Je ne possède aucun des personnages des livres ou des adaptations au cinéma. Par contre Idelwën et Gohenlass sont des créations qui m'appartiennent.

Faisant suite à « L'histoire d'un roi » et « L'histoire d'un prince », voici une série de plusieurs moments s'attachant aux combats menés par les Elfes d'Imladris et de Vertbois alors que le danger se fait de plus en plus présent. Après avoir consacré ces deux premières tomes à Thranduil et Legolas, j'avais envie de parler un peu plus de la famille d'Elrond, ce sera chose faite dés le 1er chapitre de cette fic.


Le but de cette fic n'est pas de traiter de ce qui se passe pendant les événements du Hobbit, mais ce qui aurait pu se passer avant ou aprés, nous voici donc maintenant 5 ans après le chapitre précédent et donc juste après les événements relatés dans le livre et dans les films de Peter Jackson. En espérant que cela vous plaise.


Gagner Imladris avait été une bonne suggestion, mais il ne savait pas si c'était réellement l'endroit où il avait envie de se trouver.

En espérant que cela vous plaise

Bonne lecture

PS : Si vous cherchez à mettre de l'ordre dans mes fics, faites un tour sur mon profil, la liste est à jour et vous avez un ordre pour les lires biens que la plupart soit des OS.


L'HISTOIRE DE DEUX ROYAUMES

Chapitre 35 : Passage par Imladris

En ce début de mâtinée, le temps était gris, morose et froid, ce qui cadrait parfaitement avec son humeur du moment. Legolas marchait sans réellement avoir conscience de l'endroit où il allait. Les derniers événements tournaient dans sa tête et lui brisaient le cœur en deux. Lui qui s'était senti proche, si proche de Tauriel, tout s'était brisé comme un verre de cristal au moment précis où elle avait croisé la route de ces Nains.

Legolas les détestait. Il se savait qu'ils peuplaient depuis longtemps les cauchemars de son père. Il le revoyait se réveiller en tremblant après avoir rêvé de la chute de Doriath. C'était comme ça, les Nains n'étaient pas des bonnes personnes et Tauriel… Tauriel lui avait tourné le dos pour l'un d'entre eux. Elle l'avait blessé plus mortellement que tous les orcs qu'il avait dû affronter par le passé, lui qui s'était senti si proche d'elle ces derniers temps… si proche qu'il avait envisagé sérieusement de lui demander de partager son destin... Legolas se sentait perdu. Il avait affronté son père pour l'aider, il avait mis sa vie en danger, mais elle s'en était moquée.

Pire, avec le recul il avait l'impression qu'elle en avait jouée. Elle connaissait son affection, son attachement profond et sincère pour elle, alors elle s'en était servie. Bien évidement qu'il allait la suivre, bien évidement qu'il allait affronter son père pour elle… il l'aimait…

Voilà, c'était ça qui faisait sans doute le plus mal. Legolas se souvenait parfaitement du premier jour de leur rencontre. Il se souvenait de cette petite elfe farouche et triste qu'il avait rencontré, de sa longue chevelure rousse et de la manière dont elle l'avait captivé.

Des années plus tard, cette attirance s'était transformée en amour véritable, sincère et qu'il avait cru qu'elle partageait. Son père ne le voyait pas forcément d'un très bon œil, Legolas le savait à la manière dont il les regardait, mais il savait qu'au final, il ne s'opposerait pas à son choix. De toute manière, ce n'était pas son origine ou sa race qui comptait, c'était que mieux que quiconque Thranduil savait que l'amour faisait souffrir… Legolas aussi maintenant…

Le jeune elfe avait l'impression que son cœur allait exploser. Cela faisait tellement mal… Il aurait aimé pouvoir s'allonger sur l'herbe glacée, fermer les yeux et basculer dans une ombre où une telle douleur n'existait plus, mais ce n'était pas possible. Alors, il avait pris la route.

Cette histoire avait ravivé les querelles qui se cumulaient par moment entre le père et le fils, souvent pour des batailles à mener, des décisions à prendre, des gens à abandonner… Ils savaient depuis longtemps qu'ils n'avaient pas tout à fait la même vision du combat qu'ils menaient. Legolas aurait continué à aider les gens autour de lui, Thranduil ne voulait plus perdre une seule vie d'elfes et son regard à la fois désespéré et hagard à Dale avait montré à son fils combien il était choqué et bouleversé par tous les corps étendus autour de lui… C'était bien pour cela qu'il avait craqué face à Tauriel… A quelque part, il ne lui reprochait pas de tout risquer pour un nain ou par amour, il lui reprochait les corps des elfes étendus là, dans la neige, même si ce n'était pas vraiment sa faute. Il lui fallait un coupable pour tous ces corps… des corps recouverts de sangs, nombreux et qui le ramenait à tous les traumatismes déjà subis au cours de sa vie de guerrier, à tous ceux qu'il aimait et qu'il avait perdu… et elle… elle s'était laissée emporter… Lui qui l'avait élevé comme une fille, comment avait-elle pu lui dire qu'il ne connaissait rien à l'amour alors qu'il était en train de pleurer la mort de ceux qui étaient étendus à ses pieds, justement parce qu'il aimait tout son peuple ? Il avait craqué…

Et Legolas le comprenait. Il ne lui en voulait même pas pour son attitude froide et dure. Il ne lui tenait pas rancœur pour ces mots blessants et la manière dont il avait banni Tauriel, non… c'était juste… qu'il ne pouvait pas rentrer, lui. Il avait besoin d'un lieu calme, hors de Taur-e-ndaedelos. Il avait besoin d'un endroit où se poser, réfléchir et où soigner son cœur qui saignait de l'intérieur.

Rentrer au palais avec son père impliquait de rentrer dans un lieu où il verrait partout la silhouette de l'elfe rousse qui venait de le poignarder cruellement. Dans chaque lieu, les souvenirs remonteraient à la surface, des souvenirs heureux, comme malheureux, mais qu'il n'avait pas envie de revivre… Il ne pourrait pas supporter ça pour le moment. Il ne pouvait pas rentrer.

Le jeune elfe avait aimé la manière dont son père ne l'avait pas retenu. Thranduil savait bien quel type de douleur était en train de terrasser son fils et il lui avait suggérer de se rendre à Imladris. Ce n'était pas une mauvaise idée, cela valait mieux que de se mettre à errer sans but dans Arda… C'était sans doute une manière aussi de se rassurer en se disant qu'il savait où le trouver et qu'il serait en sécurité là-bas…

Son père l'aimait… Par moment, surtout quand ils s'affrontaient, Legolas avait pu en douter, mais c'était ridicule. Son père l'aimait de toute son âme, de tout son être, c'était juste… qu'il savait parfaitement comment les apparences pouvaient influencer les gens et qu'il se donnait une ligne de conduite à respecter en tant que Roi. Une ligne que Legolas aurait bien aimé qu'il casse cette fois. Le combat avait été difficile, la vision de Tauriel en larmes tenant ce nain dans les bras avait fini de lui faire mal et son père… Son père l'avait laissé partir en le saluant d'un geste de la tête. Legolas lui avait bien tendu la main pourtant, comme pour l'inviter à le rejoindre, mais il n'avait pas bougé… Comme il aurait aimé pourtant qu'il traverse cette salle pour le serrer doucement dans ses bras… Dans leur intimité cela arrivait, mais pas dans des lieux comme ça, pas en public… Il n'y avait personne à ce moment-là et le jeune elfe aurait bien aimé pouvoir se reposer quelques minutes dans les bras puissants de son père, mais il n'avait pas bougé et Legolas était parti…

Depuis, il marchait… C'était impressionnant comme ses jambes étaient à même de se déconnecter de son cerveau. Il marchait sans vraiment se donner de but, mais il arriva quand même au pied des Monts Brumeux, comme quoi, la suggestion de son père de se rendre à Imladris était bien ancrée dans sa tête. Le jeune elfe se demanda quelques instants s'il allait réellement traverser les montagnes. Il y avait de jolies forêts en direction du Sud, des paysages qu'il n'avait jamais vu et dans lesquels il pourrait égarer sa douleur, mais Fondcombe avait quelque chose de familier et de rassurant…

Paradoxalement, il avait autant envie d'être seul que de parler à quelqu'un qui ne soit pas son père et là-bas… il y avait des gens qu'il aimait et à qui il se sentait capable de se confier. Alors, il abandonna ses idées de sud, et s'engagea sur le sentier rocailleux.

Tous ses sens se mirent en éveil. Traverser la forêt sans rencontrer d'embûches était au final assez simple tant il connaissait chaque recoin, même maudits de celle-ci alors qu'ici… Il savait que les orcs rôdaient, qu'ils pouvaient le surveiller depuis les hauteurs avant de fondre sur lui, alors ce n'était pas le moment de s'égarer dans ses pensées. Les montagnes étaient trop dangereuses pour qu'il ne mobilise pas toute sa vigilance.

D'ailleurs, plus tard dans la journée, au moment où il était sur le point de se relâcher, il comprit à quel point cette crainte était justifiée. Il escaladait l'étroit chemin depuis cinq bonnes heures quand subitement, tous ses sens se mirent en alerte.

Du coin de l'œil, il aperçut un reflet brillant sur une crête au-dessus de son épaule gauche et il eut juste le temps de se rejeter en arrière. Une flèche le rasa en sifflant et il effectua un saut arrière pour se mettre à l'abri derrière un rocher sur lequel vint se répercuter une nuée de flèches. Un chapelet de jurons lui échappa pendant qu'il glissa la main dans son dos pour empoigner son arc. D'un geste précis et rapide, il encocha un trait, se redressa et relâcha sa flèche. La pointe se planta dans le crâne d'un arc qui tomba de son promontoire. Legolas se laissa retomber assis derrière son abri. Les orcs étaient encore une demi-douzaine, rien qu'il ne pouvait pas maîtriser.

Il encocha deux flèches en même temps, prit une inspiration et jaillit de sa cachette. Ses tirs éliminèrent deux de ses adversaires, puis il lâcha son arc et empoigna ses dagues pour contrer les orcs qui étaient déjà à sa portée. Prit d'une rage et d'une colère qui ne venaient pas seulement de cette attaque sournoise, le jeune elfe se déchaîna sur ses adversaires, s'en servant comme d'un exutoire. Les orcs tentèrent bien de l'arrêter, l'un d'eux parvint même à lui entamer le bras gauche de sa lame, mais cela ne suffit pas à le faire trembler.

Sans aucune pitié, Legolas les élimina, relâchant sur eux une partie de la douleur et de la haine qui étaient en train de le consumer. Le silence revint presque aussi brutalement que les hurlements avaient retentit dans l'étroite passe. Essoufflé, Legolas prit le temps de se calmer en respirant bruyamment pendant que son regard balayait les environs. Aucun autre ennemi ne semblait être en vue. Alors il expira un grand coup, fit tournoyer ses dagues pour les remettre dans leurs fourreaux dorsaux, ramassa son arc et reprit son chemin.

L'adrénaline du combat ne tarda pas à le quitter, ne laissant qu'une profonde lassitude qui le ramena à son humeur triste.

...

Les heures suivantes furent plus calmes, les orcs se terrant peut-être, avant que la menace ne s'estompe alors qu'il finissait sa descente des Mont Brumeux. Legolas bifurqua pour suivre la rivière jusqu'à Fondcombe, observant le paysage sans réellement le regarder. Il le connaissait ce chemin, il l'avait fait si souvent, dans tout un tas de circonstances plus ou moins heureuses, qu'il se pensait même capable de le faire les yeux fermés. Mais cela était différent aujourd'hui. Il avait le cœur lourd, il se sentait mal et il dut même se concentrer pour ne pas rater l'embranchement qui devait le ramener à la Vallée Cachée.

Une dernière petite ascension le long d'un léger chaos et il découvrit enfin Imladris. Un sourire se dessina sur ses lèvres. Il était heureux d'être arrivé, même s'il ne savait pas pourquoi il avait réellement décidé de se rendre ici. C'était étrange comme sentiment, mais il pressa le pas.

Après avoir combattu, puis marché pendant des jours, tous les sens aux aguets à cause de la menace constante que faisait planer leurs ennemis, son corps commençait à lui demander du repos. La perspective de s'allonger sur une banquette moelleuse devant l'âtre d'une cheminée, était assez tentante et il finit presque par se mettre à courir.

Il ralentit le pas en passant la porte basse, croisant des sentinelles qui le saluèrent avec respect. Tout le monde connaissait le fils de Thranduil en ces lieux. Legolas leur répondit par un salut tout aussi cordial et monta en direction du palais.

Il s'immobilisa au bas des marches, croisant le regard d'un elfe élégant et souriant qui s'approcha de lui en prenant subitement un air inquiet.

- Vous allez bien ernil [1]Legolas ?

- Oui Lindir, lui répliqua ce dernier, se demandant bien le pourquoi de sa question.

A cet instant, Legolas n'avait aucune idée de que son apparence un peu échevelée et ses vêtements aux traces de combats trop visibles lui donnaient un air étrange. Un air renforcé par ses légères cernes et la fatigue qui se dégageait de son attitude.

Lindir, fit le choix de croire en sa réponse et l'entraîna en direction de l'entrée du palais. Dans le hall, le prince des elfes sylvains repéra la silhouette d'Elrond. Ce dernier fronça les sourcils et se rapprocha.

- Legolas !

Avec douceur, il l'attira contre lui pour le gratifier d'une accolade et l'elfe blond se laissa faire, appréciant la douceur de ses gestes et la main qu'il laissa sur sa nuque avant de le détailler.

- Quelque chose ne va pas ? Ton père…

- Il va bien, le rassura Legolas immédiatement avant de baisser les yeux. J'avais juste besoin d'un endroit…

Legolas hésita sur le bon moment et sursauta lorsqu'Elrond termina sa phrase.

- Un endroit qui n'était pas chez toi et où tu pourrais te reposer.

Le pouce d'Elrond lui caressa doucement la joue avant qu'il ne le lâche tout en lui souriant.

- Tu veux m'expliquer ce qui se passe ?

Legolas frémit, bredouillant un peu trop rapidement.

- Non… C'est idiot, je n'aurais pas dû v…

- Stop, ne finit pas cette phrase et suis-moi, l'invita Elrond. Tu vas commencer par te changer et te reposer un peu, ce ne sera déjà pas si mal pour aujourd'hui, le reste peut attendre demain.

Le jeune elfe hocha la tête. Il se sentait mal à l'aise, mais il n'avait pas fait tout ce chemin pour faire demi-tour et s'enfuir. Il accepta donc de suivre Elrond dans le palais. En passant sur un balcon, son regard fut attiré par une scène étonnante en bas, dans l'une des petites cours fermées. Un jeune garçon humain d'une dizaine d'années, apprenait à se battre avec une longue épée en bois. Ses instructeurs n'étaient autres qu'Elrohir et Elladan. Les deux jumeaux semblaient prendre leur tâche très à cœur même si les trois riaient tout autant qu'ils s'entraînaient. Legolas s'immobilisa devant l'étrange scène en fronçant les sourcils.

- Qui est-il ?

- Le descendant d'Isildur, seizième chef des Rôdeurs du Nord, son père a été tué quand il avait deux ans. Le monde est dangereux dehors.

- Et Fondcombe l'endroit parfait pour élever un enfant dans le secret…

Elrond sourit.

- Je vois que tu comprends vite.

- C'est de lui que mon père me parlait…

- Ton père ?

- Il pense que son destin sera intéressant.

- Je le pense aussi, mais il est encore jeune. Tant que je pourrais lui éviter les combats, je le ferais.

- Je comprends… répondit Legolas songeur.

- Maintenant viens, je vais te montrer ta chambre.

Legolas frissonna en entendant le mot « chambre », il devait bien reconnaître qu'il avait une cruelle envie de s'allonger. Alors, il suivit Elrond et entra dans la pièce qu'il ouvrit. La chambre était de taille moyenne, richement décoré et un feu crépitait doucement dans la cheminée. Il la connaissait cette pièce, c'était systématiquement celle-là qu'Elrond préparait pour Thranduil ou son fils, mais il ne savait pas qu'il allait venir pourtant… alors pourquoi le feu était-il déjà allumé ? Au passage le jeune homme se rendit compte que la douce chaleur était un réel bienfait. Il se sentait déjà mieux. Elrond se rapprocha en souriant.

- Tu as de l'eau dans le broc sur la table pour te rafraichir le visage. Je te ferais monter des fruits, du pain et une carafe de vin et…

- L'eau fera parfaitement l'affaire. Je ne suis pas mon père.

Elrond s'immobilisa, détaillant le jeune homme et hochant un peu la tête.

- Pas besoin de t'assommer pour oublier de mauvaises pensées, je vois…

Legolas frémit, se souvenant que le vin avait la vertue de les endormir d'un sommeil lourd et sans rêve.

- Une carafe ou deux alors… marmonna-t-il.

Elrond était inquiet de le voir si soucieux. Toutefois, il avait bien comprit qu'il lui faudrait un peu de temps avant qu'il accepte de se confier. Il se dirigea vers le lit pour l'ouvrir sans dire un mot, l'observant du coin de l'œil se pencher au-dessus de la vasque pour s'asperger un peu le visage d'eau et glisser ses doigts dans ses cheveux. Comme il lui paraissait sombre et fatigué…

- Avant de te laisser, je veux que tu enlèves ta chemise, dit Elrond pendant que Legolas se délestait de ses armes.

- Ma chemise ? Demanda ce dernier étonné.

Elrond se rapprocha et glissa sa main sous son bras gauche.

- Je veux soigner cette coupure.

Legolas sursauta et posa un regard étonné sur la longue balafre qui entaillait son bras. Dans le feu de la bagarre, il avait bien senti quelque chose, mais il n'y avait plus prêtait attention par la suite.

- Ce n'est rien.

- Chaque blessure est importante, laisse-moi prendre soin de ce bras.

Le jeune elfe soupira et capitula. Il entreprit de se déshabiller, sifflant de douleur quand sa manche passa sur sa plaie. Elle lui avait paru plus superficielle au moment du combat. Une fois qu'il fut torse nu, Elrond le mena jusqu'au lit pour le faire asseoir.

- Ce n'est qu'une entaille, mais elle est profonde.

- Les orcs hantent les Montagnes.

- Je sais, je n'étais pas tranquille lorsqu'Arwen a émit le souhait d'aller faire un séjour chez sa grand-mère. Glorfindel l'a escorté.

- Elle est descendue vers le sud ?

- Oui, les combats qui se jouent ici l'affectent. Je pense qu'elle restera en Lothlorien plusieurs hivers, cela lui fera du bien.

- Oui, je comprends qu'on puisse avoir envie de changer de décor, marmonna Legolas pendant qu'Elrond s'occupait toujours de sa blessure.

Sous l'effet d'une légère pression, il glapit de douleur et redressa la tête.

- Désolé… J'ai fini.

Legolas observa son bras bandé et hocha doucement la tête.

- Hantale[2]…

- Ne me remercie, maintenant allonge-toi et prends du repos. Demain, je pense que nous aurons des choses à nous dire.

Le prince du Bois de l'Effroi ne répondit pas, mais lui obéit. La douceur d'un lit, la chaleur d'un feu, tout cela était trop tentant. Dés qu'il posa la tête sur l'oreiller, il ferma les yeux et se laissa aller, s'endormant en une fraction de secondes. Elrond le regarda avec tendresse et remonta la couverture sur lui. Thranduil lui avait confié, il allait veiller sur lui…

OoooO

Legolas cligna doucement des yeux, un peu perdu. Il lui fallut plusieurs secondes avant de se rappeler où il se trouvait. L'oreiller était doux sous sa joue et la main qui se glissa dans ses cheveux, le fit frémit doucement.

- Adar[3] ?

- Non, lui répondit doucement la voix.

Legolas secoua doucement la tête pour chasser son étrange malaise et se redressa sur un coude, croisant le sourire de son hôte.

- Seigneur Elrond ?

- Comment tu te sens ?

- Bizarre, répondit honnêtement Legolas en finissant de s'asseoir sur son lit.

- C'est normal. Tu as dormi pendant deux jours. Je commençais à être inquiet.

- Deux jours ? Répéta Legolas totalement abasourdi.

- Oui, ton corps était exténué. Je crois qu'il faut que nous parlions ;

- Je ne sais pas si c'est une grande qualité dans ma famille.

- Non, en effet, mais je vous connais bien tous, dit Elrond en venant s'asseoir à ses côtés. Qu'est-ce qui ne va pas Legolas ?

Le jeune elfe baissa la tête, prit une inspiration et murmura tout en tremblant légèrement.

- Est-ce que c'est de l'amour quand on souffre tellement qu'on en souhaite mourir ? Je me rappelle de la douleur de mon père à la mort de ma mère et je me demande si c'est ça qu'il a ressenti ?

- Est-ce que Tauriel est morte ? Demanda Elrond qui connaissait les sentiments du jeune prince à son égard.

- Non, mais elle ne m'a jamais aimé. Tous les gestes tendres qu'elle a eu pour moi, cela ne signifiait rien. Je suis resté comme une sorte de frère dans son cœur, elle n'a pas vu ou pas voulu combien je l'aimais… Elle est tombée amoureuse de cet être qui ne la méritait pas… Je l'ai suivi vous savez, je l'ai aidé à protéger son nain du mieux que j'ai pu… Je l'ai regardé brûler de désir pour lui… Je l'ai soutenu contre mon père quand elle s'entêtait, quitte à me fâcher avec lui et au final, je n'ai plus rien… Tauriel pleure son amour qu'elle n'a pas pu sauver et mon père m'en veut de l'avoir soutenu.

- Thranduil n'est pas du genre à t'en vouloir.

- Alors pourquoi il n'a pas fait un geste… pour me prendre dans ses bras ? Pour me retenir ? Demanda Legolas en se mettant à pleurer, tremblant de tous ses membres.

Elrond passa un bras autour de ses épaules et le ramena contre sa poitrine pour le bercer doucement.

- Peut-être qu'il a pensé que tu avais besoin de changer d'air. Alors, il s'est forcé à ne rien faire. Ton père est comme un frère. Je l'imagine parfaitement, ne pas te retenir pour ton bien, avant que lui-même ne s'écroule totalement en larmes par peur que toi tu lui en veuilles…

- Je n'aurais pas dû partir alors ?

- Je ne sais pas Legolas… C'est un choix qui t'es propre… Parfois ça fait du bien de se sortir de chez soi. Tu sais ce que je te propose, donne-toi une semaine ou deux, le temps de poser tes idées et de continuer à te reposer. Tu es chez toi ici…

OooooO

Le temps était froid, suffisamment pour que Legolas frémisse doucement. Les flocons de neige qui tourbillonnaient doucement autour de lui semblaient le captiver. Au final, cela faisait plus de trois mois que l'elfe était à Imladris. L'hiver avait prit la place de l'automne, retardant d'autant son départ, parce que Legolas savait qu'il ne pouvait prendre le chemin du retour en plein hiver. Il aurait été suicidaire de tenter de passer par les Monts Brumeux en cette saison.

Alors il attendait… Cela faisait quelques jours déjà qu'il avait prit sa décision. Son cœur saignait, il était bouleversé d'avoir été repoussé aussi violemment par la femme qu'il aimait, mais il ne pouvait pas abandonner son père et son peuple. Sa place était là-bas, dans la cité souterraine au cœur de Taur-e-ndaedelos, il remonterait chez lui.

Des bruits de pas se firent entendre dans son dos, le tirant de ses rêveries. Legolas se retourna et sourit à l'elfe qui s'approchait de lui. Glorfindel lui rendit son sourire et vint s'appuyer contre une colonne à côté de lui.

- Il paraît que votre décision est prise ?

- Je ne peux pas rester ici éternellement pendant que les miens meurent.

- La situation ne s'arrange pas ?

- Elle n'a pas de raison de s'arranger… En plus les dernières batailles ont coûtées cher en guerriers et…

- Vous êtes inquiet ?

- Oui… Je ne suis pas parti comme je l'aurais dû. Je veux avoir la chance de revoir mon père. J'ai des choses à lui dire que j'ai tut pour de mauvaises raisons.

- Vous aurez l'occasion de lui dire.

- On voit que vous ne connaissez pas les conditions dans lesquelles j'ai grandi.

- J'en ai une idée, mais notre ennemi peut être vaincu.

- Celui qui tire les ficelles ? Ce Nécromancien ?

- Ce surnom est ridicule… Je préfère l'appeler par son nom.

- Vous savez vraiment qui il est ?

- Je suis revenu des Cavernes de Mandos pour lui…

Legolas fronça les sourcils et Glorfindel murmura dans un souffle.

- Il a ouvert les yeux sous le nom de Mairon, mais il a fait trembler ces terres sous un autre : le seigneur des Ténèbres … Sauron…


[1] Prince.

[2] Merci.

[3] Père.