Chapitre 41
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Les hurlements se font entendre de toutes parts dans la foule, déjà lorsqu'ils voient la bombe dans la main du guignol lavande, et plus fort encore lorsque retentit la détonation de votre grenade que vous avez envoyée dans sa direction. Apparemment, l'Esprit de Noël n'avait pas prévu ça : il aurait pourtant eu une chance de s'en sortir s'il s'était accroché, la grenade ayant explosé juste sous ses pieds ; au lieu de ça, il glapit, perd l'équilibre, agite les bras en lâchant tout ce qu'il tient pour tenter de se rattraper, en vain : ses pieds quittent la poutrelle et sa silhouette la lumière du projecteur lorsqu'il chute.
À côté de vous, Sougo vous dévisage d'un air surpris. Il avait son bazooka armé sur son épaule, mais vous l'avez visiblement pris de vitesse. Vous pouvez comprendre son étonnement : tirer dans les lieux publics sans se soucier des dommages collatéraux, c'est habituellement son apanage, pas le vôtre. Vous vous justifiez d'un haussement d'épaules :
- J'en ai soupé des esprits de Noël.
L'explication semble lui suffire, et vous êtes rapidement rappelés à la situation présente par la voix de Kondo :
- Vous, allez récupérer ce type, quel que soit son état ! Harada, Todo et Takeda, prenez le commandement des gars et évacuez les civils ! Toushi, Sougo, venez avec moi, il faut retrouver cette bombe !
Vous emboîtez le pas à votre commandant qui vous guide sous la grande roue, à l'endroit où il pense avoir vu tomber la menace, pendant que la foule guidée par vos hommes quitte les lieux au pas de course.
- Si on ne la retrouve pas au bout de de deux minutes, ajoute Kondo tandis que vous trois fouillez aussi vite que possible la base de l'armature métallique, on évacue nous aussi ! Il n'a pas pu programmer une durée trop courte, où il n'aurait pas eu le temps de quitter les lieux lui non plus !
- Avec notre chance, inutile d'espérer qu'elle n'ait pas encore été amorcée, marmonnez-vous pour vous-mêmes.
Vous aurez rapidement votre réponse : votre œil est soudain attiré par un clignotement à la jonction entre deux poutrelles.
- Je l'ai trouvée ! criez-vous à l'attention de vos deux camarades. Je vois le cadran, on en a pour... six minutes ! Je peux l'atteindre d'ici, je...
Concentré sur la bombe, vous ne faites pas attention où vous mettez les pieds et vous les prenez dans quelque chose qui gît au sol :c'est le sac qu'avait brandi cet enfoiré. Focalisé sur la bombe, vous n'y pensiez même plus. Sans y réfléchir, vous vous baissez et l'entrouvrez : un mouchoir en tissu brodé de fleurs, une barrette féminine ornée d'une perle et d'une fleur en tissu, le badge de police de Yamazaki... Et votre figurine en bois, le petit sabre en métal étincelant à la lumière. Votre main se referme aussitôt dessus. La sensation du bois et du métal contre votre peau vous envoie une onde de soulagement à travers le corps, ce malgré la situation encore précaire, comme vous le fait bien vite rappeler Kondo :
- Toushi ! Il faut partir d'ici, et vite ! Nous n'avons pas de temps de faire venir les démineurs !
- Non ! répondez-vous avec force. Tous les civils ne pourront pas évacuer à temps, et les dégâts sur les structures alentours, à commencer par cette grande roue, feront immanquablement des blessés, voire des morts ! Nous devons la désamorcer !
- Mais aucun d'entre nous n'y connaît quoi que ce soit...
- Je vais appeler les démineurs et leur demander de me guider, tranchez-vous en joignant le geste à la parole en sortant votre téléphone. Vous deux, partez, rejoignez les autres !
- Hijikata, commence Sougo sur un ton d'avertissement, tu ne vas pas...
Vous coupez court en leur tournant le dos, le téléphone collé à l'oreille pour ne pas les entendre.
- Dépêchez-vous de partir, tous les deux, dites-vous encore sans les regarder. Je vous promets que si je n'arrive pas à les joindre ou si ça prend trop de temps, je me mettrai à l'abri.
Vous écoutez anxieusement la tonalité, vous concentrant dessus pour résister à l'envie de vous retourner pour vérifier que vos deux compagnons vous ont écouté.
- Allô ? criez-vous presque lorsque le téléphone décroche, ne laissant pas l'occasion à votre interlocuteur de placer un mot. Ici Hijikata Toushirou, et j'ai exactement... quatre minutes pour désamorcer une bombe sur le point de faire tomber une grande roue de trente mètre de haut sur des habitations, j'ai besoin que vous me guidiez !
Le démineur au bout de fil prend trois seconde pour revenir de sa surprise et comprendre ce que vous venez de lui dire. C'est beaucoup trop long, merde !
- … Décrivez-moi le modèle de la bombe, vice-commandant.
Vous donnez une description aussi rapide et précise que possible de ce que vous avez sous les yeux : sphérique, un peu plus petite qu'un ballon de football, avec des voyants lumineux et un écran affichant le temps restant, comme toute bombe de fiction... Plus que trois minutes...
- … Nous avons trouvé, vice-commandant ! Mais c'est un modèle assez rare, avec une sécurité de désamorçage nécessitant un outil spécifique...
Merde ! Ce bâtard devait l'avoir sur lui... Même si vos hommes l'ont retrouvé, vous n'avez pas le temps !
- Est-ce que vous voyez le petit trou situé au sommet de la bombe ?
- Oui, répondez-vous en trouvant l'ouverture ronde de deux millimètres de diamètre, pourquoi ?
- C'est ici qu'il faut insérer la clé de désamorçage qui fera imploser la bombe. La seule solution que vous ayez, c'est un objet qui aurait un diamètre semblable, et qui serait long d'au moins cinq centimètres.
Et merde, merde, c'était quand même très précis... Un objet fin comme ça... Merde, vous n'avez même plus le temps de vous barrer ! Qu'est-ce que vous pourriez...
Vous vous immobilisez soudain. Vous plongez la main dans votre poche et en sortez votre figurine. Votre regard se pose sur la pièce métallique formant l'épée. Il a dit que la bombe allait... imploser ?
Vous regardez votre figurine. Puis la bombe. Puis votre figurine.
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Vous devez prendre une décision, avant que les secondes aient fini de s'égrainer... Laquelle est-ce ?
Vous utilisez l'épée de votre figurine comme clé : allez au chapitre 54.
Vous ne pouvez pas vous y résoudre : c'est au chapitre 42.
