aujourd'hui vous êtes prête à penser que je suis... j'héberge... votre dieu ?
- Ouais, fit Pansy tandis que Minerva affichait un air perplexe.
- Vous n'êtes pas d'accord, remarqua Elise pour la vieille femme.
- Je ne crois pas en Dieu, répondit l'Ecossaise.
- Un signe de bonne santé mentale, lâcha la commandant.
Minerva remonta ses lunettes sur l'arête de son nez.
- Le fait est que les fées semblent y croire et qu'elles sont après Hermione.
- Avec un peu de chance, nos adversaires sont stupides. Enfin une bonne nouvelle ! Soupira l'amnésique.
- Maintenant que j'ai prouvé mon utilité, je peux tenter de faire remonter tes souvenirs, Granger ? Demanda Pansy.
- Utile peut-être, fiable c'est autre chose, grommela la brunette en resserrant son drap autour d'elle. J'ai pas confiance.
- Oui, mais il n'y a personne d'autre, susurra Pansy. Donc, si tu ne veux pas que ta perte de mémoire cause ta mort, remets-en toi à la bonne médicomage.
Hermione lança un coup d'œil pas vraiment rassuré à Élise avant de s'adresser à McGonagall.
- Vous ne la laisserez pas faire n'importe quoi ?
- Heureuse de savoir que tu lui fais confiance alors que tu ne la connais pas plus que moi, renifla Parkinson.
- Le privilège de l'âge. Bien sûr, Miss Granger. Il ne vous arrivera rien.
- Hmmm, comme le dit si bien le dicton, l'âge avant la beauté, se moqua Pansy. Assieds-toi Granger, et voyons ce que tu as dans le crâne.
- Pour le coup, je pense que je vais aller m'habiller avant.
Hermione était assise dans le canapé, droite comme un i. A ses côtés, Elise regardait alternativement la brunette et la médicomage assise en face de l'amnésique. Parkinson faisait tourner sa baguette entre ses doigts, observant avec intérêt sa patiente. Cette dernière était visiblement crispée et apeurée.
- Je sais pas pourquoi, mais je le sens mal. En fait, si, je sais pourquoi. J'ai pas confiance... maugréa Hermione.
- Rassurez-vous, Miss Granger, il ne se passera rien de néfaste pour vous, rassura MInerva, adossée contre la porte d'entrée.
- Et ça serait bien de te détendre Granger, parce que tu vas finir par te faire péter ta carotide. Alors pour commencer, tu vas respirer un grand coup et regarder droite devant toi. Tu me vois bien ?
La médicomage souriait en coin, ne pouvant s'en empêcher. Avoir Granger sous la coupe de sa baguette, elle n'aurait jamais cru que cela arriverait. Même si elle en avait rêvé étant jeune.
- Je suis la meilleure dans tout ce que je fais. Et je suis d'une éthique irréprochable pour tout ce qui touche à ma spécialité médicale.
- Tu peux dire ce que tu veux, je n'ai pas les moyens de le vérifier, siffla la brunette entre ses dents.
- J'adore les défis, Granger, et te soigner contre ta volonté va dans ce sens.
- Vous pouvez vous taire et commencer ? J'ai hâte de pouvoir boucler mon enquête, lâcha Elise.
- Vous pourrez ainsi vous débarrasser de votre victime-coup-d'un-soir et je pourrais vous inviter à dîner, susurra Pansy.
Hermione décala sa tête.
- Tu veux vraiment savoir ce que ça fait une baguette dans le c..
- Miss Granger !
- Si ça se trouve, je vais bien rire dans quelques minutes, quand tu auras retrouvé ta mémoire. Tu vas peut-être te réveiller hétéro qui rêvait d'avoir une petite aventure lesbienne...
- Auquel cas j'aurai eu la plus belle avec Elise. Je te donne une chance d'arrêter avec tes conneries, une seule, et ensuite je me casse.
Parkinson afficha une moue boudeuse avant qu'un trait rouge lui effleure les cheveux. Elle se retourna pour voir McGonagall qui tenait sa baguette entre ses doigts.
- Docteur, nous attendons que vous, fit l'Ecossaise.
Sur un soupir à fendre l'âme, la médicomage ferma les yeux un instant pour se concentrer.
- Tu vas commencer par respirer, profondément… te laisser aller au fonds du canapé… les pieds au sol, tu ressens ton corps, le cuir du fauteuil, sa chaleur, la forme qu'il prend. Tu entends ma voix, ta respiration… l'air autour de toi, tu le sens circuler… tu es apaisée, tranquille, ta respiration est plus profonde, plus lente, plus agréable...
Hermione écoutait, tentant de ne pas remuer sur son assise. Mais ça l'agaçait. La voix de la médicomage l'agaçait.
"J'ai envie de me gratter..." songea-t-elle. "Peut-être que discrètement..."
Il n'y avait plus de litanie depuis quelques secondes et Hermione entrouvrit un œil pour comprendre. Parkinson avait croisé les bras sous sa poitrine et attendait.
- Il y a un problème ? demanda Elise en fronçant les sourcils.
- Si tu veux rester dans ta vie de misère sans souvenirs, pas de problème pour moi. Si tu veux savoir pourquoi les fées veulent ta peau et ont buté ta précédente petite amie, t'es priée de faire un effort.
- J'y peux rien ! Ca m'énerve, ton truc ! souffla Hermione.
- Ok, dans ce cas, on va y aller par la magie. J'essayais de ne pas t'effrayer, mais si la suggestion ne fonctionne pas, ce qui n'a rien d'étonnant vu ton passé de Gryffondor, et bien on faire ça à la force de la baguette. Et sans laisser le temps à la brunette de protester, la médicomage fit un mouvement souple du poignet tout en prononçant une suite d'incantations. L'amnésique vacilla sur ses appuis avant de s'affaisser comme un mannequin sans vie.
- Bien, maintenant on va pouvoir travailler.
- Que lui avez-vous fait ? demanda froidement la commandant qui s'agenouillait auprès de la brunette inconsciente.
- Rien de bien méchant. Elle n'est pas réceptive à l'hypnose classique des moldus, alors je lui ai ôté le pouvoir de s'opposer à ma voix. Le plus dur reste à faire maintenant, lever le sort d'oubliette et ça c'est pas gagné. S'il a vraiment bien été fait, il ne restera rien, comme une plage après la marée. Mais s'il a été lancé à la va-vite, il se peut que la marée ne soit pas montée assez haut pour tout effacer, ni même qu'elle ait complètement fait disparaitre toutes les traces. Et je n'ai besoin que de trouver ces traces.
Maintenant toute à sa patiente, Parkinson jeta un sort et maintient le lien entre sa baguette et l'endormie. Au bout de quelques minutes, Élise vit que la médicomage semblait lutter contre quelque chose de puissant. Une goutte de sueur perla sur sa tempe.
- Madame la Directrice, vous êtes douée en legilimencie ? J'aurais bien besoin d'aide... J'ai trouvé le verrou mais je n'arrive pas à le faire sauter.
- Votre directeur de maison était sans conteste le maitre de la spécialité, mais je me défends. Legilimens, lança-t-elle après avoir dégainé sa baguette en direction de l'amnésique.
Élise ne savait quoi faire. Elle attrapa la main d'Hermione et la serra dans la sienne. Elle espérait que les deux sorcières savaient ce qu'elles faisaient.
- Mais qu'elle est cette magie ? Maugréa Minerva entre ses dents.
- On y est presque. Je sens que ça va sauter, fit Pansy.
La blonde se sentait totalement inutile et aucune idée ne lui venait pour aider. Elle haïssait cette sensation d'inutilité. Mais elle sentait qu'il serait mal venu de demander quoi faire.
- C'est une magie différente que celle des fées… Mais ça se confond avec quelque chose de plus ancien, et j'ai du mal à le cerner pour le réactiver. Par la barbe de Merlin, mais elle avait quoi dans la tête Granger...
Minerva raffermit la prise sur sa baguette et intensifie son sortilège.
- Encore un peu... Quelques secondes... Ça va péter, j'en suis sûre, encouragea Pansy.
Élise regardait le visage de la brunette se couvrir de sueur tandis que son corps se crispait, sa respiration se faire de plus en plus rapide tandis qu'elle blêmissait. Inquiète, elle pose deux doigts sur la carotide turgescente.
- Son pouls s'affole, vous êtes en train de la tuer... faut arrêter …
- Pas maintenant. On ne doit pas gâcher tant d'efforts. Nous y sommes presque !
La blonde regardait la scène et n'appréciait pas du tout la tournure des événements. Elle souhaitait plus que tout avoir accès aux souvenirs de la brunette pour boucler son enquête. Et les deux sorcières avaient l'air de croire que c'était possible. Mais l'enquêtrice pouvait que constater que la vie de l'amnésique était maintenant en jeu. Les crispations jusqu'alors passagères s'installaient durablement et le pouls désordonné devenait filant et de plus en plus difficile à percevoir. Elise respira à fonds au moment de prendre sa décision. Elle avait promis à Hermione de veiller sur elle. Elle se leva chercher son arme de service avant de la poser sur le front de la médicomage.
- Vous arrêtez, tout de suite.
- Cessez vos enfantillages, siffla la brune sans dévier sa baguette de la tempe de l'amnésique tétanisée.
- Dans ce cas...
L'instant d'après, Elise avait bousculé et entrainé au sol Parkinson, faisait voler sa baguette loin de sa main. A califourchon sur son dos, une clé de bras immobilisant l'ancienne Serpentard, elle reposa le canon de son arme sur sa tempe.
- Professeur, vous réveillez Hermione. Maintenant, ordonna-t-elle d'une voix froide.
- Imbécile de moldue, grinça Pansy qui tentait de se dégager, rendant la clé plus douloureuse.
- Peut-être, mais vous avez déjà laissé mourir votre Hermione, vous ne tuerez pas la mienne.
- Minerva, ne lâchez surtout pas ! ordonna Pansy. Ce n'est l'affaire que de quelques secondes !
- Arrêtez immédiatement ! cria Elise en pointant son arme sur l'Ecossaise.
Le sort liait toujours la tempe d'Hermione à la baguette de la Directrice de Poudlard. Cette dernière ne savait que faire. L'argument de la moldue pesait. Mais elle se souvint de l'avertissement des centaures et de la prophétie de Sybille. Etait-ce le choix qu'elle devait faire ? Et quel était le bon ?
L'Ecossaise acquiesça et interrompit le sort. Elise soupira de soulagement et se redressa pour aller rejoindre Hermione. Cependant, Pansy fut la plus rapide et se saisit de sa baguette.
- LEGILIMENS ! s'écria la Serpentard.
La connexion avec l'esprit de l'ancienne Gryffondor fut immédiate et la médicomage mit tout son pouvoir en oeuvre pour faire sauter le verrou magique. Ce dernier finit par voler en éclat et un torrent d'images et de sons se déversa dans l'esprit de l'amnésique. Parkinson voulut crier victoire mais une cuisante douleur au visage la força à interrompre le sortilège.
Elise se tenait au-dessus d'elle les poings serrés et la crosse de son arme laissait voir un filet de sang, tandis que le nez de Parkinson pissait sur les lattes du plancher.
- Mais calmez-vous ! pesta la Serpentard ! J'ai réussi et elle est toujours vivante ! Sa mémoire télécharge ses souvenirs. A son réveil, elle se souviendra de tout ! Vous devriez plutôt me remercier !
- Si elle a la moindre séquelle, je vous jure que vous allez le regretter. Je me ferais un plaisir personnel de m'en occuper.
Elise enjamba la brune pour attraper sa baguette qui avait roulé jusque sous un meuble.
- Rendez-moi ça, siffla la médicomage.
- Même pas en rêve, contra la blonde en calant l'artéfact dans sa ceinture sous sa chemise. Professeur, comment va-t-elle ?
- Elle respire, répondit sobrement Minerva. Aidez-moi à la mettre sur le lit.
- Pas la peine de la déplacer.
La Française alla chercher un oreiller et une couverture pour installer confortablement la brunette sur le canapé avant de s'agenouiller à ces côtés pour prendre sa main. Maladroitement, elle caressa le front de l'amnésique, écartant quelques mèches collées par la sueur.
- C'est fini Hermione, tu peux te reposer.
- Ca va, elle est pas en sucre, grogna Pansy en se relevant. D'ici quelques minutes, elle se réveillera et vous verrez qu'elle se portera comme un charme !
- Sortez de chez moi ! ordonna la blonde.
- Pas avant de savoir ce qu'elle a dans le crâne. Et pas sans ma baguette.
- Vous ne violerez pas son esprit, gronda Elise.
- Docteur Parkinson, vous devriez savoir quand vos propos desservent votre cause, ajouta McGonagall.
Parkinson soupira et chercha un mouchoir pour essuyer son nez.
- N'empêche, on a réussi, pas la peine de dire merci.
- Ca ne risque pas, siffla Elise. Vous l'avez presque tuée !
- Et ça n'est pas arrivé. Et nous aurions pu faire repartir son cœur sans problème. Maintenant, elle a ses souvenirs.
- Nous n'en sommes pas certains, fit prudemment Minerva.
- Je suis sure de moi. Ce n'est pas par hasard que je suis la meilleure.
- Je réserve mon jugement au réveil d'Hermione, conclut Elise.
Et voilà le travail !
La suite l'année prochaine ! ^^
Bises et très bon réveillon du 31 !
Link9 et Sygui
